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Un
an après le G20 de Toronto
Justice doit être faite pour les victimes
de la violence d'État au G20
- Philippe Fernandez -
Un an s'est maintenant écoulé depuis les
journées d'action à Toronto
où plus de 30 000 personnes manifestant contre les plans
antisociaux et anti-humains du G8/G20 se sont heurtées aux
matraques,
gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc de l'État
canadien, sous
la gouverne des conservateurs de Harper. À ce jour, aucun
gouvernement,
à quelque niveau, n'a été tenu responsable pour
les agressions
paramilitaires de style Gestapo menées par les policiers et les
militaires de l'État canadien, avec la participation du
département de
la Sécurité intérieure des États-Unis et de
NORAD. Les gens n'ont pas
digéré ce qui s'est produit à Toronto et
réclament justice du
gouvernement Harper. Ils tiennent ce gouvernement comme responsable et
demandent une enquête impartiale publique qui
révélera qui ont
été les responsables de cette action criminelle contre le
peuple, afin
qu'ils soient être traduits en justice et que les victimes
soient indemnisées.
À
ce
jour, tout a été fait pour faire obstruction à
cette juste demande
vérité. Les « enquêtes »
truquées promues par
l'État, dont une menée par l'Unité des
enquêtes spéciales de l'Ontario
et le Conseil des services de police de Toronto, avaient pour
seul but d'atténuer l'indignation populaire. Ces exercices de
relations
publiques n'ont fait qu'accroître la demande populaire que les
gouvernements à tous les niveaux assument leur
responsabilité face à ce
qui s'est passé.
Le 25 juin, diverses actions ont eu lieu à
Toronto pour affirmer les
droits humains, dont le droit à la dissidence et le droit
d'assemblée politique, et pour demander une enquête
publique impartiale
sur les actes criminels commis contre la population lors du
G20.
Nous avons assisté à une attaque massive
préméditée lors du G20 l'an
dernier. Plus de 1105 personnes ont été
arrêtées et détenues
pendant de longues heures dans des conditions inhumaines et des
dizaines ont été battues et menacées. Cette
violence d'État combinée à
une campagne systématique de terreur menée par les
médias monopolisés
pour criminaliser tous les manifestants et
« traquer »
les organisateurs et les autres militants (47 personnes sont toujours
en attente de jugement et d'autres demeurent
« introuvables ») indique le degré de
criminalisation de la
dissidence politique au Canada.
Cette question de la répression policière
n'est pas uniquement une
affaire de violence excessive ou disproportionnée par les forces
policières. Le problème est l'utilisation
préméditée de la violence
fasciste contre le peuple pour réprimer l'opposition politique
aux
plans et politiques débattus à ces sommets
réactionnaires des
impérialistes. L'État canadien, avec le nouveau
gouvernement Harper
majoritaire, est un État redevable aux plus grands monopoles et
institutions financières nord-américains
qui dictent les politiques du G8 et du G20 et d'autres institutions
impérialistes. Ce gouvernement invoque un prétendu
« mandat » reçu de la population pour
justifier le recours de
plus en plus fréquent à la force et à la violence
contre
d'autres nations et peuples, tel que la guerre illégale contre
la
Libye où des innocents sont tués et écartés
comme autant de
« dommages collatéraux ». La force et la
violence sont de
plus en plus utilisées pour réprimer les luttes
ouvrières, comme
avec la criminalisation des justes luttes des travailleurs d'Air Canada
et de Postes Canada et de tous ceux qui luttent pour leurs
droits, notamment les travailleurs, les Premières nations, les
jeunes,
les immigrants et les réfugiés.
Nous
sommes témoins, sous le régime Harper, de la sauvagerie
du pouvoir
économique et politique concentré de plus en plus entre
quelques mains. Le droit du peuple canadien de définir l'ordre
du jour
politique, économique et social de la société dans
laquelle il
vit et de laquelle il dépend a été usurpé
par une petite élite
économique dont les intérêts sont étrangers
à ceux du peuple. Ce
programme antisocial et anti-humain ne peut être imposé
que par la
force. Les peuples au Canada et dans le monde ont conscience de la
nécessité de rejeter cette usurpation et de s'opposer
à la fascisation
de l'État imposée sous divers faux prétextes, dont
« la
sécurité publique », « la reprise
économique » et ainsi
de suite.
La lutte pour exiger justice pour les victimes de la
violence d'État
lors du sommet du G20 est un combat politique. Elle passe par
la construction d'une Opposition ouvrière pour unir tous les
travailleurs et leurs alliés afin de bloquer la fascisation
croissante
de
l'État et de renouveler le régime politique de ce pays
pour que la
classe ouvrière et le peuple soient ceux qui décident de
l'ordre du
jour pour la société. Cet ordre du jour doit reposer sur
la garantie
des droits de tous et le rejet de la violence et de la force, sous
prétexte de « loi et ordre », comme moyen
de résoudre les
problèmes politiques et sociaux, ici comme à
l'étranger.

Événements à Toronto marquant
l'anniversaire
Le samedi 25 juin, à l'occasion du premier
anniversaire de l'attaque policière à Toronto,
près de 1000 personnes ont manifesté
devant l'Assemblée législative provinciale à
Queen's Park pour renouveler la demande que la police et les
autorités civiles
responsables de la violence et de la violation des droits lors du G20
soient tenues de rendre des comptes.
Parmi les orateurs à la manifestation il y a
avait Sid Ryan,
président de la Fédération des travailleurs de
l'Ontario, Natalie Des
Rosiers, avocate-conseil pour l'Association canadienne des
libertés
civiles, et John Pruyn, un homme avec une jambe artificielle qui a
été battu et arrêté à Queen 's Park,
puis détenu pendant 27 heures sans
finalement avoir été accusé d'une seule
infraction. Le ton et
le message du rassemblement à l'occasion du premier anniversaire
étaient que les gens n'ont pas oublié. Ils persistent
à exiger la
tenue d'une enquête publique pour déterminer qui sont les
responsables
et qu'ils soient tenus de rendre des comptes.
À la clôture du rassemblement, plusieurs
centaines de personnes ont
défilé dans les rues du centre-ville de Toronto et
terminé leur
marche devant le siège du Service de police de Toronto,
où les
manifestants ont exigé que les responsables des
événements du G20
soient
identifiés et tenus responsables des actes criminels commis
contre le
peuple.
Parmi les autres événements qui ont
marqué l'anniversaire, il y a eu
une discussion le 23 juin avec la participation de l'avocat en
droits civils, Clayton Ruby, de la vice-présidente
exécutive du Congrès
du travail du Canada, Barbara Byers, de l'ancien maire de
Toronto et porte-parole de Toronto Police Accountability Coalition,
John Sewell, et de Megan Daniel, une avocate qui a été
arrêtée et
détenue illégalement sans inculpation.
Ruby a caractérisé les enquêtes
officielles à ce jour comme un
« tour de passe-passe » par les autorités
civiles et
policières qui n'ont pas l'intention d'identifier les
responsables et
d'exiger qu'ils rendent des comptes. Byers a raconté l'attaque
brutale par la police anti-émeute à Queen's Park. Elle a
dit qu'un an
plus tard, les noms des responsables du déclenchement de la
violence policière n'ont toujours pas été
révélés. Les panélistes et
les membres du public ont réitéré la demande que
les responsables
soient identifiés et tenus responsables.
   

 

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