Un an après le G20 de Toronto


Justice doit être faite pour les victimes
de la violence d'État au G20

Un an s'est maintenant écoulé depuis les journées d'action à Toronto où plus de 30 000 personnes manifestant contre les plans antisociaux et anti-humains du G8/G20 se sont heurtées aux matraques, gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc de l'État canadien, sous la gouverne des conservateurs de Harper. À ce jour, aucun gouvernement, à quelque niveau, n'a été tenu responsable pour les agressions paramilitaires de style Gestapo menées par les policiers et les militaires de l'État canadien, avec la participation du département de la Sécurité intérieure des États-Unis et de NORAD. Les gens n'ont pas digéré ce qui s'est produit à Toronto et réclament justice du gouvernement Harper. Ils tiennent ce gouvernement comme responsable et demandent une enquête impartiale publique qui révélera qui ont été les responsables de cette action criminelle contre le peuple, afin qu'ils soient être traduits en justice et que les victimes soient indemnisées.

À ce jour, tout a été fait pour faire obstruction à cette juste demande vérité. Les « enquêtes » truquées promues par l'État, dont une menée par l'Unité des enquêtes spéciales de l'Ontario et le Conseil des services de police de Toronto, avaient pour seul but d'atténuer l'indignation populaire. Ces exercices de relations publiques n'ont fait qu'accroître la demande populaire que les gouvernements à tous les niveaux assument leur responsabilité face à ce qui s'est passé.

Le 25 juin, diverses actions ont eu lieu à Toronto pour affirmer les droits humains, dont le droit à la dissidence et le droit d'assemblée politique, et pour demander une enquête publique impartiale sur les actes criminels commis contre la population lors du G20.

Nous avons assisté à une attaque massive préméditée lors du G20 l'an dernier. Plus de 1105 personnes ont été arrêtées et détenues pendant de longues heures dans des conditions inhumaines et des dizaines ont été battues et menacées. Cette violence d'État combinée à une campagne systématique de terreur menée par les médias monopolisés pour criminaliser tous les manifestants et « traquer » les organisateurs et les autres militants (47 personnes sont toujours en attente de jugement et d'autres demeurent « introuvables ») indique le degré de criminalisation de la dissidence politique au Canada.

Cette question de la répression policière n'est pas uniquement une affaire de violence excessive ou disproportionnée par les forces policières. Le problème est l'utilisation préméditée de la violence fasciste contre le peuple pour réprimer l'opposition politique aux plans et politiques débattus à ces sommets réactionnaires des impérialistes. L'État canadien, avec le nouveau gouvernement Harper majoritaire, est un État redevable aux plus grands monopoles et institutions financières nord-américains qui dictent les politiques du G8 et du G20 et d'autres institutions impérialistes. Ce gouvernement invoque un prétendu « mandat » reçu de la population pour justifier le recours de plus en plus fréquent à la force et à la violence contre d'autres nations et peuples, tel que la guerre illégale contre la Libye où des innocents sont tués et écartés comme autant de « dommages collatéraux ». La force et la violence sont de plus en plus utilisées pour réprimer les luttes ouvrières, comme avec la criminalisation des justes luttes des travailleurs d'Air Canada et de Postes Canada et de tous ceux qui luttent pour leurs droits, notamment les travailleurs, les Premières nations, les jeunes, les immigrants et les réfugiés.

Nous sommes témoins, sous le régime Harper, de la sauvagerie du pouvoir économique et politique concentré de plus en plus entre quelques mains. Le droit du peuple canadien de définir l'ordre du jour politique, économique et social de la société dans laquelle il vit et de laquelle il dépend a été usurpé par une petite élite économique dont les intérêts sont étrangers à ceux du peuple. Ce programme antisocial et anti-humain ne peut être imposé que par la force. Les peuples au Canada et dans le monde ont conscience de la nécessité de rejeter cette usurpation et de s'opposer à la fascisation de l'État imposée sous divers faux prétextes, dont « la sécurité publique », « la reprise économique » et ainsi de suite.

La lutte pour exiger justice pour les victimes de la violence d'État lors du sommet du G20 est un combat politique. Elle passe par la construction d'une Opposition ouvrière pour unir tous les travailleurs et leurs alliés afin de bloquer la fascisation croissante de l'État et de renouveler le régime politique de ce pays pour que la classe ouvrière et le peuple soient ceux qui décident de l'ordre du jour pour la société. Cet ordre du jour doit reposer sur la garantie des droits de tous et le rejet de la violence et de la force, sous prétexte de « loi et ordre », comme moyen de résoudre les problèmes politiques et sociaux, ici comme à l'étranger.

(Traduction : LML)

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Événements à Toronto marquant l'anniversaire

Le samedi 25 juin, à l'occasion du premier anniversaire de l'attaque policière à Toronto, près de 1000 personnes ont manifesté devant l'Assemblée législative provinciale à Queen's Park pour renouveler la demande que la police et les autorités civiles responsables de la violence et de la violation des droits lors du G20 soient tenues de rendre des comptes.

Parmi les orateurs à la manifestation il y a avait Sid Ryan, président de la Fédération des travailleurs de l'Ontario, Natalie Des Rosiers, avocate-conseil pour l'Association canadienne des libertés civiles, et John Pruyn, un homme avec une jambe artificielle qui a été battu et arrêté à Queen 's Park, puis détenu pendant 27 heures sans finalement avoir été accusé d'une seule infraction. Le ton et le message du rassemblement à l'occasion du premier anniversaire étaient que les gens n'ont pas oublié. Ils persistent à exiger la tenue d'une enquête publique pour déterminer qui sont les responsables et qu'ils soient tenus de rendre des comptes.

À la clôture du rassemblement, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues du centre-ville de Toronto et terminé leur marche devant le siège du Service de police de Toronto, où les manifestants ont exigé que les responsables des événements du G20 soient identifiés et tenus responsables des actes criminels commis contre le peuple.

Parmi les autres événements qui ont marqué l'anniversaire, il y a eu une discussion le 23 juin avec la participation de l'avocat en droits civils, Clayton Ruby, de la vice-présidente exécutive du Congrès du travail du Canada, Barbara Byers, de l'ancien maire de Toronto et porte-parole de Toronto Police Accountability Coalition, John Sewell, et de Megan Daniel, une avocate qui a été arrêtée et détenue illégalement sans inculpation.

Ruby a caractérisé les enquêtes officielles à ce jour comme un « tour de passe-passe » par les autorités civiles et policières qui n'ont pas l'intention d'identifier les responsables et d'exiger qu'ils rendent des comptes. Byers a raconté l'attaque brutale par la police anti-émeute à Queen's Park. Elle a dit qu'un an plus tard, les noms des responsables du déclenchement de la violence policière n'ont toujours pas été révélés. Les panélistes et les membres du public ont réitéré la demande que les responsables soient identifiés et tenus responsables.



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Bulletin du 11 juillet 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca