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International
Le débat sur la dette aux
États-Unis
Il faut arrêter de payer les riches et augmenter
les investissements dans les programmes sociaux!
Le débat actuel sur la dette et les
déficits aux
États-Unis exclut
toute discussion sur les problèmes auxquels est confronté
le peuple
américain, écrit Voice of
Revolution. Il ne remet pas en
question le contrôle de l'économie par les grands
monopoles. En fait,
il sert de justification pour resserrer ce contrôle.
Le débat porte censément sur la question
à savoir
s'il faut relever
ou pas le « plafond de la dette ». Le plafond de
la
dette est
fixé par le Congrès. Il établit
la limite au-delà de laquelle le gouvernement ne peut plus
emprunter.
Cette limite se situe présentement à 14,3 billions $
et le
président Obama veut la hausser d'au
moins 2,5 billions. Selon le secrétaire du Trésor Timothy
Geithner, le
2 août le gouvernement n'aura plus assez d'argent pour distribuer
les
chèques de sécurité sociale, les
prestations d'assurance-maladie et d'assurance-médicaments et
les
rentes des anciens combattants et pour faire les paiements dus sur le
service de la dette. Selon Geithner,
il manquera 32 milliards $ le 3 août, dont 23
milliards $
pour les chèques de sécurité sociale et 1,4
milliard $ pour
les
contrats de défense. Le 4 août,
le gouvernement doit verser 87 milliards $ pour le service de
la
dette et un autre 29 milliards $ en intérêts le 15
août.
En fait, le plafond de la dette a été
rehaussé de
façon routinière
au fil des ans, ce qui laisse croire que tout le tapage actuel, le
soi-disant « débat », est
davantage l'expression de la lutte pour le contrôle de
l'État que d'un
réel débat sur les politiques fiscales.
VOR fait remarquer
l'insistance avec laquelle les grands
monopoles, leurs agences de cotation et le président de la
Banque de
réserve fédérale demandent
que le gouvernement s'assure de ne pas manquer à ses obligations
fiscales, que les versements du service de la dette doivent être
faits
en temps et au sou près. Payer les
riches serait la principale responsabilité du gouvernement et un
défaut
de paiement serait « catastrophique »,
provoquerait
« un
grave choc »,
disent les banquiers, et serait l'« apocalypse »,
dit
le
président Obama.
« Nous sommes censés croire que le
ciel
va nous tomber sur la
tête et que la seule façon d'éviter la catastrophe
est de payer les
riches avec des fonds publics,
écrit VOR. Nous sommes censés oublier que ces
mêmes
créanciers qui ont provoqué la crise financière
avec leurs spéculations
parasitaires ont exigé des billions
de dollars du gouvernement lorsque Obama est arrivé au pouvoir,
sous
prétexte d'un 'plan de secours'. On avait également
prétendu que
c'était nécessaire pour 'stabiliser
les marchés financiers' et éviter la
'catastrophe'. »
VOR fait remarquer que nous
assistons à un effort acharné
des monopoles pour resserrer leur contrôle de l'économie.
« Le
débat est un faut débat
pour cacher que l'économie est sous le contrôle des
monopoles et pour
convaincre l'opinion publique que la seule issue à la crise est
d'utiliser le trésor public pour payer
les riches encore plus. Arrêter le financement de la guerre,
geler le
service de la dette, exiger des prêts sans intérêt,
ces options ne sont
jamais envisagées. »
« Nous disons qu'il y a une alternative,
une alternative qui
s'appuie sur les responsabilités sociales du gouvernement et qui
contribue à la résolution des problèmes
auxquels le peuple est confrontés : Arrêtez de payer
les
riches ! Arrêtez le financement de la guerre !
Augmentez les
investissements dans les programmes
sociaux ! », dit VOR en
conclusion.

L'objectif est de concentrer encore
plus le pouvoir entre les mains de l'exécutif
L'absence
de crédibilité de la gouvernance, et surtout des
instances législatives
comme le Congrès et le Sénat, est ce qui
caractérise le plus le débat
actuel sur le plafond de la dette aux États-Unis, note Voice of
Revolution. Le fait que le public ne soit pas informé du
contenu des
différentes propositions et que celles-ci ne fassent pas l'objet
d'un
débat public est dans la suite logique des choses.
Les choses se
discutent derrière des portes closes, comme dans des rencontres
entre
le président Obama et les chefs du Congrès et celles
entre les
sénateurs Harry Reid et Mitch McConnell, respectivement chef du
Parti
démocrate et chef du Parti républicain au Sénat,
et pas dans le débat
public. Le public n'est pas informé du contenu des
différents « plans »
discutés en cachette, sinon qu'on propose de couper 1,5, 2 ou 4
billions de dollars, presqu'entièrement dans les programmes
sociaux et
les services. Cela aussi est une atteinte à la gouvernance
élue. Au
Congrès on a déjà suffisamment restreint le
débat par différents
règlements et maintenant on veut faire accepter l'absence totale
de
débat public.
Les pourparlers se tiennent à huis clos et les
«
informations » données au public ne sont que des slogans
pour le
convaincre de la nécessité d'intensifier l'offensive
antiouvrière et
antisociale des monopoles, qui cherchent à s'emparer d'une
partie
encore plus grande du trésor public, signale VOR. Obama dit s'être
déjà
entendu avec les dirigeants du Congrès sur
l'inviolabilité des
paiements pour le service de la dette et sur le besoin de
réduire les
dépenses pour les programmes publics d'au moins 4 billions $.
C'est ce
qu'ils appellent un « compromis raisonnable ».
Les développements
entourant le « débat sur la dette » indiquent que
l'élite dirigeante
est en train de changer la façon de gouverner. Il n'est pas
surprenant,
quand on sait que le pouvoir économique est concentré
entre les mains
de quelques-uns, que ces changements vont dans le sens
d'accroître
cette concentration du pouvoir, notamment dans la fonction de l'office
du président.
Obama blâme le congrès, démocrates
et républicains
confondus. Il veut remplacer le débat public au Congrès
par des
négociations à huis clos accompagnées d'un appel
au public de l'appuyer
dans sa lutte contre le Congrès. Il veut rallier le public aux
efforts
pour restreindre le rôle du Congrès et restreindre
l'espace du débat
public sur les questions d'importance vitale pour le peuple, en faveur
du resserrement du pouvoir exécutif. C'est une façon de
bloquer la
gouvernance par le peuple comme solution à la crise politique
caractérisée par le refus du Congrès et du
président de se soumettre à
la volonté du peuple.
Le Congrès est
présenté comme étant le problème
Le
président Obama a tenu deux conférences de presse en une
semaine, les
11 et 14 juillet. Il a également eu des rencontres à huis
clos avec les
chefs du congrès toute la semaine.
Le 11 juillet, il a commencé
par se faire l'écho des demandes des monopolistes financiers
pour qui «
il est inacceptable de ne pas hausser le plafond de la dette et de
permettre un défaut de paiement du gouvernement ». Les
prêts sans
intérêt, le gel du service de la dette et
l'élimination des dépenses
pour les guerres en Irak et en Afghanistan ne sont pas
considérés comme
des solutions immédiates. Ces secteurs sont
épargnés dans le «
sacrifice partagé » que propose Obama. Il dit : «
Nous pouvons préparer
une proposition [de compressions budgétaires et d'augmentation
des
revenus] qui soit équilibrée, qui voit à ce que le
sacrifice soit
partagé, qui oblige les deux partis à revoir leurs vaches
sacrées et
qui apporte des changements importants dans la sécurité
sociale,
Medicare et Medicaid. »
Le président dit que les dépenses pour la
défense ne seraient pas épargnées, proposant
notamment une baisse de 78
milliards $ sur cinq ans. Or, le retrait des troupes de l'Irak et de
l'Afghanistan, comme le réclame le peuple, représenterait
à lui seul
une épargne d'au moins 1 billion $, mais cette option n'est pas
sur la
table. Le président a même dit que les budgets du
Pentagone pourraient
même être réduits de « centaines de milliards
de dollars » mais cela
n'arrêterait pas la croissance des dépenses militaires,
qui se situent
présentement à 700 milliards $ par année.
Obama veut faire passer
l'idée que le Congrès ne veut pas agir alors que
lui-même est prêt à
passer aux actes. « C'est maintenant qu'il faut régler la
question de
la dette », dit-il, et c'est maintenant qu'il faut instituer les
plus
grandes compressions possibles dans les programmes sociaux. Il dit que
des compressions de 4 billions $ « contribueraient
énormément à donner
confiance au peuple américain en la capacité de
Washington de faire
quelque chose de temps à autre, que nous pouvons dépasser
les attentes
habituelles sur la politique à court terme, la politique
électoraliste,
et en sortir de temps à autre pour faire ce qu'il faut pour le
pays ».
Obama
n'hésite pas à s'en prendre aux démocrates aussi
bien qu'aux
républicains, disant qu'il est nécessaire de faire preuve
de
pragmatisme et de laisser de côté les différends
idéologiques. « Je
continue de faire pression sur les dirigeants du Congrès pour la
meilleure entente possible. Et il va y avoir de la résistance.
Pour
tout vous dire, il y a de la résistance de mon côté
également. Mais si
chaque partie prend la position maximaliste, si chaque
côté veut 100 %
de ce que dictent ses prédispositions idéologiques, alors
rien ne peut
être accompli. Je crois que le peuple américain veut que
quelque chose
soit fait. Il ressent une urgence, autant en ce qui concerne la rupture
de notre processus politique qu'en ce qui concerne la situation
économique. »
De cette façon, Obama chercher à donner
à la
fonction de président le rôle de celui qui peut agir quand
les partis
politiques sont paralysés par leurs positions
idéologiques.
Obama
caractérise la position des démocrates comme suit :
« La vaste majorité
des démocrates au Capitole préférerait ne rien
faire sur certains de
ces problèmes relatifs à la dette et au déficit.
Et je sympathise avec
eux parce qu'ils se préoccupent de ceux qui sont
déjà durement frappés,
de ceux qui sont vulnérables, et il y a beaucoup de familles et
de
personnes âgées qui dépendent de ces programmes.
»
Ainsi, le «
compromis » serait de ne pas toucher aux paiements sur la dette,
d'instituer des coupures dans le budget du Pentagone qui n'auraient
aucun impact et de faire des compressions massives dans les services
aux plus vulnérables et dans les programmes dont les citoyens
dépendent. Le plan est d'intensifier l'offensive antisociale des
monopoles dont la quête de profit requiert de plus en plus
d'accès au
trésor public aujourd'hui.
Obama suggère que le peuple est
derrière lui et que le Congrès bloque la
résolution de la crise. «
Quatre-vingt pour cent des Américains sont en faveur d'une
approche qui
comprend hausser les revenus du gouvernement et couper dans les
dépenses. Alors le problème n'est pas que le peuple n'est
pas convaincu
de la justesse de ce plan. Le problème, c'est que les
congressistes se
sont retranchés dans leurs positions idéologiques et
qu'ils sont
incapables d'en sortir à cause de déclarations faites.
Alors le
problème n'est pas que le peuple ne sait pas ce qui est juste et
ce qui
ne l'est pas. Le problème est que le Congrès doit faire
ce qu'il faut
et refléter la volonté du peuple. Et si nous parvenons
à faire cela,
nous aurons réglé le problème. »
Obama dit espérer que « ce débat
concentre un peu plus l'attention du peuple et soumette le
Congrès à un
examen. Et je crois que les Américains vont commencer à
se dire à
eux-mêmes : vous savez, nous allons nous en souvenir au moment du
vote
des partis et des politiciens qui déclarent toujours que 'c'est
ma
façon de faire ou rien', qui s'en tiennent à des
positions idéologiques
rigides. » Il s'en prend encore une fois aux démocrates
lorsqu'il dit
que le plan proposé « est difficile à prendre pour
les démocrates
aussi. J'aimerais voir se réaliser certaines des choses que j'ai
dites
mais pour certains démocrates c'est tout à fait
inacceptable. »
Le
président se place ainsi dans la position où c'est lui
qui fait avancer
les choses. Le Congrès est un obstacle et il est possible de
rétablir
la crédibilité du processus politique en concentrant
davantage le
pouvoir dans la fonction du président et en limitant le pouvoir
du
Congrès, qui ne fait rien de toute façon, selon lui.

Le plan McConnell
La
solution
des
riches
est de réduire davantage le rôle du
Congrès et du
public tout en consolidant celui du pouvoir exécutif. Le plan
McConnell
accorde spécifiquement au président un plus grand pouvoir
sur le trésor
public, l'autorise à « rouvrir » le budget et
à exiger de nouvelles
compressions budgétaires. Le plan privilégie un
comité désigné se
réunissant à huis clos et présentant un «
plan » au Congrès que
celui-ci accepte ou rejette par vote direct. La situation qui se
développe pourrait mener à ce que, advenant que le
Congrès refuse
d'agir, des mesures plus extrêmes puissent être
décrétées par le
président au nom de la sécurité nationale et sous
prétexte d'éviter «
l'Armagédon ».
Comme les négociations à huis clos entre
le
président et les dirigeants du Congrès n'ont pas
donné lieu à un plan
pour relever le plafond de la dette et pour d'importantes compressions
budgétaires, le chef des républicains au Sénat,
Mitch McConnell, a
proposé un plan de dernier recours qu'on nomme
communément le plan
McConnell. Peu après, le chef des démocrates au
Sénat, Harry Reid, a
fait équipe avec McConnell pour l'élaboration d'un
« compromis
bipartite », selon Voice of
Revolution. Maintenant le plan se veut la
solution la plus plausible à la querelle actuelle sur la
meilleure
façon de remettre encore plus de fonds publics entre les mains
des
monopoles, explique VOR. Tout
comme Obama, McConnell a déclaré que la
proposition n'est pas son premier choix. Par contre, « il ne faut
surtout pas que les marchés et le peuple américain
pensent que nous
envisageons la possibilité d'un défaut de paiement
».
Un aspect
important du plan McConnell est qu'il donne au président
l'autorité de
relever le plafond de la dette, explique VOR. Selon le plan, le
Congrès
ne pourrait bloquer le tout que par la majorité des deux tiers.
C'est
un virage important, puisqu'actuellement seul le Congrès peut
relever
le plafond de la dette, et ce, par un vote majoritaire seulement.
Le
plan permettrait à Obama de relever le plafond de 2,5 billions $
en
trois versements. Pour ce faire, il devra en faire la demande
auprès du
Congrès et s'il essuie un refus, il pourrait imposer un veto.
Une
dérogation au veto ne serait possible que par la majorité
des deux
tiers du Congrès. Même si la Chambre des
représentants devait voter une
dérogation, Obama pourrait chercher l'appui de seulement 34
sénateurs
pour bloquer la dérogation et rendre applicable l'augmentation
de la
dette.
Bien qu'on prétende que cet arrangement ne sera
que
temporaire jusqu'en 2012, il est clair que lorsque de tels arrangements
sont établis, en principe ils sont là pour rester. S'il
devait être
renouvelé, ce serait dans le sens d'imposer moins de
restrictions aux
sommes attribuées. Ainsi, bien que McConnell propose cet
arrangement
pour rendre Obama responsable de l'augmentation de la dette, cet
arrangement accorde en réalité un pouvoir accru au Bureau
du président
sur le trésor public. Il s'agit d'un changement fondamental
puisque le
Congrès a généralement le contrôle des
dépenses, et non le président.
Deuxièmement,
le plan obligerait Obama à présenter des compressions
budgétaires
équivalentes à l'augmentation de la dette
demandée. Cependant ces
compressions ne sont pas obligatoires pour le président ni pour
le
Congrès pour que la dette soit augmentée. Cette mesure
donnera aussi
plus de pouvoir à l'exécutif. Essentiellement, le
président aurait le
pouvoir de rouvrir le budget et de proposer de nouvelles compressions,
en invoquant une justification faite sur mesure à l'effet que
celles-ci
sont nécessaires pour « équilibrer »
l'augmentation de la dette.
En
temps normal, une fois le budget voté et les fonds
appropriés par le
Congrès, les choses restent au beau fixe, ayant le poids d'un
contrat.
Mais l'expérience des travailleurs partout au pays
démontre qu'on peut
facilement résilier un contrat et que les monopoles agissent de
plus en
plus de façon unilatérale pour imposer des compressions.
De même, les
riches placent présentement de tels pouvoirs entre les mains du
président pour répondre à leurs demandes de
compressions budgétaires.
Ainsi cet aspect du plan est aussi un mécanisme visant à
accroître les
pouvoirs présidentiels. Le président peut
déjà esquiver le processus
budgétaire pour traiter de demandes spéciales
liées au financement de
la guerre.
Le plan accorde aussi au président l'espace voulu
pour manoeuvrer et accuser le Congrès de mauvaise foi.
Un
troisième aspect du plan prévoit un soi-disant
comité bipartite composé
de six républicains et de six démocrates
désignés pour élaborer un plan
de compressions budgétaires à long terme. Il s'agit
encore une fois
d'un mécanisme qui concentre le pouvoir dans un comité
désigné en
retirant ce même pouvoir aux comités publics et aux
débats du Congrès,
comme le veut la coutume, dit VOR.
«
Si
les négociations actuelles en
sont une indication, ce comité, en présence de puissants
financiers,
aura aussi des réunions à huis clos, tout en obstruant la
participation
du public et tout effort pour obtenir des comptes. » En
surcroît, tout
plan mis de l'avant par le comité sera traité «
à haute vitesse » au
Congrès. Ainsi il ne pourra être amendé et sera le
sujet d'un débat
très limité suivi d'un vote direct.
Le Wall Street Journal, le
Washington Post et le New York Times ont tous endossé ce plan.
Une
entente bipartite visant à « comprimer les dépenses
et réformer les
transferts de droit » est préférable à ce
qui se passe présentement,
disent-ils, tout en pleurant l' «occasion ratée» qui
aurait pu voir
naître « une grande aubaine ou, tout au moins, un modeste
rajustement
de la démarche fiscale du pays», selon le Post. Faisant
écho à la façon
dont Obama se sert du « débat » pour
discréditer le Congrès, le Post
écrit : « Le plan McConnell offre un abri politique
permettant de
dissimuler toute lâcheté et toute irresponsabilité.
Si c'est tout ce
que Washington peut faire, c'est mieux que rien. Mais ce n'est pas
reluisant s'il s'agit de démontrer ce que Washington peut faire.
»
Le
but est de créer un appui « bipartite » au plan, du
moins au Sénat mais
jusqu'à un certain point dans la Chambre aussi. Cet appui
bipartite
sert à isoler ceux qu'Obama nomme les « extrémistes
» des deux partis,
qu'il accuse d'avoir des prises de position « rigides ».
Avec le
temps, on pourrait voir l'éclatement des partis actuels et
l'évolution
de ce regroupement « bipartite » de hauts dirigeants
travaillant avec
le président à huis clos afin de « livrer la
marchandise » pour les
monopoles, tout en appuyant des individus en tant que candidats
présidentiels, conclut VOR.

Transfert des opérations canadiennes

Contre la politique «3D» du Canada en Afghanistan :
«défense,
développement et diplomatie»
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Le 5 juillet, les Forces canadiennes ont remis
officiellement le contrôle des
opérations de la zone de combat de Kandahar aux
États-Unis. Le Canada
va maintenant fournir 950
militaires à la mission de formation de l'OTAN sous commandement
américain. Le changement de mission du Canada coïncide avec
la récente
annonce du président américain
Obama sur le retrait de l'Afghanistan de 10 000 soldats
américains
cette année et de 23 000 autres l'année suivante.
Ces
troupes font partie de l'intensification
des combats initiée par Obama il y a 18 mois. Quand Obama en a
fait
l'annonce il a présenté la situation comme étant
une situation où
« la
guerre tire à sa fin » et
« les combats perdent en importance ». En fait,
le
retrait
n'affecte qu'une fraction des troupes américaines en
poste en Afghanistan. Au moment
de l'annonce du retrait, il y a 100 000 soldats américains en
Afghanistan
et un autre 100 000 mercenaires payés par les États-Unis.
Il y a aussi
quelque 50 000 soldats de
l'OTAN, pour un total de 250 000 soldats sous le commandement des
États-Unis en Afghanistan.
La nouvelle mission du Canada est
considérée comme
faisant partie de
la transition de l'OTAN d'un rôle de combat à un
rôle de
« soutien ». Expliquant
la mission, le lieutenant-général Marc Lessard,
commandant de la Force
expéditionnaire du Canada, a déclaré :
« Cette mission
s'inscrit dans la continuité de
notre engagement en Afghanistan, nous effectuerons cette mission en
véritable partenariat avec nos frères afghans, nos
alliés de l'OTAN et
surtout nos amis
américains. » Selon le gouvernement du Canada,
« l'effort
canadien sera concentré à Kaboul avec deux sites
satellites à Herat et
Mazar-e-Sharif. Les membres
des FAC vont occuper des postes de commandement et de
développement de
formation au siège de la mission de l'OTAN en Afghanistan et
offrir une
formation dans des
domaines comme le leadership, les soins de santé,
l'amélioration de
l'alphabétisme et les compétences professionnelles
fondamentales de
soldats
et de policiers.»
Il n'y a pas de déclaration officielle du
gouvernement canadien sur
la « fin des combats » en Afghanistan. On
rapporte
que la
visite de Harper, le 30 mai,
a été la déclaration officielle. Ce qui est
étrange étant donné que le
gouvernement Harper utilise chaque occasion, y compris les
cérémonies
de citoyenneté et d'événements
sportifs, pour promouvoir la guerre. Il semble qu'il veut demeurer
discret en termes de ce qui a été réalisé
en Afghanistan et les pertes
de vies canadiennes. Depuis 2002,
157 membres des Forces canadiennes ont été tués
dont deux d'entre eux
qui se sont suicidés. Quatre civils ont également
été tués, dont un
diplomate canadien, un journaliste
et deux travailleurs humanitaires.
LML
condamne la participation canadienne à l'occupation
américaine de
l'Afghanistan, y compris ce changement de mission qui ne change en rien
la nature de l'occupation. Après avoir pendant dix ans
détruit
l'infrastructure du pays, tué des civils et fait peu de cas du
peuple,
le Canada prétend maintenant « soutenir » le peuple
afghan en formant
des policiers et en mettant en place des institutions d'inspiration
étrangère. Les États-Unis et leurs alliés
de l'OTAN, dont le Canada,
doivent rendre des comptes à propos de leurs crimes de guerre.
Des
réparations doivent être effectuées pour les
dommages incalculables
qu'ils ont causés au pays et à son peuple.

Escalade de la
violence et de l'anarchie
Le 12 juillet, une semaine seulement après que le
Canada ait quitté
Kandahar, Ahmed Wali Karzaï, le plus jeune demi-frère du
président
afghan Hamid Karzaï, a été
abattu par un de ses gardes du corps. Il était connu comme
l'homme
responsable de l'organisation du soutien au gouvernement Karzaï
à
Kandahar et a été la cible de nombreuses
critiques, accusé de corruption comme plusieurs au sein du
gouvernement
imposé de l'étranger. Il est connu pour avoir
profité du commerce
lucratif de la drogue et pour avoir
pris sa part des contrats avec les forces
étrangères à
l'énorme
base aérienne de Kandahar, juste en dehors de la ville de
Kandahar.
Puis, le 27 juillet, le maire de la
ville de Kandahar, Ghulam Haider Hamidi, qui a passé 30 ans
à Arlington
en Virginie, avant de revenir en Afghanistan, a été
tué par un
kamikaze. De pair avec le fait que
près d'un soldat de combat de l'armée afghane sur quatre
déserte son
poste, la mort du jeune Karzaï et d'Hamidi affaiblit le
contrôle de
l'OTAN sur la province.
Cela
est de mauvaise augure pour les impérialistes qui rêvent
d'un
gouvernement fantoche qui sécurise leurs intérêts
dans le pays après le
retrait des troupes de l'OTAN. En effet, les perspectives sont sombres
pour les États-Unis, le Canada et l'OTAN quand à
leur objectif
d'imposer à l'Afghanistan leur régime de droit et
d'institutions. Par
contre, rien n'arrête l'hystérie des médias
monopolisés à
propos de l'insécurité et du chaos qui suivent le
départ des troupes,
pour justifier le maintien des troupes étrangères tout
comme la mission
canadienne d'entraînement de la police et des forces
armées pour
imposer une primauté du droit étrangère.

Les six mois
les plus meurtriers pour les civils
Par ailleurs, un récent rapport de l'Organisation
des Nations unies indique que les six derniers mois ont
été les plus
meurtriers pour les civils en Afghanistan
depuis le début de l'agression. Selon le rapport biannuel
de l'ONU, «la montée de la violence et les effusions
de sang durant la première
moitié de 2011 ont causé des blessures et la mort de
civils afghans à
des niveaux sans précédent durant l'actuel conflit
armé ».
L'ONU affirme qu'il a été impossible
de recueillir des données dans les régions du nord entre
mars et juin,
parce que sa base située à Mazar-e Sharif a
été contrainte de fermer
ses portes suite à une attaque.
Selon le rapport, il y a eu de janvier à juin
1462
morts parmi les
civils, une augmentation de 15 % par rapport à la
même période
l'année dernière. Un plus grand
nombre de victimes civiles dues aux frappes aériennes de l'OTAN
explique en partie cette augmentation. En fait, les frappes
aériennes
de l'OTAN ont été une fois de plus
la principale cause de ces accidents, causant 79 décès
durant la
période en question. Les raids nocturnes sous commandement
américain
ont causé 2 % des décès de
civils. Le rapport de l'ONU explique que « le
ressentiment au
sujet de ces raids » a grandi parmi le peuple afghan et que
cela donne souvent lieu à des
protestations.
Cela contredit toutes les prétentions du
général
David Petraeus (durant ses dernières semaines aux commandes de
la
guerre en
Afghanistan, avant d'être à
la tête de la CIA) et d'autres hauts responsables
américains sur le
soi-disant progrès dans ce pays. La mesure de leur succès
se résume à
leur capacité d'infliger la mort et la destruction. Dans un
exposé à l'Associated Press des responsables
américains ont affirmé que d'avril à juillet de
cette année, 2832 raids
des forces spéciales ont
conduit à la mort de 834 soi-disant insurgés, tandis que
2941 autres
ont été capturés. Pour cette raison, selon le
général Petraeus même,
les attaques violentes ont diminué
de 14 % en douze mois. De toute évidence, les chiffres
révèlent
comment Petraeus entrevoit le progrès.
On apprend par ailleurs qu'au moins six civils
afghans ont été tués
le 13 juillet dans un raid de l'OTAN sur une maison située
à Matun,
dans la province de Khost.

Augmentation du nombre de
suicides
rapportés parmi les troupes de combat
Les rapports indiquent un taux élevé de
suicides
parmi les soldats
qui reviennent du combat en Afghanistan. Au moins deux des 157
décès de
soldats canadiens en
Afghanistan sont des suicides. Selon un rapport établi par Peter
Worthington de QMI, cinq soldats canadiens en
Afghanistan sont soupçonnés de suicide,
dont deux cette année, à un mois d'intervalle.
En 2007, par exemple, le taux de suicide parmi les
militaires a été
de 41 pour 100 000, soit le double du taux de l'année
précédente, et
plus
du double de la moyenne
nationale. Le taux de suicide chez les vétérans est
beaucoup plus élevé
que chez les non-vétérans de l'armée, indiquant un
lien entre le
suicide et les troubles de stress
post-traumatique (TSPT) résultant de la mission de combat.
Cette information est préoccupante et confirme
l'intense pression
psychologique sur les membres des Forces canadiennes qui ont
participé
à la guerre brutale de
l'OTAN.
Des études menées aux États-Unis
révèlent que 20 à
39 % des anciens combattants américains souffrent de TSPT.
Les statistiques du ministère des Anciens
combattants montrent que
18 anciens combattants des guerres américaines se suicident
chaque jour
aux États-Unis, ce qui
équivaut à plus de 6500 en un an. Le suicide tue plus de
soldats
américains qui ont combattu dans une guerre, que les morts au
combat.

Libye
Appel à l'arrêt des bombardements
de l'OTAN avant les pourparlers

Des
secouristes sur les lieux d'une
clinique détruite par les frappes aériennes de l'OTAN
à Zliten,
à
environ 160 km à l'est de Tripoli, le 25 juillet 2011
Le gouvernement du chef libyen Mouammar Kadhafi
demande à l'OTAN
d'arrêter sa campagne de bombardement comme condition pour
entamer des
pourparlers sur
une résolution du conflit qui dure depuis cinq mois, rapportent
les agences
de presse.
Le premier ministre libyen Baghdadi Al-Mahmoudi en
a fait la demande
à l'issue d'une rencontre avec une délégation de
l'ONU. Il a
dit :
« Nous sommes
prêts à négocier, sans conditions. Nous voulons
simplement que les
bombardements cessent, et que l'on puisse discuter dans un climat
serein. On ne peut pas dialoguer sous
les bombes. »
Par ailleurs, le chef du soi-disant Conseil de
transition national
des rebelles, Mustafa Abdul-Jalil, a annoncé en
conférence de presse à
Benghazi le 28 juillet que Abdel-
Fattah Younis a été tué par des hommes
armés dont on ne connaît pas
l’identité. Younis avait été ministre de
l’Intérieur du régime Kadhafi
mais quand il a fait défection
on lui a donné un poste de haut rang au sein du Conseil de
transition.
Les agences de nouvelles ne donnent pas d’autres précisions sur
cette
affaire.

Nicaragua
Un rassemblement de 600 000 personnes
à
l'occasion du 32e anniversaire
de la victoire sandiniste
À Managua le
19 juillet 2011
Le 19 juillet un
rassemblement de masse a eu lieu au
coeur de Managua, au Nicaragua, pour célébrer le 32e
anniversaire de la
victoire du Front sandiniste de libération
nationale (FSLN) sur le dictateur Anastasio Somoza qui était
soutenu
par les États-Unis. Le renversement du régime Somoza le
19 juillet
1979, après quatre décennies de
dictature, est l'événement le plus important du
calendrier sandiniste
et coïncide cette année avec le 50e anniversaire de la
fondation du
FSLN, en 1961, en tant qu'organisation
ayant dirigé la lutte d'indépendance du peuple
nicaraguayen.

Les
forces populaires célébrant la victoire sur la dictature
de Somoza à
Managua le 20 juillet 1979.
|
LML salue le peuple
nicaraguayen et son Parti
révolutionnaire à l'occasion de cet important
anniversaire. Depuis
cette victoire historique gagnée par les forces
révolutionnaires au prix d'énormes sacrifices il y a 32
ans, le peuple
poursuit sa lutte pour être maître de son destin, libre de
toute
ingérence étrangère, et pour bâtir une
société centrée sur l'être humain.
La confiance du peuple dans le processus
révolutionnaire et dans la
direction du président Daniel Ortega, élu en 2006, s’est
clairement
exprimée par un rassemblement
de plus de 600 000 personnes sur la place principale à
Managua. Ce
dernier a exprimé sa reconnaissance envers les invités et
les messages
de salutations des dignitaires
étrangers.
Demande de
réparations financières
Le président Ortega a soulevé la question
de la
dette
envers les États-Unis et les réparations
financières que doivent
honorer les États-Unis pour leur rôle ignominieux dans la
guerre civile
qui a sévi au pays. Il a proposé un
référendum qui déterminerait s'il
faut exiger des réparations
financières de 17 milliard $ pour les torts commis. La
proposition
a été chaleureusement accueillie par tous ceux
présents.
De toutes les guerres sales menées par
l'impérialisme étasunien en
Amérique latine et dans les Caraïbes, l'appui
accordé au régime Somoza
et à les contras
contre-révolutionnaires après la chute de la dictature
est
parmi les
plus infâmes.
En 1986, la Cour internationale de Justice (CIJ)
de La Haye a jugé
en faveur d'une poursuite intentée par le Nicaragua contre les
États-Unis pour violation des lois
internationales en finançant les contras et en
minant les
ports nicaraguayens. La CIJ avait ordonné une compensation
financière
dont le montant est resté
indéterminé. De son côté, le gouvernement
des États-Unis avait fait
obstacle à l'application du jugement en se servant de son veto
pour
bloquer une résolution des Nations
unies à ce sujet.
Le jugement eut lieu au cours de la première
administration du
président Ortega (1985-1990). Cependant, l'administration qui a
suivi,
celle de la présidente pro-étasunienne
Violeta Chamorro (1990-1997), a abandonné cette démarche.
Les
États-Unis, qui avaient appuyé la campagne de Chamorro
politiquement et
financièrement, n'ont arrêté
de financer les contras qu'après l'élection de
Chamorro.
« Je veux soumettre à la
décision des
Nicaraguayens une
première proposition, à la lumière du fait que les
dirigeants des
États-Unis, le gouvernement des États-Unis,
ont été condamnés par la Cour internationale de la
Justice de La Haye
pour leurs actes de guerre contre le Nicaragua, pour leur terrorisme
contre le Nicaragua, et que cette
même Cour a exigé que le Nicaragua soit
compensé », a-t-il dit.

Pérou
Le nouveau président entre en fonction
 
L'investiture du président péruvien Ollanta Humala le 28
juillet 2011
Le leader nationaliste Ollanta Humala est entré
en
fonction au Pérou
le 28 juillet, couronnant ainsi une lutte persistante qui a
commencé
par une rébellion militaire après avoir surmonté
des obstacles majeurs posés par ses adversaires.
Avec un message de changement et d'espoir, Humala
a gagné
l'élection présidentielle malgré l'opposition du
gouvernement au
pouvoir, de la plupart des médias
et des grands secteurs qui ont soutenu sa rivale lors du second tour du
scrutin, la conservatrice Keiko Fujimori, la fille de
l'ex-président
Alberto Fujimori, contre qui Humala
a pris les armes en 2006.
Né le 27 juin 1962, Humala a été
un
lieutenant-colonel d'armée et il s'est rebellé le 29
octobre 2000, brisant le moule
latino-américain des soldats ambitieux
fomentant des coups d'État, rapporte Prensa Latina.
« Dirigeant un petit groupe d'environ 60
soldats, l'officier a
exigé, sans effusion de sang, la démission du
président d'alors, Alberto
Fujimori, qui a réussi
à se faire réélire pour la deuxième fois
grâce à un scrutin truqué quelques
mois auparavant.
« Il est membre d'une grande
famille progressiste
provinciale. En 1979, il a quitté des études en
zootechnie à
l'université pour joindre l'École des
officiers d'armée, d'où il a obtenu un diplôme
comme officier
d'artillerie. Il a participé à la guerre interne contre
des groupes
armés, mais dit qu'il l'a fait honorablement,
sans violer de droits humains.
« En 1983, il a pris part à un cours
de
contre-insurrection à l'École des Amériques aux
États-Unis,
conformément à un concept répressif qu'il a
toujours
rejeté et qui a été appliqué par
différents gouvernements dans ce
conflit.
« En 1987, il a participé à un
groupe de
réflexion composé
d'officiers qui se sont opposés aux méthodes de
répression aveugles
mises en oeuvre par l'armée
dans ce conflit, semblables à celles utilisées par les
États-Unis dans leur
agression au Viêt-Nam.
« En 1995, en tant que capitaine, il
s'est battu dans la
guerre contre l'Équateur et a critiqué l'exploitation
politique du
conflit par Fujimori, aussi bien que
la corruption et les violations de droits humains qui ont
caractérisé
son régime.
« Sa rébellion contre ce
gouvernement a été un des
facteurs provoquant la fuite de Fujimori et sa démission,
après que
Humala se soit livré à
la cour martiale. En décembre 2000, il a été
amnistié et a été rétabli
dans ses fonctions.
« Il a complété un doctorat en
sciences
politiques et a ensuite
a été nommé attaché militaire de
l'Ambassade péruvienne en
France, où il a fait un
autre doctorat à l'Institut des hautes études pour
l'Amérique latine, et
a ensuite été envoyé pour une mission semblable en
Corée du Sud.
« Il est rentré au pays à la
fin 2004, a
été écarté et a
commencé l'organisation du Parti nationaliste avec sa femme,
Nadine
Heredia, une communicatrice
sociale avec qui il a trois enfants.
« Il a fondé le Parti nationaliste en
octobre 2005 en
questionnant la politique traditionnelle et le modèle
économique
néolibéral mis en place par
Fujimori.
« À l'élection
présidentielle de 2005,
il s'est présenté comme
candidat d'une coalition qu'il a dirigée. Il a gagné au
premier tour,
mais a perdu de peu au
second tour, à la suite d'attaques féroces des
médias qui ont mené au
triomphe du président actuel, Alan Garcia.
« Ayant plus d'expérience, Humala a
mené
la lutte durant
l'élection présidentielle de cette
année à la tête de Gran
Alianza Nacionalista (Gana
Pérou), appuyée par des forces communistes et d'autres
secteurs
centristes et de gauche.
« Au second tour de la campagne, il a
réussi à élargir cette
base politique avec plus de secteurs du centre et son projet de
changement, assez modéré, a
pu finalement rejoindre de nouveaux secteurs sociaux et des
régions.
Selon Prensa
Latina, Humala se définit principalement comme un
nationaliste qui se tient loin des étiquettes
idéologiques, mais qui
défend la lutte pour
la justice et l'égalité.
Discours
inaugural
Le jeudi, après qu'Ollanta eût
prêté
serment d'office, il a promis un gouvernement qui représentera
tout le
monde et aura
comme priorité « la réforme, la
démocratie, les libertés et
l'inclusion, la redistribution et la paix avec la justice, la
transparence, la souveraineté et
l'harmonisation », rapporte les agences de nouvelles.
Lors de son discours inaugural, le président
Humala a annoncé une
plus grande présence de l'État dans l'économie,
l'inclusion sociale et
la lutte à la
corruption comme des priorités majeures de son administration.
Il a
également annoncé une politique étrangère
qui favorise à la fois
l'indépendance et l'intégration,
avec des priorités sur les régions des Andes et de
l'Amérique du Sud,
rapporte Prensa Latina.
« Dès le début, le nouveau
président a
fait connaître sans détour
sa position en prêtant serment à l'esprit, aux principes
et aux valeurs
de la
Constitution nationaliste de 1979, même si les
néolibéraux ont
introduit en 1993 une nouvelle constitution de droite qui privatise
l'économie et interdit pratiquement
à l'État de prendre part à l'économie.
L'ex-président Alberto Fujimor
a remplacé en 1993 la constitution antérieure par un acte
qu'Humala dit
être illégal puisqu'il
est survenu lors d'un coup d'État orchestré par Fujimori
durant lequel
il a bâillonné le Congrès et les tribunaux.
« Humala a également promis de mettre
fin à l'exclusion sociale et
de valoriser le respect de la parole donnée, une
référence apparente à son
prédécesseur,
Alan Garcia, qui a échoué à accomplir ses
promesses électorales.
« Humala a déclaré que son
gouvernement
va exploiter une économie
de marché nationale ouverte sur le monde avec un fort accent sur
l'inclusion
sociale. Il s'est également engagé à augmenter le
salaire minimum, à
créer le ministère de Développement et de
l'Inclusion sociale et
à accorder des subventions
et autres mesures pour aider les secteurs les plus
défavorisés de la
société.
« Parmi les mesures qu'il entend prendre, il
a parlé de la
création d'une pension
équivalente à près de 100 $ US pour les
citoyens âgés pauvres
sans
aucun revenu, un programme de petits déjeuners et
déjeuners dans les écoles publiques et les
centres
de la petite enfance.
« Le président Humala a
présenté une
analyse critique de l'état
actuel du pays, le décrivant comme fracturé et
blessé, insensible et
isolé, et appelant
à une plus grande participation de l'État et à un
plus grand sentiment
d'appartenance à la patrie où la corruption est
punie. »

Bulletin du 1er aout
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