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Opposition
du
mouvement
ouvrier
à
l'abus
de pouvoir des monopoles et de
leurs
gouvernements
Le gouvernement Harper joue le rôle
de fier-à-bras
Condamnons la loi spéciale
contre les travailleurs des postes
 
Montréal, QC
(haut); Vancouver, CB, 22 juin 2011
Le gouvernement Harper a adopté le projet de loi
C-6, la loi qui criminalise la juste lutte de postiers, dans la
soirée de samedi 25
juin en dépit du mouvement de protestation des travailleurs de
différents secteurs et 58 heures d'obstruction par l'opposition
néo-démocrate. La loi a été adoptée
à
158 contre 113 à la Chambre des communes. Elle impose entre
autres une obligation de sélection
d'offre par arbitrage, ce qui veut dire qu'un arbitre choisira entre
l'offre finale de Postes Canada et celle du Syndicat des
travailleurs et travailleuses des postes (STTP). Elle impose aussi des
échelles de salaires inférieures à celles offertes
par la
société d'État et prévoit de lourdes
amendes pour les travailleurs individuels et le syndicat s'ils
défient l'ordonnance.
L'objectif visé est clairement d'imposer par la
force le plan de « Poste moderne » de Postes
Canada qui entraînera non
seulement la destruction du service public mais aussi des conditions de
travail inacceptables pour ses employés. Ces conditions de
travail sont inacceptables précisément parce qu'elles
sont insoutenables. Le taux de blessures chez les travailleurs des
postes est
carrément un abus de pouvoir de la part de Postes Canada et doit
être considéré comme une infraction punissable par
la loi. On assiste
par ailleurs à une dégénérescence du
rôle du gouvernement, qui devient maintenant le
fier-à-bras chargé de faire appliquer les plans
des monopoles. Cela montre le danger que ce gouvernement
représente pour tous ceux et celles qui vivent de leur travail.
En déposant le projet loi le lundi 20 juin, la
ministre du Travail Lisa Raitt a dit : « Nous sommes
ici pour retourner les
gens au travail parce que cela affecte l'économie nationale et
que leur processus ne marche pas. »
Elle a prétendu que le but du projet de loi est
d'obliger les deux parties à négocier mais cela
ressemblait davantage à un mauvais
scénario écrit par le gouvernement et les monopoles comme
Air Canada et Postes Canada. En réalité la
société d'État a refusé de
négocier dès que le gouvernement a annoncé son
intention d'adopter une loi spéciale.
« C'est comme si la vraie négociation
entre le syndicat et Postes Canada était finie », de
commenter Denis Lemelin,
président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des
postes (STTP). Autrement dit, le gouvernement a décidé
d'intervenir et de
« secourir » la société
d'État et tout porte à croire que c'est ce que ses
dirigeants attendaient depuis le début, explique-t-il.
Le STTP précise dans un communiqué :
« Contrairement à ce qu'ont rapporté les
médias, il n'y a pas eu de réunion de
négociation hier soir [20 juin]. Postes Canada devait fixer une
telle réunion par l'entremise du médiateur. Le
Comité de négociation du
STTP et le Conseil exécutif national ont attendu la tenue de
cette réunion, mais le médiateur nous a informés
tard hier soir qu'elle
n'aurait pas lieu. Aujourd'hui, nous avons communiqué avec la
direction de Postes Canada et fixé une réunion qui a eu
lieu en début
d'après-midi, au cours de laquelle nous avons fait une
proposition dans le but de briser l'impasse. À 17 h ce soir,
Postes Canada
n'avait toujours pas répondu. Il semblerait qu'elle ne demande
pas mieux que de se cacher derrière la loi qu'elle a tant fait
pression
pour obtenir. »
Ce que contient le projet
de loi
Le STTP explique ce qui suit concernant la loi de retour
au travail :
« Le projet de loi, déposé
à la demande de la direction de Postes Canada, prévoit
l'imposition d'amendes arbitraires aux
travailleuses et travailleurs des postes. Il prévoit aussi une
procédure d'arbitrage de l'offre finale. Dans le cadre de cette
procédure, l'arbitre est lié par un mandat biaisé
en faveur de l'employeur. Le projet de loi comporte les
caractéristiques
suivantes :
« Prorogation de la convention collective :
La
convention
collective
est
prorogée
jusqu'à
l'entrée
en vigueur
d'une nouvelle convention collective décidée par
l'arbitre. La nouvelle convention collective viendra à
échéance le 31 janvier
2015.
« Imposition de hausses salariales
inférieures à la dernière offre patronale :
Le
projet
de
loi
comprend
des
hausses
salariales qui sont considérablement inférieures
à la dernière offre de Postes Canada, qui était de
1,9 % en 2011, 2012 et
2013, et de 2,0 % en 2014. Le projet de loi prévoit des
hausses de 1,75 % en 2011, 1,5 % en 2012, 2 % en 2013 et
2 % en 2014. Cette mesure puiserait 875,50 $ dans les poches
d'une travailleuse ou d'un travailleur des postes à plein temps
durant les quatre années de la convention collective. Il s'agit
d'un vol de 35 millions de dollars perpétré contre les
travailleuses et
travailleurs des postes et leurs familles.
« Choix de l'offre finale : La
nouvelle convention collective sera tranchée par un arbitre
nommé par le
gouvernement. Les parties soumettront toutes deux un projet de
convention collective et l'arbitre devra choisir l'une des deux offres
dans son ensemble.
« Principes directeurs imposés
à l'arbitre : L'arbitre devra fonder sa
décision sur les principes suivants :
conditions de travail qui sont compatibles avec celles de secteurs
postaux comparables ; souplesse nécessaire à la
viabilité
économique et la compétitivité de la
Société ; maintien de la santé et de la
sécurité des travailleurs et travailleuses ;
viabilité du régime de pension ; prise en compte du
ratio de solvabilité du régime de pension ;
obligation d'être efficace,
d'accroître sa productivité et de respecter des normes de
service acceptables, sans recourir à des hausses indues de
tarifs
postaux.
« Amendes : La loi
prévoit les amendes habituelles pour toute infraction à
la loi : 50 000 $ par jour
pour les dirigeantes et dirigeants syndicaux, 1 000 $ par jour
pour les membres et 100 000 $ par jour pour le
Syndicat. »

Les droits des travailleurs subissent un dur coup aux
mains du gouvernement majoritaire Harper
- Syndicat des travailleurs et
travailleuses des Postes, 26 juin 2011 -
Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes
(STTP) affirme que le gouvernement Harper a transmis un message
à l'ensemble des travailleurs et travailleuses
avec son projet de loi de retour au travail injuste et punitif.
« Il est clair que le gouvernement est
prêt à se ranger du côté des employeurs pour
abaisser les salaires et les conditions de travail des travailleurs et
travailleuses,
a déclaré le président national du STTP, Denis
Lemelin. Sa décision de recourir à une loi de retour au
travail dans les conflits à Postes Canada et à Air Canada
est loin d'être
neutre. Le gouvernement conservateur s'est montré hautement
anti-travailleurs deux mois seulement après avoir obtenu sa
majorité. »
M. Lemelin a souligné que l'affirmation du
gouvernement selon laquelle cette loi était nécessaire
pour protéger l'économie est illogique. Les travailleuses
et travailleurs
des postes avaient offert de retourner au travail. « Le
gouvernement s'en est pris à notre droit de négocier
librement nos conditions de travail, a précisé M.
Lemelin.
Il est clair que seuls les marchés et les employeurs auront des
libertés au Canada. »
« En dépit de cette loi injuste et
punitive, le Syndicat poursuivra sa lutte pour des méthodes de
travail sécuritaires, ainsi que des emplois et un régime
de retraite
décents. Heureusement, le gouvernement ne peut pas adopter de
loi pour supprimer notre détermination à lutter pour nos
droits », a déclaré M. Lemelin.
M. Lemelin a ajouté que les travailleuses et
travailleurs des postes étaient très reconnaissants de
l'appui qu'ils avaient reçu de la population partout au pays et
des députées
et députés de l'opposition, surtout les membres du
Nouveau Parti démocratique (NPD) qui, dans des discours
éloquents, ont défendu le droit à la libre
négociation collective
durant 58 heures d'affilée. Il a affirmé que
l'obstruction faite par le NPD avait réussi à provoquer
la reprise des négociations entre le STTP et Postes Canada au
cours des
derniers jours, mais que les négociations avaient
échoué.
« Postes Canada s'est montrée d'une
intransigeance absolue dès le dépôt du projet de
loi de retour au travail du gouvernement Harper », a conclu
M.
Lemelin.
Communiqué du 26 juin
Les travailleurs et travailleuses des postes ne
retournent pas au travail dans le désarroi, écrit le STTP
dans un communiqué le
26 juin :
« Tous les membres du STTP peuvent retourner
au travail la tête haute. Tout au long de cette lutte, nous avons
fait preuve d'une force, d'une solidarité, d'une
détermination et d'un courage sans précédent.
« L'unité et la force dont nous avons
fait preuve sur les lignes de piquetage doivent se poursuivre lorsque
nous serons de retour au travail. Nous devons bien faire
comprendre à la direction qu'elle a eu tort de nous mettre en
lock-out et qu'elle devrait avoir honte de s'en être remise
à une loi. [...] Nous retournons au travail, mais nous
ne sommes pas vaincus. Le STTP s'est vu imposer des lois de retour au
travail dans le passé et cela ne l'a pas empêché de
poursuivre sa lutte pour la justice et la dignité.
Le gouvernement ne peut pas adopter de loi pour supprimer notre
solidarité et notre détermination. Nous continuerons de
travailler avec tous les groupes et organismes qui
nous ont appuyés, y compris les syndicats, les groupes de
femmes, les fédérations étudiantes, les
retraités et nos alliés communautaires et politiques en
vue d'obtenir des
emplois et des régimes de retraite décents pour
l'ensemble de la classe ouvrière. »

La résistance militante des postiers a
donné le ton au débat parlementaire
LML salue le STTP et tous les travailleurs et
travailleuses des postes pour leur opposition résolue au lockout
de Postes Canada et à la loi de retour au travail
du gouvernement Harper. Par leurs manifestations et rassemblements, ils
se sont vigoureusement opposés au rôle de
fier-à-bras que s'est donné le gouvernement Harper pour
faire appliquer les plans des monopoles. Appuyés par les
travailleurs dans tous les secteurs de l'économie et par le
public, ils ont poursuivi leurs actions tout au long de la
semaine dernière et en fin de semaine.
Cet esprit de résistance et ce refus de se
soumettre aux demandes antiouvrières de Postes Canada et du
gouvernement Harper a donné le ton au débat d'obstruction
de
58 heures (un record) sur le projet de loi C-6, la loi de retour au
travail, à la Chambre des communes. La réponse du
gouvernement à l'opposition du NPD révèle ses
positions
antisyndicales et ce qu'il entend quand il dit dans le Discours du
trône qu'il a l'intention de gouverner au nom de tous les
Canadiens. De toute évidence, cela ne comprend
pas le droit de tous les Canadiens à des salaires et des
conditions de travail qui conviennent au travail qu'ils font et aux
services qu'ils procurent. C'est la preuve que ce
gouvernement vise d'autres objectifs, des objectifs que le peuple n'a
pas approuvés.
Durant le débat, les députés du NPD
ont lu des messages reçus de leurs commettants à la
défense du droit de la population à un service postal
public qui répond à ses
besoins. Les correspondants affirmaient aussi dans leur appui aux
travailleurs l'importance d'un service postal solide dans les
régions. Le débat a également
révélé avec quelle
brutalité ce gouvernement zélé a l'intention de
réduire « les dépenses » dans le
secteur public.
Un des objectifs de la fédération
canadienne était d'offrir un service de qualité qui soit
le même pour tous habitants d'un bout à l'autre du pays.
Il s'agissait de garantir les services publics sans égard au
lieu de résidence ou aux revenus. Ce sont les travailleurs qui
ont défendu les principes dans cette affaire, pas le
gouvernement, qui ne cesse d'apporter des modifications importantes de
nature constitutionnelle en cachette, derrière des
prétentions de protéger la reprise économique. Le
gouvernement est incapable d'expliquer pourquoi le Canada ne pourrait
pas avoir à la fois une économie forte et défendre
les principes à la base de la fédération.
Les interventions des députés
conservateurs ont dissipé toute illusion que ce parti est
« neutre » dans ce conflit. Ils ont montré
que leur gouvernement assume
le rôle de fier-à-bras pour le compte du droit de monopole
en répétant toujours les mêmes platitudes
antiouvrières, suivant la logique hitlérienne que vous
n'avez qu'à répéter
le même mensonge si vous avez le pouvoir de l'imposer. Cela
comprend leur acharnement à blâmer les travailleurs pour
l'arrêt du service postal, qui était le résultat du
lockout par Postes Canada, pas de la grève tournante. Le but de
ce mensonge est de cacher que ce sont les travailleurs qui ont
défendu l'intérêt public contre l'offensive de
la société d'État.
Lorsque le projet de loi a finalement passé, le
premier ministre Stephen Harper a qualifié le débat de
« délai absolument non
nécessaire ». La ministre du
Travail Lisa Raitt a dit que l'imposition de l'offre finale par
arbitrage était nécessaire pour une
« résolution rapide » du conflit et qu'il
n'y avait pas d'autre
façon de faire puisque « la divergence est trop
grande » entre les deux parties. Veut-elle faire croire que
l'imposition des concessions demandées par Postes
Canada visait à « rapprocher » les
parties ? Ce n'était évidemment qu'un subterfuge.
En dépit du retour au travail forcé, il
est clair que la lutte des travailleurs des postes pour leurs droits et
pour un service postal public qui répond aux besoins de la
population n'est pas finie. La situation est intenable et doit
être résolue dans l'intérêt des travailleurs,
ce qui est aussi dans l'intérêt public. De plus, cette
lutte fait partie de
l'effort pour arrêter le gouvernement Harper qui intensifie
l'offensive antisociale pour que les riches s'enrichissent pendant que
les pauvres s'appauvrissent et que le Canada
est totalement annexé à l'empire américain. Oui au
droit public ! Non au droit de monopole ! Oui à la
souveraineté ! Non à l'annexion !
Rassemblements et
manifestations
 
Thetford Mines,
Québec, le 22 juin. Manifestation devant le bureau de
circonscription du député
conservateur Christian Paradis (Mégantic-L'Érable).

Rouyn-Noranda, le 22 juin 2011
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À Rouyn-Noranda le 22 juin, les
travailleurs ont convoqué une conférence de presse et un
rassemblement poru dénoncer la loi de retour au travail et les
provocations de Postes Canada. Ils ont aussi dénoncé le
rôle du gouvernement Harper dans l'opposition à la lutte
légitime des postiers. Le rassemblement, organisé par le
Conseil régional de l'Abitibi-Témiscamingue de la FTQ,
avait lieu devant les bureaux administratifs de Postes Canada à
Rouyn.
Claudette Samson, la présidente de la section de
Rouyn-Noranda du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes
(STTP) a dit au LML que
les postiers font face à des provocations à la fois de
Postes Canada et du gouvernement Harper. « J’ai regardé le
débat sur le projet de loi C-6 à la
télévision, a-t-elle dit, et les Conservateurs
n’arrêtaient pas de dire que nous étions en grève
alors que tout le monde sait que Postes Canada nous a mis en lock-out.
Nous avons offert d’arrêter les grèves tournantes et
de retourner au travail pour livrer le courrier mais nous avons
été mis en lock-out. Comment se fait-il que le
gouvernement Harper n’a rien fait contre Postes Canada qui a
utilisé le lock-out contre nous alors que nous voulions
retourner au travail? Postes Canada utilise des provocations pour
tenter de nous divser. Moi par exemple, Postes Canada m’a dit à
un moment donné que je pouvais retourner au travail si je
voulais mais pas mes membres. Le but était de créer une
division entre les travailleurs et moi. Bien sûr j’ai
refusé et nous sommes très conscients que nous
devons nous tenir tous ensemble et être très
disciplinés face à ce climat de provocations.»
Un des principaux thèmes de la conférence
de presse et de la manifestation était l’opposition aux
tentatives d’abaisser toutes les conditions de travail aux postes.
« Nous ne pouvons pas accepter des conditions de travail et des
pensions à deux paliers. Pour nous c’est une question de
défendre notre avenir. Comment pourrait-on justifier que les
futurs engagés commencent à un salaire de 8$ de moins que
les nouveaux engagés actuels. Il y a une loi au Québec
qui interdit la discrmination salariale sur la base de l’âge. On
voit qu’elle n’est pas appliquée.»
Les participants à l’action du 22 juin ont
fait ressortir la nécessité pour les syndicats de
travailler ensemble plus étroitement pour faire face aux assauts
contre les travailleurs. « Tous seuls contre Postes Canada
nous ne pouvons pas gagner, a dit la présidente de la section
locale. Nous devons travailler tous ensemble pour contrer ces attaques.
Il y a quelque chose de pas normal quand les gouvernements mentent
à propos des actions des travailleurs afin de passer une loi
contre eux. »

 
Montréal, le 22
juin
2011
Sydney,
Nouvelle-Écosse, le 24 juin 2011
Halifax, le 24 juin 2011

Fredericton,
Nouveau-Brunswick, le 23 juin 2011

Ottawa, le 22 juin.
À droite: avec la pancarte, l'ancien président du STTP
Jean-Claude Parrot.
 
Barrie, Ontario, le 24
juin 2011

London, Ontario, le 23
juin 2011

Thunder Bay, Ontario, le
22 juin 2011
Winnipeg, Manitoba, le 21
juin 2011

Cranbrook,
Colombie-Britannique, le 24 juin
2011

Vancouver, le 22 juin 2011

Courtenay,
Colombie-Britannique, le 24 juin 2011
(Photos: STTP, FTQ Gordon
MacDonald,
Darcy Murray, Jason R. Maclean, PC)

Les travailleurs forestiers exigent des
comptes
Les «mêmes règles du jeu pour
tous»
– une fraude et une abdication des responsabilités du
gouvernement Charest
- Pierre Chénier -
Tout de suite après
le passage de la loi 11 qui permet aux monopoles des pâtes et
papiers comme AbitibiBowater d'échapper à leurs
responsabilités envers les pensions,
Clément Gignac, le ministre du Développement
économique, de l'Innovation et de l'Exportation, a invité
le monopole Kruger à se prévaloir des mêmes
privilèges. Ce
monopole a récemment annoncé la mise à pied
permanente de 95 travailleurs à ses deux usines de
Trois-Rivières. C'est un autre coup très dur
pour le niveau de vie de la communauté quand on pense qu'il ne
reste qu'environ 700 travailleurs dans ces deux usines suite à
des années de compression de la main-d'oeuvre.
Plutôt que d'agir contre cette élimination
permanente de près de 100 emplois, le ministre Gignac a dit que
les mises à pied sont un signe que Kruger est en
difficulté
et a besoin de l'aide du gouvernement du Québec et des
travailleurs actifs et à la retraite de Kruger. Le ministre a
tout de suite suggéré que Kruger pourrait être
autorisé
à se prévaloir des dispositions de la loi 11 et
étaler dans le temps ses paiements d'équilibre dans les
fonds de pension.
Le 8 juin, le ministre a dit que son gouvernement
« va entreprendre des négociations intensives avec la
compagnie pour en arriver à un consensus avec tous les
intervenants ». « Ça va prendre de la
collaboration, de la compréhension et de la solidarité et
je ne veux pas braquer les retraités contre les
employés »,
a-t-il ajouté. Dans la période qui vient, a dit le
ministre, va s'amorcer « un travail de pédagogie pour
faire comprendre les tenants et aboutissants des enjeux et dresser
un portrait de la situation qui est sérieuse ».
« C'est important que les règles du
jeu soient les mêmes pour tous. Ce n'est pas au gouvernement
à choisir les gagnants et les perdants, mais à offrir les
mêmes
règles du jeu », a-t-il déclaré. Il
faisait référence à l'entente entre AbitibiBowater
et le gouvernement du Québec qui a permis au monopole
d'étaler ses paiements
d'équilibre sur une période de 15 ans plutôt que 5
ans et a offert aux retraités d'Abitibi le
« choix » de transférer leur pension
à la Régie et ainsi perdre environ
25 % de leur pleine pension ou de demeurer avec Abitibi et risquer
de perdre encore plus.

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Les « règles du jeu » qui
sont « les mêmes pour tous » du ministre
Gignac sont une fraude et une abdication totale de la
responsabilité du
gouvernement du Québec de défendre le droit public et non
le droit de monopole. C'est aussi une déformation
complète de ce qui se passe vraiment. Les soi-disant
« règles du jeu qui sont les mêmes pour
tous » sont en fait la concurrence sauvage pour les
marchés et les zones d'influence que se font les monopoles pour
étendre leur capital privé peu importe le coût pour
les travailleurs et la société. Les deniers publics, les
précieuses ressources naturelles de la nation et les
réclamations des
travailleurs à la valeur qu'ils produisent sont dilapidés
dans cette course folle pour étendre des empires privés
sur lesquels les travailleurs n'ont absolument aucun contrôle.
Cet argument des « règles du
jeu » est un des instruments de chantage des monopoles pour
extorquer des concessions aux travailleurs et bloquer leur prise
de conscience de la nécessité d'une alternative
pro-sociale pour l'industrie et l'économie. Kruger par exemple
est présentement impliqué dans des négociations et
s'apprête
à en entreprendre d'autres pour le renouvellement d'un certain
nombre de conventions collectives au Québec et il jure ses
grands dieux qu'il a absolument besoin
« d'équité » dans les
« règles du jeu ». Environ une semaine
après les commentaires du ministre Gignac, le PDG de Kruger a
entrepris une tournée
de ses établissements au Québec et a rencontré les
travailleurs pour leur demander d'aider Kruger à abaisser ses
« coûts de main-d'oeuvre par tonne ». Il
les
a avertis que l'avenir de leur usine dépend de l'engagement
qu'ils sont prêts à prendre pour améliorer la
position
concurrentielle de Kruger sur les marchés mondiaux.
Les travailleurs et leurs communautés ont besoin
d'être protégés contre ces monopoles. Si le
gouvernement voulait vraiment améliorer les règles du
jeu, il accroîtrait
la protection des travailleurs contre les assauts des monopoles qui non
seulement ne règlent pas la crise mais l'aggravent encore. Le
gouvernement interviendrait pour
restreindre le droit de monopole de ces empires d'abaisser le niveau de
vie des travailleurs et des communautés en volant leurs
salaires, leurs avantages sociaux et leurs
pensions. Il s'assurerait que les établissements de production
ne soient pas fermés, que le niveau de vie soit
protégé et augmente et que la discussion publique se
mène sur
les façons de renouveler l'industrie afin qu'elles serve le
peuple et soit prémunie autant que possible contre les crises.
Bref, il ferait quelque chose pour protéger et étendre
l'espace de « jeu » des travailleurs et des
régions.
Au lieu de cela, le gouvernement fait en sorte que la
crise soit utilisée comme une occasion d'intensifier
l'exploitation des travailleurs et de concentrer la richesse encore
plus dans les mains des monopoles les plus puissants. Le gouvernement
essaie de dresser les travailleurs les uns contre les autres, de les
rallier derrière « leur
monopole » et même derrière « leur
entreprise » au sein du même monopole dans une spirale
vers le bas des conditions de travail et du niveau de vie
de tous.
Cela ne doit pas passer ! Les travailleurs exigent
que le gouvernement Charest s'acquitte de son devoir de protéger
ceux qui ont déjà assez souffert de la crise
du secteur forestier en restreignant le droit de monopole.

Trois-Rivières
Les travailleurs de Kruger manifestent
contre de nouvelles mises à pied

Les travailleurs
de Kurger posent une couronne de fleurs
en symbole de la perte d'emplois suite aux récentes mises
à pied à l'usine de Trois-Rivières, le 15 juin
2011. (La
Presse)
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Le 15 juin dernier, plus de 100 travailleurs de l'usine
de papier journal de Kruger à Trois-Rivières ont
manifesté à l'heure du lunch contre la mise à pied
permanente
des 95 travailleurs dans ses deux usines de Trois-Rivières
annoncée par la compagnie. Les mises à pied sont
censées se faire entre le 24 juin et le 1er octobre. Le syndicat
local à l'usine de papier journal estime que ce sont surtout les
jeunes travailleurs qui vont perdre leur emploi. Kruger opère
deux usines à Trois-Rivières, l'usine de papier journal
et l'usine Wayagamack qui produit du papier glacé utilisé
dans l'impression de magazines. Les deux usines ont subi
d'énormes
compressions de main-d'oeuvre ces dernières années. En
2000, il y avait plus de 1200 travailleurs à l'usine de papier
journal mais leur nombre est maintenant d'environ
350.
À la manifestation, les travailleurs ont
exprimé leur colère face à ce nouveau coup dur
contre eux qui aggrave une situation déjà intenable
à cause de concessions, dont
une coupure de salaires de 10 % l'an dernier et des concessions
dans les conditions de travail des corps de métiers. Les mises
à pied se produisent au moment où
s'amorcent le 30 juin les négociations pour une nouvelle
convention collective. Les travailleurs à la manifestation ont
dit que le fait que Kruger n'a même pas attendu le
début des négociations pour annoncer les mises à
pied montre que l'entreprise est en mode provocation. Le PDG de Kruger
effectue en ce moment une tournée de ses
installations au Québec où il demande aux travailleurs de
réduire les « coûts de main-d'oeuvre par
tonne » et menace ouvertement que des usines pourraient
fermer si les travailleurs refusent d'aider Kruger à augmenter
ses profits.

Injonctions contre les métallos de
Hamilton
Une fausse victoire pour US Steel
- Section 1005 du Syndicat des
Métallos, 21 juin 2011 -

Les métallos et
leurs supporters manifestent devant la Cour supérieure de
l'Ontario à Hamilton le 16 juin 2011.
En moins de 30 minutes le matin du 16 juin, la Cour
supérieure de
l'Ontario a accepté une demande d'injonction permanente soumise
par le procureur général du Canada contre la section 1005
du Syndicat
des Métallos lui interdisant « d'entraver ou de
retarder les
opérations du pont levant du canal de Burlington et de retarder
l'entrée ou la sortie de tout bateau au Port de
Hamilton ».
Le procureur général est nommé
comme partie requérante et Rolf
Gerstenberger, président de la section 1005, personnellement et
en
tant que représentant des membres du syndicat, et d'autres
intervenants
non identifiés sont nommés comme intimés.
Les travailleurs ont rempli la salle d'audience et
manifesté à
l'extérieur contre cette criminalisation de leurs tentatives de
tenir
US Steel responsable des torts causés aux métallos,
à leurs familles et
à la ville de Hamilton en utilisant sa position dominante pour
extorquer des concessions aux travailleurs.
Le juge a accordé l'injonction et conclu en
disant, non sans ironie,
que « beaucoup d'entre vous [les syndiqués de la
section
1005] êtes ici aujourd'hui, alors j'aimerais dire qu'un
intérêt
économique ne peut tenir en otage un autre intérêt
économique, aussi
juste que puisse être la cause ».
Il a également loué la section 1005 pour
son respect des lois malgré
son infraction à la loi. « Tout au long, vous vous
êtes
conduits pacifiquement et avez fait preuve de coopération, et
pour cela
vous méritez des félicitations. C'est pourquoi
l'injonction
n'inclut pas de disposition sur les frais. »
« Normalement », dans des cas
pareils, la partie perdante doit payer
les frais juridiques, les siens et ceux de la partie
gagnante. Dans ce cas-ci, explique Rolf Gerstenberger, le syndicat
faisait l'objet d'une avalanche d'injonctions déposées
par les
propriétaires de tous les bateaux du port qui ont sans doute
été
incités par US Steel. Ils ont tous déposé leur
demande d'injonction en
même temps, dans une démonstration de solidarité de
classe.
Les injonctions
comprenaient des demandes de réparations financières
de centaines de milliers de dollars pour le retard encouru par
les bateaux (allant jusqu'à 56 heures dans un cas). À 2
500 $ l'heure,
cela faisait environ 140 000 $ par bateau. Selon Rolf,
ces calculs ne tiennent pas et les dommages ont été
chiffrés ainsi
seulement pour faire pression. En fait, chaque navire a suffisamment
de temps d'avance calculé dans le contrat pour compenser pour
des
retards et les transporteurs ne sont pas passibles de poursuites.
D'autre part, la section 1005 était disposée en tout
temps à les
laisser passer, sauf ceux transportant le coke de l'aciérie que
US
Steel veut expédier aux États-Unis. Le syndicat avait
prévu, en
coopération avec les autorités portuaires, des solutions
pour que les
métallos ne soient pas criminalisés pour la lutte qu'ils
mènent pour
leurs droits. Mais US Steel a rejeté toute solution
négociée et le
procureur général a tout de suite obtempéré
à sa demande.
Rolf a répété que la section 1005
cherche depuis des années une
solution au démantèlement de l'aciérie de
Hamilton, mais en vain.
Depuis que US Steel a acheté Stelco en 2007, il a diminué
la production
et licencié des travailleurs et a maintenant mis les
métallos
en lockout. Ces derniers demandent depuis le début aux
différents
paliers de gouvernement d'intervenir pour empêcher US Steel de
causer
d'autres torts. Leurs propositions sont tombées dans l'oreille
d'un
sourd. La leçon est claire et elle s'applique à tous les
travailleurs canadiens et leurs communautés : la loi et les
gouvernements ne sont jamais là pour les défendre, mais
un monopole
multinational peut obtenir en quelques heures l'intervention des
ministères fédéraux et provinciaux et des
tribunaux en sa faveur.
C'est un arrangement qui convient sans doute aux propriétaires
de US
Steel, mais certainement pas aux métallos.
Néanmoins, la section 1005 a décidé
de ne pas donner la victoire à
US Steel. Le syndicat n'a pas contesté l'injonction du procureur
général (selon le juge, le syndicat aurait perdu), en
échange de quoi
toutes les autres demandes d'injonctions ont été
abandonnées et
il n'y aura pas de poursuites en dommages et intérêts.
Rolf dit que la section 1005 est satisfaite de la
déclaration du juge à l'effet que :
« Mais il est injustifiable qu'un
intérêt économique cause des torts à
d'autres intérêts économiques en les tenant en
otage. »
C'est précisément ce que disent les
métallos depuis le début. La
section 1005 est déterminée à tenir les
gouvernements fédéral et
ontarien et maintenant les tribunaux responsables pour les dommages
économiques que leur cause US Steel, à eux et à
l'économie
canadienne.
En quittant, les métallos et les gens de la
communauté qui avaient
rempli la salle d'audience à capacité s'expliquaient mal
quel
principe de justice a été défendu et pourquoi on
blâme les travailleurs
pour les dommages économiques quand US Steel est de toute
évidence le véritable coupable. Ils sont allés
rejoindre ceux qui
manifestaient à l'extérieur pour exiger que les
gouvernements soient
tenus responsables pour les dommages économiques causés
par US Steel.
Bulletin du 30 juin 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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