Opposition du mouvement ouvrier à l'abus de pouvoir
des monopoles et de leurs gouvernements


Non au rôle de fier-à-bras du gouvernement Harper!

Quand le gouvernement Harper a déposé le projet de loi C-6 pour forcer le retour au travail des postiers, le 20 juin, il a dit que son but était de forcer le syndicat et Postes Canada à en venir à une entente. Pesant ses mots, la ministre du Travail Lisa Raitt a dit que dans le cas d'Air Canada son gouvernement avait réussi à « forcer » les parties à négocier une entente. Cela veut dire que la question fondamentale de l'exclusion des futurs engagés du fonds de pension à prestations déterminées sera laissée à la discrétion d'un arbitre.

En ce qui concerne les postes, le gouvernement a tout fait pour bloquer la discussion publique sur l'offensive antiouvrière de Postes Canada et ses plans de privatisation. On a accusé les travailleurs qui défendaient leurs droits de faire preuve d'intransigeance, de nuire à l'économie, d'en demander trop, etc. Postes Canada et ses attaques contre les travailleurs n'ont jamais été mis en cause.

Tout cela est d'abord une question de droit. Elle est inacceptable la logique qui dit que vous pouvez défendre vos droits jusqu'à un certain point, après quoi vous devez être « raisonnables » et accepter ce qu'on vous donne. Les raisons qui sont avancées pour justifier la criminalisation des luttes des travailleurs pour la justice doivent être rejetées. Il faut s'opposer à l'usage de la force pour imposer un résultat sur lequel les travailleurs n'ont aucun contrôle.

Depuis la rupture du contrat social qui enchâssait les arrangements d'après-guerre entre le capital et le travail, le capital exerce des droits de gérance sans restriction. Les monopoles n'acceptent de négocier que si les travailleurs renoncent à leur droit légitime de réclamer des salaires, des conditions de travail et des pensions qu'ils jugent convenir à la tâche qu'ils accomplissent. Le but de l'offensive antisociale qui considère les travailleurs comme un « coût de production » est de leur faire accepter que c'est eux le problème et que leurs demandes sont déraisonnables. Ils se font dire que « dans le contexte actuel », ils « nuisent à la relance et à la sécurité économiques ». Par contre, les primes des dirigeants d'entreprises sont considérées comme des « pratiques en vogue dans l'industrie », parfaitement raisonnables si on veut attirer « les meilleurs éléments ».

Les travailleurs créent la richesse dont la société dépend. Ils créent aussi la richesse que convoitent les employeurs. Ils ont donc, « dans le contexte actuel », le droit de faire une réclamation à cette richesse sous forme de salaires, d'avantages sociaux et de pensions qui correspondent au travail qu'ils font. C'est une question de DROIT.

Selon le STTP, Postes Canada ne s'est pas crue obligée de négocier de bonne foi parce qu'elle savait qu'il y aurait une loi spéciale. Le syndicat a raison. Tout ce que Postes Canada a à faire maintenant est de laisser tomber certains éléments qui pourraient être considérés comme extrêmes pour se faire accorder en retour la concession la plus extrême, celle qui pave la voie à toutes les autres, soit des conditions de travail à deux paliers. Le rôle de fier-à-bras que s'est donné le gouvernement Harper apparaît dans toute sa laideur et il n'est pas difficile de voir qu'il sert le droit de monopole et non le droit public.

Mettre dans les mains d'un arbitre des décisions importantes qui affectent l'avenir de la société, c'est abandonner toute prétention à un processus démocratique. Les problèmes qui sont laissés à la discrétion d'un arbitre n'ont pas été résolus politiquement par la société. Sur la base de quels critères les arbitres vont-ils décider ? Comment vont-ils déterminer les « standards de l'industrie » et les « pratiques en vogue » ?

Les conditions de travail à deux paliers et l'élimination de la sécurité des pensions affectent de manière fondamentale la société et l'avenir du mouvement ouvrier. Les sondages non scientifiques sur ce que pense la majorité des gens ne peuvent pas servir à justifier des décisions inacceptables. On ne peut pas non plus invoquer des précédents obtenus grâce à la position dominante d'un monopole ou à l'intervention des tribunaux en faveur d'un monopole. Il est inacceptable que les travailleurs n'exercent aucun contrôle sur leur situation.

On ne peut pas parler d'État de droit ou de loi et ordre quand le contenu de cette loi et de cet ordre n'a pas été décidé par la société.

Une fois que le droit des travailleurs de déterminer leurs salaires et conditions de travail ou de garder leur fonds de pension à prestations déterminées devient une question de loi et ordre ou est remis aux mains d'un arbitre, les travailleurs se retrouvent sans recours politique. Ils doivent accepter un sort décidé par d'autres.

Pendant combien de temps cette situation pourra-t-elle durer ? Une fois que les accidents de travail causés par des conditions intenables auront encore doublé, le gouvernement mettra-t-il une limite au-delà de laquelle la grève est à nouveau permise ? C'est absurde.

LML appelle les travailleurs du Québec et du Canada à exiger des gouvernements qu'ils défendent le droit public et non le droit de monopole. De là, il sera possible d'établir un processus qui favorise la solution des problèmes en faveur du peuple.

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Non à la criminalisation des travailleurs et travailleuses des postes!

Depuis l'adoption de la loi C-6 le 26 juin, Postes Canada et les médias mènent une campagne de désinformation pour essayer de justifier la criminalisation des travailleurs, en disant par exemple qu'ils sont « choyés » avec leurs « grosses pensions ». Les salaires, pensions et avantages sociaux seraient la cause des difficultés de Postes Canada et on pousse aussi l'idée que la Société canadienne des postes est dépassée. En fait, cette campagne vise à justifier la privatisation de la société d'État, la réduction de la main-d'oeuvre et l'attaque en règle contre les droits collectifs d'environ 55 000 travailleurs – et plus généralement contre tous les travailleurs et leur droit à des salaires, des conditions de travail et des pensions qui correspondent à l'importance de la place qu'ils occupent dans une société moderne. On utilise des mots comme « grosses pensions » et « trop bien payés » pour créer l'impression que les travailleurs des postes n'ont pas l'appui du public.

Il est intéressant de noter qu'en plein milieu du « débat » à la Chambre des communes sur le projet de loi C-6, Québécor Média, un des grands monopoles de l'industrie des médias au Canada (il possède huit quotidiens à grand tirage, dont le Toronto Sun, et plus de 2000 journaux communautaires et compte sur son conseil d'administration l'ancien premier ministre Brian Mulroney), a embauché la firme Abacus Data pour faire un sondage sur Internet. Le but était de créer une opinion publique voulant que les postiers n'ont pas beaucoup d'appui. Québécor a voulu créer une distance entre les travailleurs des postes et le public et exercer des pressions sur le syndicat pour qu'il renonce à ses revendications.

La firme Abacus a fait son « sondage » les 23 et 24 juin. Elle a interrogé 1005 personnes sur un bassin de 150 000 et la question principale était la suivante : « En pensant aux récents conflits de travail à Postes Canada et Air Canada, seriez-vous pour ou contre une intervention du gouvernement pour forcer ces employés à retourner au travail avec une loi spéciale ? »

Selon le rapport de sondage, 60 % des répondants étaient favorables à l'intervention, 33 % étaient « très favorables » et 27 % était « quelque peu » favorables, sans préciser ce que veut dire « quelque peu » (somewhat). Il y a un objectif politique bien clair à poser la question de cette façon-là, sans les faits et hors contexte, et c'est d'attaquer le STTP et les employés de Postes Canada et d'Air Canada et tous les travailleurs et de justifier la poursuite de l'offensive des riches et de leur État contre la classe ouvrière. Les « résultats de sondage » ont ensuite été propagés par les nombreux canons de l'empire médiatique. On a donc vu encore une fois comment les monopoles utilisent les ressources qu'ils contrôlent pour saper les droits et affaiblir le mouvement ouvrier et les syndicats.

Les travailleurs des postes et des lignes aériennes et la classe ouvrière dans son ensemble constituent la majorité du « public ». Ils créent la richesse sociale par leur travail – par exemple, selon un représentant de Postes Canada, la société d'État a perdu 100 millions $ en revenus pendant les grèves tournantes. Ce sont les travailleurs qui créent ce 100 millions $, pas le pdg Deepak Chopra, ni les cadres et administrateurs grassement payés. Ce sont le STTP, les travailleurs des postes et d'autres sections de la classe ouvrière qui par leur actions légitimes et courageuses contribuent au bien-être de la société, en luttant pour des services modernes et des conditions de travail, des salaires et des avantages sociaux adéquats, pour maintenant et pour l'avenir.

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Les métallos de Hamilton

65 ans plus tard, l'esprit de «46»
les inspire à poursuivre leurs luttes
pour ouvrir une nouvelle voie

La section 1005 du Syndicat des Métallos à Hamilton invite tous ses membres et tous ses retraités et leur famille, amis et supporters à venir célébrer le 65e anniversaire de la fondation du 1005, le 23 juillet prochain. Ce sera également une occasion de célébrer les contributions des gens de Hamilton qui ont fait de cette communauté ce qu'elle est aujourd'hui. Tous sont les bienvenus !

Il y a 65 ans cet été, la section locale 1005 du Syndicat des Métallos déclenchait la Grève de 1946 qui a mené à la reconnaissance syndicale. Les métallos de Hamilton ont également établi que les travailleurs ont droit à des salaires et conditions de travail qui correspondent à la contribution qu'ils apportent à l'économie. Les compagnies ne pouvaient plus abuser d'eux par des pratiques arbitraires contre lesquelles les travailleurs n'avaient aucun recours. En tant que producteurs de la richesse dont la société dépend pour son bien-être, les travailleurs ont non seulement le droit de faire une réclamation légitime à la richesse qu'ils créent mais aussi le droit à une protection légale.

Des milliers de travailleurs sont sortis en grève dans une situation qui leur était très défavorable. Ils ont combattu avec courage pour affirmer leurs droits. C'est cette lutte qui a défini ce qu'on appelle l'Esprit de 46 – l'audace d'ouvrir une nouvelle voie en défendant une position de principe parce que c'est la seule position juste. Aujourd'hui, une fois de plus, les grandes entreprises exigent le droit de faire comme bon leur semble sans aucune restriction, nous ramenant aux jours sombres du tournant du siècle où les travailleurs étaient sauvagement exploités et congédiés sans aucun recours. Il n'existait pas encore de protection légale des droits du travail.

Dans leur lutte actuelle contre le lockout absurde de US Steel, les métallos ne font pas que combattre la tentative de briser leur syndicat en les forçant à accepter des conditions de travail à deux paliers. Ils ne font pas que défendre l'indexation des pensions parce que c'est la chose à faire, ils s'opposent aussi à la tentative de la compagnie d'utiliser sa position dominante pour extorquer une entente qui les prive de ce qui leur revient de droit. Si le syndicat acceptait ce qu'on veut leur imposer, cela voudrait dire retourner à la situation d'avant 1946. À ce moment-là, les entreprises pouvaient faire ce qui leur plaisait quand ça leur plaisait parce que les travailleurs étaient sans protection légale réelle.

« Nous commémorons la grève de 46 en exprimant notre appréciation de la contribution des métallos à notre ville de l'acier, a dit Rolf Gerstenberger à Information Update. En 1946, les travailleurs ont ouvert une voie nouvelle à la défense de leurs droits et des droits de tous. Hamilton est née de cette bataille. Que serait la vie à Hamilton sans la contribution des métallos et de leurs familles ? C'est nous tous qui avons créé ce que nous célébrons aujourd'hui. Nous avons toujours fait notre devoir en travaillant fort et c'est pour cela que nous combattons pour nos droits. Pas question de retourner à une époque où les travailleurs étaient traités comme des citoyens de deuxième classe et comme moins qu'humains. C'est inacceptable d'utiliser, d'abuser puis de rejeter les travailleurs comme de la ferraille afin qu'une petite poignée puisse devenir riche à craquer à nos dépens. Les travailleurs ont rejeté cela en 1946 et l'esprit qui les animait est le même qui nous anime aujourd'hui, 65 ans plus tard. Cela mérite d'être célébré ! »

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Le peuple contre US Steel

Tous unis derrière les métallos de Hamilton

US Steel attaque les métallos de Hamilton en tant
que travailleurs et en tant que Canadiens.


US Steel attaque les métallos de Hamilton en tant que travailleurs en ayant recours à son pouvoir de monopole pour imposer ses conditions d'emploi. À partir de sa position mondiale dominante en tant que propriétaire de dizaines d'aciéries d'une capacité productive annuelle de plus de 30 millions de tonnes, US Steel nie aux métallos de Hamilton le droit de négocier des salaires, des avantages sociaux et des pensions correspondant au travail qu'ils accomplissent et selon des standards canadiens établis au cours des 65 dernières années et plus.

US Steel tente d'imposer des changements dans les ententes touchant aux pensions, ententes conclues avec le gouvernement de l'Ontario au moment de l'acquisition de Stelco en 2007. Il se sert de son pouvoir de monopole pour essayer d'imposer aux membres actifs de la section locale 1005 du Syndicat des Métallos un vote sur la modification des ententes touchant aux pensions des travailleurs actifs, des futurs employés et des travailleurs à la retraite. Il voudrait ainsi justifier les changements aux pensions faits auprès du gouvernement ontarien et du public, en disant que les métallos eux-mêmes les ont approuvés.

Pour forcer la main aux métallos et entamer le processus de destruction du régime de pensions actuel, US Steel a fermé le haut fourneau de Hamilton et a mis les métallos en lockout pour arrêter la production. Il recourt à ses aciéries aux États-Unis pour répondre à la demande en acier au Canada.

Le gouvernement de l'Ontario et le gouvernement fédéral savent parfaitement bien que US Steel abuse de son pouvoir, mais ils n'interviennent pas. Ils ne font rien pour restreindre le droit de monopole qui vise à détruire le droit public des travailleurs canadiens. US Steel a indiqué sans équivoque que les métallos de Hamilton doivent entériner de nouvelles ententes sur les pensions comme préalable à toute discussion sur de nouvelles concessions ou sur la réouverture de Hamilton Works. Il a peut-être déjà décidé que l'aciérie de Hamilton est superflue par rapport à ses besoins actuels et qu'il vaudrait mieux la fermer que de poursuivre la production en compétition avec ses autres aciéries ou sous l'égide d'une nouvelle compagnie.

Le gouvernement de l'Ontario ainsi que le gouvernement fédéral doivent appuyer fermement les métallos de Hamilton et obliger US Steel à respecter les ententes touchant aux pensions, ainsi que la convention collective en vigueur, et à cesser cette extorsion sur le champ. Nos gouvernements doivent exiger que US Steel recommence la production de l'acier à Hamilton Works et rembourse les travailleurs, leur communauté ainsi que l'économie canadienne pour tous dommages encourus par la fermeture d'un élément productif d'une telle importance.

Les gouvernements qui ne prennent pas le parti des travailleurs et qui ne cherchent pas à restreindre le droit de monopole abdiquent leur responsabilité de gouverner. La classe ouvrière canadienne est la classe majoritaire au pays et elle est au centre de toute production et approvisionnement en services dont la société a besoin pour vivre. Tout gouvernement qui permet à un monopole mondial de se servir de sa position dominante pour attaquer la classe ouvrière et pour détruire l'économie abdique ses responsabilités sociales et son droit de gouverner au nom de tous les Canadiens.

US Steel attaque les métallos de Hamilton en tant que Canadiens

US Steel attaque les métallos de Hamilton en tant que Canadiens en intégrant l'ancienne Stelco à son empire mondial. Lui et les autres monopoles étrangers ont pris le contrôle de l'industrie canadienne de l'acier. Le secteur de l'acier est un élément fondamental de l'économie, nécessaire à la sécurité et au bien-être de la nation, de son économie et de son peuple. Le fait de céder le droit souverain du Canada de contrôler les secteurs de base de l'économie place la sécurité et le bien-être de ses habitants entre les mains de ceux pour qui l'objectif n'est pas la sécurité et le bien-être du peuple, mais la suprématie de leurs empires mondiaux. La perte du contrôle souverain des secteurs de base de l'économie laisse le pays vulnérable à des crises économiques profondes et prolongées ainsi qu'à l'insécurité constante.

Si les monopoles mondiaux ont l'autorisation d'opérer au Canada, ils doivent être soumis à de rigoureuses restrictions et à des ententes gouvernementales qui les lient à des pratiques définies. Sans ces restrictions, les monopoles mondiaux se servent tout simplement des travailleurs, des ressources naturelles et des moyens de production du Canada selon leurs intérêts étroits pour bâtir leurs empires mondiaux aux dépens du Canada et des Canadiens.

US Steel s'était engagé à maintenir certains niveaux de production et d'emploi en vertu de la Loi sur Investissement Canada (LIC) lorsqu'il a pris le contrôle de Stelco, mais n'a pas respecté ses engagements. La réponse du gouvernement fédéral a été d'abdiquer ses responsabilités sociales et de refuser d'exiger que le monopole rende des comptes. Le gouvernement fédéral a été obligé d'intenter des poursuites pour bris d'engagements, tel que stipulé dans la LIC, mais au moyen de manoeuvres dilatoires, US Steel s'est moqué des tribunaux en rendant à toute fin pratique les poursuites futiles. Les gouvernements du Canada doivent arrêter de se prosterner devant le pouvoir du droit de monopole. Ils doivent prendre la situation en mains et défendre les intérêts des Canadiens face aux visées étroites et agressives des monopoles mondiaux. Ils doivent restreindre de façon rigoureuse leurs agissements et les tenir responsables de leurs actions antisociales et antinationales.

US Steel a fait un pied de nez au gouvernement fédéral et à celui de l'Ontario en déclarant ni plus ni moins qu'il peut faire à sa guise et que nous n'avons aucun droit public souverain nous permettant de restreindre son droit de monopole. Ce mépris du droit souverain inclut la violation en toute impunité d'ententes imposées par les Canadiens touchant aux niveaux de production et d'emploi et des ententes touchant aux pensions et les autres aspects pouvant restreindre le droit de monopole de US Steel.

L'attaque par US Steel contre les métallos de Hamilton en tant que Canadiens touche essentiellement à l'intégrité et à la souveraineté du pays et doit être combattue par tous les niveaux de gouvernement. Le gouvernement fédéral et le gouvernement de l'Ontario doivent adopter des lois sur-le-champ pour forcer US Steel à recommencer la production à l'aciérie de Hamilton sans que cela n'affecte ni l'entente sur les pensions ni la convention collective, et pour imposer à US Steel des frais de dédommagement pour les torts causés à l'économie canadienne. Si US Steel refuse de s'y plier, alors il faut à nouveau légiférer pour restreindre son droit de faire entrer de l'acier au Canada et de sortir du Canada tout matériau servant à fabriquer l'acier, tels que le minerai de fer et le coke métallurgique. Si cela ne suffit pas à convaincre US Steel que les Canadiens en ont assez de son arrogance de monopole, alors des lois doivent être adoptées pour inculper la compagnie au criminel pour son refus de respecter le droit public et les lois du Canada. Ces lois pourraient prévoir la saisie de toute propriété de US Steel au Canada pour la valeur des dommages causés depuis 2007. Toutes ses propriétés canadiennes devraient être gérées en tant qu'entreprise publique ou vendues à des intérêts privés qui les géreraient selon des ententes très rigoureuses. En tant qu'entité criminelle reconnue, US Steel serait interdite de façon indéfinie de faire affaire à l'intérieur de nos frontières souveraines aussi longtemps qu'il ne se pliera pas à nos lois et à notre mode de vie.

Si le gouvernement de l'Ontario et le gouvernement fédéral n'agissent pas sur-le-champ pour restreindre le droit de monopole de US Steel, leur inaction sera la preuve qu'ils sont inaptes à gouverner et qu'il faut les remplacer. Cette négligence sociale des gouvernements ne peut être tolérée et les Canadiens exigeront des comptes.

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Attaque contre le droit d'association des travailleurs étrangers

Le syndicat des travailleurs agricoles accuse le consulat mexicain de mettre sur une liste noire des travailleurs migrants qui organisent

Le syndicat des Travailleurs et des Travailleuses unis de l'alimentation et du commerce du Canada (TUAC) accuse le consulat du Mexique à Vancouver de mettre sur une liste noire des ouvriers agricoles migrants mexicains actifs dans la syndicalisation des travailleurs agricoles qui viennent en Colombie-Britannique dans le cadre du Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) du Canada. En réponse aux accusations déposées devant le Conseil des relations de travail de la Colombie-Britannique, la section locale 1518 des TUAC a fourni la preuve que le consulat mexicain à Vancouver a mis sur pied une liste noire de travailleurs afin de les empêcher de revenir travailler au Canada à cause de leurs sympathies syndicales; il a averti certains travailleurs de deux fermes qui sont en train de se syndiquer de cesser de visiter des centres de soutien pour travailleurs agricoles que le syndicat administre dans la vallée du Bas-Fraser. Les accusations font aussi référence aux pétitions mises en circulation par les propriétaires agricoles exigeant la révocation du syndicat parmi les travailleurs menacés d'être mis sur une liste noire s'ils refusent de les signer. Ce n'est là qu'un exemple récent des menaces constantes et des mesures arbitraires contre les travailleurs agricoles migrants par les grands intérêts agricoles, le gouvernement canadien et les gouvernements qui envoient ces travailleurs agricoles au Canada. À cause de ces abus – qui incluent le rapatriement et l'interdiction pour ces travailleurs de retourner au Canada s'ils protestent ou s'organisent pour changer leurs conditions de travail – les travailleurs sont maintenus dans des conditions de travail misérables et dangereuses.

La section locale 1518 des TUAC représente environ 25 000 travailleurs des secteurs du commerce au détail alimentaire, de la production et de l'agriculture en Colombie-Britannique. Lucy Luna, une organisatrice syndicale avec la section locale 1518, a déclaré le 28 mai que l'ouvrier agricole saisonnier mexicain Victor Robles Velez a été privé de son droit de retourner au travail à la ferme Sidhu & Sons, à Abbottsford, par le consulat du Mexique à Vancouver.

Luna a déclaré que le bureau national à Toronto a récemment reçu des informations à l'effet qu'un document émanant du consulat du Mexique à Vancouver fait référence à Robles Velez à qui on ne doit pas émettre un visa pour son retour à la ferme de Sidhu & Sons, en raison de son activité syndicale.

Pour rappeler le contexte, en 2008 la section locale 1518 a fait signer la majorité des travailleurs agricoles saisonniers travaillant dans le cadre du programme du gouvernement canadien afin d'accréditer deux fermes : Sidhu & Sons et les pépinières Floralia, les deux situées à Abbottsford, dans la vallée du Fraser.

S'exprimant lors de l'émission d'affaires publiques Red Eye à la station radio CFRO de Vancouver, Luna a dit que le syndicat avait traversé un processus difficile afin d'obtenir une entente négociée qui garantit aux travailleurs le droit d'être rappelés au travail selon l'ancienneté, de faire un grief contre des mesures disciplinaires et d'autres droits syndicaux. Le syndicat a informé le consulat du Mexique que le processus d'accréditation avait eu lieu et a insisté pour que le consulat ne s'ingère pas dans le travail d'organisation du syndicat.

Cependant, cette année, lorsque Robles Velez a fait la demande en janvier pour être rappelé à son poste à Sidhu & Sons, il ne s'est pas vu accorder un visa, même s'il a fourni tous les papiers nécessaires. Le document divulgué indique clairement que la raison est son engagement dans l'organisation syndicale. Luna dit que Robles Velez est un ouvrier agricole expérimenté avec quatre enfants et les rapports sur son rendement au travail dans le passé ont été favorables. En d'autres termes, ce n'est que son implication dans la syndicalisation des travailleurs de la ferme qui a abouti au refus de lui permettre de revenir au Canada.

Une preuve supplémentaire que le consulat collabore avec les employeurs pour nier le droit des travailleurs de se syndiquer est que le nombre de travailleurs temporaires embauchés par les deux entreprises syndiquées a diminué de façon constante au cours des trois dernières années. En 2008, Sidhu & Sons a embauché 73 travailleurs provenant du Mexique et des Caraïbes mais seulement 32 en 2010 et 28 cette année. Chez Floralia, le nombre de travailleurs temporaires est passé de 29 en 2008 à 6 aujourd'hui. La ferme qui fait pousser des baies et autres plantes fait actuellement de la publicité pour embaucher 12 travailleurs saisonniers commençant à la fin de juin.

Luna dit que la raison pour laquelle les travailleurs se sont en premier lieu syndiqués est que les travailleurs agricoles temporaires n'ont pas de voix. S'ils tombent malades ou si l'employeur n'est pas satisfait de leur travail, ils peuvent être renvoyés chez eux de façon arbitraire. En ayant une représentation syndicale, ils ont gagné une voix et le droit d'ancienneté et ont le droit d'être rappelé au travail, explique-t-elle.

Luna a conclu son rapport sur cette importante affaire en soulignant que les représentations diplomatiques sont censées donner leur soutien aux ressortissants dans un pays étranger. Dans ce cas-ci, le gouvernement mexicain s'attaque aux droits de ses ressortissants en tant que travailleurs dans les fermes en Colombie-Britannique, donc vient directement en aide aux propriétaires de la ferme. La situation des travailleurs agricoles dans les fermes de la vallée du Fraser est reconnue comme lamentable, avec de bas salaires, des salles de nettoyage et des logements inadéquats, le manque de respect et des conditions de travail dangereuses. Le Conseil des relations de travail de la Colombie-Britannique n'a pas encore entendu la cause de la section locale 1518 des TUAC impliquant le consulat du Mexique.

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Bulletin du 11 juillet 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca