Mouvement ouvrier international


Grèce

Non c'est non!


À Athènes le 28 juin 2011

Le peuple grec a poursuivi sa lutte de masse contre l'offensive antisociale néolibérale les 28 et 29 juin en tenant une grève générale dans tout le pays. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour dénoncer les soi-disant mesures d'austérité qui ont finalement été adoptées par le Parlement. Ces mesures forcent le peuple grec à payer pour une dette qu'il n'a pas contractée et qui a été le fait d'une élite corrompue qui a agi pour le profit d'une poignée de parasites qui essaient maintenant de saigner le peuple encore plus pour éviter l'effondrement de ce système financier parasitaire.

À Athènes, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées Place Syntagma avec slogans et bannières dénonçant les politiciens pour leur trahison : « Le ministre des Finances est l'employé de l'année de Goldman Sachs ! », « Judas a trahi pour 30 deniers ! Et vous, pour combien ? », « Au gibet les 300 [députés] ! »L'État a répondu par la provocation et la violence à cette condamnation audacieuse de l'autorité politique illégitime. Les jeunes, courageux, déterminés et fermement appuyés par le peuple, ont combattu des milliers de policiers et plus de 200 membres de groupes fascistes. Durant la manifestation, les fascistes et les agents provocateurs armés de marteaux et d'autres armes se sont mis à lancer des pierres à la police anti-émeute. Plusieurs personnes ont été blessées quand la police a commencé à matraquer les gens à l'aveuglette et à lancer des gaz lacrymogènes et des pierres. Loin d'être intimidés, les manifestants se sont regroupés Place Syntagma pour une autre assemblée démocratique de masse où ils ont déclaré collectivement que lorsque le peuple dit NON ! il veut dire NON !


Thessalonique, le 29 juin 2011

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Grande-Bretagne

Militantes grèves contre les
coupures dans les pensions


À Londres, le 30 juin 2011

Le 30 juin, quatre grands syndicats de Grande-Bretagne ont fait la grève pour contester les compressions que le gouvernement entend faire dans les régimes de retraite. Il y a eu des grèves dans toutes les régions du pays avec une participation massive de travailleurs de différents secteurs.

Le gouvernement conservateur veut réduire les prestations des retraités du secteur public et accroître les contributions pour payer les gangsters de l'oligarchie financière, écrit Workers' Weekly. Il entend également hausser l'âge de la retraite et il prend à partie les enseignants des écoles privées avec sa proposition de détacher leurs pensions du système public. Ces enseignants seraient donc forcés de conclure des ententes privées avec leurs employeurs alors que déjà beaucoup d'écoles refusent même de contribuer au régime actuel. Il seraient également obligés de verser des contributions beaucoup plus importantes au régime.

Quand le gouvernement a présenté son projet, les centrales syndicales ont demandé un vote de grève. En date du 30 juin, le vote était massivement en faveur, par exemple à 92 % pour le National Union of Teachers (NUT) et à 83 % pour l'Association of Teachers and Lecturers (ATL). Ce qui est d'autant plus surprenant, note Workers' Weekly, que c'est la toute première fois que ces syndicats, peu enclins à des actions de ce genre, votent pour la grève.

La réponse à l'appel à la grève a été massive. Trois quarts de million d'enseignants et de travailleurs du secteur public ont fait la grève ce jour-là. De nombreuses écoles ont dû fermer leurs portes et dans beaucoup d'entre celles qui sont restées ouvertes, il y n'avait pas de classes.

Les syndicats estiment que 40 000 personnes ont participé à la grande manifestation à Londres le jour de la grève. Les chefs syndicaux qui se sont adressés à la foule ont dénoncé l'injustice du projet du gouvernement. Un des orateurs a fait remarquer que très souvent les enseignants hésitent à faire la grève par souci pour leurs élèves et que leur participation en si grand nombre représente une prise de position catégorique.

Une enseignante âgée de 23 ans a dit qu'avec le projet du gouvernement elle devra travailler jusqu'à l'âge de 68 ans, que ses cotisations au régime de retraite vont augmenter de façon considérable et qu'à la retraite elle recevra une pension de 25 % inférieure à ce qui est en vigueur. Pour le comble, elle vient de compléter cinq années d'études qu'elle a dû payer avec des prêts étudiants qu'elle mettra des années à rembourser. Elle a dit s'interroger sérieusement sur son choix de profession, malgré son amour du métier.

À la conclusion de la manifestation, il a été décidé que si le gouvernement refuse d'écouter, tous présents s'engagent à poursuivre la lutte.

Il y a eu des manifestations dans d'autres villes également, et dans bien des cas les gens n'avaient pas vu de manifestations de cette ampleur depuis très longtemps, comme à Newcastle, Middlesbrough, Hartlepool, Carlisle et Bristol.

Beaucoup de syndicats n'étaient pas en grève parce que les assemblées de vote ne sont pas terminées, ce qui n'a pas empêché leurs membres d'aller rejoindre les piquets de grève en grand nombre.


Newcastle; Leeds, le 30 juin 2011

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Chili

Le mouvement ouvrier prépare une grève nationale

La Centrale des syndicats des travailleurs (CUT) a annoncé une grève nationale de 24 heures en août prochain pour exiger de meilleures conditions de travail, un système d'éducation public et une nouvelle constitution. La grève est prévue pour les 24 et 25 août, a annoncé le président de la centrale Arturo Martinez.

Les travailleurs réclament entre autres une nouvelle loi du travail, une réforme du système fiscal et une nouvelle constitution politique parce que la loi fondamentale actuelle a été rédigée sous la dictature et est truffée d'amendements qui ne laissent aucune place à la démocratie, dit Martinez.

Selon le chef syndical, un des grands problèmes de l'heure au Chili est qu'il y a de grandes inégalités, comme l'illustre l'existence d'un réseau d'éducation qui fonctionne à profit.

Il faut renforcer l'éducation publique, dit-il, et la CUT continuera d'appuyer les mobilisations des fédérations étudiantes contre l'éducation mercantile.

À ce sujet, les représentants des fédérations étudiantes ont annoncé que leurs mobilisations se poursuivront parce qu'il y a encore une grande différence entre ce que propose le gouvernement et ce que veulent les citoyens.

Il y a un important conflit idéologique dans la loi qui doit être résolu par référendum, dit le dirigeant étudiant Cristobal Lagos. Le gouvernement veut un système d'éducation qui fait de l'argent et les étudiants veulent un système qui améliore la situation au Chili, explique-t-il.

Il ne s'agit plus uniquement de revendications étudiantes, mais d'un mouvement social et politique qui remet en question le système dans son ensemble parce qu'il est exclusif et encourage les inégalités, dit Cristobal Lagos.

(Traduction : LML)

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Bulletin du 11 juillet 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca