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Aujourd'hui
dans
l'histoire
Le 75e anniversaire du début
de la Guerre civile espagnole
- Dougal MacDougal -
Guernica, oeuvre de Pablo
Picasso, 1937, inspirée par le bombardement de Guernica, au Pays
basque, par des avions de guerre allemands à la demande des
forces fascistes espagnoles le 26 avril 1937, au cours de la Guerre
d'Espagne.
Le 18 juillet 2011 est le 75e anniversaire du
début de la Guerre d'Espagne, opposant les forces populaires ou
républicaines qui avaient été élues pour
gouverner, aux
forces fascistes dites « nationalistes »
dirigées par le général Francisco Franco. Les
forces populaires combattirent avec héroïsme contre vents
et marées, assistées
par des volontaires venus des quatre coins du monde, y inclus des
Canadiens au sein de la 25ème Brigade internationale de
l'Armée républicaine d'Espagne. La Guerre civile
prit fin officiellement au printemps 1939 avec la venue au pouvoir de
Franco, au prix de 500 000 vies humaines, mais la lutte du peuple
espagnol contre la dictature fasciste
s'est poursuivie avec la même intensité jusqu'à la
mort peu regrettée de Franco en 1975.
Les fascistes espagnols étaient appuyés
par les grands propriétaires tels que le Duc d'Alba et
l'Église, par les puissants capitalistes comme Juan March, et
par les
monopoles étrangers, dont Rio Tinto, qui cherchaient à
conserver leurs profits et leurs privilèges. La puissance des
fascistes était aussi rehaussée du fait que l'Allemagne
nazie et l'Italie fasciste leur donnaient ouvertement leur appui
financier et militaire. Le 26 avril 1937, la légion du Condor du
Luftwaffe allemand bombarda Guernica. Ce
fut le premier raid aérien mené contre une population
civile sans défense. Les fascistes
bénéficièrent pleinement de la mensongère
politique de non-intervention des cercles dominants du Royaume-Uni, de
la
France et des États-Unis qui avaient tous des
intérêts financiers en Espagne et qui espéraient
pouvoir inciter
les nazis et les fascistes à attaquer l'Union soviétique.
Seule l'Union soviétique apporta une assistance
matérielle aux forces républicaines.

Détail du
monument près du canal Rideau
à Ottawa, à la mémoire du sacrifice des
membres de la brigade Mackenzie-
Papineau dans la Guerre d'Espagne.
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Tandis que le peuple appuyait les forces populaires en
Espagne, les cercles dominants au Canada déclarèrent le
Canada « pays neutre », laissant les fascistes
libres d'attaquer le peuple espagnol. En avril 1937, le gouvernement
canadien adopta la Loi sur l'enrôlement à
l'étranger, rendant illégale la participation de
Canadiens à des guerres étrangères. Aussi
refusa-t-il des passeports aux personnes soupçonnées de
vouloir aller se battre en Espagne. Néanmoins, les communistes
canadiens
et autres personnes progressistes organisèrent des volontaires
anti-fascistes et à l'été 1937, environ 1 200
Canadiens combattaient outre-mer, presque tous des travailleurs.
À l'exception de Cuba et de la France, c'est le plus haut ratio
de volontaires par rapport à la population. Les volontaires
canadiens comptaient dans leurs rangs le Dr Norman
Bethune, qui mit sur pied des unités mobiles de transfusion de
sang sur les champs de bataille, sauvant ainsi des milliers de vies.
Les Canadiens tombés dans la Guerre
d'Espagne ne sont toujours pas inscrits dans les livres du Souvenir
dans la Tour de la Paix, leur mémoire n'est toujours pas
évoquée sur les monuments de guerre
fédéraux
ou à l'occasion des cérémonies pour marquer le
Jour du Souvenir. Aucun survivant ne reçoit une allocation aux
anciens combattants.
La Guerre d'Espagne fut le premier grand conflit de la
Deuxième Guerre mondiale. Elle fut précédée
et suivie d'agressions en Mandchourie, en Rhénanie, en Abyssinie
(l'Éthiopie), en Tchécoslovaquie et en Albanie, mais
c'est en Espagne que la lutte contre le fascisme fut la plus intense et
il était encore possible d'arrêter la marche de
l'Allemagne nazie, de l'Italie fasciste et de leurs collaborateurs.
Cependant, la défaite de l'Espagne républicaine, rendue
possible par l'inaction délibérée du Royaume-Uni,
de la France et des États-Unis, poussa les nazis et les
fascistes à escalader leur agression et à
déclencher une guerre mondiale qui allait faire des millions de
victimes. La
tragique défaite des héroïques forces antifascistes
en Espagne marqua aussi le début de la Deuxième Guerre
mondiale en Europe.

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