Opposition aux préparatifs de guerre


Opération Nanouk

Non à la militarisation de l'Arctique

Alors que la mission de combat du Canada en Afghanistan tire à sa fin, l'armée canadienne se prépare à une encore plus grande démonstration de force dans le Haut-Arctique au moment où la Russie fait ressentir sa présence dans la région, selon Jeremy Torobin du Globe and Mail (3 juillet 2011).

De passage à Kandahar pour souligner la conclusion de la mission militaire des troupes canadiennes en Asie centrale, le ministre de la Défense Peter MacKay a déclaré que le segment d'été de l'exercice militaire annuel dans l'Arctique sera le déploiement opérationnel le plus vaste de l'histoire récente, rapporte Torobin.

« L'exercice d'une durée d'un mois, prévu pour le mois d'août et désigné sous le nom d'Opération Nanouk, aura lieu sur l'île de Baffin ainsi que sur l'île d'Ellesmere et la région environnante et comprendra 1000 troupes », a dit M. McKay aux journalistes. Il s'agit d'une augmentation de 100 troupes par rapport à l'an dernier, en août 2010, selon un document d'information du ministère de la Défense nationale.

« Il s'agit de prendre toute notre place et d'affirmer notre présence permanente et saisonnière dans le Nord, a dit M. McKay. C'est un domaine dans lequel, en tant que gouvernement, nous avons l'intention de nous investir à long terme. »

« M. McKay et le chef d'état-major de la Défense, le général Walter Natynczyk, ont la ferme intention de se rendre dans la région du Haut-Arctique pendant la tenue des exercices de 2011. Ces exercices ont lieu seulement quelques semaines après la déclaration du ministre de la Défense de la Russie, Anatoly Serdyukov, à l'effet que son pays allait y faire parvenir deux brigades militaires dans le but de défendre ses intérêts dans cette région riche en ressources et vivement contestée.

« Le nombre de troupes n'a pas été précisé, ni les détails concernant les armes ou les bases utilisées, mais une brigade comprend quelques milliers de soldats.

« Il n'est pas clair si le ministère de la Défense agit proportionnellement aux agissements russes, mais il est évident que la Russie a joué un rôle déterminant dans les décisions du premier ministre sur la question de l'Arctique. Le gouvernement de M. Harper a souvent laissé entendre que les Russes représentaient une menace d'empiètement dans la région et a clairement fait valoir le besoin d'équipement militaire modernisé permettant de défendre l'Arctique canadien, dans l'attente que les Nations unies règlent les diverses revendications juridiques sur des territoires qui pourraient contenir jusqu'à un quart des gisements de pétrole et de gaz de la planète.

« La Russie réclame des droits territoriaux sur une grande partie de l'Arctique en invoquant l'existence d'une dorsale sous-marine s'étendant du nord de la Sibérie jusqu'au pôle Nord.

« Jeudi dernier, le premier ministre russe, Vladimir Poutine, a dit que son pays 'restait ouvert au dialogue' avec ses voisins de l'Arctique tels que le Canada et le Danemark, qui ont des réclamations qui entrent quelque peu en conflit avec celles de la Russie, mais qu'il défendra les intérêts de la Russie de façon 'vigoureuse et persistante'. Selon le Wall Street Journal, M. Poutine aurait, lors d'un congrès de parti dans les monts Oural, dévoilé les plans de la Russie de construire un port permanent dans l'Arctique russe au coût de 33 milliard $.

« L'Opération Nanouk prévoit le déploiement de tous les efforts militaires du Canada afin d'affirmer sa souveraineté dans la région contestée du Haut-Arctique, y inclus des avions de combat CF-18, des aéronefs de surveillance et de transport, un navire de combat, des divisions d'infanterie en provenance du Québec et de l'Alberta, ainsi que des réservistes inuits du groupe de patrouille des rangers canadiens.

« La version de l'année dernière – qui a eu lieu au Nunavut et qui jusqu'à présent est l'exercice le plus au nord visant à protéger la souveraineté dans l'Arctique – avait vu le déploiement de 900 militaires canadiens, ainsi que 600 effectifs provenant du Danemark et des États-Unis.

Au delà des exercices militaires, il y a de bonnes raisons de croire que les pays impliqués pourront régler leurs disputes par le biais de mesures légales et pacifiques. »

En mai, le Conseil de l'Arctique, qui comprend le Canada, les États-Unis, la Russie, la Norvège, la Suède, la Finlande, le Danemark et l'Islande, a signé sont premier traité obligatoire en droit dont le but est de partager les responsabilités touchant aux activités de recherche et de sauvetage dans l'Arctique. Bien que l'entente ne touche pas aux questions délicates des réclamations territoriales, le gouvernement Harper considère que cette entente offre l'occasion de bien établir une coopération fonctionnelle dans la région.

Aussi, des télégrammes diplomatiques en provenance des États-Unis divulgués par WikiLeaks indiquent que M. Harper ne croit pas qu'il existe une réelle menace de conflit militaire dans l'Arctique.

Un de ces télégrammes divulgués par WikiLeaks décrit un compte-rendu de la part d'un fonctionnaire canadien d'une rencontre au début de 2010 entre M. Harper et le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen. Harper y aurait déclaré que l'OTAN n'a aucun rôle à jouer dans la région.

« Selon le premier ministre Harper, le Canada est en bons termes avec la Russie en ce qui concerne la question de l'Arctique et une présence de l'OTAN pourrait ternir cette relation en exacerbant les tensions », lit-on dans le télégramme.

LML s'oppose fermement à la militarisation de l'Arctique et à la menace de recours militaires dans des disputes d'ordre territorial. De telles disputes doivent être réglées de façon pacifique. Il semblerait que les forces armées canadiennes sont sur un pied d'alerte dans la course aux ressources dans les intérêts des monopoles miniers. Il s'agit des préparatifs de guerre inter- impérialiste, lesquels posent un sérieux danger à la paix ainsi qu'à l'environnement de l'Arctique. L'Arctique devrait être déclarée région non militarisée par tous les pays concernés.

(Traduction : LML)

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La présence d'une base anti-missile étasunienne
en Grande-Bretagne provoque la colère

Les résidents manifestent à la base de Menwith Hill le 4 juillet pour exiger sa fermeture. Ils veulent que ce terrain soit remis sous le contrôle du gouvernement britannique et des Britanniques.

La base militaire top secret des États-Unis dans les Yorkshire Dales britanniques fait depuis plusieurs années l'objet de vives protestations de la part des citoyens qui revendiquent l'indépendance de leur pays par rapport à l'Amérique.

« Cette base symbolise ce qui ne va pas dans les relations spéciales entre le Royaume-Uni et les États-Unis. Nous avons ici une base qui est sous le contrôle étasunien, sur laquelle le gouvernement et les peuples de Grande-Bretagne n'ont aucun contrôle. Cette base ne rend pas de comptes aux peuples britanniques. Elle participe à des activités et soutient des guerres auxquelles s'objectent la plupart des Britanniques », dit le défenseur des droits humains Peter Tatchell.

La base de Menwith Hill est le plus grand centre de renseignements et de surveillance à l'extérieur des États-Unis. Il y a 32 antennes paraboliques à l'intérieur des grandes structures en forme de balles de golf qui servent à épier des conversations téléphoniques et électroniques partout dans le monde. La base est en opération depuis les années 1960 mais maintenant elle sera incluse dans le controversé bouclier anti-missile conçu pour alerter les États-Unis en cas de lancement de missiles balistiques.

Comme en Pologne et en République tchèque, où les États-Unis ont également l'intention d'installer des bases anti-missile, les résidents s'inquiètent du danger que cela représente pour leur région, car cela accroît les risques d'une attaque par ceux qui voudraient neutraliser le bouclier. Mais contrairement à ce qui se passe en Europe de l'Est, le gouvernement britannique n'a posé aucune objection. En fait, il ne sait même pas ce qui se passe sur cette base.

« Cela peut sembler inoffensif vu de l'extérieur, mais c'est ce qui se passe derrière les murs qui importe. Il n'y pas un seul représentant du parlement britannique ou des services de renseignements britanniques qui puisse vous donner un tableau d'ensemble de ce qui se passe là-bas », écrit la chroniqueuse Yvonne Ridley.

C'est la culmination du rêve de l'ex-président Ronald Reagan. Au moment où l'on s'apprête à dévoiler une statue à sa mémoire, la base de Menwith Hill représente ce que Reagan avait envisagé avec le système de détection anti-missile appelé « Guerre des étoiles ». Elle est secrète, elle est loin du sol étasunien et certains disent qu'elle est un pas de plus vers la domination et la militarisation de l'espace par les États-Unis.

Ajoutons que dans le cadre de l'intégration de Menwith Hill au système de défense anti-missile, une autre structure sous forme de balle de golf est en train d'être construite, pour un total de 33, en dépit de l'opposition locale et nationale. Cela va accroître, et non réduire, l'influence des États-Unis en Europe.

(Traduction : LML)

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L'embargo sur les armes est étendu aux deux parties du conflit libyen, selon un expert de l'ONU


Protestations contre les frappes de l'OTAN devant les bureaux de l'ONU à Tripoli, le 2 juillet 2011

Tripoli affirme que ses forces ont intercepté deux bateaux en provenance du Quatar transportant une cache d'armes pour les forces rebelles. La Libye est soumise à un embargo sur les armes, mais la France a admis fournir des armes aux rebelles.

On dit que le chargement intercepté le 4 juillet comprend environ une centaine de fusils d'assaut fabriqués en Belgique, avec des milliers de munitions.

L'expert en trafic d'armes Brian Johnson-Thomas a dit à Russia Today qu'on peut être sûr que l'approvisionnement en armes de la France va mener à des violations des droits humains plutôt qu'à la protection des civils.

« Tous les fusils sont considérés légaux, mais lorsque leur usage est détourné ils vont Dieu sait où, explique Brian Johnson-Thomas. Et bien sûr, avec un fusil vous êtes en position de commettre des violations des droits humains. »

L'expert en trafic d'armes du Conseil de sécurité souligne que le Conseil interdit la fourniture d'armes à l'une ou l'autre des parties au conflit libyen.

La France est parmi les principales puissances derrière la campagne aérienne dirigée par l'OTAN, dont le but officiel est de protéger les civils des attaques des forces de Khadafi. Cependant, plusieurs estiment qu'un changement de régime est la principale raison de l'implication de l'alliance là-bas. Le geste de la France a provoqué beaucoup de critiques de la part de la Russie et de l'Union africaine, tandis que la Chine s'y objecte indirectement.

(Traduction : LML)

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Bulletin du 11 juillet 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca