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Non
à la poursuite de la participation militaire du Canada à
l'agression
impérialiste de l'OTAN contre la Libye
Canada, hors de la Libye! Arrêtez les
bombardements de
l'OTAN! L'OTAN doit être démantelée!

Haut : Neuf
civils, y inclus de nombreux enfants, ont été tués
durant
les frappes aériennes de l'OTAN sur cet édifice de
logements à trois
étages, tôt dimanche
matin, le 19 juin 2011. Bas : L'amas de ruines d'un hôtel
à Tripoli
détruit durant les frappes aériennes de l'OTAN, le 16
juin 2011. |
LML condamne
énergiquement l'agression de l'OTAN contre la Libye et
considère que ses bombardements sont des crimes contre la paix
et l'humanité.
Même un sondage du Globe Mail estime à plus de
70 % le pourcentage de
Canadiens opposés à la mission de l'OTAN en Libye et
à la participation du
Canada à ces crimes sous un faux prétexte humanitaire.
Les partis pro-guerre au Parlement canadien affirment que la doctrine
impérialiste de la « responsabilité de
protéger » tire son autorité de l'ONU par une
déformation des faits et une fausse interprétation de la
façon dont l'autorité de l'ONU est
conférée. L'autorité de l'ONU
est que tous les pays sont égaux, grands et petits, qu'on ne
peut s'ingérer dans les affaires internes de pays souverains ni
commettre l'agression contre eux.
Il faut rejeter la logique criminelle qui dit que le
bombardement de civils est un dommage collatéral et accidentel.
Ce n'est tout simplement pas vrai. Ces civils sont les
victimes d'une agression délibérée et c'est
inacceptable.
Au moins 15 civils, incluant trois enfants, ont
été tués et d'autres blessés après
que les avions de guerre de l'OTAN aient bombardé une
résidence dans la région de
Sorman, à l'ouest de Tripoli, le 20 juin. La veille, une frappe
similaire a tué neuf civils, dont plusieurs enfants. En ce qui
concerne l'incident survenu plus tôt, Xinhua écrit
que son « journaliste a vu sur les lieux, un bâtiment
de trois étages réduit en un amas de ruines, des dizaines
de maisons et un grand nombre de véhicules endommagés
ou détruits à proximité ainsi que les
fenêtres brisées d'un bâtiment scolaire.
« Les avions de guerre de l'OTAN ont
tourné au-dessus de la zone durant plus d'une heure après
les attaques, causant une grande panique parmi la population
locale. »
Le porte-parole du gouvernement libyen Mussa Ibrahim a
dit que l'attaque est un « acte terroriste lâche qui
ne peut être justifié ». Il a dit que les
dirigeants
des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de
l'Italie responsables des actions militaires en Libye doivent assumer
la responsabilité morale et légale de
l'attaque.
Les agences de presse rapportent que dans une
déclaration émise plus tard, l'OTAN a admis que
« des victimes civiles sont le résultat des frappes
aériennes ».
Comme on s'y attendait, l'OTAN prétend que l'attaque est
« un accident ». « Une
défaillance du système d'armement peut avoir causé
l'incident »,
lit-on dans un communiqué de l'alliance.
Selon le rapport de Xinhua, c'est « le
premier aveu de ce genre depuis que l'alliance a débuté
ses opérations aériennes en mars ».
Pendant ce temps, le rôle du Canada dans
l'incitation à la guerre civile en Libye et dans les efforts
pour faire tomber le gouvernement continue d'être
révélé au grand
jour.
Le ministre des Affaires
étrangères, John Baird, a dit qu'il se rendra à
Benghazi pour rencontrer les dirigeants rebelles libyens et il examine
des façons d'accélérer le
transfert des fonds libyens gelés en préparation pour une
transition vers une Libye post-Kadhafi, écrit le Globe and
Mail. Depuis qu'il a décidé de reconnaître
le soi-disant Conseil national de transition en tant que
« représentant légitime » du peuple
libyen, le Canada cherche les moyens d'aider à appuyer sa
prétention
qu'il s'agit d'un gouvernement-en-devenir pouvant remplacer le
régime de Mouammar Kadhafi, rapporte Clark.
« M. Baird a rencontré jeudi l'homme
d'affaires canado-libyen Sufyan Maghur, qui agit en tant que
représentant du conseil au Canada. Il a dit qu'Ottawa tente
de trouver des façons d'aider le conseil à planifier en
vue d'une Libye post-Kadhafi et réfléchit à quel
moment les avoirs gelés pourront être
transférés au conseil
transitoire », indique le rapport du Globe.
« Nous avons aussi parlé de lorsque
nous pourrions mettre fin aux sanctions », a dit Baird aux
journalistes vendredi, « et quand viendra le moment
où ce ne sera pas seulement le représentant
légitime du peuple » mais une administration
effectivement en contrôle de la Libye, de sorte que le monde
extérieur pourra
permettre la reprise des échanges économiques plus
normaux présentement interdits par des sanctions.
Le Globe affirme que « des
représentants canadiens ont dit en février que les
autorités d'ici ont gelé 2,3 milliards $ en avoirs
libyens par le
biais des sanctions de l'ONU qui rompent les liens économiques
avec le régime du Colonel Kadhafi. Pour l'instant, l'homme fort
libyen défie les tentatives de le déloger
malgré les violentes frappes aériennes de l'OTAN.
« Mais le Conseil qui représente les
rebelles qui contrôlent le tiers oriental de la Libye et des
zones plus à l'ouest telle la cité portuaire de Misurata,
veut que la
communauté internationale transfère ces avoirs pour
financer l'administration représentant l'Est partitionné.
« Le Conseil souhaite qu'ils soient
libérés immédiatement », a dit M.
Maghur. Mais il a fait remarquer que c'est une question complexe - les
avoirs gelés
au Canada ne sont probablement pas tous en argent liquide et il y a des
questions sur la façon dont ils peuvent être
transférés. « Comment et quand sont des
questions
qui doivent être discutées », a-t-il dit.
« Un groupe de 40 pays du prétendu
Groupe de contact sur la Libye” a mis sur pied un fond temporaire pour
financer le Conseil transitionnel et certains ont utilisé
des fonds gelés du régime Kadhafi pour le financer ;
la France a dit qu'elle débloquera environ 420 millions $
et l'Italie a dit qu'elle fournira de l'argent et
du carburant essentiellement empruntés sur garantie des fonds
gelés », indique l'article du Globe.
« Dans une lettre à la
rédaction publiée vendredi dans le Wall Street
Journal, le secrétaire d'État britannique aux
Affaires étrangères, William Hague,
a dit que le Conseil a besoin de fonds et a exhorté les pays
à contribuer.
« Mais tandis que le Canada a reconnu le
Conseil en tant que 'représentant légitime' du peuple, il
ne l'a pas reconnu en tant que gouvernement libyen -- et la
position actuelle du gouvernement Harper est que si les sanctions sont
levées, il faut que le Conseil contrôle le pays et que le
Conseil de sécurité des Nations unies vote une
modification du régime de sanctions.
« Il y a un montant significatif de fonds qui
ont été gelés. Nous voulons être en mesure
de débloquer rapidement ces avoirs lorsque nous
pourrons », a dit
Baird. « Évidemment, une infime partie de cette
décision dépend du Canada. La partie la plus importante
dépend du moment où le Conseil de sécurité
des Nations
unies lèvera les sanctions », a-t-il ajouté.
L'article du Globe and Mail continue :
« La reconnaissance du Conseil de transition fait partie
d'un mouvement de plusieurs pays pour essayer
d'encourager des éléments du régime Kadhafi
à faire défection et pour les aider à
préparer une transition cohérente si le colonel Kadhafi
décide de quitter.
« M. Baird a dit qu'il a fait une offre
à M. Maghur à l'effet que le Canada aidera le conseil
rebel avec les questions de gouvernance tandis qu'il bâtit une
administration dans l'est du pays et tente de prendre le pouvoir dans
tout le pays. M. Maghur a dit que le Conseil pourra utiliser une telle
aide, mais les détails devront être
discutés directement avec le Conseil.
« M. Baird a dit qu'il se rendra
bientôt à Benghazi, où les rebelles sont
basés, pour discuter avec les dirigeants du Conseil - même
si la date n'a pas encore été
déterminée. Ce que nous avons présenté dans
notre motion a été un plus grand engagement diplomatique
et nous sommes très sérieux à ce sujet»,
a-t-il
dit.

L'Union africaine somme les Nations unies
de mettre un terme aux assauts contre la Libye
Le 15 juin, lors d'une rencontre entre le Conseil de
sécurité de l'ONU et le Comité spécial de
haut niveau de l'Union africaine(UA) sur la Libye, le Dr Ruhakana
Rugunda, le représentant permanent de l'Ouganda aux Nations
unies a mis de l'avant la position de l'Union africaine sur l'invasion
de la Libye par l'OTAN.
M. Rugunda souligne d'abord l'importance de ce dialogue
entre le Conseil de sécurité des Nations unies et le
Comité de médiation (comité spécial de haut
niveau sur
la question de la Libye) de l'Union africaine, puisque la Libye en est
un membre fondateur. «L'Union africaine considère qu'une
attaque
contre la Libye ou contre tout membre
de l'Union africaine sans le consentement de l'Union africaine est une
dangereuse provocation qui devrait être évitée,
dit-il.
L'UA remet en cause les accusations de génocide contre
la Libye et clarifie que, selon elle, un conflit entre les troupes
gouvernementales et les insurgés armés n'est pas un
génocide, mais bien une guerre civile. Il est erroné de
qualifier toute violence de génocide ou d'évoquer
l'imminence d'un génocide pour miner la souveraineté d'un
État. La souveraineté a été au fil des ans
un outil
d'émancipation des peuples d'Afrique qui commencent à
tracer des voies transformatrices pour la plupart des pays africains
après des siècles de prédation sous forme de
traite d'esclaves, de colonialisme et de néo-colonialisme. De
tels assauts négligents sur la souveraineté de pays
africains ne réussit par conséquent qu'à infliger
de nouvelles
blessures sur le destin du peuple africain. Si les invasions,
l'ingérence et les interventions étrangères
étaient une source de prospérité, alors l'Afrique
serait le continent le
plus prospère au monde puisqu'elle a connu tous les visages de
ces méfaits. Non, au contraire, l'Afrique a été la
plus misérable suite à ces ingérences
étrangères.»
L'UA rappelle qu'elle avait demandé le dialogue
avant l'adoption par l'ONU des résolutions 1970 et 1973 ainsi
qu'après l'adoption de ces résolutions. «Le fait
d'ignorer
les demandes de l'UA pendant trois mois et de procéder au
bombardement de la terre sacrée de l'Afrique est un geste
tyrannique, arrogant et provocateur et devrait cesser.
Il n'est pas sage pour certains joueurs de s'intoxiquer de leur
supériorité technologique et de penser qu'à eux
seuls ils peuvent altérer le cours de l'histoire de
l'humanité
pour mener à l'émancipation de toute l'humanité.
En définitive, aucune constellation de pays ne devraient penser
reconstituer une hégémonie sur l'Afrique.»
L'ONU devrait être neutre et ne devrait pas
choisir un des deux camps impliqués dans une guerre civile, dit
le représentant de l'UA.
Plutôt, «elle devrait favoriser le dialogue, la
résolution
pacifique
des conflits, et assister à faire respecter les ententes
conclues. L'exigence voulant que Kadhafi doive partir pour qu'il y ait
dialogue est erronée. Elle est particulièrement
erronée du fait qu'elle vient de l'extérieur. Et pour
créer la possibilité d'un tel dialogue, sans
précondition, un cessez-le-feu est nécessaire et devrait
être tenu sous les auspices
des troupes de l'UA, entre autres. Ainsi, un mécanisme
transitoire pourrait être mis en place pour régler les
questions de gouvernance.»
«L'intervention en Libye a été faite
sous
prétexte de protéger les civils et d'éviter
d'autres décès au sein de la population. Pourtant, la
situation humanitaire en Libye reste
très précaire et s'aggrave de jour en jour avec la
poursuite des hostilités. À voir comment les
résolutions 1970 et 1973 sont actuellement mises en vigueur, il
est clair que
la communauté internationale et les Nations unies en particulier
sont sous la loupe, puisque les agissements envers la Libye mineront la
crédibilité de tout effort à venir de
la part de l'ONU prétendant protéger les civils. Toute
activité belliciste en Libye n'est pas nécessaire
puisq'il existe une voie pacifique. D'ailleurs, lorsque le
Comité de
médiation avait visité Tripoli le 10 avril 2011, Kadhafi
avait accepté de participer au dialogue. Toute activité
de guerre qui a suivi est une provocation contre l'Afrique. Cette
guerre est futile et doit cesser. L'attitude des forces rebelles qui
exige le départ de Kadhafi comme précondition à
tout dialogue nous démontre le danger de l'implication
externe dans les affaires internes des pays d'Afrique.
«Il est primordial que le Conseil de
sécurité de l'ONU travaille avec l'Union africaine dans
le but d'établir un cessez-le-feu immédiat, conjointement
avec un mécanisme
de surveillance efficace et vérifiable ainsi qu'un dialogue
menant à un processus politique, y inclus des arrangements de
transition ainsi que les réformes qui s'imposent.
La crise en Libye exige une solution politique et non militaire, et
l'option proposée par l'UA est la plus viable.»
Le Dr Rugunda conclut en disant qu'«en dernier
lieu, la situation en Libye exige un
partenariat authentique entre le Conseil de sécurité des
Nations unies et l'Union africaine. En travaillant ensemble, nous
pouvons trouver une solution durable à la crise en Libye.»

Le Canada incite à la guerre civile en Libye
- Enver Villamizar -
Le rôle du Canada
dans l'incitation à la guerre civile en Libye et ses tentatives
de faire tomber le gouvernement sont de plus en plus exposés et
dénoncés.
La motion adoptée le 14 juin à la Chambres
des communes, qui prolonge la participation du Canada à la
mission de l'OTAN en Libye, indiquait que le Canada
« noue le dialogue avec le Conseil national libyen (CNL)
basé à Benghazi comme entité politique
légitime et représentante du peuple libyen
libre » et
« fournira au CNL des conseils et de l'aide en
matière de gouvernance, y compris sur les droits des
femmes ».
Le Canada a déjà
« noué » avec les rebelles et a
incité un conflit civil bien avant cette motion.
Le 9 juin, avant le récent vote sur cette motion,
Julian Fantino, ministre associé de la Défense nationale,
a participé à une rencontre du « Groupe de
contact sur
la Libye ». Selon le communiqué de presse du
gouvernement à propos de cette rencontre, le « Groupe
de contact est une organisation formée de pays aux vues
similaires, qui contribue à assurer un leadership et à
coordonner les actions internationales pour l'avenir de la
Libye. » Suite à la rencontre, le ministre a
dit :
« La réunion d'aujourd'hui marque une nouvelle
étape importante dans l'édification de la Libye
d'après-Kadhafi. Les membres courageux des Forces armées
canadiennes ont grandement contribué à libérer le
peuple libyen du régime Kadhafi, et les interventions
canadiennes ont aidé à protéger la population
civile et à sauver des
milliers de vies innocentes.
« Le Canada est d'avis, tout comme le Groupe
de contact, qu'un consensus est en voie de s'établir dans le
monde quant à la possibilité pour la Libye d'amorcer
un nouveau chapitre de son histoire, qui mette l'accent sur la
souveraineté, l'indépendance, l'intégrité
territoriale et l'unité nationale du pays. »
« Le régime Kadhafi doit quitter le
pouvoir, et l'usage de la force contre les civils de la part de Kadhafi
et de son armée doit cesser immédiatement et sans
condition.
« Avec nos alliés internationaux, nous
sommes solidaires du peuple libyen.
« Le régime Kadhafi a montré
par ses actes qu'il n'a aucune légitimité.
« Par des conférences telles les
réunions du Groupe de contact pour la Libye, la
communauté internationale manifeste sa volonté commune de
libérer la Libye
du régime Kadhafi, ainsi que sa détermination à
demander avec instance que soit élaborée une solution
politique au conflit et à bâtir un avenir meilleur pour le
peuple libyen.
Le Canada continuera de jouer un rôle de premier plan pour que
cet avenir se réalise. »
La contradiction entre la prétention de recherche
d'une « solution politique » et la mise sur pied
de groupes armés ne semble pas embêter M. Fantino outre
mesure.
Un peu avant, le 25 mai, Avinash Gavai, qui écrit
dans le Embassy Magazine, explique que le but du Canada est
de garder ouverte l'ambassade libyenne,
reconnaître l'ambassadeur libyen et tenir en même temps des
pourparlers avec les soi-disant rebelles. Notez que tout ceci se
passait bien avant la motion adoptée à la Chambre
des Communes.
Selon l'article, Lloyd Axworthy, ancien ministre
libéral des Affaires extérieures et idéologue de
la doctrine de la responsabilité de protéger, avait
indiqué que l'ambassade
à Ottawa était encore en opération. Il aurait
dit : « « Sans entrer dans des
détails confidentiels, je peux vous dire qu'il y a eu des
époques où le Canada
a agi comme canal d'information, information partagée avec les
Américains et d'autres, simplement parce que nous avions
gardé une ambassade ouverte. » Il a
ajouté : « Quelqu'un doit déterminer
à qui on peut faire confiance ou avec qui on peut travailler.
Quelqu'un doit déterminer comment fonctionne l'appareil de
sécurité – garder ce canal de communication est
très important. »
En ce qui concerne le fait que les contacts avec le CNT
sont en place depuis un certain temps déjà, l'article du Embassy
Magazine cite la porte-parole des
Affaires extérieures, Emmanuelle Lamoureux, qui dit que le
ministère des Affaires extérieures « est en
contact avec différents membres du Conseil national de
transition », qu'elle décrit plus loin comme des
« interlocuteurs valables ».

Les avions de combat du Canada se joignent aux raids de
l'OTAN sur Tripoli
Selon les agences de presse, le colonel Alain Pelletier,
qui commande le contingent aérien canadien en Italie, a
confirmé, après le vote prolongeant la guerre en Libye,
que des jets de combats CF-18 du Canada participent au bombardement de
Tripoli.
« Je ne peux pas dire si nous étions
près d'une personne en particulier,
malheureusement », a-t-il dit. Cela révèle
clairement que le but de la dissimulation
derrière la résolution de l'ONU sur la Libye est
l'assassinat ciblé du colonel Khadafi.
C'est la première fois que les Forces canadiennes
donnent des détails spécifiques à propos de
l'implication des CF-18 dans les attaques intensifiées de l'OTAN
sur Tripoli,
selon un reportage. Les militaires ont refusé de confirmer la
participation à l'offensive contre Tripoli lors de leur dernier
briefing à la fin mai, citant le besoin de protéger
la sécurité opérationnelle.
Pelletier a dit que les jets canadiens avaient dû
être rappelés vers une seule cible, parce que le
système de ciblage électronique d'un jet allié
avait fait défaut. Ils ont été
en mesure de redémarrer les lasers coordonnés et ainsi
aider à compléter l'attaque, a-t-il dit.
« Cela a été une formidable
démonstration d'inter-opération de notre
équipement et de nos tactiques avec nos
partenaires », a-t-il dit.
On ne sait pas si c'est ce genre de panne des
systèmes qui a mené à l'attaque sur la zone
résidentielle à l'extérieur de Tripoli, qui a
tué et blessé de nombreux civils.
Le Canada a sept jets de combat qui participent aux
bombardements dirigés par l'OTAN, avec un navire de guerre, des
avions de surveillance et des avions de
ravitaillement en carburant, en tout quelque 650 membres de personnel
militaire.
« Alors que la mission arrive à son
troisième mois, Pelletier a dit que le vote au Parlement [...]
qui a prolongé la mission jusqu'à la fin de septembre a
donné
un soutient moral aux militaires », rapporte Mathaba.

L'OTAN incorpore l'expérience libyenne à
son modèle de guerre mondiale
- Rick Rozoff, Stop NATO, le 18 juin 2011
-
La guerre de l'Occident contre la Libye en est à
son quatrième mois et l'Organisation du Traité de
l'Atlantique Nord a mené plus de 11 000 missions
aériennes, dont
4300 sorties de frappe contre ce petit pays. Ainsi, l'unique bloc
militaire au monde incorpore déjà les leçons
apprises de ce conflit à son modèle international
d'intervention
militaire, modèle qui s'est peaufiné avec
l'expérience des guerres précédentes dans les
Balkans, en Afghanistan et en Irak.
L'opération Protecteur unifié de l'OTAN
offre à l'Alliance un cadre qui lui permet de continuer de
recruter des alliés : la Suède et l'Île de
Malte au sein du
Partenariat de la paix, ses affiliés le Koweït et les
Émirats arabes unis au sein de l'Initiative de
coopération d'Istanbul, ainsi que les membres partenaires du
Dialogue
méditerranéen, la Jordanie et le Maroc, et de les
intégrer au réseau mondial des pays combattants de
l'Alliance. La Suède, la Jordanie et les Émirats arabes
unis ont aussi
du personnel militaire assigné à la Force internationale
d'assistance et de sécurité dans la guerre de près
de dix ans en Afghanistan. Dans le cas de la Suède, c'est la
première
fois en deux cents ans que des troupes du pays scandinave se trouvent
au combat, tuant et se faisant tuer. Aussi, huit avions de guerre
suédois ont-ils servi aux assauts contre
la Libye. Des forces navales suivront.
Les conflits militaires et autres interventions
menées par les États-Unis et leurs alliés de
l'OTAN au cours des douze dernières années – contre la
Yougoslavie,
l'Afghanistan, la Macédoine, l'Irak, la Somalie, le Soudan, le
Pakistan et la Libye – ont fait en sorte que le budget militaire
étasunien a plus que doublé depuis dix
ans et que les exportations d'armes étasuniennes ont presque
quintuplé au cours de la même période.
Le Pentagone et l'OTAN viennent de mener l'exercice
maritime Sea Breeze 2011 dans la mer Noire sur la côte
de l'Ukraine, à proximité du siège de la
Flotte russe de la mer Noire situé à Sébastopol.
Parmi les participants se trouvent les États-Unis, la
Grande-Bretagne, l'Azerbaïdjan, l'Algérie, la Belgique, le
Danemark,
la Géorgie, l'Allemagne, la Macédoine, la Moldavie, la
Suède, la Turquie et le pays hôte, l'Ukraine. Tous ces
pays, à l'exception de l'Algérie et de la Moldavie,
fournissent
des troupes pour la guerre afghane de l'OTAN. Les manoeuvres, qui
étaient tenues annuellement, ont repris l'an dernier, même
si le parlement ukrainien les avait interdites
en 2009. Cette année, l'initiative de l'exercice revient
à l'amiral Michael Mullen, chef de l'État-major
interarmée des États-Unis. L'an dernier,
l'opération Sea Breeze, la plus vaste dans
la mer Noire, a mis en
oeuvre 20 navires de guerre, 13 aéronefs et plus de 1600 membres
du personnel militaire issus des États-Unis,
de l'Azerbaïdjan, de l'Autriche, de la Belgique, du Danemark, de
la Géorgie, de l'Allemagne, de la Grèce, de la Moldavie,
de la Suède, de la Turquie et de l'Ukraine.
Cette année, le croiseur lance-missiles USS
Monterey a participé à l'exercice. Ce navire de
combat est le premier à être déployé dans la
Méditerranée, et
maintenant dans la mer Noire dans le cadre du programme de missiles
d'interception du Pentagone, approche adaptive mise en vigueur
progressivement. Au cours des
prochaines années, ce programme devra inclure au moins 40 des
missiles d'interception Standard 3 en Pologne, en Roumanie et sur des
destroyers et croiseurs munis du
système Aegis dans la Méditerranée, la mer Noire
et la mer Baltique. Des versions améliorées du missile,
le Block IB, Block IIA et Block IIB, sont perçues par des
analystes
politiques et des commandants militaires russes comme étant des
menaces pour les missiles de longue portée russes et de ce fait,
pour le système stratégique de défense de
ce pays.
Un ancien diplomate indien, M. K. Bhadrakumar,
écrivait récemment dans un éditorial :
« Sans aucun doute, les États-Unis
exercent une pression croissante sur la Flotte russe de la mer Noire.
La provocation des États-Unis a comme toile de fond les
remous en Syrie. La Russie s'entête à bloquer toute
tentative de la part des États-
Unis de se créer un scénario en Syrie
semblable à celui de la Libye. Moscou comprend que ce qui motive
d'abord les États-Unis dans son effort vers un changement
de régime en Syrie, est de mettre un terme à la base
navale russe qui sied en ce pays.
« La base syrienne est la seule emprise de la
Russie dans la région méditerranéenne. La base
syrienne est importante pour la Flotte de la mer Noire en ce qu'elle
assure une présence effective de la marine russe dans la
Méditerranée. Avec l'installation de bases militaires
étasuniennes en Roumanie et la présence d'un navire de
combat
des États-Unis dans la région de la mer Noire,
l'encerclement s'accroît. »
Le USS Monterey, dont la présence dans
la mer Noire a été critiquée en tant que violation
de la Convention de Montreux de 1936, sera de retour dans la
Méditerranée, rejoignant ainsi le navire transporteur
nucléaire le plus récent des États-Unis, le USS
George
H.
W. Bush, et sa force aéronavale d'attaque forte
de 9 000 soldats et d'une escadre aérienne de 70
aéronefs, après avoir visité les Forces navales
U.S. Europe/Afrique ainsi que le siège de la Sixième
Flotte à Naples, en Italie,
au nord de la Libye.
La semaine dernière, le bâtiment d'assaut
amphibie, le USS Bataan, a mené des exercices
d'authentification conjointement avec son homologue français,
le FS Tonnerre, dans la Méditerranée. Le site
Web de la Marine des États-Unis affirme que l'authentification
« contribuera à une plus grande flexibilité
de la part de Tonnerre lorsque celui-ci appuiera
l'opération Protecteur unifié (OPU) dirigé par
l'OTAN », OPU désignant la guerre menée par
l'Alliance
contre la Libye. La Force de réplique amphibie du USS Bataan
comprend approximativement 2 000 marines de la 22e
Unité du corps expéditionnaire
des marines ainsi que des dizaines d'avions de combat et des
hélicoptères d'assaut et autres, et se tient prête
à intervenir en Libye et, si la tendance se maintient, en Syrie.
Les alliés et partenaires des États-Unis
et de l'OTAN – l'Albanie, l'Algérie, la Croatie, la
Grèce, l'Italie, l'Île de Malte, la Mauritanie, le Maroc,
l'Espagne, la
Tunisie et la Turquie – ont mené l'exercice maritime Phoenix
Express
2011 dans la Méditerranée occidentale et
centrale du 1er au 15 juin, y compris
des manoeuvres en appui à l'Initiative de sécurité
contre la prolifération mondiale, des États-Unis.
Aussi, au début de ce mois-ci, l'OTAN a tenu son
exercice aérien et naval « Viking
nordique » en Islande. C'est la plus récente d'une
série de manoeuvres
biennales de ce nom, avec 450 militaires de l'OTAN issus des
États-Unis, du Danemark, de l'Islande, de l'Italie et de la
Norvège. Le site Web du commandement des Forces
des États-Unis en Europe cite le commandant du
détachement norvégien : « De tels
exercices [Viking nordique 2011] permettent aux pilotes de se
préparer pour
des scénarios réels, tels qu'Operation Odyssey Dawn »,
nom
donné
à la campagne militaire de l'Occident contre la
Libye du 19 au 30 mars.
Cette semaine, le secrétaire
général de l'OTAN, le général Anders Fogh
Rasmussen, a visité la Grande-Bretagne, où il a
rencontré le premier ministre David Cameron
et le secrétaire des Affaires étrangères, William
Hague, et en Espagne où il a rencontré le premier
ministre José Luis Zapatero, le ministre des Affaires
étrangères, Trinidad
Jimenez, et le ministre de la Défense, Carme Chacon.
À Londres, Rasmussen a centré ses propos
sur les guerres en Libye et en Afghanistan, les deux sous le
commandement de l'OTAN, et a promu la mise en oeuvre du
détachement européen du système d'intercepteur de
missile international étasunien.
Réagissant sans doute à la verte semonce
qu'avait réservée aux pays membres de l'OTAN le
secrétaire de la Défense des États-Unis, Robert
Gates, le vrai patron, bien
que non officiel de Rasmussen, a déclaré haut et
fort :
« La nécessité de l'OTAN est
plus grande que jamais, de l'Afghanistan au Kosovo, des rives de la
Somalie jusqu'en Libye. Nous sommes plus actifs que
jamais. »
Au parlement espagnol, il a livré devant le
Sénat un discours portant le titre : « L'OTAN et
la Méditerranée : les changements à
l'horizon »
et, selon le site Web de l'OTAN, a mis en relief « le
rôle en transformation de l'OTAN dans la
Méditerranée, mettant l'accent en particulier sur
l'opération Protecteur
unifié ainsi que le rôle à venir de l'OTAN dans la
région ». Il a aussi promis : « Nous
pouvons contribuer à une évolution et à un
véritable épanouissement
du printemps arabe. » Les pays qui viennent à
l'esprit et qui font l'objet de la fausse sollicitude de l'OTAN sont la
Libye et la Syrie. Demain, ce seront l'Algérie et
le Liban, ainsi que l'Égypte et la Tunisie, comme Rasmussen l'a
déjà mentionné en parlant de la formation par
l'OTAN de leurs forces militaires et de la reconstruction de
leurs structures de commandement conformément aux standards de
l'Alliance, comme c'est le cas en Irak.
La guerre contre la Libye, le premier conflit
armé de l'OTAN dans la Méditerranée et sur le
continent africain, réussit à consolider le
contrôle de la Méditerranée déjà
mis en place par l'actuelle Opération effort actif, mission de
surveillance et d'interdiction lancée en 2001 sous les auspices
de l'article 5 de l'OTAN prévoyant une assistance
militaire collective.
Alors que Rasmussen était en Grande-Bretagne,
l'ambassadeur russe à l'OTAN, Dmitri Rogozin, a dit que
l'alliance de l'Atlantique « se transforme en effet en
opération sur le terrain », et a affirmé que
« la guerre en Libye signifie...le début de son
expansion vers le sud ».
Deux jours avant, les États-Unis et l'OTAN
avaient complété Opérations Baltiques (BALTOPS)
2011, avec 20 navires provenant de onze pays européens et le
navire
mère de la Sixième Flotte des États-Unis
basée en Méditerranée, le USS Mount Whitney,
d'autres navires de combat étasuniens et le transporteur de
commandement de la Force de frappe 8.
Simultanément, dans la mer Baltique, l'exercice Amber
Hope, d'une durée de 11 jours, était lancé en
Lituanie le 13 juin avec la participation de 2 000 soldats
provenant des membres de l'OTAN, les États-Unis, le Canada,
l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Norvège et la Pologne
ainsi que des membres du Partenariat pour la
paix, la Géorgie et la Finlande, les anciennes
républiques soviétiques et les affiliés du
Partenariat pour la paix, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le
Bélarus, le Kazakhstan, la Moldavie
et l'Ukraine, en tant qu'observateurs.
La phase deux de l'exercice débutera le 19 juin
et, selon le ministère de la Défense de la Lituanie,
« les troupes respecteront un scénario établi
selon les leçons
retenues par la Lituanie et certains États étrangers en
Afghanistan, en Irak et sur les côtes de la Somalie ».
Cette dernière est liée à l'opération
continue de l'OTAN,
opération Bouclier ouvert. L'Alliance a aussi transporté
par voie aérienne des milliers de troupes de l'Ouganda et du
Burundi vers la Somalie pour des combats dans la capitale
de Mogadiscio.
Plus tôt cette semaine, l'OTAN a aussi tenu une
conférence avec les responsables de la Défense de 60 pays
membres et partenaires à Belgrade, en Serbie, laquelle avait
été bombardée sans relâche par des avions de
combat de l'OTAN il y a douze ans. La conférence s'est
penchée sur l'actuelle guerre de l'OTAN en Libye, qui perdure
depuis
trois mois.
La Conférence des partenaires militaires
stratégiques fut adressée notamment par le
général français Stéphane Abrial,
commandant suprême des Forces alliées pour la
Transformation, basées à Norfolk, en Virginie. Il a
dit : « Je suis convaincu que l'opération en
Libye sera un succès. » Il a toutefois avoué
dans son
discours d'ouverture que les hostilités pourraient se prolonger
bien au-delà des trois mois.
Des exercices de formation militaire en Roumanie ont
été suivis par la Force alternante de la mer Noire, une
force opérationnelle air-terre des marines à
usage déterminé, pour un exercice de deux semaines en
Bulgarie débutant le 13 juin avec des troupes du pays hôte
et, pour la première fois, la Serbie, dans une des quatre
bases aériennes et d'infanterie du pays que le Pentagone a pris
en charge depuis 2006. L'entraînement en Roumanie avait aussi eu
lieu dans l'une des quatre bases prises
en charge dans ce pays.
La presse locale a annoncé que la plupart des marines
US impliqués étaient arrivés au champ de tir de
Novo Selo « en provenance directe de
l'Afghanistan » à bord de transporteurs
aériens Hercules-C-130.
Le lieutenant-colonel Nelson Cardella du Corps des
Marines des États-Unis a dit des manoeuvres :
« Nos troupes recevront une formation leur permettant
d'améliorer l'interopérabilité de nos
personnels » pour la guerre en Afghanistan et pour toutes
futures guerres.
L'agence de nouvelles Stantart de Bulgarie a
annoncé que « l'an prochain, l'exercice de la Force
alternante de la mer Noire aura lieu en Serbie ».
La mission de la Force alternante de la mer Noire,
formée l'an dernier, est d'intégrer les forces
armées de douze pays des Balkans, de la région de la mer
Noire et des
Caucases – l'Albanie, l'Azerbaïdjan, la Bosnie, la Bulgarie, la
Croatie, la Géorgie, la Macédoine, la Moldavie, le
Monténégro, la Roumanie, la Serbie et l'Ukraine
– à l'OTAN pour les déployer en Afghanistan et dans
d'autres zones de combat et dans des situations post-conflit.
Chacune des guerres menées par les
États-Unis et l'OTAN depuis 1999 a consolidé de nouvelles
bases militaires ainsi que des contingents expéditionnaires pour
le
Pentagone et pour l'Alliance dans des pays subjugués et voisins
en Europe du sud-est, dans le golfe Persique et de l'est de la
Méditerranée, ainsi qu'en Asie du Sud et
centrale.
Tout comme les guerres de Yougoslavie, d'Afghanistan et
d'Irak ont contribué à développer une
capacité d'intervention militaire internationale
chapeautée par l'OTAN -
elle-même dirigée par les États-Unis - afin de
mieux intervenir en Libye aujourd'hui, aussi l'expérience
libyenne servira-t-elle à son tour à de futurs conflits.

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