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Mouvement ouvrier
Trois-Rivières
Les travailleurs de Kruger manifestent
contre la nouvelle ronde de mises à pied
Le 29 juillet, les travailleurs de Kruger à
l'usine de papier
journal de Trois-Rivières ont organisé une manifestation
alors que 22
de leurs collègues sortaient de leur dernier
quart de travail. Ils ont bloqué pendant un moment
l'entrée de l'usine
et dénoncé Kruger pour cette nouvelle ronde de mises
à pied que
l'entreprise ne veut même pas négocier
avec le syndicat selon la convention collective. Kruger a
récemment
annoncé la mise à pied permanente de près de 100
travailleurs dans ses
deux usines de Trois-
Rivières : l'usine de papier journal et l'usine Wayagamack
qui
produit du papier couché. Ces 22 travailleurs devaient
être mis à pied
plus tard en août mais Kruger
en a devancé la date sous le prétexte de la hausse du
dollar canadien.
Le 14 juin dernier, les travailleurs de Kurger avaient
tenu une
manifestation qui a pris la forme d'une
procession funèbre pour marquer la perte des emplois
manufacturiers et
les concessions en salaires et règles de travail qu'ils ont
faites
depuis 2008. Kruger revient maintenant
à la charge en demandant que l'usine de papier journal devienne
l'usine
la plus performante de tout le secteur des pâtes et papiers en
Amérique
du Nord. Les travailleurs
rejettent cette conception d'une usine performante qui est
créée sur la
base de conditions de travail de plus en plus intenables où ils
sont
poussés à bout et où l'entretien des
équipements devient chose impossible.
Les travailleurs ont aussi dénoncé Kruger
pour son retard à
entreprendre les négociations pour une nouvelle convention
collective
qui devaient commencer à la fin juin.
De quel genre de négociations s'agira-t-il, se demandent les
travailleurs, si Kruger refuse même de soumettre les mises
à pied à la
négociation avec le syndicat.
La convention collective s'est terminée en mai
2009. LML s'est
récemment entretenu
à ce sujet avec Steve Saint-Pierre, le président de la
section 136 du SCEP
qui représente ces travailleurs.
« La vieille convention collective, a-t-il
dit, va s'appliquer
jusqu'à ce qu'on en signe une nouvelle, ce que Kruger ne semble
pas
pressé de faire. Au plus fort de
la crise économique, nous avons fait des concessions sur les
salaires
et les règles de travail sans même passer par la phase de
négociations
parce que nous voulions sauver
l'usine. En plus, quand la demande et les marchés pour le papier
couché
et super calandré se sont effondrés, nous avons
accepté de fermer ces
divisions sur une base
temporaire. En l'espace de 3-4 ans nous sommes passés de 1200
travailleurs à 300. L'usine aujourd'hui paraît à
moitié fermée avec la
machinerie non utilisée et les travailleurs
qui n'y sont plus. Le syndicat siège sur un comité de
relance qui
examine comment redémarrer ces divisions, mais Kruger ne
démontre pas
d'intérêt. Il ne parle que de faire
de l'usine de papier journal, l'usine la plus performante de tout le
secteur des pâtes et papiers en Amérique du Nord. Le
problème c'est que
c'est au détriment des travailleurs.
Il faut que cela arrête quelque part. C'était ça le
but des
manifestations. »
Lors d'une tournée récente des
installations de Kruger au Québec, le
PDG de l'entreprise a exprimé partout le même diktat qu'il
essaie
présentement d'imposer à Trois-Rivières : que
les travailleurs de chaque usine Kruger
doivent
démontrer à l'entreprise qu'ils peuvent bâtir
l'usine la plus
performante qui soit en Amérique du Nord,
et que leur usine ne va survivre en fin de compte que si Kruger juge
qu'elle a sa place dans son empire. Les travailleurs rejettent ce
diktat parce qu'il impose des conditions
intenables aux travailleurs et qu'il mène à la
destruction encore plus
poussée du secteur manufacturier.

AbitibiBowater
Encore des menaces, demandes
de concessions et mises à pied
Lors de l'assemblée des actionnaires du 9 juin
dernier, Richard
Garneau, le PDG d'AbitibiBowater a tracé un portrait de la
« nouvelle compagnie » que
prépare le monopole forestier. Selon lui, grâce aux
sacrifices exigés
des actionnaires, des créditeurs non garantis et des
travailleurs,
AbitibiBowater repart à neuf comme une
entreprise entièrement nouvelle qui se positionne pour affronter
la
concurrence sur les marchés mondiaux. Il a même
invité les travailleurs
à proposer un nouveau nom pour
l'entreprise. Mais la nouvelle Abitibi, a-t-il dit, a besoin d'un
engagement collectif, où tout le monde travaille ensemble,
affronte les
nouveaux défis, forme une équipe unique
animée d'une seule vision, une vision de profitabillité
et
de
développement durable.
Le bail de la
rivière Shipshaw
Les dirigeants d'AbitibiBowater s'en sont pris en
particulier aux conditions du renouvellement du bail de la
rivière Shipshaw
au Saguenay-Lac-St-Jean. Dans la loi 8, la Loi concernant la
location d'une partie des forces hydrauliques de la rivière
Shipshaw,
une portion des forces
hydrauliques de la rivière est louée à Abitibi
pour alimenter ses
barrages hydroélectriques et fournir
l'hydroélectricité à ses usines.
La loi prévoit qu'en échange de ses droits
sur l'eau, Abitibi doit faire une série d'investissements dans
ses
usines de la région. Le bail arrive à terme le 31
décembre 2011 et doit
être renouvelé pour une période de
10 ans, soit jusqu'en 2022. Selon le gouvernement, Abitibi n'a pas
complété les investissements qu'elle devait faire entre
2012 et 2022
mais la compagnie prétend le contraire.
Cela fait maintenant des mois que le gouvernement du Québec et
AbitibiBowater sont en négociations secrètes pour le
renouvellement du
bail.
Les dirigeants d'Abitibi ont entrepris une campagne
médiatique pour
exiger que le bail renouvelé ne comprenne pas l'obligation
légale de
faire des investissements. En
toile de fond à ce diktat, il y a la décision qu'elle a
prise récemment
de ne plus comptabiliser les revenus provenant de ses barrages dans les
revenus de ses usines. Les revenus
des barrages seront comptabilisés séparément, ce
qui fera paraître ces
usines comme étant moins profitables et pourrait bien être
le prélude à
la vente des barrages. On sait
que l'entreprise a vendu récemment ses barrages du nord de
l'Ontario.
La séparation des barrages des usines menace l'avenir des
usines.
Abitibi a déclaré ne pas vouloir
vendre ses barrages dans la région, mais la menace plane
toujours. En
plus, la compagnie ne cesse de dire qu'aujourd'hui ses avantages
hydroélectriques ne sont plus une
raison suffisante pour demeurer dans la région et que d'autres
régions
offrent maintenant des avantages plus lucratifs que les droits
hydrauliques.
Dans la conception d'AbitibiBowater, la capacité
hydroélectrique qui
lui est accordée est une simple facette des coûts de
production. Or, la
capacité hydroélectrique est
une ressource nationale précieuse et sa location doit se faire
sur une
stricte base d'avantage mutuel entre AbitibiBowater et la population de
la région et de l'ensemble du
Québec.
Il en est de même des droits sur le bois.
AbitibiBowater se plaint
constamment que le coût de la fibre est plus élevé
au Québec et au
Canada qu'aux États-Unis, et elle
veut que le gouvernement en baisse le prix. Elle ne reconnaît pas
que
l'accès dont il jouit aux forêts publiques est un
privilège qui doit
être régi par des conditions d'avantage
mutuel.
Menaces de fermetures
Abitibi
s'attaque aussi à ce qu'elle appelle les coûts de
main-d'oeuvre. Lors
d'une tournée récente des installations de la compagnie
au Québec, M. Garneau a dit qu'une simple visite l'a convaincu
qu'il y
a « beaucoup trop de travailleurs dans les
usines » et que
cet excès de main-d'oeuvre
nuit à la rentabilité. Les travailleurs ont
répliqué en disant que leur
nombre a été réduit au strict minimum suite
à des années de
compressions et de concessions. Abitibi est
en train de préparer le terrain pour imposer de nouvelles
concessions
aux travailleurs. Selon l'entreprise, c'est aux travailleurs des
unités
de production individuelles de
l'empire Abitibi à prouver à ses dirigeants que celles-ci
sont
concurrentielles non seulement avec les entreprises similaires d'autres
monopoles mais avec les autres entreprises
d'AbitibiBowater.
Dans le cadre de sa tournée, Richard Garneau
s'est rendu à l'usine
de Kénogami. Il a repris la menace à l'effet qu'une des
deux machines à
papier doit être fermée sous
prétexte qu'elle est vieille et que le marché pour son
type de papier
est en perte de vitesse. Cela voudrait dire l'élimination
d'environ 150
emplois sur les quelque 350 qui
restent. Les travailleurs ont développé un projet de
production d'un
autre type de papier avec cette machine pour servir un marché
différent. Plusieurs politiciens et experts
locaux ont dit que le projet est viable. Les travailleurs ont
demandé à
rencontrer les dirigeants d'Abitibi et les gouvernements pour leur
présenter leur projet mais ni
l'entreprise ni les gouvernements n'ont accepté de les
rencontrer. Lors
de sa visite à Kénogami, M. Garneau s'est contenté
de dire que l'avenir
qu'il envisage pour l'usine
de Kénogami ne comporte qu'une machine à papier.
Toujours au Saguenay-Lac-St-Jean, Abitibi parle
ouvertement de
fusionner les scieries de Roberval et de Saint-Félicien, ce qui
forcerait la fermeture d'une des deux usines.
Des porte-paroles d'Abitibi ont rencontré les maires et d'autres
personnalités pour leur communiquer leur plan et les inviter
à décider
quelle scierie fermer. Abitibi parle aussi
de fermer sa scierie de Saint-Prime non loin de Roberval, qui est
réputée pour la qualité de ses produits du bois,
notamment des
composantes de lits. Bien que le carnet de
commandes de la scierie soit plein, l'entreprise parle de la fermer
parce qu'elle ne cadre pas avec les plans à long terme de
« la
nouvelle Abitibi ». Les
travailleurs de la scierie sont sans convention collective depuis plus
de 30 mois et Abitibi refuse toujours d'entreprendre les
négociations.
Sur la Côte-Nord, AbitibiBowater a
récemment mis à pied près des 2/3
des quelque 170 travailleurs de la scierie des Outardes. Le monopole y
a suspendu la production
de bois d'oeuvre pour ne produire que des copeaux pour son moulin
à
papier de Baie-Comeau. Un porte-parole d'Abitibi a dit que les mises
à
pied vont vraisemblablement
se poursuivre jusqu'à l'automne et qu'elles sont
nécessaires en raison
du faible marché de la construction aux États-Unis et
pour éviter que
le moulin à papier lui-même ne
ferme.
L'exigence d'AbitibiBowater à l'effet que toutes
les ressources de
la société doivent être mises à sa
disposition afin qu'elle soit
concurrentielle sur les marchés mondiaux
n'est pas viable pour les travailleurs, leur communauté, le
Québec et
le Canada. Cela n'était pas viable avant et pendant la
réorganisation
anti-ouvrière sous la protection
de la faillite qui a été faite avec la participation
active du
gouvernement, et cela n'est pas viable maintenant non plus.
C'est en faisant valoir leurs propres demandes et leurs
propres
besoins que les travailleurs forestiers vont faire avancer les choses
pour restreindre le droit de monopole
d'AbitibiBowater, et rebâtir l'industrie forestière pour
qu'elle serve
les travailleurs et la nation.

Le gouvernement autorise Shell à
démanteler
sa raffinerie de Montréal
- Pierre Chénier -
 Manifestation contre la fermeture de la raffinerie
Shell à Montréal le 30 novembre 2010.
Le 27 juin, la ministre des Ressources naturelles et de
la Faune du
Québec, Nathalie Normandeau, a donné à Shell la
permission de
démanteler sa raffinerie de Montréal-Est. Shell a
annoncé en janvier 2010 qu'elle fermait sa
raffinerie pour
la transformer en terminal de distribution de produits
pétroliers. D'un
seul coup, ce sont plus de 800
emplois directs et plus de 3000 emplois indirects qui sont disparus.
Les travailleurs ont exigé du gouvernement Charest qu'il
empêche la
fermeture ou force Shell à vendre
la raffinerie. De son propre aveu, Shell a rejeté toutes les
offres qui
lui ont été faites, et la ministre et son gouvernement
ont laissé Shell
faire ce qui lui plaît, se contentant
de dire que Shell n'était pas vraiment intéressée
à vendre. Le
gouvernement a refusé de défendre les emplois
manufacturiers qui
étaient en jeu.
Les travailleurs ont maintenu la pression en exigeant
que la
ministre refuse d'accorder à Shell un permis de
démantèlement des
installations, ce qui aurait maintenu la
pression sur Shell pour qu'elle vende la raffinerie. En essence, c'est
une lutte contre le droit de monopole de Shell d'abdiquer ses
responsabilités envers les travailleurs et
l'économie du Québec.
C'est dans le dos des gens, et en violation ouverte de
ses promesses que la ministre Normandeau a accordé le permis.
Le 27 octobre 2010, elle avait déclaré
dans le contexte de la
commission parlementaire chargée d'étudier le dossier de
la
fermeture :
« Je vais attendre les conclusions et les
recommandations de la
commission par respect pour les parlementaires qui se sont
réunis
pendant deux jours, M. le
Président. Et je pense que tous les collègues ici, de
l'Assemblée
nationale, comprennent l'importance pour nos collègues de
compléter le
travail en commission...
Deuxièmement, M. le Président, cette demande
formulée par le syndicat
est loin d'être inintéressante. En fait, le syndicat et
plusieurs
intervenants sont venus nous demander
ou plaider en faveur de la non-délivrance du permis de
démantèlement.
J'ai pris acte de cette volonté, M. le Président. Lorsque
j'obtiendrai
les recommandations des collègues
de la commission parlementaire, ça me fera plaisir de
répondre à cette
question. »
Elle a fait des commentaires semblables à
plusieurs reprises à l'Assemblée nationale.
Le 16 juin dernier, lors d'un discours devant un groupe
de gens
d'affaires de Montréal, elle a dit que sa décision
n'était pas encore
prise mais que la lenteur de la
commission parlementaire à lui faire une recommandation lui
causait
problème.
Le 27 juin, en réponse aux médias qui lui
rappelaient son engagement
de ne pas accorder le permis avant que la commission ne se prononce,
elle déclarait :
« Les députés n'ont pas réussi à
s'entendre, et je doute qu'ils
s'entendent un jour. Ça fait huit mois que la commission est au
travail. Je ne peux pas attendre ad
vitam aeternam. J'ai des décisions à prendre, et
Shell fait énormément de pressions pour obtenir son
permis de démantèlement. »
La ministre Normandeau ne se sent pas autant
« pressée »
par les travailleurs qui lui demandaient, à elle et à son
gouvernement, de
prendre parti
contre la fermeture et le démantèlement. Si elle voulait
prendre une
décision, pourquoi ne pas décider d'écouter la
« pression »
qui venait des travailleurs qui
depuis près de deux ans dénonçaient le diktat
arrogant de Shell et
s'opposaient à ce nouveau coup dur contre le secteur
manufacturier au
Québec ?
À ce sujet, Jean-Claude Rocheleau, un
porte-parole de la section 121
du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du
papier (SCEP) qui représente les travailleurs de Shell a
confié
au LML : « La raffinerie
produisait du carburant
pour les voitures et
les avions, civils et militaires, ainsi que de l'huile à
chauffage pour
les entreprises et les résidences.
En plus des travailleurs réguliers de la production et des
bureaux, un
grand nombre de travailleurs de la construction et de la
réparation et
de l'entretien des équipements
étaient engagés à contrat. Deux fois l'an, au
printemps et à l'automne,
nous recevions entre 1200 et 1500 travailleurs qui venaient
réparer et
maintenir les équipements.
Certaines des entreprises qui engageaient ces travailleurs ont
déjà
commencé à faire des mises à pied. Il y avait
aussi de nombreux
restaurants dont l'existence dépendait
largement des travailleurs de Shell et certains ont commencé
à
fermer. »
La fermeture de Shell laisse le Québec avec
seulement deux
raffineries, celle de Suncor (anciennement Pétro-Canada), qui
est
adjacente à la raffinerie de Shell,
et celle d'Ultramar à Lévis. Plusieurs prédisent
que Suncor pourrait
fermer sa raffinerie de Montréal, notamment parce qu'elle devra
maintenant assumer seule les coûts de
transport du brut importé par le pipeline
Portland-Montréal que les
deux raffineries se partageaient. Quant à Ultramar, qui est une
filiale
du géant américain Valero Energy
Corporation, son avenir semble très incertain suite au rapport
récent
de Valero qui dit que la raffinerie de Québec est la seule parmi
ses
raffineries dans le monde à perdre
de l'argent.
Le gouvernement Charest, par le biais de sa ministre,
écarte tout
cela du revers de la main. On reconnaît le cynisme du
gouvernement
libéral de Jean Charest sur l'absence
de contrôle du Québec sur ses ressources par cette
déclaration de la
ministre en réponse à ceux qui disent que la fermeture de
Shell et
l'avenir incertain des autres raffineries
affaiblissent la sécurité des approvisionnements
pétroliers du
Québec : « En effet, la sécurité
des approvisionnements en
produits pétroliers n'est pas compromise
puisque le Québec n'est pas un producteur de produits
pétroliers et que
l'ensemble de son approvisionnement provient des importations qu'il
effectue. » Belle façon
pour ce gouvernement vendu de régler le problème !
Mieux vaut ne
rien produire du tout !
En fait, la ministre qualifie le
démantèlement de la raffinerie de
« bonne nouvelle pour le milieu ». Pourquoi une
bonne
nouvelle ? Parce que
l'entreprise va décontaminer les terrains, ce qui est bon pour
l'environnement, et possiblement vendre des terrains à des
entrepreneurs, ce qui est bon pour la diversification
économique de Montréal ! ! !
Dans le communiqué du ministère des
Ressources naturelles annonçant
que Shell pourra démanteler la raffinerie on trouve ce qui
suit :
« Rappelons qu'en janvier 2010 Shell
annonçait sa décision de
mettre fin à ses activités de raffinage dans l'Est de
Montréal et de
convertir ses installations en
terminal de produits pétroliers. Les travaux associés
à cette
conversion étant en cours, Shell doit maintenant se conformer
aux
dispositions de la Loi sur la qualité de
l'environnement
qui imposent à la compagnie, lors de la cessation de ses
activités de
raffinage, de procéder à la décontamination des
terrains. Il va de soi
que le respect
de cette exigence environnementale ne peut s'effectuer
adéquatement
sans accorder le permis de démantèlement de
l'infrastructure. »
Une autre belle façon de se soustraire à
sa responsabilité que de
présenter la fermeture et la conversion en terminal comme un
simple
fait accompli. Le cours des choses
aurait été différent si le gouvernement
s'était tenu debout. Une fois
que le gouvernement impose le droit de monopole de Shell de s'attaquer
au secteur manufacturier, quoi
de mieux que de jouer la carte de l'environnement : cela va de soi
qu'on ne peut pas décontaminer les terrains si les installations
sont
encore debout ! C'est
probablement ça le « développement
durable » de Charest !
Un gouvernement qui agit comme le vulgaire instrument du
droit de
monopole et qui cherche des faux-fuyants pour masquer sa
traîtrise
constitue une véritable entrave
à la réalisation d'un Québec possédant une
économie qui se développe
dans tous les secteurs et toutes les régions au service de ses
citoyens
et résidents. Cela nous convainc
que nous devons intensifier notre lutte pour forcer les gouvernements
à
rendre des comptes sur la défense du droit public contre le
droit de
monopole et que nous devons
aussi remplacer ces gouvernements qui nous vendent en élisant
une Opposition ouvrière à l'Assemblée nationale
qui
saura défendre nos
intérêts.

Les gouvernements doivent
défendre
les travailleurs migrants!
- Peggy Askin -
La Fédération
des travailleurs de
l'Alberta rapporte que le nombre
de demandes approuvées pour les employeurs désireux
d'amener en Alberta
des travailleurs étrangers
temporaires (TET) a grimpé de 37 % entre 2009 et 2010, une
hausse
de 11 655 demandes pour un total de 42 885. Cela va porter le nombre de
travailleurs étrangers
temporaires travaillant en Alberta à plus de 100 000.
Le nombre de travailleurs au Canada en vertu du
programme des
travailleurs étrangers temporaires est à un niveau
record, à environ
283 000 travailleurs. Le nombre
de nouveaux arrivants parmi ces travailleurs a baissé
légèrement par
rapport au pic de 2008, avec 182 276 travailleurs entrant au Canada en
2010 pour un permis de travail
TET, comparativement à 192 180 en 2008.
Thomas Lukaszuk, ministre de l'Immigration et de
l'Emploi de
l'Alberta, a déclaré qu'il va inciter le gouvernement
fédéral à
permettre qu'il y ait plus d'immigrants parmi les
travailleurs étrangers temporaires actuellement en Alberta.
Lukaszuk a
exprimé sa préoccupation qu'il est plus difficile pour
les employeurs de recruter des travailleurs
qualifiés selon les nouvelles règles
entrées en vigueur le
1er avril 2011 en
vertu du présent programme. Selon la nouvelle
réglementation, un
travailleur ne peut rester au Canada
que pendant quatre ans et doit ensuite rester à
l'extérieur du Canada
pour les quatre prochaines années avant de faire une nouvelle
demande.
Lukaszuk propose un prolongement du Programme des
candidats des
provinces (PCP) en vertu duquel un maximum de 5 000 travailleurs se
voient accorder chaque année
le statut de résidents permanents. Sous le PCP, les provinces
concluent
des accords avec le gouvernement fédéral concernant le
nombre et les
catégories de travailleurs qui
seront approuvés directement par les provinces. Le PCP devrait
vraiment
être appelé « programme des candidats des
employeurs »
puisque ce sont les monopoles
qui décident qui peut demander le statut de résident
permanent et qui
ne peut pas. Le PCP est déjà en pleine expansion, passant
d'environ
8000 travailleurs en 2005 à 40
000 en 2011.
Pareil au programme des travailleurs
étrangers temporaires, le
PCP par lequel le gouvernement remet le contrôle aux monopoles,
est
un
outil pour créer la division
entre les travailleurs et faire abaisser les salaires et les conditions
de travail. C'est une invitation ouverte aux employeurs à faire
chanter les travailleurs et commettre contre
eux des actes illégaux en toute impunité. Par exemple,
dans le cas du
projet pilote intitulé Alberta Food services, chaque
restaurateur peut
proposer chaque année une
candidature parmi tous les serveurs, préposés au comptoir
et
aide-cuisiniers qu'il emploie. Un hôtel de 250 chambres peut
proposer
un maximum de 10 candidatures parmi
les serveurs et préposés aux chambres et les entreprises
employant des
camionneurs de longues distances peuvent proposer chaque année
des
candidatures représentant 10
à 15 % des conducteurs. De telles règles
équivalent à des actes
criminels commis contre les travailleurs car elles sont conçues
pour
forcer les travailleurs à se faire
concurrence les uns aux autres pour avoir une chance de devenir des
résidents permanents, ce qui les rend vulnérables
à toutes les formes
d'abus.
Il n'existe pas de quotas dans le secteur manufacturier,
mais sauf
pour quelques usines où les syndicats comme les Travailleurs et
travailleuses unis de l'alimentation et
du commerce ont réussi à négocier des dispositions
exigeant que
l'employeur puisse proposer la candidature de tous les TET, la mise en
candidature demeure toujours à
la discrétion de l'employeur. En outre, les qualifications
imposées par
les accords fédéraux-provinciaux excluent de nombreux
travailleurs. Non
seulement les travailleurs
sont-ils désormais tenus d'avoir un très haut niveau de
capacité de
lecture, écriture et compréhension de l'anglais, mais ils
doivent avoir
travaillé dans un poste similaire pour
au moins quatre années avant de venir au Canada.
Le gouvernement Harper propose une notion
médiévale de la
citoyenneté qui attaque la liberté de conscience et
présente un
Canadien comme celui qui se soumet à
l'annexion, à l'offensive antisociale, aux guerres de
prédation, à
l'occupation et à l'exigence que les ressources humaines et
matérielles
du pays soient mises à la disposition
des plus puissants monopoles. Le fait que le PCP prend de plus en plus
d'ampleur procure aux monopoles encore plus de
« droits » de
décider qui peut faire
une demande pour devenir un citoyen et qui ne le peut pas. C'est
contraire à la société moderne et cela souligne la
nécessité d'une
nouvelle loi fondamentale qui ne permet
pas qu'une section de la société soit privée de
droit. L'esclavage est
l'esclavage. Ça ne peut être réformé,
ça doit être aboli ! Le
statut de résident permanent doit être
accordé à la fois aux travailleurs sans papiers et
aux travailleurs
étrangers temporaires sur la base d'un statut pour tous !

Bulletin du 8 août 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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