Terrorisme pour déstabiliser la révolution cubaine


L'USAID demande des millions pour
s'infiltrer parmi les ados et les jeunes cubains

Au terme de dix semaines de négociations avec le sénateur John Kerry et son équipe qui lui ont « gelé » son programme de subversion et de déstabilisation contre Cuba, l'USAID (l'Agence pour le développement international) se sent suffisamment confiante sur une solution pour annoncer de nouvelles subventions à de futurs projets d'ingérence en matière de communications, notamment parmi les adolescents et les jeunes.

C'est ce qu'a révélé le site Web Cuba Money Project, du journaliste Tracey Eaton, ancien correspondant à La Havane d'un quotidien texan, qui mène une enquête minutieuse sur la manière dont le gouvernement des États-Unis gaspille des dizaines de millions de dollars des contribuables dans des activités secrètes et illégales à Cuba.

Les nouveaux projets pour lesquels des propositions de contrats sont rédigées sont pour la plupart destinés à une soi-disant « expansion » de l'utilisation des moyens de communication sociale à Cuba, la « promotion » de l'accès à l'information que le Département souhaite diffuser, l'augmentation de la distribution d'ordinateurs portables, et développer son concept de « liberté d'expression » parmi les jeunes, notamment chez le groupe constitué de la tranche d'âge qui va de 12 à 18 ans.

Ce budget comporte 6 millions $ pour des programmes destinés à « augmenter la liberté d'expression » parmi les jeunes de 12 à 18 ans ; 6 millions pour « élargir » l'utilisation illicite d'Internet, et « augmenter l'accès à l'information » (et à la désinformation). Radio et TV Marti, ainsi que leur maison mère, La Voix de l'Amérique, permettent de se faire une idée du genre de matériel qui tient à coeur au Département d'État.

Neuf autres millions de dollars devraient servir à appuyer les « groupes de citoyens, de coopératives, de clubs sportifs, les groupes religieux et d'autres organisations de la société civile » désireux de devenir des associés de la Section des intérêts des États-Unis à La Havane (la représentation diplomatique des USA à Cuba) avec tous les risques que cela comporte, d'après les propres fonctionnaires de l'agence yankee.

L'argent sera distribué dans les prochaines années dans le cadre d'un programme radical et ambitieux qui met l'accent sur « les activités dans l'île », a révélé le journaliste Eaton.

Les demandes de subventions doivent être déposées avant le 18 juillet, ce qui laisse très peu de marge aux débutants.

Cibler les ados et les familles éclatées

L'une des enveloppes de 6 millions $ a pour but de faire en sorte que les mineurs cubains « jouissent d'une liberté d'expression dans les espaces sociaux organisés en dehors de l'autorité de l'État ».

Les activités du programme, précise la proposition, doivent « promouvoir la participation des « populations marginalisées et vulnérables », autrement dit des Noirs et des mulâtres, et des jeunes ruraux des zones de la ville, ainsi que des jeunes handicapés, des orphelins et des jeunes en situation de risque (issus de familles éclatées).

Ce programme doit être conçu « en particulier pour les tranches d'âge de la population cubaine allant de 12 à 18 ans, et doit « développer les habiletés sociales et de leadership nécessaires chez ces jeunes, pour en faire des leaders efficaces dans leur communauté ».

Quiconque a pu voir l'émission de télévision cubaine Les raisons de Cuba est à même de comprendre le concept que les USA utilisent non seulement à Cuba mais dans plusieurs pays qui refusent de se soumettre à leurs intérêts.

L'USAID précise que sont bienvenues les propositions qui expliquent clairement la manière dont seront utilisés les « espaces physiques » dits indépendants, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas contrôlés par le gouvernement.

Opérations politiques et clandestines

Par ailleurs, ce même site Web rappelle que le Miami Herald a révélé le 10 juin que l'organisation Freedom House a rendu 1,7 millions $ de fonds de l'USAID pour ne pas avoir à répondre aux questions des fonctionnaires sur la destination éventuelle de cet argent.

Phil Peters, spécialiste du Lexington Institute, un institut de recherche basé à Arlington, en Virginie, a reconnu devant Eaton qu'il est rare de voir une organisation rendre de l'argent au gouvernement fédéral.

Il est tout aussi inhabituel qu'une organisation refuse de dire au gouvernement à quoi doit servir cet argent. Il apparaît clairement que son mode opératoire consiste à envoyer des gens clandestinement à Cuba.

Peters a signalé qu'il est « certainement compréhensible » que Freedom House s'inquiète du sort des personnes qu'elle engage dans son Programme Cuba.

« Mais si elle fait machine arrière jusqu'à rendre l'argent, cette décision du groupe renforce vraiment la conviction qu'elle mène des opérations politiques. »

Freedom House n'a pas répondu à une demande d'information complémentaire d'Eaton quant à sa décision de restituer l'argent.

D'après les observateurs, les 20 millions $ de l'USAID devraient être prochainement débloqués à la suite d'un arrangement avec Kerry qui réduirait le montant de cette « aide » à 15 millions $. Quoi qu'il en soit, les 5 autres millions seront dépensés par une autre voie, fait remarquer un spécialiste.

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Bulletin du 11 juillet 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca