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International
La Libye
L'OTAN a de plus en plus de difficulté
à établir la légitimité de sa mission
 
Huit
mois après le début de cette guerre fomentée
à l'étranger, l'OTAN
éprouve de plus en plus de difficultés à
légitimer son
agression contre la Libye malgré tous les efforts faits pour
déclarer
légitime le Conseil national de transition (CNT). Les frappes de
l'OTAN s'intensifient, avec des bombardements quotidiens en appui aux
efforts des « rebelles » pour avancer vers les
zones
détenues par le gouvernement. Selon différentes sources,
les frappes
aériennes se sont accrues de 20 % depuis le 25 juillet. En
outre, les médias rapportent que les frappes de l'OTAN ciblent
les
zones civiles, les principales infrastructures civiles et les
mouvements de protestation des Libyens contre l'OTAN et ses rebelles.
Il est important de garder à l'esprit que les
pays de l'OTAN et
leurs alliés, dont les États-Unis, le Canada, la
Grande-Bretagne,
l'Italie et l'Arabie saoudite, ont déclaré que le Conseil
national de
transition (CNT) « rebelle » est la seule
autorité
légitime dans le pays à l'issue de la réunion du
« Groupe de
contact » à Istanbul le 15 juillet. Le Groupe de
contact est un
organisme de l'OTAN et de ses alliés, telle l'Arabie saoudite.
Et
pendant que l'OTAN et les pays alliés insistent sur la
légitimité du
CNT, c'est la légitimité de leur mission qui est de plus
en plus remise
en cause.
Sans égard pour le droit du peuple libyen de
décider de ses
affaires, les impérialistes disent
« reconnaître » ceux
qu'ils
soutiennent depuis le début. Depuis la réunion du 15
juillet, ils ont
écarté les diplomates libyens pour leur
préférer les
fonctionnaires du CNT et certains pays ont commencé à
transférer les
actifs gelés du gouvernement libyen vers leurs banques pour les
mettre à la disposition des rebelles. Les rebelles attendent des
milliards de ce vol des avoirs du peuple libyen, avec lesquels ils
espèrent acheter des armes, selon leurs propres dires. Ce
transfert de
fonds aux rebelles est donc une violation de l'embargo sur les
armes décrété par le Conseil de
sécurité. Le gouvernement libyen a
dénoncé cette manoeuvre et refuse de reculer comme
autorité légitime
du pays, réitérant qu'aucune négociation n'est
possible tant que ne
cessera l'agression de l'OTAN.
Alors que « la mission
humanitaire » de l'OTAN est de plus
en plus démasquée comme une agression
étrangère, les soi-disant
rebelles sont de plus en plus démasqués comme des agents
des puissances
étrangères.
La propagande de l'OTAN tente depuis le début de
présenter les
forces du CNT comme des rebelles représentant un prétendu
soulèvement
populaire contre le prétendu pouvoir dictatorial du gouvernement
libyen. Et dès le début, des fissures ont commencé
à paraître pour
laisser voir que, loin d'être une force populaire, les
« rebelles » sont des agents des
États-Unis et des grandes
puissances
d'Europe, prêts à tenir l'ensemble du peuple libyen en
otage dans leur
quête de pouvoir. Les liens entre les dirigeants des groupes
rebelles avec la CIA, le MI6 (le service de renseignements
britannique), Al-Qaïda du Maghreb soutenu par la CIA et d'autres
organisations étrangères sont de mieux en mieux connus,
en dépit de
l'absence de rapports provenant des médias pro-guerre du monde
entier. Par exemple, l'un des principaux dirigeants du CNT est Khlaifa
Hifter, un transfuge du gouvernement libyen qui a vécu aux
États-Unis de 1987 jusqu'à son retour au pays pour se
joindre à la
« rébellion ». Pendant son séjour
aux États-Unis, il a
maintenu des liens avec les forces opposées au gouvernement
libyen.
Hifter est un agent connu de la CIA et serait impliqué dans
l'assassinat récent de son rival au sein du CNT, le
général Abdel
Fattah Al-Younès.[1] Les actions et l'histoire sordide des chefs
et
des groupes liés au CNT deviennent ainsi connues, comme le
deviennent
aussi les luttes intestines qui discréditent les tentatives des
médias pro-guerre des pays de l'OTAN de les présenter
comme une force
politique professionnelle et stable.
Les journaux du monde ont commencé à faire
état de désaccords au
sein du CTN à la suite de l'assassinat du général
Al-Younes, un
militaire du régime libyen qui s'était vu offrir le
commandement des
forces armées du CNT après sa défection. Certains
prétendent qu'il
y a des défections massives de
« rebelles » qui vont
rejoindre les forces du gouvernement libyen.[2] Des membres du CNT
s'exilent à l'étranger et il y a des appels à un
remaniement du
conseil. De plus, des membres de la tribu du général
Al-Younes accusent
les dirigeants des rebelles de complicité dans sa mort et cela a
provoqué des dissensions importantes.
On rapporte que le Conseil tribal suprême a
publié une proclamation
pour le Sommet africain condamnant l'OTAN et le CNT, et jurant
d'expulser les croisés d'ici la fin du mois, tout en affirmant
l'autorité du gouvernement libyen.[3] Le Conseil tribal
représente
l'ensemble des tribus de la Libye, y compris celles de l'est, dans les
zones contrôlées par le CNT.[4]
D'autre part, l'Union africaine, le CARICOM et des
institutions
africaines et des caribéennes continuent de dénoncer la
mission de
l'OTAN, tout comme le Venezuela et d'autres. La Russie et la Chine ont
constamment critiqué la stratégie de l'OTAN, appelant au
dialogue et aux négociations au lieu des combats.
Non à l'agression de
l'OTAN !
L'objectif
déclaré de l'agression de l'OTAN est de protéger
les civils et de
renverser le gouvernement libyen afin de le remplacer par le CNT. Alors
que dans les faits ce sont les civils qui en font les frais,
l'objectif de l'OTAN de décider du sort de la Libye et de qui
sera son
gouvernement est une violation claire du droit international. Il
s'agit d'un cas évident d'ingérence
étrangère dans les affaires
internes de la Libye par la promotion et le soutien d'un
belligérant
dans un conflit civil, lui-même provoqué par les
impérialistes. Il
s'agit d'une violation du droit du peuple libyen de décider de
ses
affaires et d'affirmer son droit national à la
souveraineté, libre de
toute ingérence extérieure. Alors que la guerre
s'éternise, la
mission de l'OTAN en appui aux « rebelles » est
de plus en
plus démasquée pour ce qu'elle est, un projet
impérialiste, et de
plus en plus confrontée à un front toujours plus uni du
peuple libyen.
Il y a des manifestations partout au pays contre l'OTAN et le
CNT.
LML appelle la classe ouvrière et le
peuple du Canada à
dénoncer l'agression de l'OTAN contre la Libye et à
s'opposer à la
participation du Canada à cette agression. Il est temps d'exiger
que le
Canada sorte de l'OTAN et que l'OTAN même soit
démantelée.
Notes
1. Voir LML, éditions du 7 mars
et du 14
mars 2011 pour plus d'informations sur la composition des
« rebelles » et leurs liens avec les agences de
renseignements impérialistes
2. Al-Jazeera et agences
3. « End Game for Benghazi Rebels as Libyan Tribues Prepare
to Weight In ? », Franklin Lamb, 3 août 2011
4. Ibid

Le mouvement libyen contre l'OTAN
et ses rebelles se renforce
- Jamilé Ghaddar -
Diverses sources signalent que le peuple libyen est de
plus en plus
mobilisé contre l'OTAN et ses rebelles dans toutes les
régions
du pays. Si des manifestations ont lieu depuis plusieurs semaines dans
les zones détenues par le gouvernement, des protestations et
même des combats ont commencé à éclater
à l'intérieur des zones sous le
contrôle du Conseil national de transition (CNT).
Durant les premiers jours de la guerre contre la Libye,
les
impérialistes et leurs experts ont prétendu à tort
que le peuple libyen
se révolterait en appui aux soi-disant rebelles et contre le
gouvernement. À tout moment, nous disait-on, ce
soulèvement va se
concrétiser. Cette propagande a été une tentative
de se parer d'un
voile de légitimité : il représente une force
populaire qui
reflète la volonté du peuple pour le changement.
Pourtant, loin de se
rebeller en appui aux « rebelles », les Libyens
à
travers le pays se rebellent contre eux et leurs maîtres
étrangers
regroupés dans l'OTAN.
Au début de la guerre, le chef du gouvernement
libyen, le colonel
Kadhafi, a appelé le peuple à se soulever contre le CNT
dans les
zones qu'il contrôle et, depuis le début de l'agression de
l'OTAN, le
gouvernement a distribué plus d'un million d'armes (et
peut-être
jusqu'à deux millions) aux masses. De toute évidence, ce
n'est pas
quelque chose que ferait un gouvernement qui craint le manque
d'appui de son peuple. À Tripoli, Sabha et d'autres
régions, depuis
plusieurs semaines, des manifestations de masse contre l'OTAN sont
maintenant signalées. Parmi les développements
récents, le mouvement
contre l'OTAN et ses rebelles prend rapidement de l'ampleur à
l'intérieur des zones détenues par le CNT à l'est,
y compris son fief
Benghazi. Selon Global Research, les habitants de Benghazi, Derna
et Tobrouk ont pris d'assaut les rues, dénonçant l'OTAN
et les gangs
armés (les « rebelles ») du CNT, tandis
que les combats
ont éclaté dans certaines régions.
Le 31 juillet, on rapporte que les forces de la tribu
Warfallah ont
rejoint la révolte contre le CNT à Benghazi. Certains
d'entre
eux ont pris les armes et d'autres ont manifesté pour exiger la
fin du
pouvoir illégitime du CNT. Des hélicoptères de
l'OTAN sont
intervenus, ciblant directement les manifestants. On rapporte
également
qu'environ 160 personnes ont été tuées lors d'un
rassemblement
pacifique intérieur, axé sur l'action politique et les
efforts
collectifs pour chasser le CNT. Les chiffres exacts de ceux tués
par
l'OTAN à l'intérieur de Benghazi ne sont pas
confirmés parce que les
corps n'ont pas été retournés et on
soupçonne qu'ils ont été
enterrés dans des charniers anonymes.
Par ailleurs, on rapporte que le 24 juillet, une
manifestation
pacifique pour l'unité provenant d'Al-Sabaa a été
attaquée à Gwaleesh
avec le soutien aérien de l'OTAN. Trois militants ont
été tués et
soixante ont été blessés dans cette attaque. Suite
à cela, l'OTAN a
attaqué les zones civiles d'Al-Sabaa, apparemment en
représailles,
selon diverses sources. Aussi, le 2 août de nombreux
médias ont
indiqué que la tribu Obeide a pris les armes contre le CNT
à Benghazi.
La révolte des membres des tribus Warfallah et
Obeide dans les zones
orientales contrôlées par le CNT survient au moment de la
publication de rapports à l'effet que le Conseil tribal de la
Libye a
publié le 25 juillet une proclamation dénonçant
l'OTAN et le CNT,
et reconnaissant la légitimité du gouvernement libyen.
Les frappes
aériennes de l'OTAN soutiennent l'avance des
« rebelles »
Après l'attaque
aérienne de l'OTAN contre Tajura, en banlieue de Tripoli, le 2
août 2011.
Les
frappes aériennes à Zliten et Tripoli
se poursuivent presque tous les jours car l'OTAN veut appuyer les
tentatives d'avancées des « rebelles »
dans ces régions
contrôlées par le gouvernement. Les supposés
rebelles, qui contrôlent
la ville centrale de Mirata, se concentrent actuellement sur le
front ouest, à Zliten. Cela leur ouvrirait la route
côtière vers
Tripoli, bastion du gouvernement libyen. Auparavant, les
« rebelles » s'étaient concentrés
sur Brega, riche en
pétrole. Toutefois, leurs tentatives
répétées ont échoué, ce qui a
semblé les amener à essayer d'atteindre Tripoli en
passant par Zliten.
En conséquence, les frappes aériennes de l'OTAN ont
changé
géographiquement, suivant le changement des tactiques
« rebelles ». Pendant que l'offensive se
poursuit, des
agences de
nouvelles rapportent certains des coûts de ces frappes
aériennes
« humanitaires », qui se mesurent à
l'échelle des pertes de
vies humaines et de la destruction de l'infrastructure essentielle
nécessaire à la société libyenne.
Selon les bulletins de nouvelles, l'OTAN a
bombardé l'aéroport
international de Tripoli le 18 juillet, une infrastructure civile qui
n'a jamais servi à des fins militaires. Le 3 août, un
bombardement de
trois tours de télévision de l'Autorité libyenne
de diffusion, à
Tripoli, a causé la mort de trois journalistes et techniciens et
en a
blessé 15 autres. Le formidable système d'irrigation en
eau de la
Libye, ses hôpitaux, institutions médicales,
écoles, collèges, ses
raffineries de pétrole, ses magasins, ses maisons et autres
infrastructures civiles ont été frappés par l'OTAN
depuis le début de
l'agression. Les porte-parole
de l'OTAN prétendent que ces sites étaient des cibles
militaires, ou
promettent de faire enquête lorsque les faits sont trop
embarrassants.
On rapporte qu'un hôpital de Zliten a
été bombardé le 25 juillet,
faisant au moins huit victimes. Un entrepôt alimentaire
près de
l'hôpital a aussi été frappé pendant la
même attaque, comme d'autres de
la région. De même, le Daily Telegraph
rapportait le 5
août que l'OTAN a frappé une maison de deux étages
à Zliten, tuant une
mère et deux enfants. Dans le même article on cite des
résidents
de Zliten qui dénoncent l'OTAN et ses rebelles. Un
commerçant local
s'insurge en disant qu'ils n'avaient pas le droit d'entrer dans la
ville. « Nous résisterons à cette
conquête jusqu'à la dernière
goutte de sang », a-t-il dit.
L'OTAN bombarde la Libye en se basant sur une
résolution illégitime
du Conseil de sécurité de l'ONU, qui autorisait
l'établissement
d'une zone d'exclusion de vol au-dessus du pays. Bien entendu, les
frappes contre les aqueducs, les usines de tuyauterie et les sites
gouvernementaux n'ont rien à voir avec
l'établissement d'une zone d'exclusion de vol. Des agences de
nouvelles rapportent qu'un chargement de 19 000 AK-47 en provenance
d'Italie a été saisi à Ajdabiyah par les
autorités libyennes, selon
des sources militaires libyennes. La résolution 1970 du Conseil
de
sécurité de l'ONU (adoptée le 26 février)
appelait aussi à un
embargo sur les armes contre la Libye ; les pays qui fournissent
maintenant des armes aux supposés rebelles continuent de se
réclamer de cette résolution illégitime.
Depuis que l'OTAN a commencé ses bombardements en
Libye le 19 mars,
elle a mené des milliers de frappes aériennes et fait des
milliers de morts et de blessés non répertoriés.
Les rebelles
détiennent seulement certaines régions de façon
assurée, et leurs
tentatives répétées de faire tomber le
gouvernement à Tripoli ont
échoué, malgré l'appui de la plus puissante
alliance militaire au
monde : l'OTAN.
La destruction du
réseau de distribution d'eau :
une autre abomination de l'OTAN
Le 23 juillet, la Pravda
annonçait que l'OTAN a bombardé une
usine de fabrication de
canalisation d'eau à Al-Brega, tuant six gardes. L'usine
fabrique des
canalisations pour le grand système d'irrigation artificiel du
pays,
qui apporte de l'eau à 70 % des habitations libyennes dans
cette nation aride et désertique. Selon la Pravda,
l'usine a
été frappée après que le réseau
d'approvisionnement en eau ait
été détruit le 22 juillet. Les
impérialistes s'assurent ainsi que le
réseau ne puisse pas être réparé avec des
canalisations de
l'usine. Le directeur général de la société
Grande Rivière
artificielle, qui contrôle l'aqueduc, a rapporté
l'attaque. Ceci
causera
sans aucun doute de grandes difficultés pour la population.
La construction du système d'irrigation a
débuté en 1984 sous le
gouvernement de Kadhafi et est un exploit étonnant de
planification
humaine et d'ingénierie qui, pour la première fois, a
apporté la
stabilité en approvisionnement d'eau à la population
libyenne entière.
Le projet de la Grande Rivière artificielle est la plus grande
et
la plus coûteuse entreprise d'irrigation au monde. Il utilise
des nappes d'eau souterraines fossiles pour garantir que les Libyens
aient un accès égal à l'eau indépendamment
du lieu de résidence.
Le projet était toujours en cours d'exécution, subissant
des
améliorations et des expansions constantes, lorsque l'OTAN a
frappé. Il
fait partie des nombreux projets d'édification nationale
entrepris par
le gouvernement libyen. La Libye est reconnue comme ayant l'un
des niveaux de vie les plus élevés de toute l'Afrique,
selon les
indices utilisés par les Nations unies, notamment ceux mesurant
l'accès à l'eau potable.
L'OTAN doit être tenue responsable de cette
tragédie infligée au peuple libyen.

Bulletin du 8 aou 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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