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Développement
concernant l'agression impérialiste
de l'OTAN contre la
Libye
Déclaration libyenne au sujet
de la Cour pénale internationale
Le 28 juin, la Cour pénale internationale (CPI) a
annoncé sa
décision d'émettre un mandat d'arrestation contre le
dirigeant libyen
Mouammar Kadhafi, son fils Saif Al-Islam Kadhafi et Al Abdullah
Senoussi, reconnu comme étant à la tête des
services de renseignements
libyens.
Thomas Walkom, qui écrit pour le Toronto Star,
dit que
« les crimes de Kadhafi, selon la CPI, sont de deux ordres.
D'abord, il est accusé de mettre en place un système qui
a entraîné la
mort de manifestants civils. Deuxièmement, il est accusé
de
persécuter un groupe identifiable – ses adversaires politiques –
en les
emprisonnant. »
Walkom fait remarquer les deux poids, deux mesures de la
CPI. En
effet, certains, détestés par l'Occident, sont
accusés et d'autres,
utiles à l'Occident, ne le sont pas. Il ajoute :
« L'ironie est que l'un des pays
décriant les crimes de
Kadhafi, les États-Unis, ne reconnaissent pas la
compétence de la Cour
pénale internationale (un triste honneur partagé par la
Russie, la
Chine, l'Arabie saoudite, Israël et la Libye).
« Mais les accusations soulèvent
également des questions
importantes sur la capacité des gouvernements à faire
face aux
soulèvements internes. À quel point la répression
des troubles civils
devient-elle une persécution ? Est-ce que les actions de la
Russie en Tchétchénie, de l'Inde au Cachemire, de la
Chine au Tibet ou
d'Israël dans les territoires occupés sont des crimes
contre
l'humanité ? Pourquoi ne le seraient-ils
pas ? »
La Libye a rejeté les mandats d'arrestation et la
compétence de la
CPI. Les avocats par intérim de Mouammar Kadhafi, Saïf
Al-Islam Kadhafi
et Al Abdullah Senoussi, ont émis une déclaration
expliquant les
raisons. Voici le texte de la déclaration.
Déclaration
1. La Jamahiriya
arabe libyenne n'a jamais signé ou ratifié le
traité international
instituant la Cour pénale
internationale, et par conséquent les traités
internationaux et la Cour
pénale internationale ne s'appliquent pas à la Jamahiriya
arabe
libyenne. Il est clair que la CPI n'a pas juridiction en Jamahiriya
arabe libyenne et que l'immunité du chef de l'État,
prévue par la
loi coutumière internationale, s'applique au colonel Kadhafi.
2. La résolution 1970 (2011) du Conseil de
sécurité de l'ONU défère
la situation qui prévaut en Jamahiriya arabe libyenne au
procureur de la Cour pénale internationale. La requête est
invalide
parce qu'elle viole la compétence de la Cour pénale
internationale
puisque le Conseil de sécurité de l'ONU prescrit à
la CPI qui elle doit
poursuivre et qui ne pas poursuivre alors que la résolution
interdit à la CPI de poursuivre « les ressortissants,
responsables
actuels ou anciens, ou du personnel d'un État en dehors de la
Jamahiriya arabe libyenne qui n'est pas signataire des Statuts de Rome
de la Cour pénale internationale, sont soumis à la
juridiction
exclusive de cet État pour des actes ou omissions
présumés découlant ou
liés à des opérations dans la Jamahiriya arabe
libyenne
établies ou autorisées par le Conseil, sauf si cette
compétence
exclusive a été expressément renoncée par
l'État. » Par
conséquent, la compétence, l'indépendance et
l'impartialité de la Cour
pénale internationale ont été compromises au point
tel qu'elles
ont causé une discrimination envers l'État de la Libye et
son peuple.
Ce faisant, le CPI a agi d'une manière qui est interdite par les
clauses réglementant ses statuts. [Parce que les
États-Unis ne sont pas
signataires du Statut de Rome, la conséquence découlant
de
cette section de la Résolution 1970 est que les crimes de guerre
commis
en Libye par le personnel américain ne peut être sujet
à des
poursuites que par les États-Unis, et non par la CPI – note du LML
]
3. Il ne fait aucun doute que, en termes des Statuts de
la CPI, le
Conseil de sécurité de l'ONU a le pouvoir de
déférer une
« situation » à la CPI, cependant, cela
n'autorise pas le
Conseil de sécurité de l'ONU à s'arroger des
pouvoirs selon ses
caprices et même à saper et violer les Statuts de la CPI.
En d'autres
termes, par l'émission des mandats d'arrestation, la CPI a
complaisamment trompé le monde sur son penchant à prendre
la loi entre
ses propres mains puisque la CPI n'a pas juridiction sur la
Libye et que le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas la
compétence pour
accorder à la CPI « les pouvoirs » sur la
Libye étant
donné que la règle coutumière de droit
international stipule que le
traité de Rome ne peut pas s'appliquer aux États, comme
la Libye,
qui n'en sont pas signataires.
4. L'enquête de la CPI s'est ouverte très
rapidement,
comparativement aux autres dossiers. Dans d'autres situations,
même
beaucoup moins compliquées, le procureur a pris beaucoup plus de
temps
pour décider s'il convient d'ouvrir une enquête ou non
selon
l'article 53 des statuts de la CPI :
- L'Afghanistan, toujours en évaluation depuis
2007 ;
- La Géorgie, depuis 2008 ;
- La Guinée, depuis 2009 ;
- La Colombie, depuis 2006.
En ce qui concerne les enquêtes
déjà ouvertes par le Procureur de la CPI, celles
- du Congo a pris 2 mois ;
- de l'Afrique centrale, 4 mois ;
- de l'Ouganda, 6 mois ;
- du Darfour, 3 mois.
En ce qui a trait à la situation en Libye, le
procureur a pris 3
jours pour décider d'ouvrir une enquête (durant ces 3
jours, il a
dû examiner toutes les informations en sa possession dont la
compétence, la recevabilité et les intérêts
de la justice). En
seulement 5
jours, le procureur de la CPI a déjà indiqué les
noms des personnes
sous enquête.
5. C'est extraordinaire étant donné que la
requête par le Conseil de
sécurité de l'ONU viole les statuts de la CPI. Cela
montre que
le procureur de la CPI n'est absolument pas indépendant. La CPI
n'a pas
su se montrer indépendante et impartiale dans cette affaire.
Par exemple, l'un des juges responsables de la procédure
préparatoire
au procès, M. Cuno Tarfusser, a récemment fait des
déclarations à
la presse italienne sur la situation en Libye, dans lesquelles il a
indiqué que la CPI n'est pas impartiale.
6. Maintenant que la CPI a émis ses mandats
illégitimes, nous nous
attendons à ce que l'OTAN cesse ses bombardements et renonce
aussi à ses menaces de tuer le colonel Kadhafi et permette au
processus
contesté de la CPI de suivre son cours. À défaut,
cela
signifiera que la CPI n'est pas reconnue et respectée même
par l'OTAN.
Par ailleurs, l'OTAN doit immédiatement annoncer un cessez-le
feu pour garantir la sécurité du chef légitime
libyen, le colonel
Kadhafi, et des autres représentants et fonctionnaires de la
Jamahiriya arabe libyenne, et leur droit de se défendre durant
un
procès juste.
7. Nous avons de bonnes raisons de croire que l'affaire
contre notre
client est fondée sur le désespoir d'avoir accès
à de riches
ressources pétrolières plutôt que sur un fondement
juridique, et que
l'OTAN doit rendre des comptes sur la destruction des
infrastructures libyennes, la mort des civils, femmes et enfants
innocents, ainsi que la privation d'accès aux produits de
première
nécessité, y compris les aliments pour
bébés.
8. Le mérite des faits allégués ne
nécessite pas de longs
commentaires, ils sont le résultat d'une campagne
orchestrée par les
médias. Une grande quantité d'informations données
aux médias s'est
déjà avérée fausse. Il est de la
responsabilité de la Jamahiriya
arabe libyenne d'utiliser tous les moyens légitimes, comme nos
clients
l'ont fait pour maintenir et rétablir la loi et l'ordre dans la
Jamahiriya arabe libyenne et défendre l'unité et
l'intégrité
territoriale de la Jamahiriya arabe libyenne.
Johannesburg et Rome
Le 27 juin 2011
Themba Benedict Langa, avocat sud-africain, avocat de Mouammar Kadhafi,
Saïf Al-Islam Kadhafi, Al Abdullah Senoussi
Fabio Maria Galiani, conseiller juridique, membre de l'équipe de
la défense

Contre l'impunité des États-Unis
dans les conflits internationaux
- Granma international, 23 juin 2011 -
 
« Les
États-Unis, le principal transgresseur du droit international,
ne
seront jamais inquiétés par la Cour pénale
internationale malgré leur politique agressive,
d'ingérence et
expansionniste », a déclaré le professeur
Nicolas Fernandez,
membre
de la Société cubaine de droit international, à
l'occasion de la 5e
Rencontre internationale « École d'été
de La Havane 2011 sur
le Droit international public », et du 7e
Séminaire-Atelier sur le
Droit international humanitaire.
« Les États-Unis ont conclu 96 accords
pour soustraire leurs soldats engagés dans des opérations
extérieures d'éventuelles
poursuites devant la Cour pénale internationale »,
a-t-il signalé.
« À l'heure actuelle, il n'y a pas
moyen de poursuivre les véritables délinquants, ce qui
fait qu'il est impossible de
traduire en justice l'ex-président George W. Bush et l'ancien
premier ministre britannique Tony Blair ».
Ces deux dirigeants ont eu une grande part de
responsabilité dans le
déclenchement d'un conflit militaire qui a coûté la
vie à des
milliers de civils.
« L'impunité dans le monde trouve sa
source dans la genèse même
de l'Organisation des Nations unies, qui est née avec plusieurs
failles génétiques, et dont le fonctionnement s'est
compliqué
aujourd'hui », a indiqué le professeur de Droit
international
public
de l'Université de La Havane.
« Impunité veut dire injustice, et
cette négation de la justice
encourage les crimes de guerre, les crimes de lèse
humanité, le
génocide et les disparitions forcées », a-t-il
dit.
« Tous les tribunaux créés
pour aborder la question de
l'impunité s'ajustent à une norme concrète et
personnelle, et ne
poursuivent pas des crimes comme l'ingérence, ce qui fait que
nous
sommes en présence d'une justice sélective »,
a expliqué le
professeur Nicolas Fernandez.
« Dans la pratique, on a vu apparaître
la loi de l'impunité,
qui invalide la justice à travers des amnisties, des
grâces,
l'obéissance et la juridiction universelle. »
[L'obéissance est en
référence à la défense
discréditée de justifier les crimes de
guerre sur la base de « suivre les ordres »,
incarnée par le
criminel de guerre nazi Adolf Eichmann ; juridiction
universelle se réfère aux États affirmant leur
compétence pénale face à
des personnes dont les prétendus crimes ont été
commis en
dehors des frontières de l 'État qui les poursuit,
indépendamment de la
nationalité, du pays de résidence, ou de toute autre
relation
avec le pays qui intente les poursuites – note du LML.]
« Nous pouvons ajouter que la Cour
internationale pénale n'est
ni impartiale, ni indépendante et qu'elle est dirigée par
le
Conseil de sécurité qui décide des
procès ».
« Il existe aujourd'hui une impunité
dans la dite guerre contre
le terrorisme, et l'ingérence se réalise sous le couvert
d'une
soi-disant protection de personnes et de missions
humanitaires »,
a conclu le spécialiste.

Bulletin du 11 juillet 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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