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Au
fédéral
Fin des travaux de la première
session du 41e Parlement
Le
26 juin, la première session du 41e Parlement, dominé par
un
gouvernement conservateur majoritaire, s'est terminée avec
l'adoption du projet de loi C-6, la loi qui force le retour au travail
des postiers et criminalise leur juste lutte. La Chambre est
maintenant en pause estivale jusqu'au 19 septembre.
Le 18 mai, lors du début des travaux du 41e
Parlement, un nouveau
Cabinet composé de 39 membres a prêté serment et le
gouvernement
Harper a établi la structure de son cabinet. Le 2 juin, la
première
session a été officiellement ouverte avec le discours du
Trône lu
par le gouverneur général David Johnston qui, au nom du
gouvernement
majoritaire Harper nouvellement élu, a déclaré que
le gouvernement
est « ici pour tous les Canadiens et
Canadiennes ».
Le discours du Trône a tracé les grandes
lignes du programme antisocial, antiouvrier, antinational et pro-guerre
du gouvernement
Harper, montrant ce qu'il entend exactement par « ici pour
tous les Canadiens et Canadiennes ».
« Les Canadiens et Canadiennes ont
exprimé le souhait d'avoir
un gouvernement national fort et stable pour cette nouvelle
législature. Fort de ce mandat clair, notre gouvernement donnera
suite
à ses engagements. », a-t-on appris dans le discours.
Le premier acte du gouvernement a été de
réintroduire le 6 juin le
budget qui poursuit avec la phase II du « Plan d'action
économique » des conservateurs. Intitulé
« Des impôts bas
pour stimuler la croissance et l'emploi », le budget
comprend
des réductions des services gouvernementaux de 4
milliards $ par
an et l'élimination progressive de la subvention par vote aux
partis politiques. La chef du Parti vert, Elizabeth May, a voté
en
faveur de ces dispositions, tandis que les
néo-démocrates, les
libéraux et les bloquistes ont voté contre.
LML écrivait au sujet du budget :
« L'économie
canadienne est soumise à la fois à des facteurs
spontanés et à des
facteurs conscients. L'intervention gouvernementale par les budgets et
les politiques commerciales peut avoir un effet direct sur les
facteurs spontanés. La direction de l'économie est
donnée à la fois par
des facteurs conscients et des facteurs spontanés. Pour
défendre ses droits et les droits de tous et pour donner une
nouvelle
direction à l'économie en faveur du peuple et de
l'édification
nationale, le mouvement ouvrier doit intervenir avec son propre
programme pour influencer les facteurs conscients et spontanés.
« Cela comprend examiner l'intervention
gouvernementale, comme
le budget Flaherty, et voir comment les politiques conscientes
du gouvernement vont influer sur les facteurs spontanés et sur
la
direction générale de l'économie. Sachant cela, le
mouvement ouvrier
peut tenir le gouvernement redevable de ses faits et gestes et
identifier les grandes lignes de son propre programme
indépendant pour
intervenir dans l'économie pour défendre ses droits et
les droits de
tous. »
Il en est ainsi avec le gouvernement qui va de l'avant
avec son programme antisocial, antiouvrier et antinational au nom de la
responsabilité fiscale et de ne rien faire qui porte atteinte
à la relance économique.
Divers aspects du programme antisocial, antiouvrier,
antinational et
pro-guerre du gouvernement Harper ont été
révélés lors de la
première session.
Antisocial
Le Sous-comité du
Conseil du Trésor chargé de l'examen stratégique
et fonctionnel,
présidé par Tony Clement du
Conseil du Trésor, a commencé ses travaux pour
réduire de 4
milliards $ par an les dépenses du gouvernement afin de
financer
le
plan du gouvernement pour payer les riches « en
équilibrant le
budget » d'ici 2014-2015. Des rapports indiquent
déjà que
treize organismes fédéraux se sont engagés
à couper une somme combinée
de 2,6 milliards $ sur trois ans. Voici les détails
connus : l'élimination de 687 emplois aux Travaux publics
d'ici
trois ans ; la fermeture du Centre de sauvetage maritime de
St-Jean, Terre-Neuve, qui reçoit les appels locaux de
détresse et le routage vers
Halifax et l'Ontario ; l'abolition de 275 postes au
ministère des Pêches et Océans ; l'abolition
de 19 postes au
Conseil du Trésor ; 80-95 postes à la Banque du
Canada ; 50
employés temporaires incluant des scientifiques et du personnel
de
soutien scientifique qui vont perdre leur emploi à la fin de
juin ; cinq conservateurs au Musée des beaux-arts à
Ottawa seront licencier, etc.
Pour détourner la colère populaire, le
gouvernement répète que les
coupures s'effectueront autant que possible par le départ
volontaire des employés, même s'il est clair que cela n'a
aucune incidence
sur l'impact de ces coupures. Le gouvernement n'explique pas non
plus comment un plus petit nombre de personnes vont réaliser la
même ou
une plus grande quantité de travail.
Antinational
Le 3 juin, le jour suivant l'ouverture du Parlement, le
gouvernement a mis fin aux
« consultations » sur le périmètre
de sécurité nord-américain. Caractérisant
ces consultations, LML
a souligné :
« D'aucune façon le gouvernement peut-il
prétendre que les
Canadiens ont eu la chance de dire ce qu'ils pensent de
l'établissement
d'un périmètre de sécurité avec
l'impérialisme américain. Le processus
était conçu pour obtenir des propositions des monopoles
nord-américains favorisés par l'annexion du
Canada. »
Antiouvrier
Les
conservateurs ont présenté le 16 juin un projet de loi
forçant le
retour au travail et criminalisant la
juste lutte des travailleurs d'Air Canada (projet de loi C-5) et celle
des postiers (projet de loi C-6) le 20 juin. Les TCA ont conclu
une convention collective provisoire (maintenant ratifiée) en
laissant
la question des retraites pour les futurs employés à un
arbitre
et le projet de loi C-5 est mort au feuilleton. Au moment où la
loi de
retour au travail a été adoptée contre les
travailleurs des
postes, le PCC(ML) a déclaré :
« L'objectif visé est
clairement d'imposer par la force le plan de 'Poste moderne' de Postes
Canada qui entraînera non seulement la destruction du service
public
mais aussi des conditions de travail inacceptables pour ses
employés. Ces conditions de travail sont inacceptables
précisément
parce qu'elles sont insoutenables. Le taux de blessures chez les
travailleurs des postes est carrément un abus de pouvoir de la
part de
Postes Canada et doit être considéré comme une
infraction
punissable par la loi. On assiste par ailleurs à une
dégénérescence du
rôle du gouvernement, qui devient maintenant le
fier-à-bras
chargé de faire appliquer les plans des monopoles. Cela montre
le
danger que ce gouvernement représente pour tous ceux et celles
qui
vivent de leur travail. »
Un gouvernement de guerre
Le 14
juin le Parlement a entériné la décision du
gouvernement Harper de
prolonger la
participation criminelle du Canada à l'agression contre la
Libye. Seule
Elizabeth May du Parti vert a voté contre le prolongement. La
motion adoptée par le Parlement comprenait un amendement
reconnaissant
les « rebelles » libyens comme les
« représentants
légitimes du peuple libyen ». Au moment du vote, LML
a
souligné : « Ce vote confirme que nous avons un
gouvernement de guerre au Canada. La position anti-guerre des Canadiens
et des Québécois n'est pas représentée au
parlement et cela
réduit à néant la prétention que le 41e
Parlement élu le 2 mai dernier
est 'équilibré'. »
Parlant de la façon dont les Canadiens doivent
répondre à ce vote,
nous avons dit qu'il faut « voir la nécessité
de nous fixer
un programme politique indépendant qui mène à
l'établissement d'un
gouvernement anti-guerre ».
Les rapports
déposés durant la première session
Durant
la première session, la vérificatrice
générale Sheila Fraser a
quitté son poste après avoir déposé son
rapport final et son rapport
sur les dépenses du G20 et des réserves du Régime
de pensions. Le
ministre des Affaires étrangères, John Baird, a
également déposé des
documents lourdement censurés qui ont été
examinés par le panel
d'arbitres traitant du rôle du gouvernement dans le traitement
des
détenus sous garde canadienne en Afghanistan.
État des projets de
loi émanant du gouvernement
C-1 : Loi concernant la prestation de serments
d'office
– reportée
C-2 : Loi modifiant le Code criminel (mégaprocès)
– adoptée
C-3 : Loi concernant le soutien aux aînés
vulnérables et le renforcement de l'économie du Canada
(dispositions du budget)
– adoptée
C-4 : Loi visant à empêcher les passeurs
d'utiliser abusivement le système d'immigration canadien –
reportée
C-5 : Loi prévoyant la reprise et le maintien des
services aériens – pas reportée
C-6 : Loi prévoyant la reprise et le maintien des
services postaux – adoptée
C-7 : Loi sur la réforme du Sénat –
reportée à nouveau
C-8 : Loi de crédits no 1, 2011-2012 –
adoptée
C-9 : Loi de crédits no 2, 2011-2012 – adoptée
À quoi s'attendre
pour la session d'automne
Les
projets du gouvernement sur la réforme du Sénat et sa
politique
d'immigration seront reportés à l'automne. Il est
prévu que le
gouvernement conservateur va réintroduire tous les projets de
loi de la
40e législature se rapportant au crime dans un projet de loi
omnibus.
Entre autres choses, le gouvernement doit déposer un projet de
loi visant à éliminer le guichet unique de la Commission
canadienne du
blé, des amendements à la législation sur les
droits d'auteur au
Canada, un projet d'accord de libre-échange avec le Panama et un
amendement à la loi sur l'investissement étranger.
À l'occasion de l'ouverture du Parlement, LML
a souligné :
« Au lieu de rester passifs ou de recourir
à des actions
aventurières, les travailleurs peuvent progresser dans leurs
efforts
pour bâtir l'Opposition ouvrière pour défendre
leurs intérêts de
manière à contribuer à la résolution de la
crise en leur faveur,
plutôt qu'en faveur des riches. Ce qu'il faut, c'est l'action
avec
analyse pour bâtir l'Opposition ouvrière. Il y a une
alternative ! Cela peut se faire ! »
Compte tenu de la performance du gouvernement Harper
lors de la première session du 41e Parlement, c'est la voie vers
l'avant.

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