Droits des Premières Nations

L'Assemblée des Premières Nations rend hommage à Miguel Alfonso Martínez, spécialiste cubain des droits des peuples autochtones


Portia Siegelbaum reçoit le prix de l'Assemblée des Premières Nations des mains d'une aînée micmac,
honorant son mari défunt, Miguel Alfonso Martinez, à Moncton, le 12 juillet 2011.

Lors d'une émouvante cérémonie à l'occasion de sa 32e assemblée annuelle le 12 juillet 2011, à Moncton, Nouveau-Brunswick, l'Assemblée des Premières Nations a attribué le Prix inaugural de reconnaissance des droits de traité à feu Miguel Alfonso Martinez. En remettant le prix, le chef national Shawn Atleo a souligné la contribution inestimable de Miguel Alfonso à la défense des droits des peuples autochtones du monde entier, en particulier l'affirmation des droits établis en vertu des différents traités.

Le chef national Atleo a en outre souligné la grande estime qu'ont les peuples autochtones du monde pour M. Alfonso. Un aîné mi'kmaq a ensuite interprété une chanson écrite en micmac spécifiquement pour honorer la mémoire et la contribution de M. Alfonso. En
recevant le prix au nom de son défunt mari, Mme Portia Sigelbaum a souligné le dévouement de M. Alfonso à la cause des peuples autochtones, en décrivant ses nombreux voyages autour du monde pour parler directement aux communautés, y compris celles dans le Nord canadien.


Miguel Alfonso Martinez s'exprime à l'occasion de la Journée internationale des peuples indigènes du monde, Genève, en Suisse, le 21 juillet 2005.

Miguel Alfonso Martinez (né à La Havane, le 16 mai 1935 ; décédé le 1er février 2010) a été un diplomate, avocat et universitaire remarquable, servant à divers titres au sein du ministère cubain des Affaires étrangères et représentant de Cuba lors de nombreuses réunions internationales et agissant comme le porte-parole du ministère de 1994 à 1997. Un des diplomates les plus éminents de Cuba, il a été reconnu avant tout comme un spécialiste des droits humains. Il a plus particulièrement acquis une renommée internationale pour ses travaux sur les droits des peuples autochtones. Comme rapporteur spécial des Nations unies pour l'étude des traités, accords et arrangements constructifs entre les États et les peuples autochtones, comme président du Groupe de travail de l'ONU sur les populations autochtones et en tant que premier président du Comité consultatif au Conseil de droits de l'homme, il a fait une contribution durable à la lutte des peuples autochtones pour que leurs droits deviennent réalité.

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Appuyons la Première Nation de Grassy Narrows

Au lendemain de la publication d'un contrôle forestier qui soulève « d'importantes lacunes en ce qui concerne la gestion (par Abitibi-Consolidated) » de la forêt Whiskey Jack, en Ontario, les représentants de la Première Nation Asubpeeschoseewagong (Grassy Narrows) ont réitéré le bien-fondé de leur barrage routier établi il y a presque dix ans pour protester contre l'exploitation forestière de leurs terres ancestrales par les monopoles et contre d'autres pratiques de l'État colonial.

La forêt de 964 000 hectares que le gouvernement de l'Ontario a baptisée Whiskey Jack se situe sur le territoire des Grassy Narrows. Un rapport sur les activités forestières est requis à tous les cinq ans lorsqu'il s'agit de terres publiques touchées par l'exploitation forestière. Dans ce cas-ci, la terre appartient à la Première Nation des Asubpeeschoseewagong.

Le rapport, préparé par la société d'experts-conseils KBM, cible l'ancienne compagnie Abitibi-Consolidated, ainsi que les districts de Red Lake et de Kenora du ministère des Ressources naturelles de l'Ontario, comme étant les partis responsables du « non-respect des lois et/ou des politiques », incluant le couvert arboré et le reboisement, ainsi que les efforts de gestion et de pratique imprécis et insuffisants. On y lit : « Ensemble, ces facteurs ont mené à l'érosion constante d'une forêt dominée par les conifères en forêt mixte au coefficient de distribution affaibli. Les objectifs de durabilité des forêts, tels que fixés par le processus et protocole de vérification indépendante des forêts, ne sauront être atteints sans des mesures correctives immédiates. »

AbitibiBowater avait obtenu la permission d'exploiter la forêt provinciale jusqu'en 2009, après quoi elle n'a pas renouvelé sa demande. Le rapport et le ministère des Ressources naturelles ne disent pas si AbitibiBowater, étant responsable d'une détérioration importante de la faune et de la flore nécessaires à la survie des résidents des Grassy Narrrows, s'était engagée à prendre des « mesures correctives » nécessaires à la « durabilité des forêts ».

Le chef adjoint des Grassy Narrows, Randy Fobister, a déclaré aux médias qu'il n'était pas surpris des faits révélés dans le rapport. Selon lui le rapport en soi ne « suffit pas », puisque la dégradation de la forêt est visible à l'oeil nu et qu'il suffit d'en longer les routes secondaires pour s'en rendre compte. Il soutient que le rapport, en dépit de ses lacunes, montre clairement que les monopoles et le gouvernement coupent les coins ronds lorsqu'il s'agit de la planification, de la coupe et de la plantation et qu'ils ne devraient pas être autorisés à exploiter les forêts appartenant aux Premières Nations sans leur autorisation, sans qu'elles n'aient dit leur dernier mot et sans la participation active des peuples Anishinabek.


Clan des Mères de la Première
Nation Grassy Narrows à Queen's
Park, le 6 novembre 2006
(Rainforest Action Network)

Commentant le barrage routier maintenu depuis une décennie pour forcer les gouvernements à reconnaître les droits des peuples Anishinabek et mettre un terme à la destruction et au vol illégaux de leurs ressources, Randy Fobister a dit aux médias : « Je crois que ce rapport justifie notre barrage pacifique. Nous ne faisons que protéger la terre. Les arbres ne peuvent se protéger eux-mêmes. En tant que premier peuple ayant foulé cette terre, nous en assumons la responsabilité. Nos actions sont ainsi justifiées. »

La Première Nation des Grassy Narrows négocie à l'heure actuelle avec le gouvernement ontarien sur la base d'une relation de nation à nation, pour régler le problème des droits ancestraux des Anishibanek concernant les terres et les ressources. Un protocole d'entente a été conclu plus tôt cette année et les négociations vont reprendre le 27 juillet.

La Première Nation des Grassy Narrows est une communauté de près de 1000 personnes à environ une heure de route de Kenora. Un barrage routier a été mis sur pied il y a huit ans à l'entrée de la forêt Whiskey Jack. L'objectif est de faire valoir les justes revendications des Premières Nations qui réclament la reconnaissance de leurs droits ancestraux, dont le principal est le droit de contrôler leur territoire et le droit à une indemnisation pour les torts infligés à leurs membres ainsi qu'aux ressources naturelles par l'État colonial et par les compagnies agissant sous l'autorité de cet État.

(Le Kenora Daily Minor and News)

Le rapport de la KBM « Whiskey Jack Independent Forest Audit 2004-2009 » est disponible en anglais ici.

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Bulletin du 18 juillet 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca