|
Mouvement
ouvrier
Pâtes et papiers
Une autre fraude de faillite
pour déposséder les travailleurs
- Pierre Chénier -
Cela fait maitnenant 18 mois, soit depuis février
2010, que le monopole des pâtes et
papiers White Birch, un des plus gros producteurs de papier-journal en
Amérique du Nord, est sous la protection de la loi sur
les faillites. White Birch
emploie plus de 1100 travailleurs dans ses trois usines du
Québec, à
Stadacona, Rivière-du-Loup et Gatineau, et elle possède
aussi l'usine de Bear
Island aux États-Unis.
Bien que sous la protection de la loi de la faillite,
les usines fonctionnent
à plein surtout maintenant que les prix du papier-journal sont
en hausse. On s'attend néanmoins à ce que White Birch
demande et obtienne une nouvelle extension de sa période de
protection au-delà de la date butoir du 22 août.
En septembre 2010, lors d'un encan
autorisé par les
tribunaux
à New York, White Birch a été achetée pour
un montant équivalent
au quart de sa valeur par son créancier garanti principal, la
société américaine d'investissement Black Diamond,
à la tête d'un
consortium qui comprenait également le Crédit suisse et
Caspian Capital
Advisors. La Cour supérieure du Québec a approuvé
le résultat de
l'encan
mais elle n'autorisera la vente que si Black Diamond signe de nouvelles
conventions collectives avec ses travailleurs. Cette décision de
la
cour n'était
pas un signe de reconnaissance des droits des travailleurs, notamment
de
leur droit à avoir leur mot à dire sur leurs conditions
de travail,
mais une
façon de mobiliser le plein pouvoir des monopoles
impliqués, des
gouvernements et des tribunaux pour extorquer des concessions aux
travailleurs tout en appelant cela des négociations.
Depuis, Black Diamond n'a fait que lancer des
menaces et des ultimatums
aux travailleurs de White Birch pour les forcer à
« accepter »
les concessions sur les pensions, les salaires et les heures
travaillées (une
semaine de travail qui passerait de 40 à 45 heures).
Cela fait des mois que Black Diamond et le gouvernement
Charest
tiennent des négociations secrètes et les médias
monopolisés disent
maintenant qu'une entente a été conclue en ce qui
concerne les pensions qui
sont l'enjeu de la principale demande de concessions. Black Diamond
avait
d'abord dit qu'elle ne signerait aucune convention collective à
moins que les
travailleurs n'acceptent que les fonds de pension soient tout
simplement
terminés. Suite au refus des travailleurs, Black Diamond avait
alors dit
qu'elle ne ferait pas les paiements d'équilibre dans les fonds
de pension pour
en combler le déficit qui est estimé à environ 180
millions $. Le
gouvernement Charest a refusé de défendre les pensions
des travailleurs, qui
leur appartiennent de droit, en exigeant qu'elles soient
sécurisées. Bien au
contraire, le bruit qui court maintenant c'est que White Birch va se
prévaloir
de la loi 11 récemment adoptée et étaler ses
paiements d'équilibre sur
15 ans plutôt que 5. Pendant ce temps, les concessions en
salaires et
sur la semaine de travail sont toujours sur la table. Pour ajouter
l'insulte à
l'injure, les dirigeants de White Birch ont récemment
versé
6 millions $ en soi-disant frais de service au
propriétaire Peter
Brant pour les trois premiers mois de 2011.
Puis, deux semaines avant la fin de la période de
protection sous la loi de la faillite, les médias
monopolisés ont dit que la
vente de White Birch à Black Diamond était loin
d'être chose faite et que la
faillite était toujours possible. Des experts ont aussi
ajouté à l'incertitude en
disant que les usines n'en ont plus que pour 10 ou 15 ans
même si on
les laisse survivre encore un peu.
Qu'est-ce qu'on est en train de mijoter ? Les
monopoles, avec le
plein appui des gouvernements et des tribunaux, complotent contre les
travailleurs pour leur voler ce qui leur revient de droit et
transférer
d'énormes montants de richesse sociale des poches des
travailleurs vers les
coffres des monopoles.
Si la vente se réalise, elle n'apportera pas de
sécurité aux travailleurs et
ne garantira pas leurs pensions ni aucune de leurs autres demandes qui
font
partie de leurs réclamations à la valeur qu'ils
produisent. Si la vente est
conclue, les travailleurs seront censés remercier leurs sauveurs
pour le coup
de fortune qu'ils viendront de réaliser à leurs
dépens et cela
jusqu'à ce qu'ils en redemandent, y compris en se
remettant sous
la loi de la protection de la faillite. Si la vente échoue, on
dira aux
travailleurs qu'ils n'ont qu'eux-mêmes à blâmer car
ils auront joué leur
avenir à la roulette en refusant d'être réalistes
et d'accepter les
concessions.
On ne devrait pas permettre aux monopoles d'utiliser la
protection de la
faillite ou la menace de se placer sous cette protection pour extorquer
des
concessions et faire des coups de fortune.

Opposition grandissante
à la destruction de l'industrie
Les
travailleurs forestiers au Québec intensifient leur lutte contre
la
destruction du secteur manufacturier qui est très
prononcée dans leur
secteur. Le rapport du ministère des Ressources naturelles et de
la
Faune sur les pertes d'emplois depuis avril 2005 ne fait état
que des
18 000 emplois perdus à cause de fermetures d'usines. Beaucoup
de
travailleurs forestiers ont également perdu leur emploi dans des
usines
qui n'ont pas fermé. Par exemple, à la papeterie
Kruger à
Trois-Rivières, il y
avait 1 200 travailleurs en 2008 et il en a maintenant 300 et de
nouvelles mises à pied sont maintenant annoncées.
C'est dans l'esprit de renouveler l'effectif des
travailleurs qui ont été
licenciés au fil des ans et de défendre les conditions de
travail de ceux qui
travaillent toujours que les travailleurs de Kruger ont tenu un vote de
grève
le 2 août. Le vote a été à 90,4 %
en faveur d'un mandat de
grève ; 70 % des travailleurs syndiqués de la
section locale
136 du SCEP ont voté.
La convention collective de ces travailleurs est venue
à terme en avril
2009. Dans le contexte de la récession, ils ont fait des
concessions au niveau
des salaires et des conditions de travail sans renégocier leur
contrat et
Kruger a aussi utilisé la crise comme excuse pour fermer des
subdivisions
entières, laissant seulement la subdivision du papier journal en
service.
Dans leur lutte actuelle, les travailleurs de Kruger
demandent une
amélioration de leurs conditions de travail et que les autres
subdivisions
produisant différentes qualités de papier soient
réouvertes. Kruger n'a
pas
manifesté d'intérêt et a déclaré que
le seul avenir est de rendre
chaque usine plus efficace comparativement aux autres
papetières
en Amérique du Nord
et au sein de l'empire Kruger même. Le propriétaire s'est
récemment
rendu à
Québec pour visiter les installations et rencontrer les
travailleurs.
Il a carrément
dit que d'autres fermetures sont à prévoir et que les
travailleurs
devront
prouver qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour faire de Kruger le
numéro un
sur les marchés. Pour les travailleurs, cela signifie d'autres
pertes
d'emplois et des conditions de travail de plus en plus intenables pour
ceux qui restent.
Tout cela a été discuté lors du
vote de grève. Les travailleurs ont dénoncé
Kruger qui traîne les pieds et refuse
de présenter ses propositions pour les
négociations qui étaient prévues fin juin. Ils ont
aussi dénoncé la compagnie
pour sa nouvelle ronde de 52 licenciements des travailleurs
à l'usine
effectués en violation des dispositions de la convention
collective.
Les travailleurs sont inquiets que Kruger se
prépare à leur
« passer un AbitibiBowater », qui est devenue une
expression
usuelle pour parler des monopoles qui se
plaignent
de difficultés financières, ce que Kruger fait
maintenant. La
restructuration
anti-ouvrière qui a eu lieu à AbitibiBowater sous la
fraude de la
protection
de la faillite est maintenant promue comme modèle par les
monopoles.
Ils prétendent maintenant qu'au nom de
l'« équité », ils
doivent
recevoir le même traitement même s'ils ne sont pas sous la
protection
de la
faillite. Kruger a déjà approché le gouvernement
Charest pour
l'autorisation d'étendre son calendrier de paiements
déficitaires aux
régimes de
retraite. Elle veut aussi imposer un nouveau cycle de concessions avec
le soutien du
gouvernement. Les travailleurs s'opposent à ces escroqueries qui
ne
résolvent aucun problème de l'industrie et
représentent un transfert
massif de
la richesse sociale vers les monopoles, une richesse perdue pour les
travailleurs, leur communauté et l'économie du
Québec.
C'est tout cela et plus que les travailleurs ont
exprimé avec leur vote de
grève et ils demandent que Kruger s'assoie avec eux pour
renverser les
années de concessions et commencer à rebâtir.

Le PDG d'AbitibiBowater poursuit un village pour
paiement en trop de
taxes sur ses barrages
AbitibiBowater poursuit la petite municipalité de
Saint-David-de-
Falardeau au Saguenay-Lac-St-Jean et le ministre des Affaires
municipales
pour 1,7 million $ pour soi-disant paiement en trop en taxes
sur
ses barrages. Le monopole forestier exige aussi que le gouvernement du
Québec amende sa loi sur la fiscalité municipale.
Saint-David-de-Falardeau
est une petite municipalité d'environ 2500 personnes.
AbitibiBowater opère des barrages dans cette
municipalité qui
fournissent leur énergie hydroélectrique à
certaines des usines de la région.
Selon la Loi sur la fiscalité municipale, l'entreprise
doit
payer
une
taxe
à la municipalité en tant que taxe
foncière sur ses barrages. Le
monopole forestier estime payer trop cher. Il poursuit à la fois
le village et
le gouvernement du Québec parce que la loi fait intervenir le
montant total
des taxes municipales dans la détermination de la taxe sur les
barrages (si
l'ensemble des taxes levées par la municipalité augmente,
celle-ci augmente
la taxe sur les barrages dans la même proportion). AbitibiBowater
exige que
la taxe annuelle qu'elle paie sur ses barrages soit réduite, du
montant actuel
de 2,5 millions $ à environ 250 000 $. La taxe
sur les
barrages représente environ 50 % de toutes les taxes
municipales
levées par le village. Le président de la
Fédération québécoise des
municipalités a dit aux médias locaux qu'une telle
réduction serait un vrai
désastre pour le village. Il a ajouté que si les
tribunaux décident en faveur
d'Abitibi cela créera un précédent dangereux au
Québec, où l'on compte
environ 20 municipalités qui perçoivent des taxes sur les
barrages et autres
ouvrages hydroélectriques opérant sur leur territoire.
Poursuivre les municipalités n'est pas quelque
chose de nouveau pour le
PDG d'AbitibiBowater, Raymond Garneau. Lorsqu'il était PDG de
Catalyst
Paper de 2007 à 2010, il a initié ce qu'on a
appelé une
« révolte contre les taxes » levées
par les municipalités dans
lesquelles Catalyst avait des usines. Sous son règne, Catalyst a
refusé en
2009 de payer ses taxes municipales dans les quatre villages
où
l'entreprise opérait des usines de pâtes et papiers.
D'autres monopoles
forestiers lui ont emboîté le pas et ont cessé de
payer leurs taxes
municipales.
Les municipalités touchées ont poursuivi
Catalyst devant la Cour
suprême de la Colombie-Britannique et en décembre
2009, la Cour a
statué que les municipalités ont le droit de
déterminer leur taux de taxation.
Catalyst Paper a continué de refuser de payer ses taxes et a
fait appel de la
décision devant la Cour d'appel de la province. La Cour d'appel
a maintenu
la décision de la Cour suprême et Catalyst en a
appelé de cette décision
devant la Cour suprême du Canada. On s'attend à ce que la
cause soit
entendue en octobre et qu'une décision soit rendue en 2012.
Commentant la poursuite en justice contre
Saint-David-de-Falardeau et
le gouvernement du Québec, un porte-parole d'AbitibiBowater a
dit que
l'entreprise va agir chaque fois qu'elle considère qu'il y a
« iniquité
dans les coûts ». Cela comprend l'utilisation de son
immense pouvoir
économique pour poursuivre de petits villages qui
dépendent de l'industrie
forestière pour leur existence.
Le gouvernement Charest devrait immédiatement
passer une injonction
forçant AbitibiBowater à retirer sa poursuite contre le
village qui ne fait
qu'appliquer la formule prévue par la loi dans la
détermination de la taxe
sur les barrages. D'autant plus que le cas de Catalyst est toujours
devant la
Cour suprême et que Catalyst devrait cesser de faire perdre temps
et argent
sur une cause qui a déjà été entendue et
qu'il a perdue. On voit bien toute
l'étroitesse d'esprit et l'esprit de revanche qui animent les
monopoles et
leurs PDG.

Acier
L'extorsion comme méthode de faire
des affaires est inacceptable au
Canada
Le comportement des porte-parole de US Steel, en
particulier les
menaces qu'ils ont proférées contre le Conseil municipal
de Hamilton, trahit
un côté sombre. L'extorsion semble s'être
substituée à la négociation et à la
conclusion d'ententes mutuellement acceptables.
Le PDG de US Steel a décrété un
lockout à l'aciérie de Hamilton
jusqu'à ce que ses demandes de concessions sur la question des
pensions
soient satisfaites. Signez la reddition des retraités ou nous
fermerons les
postes et ferons venir l'acier des États-Unis, dit-il. Pas de
discussion, pas de
négociation de bonne foi.
Le porte-parole de US Steel Trevor Harris était
à la réunion du Conseil
municipal le 11 août, où était discuté
le problème du déversement des
eaux usées dans les égouts de Hamilton. M. Harris s'est
carrément livré à
l'extorsion. Il a laissé savoir que le monopole américain
refuse toute
responsabilité dans cette affaire du déversement des eaux
usées.
La compagnie était censée résoudre
le problème il y a longtemps en
bâtissant un réservoir de traitement des eaux à
l'usine même. Avant le décret
du lockout du 7 novembre, US Steel disait que le réservoir
serait
construit en moins d'un mois, mais après le décret il a
demandé un report
d'échéance pour une période indéfinie. M.
Harris a dit au conseil de ville
que l'échéance n'est qu'une formalité et que si la
ville refuse de l'accorder,
« nous allons devoir prendre des décisions assez
radicales concernant
les opérations » et que cela pourrait comprendre la
fermeture complète
de l'usine.
L'usine que M. Harris menace de fermer est
l'aciérie de Stelco à
Hamilton, qui contient un four à coke. L'eau utilisée
dans le four à coke
doit être traitée avant d'être relâchée
dans les égouts. US Steel continue de
produire du coke durant le lockout et l'expédie aux
États-Unis où il sert à
fabriquer l'acier et les eaux usées sont déversées
dans le système d'égouts de
la ville. Après plusieurs reports d'échéance, US
Steel a maintenant la
responsabilité de bâtir le réservoir avant la fin
de l'année sous peine
d'amendes.
Le maire de Hamilton, Bob Bratina, a dit après la
réunion du conseil
municipal : « Nous disons qu'ils ont jusqu'à la
fin de l'année
pour être en règle. Nous ne plions pas, nous leur donnons
une chance de
s'expliquer, mais le 1er janvier, les pénalités vont
commencer à s'appliquer.
En ce moment il n'y personne au conseil qui veut leur accorder un autre
prolongement. »
Deux jours après la visite de M. Harris au
conseil municipal, la menace
de fermer Stelco a été répétée, mais
cette fois-ci à Pittsburg, où US Steel a
son siège social, par un spécialiste de la
sidérurgie à l'école d'administration
de l'Université de Pittsburg. Ce dernier a dit que US Steel
« n'hésitera pas à fermer l'ancienne
aciérie de Stelco » s'il
n'obtient pas les concessions sur les pensions et un autre report du
délai sur
l'usine de traitement des eaux. Pour bien se faire comprendre, il a
répété la
menace plusieurs fois et déclaré que la direction de US
Steel n'hésitera pas à
détruire l'usine de Hamilton.
L'extorsion n'a pas sa place dans les relations
d'affaires ou de travail.
Les dirigeants et porte-parole de US Steel ont franchi une ligne qu'il
ne
fallait pas franchir dans leurs rapports avec les métallos et la
population de
Hamilton. Cette tentative ouverte d'extorsion doit être
dénoncée partout. Le
gouvernement du Canada et celui de l'Ontario doivent exiger des comptes
des directeurs de US Steel pour ce comportement et dire publiquement
que
l'aciérie de Hamilton ne sera pas fermée. Les monopoles
étrangers n'ont pas
d'affaire à user d'extorsion pour obtenir des concessions et des
profits au
Canada et leur mépris des institutions gouvernantes canadiennes,
de leurs
règlements et lois, n'est pas acceptable. Si les directeurs de
US Steel
refusent de négocier de bonne foi et de conclure des ententes
qui sont
mutuellement acceptables, alors ils renoncent à leur droit de
faire des
affaires au Canada et doivent renoncer à leurs avoirs canadiens,
au profit
d'une entreprise publique ou autre qui les administrera dans
l'intérêt des
Canadiens.
Le Canada doit produire son propre acier, sans quoi nous
allons perdre
la capacité physique et intellectuelle de bâtir un pays.
Les gouvernements
doivent faire respecter ce droit et agir énergiquement contre
toute ingérence
étrangère.

Automobile
Appuyons les retraités de GM!
Les ententes sont faites pour être
respectées!
|
Audiences sur la proposition de
règlement
Tribunal de l'Ontario
Les 24 et
26 août – 10 h
Osgoode Hall, 130 rue Queen O., Toronto
Tribunal du
Québec
Les 29 et
30 août – 9 h 30
Palais de justice du 1, rue Notre-Dame Est,Montréal,
Québec,
pièce 17.09 |
|
|
Les retraités de GM se mobilisent pour assister
aux audiences sur le
recours collectif de GM à leur encontre. GM veut une
décision du tribunal
qui lui permette de résilier unilatéralement les
prestations de retraite qu'il a
accepté de verser en signant un contrat avec les
retraités alors qu'ils étaient
à son emploi. GM a déjà résilié ces
prestations pour les travailleurs actifs
dans un contrat de concessions signé en 2009, mais les
travailleurs déjà à la
retraite s'y sont opposés, plusieurs soutenant que l'ancien
contrat est
toujours valide. Ils soutiennent que le nouveau contrat ne peut
s'appliquer à
eux car ils n'ont rien eu à dire ou n'ont pas eu le droit de
voter. Avec ces
audiences, GM espère imposer un règlement en recours
collectif qui aura
pour effet d'imposer le contrat de concessions aux travailleurs
retraités.
Du 2 au 9 août, des réunions
d'information sur le règlement
ont eu lieu à Niagara Falls, Oshawa, Windsor et London en
Ontario et à
Broisbriand au Québec. Lors des réunions, de nombreux
retraités ont
exprimé leur indignation face aux tentatives de GM de violer
leurs droits et
la collusion des gouvernements fédéral et provinciaux.

Problèmes économiques et reprise
dans l'industrie automobile
- K. C. Adams -
Il y a présentement discussion quant aux origines
des problèmes
économiques dans l'industrie de l'automobile et le rôle
que les travailleurs y
ont joué. Certains soutiennent que les travailleurs et leurs
réclamations sont
les principaux responsables des déboires des compagnies
d'automobile et de
leur recours à la faillite. D'autres soutiennent que c'est
impossible, puisque
les réclamations des travailleurs – de la conception à la
production, du
transport à la mise en vente de nouveaux véhicules en
Amérique du Nord –
ne représentent que 7 % des coûts réels.
 
Des travalleurs du
secteur des pièces automobiles lors de la journée
d'action dans le nord de l'Ontario le 27 octobre 2011
Ceux qui prétendent que les travailleurs sont en
grande partie
responsables des faillites et que les concessions sont une solution aux
difficultés économiques disent que les
réclamations des travailleurs sont
l'élément le plus variable, qu'elles peuvent donc
être facilement augmentées
ou diminuées, rendant ces réclamations faciles à
changer à court terme,
surtout lorsque les travailleurs et leurs dirigeants embrassent
ensemble la
thèse que les concessions sont une solution. Les salaires des
travailleurs
existent aussi en relation avec les profits en ce sens que les deux
proviennent du même bassin de valeur ajoutée. En pareil
cas, moins les
travailleurs sont payés, plus les détenteurs de capital
en profitent directement
puisque les travailleurs accomplissent quand même leur travail et
produisent
de la valeur peu importe l'importance de leur réclamation. La
valeur
produite par les travailleurs est toujours supérieure à
ce qu'ils réclament. On
ne peut en dire autant des machines. Le coût des machines et
d'autres pièces
qu'on doit acheter est plus ou moins fixe. Si une compagnie
n'achète pas
une machine ou en achète de moindre qualité, la
production en est
directement affectée. Lorsqu'une machine est utilisée, la
valeur qu'elle
produit est à peu près équivalente à son
coût au fur et à mesure que la
machine déprécie. Les machines ne produisent pas de
valeur ajoutée,
seulement leur valeur de remplacement. La situation est
complètement
différente en ce qui concerne les travailleurs puisqu'ils
produisent
approximativement la même valeur peu importe l'importance de
leurs
réclamations sur ce qu'ils produisent. En somme, les
réclamations des
travailleurs sont toujours plus basses que ce qu'on prétend et
représentent un
petit pourcentage de la valeur totale du véhicule, par exemple.
C'est à partir
de la valeur produite par les travailleurs et non par des machines que
les
détenteurs de capital réclament leur profit, que ce soit
en valeurs de
participation, en remboursement de dette ou en loyer. C'est ce qui fait
que
les travailleurs sont la cible rêvée pour accéder
rapidement et régulièrement
aux profits. À l'inverse, toute réduction ou liquidation
des actifs ne peut
résulter qu'en une augmentation temporaire des revenus,
augmentation qui
disparaît rapidement lorsque sont publiés les rapports
financiers.
Ceux qui soutiennent que les concessions sont
importantes prétendent
que la reprise de GM, Ford et Chrysler depuis 2009 a
été possible
grâce à la réduction des réclamations des
travailleurs de l'automobile. Cette
reprise avait aussi pris un élan temporaire grâce à
la liquidation d'actifs. Le
total du capital investi a chuté, la dette a baissé, la
production a baissé de
cinq millions d'unités sur un grand total de 17 millions,
et les
réclamations des actionnaires à partir de la production
des travailleurs ont
augmenté par rapport aux réclamations des travailleurs et
au total du capital
investi.[1]
Pas si vite, soutiennent ceux qui proposent que les
concessions ne sont
pas la principale solution à la crise. La réclamation
totale des travailleurs sur
le revenu brut ne représente qu'une petite fraction du total,
prétendent-ils.
Entre 2006 et 2010, le total des dividendes nets des trois
monopoles a
augmenté de près de 30 milliards $, mettant fin
à un déficit
d'ensemble de 17 milliards $ pour grimper vers un profit
d'ensemble de 12,5 milliards $. Ce 30 milliards $ est
supérieur au total des réclamations qui ont
été transférées des travailleurs de
l'automobile aux actionnaires au cours de la même période.
Depuis 2006, les
travailleurs de l'automobile aux États-Unis et au Canada ont
renoncé à
19 $ de l'heure en concessions. Ces chiffres ne comprennent pas
les
réductions aux États-Unis et au Canada obtenues en
transformant les
prestations des soins de santé des travailleurs en fiducie. Le
transfert de
richesse des travailleurs aux actionnaires sur la base de baisses de
salaire, en
particulier pour les nouveaux travailleurs, représente
approximativement
8 milliards $ par année au total pour les trois
compagnies, et ce,
surtout depuis 2009. Ceux qui soutiennent que les concessions ne sont
pas
un facteur important de la reprise prétendent que ces chiffres
prouvent qu'ils
ont raison. Ils font valoir que le montant transféré des
travailleurs aux
actionnaires représente seulement 2 % du revenu annuel brut
des trois
compagnies. Comment ce montant peut-il être si important, se
demandent-
ils. Ils déclarent que d'autres raisons expliquent la reprise,
comme une
réduction des actifs, des revenus par unité plus
élevés, des dépenses de
gestion à la baisse, des frais d'intérêt
réduits et une meilleure qualité. Parmi
les chiffres qu'ils avancent pour appuyer leur raisonnement, il y a la
réduction de 25 milliards $ par année
destinés aux frais
généraux et administratifs tels que chez GM et Ford, une
baisse de
18 milliards $ en frais d'intérêt, surtout
à GM, un revenu
additionnel brut de 32 milliards $ en 2010 seulement
grâce à
des prix de vente moyens plus élevés, une
compétition moins prononcée de
la part des fabricants asiatiques due au déclin du dollar US (le
yen japonais
a augmenté de 60 % par rapport au dollar US depuis 2007),
et les
problèmes reliés au tsunami et ses effets sur la
qualité encourus par les
producteurs japonais. Cette logique prétend que les trois
compagnies au
creux du cycle économique avaient un
« problème de revenu »
et non un « problème » dû aux
indemnisations des accidentés
du travail ou autres réclamations des travailleurs, puisque ces
facteurs
n'étaient, au plus, « qu'un facteur secondaire dans
la relance de l'état
financier de l'industrie de l'automobile ». Leur conclusion
est que le
« simple fait » de couper les réclamations
des travailleurs n'est
pas la réponse et qu'il serait important de préserver la
stabilité du secteur
tout en évitant les crises en mettant l'accent sur la gestion de
la qualité de la
production, sur la séduction de la clientèle, sur
l'innovation, les taux de
change et les prix de vente. La plupart du temps, disent-ils, ces
questions ne
sont pas traduites en politiques actives si ce n'est que de s'en
prendre à l'
« inéquité » dans la concurrence en
faveur des compétiteurs à
l'extérieur de l'Amérique du Nord.
Ainsi, dans les pour et les contre du débat, un
côté considère que les
réclamations des travailleurs sont le facteur le plus important
dans la reprise
économique et qu'il faut constamment exercer une pression
à la baisse sur
les réclamations des travailleurs. L'autre côté
prétend que les réclamations
des travailleurs sont trop minimes par rapport à
l'investissement global et ne
changent pas grand chose et que pour cette raison, elles ne devraient
pas être
tenues responsables des faillites. Aussi, les concessions ne devraient
pas être
promues en tant que facteur menant à la reprise. (Un aspect
secondaire de ce
raisonnement est que ni le pour ni le contre ne fait
référence aux plans de
sauvetage financier des gouvernements ni analysent-ils le rôle
que ceux-ci
jouent dans la reprise des profits, du moins pas en ce qui concerne le
débat
en cours.)
Ce débat laisse les travailleurs de l'automobile
et le mouvement syndical
dans une confusion sans borne, sans leur propre pensée ni leur
voix pour
défendre leurs intérêts et pour défendre
l'économie en tant que science. Les
deux côtés du débat soutiennent que le
problème, ce sont les travailleurs et
leurs réclamations. Le niveau de ces réclamations et de
leur influence sur les
faillites et sur la reprise deviennent des points de contention. La
logique des
deux adversaires dans ce débat est la même : les
réclamations des
travailleurs de l'automobile sur ce qu'ils produisent
représentent un coût aux
détenteurs de capital de risque. En fait, les détenteurs
de capital de risque et
les économistes qui se laissent prendre à ce dogme
considèrent toutes autres
réclamations sur la valeur ajoutée produite par les
travailleurs comme des
coûts au capital de risque, que ce soit les réclamations
des travailleurs pour
des salaires, des avantages sociaux et des pensions, les
réclamations en
intérêt de la part des créanciers, le loyer de la
part des propriétaires fonciers,
et les réclamations des gouvernements sous formes
d'impôts. Pour les deux
adversaires dans ce débat, le centre de l'univers, ce sont les
actionnaires.
Toutes les relations dans le milieu de travail, qu'elles soient
économiques ou
autres, sont expliquées du point de vue des actionnaires. Leur
dogme a
dégénéré en une méthode facile pour
expliquer les phénomènes économiques
sans prendre le temps de recourir à une quelconque analyse. Un
dogme n'est
pas utile lorsqu'il s'agit d'expliquer les causes du cycle
économique de
l'industrie de l'automobile ou les défis auxquels est
confrontée la classe
ouvrière dans l'immédiat et à long terme dans la
défense de ses intérêts et à
la recherche de solutions aux problèmes économiques.
Pour les côtés du débat, la
prémisse est la même. Elle est basée sur le
dogme que les travailleurs sont un coût de production. Les deux
côtés
déclarent que les concessions des travailleurs sur leurs
réclamations sont une
solution aux problèmes économiques. La différence
porte uniquement sur
l'importance des concessions et jusqu'à quel point d'autres
facteurs, tels que
les coûts, la qualité de la production et la concurrence,
jouent un rôle. Les
deux côtés se disputent principalement au sujet de
l'ampleur des concessions
et leurs effets ; ni un ni l'autre ne défend le point de
vue que les
concessions ne sont pas une solution et que les travailleurs ont un
droit et un
devoir modernes de défendre leurs réclamations sur ce
qu'ils produisent, non
seulement pour leur propre bien mais pour le bien des autres
travailleurs et
de l'économie en général.
Les participants au débat ne s'adressent pas aux
causes profondes de la
crise, c'est-à-dire la contradiction entre, d'une part, la
production socialisée
et, de l'autre, la propriété et le contrôle
privés de celle-ci. Cette
contradiction donne lieu à une énorme dépense de
capital en équipement et
en coûts de production en circulation dont on ne peut soutirer
aucun profit si
ce n'est que par la manipulation monopoliste des prix du marché
du produit
ou par le contrôle du marché, en rachetant ou en
détruisant la concurrence
ou en fermant la porte aux importations, ce que US Steel a fait avec
Stelco.
La valeur ajoutée de laquelle est
réclamé l'ensemble des salaires, des
profits, des intérêts, des loyers et des impôts est
le produit d'un nombre
encore plus petit de travailleurs actifs lorsqu'on compare avec la
valeur
requise pour l'infrastructure, l'équipement, les outils, les
machines et autres
actifs qu'il faut acheter pour effectuer la production.
En ce sens, les cadres d'entreprises et les
détenteurs de capital de risque
ont raison de dire que l'augmentation de leurs bénéfices
d'entreprise est due
en grande partie au transfert de la valeur ajoutée des
travailleurs par le biais
de concessions, mais ils ne reconnaissent pas, ou refusent de
reconnaître, que
cette augmentation de profits ne représente en rien une solution
aux
problèmes fondamentaux de l'économie. En ce qui concerne
les monopoles
de l'automobile, d'autres sommes inscrites dans les rapports financiers
en
tant que bénéfices nets ne représentent pas un
profit dérivé de la production,
mais de la destruction de la production, de la liquidation d'actifs
pour
réduire la dette et de bénéfices résiduels
issus de sauvetages financiers de la
part des gouvernements. Cet aspect des profits est furtif et ne
reviendra pas,
puisque les actifs sont disparus et ne peuvent être revendus. Les
niveaux de
production atteignent rapidement un autre niveau où le revenu
brut reflète
les capacités et les ventes réduites. Lorsque la
poussière retombe suite aux
restructurations antiouvrières, les profits provenant de la
capacité productive
de l'entreprise doivent être obtenus sur la base de la production
et de la
vente de produits, mais la contradiction fondamentale et son cycle
économique s'y réaffirmeront rapidement. Le taux de
rendement du capital
investi qui avait connu un élan sur la base des mesures de
réduction et des
concessions des travailleurs commence à chuter une fois de plus.
La chute
du taux de rendement est une loi inexorable du capitalisme qui ne peut
être
envisagée que sur une base scientifique et centrée sur
l'être humain. Les
vrais problèmes exigent de vraies solutions et non des mesures
unilatérales
basées sur les concessions extorquées aux travailleurs.
Une réduction
générale du niveau de vie dans une économie
industrialisée moderne mène
rapidement à des problèmes économiques et sociaux
encore plus sérieux.
C'est ce qui se produit présentement aux États-Unis avec
les résultats
dramatiques que l'on connaît.
L'autre aspect du débat qui soutient que les
concessions ne représentent
qu'un élément infime dans la reprise du secteur de
l'automobile ne sert en
rien les travailleurs de l'automobile. Ce raisonnement ne tient pas
compte du
fait que les réclamations des travailleurs proviennent de la
valeur ajoutée
produite par eux et qu'ils font directement concurrence aux
détenteurs
d'actions, aux créanciers et aux gouvernements pour se partager
la valeur
ajoutée produite par eux. Varier les portions dans le partage de
la valeur
ajoutée ne résout pas la contradiction fondamentale entre
la production
socialisée et la propriété privée ainsi que
le cycle économique qui
l'accompagne et n'élimine pas la loi de la chute du taux de
rendement sur le
capital investi, qui ne peut être éliminée sans que
la société ne progresse au-
delà du mode de production capitaliste.
Le niveau de concessions ou la quantité de
concessions par rapport au
capital investi ou aux profits ne devrait pas être une
préoccupation pour les
travailleurs. Le débat devrait porter sur la question à
savoir si les
concessions sont une solution ou pas, et si d'autres solutions aux
problèmes
économiques, solutions qui s'adressent aux sources du
système, peuvent ou
doivent être trouvées, ou pas. Les travailleurs pourraient
réclamer pour leur
temps de travail juste assez pour se procurer quelques restants de
nourriture,
des haillons pour se vêtir et un taudis pour vivre, mais les
crises
économiques continueraient de se manifester. En fait, celles-ci
n'en seraient
que plus intenses alors que la contradiction entre la production et la
consommation s'aggraverait. C'est ce qui s'est produit durant les
premiers
jours de la révolution industrielle en Grande-Bretagne et c'est
ce qui va se
produire tant que ce système perdurera. Peu importe que la
réclamation des
travailleurs soit des plus petite ou pas, la loi de la chute du taux de
rendement du capital investi dresse la tête pour mordre
même les
investisseurs les plus perspicaces.
Le problème tel qu'il se pose autant pour les
travailleurs que pour les
détenteurs de capital est que la quantité de valeur
ajoutée produite en une
période donnée diminue constamment par rapport au capital
total investi à
moins que les détenteurs de capital ne bannissent toutes
innovations et tous
développements affectant la production, ce qu'ils font, bien
sûr, lorsque cela
sert leurs intérêts étroits. La productivité
est la coupable, si on veut cibler
tout progrès au niveau de la production comme étant
l'ennemi. Tout progrès
des forces de production vers une plus grande socialisation exacerbe la
contradiction sous-jacente avec la propriété
privée de diverses sections de
l'économie socialisée. La chute du taux de rendement qui
en résulte rend les
détenteurs de capital encore plus féroces dans leurs
demandes de concessions
aux travailleurs puisque le bassin duquel chaque classe sociale fait
ses
réclamations est plus petit par rapport au total du capital
investi. Les
travailleurs doivent reconnaître cette réalité et
l'envisager avec résistance et
avec responsabilité sociale. Les travailleurs devraient discuter
et proposer
des réformes capitalistes telles que standardiser un taux de
rendement sur le
capital investi dans toutes les sections de base à un taux de
rendement
moyen. Il faudrait alors tenir compte de ce taux de rendement moyen,
qui
chuterait périodiquement encore davantage à mesure que la
productivité
augmenterait, dans le calcul des prix de la production, suivi de
près par les
prix du marché. Ceci ne serait possible que par un
contrôle public sur les
principaux secteurs de la vente en gros, lequel contrôle fixerait
les prix du
marché conformément aux prix de production qui
comprendraient un taux de
profit moyen pour une période donnée, qu'on
réduirait graduellement selon
le développement de la productivité.
Les détenteurs de capital doivent réaliser
que la réalité est telle qu'une
chute du rendement sur leur capital investi est inévitable et
reflète la
dynamique d'une industrie moderne ainsi que la contradiction
fondamentale
qui naît de leur propriété privée de la
production socialisée et de la nécessité
de vendre la plupart des biens et services dans les confins du
marché
capitaliste. L'avantage qu'ils trouveraient à reconnaître
cette réalité et à
permettre des réformes affectant la fixation des prix, le
marché de la vente
en gros et de la fiscalité, est qu'ils se verraient garantir un
rendement moyen
et une stabilité pour leurs investissements.
Les détenteurs de capital doivent aussi
réaliser que la réalité veut qu'une
industrie moderne au sein d'un marché capitaliste exige que les
travailleurs
et le public en général aient accès au plus haut
niveau de vie possible
compte tenu du niveau de productivité des forces productives
socialisées. À
défaut d'un niveau de vie qui reflète le niveau de
productivité, la production
des biens et services (sa productivité) se tourne contre
elle-même, victime
d'une crise affectant l'harmonie entre la production et la consommation.
Quoi qu'il en soit, le cycle économique et les
problèmes économiques
doivent être traités sur la base d'une pensée
scientifique et non sur la base
d'un dogmatisme d'antan qui n'explique rien et qui ne résout
rien. En ce
sens, les économistes doivent mettre de côté leur
dogme usé selon lequel les
travailleurs sont un coût pour la production socialisée et
que le profit est une
entité qui doit soit croître ou rester au même
point. Le taux de rendement
sur le capital investi doit chuter à mesure que la
productivité progresse. Pour
ce qui est des réclamations en intérêts de la part
des créanciers, elles
devraient être abolies en tant que vestiges les plus honnis de
l'usure
médiévale et en tant qu'obstacle au progrès et au
bien-être du peuple. Une
réforme capitaliste verrait à la mise sur pied
d'entreprises financières
publiques sans but lucratif et remiserait au musée du diable
toute pratique
consistant à prêter de l'argent pour en soutirer de
l'intérêt.
Les travailleurs sont les producteurs de la valeur et
non un coût pour
l'économie socialisée. Les bénéfices
d'entreprise en fonction du capital
investi n'ont d'autre choix que de chuter avec le développement
de la
productivité. Cette chute du taux de bénéfices
d'entreprise dans les secteurs
de base doit être perçue comme un phénomène
positif à être géré
consciemment et selon un plan. De cette façon, la
quantité accrue des biens
et des services sur la base d'une productivité accrue peut
servir au bien-être
du peuple et aux intérêts généraux de la
société, plutôt que de devenir un
fardeau qui se manifeste par un cycle économique qui mène
à la destruction
périodique des forces productives, à un chômage
accru et à d'autres maux
sociaux.
Note
1. Source des citations et des deux
côtés du débat sur
les concessions : Progressive Economics Forum

Télécommunications
Les travailleurs de Verizon aux États-Unis
défendent résolument leurs
droits
- Christine Nugent -
15 000 travailleurs
manifestent devant les bureaux de Verizon à Buffalo, New York,
le 7 août 2011.
Le 7 août, les 35 000 membres du
Communications
Workers of America (CWA) et les 10 000 membres de la Fraternité
internationale des ouvriers en électricité (FIOE) ont
entamé une grève chez
Verizon Communications inc., anciennement Bell Atlantic, pour s'opposer
à
près d'une centaine de propositions de concessions de
l'entreprise. Il s'agit
de techniciens en téléphonie sur le terrain, de
travailleurs des centres
d'appels et d'installateurs de câbles, du Massachusetts à
la Virginie.
C'est la plus imposante grève en six ans aux
États-Unis, soit depuis la grève des travailleurs de GM
en 2005.
Alors que les négociations ont repris le 10
août, la société exige toujours
1 milliard $ en concessions, ce qui représente 20
000 $
par travailleur par an. Ces demandes sont sur la table depuis le
début des
négociations le 22 juin.
Le 15 août, le CWA et la FIOE ont
déposé des accusations de
pratiques déloyales contre Verizon, accusant la compagnie de
refuser de
négocier de bonne foi. Les syndicats veulent que la commission
nationale
des relations de travail, le National Labor Relations Board, ordonne
immédiatement à Verizon de négocier de bonne foi,
comme l'exige le Code
du travail.
Pour défendre leurs
réclamations à la richesse qu'ils produisent et pour
lesquelles ils se sont battus au cours des 50 dernières
années, et afin de
forcer Verizon à respecter ses obligations sociales, les
travailleurs s'engagent
à rester en grève jusqu'à ce que l'entreprise
commence à négocier
sérieusement.
Samedi dernier, les syndicats ont
annoncé qu’ils demandaient
aux travailleurs de retourner au travail lundi soir. «Nous avons
conclu une
entente avec Verizon sur la poursuite des négociations et la
restructuration,
dit le syndicat dans son communiqué. Les principaux enjeux
demeurent intouchés
mais les discussions sont maintenant plus ciblées.»
Larry Cohen, président du CWA,
affirme dans le communiqué
que «tout le monde savait que la liste de demandes de l’employeur
était longue
et c’est pourquoi nous sommes allées en grève et que nous
étions prêts à
retourner une fois que les pourparlers seraient significatifs.»[1]
Le syndicat demande que la compagnie
retire sa déclaration
du 20 août à l’effet qu’elle a «remporté une
victoire». «Nous sommes déçus d’entendre
ces propos de Marc Reed, le vice-président aux ressources
humaines, qui dit que
la compagnie ‘espérait convaincre les syndicats de commencer la
négociation de
bonne foi.’[2] C’est inexact et injuste. Nous nous étions
entendus de ne pas
crier victoire si nous changions le processus et rétablissions
la convention. Nous
nous en tiendrons à cet engagement. Mais les propos de M. Reed
signifient que
nous devrons êtres prêts à nous battre si Verizon
croit que les négociations
vont reprendre sur cette base… »[3]
Verizon Communications inc., basée à New
York, est un leader mondial
dans la prestation de services en communication à haut
débit, avec ou sans
fil, pour des clients résidentiels, commerciaux, gouvernementaux
et des
grossistes revendeurs. Verizon Wireless exploite un réseau
américain sans
fil, avec plus de 106 millions de connexions à
l'échelle nationale.
Verizon propose également la convergence des communications,
informations et services de divertissement sur le réseau
américain de fibre
optique le plus avancé et fournit des solutions d'affaires
intégrées à des
clients dans plus de 150 pays, y compris l'ensemble des entreprises
citées
dans la revue Fortune 500.
Verizon emploie une main-d'oeuvre diversifiée de
près de
196 000 travailleurs et l'an dernier a engendré des revenus
consolidés
de 106,6 milliards $.
L'entreprise ne prétend pas être
confrontée à des temps difficiles ou se
diriger vers une faillite fictive ou réelle.
Verizon invoque plutôt des pertes de 2,9 %
essuyées cette dernière
année dans le secteur des réseaux de fils fixes. Puisque
les communications
continuent de passer au sans fil, la plupart des travaux se font pour
les
réseaux de fibre optique au lieu des réseaux fixes en
cuivre. Verizon dit que
c'est la raison principale pour laquelle elle a réduit ses
effectifs. Elle veut
demeurer concurrentielle dans le marché de l'internet.
Malgré cette affirmation, sa division sans fil,
Verizon Wireless, est prête
à s'enfuir avec la richesse que les travailleurs ont produite et
a versé à sa
société mère (Verizon inc.) et Vodaphone un
dividende de 10
milliards $. Vodaphone est propriétaire à 45 %
de Verizon
Wireless, la plus grande société de
télécommunication mobile aux États-
Unis, selon le nombre d'abonnés.
Dans le monde concurrentiel du sans fil mobile, les
principaux acteurs
sont Verizon, AT & T, T-Mobile et Sprint. Chacune de ces
entreprises tentent
d'acheter autant qu'elles le peuvent une part du marché, pour
créer
essentiellement un monopole dans l'industrie du sans fil mobile.
Selon le CWA, Verizon, avec ses milliards de dollars de
revenus, est
assis sur un bénéfice net de 6 milliards $.
Comme c'est expliqué dans l'article du LML,
« Le
tapage
autour
du
plafond de la dette
américaine » de K. C. Adams, une
caractéristique du transfert de la richesse de la classe
ouvrière vers les plus
gros monopoles et propriétaires de capital depuis 1972 est
le
démantèlement du mouvement syndical.
Les travailleurs ont organisé des grèves
chez Verizon en
1983, 1986, 1989, 1998, 2000 et 2004.
De 2003 à 2011, le nombre d'employés
syndiqués dans les régions
a chuté de 75 000 à 45 000 en raison de la
sous-traitance,
l'élimination d'emplois, les rachats et l'attrition.[4]
Actuellement, aux États-Unis un syndiqué
sur sept est un travailleur des
communications. La main-d'oeuvre chez Verizon se compose
désormais de
135 000 employés non syndiqués – et la main-
d'oeuvre syndiquée représente moins de
30 % de l'effectif total.
Les travailleurs de Verizon sont ciblés dans le cadre de la
campagne
générale des monopoles pour priver les travailleurs du
pouvoir compensateur
obtenu grâce à leurs syndicats, tout en aplanissant les
injustices économiques,
comme en témoigne la liste suivante des exigences de la
direction de
Verizon :
Salaires
- Les augmentations annuelles et selon les
échelons
seront conditionnelles à une évaluation annuelle. Si un
travailleur reçoit une
évaluation qui « ne satisfait pas aux exigences du
poste », il ne
recevra pas d'augmentation (rémunération basée sur
le mérite versus
augmentations salariales selon l'ancienneté)
- Éliminer les suppléments pour la nuit et le samedi
- Éliminer les primes de salaire pour le dimanche
- Éliminer le temps supplémentaire à tarif double
après 49 heures
de travail par semaine
- Éliminer tout plafond pour les heures supplémentaires
- Éliminer les indemnités pour le travail en milieu urbain
- Créer de nouveaux postes d'emploi pour les centres d'appels
résidentiels
et d'affaires où ils travailleront selon une grille salariale
basée sur une
commission.
Pensions
- Éliminer l'accumulation des prestations de
retraite. Pour tous ceux actuellement qui touchent un salaire, la
pension
serait gelée à compter du 31 décembre
2011 et, après cela, il
n'y aurait plus de régime de retraite
- Éliminer la possibilité de rachat de la pension
- Modifier le régime 401 (k) (un programme visant à
transférer
le fardeau du régime de pension sur le dos des travailleurs)
- Éliminer les prestations liées au décès
par maladie
Avantages sociaux
- Éliminer le régime actuel d'assurances
collectives pour soins de santé, d'ordonnance médicale,
de soins dentaires et
de la vision et proposer des régimes avec des franchises et
contributions
élevées
- Éliminer les prestations d'invalidité suite à un
accident
- Réduire de moitié les prestations d'invalidité
pour cause de maladie
- Réduire les jours rémunérés pour cause de
maladie à 5 jours par
an pour les membres ayant 20 ans ou plus d'ancienneté ;
quatre jours
pour ceux qui ont entre 15 et 20 ans, 3 jours pour ceux entre
7 et 15 ans, 2 jours pour ceux entre 2 et
7 ans ; aucun jour pour ceux ayant moins de 2 ans
- Réduire les jours fériés payés à
sept par année (exclure le jour des
Anciens combattants et le jour à la mémoire de Martin
Luther King)
Sécurité
d'emploi
- Éliminer les dispositions de
sécurité
d'emploi pour tous les employés
- Éliminer les clauses de protection pour les travailleurs
réaffectés
- Éliminer la disposition limitant tout transfert à moins
de
56 km
- Éliminer les dispositions du régime en cas d'une
réaffectation
imposée
- Éliminer l'entente sur les nouvelles propositions de
sous-traitance – ce
qui leur permettra d'augmenter le niveau de sous-traitance
Autres
- Éliminer le programme nommé Étape
suivante[4]
- Éliminer la demi-journée de la veille de Noël
- Réduire de 6 mois à 30 jours le délai
d'avis donné au syndicat
annonçant des changements technologiques majeurs
- Éliminer le Fonds de remboursement pour personnes à
charge
Pour les cadres de l'entreprise, le transfert de
richesse vers le haut qui
n'est pas tant dissimulé, comme l'indique les rapports du
syndicat, signifie
que le président de Verizon, Ivan Seidenberg, a une
rémunération 300 fois
supérieure à celle que gagne un travailleur moyen. Les
cinq principaux
dirigeants de l'entreprise ont été payés plus d'un
quart de milliard $
au cours des quatre dernières années.
En revanche, les concessions proposées par
l'entreprise sont fixées à une
valeur de 1 milliard $ par an, ce qui coûte à
chaque travailleur
20 000 $ même si financièrement l'entreprise se porte
bien, ayant
empoché plus de 30 milliards $ de profits au cours des
trois dernières
années sur lesquels elle n'a payé aucun impôt et
obtenu
1 milliard $ en avantages fiscaux !
Les travailleurs et leur syndicat ont
décidé de résister à cette attaque
inacceptable en organisant vigoureusement des lignes de
piquetage et en utilisant tous les moyens à leur disposition
pour résister à
ces attaques contre leur moyen de subsistance et leur
sécurité pour
l'avenir.
L'État et les médias ont répondu en
tentant d'enterrer la justesse de leur
cause en imposant des injonctions sur les lignes de piquetage et en
répandant
des calomnies contre les travailleurs qui résistent à
l'usage de travailleurs de
remplacement.
Les travailleurs de Verizon envoient un message
très clair que ce n'est
pas acceptable, qu'ils ne resteront pas les bras croisés alors
que les
dirigeants de Verizon cherchent à démanteler les
conventions collectives
pour lesquelles ils se sont battus pendant plus de 50 ans.
Voici ce que disait LML à ce
sujet : « Les
travailleurs ont le droit et le devoir de participer, en tant
qu'individus au
sein de leurs collectifs organisés, aux prises de
décision sur les conditions de
leur emploi. Comment ils organisent leur participation collective est
leur
affaire, et les cadres exécutifs, les propriétaires du
capital et les
gouvernements doivent accepter cette réalité objective et
ne pas empirer les
choses en refusant de négocier de bonne foi ou de permettre la
négociation
de bonne foi.
« La participation consciente aux prises de
décisions concernant
les salaires, les avantages sociaux, les pensions et les conditions de
travail,
sur les lieux de travail et au sein des secteurs économiques,
est une
condition essentielle du travailleur moderne. Sans la
possibilité de réaliser
cette condition essentielle au sein d'un collectif organisé, un
ouvrier
moderne est réduit à un esclave. Un esclave au travail
est un esclave
politiquement. » [5]
Les travailleurs des télécommunications au
Canada, qui subissent eux
aussi l'assaut des monopoles des télécommunications
contre leur moyen de
subsistance, leurs prestations de santé et leurs pensions, sont
aux côtés des
travailleurs aux États-Unis dans leur lutte pour leurs salaires,
leurs avantages
sociaux et conditions de travail de leur choix .
Les concessions ne
sont pas des solutions !
Notes
1.
http ://www.cwa-union.org/news/entry/cwa_ibew_reach_agreement_on
_bargaining_with_verizon_members_to_return_to_wo#.Tk_062Hf3_V
2. Pour l'énonce de la compagnie:
http ://newscenter.verizon.com/press-releases/verizon/2011/verizons-
striking.html
3. Pour la déclaration du syndicat
http ://www.cwa-union.org/news/entry/cwa_outraged_over_vz_exec_st
atement
4. http ://thedroidguy.com/2011/08/45000-verizon-employees-
strike-at-midnight
5. http ://www.cpcml.ca/Tmlw2011/W410062.HTM

Bulletin du 23 août 2011 • Retour à l'index • Écrivez
à: redaction@cpcml.ca
|