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Terrorisme
pour déstabiliser la révolution cubaine
L'USAID demande des millions pour
s'infiltrer parmi les ados et les jeunes cubains
- Jean-Guy Allard, Granma international,
23 juin 2011 -
Au
terme de dix semaines de négociations avec le sénateur
John Kerry et
son équipe qui lui ont « gelé » son
programme de
subversion et de déstabilisation contre Cuba, l'USAID (l'Agence
pour le
développement international) se sent suffisamment confiante sur
une solution pour annoncer de nouvelles subventions à de futurs
projets
d'ingérence en matière de communications, notamment parmi
les
adolescents et les jeunes.
C'est ce qu'a révélé le site Web
Cuba Money Project, du
journaliste Tracey Eaton, ancien correspondant à La Havane d'un
quotidien texan, qui mène une enquête minutieuse sur la
manière dont le
gouvernement des États-Unis gaspille des dizaines de millions
de dollars des contribuables dans des activités secrètes
et illégales à
Cuba.
Les nouveaux projets pour lesquels des propositions de
contrats sont
rédigées sont pour la plupart destinés à
une soi-disant
« expansion » de l'utilisation des moyens de
communication
sociale à Cuba, la « promotion » de
l'accès à
l'information que le Département souhaite diffuser,
l'augmentation de
la distribution d'ordinateurs portables, et développer son
concept de « liberté d'expression » parmi
les jeunes,
notamment chez le groupe constitué de la tranche d'âge qui
va de 12 à
18
ans.
Ce budget comporte 6 millions $ pour des
programmes destinés à
« augmenter la liberté d'expression »
parmi les jeunes
de 12 à 18 ans ; 6 millions pour
« élargir »
l'utilisation illicite d'Internet, et « augmenter
l'accès à
l'information » (et à la désinformation). Radio
et TV Marti, ainsi que leur maison mère, La Voix de
l'Amérique, permettent de se faire une idée
du genre de matériel qui tient à coeur au
Département d'État.
Neuf autres millions de dollars devraient servir
à appuyer les
« groupes de citoyens, de coopératives, de clubs
sportifs, les
groupes religieux et d'autres organisations de la société
civile »
désireux de devenir des associés de la Section des
intérêts des
États-Unis à La Havane (la représentation
diplomatique des USA à Cuba)
avec tous les risques que cela comporte, d'après les propres
fonctionnaires de l'agence yankee.
L'argent sera distribué dans les prochaines
années dans le cadre
d'un programme radical et ambitieux qui met l'accent sur
« les
activités dans l'île », a
révélé le journaliste Eaton.
Les demandes de subventions doivent être
déposées avant le 18 juillet, ce qui laisse très
peu de marge aux débutants.
Cibler les ados et les
familles éclatées
L'une des enveloppes de 6 millions $ a pour but de
faire en sorte que les
mineurs cubains « jouissent d'une liberté
d'expression dans les espaces sociaux organisés en dehors de
l'autorité de
l'État ».
Les activités du programme, précise la
proposition, doivent
« promouvoir la participation des « populations
marginalisées
et vulnérables », autrement dit des Noirs et des
mulâtres, et des
jeunes ruraux des zones de la ville, ainsi que des jeunes
handicapés, des orphelins et des jeunes en situation de risque
(issus
de familles éclatées).
Ce programme doit être conçu
« en particulier pour les tranches
d'âge de la population cubaine allant de 12 à 18 ans, et
doit
« développer les habiletés sociales et de
leadership nécessaires
chez ces jeunes, pour en faire des leaders efficaces dans leur
communauté ».
Quiconque a pu voir l'émission de
télévision cubaine Les raisons de Cuba est
à même de comprendre le concept que les USA
utilisent non seulement à Cuba mais dans plusieurs pays qui
refusent de se soumettre à leurs intérêts.
L'USAID précise que sont bienvenues les
propositions qui expliquent
clairement la manière dont seront utilisés les
« espaces
physiques » dits indépendants, c'est-à-dire
ceux qui ne sont pas
contrôlés par le gouvernement.
Opérations
politiques et clandestines
Par ailleurs, ce même site Web rappelle que le Miami
Herald a
révélé le 10
juin que l'organisation Freedom House a rendu 1,7 millions $ de
fonds de l'USAID pour ne pas avoir à répondre aux
questions des
fonctionnaires sur la destination éventuelle de cet argent.
Phil Peters, spécialiste du Lexington Institute,
un institut de recherche basé à Arlington, en Virginie, a
reconnu devant Eaton
qu'il est rare de voir une organisation rendre de l'argent au
gouvernement fédéral.
Il est tout aussi inhabituel qu'une organisation refuse
de dire au gouvernement à quoi doit servir cet argent. Il
apparaît
clairement que son mode opératoire consiste à envoyer des
gens clandestinement à Cuba.
Peters a signalé qu'il est
« certainement compréhensible » que
Freedom House s'inquiète du sort des personnes qu'elle
engage dans son Programme Cuba.
« Mais si elle fait machine arrière
jusqu'à rendre l'argent,
cette décision du groupe renforce vraiment la conviction qu'elle
mène des opérations politiques. »
Freedom House n'a pas répondu à une
demande d'information complémentaire d'Eaton quant à sa
décision de restituer l'argent.
D'après les observateurs, les 20 millions $
de l'USAID
devraient être prochainement débloqués à la
suite d'un arrangement avec
Kerry qui réduirait le montant de cette
« aide » à 15
millions $. Quoi qu'il en soit, les 5 autres millions seront
dépensés par une autre voie, fait remarquer un
spécialiste.

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