Discussion

La crise du système électoral canadien

Le micro-ciblage et la démolition du processus électoral par les conservateurs

Avec les conservateurs, la corruption n'a pas de limite et cela n'est nulle part plus évident que dans les moyens utilisés pour « faire sortir le vote ». Le Parti marxiste-léniniste du Canada (PMLC) a caractérisé la 41e élection générale comme étant un « coup d'État électoral ». L'essence d'un coup d'État, qu'il soit électoral ou militaire, est qu'un groupe s'empare du pouvoir par des méthodes qui passent outre à l'expression de la volonté du peuple. Le coup d'État électoral passe outre aux méthodes établies pour déterminer la volonté politique pour la transformer en volonté juridique, dans la forme d'un gouvernement. Le micro-ciblage tel que pratiqué par le Parti conservateur de Stephen Harper, qui lui a valu sa victoire électorale et un gouvernement majoritaire, est semblable à un coup d'État à plusieurs égards.

Durant la période précédant l'élection fédérale 2011, les conservateurs ont ciblé 45 circonscriptions où ils ont rejoint des secteurs bien précis de l'électorat, notamment les électeurs « ethniques », à l'aide de leur banque de données et du micro-ciblage. Cela comprend les 18 circonscriptions du Toronto métropolitain que les conservateurs ont arrachées aux libéraux et qui leur ont permis d'obtenir la majorité des sièges.

Au congrès national du Parti conservateur en juin dernier, le sénateur Irving Gerstein (qui était l'agent officiel du Fonds conservateur du Canada lors des élections de 2006 et 2008 et qui fait maintenant face à des accusations du Directeur des poursuites publiques pour violations des limites de dépenses électorales et trafic de documents financiers par le Parti conservateur) a dit aux délégués que la base de données du Parti conservateur a été un élément clé du succès du parti à l'élection 2011.

Il a dit : « La clé du succès de notre programme de financement est notre banque de données et la possibilité de prospecter pour de nouveaux donateurs, d'être à la fine pointe de la technologie du financement politique en Amérique du Nord et d'utiliser efficacement la banque de données pour les campagnes de financement et à des fins politiques... Elle nous permet d'atteindre des cibles, d'identifier ceux et celles qui partagent nos valeurs et de les mobiliser. Nous continuons de faire des investissements importants dans ce programme, surtout dans les circonscriptions où la bataille est serrée. »

Selon lui, « les marges de vote de quelque 40 députés conservateurs sont attribuables à l'identification d'électeurs et aux programmes pour faire sortir le vote. Vous m'avez bien compris. Il y a environ 40 députés conservateurs à la Chambre des communes qui ne seraient pas ici si ce n'était de notre capacité à utiliser la banque de données du parti aussi efficacement. »

Le sénateur Gerstein a souligné l'importance de poursuivre cette avenue « pour mener agressivement nos campagnes de financement ». « C'est cela notre business aujourd'hui et c'est ce que les autres partis politiques ne comprennent pas. Ils ne comprennent pas que notre succès est le fruit de plusieurs années de travail assidu et d'investissement dans l'innovation d'un programme de don intégré. Nous avons mis au point des techniques complexes de financement, comme l'exploration de données, la segmentation, le marketing ciblé et la gestion des relations, le tout pour intégrer notre bassin de supporters à une pyramide de soutien, allant du supporter au membre et au donateur. Et vous devez savoir que plus de 60 % de nos donateurs aujourd'hui n'étaient pas, je le répète, n'étaient pas des donateurs du parti prédécesseur au moment de la fondation en décembre 2003. »

Micro-ciblable et banques de données

André Turcotte, chargé de cours à l'école de journalisme de l'Université Carlton, note dans un article du Toronto Star de mars 2011 qu'« après n'avoir pas réussi à défaire les libéraux de Paul Martin pourtant affaiblis par les scandales, les stratégistes de l'entourage de Stephen Harper ont décidé de trouver de nouvelles façons d'accroître leurs chances de former le gouvernement. Comme l'affirmait Ian Brodie, membre de l'équipe conservatrice de la première heure devenu le chef de cabinet du premier ministre Stephen Harper, une des grandes leçons de 2004 était qu'il fallait mettre au point une structure de renseignements de marketing pour que la campagne soit plus sensible. »

Le professeur Turcotte affirme que la nouvelle approche des conservateurs s'inspire du succès électoral de John Howard en Australie, en particulier la façon dont le premier ministre australien a réussi à mettre un terme à 13 années de règne travailliste en 1996. Les stratégistes conservateurs ont étudié la technique de segmentation utilisée par la Coalition libérale nationale de Howard et en particulier l'attention portée à ce que le chef du Parti appelait les « battlers », c'est-à-dire les familles qui se démènent pour élever leurs enfants avec un faible revenu. Le but de cette stratégie est d'utiliser les renseignements de marketing pour identifier les secteurs clés de l'électorat et de mettre au point une stratégie de ciblage très avancée des électeurs inscrits sur les listes pour s'assurer que les électeurs correspondant à un certain profil stratégique aillent voter le jour de l'élection. Elle combine la force du sondage et celle du marketing pour une campagne de sollicitation haute technologie.

En 2008, le camp Harper a réussi à concentrer ses efforts sur moins d'un million d'électeurs sur un total de 23 millions d'électeurs admissibles. « Il va cibler encore moins d'électeurs à la prochaine campagne », dit le professeur Turcotte en référence à l'élection de 2011.

Pour rendre ses campagnes de marketing plus « sensibles », en 2004 le Parti conservateur a fait l'acquisition du système CIMS (Constituent Information Management System – système de gestion de l'information sur les électeurs). Ce système a été mis à la disposition des associations de circonscription pour les munir de renseignements sur les électeurs de leur circonscription, au lieu d'avoir uniquement accès à la liste des membres et celle des donateurs pour ce qui est des renseignements précis comme le numéro de téléphone et l'adresse. La banque de données était maintenue à jour et utilisée dans des campagnes de financement et à d'autres fins « politiques », comme le micro-ciblage avant élection.

Le micro-ciblage

Le micro-ciblage est un aspect des campagnes électorales d'aujourd'hui qui est en contradiction avec le raisonnement à la base du système électoral actuel au Canada. Ce système est censé garantir le droit d'élire et d'être élu tel qu'énoncé dans la Charte des droits et libertés et il justifie l'inégalité d'accès aux ressources financières et à la publicité en invoquant le fait que la charte est informée par le besoin d'établir « une expression claire et cohérente de la volonté politique dans la forme d'un gouvernement de parti ». Aujourd'hui, les élites ne cherchent plus nécessairement l'expression d'une volonté politique claire et cohérente, mais seulement à faire élire un parti par tous les moyens possibles, qu'importe la fraude perpétrée contre l'électorat. Cela se fait en dépensant d'énormes sommes d'argent pour cibler de petits segments de l'électorat dans les circonscriptions qui « font la différence » et remporter la victoire de cette façon.

Si, par exemple, le stratégiste du parti calcule qu'il faut 1 000 votes dans une circonscription donnée, la tâche des organisateurs est d'autant simplifiée. Il n'est plus aussi important de faire appel à la masse des électeurs dont les tendances seraient déjà établies. D'ailleurs, cette approche qu'on appelle « micro-ciblage » ou « hyper-segmentation » fonctionne mieux quand il y a une faible participation de l'électorat. On achète des banques de données de qui veut les vendre, y compris celles utilisées dans d'autres formes de marketing, comme les renseignements sur les utilisateurs obtenus par les témoins (les « cookies ») sur différents sites Web. En plus de l'intégration des banques de données, une des pratiques des conservateurs et d'autres serait que les entreprises privées embauchées durant la campagne électorale téléphonent aux électeurs en se faisant passer pour une firme de sondage, sans révéler leur affiliation politique. Les questions posées portent sur tous les sujets car l'objectif est d'identifier l'opinion de la personne sondée et toute cette information est entrée dans une banque de données. On conserve aussi les renseignements obtenus lorsque les gens téléphonent au bureau de leur député pour différentes raisons, comme pour la signature d'un passeport ou pour porter plainte à différents sujets. Tout cela est entré dans la banque de données CIMS et on aboutit avec une immense banque de renseignements sur les personnes, à leur insu.

Le micro-ciblage utilisé dans les campagnes électorales des partis de l'establishment est maintenant considéré comme étant la fine pointe de la technologie. Il est entré dans le débat public d'abord parce qu'il est une violation du droit à la vie privée et, dans une moindre mesure, parce qu'il cible des groupes comme les communautés immigrantes et le vote juif. Durant la campagne électorale 2011, le ministre de l'Immigration Jason Kenney s'est retrouvé dans l'eau chaude quand il fut révélé que son bureau servait à recueillir des fonds auprès de certaines « communautés très ethniques ». De même, en 2007, pour solliciter le vote juif, le premier ministre Stephen Harper avait envoyé des cartes de souhait du Nouvel An juif à des domiciles dont le nom de famille avait « une connotation juive ». Plusieurs des familles ciblées ont porté plainte au commissaire à la vie privée, non seulement parce qu'il s'agissait d'une atteinte à leur vie privée mais aussi, et surtout, parce qu'il s'agissait d'une ingérence de l'État dans un domaine relevant du droit de conscience.

Le droit à la vie privée, Élections Canada et le micro-ciblage

L'opposition à l'ingérence de l'État dans les domaines qui relèvent de la conscience et du droit à la vie privée et à la confidentialité des renseignements est cruciale pour une société qui se dit démocratique. Les renseignements recueillis par Élections Canada sont sujets à plusieurs restrictions relatives à la vie privée. Entre autres, il y a certains renseignements que l'agence d'État ne peut pas conserver en permanence, comme le parti pour lequel un électeur a voté. Il y a des restrictions sur l'utilisation des recherches démographiques sur la participation au vote et sur l'extrapolation à partir de renseignements obtenus par échantillonnage indiquant l'âge et le sexe des électeurs ayant voté dans une élection. C'est ainsi qu'on obtient, par exemple, les données sur la participation des jeunes aux élections. Dans ces cas, les banques de données doivent être détruites une fois l'objectif atteint.

Mais les renseignements obtenus par les partis politiques ne sont pas sujets aux mêmes restrictions. Puisque le parlement est dominé par les partis politiques, ceux-ci on pu faire adopter des lois qui les exemptent des lois sur la vie privée. La loi stipule que les listes électorales ne peuvent pas servir à d'autres fins que des fins politiques, mais cela est interprété comme voulant dire que tous les moyens sont bons pour se faire élire tant que la loi et les règles sur le financement se prêtent à cette interprétation. Cet aspect nous montre à quel point le processus électoral actuel n'a rien de démocratique. Le processus est fait pour contourner les codes de conduite qui permettraient d'établir une expression claire et cohérente de la volonté politique pour la transformer en volonté juridique de manière à donner à la volonté juridique le consentement des gouvernés.

Les conservateurs, libéraux et néo-démocrates ont tous des banques de données assez complètes sur les électeurs. L'établissement d'une liste électorale nationale et l'amendement à la Loi électorale du Canada pour assigner à chaque électeur un numéro d'identification comptent parmi les mesures prises pour faciliter le développement de ces banques de données. Il importe de noter qu'il ne s'agit pas ici de banques de données sur les membres de parti, mais bien sur l'ensemble des électeurs et il est question de différentes méthodes pour accumuler des renseignements à leur sujet. Lorsque le numéro d'identification d'électeur a été créé, permettant de créer des banques de données fiables, d'autres modifications ont été faites à la loi qui introduisent entre autres la pratique selon laquelle les agents des bureaux de vote fournissent aux partis politiques des listes permettant d'établir qui a voté, communément appelée « cartes de bingo ». Les cartes de bingo sont des listes de tous les numéros d'identification d'électeur inscrits dans un bureau de vote donné. Lorsque l'électeur vote, le responsable raye son nom et remet la liste aux représentants des partis. Cette information est ensuite intégrée à la banque de données grâce au logiciel GOTV (« Get Out the Vote » – faire sortir le vote). Auparavant les partis politiques devaient établir qui a voté par leurs propres moyens. Avec la baisse d'adhésion aux partis politiques, et par conséquent du nombre de bénévoles lors des campagnes, cela devenait un fardeau pour les partis. Maintenant la tâche est de beaucoup simplifiée : ils n'ont plus qu'à envoyer un bénévole ramasser les cartes de bingo et à transmettre l'information aux centres d'appel par voie électronique.

Maintenant que les partis politiques établis ont des informations précises sur qui a voté, il n'y a qu'un pas à faire pour qu'ils aient les informations sur qui a voté pour qui. Selon les données de 2008, il y avait 68 955 bureaux de scrutin avec une moyenne de 343 électeurs (inscrits) par bureau. Lorsqu'on divise le nombre réel d'électeurs par le nombre de bureaux de scrutin, on obtient une moyenne d'un peu plus de 200 électeurs. Ce n'est pas énorme quand on tient compte des logiciels capables d'utiliser des variables de toute sorte pour obtenir une information utile sur chaque électeur.

Le besoin de renouveau politique

Le système de cartel de partis est la réponse de l'élite dominante au besoin de poursuivre l'offensive antisociale et à la demande de l'oligarchie financière que le droit public soit subordonné au droit de monopole. Puisque ces politiques ne peuvent pas être sujettes à un débat public, car elles n'y survivraient pas, l'élite dominante opte pour des méthodes électorales qui correspondent et contribuent à la désintégration de la culture politique de la société, où le pouvoir politique est concentré entre les mains d'un nombre de plus en plus restreint de personnes et où le processus électoral lui-même contribue à la marginalisation du peuple, comme avec le micro-ciblage et la segmentation. Il faut examiner l'usage de nouvelles technologies à des fins politiques et l'impact de ces technologies sur la loi électorale pour déterminer comment elles influent sur le droit d'élire et d'être élu, le droit à un vote informé, le droit à la vie privée et le concept déjà assez malmené d'« élections libres et équitables ».

La manipulation et le cynisme associés aux « systèmes de marketing » comme le micro-ciblage rappelle que la classe ouvrière doit entraîner le peuple dans le renouveau du processus politique pour que le pouvoir souverain soit investi dans le peuple, pas dans les monopoles et leur pouvoir absolutiste.

(Traduction : LML)

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À titre d'information

Quarante-cinq circonscriptions ciblées par les conservateurs durant l'élection fédérale 2011

Province

Circonscription

Élu à l’élection fédérale 2008 en défaisant, à moins d’indications contraires,  le candidat conservateur

Élu à l’élection fédérale 2011 et l’écart de votes  par rapport au  candidat arrivé en seconde place

Terre-Neuve et Labrador

1.Avalon

Scott Andrews (L) par un écart de 3444 votes

Scott Andrews (L) a défait le candidat en seconde place Fabian Manning(C) par un écart de 1159

Ïle-du-Prince-Édouard

2.Malpeque

Wayne Easter (L) par un écart de de 924 votes

Wayne Easter (L) a défait le candidat en seconde place Tim Ogilvie (C) par un écart de 671 votes

Nouvelle-Écosse

3. Sackville- Eastern Shore

Peter Stoffer (NPD)  par un écart de 16 081 votes

Peter Stoffer (NPD) a défait le candidat en seconde place Adam Mimnagh (C) par un écart de 9812 votes

Nouveau-Brunswick

4. Moncton-Riverview-Dieppe

Brian Murphy (L) par un écart de 1500 votes

Robert Goguen (C) a défait le député sortant Brian Murphy (L) par un écart de 2161 votes

Québec

5. Abitibi-Baie-James-Nunavik -Eeyou

Yvon Levesque (BQ) par un écart de 2573 votes

Romeo Saganash (NPD) a défait le candiat en seconde place Jean-Maurice Matte (C) par un écart de 6872 votes

 

6.Chicoutimi-Le Fjord

Robert Bouchard (BQ) par un écart de 3057 votes

 

 

Dany Morin (NPD) a défait le député sortant du BQ  Robert Bourchard par un écart de 4755 votes et Carole Néron (C) par un écart de 6549 votes.

 

7. Lac-Saint-Louis

Francis Scarpeleggia (L) par un écart de

11 757 votes

Francis Scarpeleggia (L) a défait le député sortant Alain Acad (NPD) par un écart de 2204 votes et Larry Smith (C) par un écart de 3063 votes.

 

8. Louis-Hébert

Pascal-Pierre Paillé (BQ) par un écart de 4649 votes

Denis Blanchette (NPD) a défait le député sortant Pascal-Pierre Paillé par un écart de 8733 votes et Pierre Paul-Hus (C) par un écart de 9166 votes.

 

9.Portneuf-Jacques-Cartier

Andre Arthur (indépendant) par un écart de 662 votes par rapport au candidat  du  BQ

Elaine Michaud (NPD) a défait le député sortant indépendant Andre Arthur par un écart de 7793 votes. Les conservateurs n’ont pas présenté de candidat.

Ontario

10. Ajax-Pickering

Mark Holland (L) par un écart de 3204 votes

Chris Alexander (C) a défait le député sortant Mark Holland (L) par un écart de 3228 votes

 

11. Algoma-Manitoulin-Kapuskasing

Carole Hughes (NPD) par un écart de 4347 par rapport au candidat  libéral candidate

Carol Hughes (NPD) a défait Ray Sturgeon (C) par un écart de 7956 votes.

 

12. Bramlea-Gore-Malton

Gurbax Mahli (L) par un écart de 3919 votes

Bal Gosal (C) a défait Jagmeet Singh (NPD) par un écart de 505 votes.

 

13.Brampton-Ouest

Andrew Kania (L) par un écart de 231 votes

Kyle Seebeck (C) a défait le député sortant Andrew Kania (L) par un écart de 6192 votes.

 

14.Brampton-Springdale

Ruby Dhalla (L) par un écart de 773 votes

Parm Gill (C) a défait le député sortant Rupar un écart de Dhalla (L) par un écart de 10 397 votes

 

15. Don Valley-Ouest

Rob Oliphant (L) par un écart de
2771 votes

John Carmichael(C) a défait le député sortant Rob Oliphant (L) par un écart de 611 votes.

 

 

16. Eglinton-Lawrence

Joe Volpe (L) par un écart de 2060 votes

Joe Oliver (C) a défait Joe Volpe (L) par un écart de 4062 votes.

 

17.Guelph

Frank Valeriote (L)
par un écart de 1788 votes

Frank Valierote (L) a défait Marty Burke (C) par un écart de 6236 votes.

 

18. Kingston et les Îles

Peter Milliken (L) par un écart de 3839 votes

Ted Hsu (L) a défait Alicia Gordon (C) par un écart de 2653 votes.

 

19. London-Centre-Nord

Glen Pearson (L) par un écart de 3306 votes

Susan Truppe (C) a défait le député sortant Glen Pearson (L) par un écart de 1665 votes

 

20. Mississauga-Sud

Paul Szabo (L) par un écart de 2152 votes

Stella Amber (C) a défait le député sortant Paul Szabo (L) par un écart de 4598 votes

 

21. Mississauga-Streetsville

Bonnie Crombie (L) par un écart de 2152 votes

Brad Butt (C) a défait la député sortant Bonnie Crombie (L) par un écart de 3453 votes

 

22. Nickel Belt

Claude Gravelle (NPD) par un écart de 8273 votes par rapport au candidat libéral

Claude Gravelle (NPD) a défait Lynne Reynolds (C) par un écart de 12 063 votes

 

23. Nipissing-Timiskaming

Anthony Rota (L) par un écart de 5078 votes

Jay Aspin(C) a défait le député sortant Anthony Rota (L) par un écart de 28 votes

 

24. Sault Ste. Marie

Tony Martin (NPD) par un écart de 1111 votes

Bryan Haynes (C) a défait le député sortant Tony Martin (L) par un écart de 1861 votes

 

25. Simcoe-Grey

Helena Guergis (C  puis indépendante) par un écart de 18 798 votes par rapport au candidat libéral

Kelly Leitch (C) a défait Katy Austin (NPD) par un écart de 20 599 votes

 

26. Sudbury

Glenn Thibeault (NPD) par un écart de 2125 votes

Glenn Thibeault (NPD) a défait Fred Slade (C) par un écart de 9803 votes

 

 

27. Thunder Bay-Rainy River

John Rafferty (NPD) par un écart de 2889 votes par rapport au  candidat libéral

John Rafferty (NPD) a défait Moe Comuzzi -Stehmann (C) par un écart de 7988 votes

 

28. Thunder Bay-Superior-Nord

Bruce Hyer (NPD) 3104 votes par rapport au candidat libéral

Bruce Hyer (NPD) a défait Richard Henry (C) par un écart de 7439 votes.

 

29. Timmins-James Bay

Charlie Angus (NPD) par un écart de 10 448 votes par rapport au candidat libéral

Charlie Angus (NPD) a défait Bill Greenberg (C) par un écart de 6913 votes

 

30. Welland

Malcolm Allen (NPD)
par un écart de 300 votes

Malcolm Allen (NPD) a défait Leanna Villella (C) par un écart de 1022 votes

 

31. York Centre

Ken Dryden (L) par un écart de 2032 votes

Mark Adler(C) a défait le député sortant Ken Dryden (L) par un écart de 6377 votes

Manitoba

32. Churchill

Niki Ashton (NPD) par un écart de 3445 votes par rapport au candidat libéral

Niki Ashton(NPD) a défait Wally Daudrich (C)par un écart de 5006 votes

 

33. Elmwood-Transcona

Jim Maloway (NPD) par un écart de 1579 votes

Lawrence Toet (C) a défait le député sortant Jim Maloway (NPD) par un écart de 300 votes

 

34. Winnipeg-Centre-Sud

Anita Neville (L) par un écart de 2335 votes

Joyce Bateman(C) a défait la député sortant Anita Neville (L) par un écart de 722 votes

Alberta

35. Edmonton-Strathcona

Linda Duncan (NPD) par un écart de 2335 votes

Linda Duncan (NPD) a défait Ryan Hastman (C) par un écart de 6331 votes

Colombie-Britannique

36. Burnaby-Douglas

Bill Siksay (NPD) par un écart de 798 votes

Kennedy Stewart (NPD) a défait Ronald Leung (C) par un écart de 1011 votes

 

37. Esquimalt-Juan de Fuca

Keith Martin (L) par un écart de 68 votes

Randall Garrison(NPD) a défait Troy DeSouza (C) par un écart de 406 votes

 

38. Nanaimo-Cowichan

Jean Crowder (NPD) par un écart de 4610 votes par rapport au candidat du Parti vert

Jean Crowder (NPD) a défait John Koury (C) par un écart de 775 votes

 

39. New Westminister Coquitlam

Fin Donnelly (NPD) par un écart de 1488 votes

 

Fin Donnelly (NPD) a défait Diana Dilworth (C) par un écart de 2847 votes

 

40. Skeena-Bulkley Valley

Nathan Cullen (NPD) par un écart de 4658 votes

Nathan Cullen (NPD a défait Clay Harmon (C) par un écart de 7314 votes

 

41. Vancouver-Centre

Hedy Fry (L) par un écart de 5318 votes

 

Hedy Fry (L) a défait Jennifer Clark (C) par un écart de 2937 votes.

 

42. Vancouver Quadra

Joyce Murray (L) par un écart de 4832 votes

Joyce Murray (L) a défait Deborah Meredith (C) par un écart de 1919 votes.

 

43. Vancouver-Sud

Ujjal Dosanjh (L) par un écart de 20 votes

Wai Young (C) a défait le député sortant Ujjal Dosanjh (L)par un écart de 3900 votes

Territoires

du Nord-Ouest

44. Western Arctic

Dennis Bevington (NPD) par un écart de 523 votes

Dennis Bevington(NPD) a défait le candidat en seconde place  Sandi Lee (C) par un écart de 2139 votes

Yukon

45. Yukon

Larry Bagnell (L) par un écart de 1927 votes

Ryan Leef (C) a défait le député sortant Larry Bagnell (L) par un écart de 132 votes

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Rapport

Raisons de l'abstention au vote lors
des élections fédérales du 2 mai 2011

Plus d'un quart des 7,5 millions d'électeurs admissibles au vote qui ont dit ne pas avoir voté lors des élections fédérales du 2 mai 2011 ont déclaré qu'ils s'étaient abstenus de voter parce que cela ne les intéressait pas. Une autre proportion de 23 % ont dit avoir été trop occupés pour aller voter.

La raison la plus souvent invoquée pour justifier le fait de ne pas avoir voté était « pas intéressé » (28 %), ce qui englobe également les personnes qui avaient l'impression que leur vote ne modifierait pas le résultat des élections.

Une autre proportion de 23 % ont dit qu'ils étaient « trop occupés », ce qui comprend le fait d'avoir des obligations familiales ou un conflit d'horaire de travail ou de cours.

Par ailleurs, 10 % ont indiqué avoir été à l'extérieur de la ville ou absents, alors que 8 % ont déclaré qu'ils n'aimaient pas les candidats ou les enjeux de la campagne. Environ 4 % ont dit avoir oublié de voter, alors qu'un peu plus de 1 % ont déclaré ne pas avoir voté en raison de croyances religieuses.

Environ 29 % des hommes qui n'ont pas voté ont déclaré ne pas avoir voté parce qu'ils n'étaient pas intéressés, comparativement à 26 % des femmes. Les hommes étaient aussi légèrement plus susceptibles de dire qu'ils étaient trop occupés pour voter. Cependant, les femmes qui n'ont pas voté étaient plus susceptibles que les hommes de déclarer n'avoir pas voté en raison d'une maladie ou d'une incapacité (11 % contre 6 %).

Groupes d'âge

Les raisons de l'abstention au vote variaient selon le groupe d'âge. Chez les jeunes de 18 à 24 ans qui n'ont pas voté, la raison la plus fréquente était de ne pas être intéressé, cette raison ayant été invoquée par 30 % d'entre eux. Par ailleurs, 23 % d'entre eux ont dit avoir été trop occupés, tandis que 11 % ont dit qu'ils étaient à l'extérieur de la ville ou absents.

Parmi les adultes de 25 à 34 ans qui n'ont pas voté, 31 % ont déclaré qu'ils n'étaient pas intéressés à voter, alors qu'une proportion quasi identique (30 %) ont dit avoir été trop occupés.

Chez les personnes âgées de 65 à 74 ans qui n'ont pas voté, les deux raisons les plus fréquemment invoquées étaient le fait qu'elles étaient malades ou en état d'incapacité (22 %) et le fait qu'elles n'étaient pas intéressées à voter (21 %). La raison la plus courante chez les personnes âgées de 75 ans et plus était la maladie ou l'incapacité (44 %).

Les provinces

La proportion de personnes n'ayant pas voté parce qu'elles n'étaient pas intéressées ou parce qu'elles avaient l'impression que leur vote ne modifierait pas le résultat des élections se situait au-dessus de la moyenne nationale dans quatre provinces : Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse, le Québec et la Saskatchewan. Le pourcentage le plus élevé a été enregistré au Québec (35 %).

La proportion des non-électeurs ayant déclaré qu'ils étaient trop occupés se situait au-dessus de la moyenne nationale en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. Le pourcentage le plus élevé a été enregistré en Alberta (28 %).

Parmi les non-électeurs vivant dans des centres de population de moins de 10 000 personnes, 33 % ont déclaré qu'ils n'étaient pas intéressés à voter. Ce pourcentage se situait à 26 % dans les grands centres urbains de plus de 100 000 personnes.

En revanche, les non-électeurs des plus grandes villes étaient plus susceptibles de dire qu'ils avaient été trop occupés (24 %) pour voter. Ce pourcentage se situait à 20 % dans les centres de population de moins de 10 000 personnes.

Niveau de scolarité

Les raisons de l'abstention au vote variaient fortement selon le niveau de scolarité.

Parmi les non-électeurs n'ayant pas terminé leurs études secondaires, 30 % ont dit qu'ils n'étaient pas intéressés à voter, alors que 17 % ont déclaré qu'une maladie ou une incapacité les avait empêchés de voter, et 14 % ont affirmé avoir été trop occupés.

Par contre, 28 % des non-électeurs ayant un diplôme universitaire ont mentionné le fait d'avoir été trop occupés comme raison principale de l'abstention au vote. Par ailleurs, 22 % d'entre eux ont indiqué qu'ils n'étaient pas intéressés à voter, alors que 16 % ont dit avoir été à l'extérieur de la ville ou absents.

Immigrants et citoyens canadiens de naissance

Les raisons de l'abstention au vote différaient entre les immigrants ayant le statut de citoyen canadien et les citoyens canadiens de naissance.

Parmi les immigrants ayant la citoyenneté canadienne, arrivés au pays au cours des 10 dernières années et qui n'ont pas voté, 35 % ont précisé ne pas avoir voté parce qu'ils étaient trop occupés. Par ailleurs, 13 % d'entre eux ont dit qu'ils n'étaient pas intéressés à voter, tandis que 8 % ont dit qu'ils n'étaient pas sur la liste électorale.

Parmi les immigrants ayant la citoyenneté canadienne, arrivés au pays il y a plus de 10 ans et n'ayant pas voté, 23 % ont indiqué que la principale raison de leur abstention était le fait d'avoir été trop occupés. De plus, 20 % d'entre eux ont précisé qu'ils n'étaient pas intéressés à voter, et 12 % ont déclaré qu'ils étaient malades ou qu'ils avaient une incapacité.

Par ailleurs, les citoyens canadiens de naissance qui n'ont pas voté avaient le plus tendance à déclarer s'être abstenus parce qu'ils n'étaient pas intéressés à voter (30 %) ou parce qu'ils étaient trop occupés (22 %).

Situation d'emploi

Les raisons de l'abstention au vote différaient également selon la situation en matière d'emploi. Les non-électeurs occupés étaient beaucoup plus susceptibles que les chômeurs de dire qu'ils étaient trop occupés (30 % contre 14 %).

D'autre part, les chômeurs n'ayant pas voté étaient plus susceptibles de dire qu'ils n'étaient pas intéressés à voter (39 %).

Environ 21 % des non-électeurs inactifs ont déclaré qu'une maladie ou une incapacité les avait empêchés de voter.

Le fait d'avoir ou non voté selon la situation en matière d'emploi est associé à la répartition par âge. Presque la moitié des chômeurs n'ayant pas voté avaient moins de 35 ans, alors qu'environ la moitié des inactifs étaient des personnes âgées de 65 ans et plus.

(Pour d'autres données de Statistique Canada sur l'élection du 2 mai 2011, voir : http ://www.statcan.gc.ca/daily- quotidien/110705/dq110705a)

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Bulletin du 18 juillet 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca