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Non
à la poursuite de la participation militaire du Canada dans
la lâche
agression impérialiste de l'OTAN contre la Libye
Le vote pro-guerre expose la fraude
du «parlement équilibré»
LML dénonce le vote au parlement le
14 juin prolongeant la
participation du Canada aux crimes de l'OTAN en Libye. Les
députés ont
adopté la
motion à 294 contre 1, avec l'appui de tous les partis
à la Chambre
sauf le Parti vert, représenté par Elizabeth May. Et
suite à un
amendement des libéraux à la motion
des conservateurs, le Canada reconnaît maintenant le Conseil
national
de transition, le groupe de « rebelles »
commandités par les puissances
étrangères, comme
gouvernement légitime de la Libye.
Le ministre des Affaires étrangères John
Baird a dit : « Nous
saluons les efforts déployés par le Conseil national de
transition pour
définir ses principes
directeurs essentiels [...] un processus de transition fondé sur
l'inclusion et sur une représentation équilibrée.
Nous maintiendrons un
dialogue ouvert avec le CNT pour cerner
les besoins les plus pressants de la Libye, maintenant et à long
terme.
Nous ferons tout en notre pouvoir pour mettre le CNT en rapport avec
les spécialistes canadiens en
matière de gouvernance et de société
civile. »
Ce vote confirme que nous avons un gouvernement de
guerre au Canada.
La position anti-guerre des Canadiens et des Québécois
n'est pas
représentée au parlement et
cela réduit à néant la prétention que le
41e parlement élu le 2 mai
dernier est « équilibré ». On
cherche à faire croire qu'il y a
maintenant un Parti au
Pouvoir qui représente la majorité et un Parti dans
l'Opposition qui
représentent ceux qui ne sont pas d'accord, de même que
des
députés
libéraux et bloquistes qui représenteraient
tous les autres.
L'illusion d'un parlement
« équilibré » dans lequel le
désir de paix
des Canadiens et des Québécois n'est pas
représenté ne saurait tenir
très longtemps. Nos
peuples se sont sacrifiés dans deux guerres mondiales pour
garantir la
paix, un État de droit international et un système
d'États qui élimine
le recours à la force comme
méthode de résolution des conflits entre les peuples et
qui ne permet
pas la criminalisation des luttes de résistance. Les Canadiens
et les
Québécois ont également appuyé
ce qu'ils croyaient être des missions de maintien de la paix pour
contrer les crimes contre la paix et favoriser des solutions
politiques. Ils n'ont jamais voté pour devenir une
nation guerrière ou accepté l'annexion à la
machine de guerre et aux
visées de domination mondiale des États-Unis. C'est
à cause de ce
profond sentiment anti-guerre que
les partis pro-guerre sont obligés de prétendre que la
participation du
Canada à la guerre d'agression et d'occupation est pour
défendre la
paix, la démocratie, les droits
humains et l'état de droit.
LML lance l'appel à tous à
dénoncer ces arguments
intéressés et à voir la nécessité de
nous fixer un programme politique
indépendant qui mène à
l'établissement d'un gouvernement anti-guerre.
Motion et amendement
adoptés pour le prolongement de la
participation canadienne au sein de la mission de l'OTAN contre la
Libye
Le 14 juin,
le ministre des affaires étrangères John Baird a
déposé la motion suivante concernant la mission en
Libye :
« Qu'en signe de solidarité envers
les personnes en quête de
liberté en Libye, la Chambre a adopté à
l'unanimité, le 21 mars 2011,
une motion pendant
la troisième session de la 40e législature autorisant
l'adoption de
toutes les mesures nécessaires, incluant le recours aux Forces
canadiennes ainsi qu'aux ressources militaires,
conformément à la résolution 1973 du Conseil
de sécurité des Nations
unies (CSNU) ; et compte tenu que la Chambre a convenu à
l'unanimité
que si le
gouvernement doit prolonger l'intervention des Forces canadiennes
au-delà de trois mois à partir de l'adoption de la
présente motion, il
s'adresse à la Chambre dans les plus
brefs délais pour obtenir son consentement ; par
conséquent, la Chambre
consent à prolonger l'intervention des Forces canadiennes
pendant trois
mois et demi,
conformément à la résolution 1973 du
CSNU ; que la Chambre déplore le
recours soutenu à la violence par le régime libyen
à l'endroit du
peuple, y compris
les allégations de viol comme outil de guerre par le
régime libyen ;
que le Comité permanent des affaires étrangères et
du développement
international et le Comité
permanent de la défense nationale demeurent saisis des
activités menées
par le Canada en application de la résolution 1973 du
CSNU ; et que la
Chambre continue
d'offrir son appui inconditionnel aux hommes et femmes des Forces
canadiennes qui, par leur bravoure, sont garants de nos droits et
libertés. »
Le NPD a déposé la proposition
d'amendement suivant (les changements sont en caractère
gras) :
« Qu'en signe de solidarité envers
les personnes en quête de
liberté en Libye, la Chambre a adopté à
l'unanimité, le 21 mars 2011,
une motion pendant
la troisième session de la 40e législature autorisant
l'adoption de
toutes les mesures nécessaires, incluant le recours aux Forces
canadiennes ainsi qu'aux ressources militaires,
conformément à la résolution 1973 du Conseil
de sécurité des Nations
unies (CSNU) ; et compte tenu que la Chambre a convenu à
l'unanimité
que si le
gouvernement doit prolonger l'intervention des Forces canadiennes
au-delà de trois mois à partir de l'adoption de la
présente motion, il
s'adresse à la Chambre dans les plus
brefs délais pour obtenir son appui ; par
conséquent, la Chambre appuie le prolongement de l'intervention
des
Forces
canadiennes
pendant
trois
mois
et
demi
dans le but de protéger des civils,
conformément à la résolution 1973 du
CSNU ; la Chambre appuie une augmentation de l'aide
humanitaire que le Canada offre aux personnes touchées par la
crise et des efforts déployés pour renforcer l'appui
du
Canada
aux
efforts
diplomatiques
énoncés
dans
la
résolution
1973 du
CSNU pour
arriver à un cessez-le-feu
en vue d'une transition politique menée par le peuple libyen, et
appuie
l'engagement du gouvernement à ne pas déployer de
troupes canadiennes au sol; que la Chambre déplore le
recours soutenu à la violence par le régime
libyen à l'endroit du peuple, y compris les allégations
de viol comme outil de guerre par le régime libyen et appuie
la participation du Canada à l'effort
international visant à prévenir ces crimes, à
faire enquête sur les personnes présumées coupables
et à les poursuivre ;
que le Comité permanent des affaires
étrangères et du développement international et le
Comité permanent de
la défense nationale demeurent saisis des activités
menées par le
Canada en application de la résolution
1973 du CSNU et apprécie la collaboration
entière et continue du
gouvernement aux réunions de comité et le partage de
l'information en
faisant preuve
de la plus grande transparence dont font preuve nos partenaires dans
cette opération ; et que la Chambre continue d'offrir
son appui inconditionnel aux
hommes et femmes des Forces canadiennes qui, par leur bravoure, sont
garants de nos droits et libertés. »
Le dirigeant libéral Bob Rae a mis de l'avant ce
sous-amendement à l'amendement du NPD :
« Que l'amendement [du NPD] soit
modifié par adjonction, après les mots
« peuple libyen », des mots suivants :
« a) Que le gouvernement canadien noue le
dialogue avec le Conseil
national libyen (CNL) basé à Benghazi comme entité
politique légitime
et représentante
du peuple libyen libre ; qu'il fournisse au CNL des conseils et de
l'aide en matière de gouvernance, y compris sur les droits des
femmes ;
« b) Et par adjonction, après le mot
« poursuivre », des mots
suivants : « qu'il veille à ce que les citoyens
canadiens, les
résidents
permanents ou les visiteurs au Canada ne soient soumis à aucune
menace
ou intimidation de la part de représentants du régime
Kadhafi ; »
Finalement le député du NPD Joe Comartin
a mis de l'avant les amendements suivants :
« Que la motion du gouvernement soit
modifiée en substituant dans
la version anglaise les mots « another
extension » par les mots « an
extension » et, dans le sous-amendement, en substituant les
mots
« Conseil national libyen (CNL) » par les mots
« Conseil national de
transition
(CNT) ».
Tous les amendements ont été reçus
comme étant « amicaux » et ont
été adoptés par la Chambre des Communes.

La «planification prudente»
du ministre de la Défense
Le gouvernement Harper poursuit ses efforts pour refaire
l'image du Canada en tant que fauteur de guerre. Il déclare
maintenant qu'avec le rôle qu'il joue en Libye,
le Canada est devenu « un gros joueur » au sein
de l'OTAN et un pays « prêt à agir »
quand des crimes sont commis contre la paix. Rien ne
dégoûte
plus les Canadiens et les Québécois que ce discours. De
plus, avec une population d'à peine 32 millions de
personnes, le Canada ne saurait prétendre au statut de
puissance moyenne, et ses dépenses militaires et ses plans pour
établir des bases militaires à l'étranger pour
réaliser son statut de « pays prêt à
agir » sont tout
à fait insoutenables. Ces plans vont à coup sûr
accroître l'opposition du peuple qui est appelé à
faire des sacrifices pour payer pour l'effort de guerre. Le
gouvernement Harper
qui gouverne de plus en plus sans le consentement des gouvernés
va se retrouver face à une opposition grandissante à ses
plans de guerre.
Le quotidien Le Devoir a
révélé au lendemain de l'élection
fédérale que le gouvernement canadien prévoit
établir des bases militaires dans sept pays étrangers.
Il rapporte que des négociations sont en cours à ce sujet
avec la Jamaïque, l'Allemagne, le Sénégal, le Kenya
ou la Tanzanie, le Koweït, Singapour et la Corée du sud.
Le ministre de la Défense Peter Mackay s'est
empressé de le nier dans une déclaration ambiguë sur
la permanence des bases. Il cherche à désinformer
l'opposition
populaire en détournant l'attention des plans du gouvernement et
du choix de ces pays. Le Canada, qui fait déjà partie des
forces d'occupation en Haïti, a-t-il vraiment
l'intention de se joindre aux impérialistes américains
dans d'autres interventions armées en Afrique et en Asie ?
Il faut dire non maintenant !
Le ministre a confirmé que le Canada
prévoit établir des bases à l'étranger pour
mieux positionner l'armée canadienne en vue d'une participation
à des missions
internationales futures, mais le lendemain un porte-parole de son
ministère a dit que « s'il est vrai qu'il faut une
planification prudente pour s'assurer que les opérations
expéditionnaires futures soient pleinement
soutenues », le Canada « n'a pas l'intention de
créer de grandes bases permanentes outre-mer ».
« Soyons clairs, a dit le ministre Mackay en
conférence de presse. L'objet de la planification est notre
capacité de déploiement dans des missions
internationales. »
« Nous sommes de gros joueurs au sein de
l'OTAN. Nous sommes un pays qui est maintenant prêt à agir
en réponse à des situations comme celle que nous avons
vue en Libye, comme ce que nous avons vu en Haïti »,
a-t-il dit.
« Nous travaillons constamment au sein de cet
ensemble de pays pour voir comment mettre à profit cette
capacité unique. Cela fait partie de la planification et
de la préparation, en relation avec nos besoins en
équipement. »
Le chroniqueur du Calgary Herald Kris Kotarski
écrit : « Serait-ce acceptable d'avoir de
grandes bases permanentes outre-mer ? Serait-il
acceptable d'en avoir de petites ?
« En songeant aux possibilités, je ne
peux m'empêcher de penser au journaliste chevronné Tom
Engerhardt, qui ne cesse de s'étonner du charme linguistique de
ce que l'administration Bush appelait des 'camps durables', cette
expression parfaitement floue du pentagonais pour désigner
quelque chose de très impopulaire, même aux
États-Unis, à savoir de grandes bases permanentes dans
des pays étrangers comme l'Afghanistan et l'Irak.
« Maintenant que l'engagement militaire le
plus important et le plus dispendieux du Canada tire à sa fin,
avec l'achèvement de notre mission de combat en
Afghanistan, et que le gouvernement s'est engagé à
prendre des mesures d'aplomb pour équilibrer le budget,
l'établissement de bases à l'étranger semble
illogique, à moins
que le Canada ait l'intention de ‘mettre à profit sa
capacité unique' beaucoup plus fréquemment.
« C'est sans doute ce que Peter Mackay et le
premier ministre Stephen Harper ont en réserve, mais selon un
sondage de février 2011 par Angus Reid, les
Canadiens sont contre la guerre en Afghanistan dans un rapport de
2 contre 1. »
Le chroniqueur note que la mission du Canada en Libye a
déjà coûté 26 millions $. En
prolongeant ce qui était censé être
une courte
mission, le coût passera à environ 60 millions $
d'ici la fin septembre.
Il déplore le fait que notre politique
étrangère et de défense soit menée
derrière des portes closes et que le public n'a droit
qu'à des communiqués occasionnels sur un
sujet aussi important que l'établissement de bases militaires
à l'étranger. « Il y a fort à parier
que nos alliés militaires au sud de la frontière sont
passablement heureux
d'avoir un partenaire junior qui possède ses propres ‘camps
durables' dans le monde. »
Les partis favorables à la guerre aiment
prétendre que la mission est légitime parce qu'elle a
été approuvée par le Conseil de
sécurité de l'ONU. Les députés doivent
répondre à certaines questions fondamentales avant de
voter en faveur de la continuation de la participation du Canada
à cette mission :
1. Quand l'ONU a-t-elle remis à l'OTAN la
responsabilité de mettre en application la résolution
1973 ? Sur quelle base peuvent-ils soutenir la mission de
l'OTAN ?
2. Le but déclaré de la Résolution
du Conseil de sécurité de l'ONU était
d'établir une zone d'interdiction de vol pour protéger
les civils. Comment cela s'est-il transformé
en une campagne de bombardement de l'OTAN qui a maintenant pour
objectif d'assassiner Kadhafi ? Pourquoi le ministre des Affaires
étrangères dit-il que le Canada
appuie des États, pas des gouvernements ? Cela
s'appliquait-il aussi à l'État yougoslave et non au
gouvernement yougoslave ? Si oui, qu'est-il advenu de
l'État
yougoslave ? Qui assumera la responsabilité des agissements
du Canada ?
LML s'oppose vigoureusement au prolongement de
la participation du Canada à la mission de l'OTAN en Libye. Les
travailleurs et toutes les personnes
éprises de paix demandent aux députés
d'élever la voix contre la participation du Canada à la
quête de domination mondiale des États-Unis.
Intensifions l'opposition à toutes les guerres
d'agression et d'occupation ! Non à l'usage de la force
dans la résolution des conflits à l'intérieur des
nations et entre
les nations. Non à l'ingérence dans les affaires
intérieures de pays souverains et non aux opérations
clandestines, aux assassinats ciblés et à l'usage
délibéré de l'anarchie
et de la violence pour réaliser le changement de régime.
Canada, hors de l'OTAN ! L'OTAN
doit être démantelée !

OTAN, hors de Libye!
Dans un article publié par Russia Today et
Stop NATO, Boris Volkhonsky souligne
la
nécessité de s'opposer à ce que fait l'OTAN en
Libye
et d'exiger le retrait de l'OTAN.
« La logique semble du moins bizarre. La
résolution no 1973 du Conseil de sécurité de
l'ONU, qui a donné le feu vert aux opérations militaires
de l'OTAN contre le régime de Kadhafi, indique clairement que le
but de l'opération est d'établir une zone d'exclusion
aérienne au-dessus de la Libye et de protéger la
population civile.
« La zone d'exclusion aérienne a
été créée en quelques jours après le
début de l'opération. Cela ne semble pas
satisfaire l'OTAN et en dehors de
l'armée de l'air libyenne et de ses infrastructures, ils ont
commencé à attaquer d'autres installations militaires en
disant protéger la population civile. Mais
jusqu'à
présent, personne n'a vraiment calculé qui a
causé le plus de victimes parmi les civils libyens - le
régime de Kadhafi, les rebelles ou les frappes de l'OTAN.
« Ensuite, bien que la résolution no
1973 l'interdit directement, il y a des rapports à l'effet
que des troupes terrestres de l'OTAN sont déjà en Libye.
Au moins un fait n'a jamais été caché - et c'est
l'utilisation d'hélicoptères de combat, qui n'est qu'une
étape précédant une opération terrestre
à grande
échelle.
« Avec tout le soutien massif de l'OTAN, les
rebelles ne semblent pas aptes ou disposés (ou plus
vraisemblablement, les deux) à lancer une
offensive décisive contre les forces de Kadhafi. Le fardeau de
l'ensemble de l'opération (qui, comme l'a démontré
la réunion de Bruxelles, épuise de plus en plus l'OTAN)
doit être pris en charge par l'Alliance, mais le régime de
Kadhafi, bien qu'affaibli, résiste toujours dans son dernier
repli - la capitale Tripoli.
« Si les forces de Kadhafi
réussissent à garder la main sur Tripoli pour quelque
temps encore, ne serait-ce pas logique du point de vue de l'OTAN de
déclarer TOUS les gens qui vivent dans la capitale des militants
et donc des cibles légitimes pour des bombardements
massifs ? Ce qui adviendra ensuite est
trop dangereux à imaginer [...] .
Les partis pro-guerre au Canada doivent être
tenus responsables des conséquences de l'accroissement de la
participation
du Canada au
sein de la mission de l'OTAN. Toute tentative de détourner le
débat de cette question de fond (que le Canada commet des crimes
contre la paix et des crimes de guerre
tels que définis par l'expérience de la Seconde Guerre
mondiale) doit être repoussée. Il est devenu pratique
courante d'accuser
votre ennemi de choses horribles pour justifier
ce qui ne peut être justifié et de cacher qui
précisément commet les crimes et pourquoi.

Que se cache-t-il derrière la prétendu
«lassitude» de
l'OTAN?
Il y a beaucoup de
débats
dans les médias et dans
les cercles officiels à l'effet que la mission en Libye
révèle une « lassitude de l'OTAN ».
Il nous semble
que le but soit de forcer le Canada et les autres pays à
« ailler au
bâton » et
« prendre leurs responsabilités » pour
alléger le fardeau
financier des États-Unis. La position du gouvernement
Harper est de servir les
impérialistes étatsuniens en assumant davantage
les coûts humains et monétaires que les États-Unis
ne sont plus en mesure de payer ou disposés à
payer. Est-ce bien ce que veulent les Canadiens ?
Voici les propos du secrétaire de la
Défense des États-Unis, Robert Gates, tels que rendus par
Nancy A. Youssef dans les quotidiens McClatchy :
« Vendredi le 9 juin, le secrétaire de la
Défense
Robert Gates a
dressé un portrait plutôt sombre de la mission de
l'Organisation du traité de
l'Atlantique nord en Libye lors d'un discours qui se voulait une
incitation aux membres de l'Alliance à dépenser davantage
pour la défense.
« Rappelant que la mission en Libye
n'en est qu'à sa douzième semaine, Gates a
déclaré aux représentants de l'OTAN réunis
à Bruxelles qu' 'il
était devenu on ne peut plus clair' que l'effort
déployé pour chasser Mouammar Kadhafi du pouvoir avait
mis en lumière un ensemble de ‘manques, résultant
à la
fois d'un manque de capacité et de volonté, qui peuvent
potentiellement mettre en danger la capacité de l'alliance de
mener une campagne air-mer orchestrée, efficace et
soutenue'.
« Parmi les manques cités par
Gates :
« Deux des membres moins importants de
l'alliance, le Danemark et la Norvège, dirigent actuellement
30 % des missions de bombardement contre les forces
de Kadhafi. 'Alors que chaque membre a voté en faveur de la
mission en Libye', moins de la moitié des 28 membres de
l'OTAN ont participé à la campagne, a dit
Gates. »
Nous sommes certains que le Canada n'est pas content
qu'on n'en fasse pas mention en tant que principal soutien des missions
de bombardement. Le ministre de la
Défense, Peter MacKay, a indiqué récemment que les
avions à réaction canadiens ont mené à peu
près 350 sorties, sans parler des sorties menées par les
avions ravitailleurs
et les patrouilles de surveillance. Au total, l'OTAN a mené
approximativement 10 000 sorties.
Youssef poursuit :
« Des pilotes aux commandes des meilleurs
avions de combat au monde cherchent les cibles par manque de
renseignement militaire. 'Les aéoronefs les plus
sophistiqués ne sont pas très utiles si les alliés
n'ont pas la capacité d'identifier, d'évaluer et de
frapper des cibles sur la base d'une campagne orchestrée', a dit
Gates.
« Le centre de contrôle de l'OTAN qui
planifie les missions libyennes est fauché et peut à
peine gérer les 150 sorties quotidiennes contre la Libye – ce
qui
représente la moitié des missions que le centre peut en
principe gérer, selon Gates. Pour y arriver, il a fallu
'augmenter de façon significative les
spécialistes en
désignation d'objectif, en provenance principalement des
États-Unis – une infusion de dernière minute de
personnel qui ne sera peut-être pas toujours disponible pour
de futures éventualités'.
« La mission, par manque de bombes et de
missiles, se voit dans l'obligation de se tourner vers les
États-Unis pour des nouveaux ravitaillements, alors que la Libye
de Kadhafi est 'un régime mal armé dans un pays peu
peuplé'.
« Gates a dit que dans les premières
semaines de la campagne, 'les objectifs militaires premiers' avaient
été atteints – c'est-à-dire, clouer au sol la
force aérienne de Kadhafi et affaiblir sa capacité de
mener une offensive militaire contre ses propres citoyens'. Il n'a
fait, par contre, aucune
prédiction pour dire si la campagne réussirait à
chasser Kadhafi ou pour suggérer la durée de la campagne.
« En Libye, le principal grief des rebelles
est que l'OTAN a fait la sourde oreille à leurs demandes de
frapper des cibles militaires de Kadhafi. Récemment, les
rebelles ont demandé à des forces de l'OTAN de cibler des
caches d'armes et des nids de tireurs d'élite dans la ville
éprouvée de Misrata, la troisième plus grande
ville en
Libye.
« En dépit des bombardements intensifs
de l'OTAN, le conflit est dans l'impasse depuis plusieurs semaines,
alors que les rebelles libyens s'accaparent Misrata
ainsi que l'est du pays, tandis que Kadhafi contrôle les
régions à l'ouest ainsi que ses plus importantes
installations d'exportation de pétrole.
« L'évaluation plutôt sombre
rendue par Gates de la campagne de l'OTAN en Libye vient au moment
où
un nombre grandissant de membres du Congrès remettent
en question la légalité et la logique de l'implication
des États-Unis en Libye. L'administation Obama a exigé
que Kadhafi abdique, mais après avoir dirigé la mission
au cours
du premier mois, elle a réduit sa participation à celle
de fournisseur de munitions, de renseignements et d'avions de
reconnaissance.
« La semaine dernière, la Chambre des
représentants a approuvé une mesure exigeant que le
président Barack Obama présente au Congrès un
compte-rendu sur
la Libye avant la fin du mois. Cette mesure avait un vaste appui
bipartisan. Une autre mesure qui exigeait que l'administation se retire
de la campagne libyenne a été battue,
à 265 contre 148, mais elle aussi avait reçu l'appui
à la fois de
Démocrates et de Républicains.
« La mission libyenne n'a pas
été touchée par un vote au sénat et ce
n'est pas clair si elle le sera. Le président du Comité
sénatorial des relations étrangères, John
Kerry, D-Mass., ainsi que le sénateur John McCain, d'Arizona, le
principal républicain sur le Comité sénatorial des
services armés, avaient dit plus tôt cette semaine qu'ils
proposeraient une résolution en appui à la mission
militaire des États-Unis en Libye, initiative qu'Obama avait
appuyée par écrit le mois dernier. Par contre, Kerry a
déclaré
plus tard qu'une telle résolution était peu probable.
« La contribution des États-Unis en
Libye revient à peu près à 2 million $
par jour, selon un mémo interne du Pentagone publié par
le Financial
Times plus tôt cette semaine ; à la mi-mai,
l'armée des États-Unis avait dépensé
664 million $.
« Gates était beaucoup plus
enthousiaste face à la participation de l'OTAN en Afghanistan
par le biais de la Force internationale d'assistance à la
sécurité (FIAS),
disant que l'effort qui y était déployé avait
donné d'importants résultats.
« Pour tout dire, il y quatre ans, je ne me
serais pas attendu à ce que l'alliance soutienne cette
opération à ce niveau pour aussi longtemps, encore moins
qu'elle
augmenterait considérablement ses forces en 2010', a-t-il dit.
‘C'est à l'honneur des braves troupes au sol de la FIAS, ainsi
que des gouvernements alliés qui ont défendu la
mission afghane malgré les circonstances politiques difficiles
chez eux.'
« Mais il a prévenu que l'alliance ne
serait possiblement plus un investissement de choix alors que
l'administration Obama s'apprête à faire des coupures dans
le
budget
de la défense de l'ordre de 400 million $ sur 12 ans.
Il a dit que la part des États-Unis dans la défense de
l'OTAN est maintenant de 75 %, alors qu'elle
était de 50 % pendant la Guerre froide.
« La réalité incontournable est
qu'au sein du Congrès des États-Unis et du corps
politique étatsunien, il y aura de moins en moins
d'appétit pour d'importantes dépenses de fonds publics
pour le compte de pays qui sont pas, semble-t-il,
intéressés à
déployer les ressources nécessaires ou à
opérer les transformations requises pour devenir des
partenaires autonomes, sérieux et capables, a
dit Gates. »
(Les citations sont
traduites par LML)

Derrière les fausses accusations de
«viol» du Tribunal pénal international: les forces
de l'OTAN préparent-elles une attaque terrestre?
- Sara Flounders, International Action
Center, 10 juin 2011 -
Sans même présenter l'ombre d'une preuve
fiable, les conspirateurs de l'OTAN et du Tribunal pénal
international accusent le gouvernement de la Libye de conspiration
en vue de viol - pas seulement le viol en tant que « dommage
collatéral » de la guerre, mais le viol comme arme
politique.
Cette accusation d'une future campagne orchestrée
de viols a été lancée lors d'une conférence
de presse appelée par le procureur en chef du Tribunal
pénal
international le 8 juin 2011. L'accusation encore plus folle et
non corroborée du Tribunal pénal international selon
laquelle la Libye prévoit distribuer massivement
du Viagra à ses troupes, confirme qu'il s'agit là de
propagande rebattue dans la forme la plus indigne.
Il est important de comprendre que les pays de l'OTAN,
avec la pleine complicité des médias monopolisés
et du TPI, répandent ce gros mensonge dans le but de
gagner de l'appui en vue d'une attaque au sol et pour
faire taire toute opposition à cette attaque, qui serait
autrement impopulaire en Europe et aux États-Unis.
Cette accusation abracadabrante vient ajouter à la preuve d'une
escalade massive des bombardements visant des cibles urbaines en Libye,
l'utilisation d'hélicoptères français
et britanniques donnant un appui rapproché aux troupes
terrestres et le positionnement dans la Méditerranée au
large de la Libye de navires de guerre américains pouvant
débarquer rapidement des soldats. L'alliance de l'OTAN est
prête à tout pour interdire toute discussion ou
défense de la Libye et élever la guerre de l'OTAN au
niveau d'une
croisade «pour défendre les femmes».
L'accusation de viol comme arme politique a
été répandue - sans preuve - contre les forces
serbes pour justifier les plans des Américains pour la
première campagne
de bombardements de l'OTAN de l'histoire de cette alliance militaire en
1994, en Bosnie, et a été utilisée de nouveau
en 1999 en Serbie pendant la première
occupation de l'OTAN. L'accusation de viol a été
utilisée pour faire accepter la guerre criminelle contre la
Yougoslavie au public aux États-Unis et en Europe.
Un plan semblable est en préparation pour la Libye.
Trop souvent, des mensonges extravagants sont
fabriqués et répandus pour justifier les guerres
impérialistes. En 1991, la première guerre contre l'Irak
a été justifiée par
des accusations que l'armée irakienne avait
arraché des bébés des incubateurs au Koweït,
pour ensuite les écraser sur le sol. Cela a été
présenté comme un
« témoignage » fiable au Congrès
des États-Unis et à l'ONU. Des mois plus tard, il a
été confirmé que c'était là une
fabrication. Mais le mensonge avait
fonctionné. En 2001, les médias monopolisés et les
politiciens américains ont prétendu qu'ils devaient
bombarder et ensuite occuper massivement l'Afghanistan pour regagner
les droits des femmes, que les talibans leur avaient
enlevés. La situation des femmes en Afghanistan et celle de
toute la population s'est détériorée encore plus
sous
l'occupation États-Unis/OTAN.
Malgré les preuves vidéo et photo que le
monde entier a vues par le biais de WikiLeaks, le Tribunal pénal
international n'a jamais envisagé, un seul instant,
de déposer des accusations criminelles contre les soldats
américains, britanniques, français ou allemands.
Les images, les vidéos et les reportages dans les
journaux importants sur les tortures sexuelles et les humiliations
à la prison de Abu Ghraib en Irak, commises par des
soldats américains, les témoignages des soldats
américains impliqués dans les viols, les tortures, les
mutilations et les exécutions en Irak et en Afghanistan,
confirment la
réalité brutale des guerres américaines, qui n'ont
jamais eu pour but de « sauver » les femmes.
En tant que pays africain, la Libye peut difficilement
s'attendre à une audience équitable ou à quelque
forme de justice que ce soit de la part du TPI. Le Tribunal
pénal
international, créé avec des espoirs élevés
de justice internationale en 2002, a été utilisé
contre 7 pays - tous africains. Pendant ce temps, le TPI n'a
jamais examiné
les attaques américaines de drones contre des civils sans
défense dans au moins 8 pays africains, arabes et
sud-asiatiques. Les invasions et les occupations américaines
n'ont pas été examinées non plus. Les
bombardements d'Israël contre le peuple palestinien sont
« en dehors des limites autorisées ».
Il est essentiel en ce moment de rappeler à
toutes les personnes préoccupées par les droits des
femmes que l'intervention américaine ou n'importe quelle
intervention
impérialiste n'ont jamais protégé les femmes.
Même les femmes qui servent au sein de la machine de guerre
américaine ne sont pas « en
sécurité ». Selon une
étude publiée par le Journal
of Military Medecine,
71 % des femmes soldats ont été agressées
sexuellement ou violées alors qu'elles servaient dans
l'armée américaine.
Les femmes agressées rapportent routinièrement l'absence
de
traitements médicaux adéquats et de services de
conseillers et dénoncent les enquêtes
criminelles incomplètes et les menaces de punition
pour avoir rapporté les agressions. En 2009, le Pentagone a
admis qu'environ 80 % des viols ne sont jamais rapportés -
ce qui en fait le crime le moins documenté
dans l'armée. De plus, les bases militaires américaines
ne sont que trop souvent entourées de toute une industrie du
sexe, avec des femmes abusées qui sont forcées par la
faim, la dislocation et la perte des familles à travailler dans
les bars et les clubs.
Dans toutes les sociétés, le viol n'a que
très peu de rapport avec la sexualité et le désir.
Il a toujours été utilisé pour imposer le pouvoir
et la domination.
L'accusation de « viol politique »
dans ce cas-ci n'a pas de sens et n'a pas de base autre que celle du
désir des États-Unis et de l'OTAN de justifier
l'expansion de la guerre contre la Libye.
Arrêtez l'intervention des États-Unis et de
l'OTAN en Libye.

La première livraison de pétrole libyen
arrive aux États-Unis
La première livraison de pétrole libyen
est arrivée aux États-Unis le 8 juin, suite à
une entente signée par les États-Unis et le soi-disant
Conseil national de transition
(CNT), indique Vladimir Gladkov écrivant pour Voix de la
Russie.
« La vente révèle enfin les
vraies raisons derrière la campagne de l'OTAN, auparavant
décrite comme une tentative d'assurer la
sécurité des civils
libyens, écrit Gladkov. Les dits
civils continuent de souffrir, les forces de l'OTAN continuent
d'essayer de sortir de l'impasse et l'Amérique semble être
la seule partie dans ce conflit à bénéficier de la
prétendue opération de sauvetage »,
ajoute-t-il.
Le plan « pour prendre toutes les mesures
nécessaires afin de protéger les civils et les zones
peuplées de civils », décrété
par la résolution du Conseil
de sécurité de l'ONU, échoue misérablement,
indique Gladkov.
Faisant référence au pétrole
libyen qui est envoyé sans encombrement en Amérique,
Gladkov informe que le 8 juin, le Département d'État
des États-Unis
a confirmé que le prétendu gouvernement rebelle qui
contrôle les régions de l'est de la Libye a conclu sa
première vente.
« L'entente fait suite à une annonce
par le Bureau de contrôle des avoirs étrangers au
Département du Trésor qui a établi une nouvelle
politique de
concession de licences à la Libye. Les États-Unis doivent
prendre cette mesure pour faciliter les transactions liées au
pétrole avec le Conseil national de transition.
« Selon une entente écrite du
Département d'État, Tesero, un raffineur
américain, a signé une entente avec le Conseil national
de transition basé
à Benghazi en Libye pour 1,2 million de barils de
pétrole brut. La valeur en dollars de l'entente est encore
inconnue.
« La déclaration affirme que la
véritable raison derrière l'entente avec le CNT est
l'intention d'appuyer le peuple libyen. Toutefois, il faut être
extrêmement
naïf pour croire que les Libyens pris dans la
tourmente des feux croisés obtiendront un seul cent de cette
entente.
« Tandis que les États-Unis
résolvent leur problème de
pétrole, les dirigeants occidentaux et arabes se
préparent à décider de l'avenir de la Libye.
Les membres du prétendu Groupe de contact - une coalition de
divers pays et organisations internationales qui ont officiellement
reconnu le CNT en tant que gouvernement
légitime de la Libye - doivent se rencontrer aux Émirats
arabes unis. Il s'agit de la troisième réunion du groupe
chargé de discuter du potentiel de développement du pays
après la fin du régime de Kadhafi.
« C'est un fait étonnant que,
malgré le début du commerce de pétrole avec le
CNT, les États-Unis n'ont pas reconnu le nouveau gouvernement de
la Libye
.« Nous sommes encore à soupeser le tout mais il n'y
a pas de décision finale à l'heure actuelle »,
a déclaré un représentant américain.
« Le dernier rapport du Haut Commissariat
aux droits de l'homme déclare que les crimes de guerre dans ce
pays troublé se poursuivent et cela signifie que
les citoyens de la Libye continuent de payer un prix sanglant pour les
ambitions européennes et le pétrole des
Américains», écrit en conclusion Gladkov.

Lettre à la rédaction
Canada, hors de Libye!
- Pierre Soublière -
Le Canada joue à l'heure actuelle un rôle
extrêmement dégoûtant en appuyant et en s'alliant
avec les forces les plus réactionnaires et bellicistes aux
États-Unis et à
l'échelle mondiale. Alors qu'il existe en ce moment une division
au sein même de la Chambre des représentants aux
États-Unis sur la question de la Libye, et que des
Républicains se joignent aux Démocrates pour demander le
retrait des
États-Unis de la Libye, nous sommes en droit de nous demander
comment nous pouvons trouver une telle unanimité -
à quelques exceptions près - au sein du parlement
canadien.
Le fait que le gouvernement conservateur ait
annoncé qu'il reconnaît officiellement les rebelles
libyens fait en sorte que tous les palabres sur la nature du mandat
lié à
la résolution 1973 de l'ONU et sur l'approche plus
humanitaire sont futiles et ridicules. Le ministre des Affaires
étrangères, John
Baird, a déclaré au parlement que les rebelles sont les
véritables représentants du peuple libyen. Cela contredit
sur toute la ligne les prétentions à l'effet que
le
Canada
intervient à l'étranger pour « aider à
bâtir
des démocraties authentiques » et autres balivernes. Baird
est
déjà à proposer des rencontres entre des membres
du Conseil transitoire
national de la Libye et leurs homologues canadiens. Il admet
que le changement de régime n'est pas partie
intégrante du mandat officiel de l'ONU qui «autorise
la mission militaire», mais est « un élément
clé
pour une solution politique à long terme ».
Baird et sa bande ont précisément mis la
politique et la diplomatie à la poubelle pour intervenir par la
force, qu'elle soit autorisée par l'ONU ou pas. Ceci ne
représente
pas ce que veut le peuple canadien et doit cesser

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