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Projet d'exploitation d'une mine de niobium à Oka
Les Mohawks et leurs alliés réitèrent leur opposition
- Serge Lachapelle -
Le 30 juin en matinée, les Mohawks et leurs alliés, soit près d'une
cinquantaine de personnes, ont réitéré leur détermination à
faire échec au projet d'exploitation d'une mine de niobium à Oka devant
l'assemblée des actionnaires de la compagnie minière Niocan en
plein centre-ville.
Comme l'a souligné Michèle Benoît, porte-parole du Regroupement de
solidarité avec les autochtones, l'organisateur de
l'action : « Le projet de mine de niobium à Oka doit être
combattu, qu'il vienne comme prévu de Niocan ou d'Augyva avec
laquelle la municipalité d'Oka vient d'engager des négociations pour
l'exploitation des résidus de l'ancienne mine St-Laurence
Columbium. »
On se souviendra qu'en novembre dernier le Conseil des Mohawks de
Kanesatake, l'Union des producteurs agricoles (UPA) de Deux-Montagnes
et une coalition des comités de citoyens de la région, appuyés par la
députée de Mirabel, Mme Denise Beaudoin, ainsi que
par le conseil traditionnel mohawk (Longhouse), ont lancé un
« Non ! » catégorique à la venue de la compagnie minière
Niocan. Appuyée par une pétition ayant rassemblé plus de 5 600
signatures, essentiellement de personnes résidant localement, la
mobilisation des citoyens de la région contre le projet d'exploitation
de niobium à Oka ne cesse de prendre de l'ampleur.
La compagnie minière Niocan prévoit l'exploitation d'une mine
souterraine de ferroniobium dans le rang Ste-Sophie d'Oka. La mine
serait exploitée pendant 17 ans et occuperait environ 6,4 hectares de
terres arables. Contrairement à ce que tente de faire croire
Niocan, l'entreprise n'a pas obtenu d'acceptabilité sociale. Les
citoyens et les Mohawks s'opposent à ce projet qui viendrait
bouleverser le paysage local. « L'impact économique de ce projet
sur l'industrie du tourisme local, dont jouit la région, serait
majeur si le gouvernement accédait à la demande de Niocan. Ce sont des
centaines de fermes et de petites entreprises qui en pâtiraient
et les quelque 165 emplois que la minière prétend offrir aux gens de la
région n'accommoderaient en rien la population dont la qualité
de vie serait définitivement détériorée », a affirmé le
représentant de la coalition des comités de citoyens de la région, M.
Simon Dubois.
À la détérioration de la qualité de vie, les représentants des
Mohawks ont ajouté que le projet de Niocan se situe à l'intérieur des
terres de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes qui font actuellement
l'objet de négociations avec le gouvernement fédéral. « Le
Conseil des Mohawks de Kanesatake tient à rappeler que l'ensemble de la
seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes, y compris l'espace choisi
pour le projet minier, fait partie de négociations territoriales avec
le gouvernement fédéral. Tant qu'aucune entente n'aura été
conclue, les gouvernements devraient imposer un moratoire à tout projet
de développement qui pourrait avoir un impact négatif sur les
droits des Mohawks », a rappelé le grand chef Sohenrise Paul
Nicholas. Il s'agit de la plus vieille revendication territoriale au
Canada.
Pour Ellen Gabriel, porte-parole du conseil traditionnel
mohawk-Longhouse la récente adhésion du Canada à la Déclaration des
Nations
unies sur les droits des peuples autochtones ajoute également un
facteur supplémentaire à considérer dans le dossier. « Il est
dans l'intérêt du Canada de commencer le processus de mise en oeuvre de
la Déclaration en travaillant en collaboration avec les peuples
autochtones, dont les Mohawks de Kanesatake. Cet important instrument
international des droits humains est essentiel dans un processus
de réconciliation et empêche les promoteurs comme Niocan de violer les
droits intrinsèques des peuples autochtones qui sont protégés
par la Constitution. Le Canada doit légalement défendre l'honneur de la
Couronne et, tel que démontré par les dernières décisions de la
Cour suprême du Canada, il a le devoir de consulter et d'accommoder les
peuples autochtones quand leurs droits sont sérieusement
atteints. Le projet Niocan est une violation grave des droits
collectifs du peuple Mohawk de Kanesatake, dont le droit à
l'auto-détermination est protégé en vertu de la Loi constitutionnelle de 1982. »
Les actions se poursuivront tant que le projet de mine de niobium n'aura pas été abandonné.

Bulletin du 11 juillet 2011 • Retour à l'index • Écrivez à:
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