Non à la poursuite de la participation militaire du Canada dans
la lâche agression impérialiste de l'OTAN contre la Libye

Le vote pro-guerre expose la fraude
du «parlement équilibré»


LML dénonce le vote au parlement le 14 juin prolongeant la participation du Canada aux crimes de l'OTAN en Libye. Les députés ont adopté la motion à 294 contre 1, avec l'appui de tous les partis à la Chambre sauf le Parti vert, représenté par Elizabeth May. Et suite à un amendement des libéraux à la motion des conservateurs, le Canada reconnaît maintenant le Conseil national de transition, le groupe de « rebelles » commandités par les puissances étrangères, comme gouvernement légitime de la Libye.

Le ministre des Affaires étrangères John Baird a dit : « Nous saluons les efforts déployés par le Conseil national de transition pour définir ses principes directeurs essentiels [...] un processus de transition fondé sur l'inclusion et sur une représentation équilibrée. Nous maintiendrons un dialogue ouvert avec le CNT pour cerner les besoins les plus pressants de la Libye, maintenant et à long terme. Nous ferons tout en notre pouvoir pour mettre le CNT en rapport avec les spécialistes canadiens en matière de gouvernance et de société civile. »

Ce vote confirme que nous avons un gouvernement de guerre au Canada. La position anti-guerre des Canadiens et des Québécois n'est pas représentée au parlement et cela réduit à néant la prétention que le 41e parlement élu le 2 mai dernier est « équilibré ». On cherche à faire croire qu'il y a maintenant un Parti au Pouvoir qui représente la majorité et un Parti dans l'Opposition qui représentent ceux qui ne sont pas d'accord, de même que des députés libéraux et bloquistes qui représenteraient tous les autres.

L'illusion d'un parlement « équilibré » dans lequel le désir de paix des Canadiens et des Québécois n'est pas représenté ne saurait tenir très longtemps. Nos peuples se sont sacrifiés dans deux guerres mondiales pour garantir la paix, un État de droit international et un système d'États qui élimine le recours à la force comme méthode de résolution des conflits entre les peuples et qui ne permet pas la criminalisation des luttes de résistance. Les Canadiens et les Québécois ont également appuyé ce qu'ils croyaient être des missions de maintien de la paix pour contrer les crimes contre la paix et favoriser des solutions politiques. Ils n'ont jamais voté pour devenir une nation guerrière ou accepté l'annexion à la machine de guerre et aux visées de domination mondiale des États-Unis. C'est à cause de ce profond sentiment anti-guerre que les partis pro-guerre sont obligés de prétendre que la participation du Canada à la guerre d'agression et d'occupation est pour défendre la paix, la démocratie, les droits humains et l'état de droit.

LML lance l'appel à tous à dénoncer ces arguments intéressés et à voir la nécessité de nous fixer un programme politique indépendant qui mène à l'établissement d'un gouvernement anti-guerre.

Motion et amendement adoptés pour le prolongement de la participation canadienne au sein de la mission de l'OTAN contre la Libye

Le 14 juin, le ministre des affaires étrangères John Baird a déposé la motion suivante concernant la mission en Libye :

« Qu'en signe de solidarité envers les personnes en quête de liberté en Libye, la Chambre a adopté à l'unanimité, le 21 mars 2011, une motion pendant la troisième session de la 40e législature autorisant l'adoption de toutes les mesures nécessaires, incluant le recours aux Forces canadiennes ainsi qu'aux ressources militaires, conformément à la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) ; et compte tenu que la Chambre a convenu à l'unanimité que si le gouvernement doit prolonger l'intervention des Forces canadiennes au-delà de trois mois à partir de l'adoption de la présente motion, il s'adresse à la Chambre dans les plus brefs délais pour obtenir son consentement ; par conséquent, la Chambre consent à prolonger l'intervention des Forces canadiennes pendant trois mois et demi, conformément à la résolution 1973 du CSNU ; que la Chambre déplore le recours soutenu à la violence par le régime libyen à l'endroit du peuple, y compris les allégations de viol comme outil de guerre par le régime libyen ; que le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international et le Comité permanent de la défense nationale demeurent saisis des activités menées par le Canada en application de la résolution 1973 du CSNU ; et que la Chambre continue d'offrir son appui inconditionnel aux hommes et femmes des Forces canadiennes qui, par leur bravoure, sont garants de nos droits et libertés. »

Le NPD a déposé la proposition d'amendement suivant (les changements sont en caractère gras) :

« Qu'en signe de solidarité envers les personnes en quête de liberté en Libye, la Chambre a adopté à l'unanimité, le 21 mars 2011, une motion pendant la troisième session de la 40e législature autorisant l'adoption de toutes les mesures nécessaires, incluant le recours aux Forces canadiennes ainsi qu'aux ressources militaires, conformément à la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) ; et compte tenu que la Chambre a convenu à l'unanimité que si le gouvernement doit prolonger l'intervention des Forces canadiennes au-delà de trois mois à partir de l'adoption de la présente motion, il s'adresse à la Chambre dans les plus brefs délais pour obtenir son appui ; par conséquent, la Chambre appuie le prolongement de l'intervention des Forces canadiennes pendant trois mois et demi dans le but de protéger des civils, conformément à la résolution 1973 du CSNU ; la Chambre appuie une augmentation de l'aide humanitaire que le Canada offre aux personnes touchées par la crise et des efforts déployés pour renforcer l'appui du Canada aux efforts diplomatiques énoncés dans la résolution 1973 du CSNU pour arriver à un cessez-le-feu en vue d'une transition politique menée par le peuple libyen, et appuie l'engagement du gouvernement à ne pas déployer de troupes canadiennes au sol; que la Chambre déplore le recours soutenu à la violence par le régime libyen à l'endroit du peuple, y compris les allégations de viol comme outil de guerre par le régime libyen et appuie la participation du Canada à l'effort international visant à prévenir ces crimes, à faire enquête sur les personnes présumées coupables et à les poursuivre ; que le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international et le Comité permanent de la défense nationale demeurent saisis des activités menées par le Canada en application de la résolution 1973 du CSNU et apprécie la collaboration entière et continue du gouvernement aux réunions de comité et le partage de l'information en faisant preuve de la plus grande transparence dont font preuve nos partenaires dans cette opération ; et que la Chambre continue d'offrir son appui inconditionnel aux hommes et femmes des Forces canadiennes qui, par leur bravoure, sont garants de nos droits et libertés. »

Le dirigeant libéral Bob Rae a mis de l'avant ce sous-amendement à l'amendement du NPD :

« Que l'amendement [du NPD] soit modifié par adjonction, après les mots « peuple libyen », des mots suivants :

« a) Que le gouvernement canadien noue le dialogue avec le Conseil national libyen (CNL) basé à Benghazi comme entité politique légitime et représentante du peuple libyen libre ; qu'il fournisse au CNL des conseils et de l'aide en matière de gouvernance, y compris sur les droits des femmes ;

« b) Et par adjonction, après le mot « poursuivre », des mots suivants : « qu'il veille à ce que les citoyens canadiens, les résidents permanents ou les visiteurs au Canada ne soient soumis à aucune menace ou intimidation de la part de représentants du régime Kadhafi ; »

Finalement le député du NPD Joe Comartin a mis de l'avant les amendements suivants :

« Que la motion du gouvernement soit modifiée en substituant dans la version anglaise les mots « another extension » par les mots « an extension » et, dans le sous-amendement, en substituant les mots « Conseil national libyen (CNL) » par les mots « Conseil national de transition (CNT) ».

Tous les amendements ont été reçus comme étant « amicaux » et ont été adoptés par la Chambre des Communes.

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La «planification prudente»
du ministre de la Défense

Le gouvernement Harper poursuit ses efforts pour refaire l'image du Canada en tant que fauteur de guerre. Il déclare maintenant qu'avec le rôle qu'il joue en Libye, le Canada est devenu « un gros joueur » au sein de l'OTAN et un pays « prêt à agir » quand des crimes sont commis contre la paix. Rien ne dégoûte plus les Canadiens et les Québécois que ce discours. De plus, avec une population d'à peine 32 millions de personnes, le Canada ne saurait prétendre au statut de puissance moyenne, et ses dépenses militaires et ses plans pour établir des bases militaires à l'étranger pour réaliser son statut de « pays prêt à agir » sont tout à fait insoutenables. Ces plans vont à coup sûr accroître l'opposition du peuple qui est appelé à faire des sacrifices pour payer pour l'effort de guerre. Le gouvernement Harper qui gouverne de plus en plus sans le consentement des gouvernés va se retrouver face à une opposition grandissante à ses plans de guerre.

Le quotidien Le Devoir a révélé au lendemain de l'élection fédérale que le gouvernement canadien prévoit établir des bases militaires dans sept pays étrangers. Il rapporte que des négociations sont en cours à ce sujet avec la Jamaïque, l'Allemagne, le Sénégal, le Kenya ou la Tanzanie, le Koweït, Singapour et la Corée du sud.

Le ministre de la Défense Peter Mackay s'est empressé de le nier dans une déclaration ambiguë sur la permanence des bases. Il cherche à désinformer l'opposition populaire en détournant l'attention des plans du gouvernement et du choix de ces pays. Le Canada, qui fait déjà partie des forces d'occupation en Haïti, a-t-il vraiment l'intention de se joindre aux impérialistes américains dans d'autres interventions armées en Afrique et en Asie ? Il faut dire non maintenant !

Le ministre a confirmé que le Canada prévoit établir des bases à l'étranger pour mieux positionner l'armée canadienne en vue d'une participation à des missions internationales futures, mais le lendemain un porte-parole de son ministère a dit que « s'il est vrai qu'il faut une planification prudente pour s'assurer que les opérations expéditionnaires futures soient pleinement soutenues », le Canada « n'a pas l'intention de créer de grandes bases permanentes outre-mer ».

« Soyons clairs, a dit le ministre Mackay en conférence de presse. L'objet de la planification est notre capacité de déploiement dans des missions internationales. »

« Nous sommes de gros joueurs au sein de l'OTAN. Nous sommes un pays qui est maintenant prêt à agir en réponse à des situations comme celle que nous avons vue en Libye, comme ce que nous avons vu en Haïti », a-t-il dit.

« Nous travaillons constamment au sein de cet ensemble de pays pour voir comment mettre à profit cette capacité unique. Cela fait partie de la planification et de la préparation, en relation avec nos besoins en équipement. »

Le chroniqueur du Calgary Herald Kris Kotarski écrit : « Serait-ce acceptable d'avoir de grandes bases permanentes outre-mer ? Serait-il acceptable d'en avoir de petites ?

« En songeant aux possibilités, je ne peux m'empêcher de penser au journaliste chevronné Tom Engerhardt, qui ne cesse de s'étonner du charme linguistique de ce que l'administration Bush appelait des 'camps durables', cette expression parfaitement floue du pentagonais pour désigner quelque chose de très impopulaire, même aux États-Unis, à savoir de grandes bases permanentes dans des pays étrangers comme l'Afghanistan et l'Irak.

« Maintenant que l'engagement militaire le plus important et le plus dispendieux du Canada tire à sa fin, avec l'achèvement de notre mission de combat en Afghanistan, et que le gouvernement s'est engagé à prendre des mesures d'aplomb pour équilibrer le budget, l'établissement de bases à l'étranger semble illogique, à moins que le Canada ait l'intention de ‘mettre à profit sa capacité unique' beaucoup plus fréquemment.

« C'est sans doute ce que Peter Mackay et le premier ministre Stephen Harper ont en réserve, mais selon un sondage de février 2011 par Angus Reid, les Canadiens sont contre la guerre en Afghanistan dans un rapport de 2 contre 1. »

Le chroniqueur note que la mission du Canada en Libye a déjà coûté 26 millions $. En prolongeant ce qui était censé être une courte mission, le coût passera à environ 60 millions $ d'ici la fin septembre.

Il déplore le fait que notre politique étrangère et de défense soit menée derrière des portes closes et que le public n'a droit qu'à des communiqués occasionnels sur un sujet aussi important que l'établissement de bases militaires à l'étranger. « Il y a fort à parier que nos alliés militaires au sud de la frontière sont passablement heureux d'avoir un partenaire junior qui possède ses propres ‘camps durables' dans le monde. »

Les partis favorables à la guerre aiment prétendre que la mission est légitime parce qu'elle a été approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU. Les députés doivent répondre à certaines questions fondamentales avant de voter en faveur de la continuation de la participation du Canada à cette mission :

1. Quand l'ONU a-t-elle remis à l'OTAN la responsabilité de mettre en application la résolution 1973 ? Sur quelle base peuvent-ils soutenir la mission de l'OTAN ?

2. Le but déclaré de la Résolution du Conseil de sécurité de l'ONU était d'établir une zone d'interdiction de vol pour protéger les civils. Comment cela s'est-il transformé en une campagne de bombardement de l'OTAN qui a maintenant pour objectif d'assassiner Kadhafi ? Pourquoi le ministre des Affaires étrangères dit-il que le Canada appuie des États, pas des gouvernements ? Cela s'appliquait-il aussi à l'État yougoslave et non au gouvernement yougoslave ? Si oui, qu'est-il advenu de l'État yougoslave ? Qui assumera la responsabilité des agissements du Canada ?

LML s'oppose vigoureusement au prolongement de la participation du Canada à la mission de l'OTAN en Libye. Les travailleurs et toutes les personnes éprises de paix demandent aux députés d'élever la voix contre la participation du Canada à la quête de domination mondiale des États-Unis.

Intensifions l'opposition à toutes les guerres d'agression et d'occupation ! Non à l'usage de la force dans la résolution des conflits à l'intérieur des nations et entre les nations. Non à l'ingérence dans les affaires intérieures de pays souverains et non aux opérations clandestines, aux assassinats ciblés et à l'usage délibéré de l'anarchie et de la violence pour réaliser le changement de régime.

Canada, hors de l'OTAN ! L'OTAN doit être démantelée !

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OTAN, hors de Libye!

Dans un article publié par Russia Today et Stop NATO, Boris Volkhonsky souligne la nécessité de s'opposer à ce que fait l'OTAN en Libye et d'exiger le retrait de l'OTAN.

« La logique semble du moins bizarre. La résolution no 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a donné le feu vert aux opérations militaires de l'OTAN contre le régime de Kadhafi, indique clairement que le but de l'opération est d'établir une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye et de protéger la population civile.

« La zone d'exclusion aérienne a été créée en quelques jours après le début de l'opération. Cela ne semble pas satisfaire l'OTAN et en dehors de l'armée de l'air libyenne et de ses infrastructures, ils ont commencé à attaquer d'autres installations militaires en disant protéger la population civile. Mais jusqu'à présent, personne n'a vraiment calculé qui a causé le plus de victimes parmi les civils libyens - le régime de Kadhafi, les rebelles ou les frappes de l'OTAN.

«  Ensuite, bien que la résolution no 1973 l'interdit directement, il y a des rapports à l'effet que des troupes terrestres de l'OTAN sont déjà en Libye. Au moins un fait n'a jamais été caché - et c'est l'utilisation d'hélicoptères de combat, qui n'est qu'une étape précédant une opération terrestre à grande échelle.

« Avec tout le soutien massif de l'OTAN, les rebelles ne semblent pas aptes ou disposés (ou plus vraisemblablement, les deux) à lancer une offensive décisive contre les forces de Kadhafi. Le fardeau de l'ensemble de l'opération (qui, comme l'a démontré la réunion de Bruxelles, épuise de plus en plus l'OTAN) doit être pris en charge par l'Alliance, mais le régime de Kadhafi, bien qu'affaibli, résiste toujours dans son dernier repli - la capitale Tripoli.

« Si les forces de Kadhafi réussissent à garder la main sur Tripoli pour quelque temps encore, ne serait-ce pas logique du point de vue de l'OTAN de déclarer TOUS les gens qui vivent dans la capitale des militants et donc des cibles légitimes pour des bombardements massifs ? Ce qui adviendra ensuite est trop dangereux à imaginer [...] .

Les partis pro-guerre au Canada doivent être tenus responsables des conséquences de l'accroissement de la participation du Canada au sein de la mission de l'OTAN. Toute tentative de détourner le débat de cette question de fond (que le Canada commet des crimes contre la paix et des crimes de guerre tels que définis par l'expérience de la Seconde Guerre mondiale) doit être repoussée. Il est devenu pratique courante d'accuser votre ennemi de choses horribles pour justifier ce qui ne peut être justifié et de cacher qui précisément commet les crimes et pourquoi.

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Que se cache-t-il derrière la prétendu
«lassitude» de l'OTAN?

Il y a beaucoup de débats dans les médias et dans les cercles officiels à l'effet que la mission en Libye révèle une « lassitude de l'OTAN ». Il nous semble que le but soit de forcer le Canada et les autres pays à « ailler au bâton » et « prendre leurs responsabilités » pour alléger le fardeau financier des États-Unis. La position du gouvernement Harper est de servir les impérialistes étatsuniens en assumant davantage les coûts humains et monétaires que les États-Unis ne sont plus en mesure de payer ou disposés à payer. Est-ce bien ce que veulent les Canadiens ?

Voici les propos du secrétaire de la Défense des États-Unis, Robert Gates, tels que rendus par Nancy A. Youssef dans les quotidiens McClatchy :

« Vendredi le 9 juin, le secrétaire de la Défense Robert Gates a dressé un portrait plutôt sombre de la mission de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord en Libye lors d'un discours qui se voulait une incitation aux membres de l'Alliance à dépenser davantage pour la défense.

« Rappelant que la mission en Libye n'en est qu'à sa douzième semaine, Gates a déclaré aux représentants de l'OTAN réunis à Bruxelles qu' 'il était devenu on ne peut plus clair' que l'effort déployé pour chasser Mouammar Kadhafi du pouvoir avait mis en lumière un ensemble de ‘manques, résultant à la fois d'un manque de capacité et de volonté, qui peuvent potentiellement mettre en danger la capacité de l'alliance de mener une campagne air-mer orchestrée, efficace et soutenue'.

« Parmi les manques cités par Gates :

« Deux des membres moins importants de l'alliance, le Danemark et la Norvège, dirigent actuellement 30 % des missions de bombardement contre les forces de Kadhafi. 'Alors que chaque membre a voté en faveur de la mission en Libye', moins de la moitié des 28 membres de l'OTAN ont participé à la campagne, a dit Gates. »

Nous sommes certains que le Canada n'est pas content qu'on n'en fasse pas mention en tant que principal soutien des missions de bombardement. Le ministre de la Défense, Peter MacKay, a indiqué récemment que les avions à réaction canadiens ont mené à peu près 350 sorties, sans parler des sorties menées par les avions ravitailleurs et les patrouilles de surveillance. Au total, l'OTAN a mené approximativement 10 000 sorties.

Youssef poursuit :

« Des pilotes aux commandes des meilleurs avions de combat au monde cherchent les cibles par manque de renseignement militaire. 'Les aéoronefs les plus sophistiqués ne sont pas très utiles si les alliés n'ont pas la capacité d'identifier, d'évaluer et de frapper des cibles sur la base d'une campagne orchestrée', a dit Gates.

« Le centre de contrôle de l'OTAN qui planifie les missions libyennes est fauché et peut à peine gérer les 150 sorties quotidiennes contre la Libye – ce qui représente la moitié des missions que le centre peut en principe gérer, selon Gates. Pour y arriver, il a fallu 'augmenter de façon significative les spécialistes en désignation d'objectif, en provenance principalement des États-Unis – une infusion de dernière minute de personnel qui ne sera peut-être pas toujours disponible pour de futures éventualités'.

« La mission, par manque de bombes et de missiles, se voit dans l'obligation de se tourner vers les États-Unis pour des nouveaux ravitaillements, alors que la Libye de Kadhafi est 'un régime mal armé dans un pays peu peuplé'.

« Gates a dit que dans les premières semaines de la campagne, 'les objectifs militaires premiers' avaient été atteints – c'est-à-dire, clouer au sol la force aérienne de Kadhafi et affaiblir sa capacité de mener une offensive militaire contre ses propres citoyens'. Il n'a fait, par contre, aucune prédiction pour dire si la campagne réussirait à chasser Kadhafi ou pour suggérer la durée de la campagne.

« En Libye, le principal grief des rebelles est que l'OTAN a fait la sourde oreille à leurs demandes de frapper des cibles militaires de Kadhafi. Récemment, les rebelles ont demandé à des forces de l'OTAN de cibler des caches d'armes et des nids de tireurs d'élite dans la ville éprouvée de Misrata, la troisième plus grande ville en Libye.

« En dépit des bombardements intensifs de l'OTAN, le conflit est dans l'impasse depuis plusieurs semaines, alors que les rebelles libyens s'accaparent Misrata ainsi que l'est du pays, tandis que Kadhafi contrôle les régions à l'ouest ainsi que ses plus importantes installations d'exportation de pétrole.

« L'évaluation plutôt sombre rendue par Gates de la campagne de l'OTAN en Libye vient au moment où un nombre grandissant de membres du Congrès remettent en question la légalité et la logique de l'implication des États-Unis en Libye. L'administation Obama a exigé que Kadhafi abdique, mais après avoir dirigé la mission au cours du premier mois, elle a réduit sa participation à celle de fournisseur de munitions, de renseignements et d'avions de reconnaissance.

« La semaine dernière, la Chambre des représentants a approuvé une mesure exigeant que le président Barack Obama présente au Congrès un compte-rendu sur la Libye avant la fin du mois. Cette mesure avait un vaste appui bipartisan. Une autre mesure qui exigeait que l'administation se retire de la campagne libyenne a été battue, à 265 contre 148, mais elle aussi avait reçu l'appui à la fois de Démocrates et de Républicains.

« La mission libyenne n'a pas été touchée par un vote au sénat et ce n'est pas clair si elle le sera. Le président du Comité sénatorial des relations étrangères, John Kerry, D-Mass., ainsi que le sénateur John McCain, d'Arizona, le principal républicain sur le Comité sénatorial des services armés, avaient dit plus tôt cette semaine qu'ils proposeraient une résolution en appui à la mission militaire des États-Unis en Libye, initiative qu'Obama avait appuyée par écrit le mois dernier. Par contre, Kerry a déclaré plus tard qu'une telle résolution était peu probable.

« La contribution des États-Unis en Libye revient à peu près à 2 million $ par jour, selon un mémo interne du Pentagone publié par le Financial Times plus tôt cette semaine ; à la mi-mai, l'armée des États-Unis avait dépensé 664 million $.

« Gates était beaucoup plus enthousiaste face à la participation de l'OTAN en Afghanistan par le biais de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), disant que l'effort qui y était déployé avait donné d'importants résultats.

« Pour tout dire, il y quatre ans, je ne me serais pas attendu à ce que l'alliance soutienne cette opération à ce niveau pour aussi longtemps, encore moins qu'elle augmenterait considérablement ses forces en 2010', a-t-il dit. ‘C'est à l'honneur des braves troupes au sol de la FIAS, ainsi que des gouvernements alliés qui ont défendu la mission afghane malgré les circonstances politiques difficiles chez eux.'

« Mais il a prévenu que l'alliance ne serait possiblement plus un investissement de choix alors que l'administration Obama s'apprête à faire des coupures dans le budget de la défense de l'ordre de 400 million $ sur 12 ans. Il a dit que la part des États-Unis dans la défense de l'OTAN est maintenant de 75 %, alors qu'elle était de 50 % pendant la Guerre froide.

« La réalité incontournable est qu'au sein du Congrès des États-Unis et du corps politique étatsunien, il y aura de moins en moins d'appétit pour d'importantes dépenses de fonds publics pour le compte de pays qui sont pas, semble-t-il, intéressés à déployer les ressources nécessaires ou à opérer les transformations requises pour devenir des partenaires autonomes, sérieux et capables, a dit Gates. »

(Les citations sont traduites par LML)

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Derrière les fausses accusations de «viol» du Tribunal pénal international: les forces de l'OTAN préparent-elles une attaque terrestre?

Sans même présenter l'ombre d'une preuve fiable, les conspirateurs de l'OTAN et du Tribunal pénal international accusent le gouvernement de la Libye de conspiration en vue de viol - pas seulement le viol en tant que « dommage collatéral » de la guerre, mais le viol comme arme politique.

Cette accusation d'une future campagne orchestrée de viols a été lancée lors d'une conférence de presse appelée par le procureur en chef du Tribunal pénal international le 8 juin 2011. L'accusation encore plus folle et non corroborée du Tribunal pénal international selon laquelle la Libye prévoit distribuer massivement du Viagra à ses troupes, confirme qu'il s'agit là de propagande rebattue dans la forme la plus indigne.

Il est important de comprendre que les pays de l'OTAN, avec la pleine complicité des médias monopolisés et du TPI, répandent ce gros mensonge dans le but de gagner de l'appui en vue d'une attaque au sol et pour faire taire toute opposition à cette attaque, qui serait autrement impopulaire en Europe et aux États-Unis. Cette accusation abracadabrante vient ajouter à la preuve d'une escalade massive des bombardements visant des cibles urbaines en Libye, l'utilisation d'hélicoptères français et britanniques donnant un appui rapproché aux troupes terrestres et le positionnement dans la Méditerranée au large de la Libye de navires de guerre américains pouvant débarquer rapidement des soldats. L'alliance de l'OTAN est prête à tout pour interdire toute discussion ou défense de la Libye et élever la guerre de l'OTAN au niveau d'une croisade «pour défendre les femmes».

L'accusation de viol comme arme politique a été répandue - sans preuve - contre les forces serbes pour justifier les plans des Américains pour la première campagne de bombardements de l'OTAN de l'histoire de cette alliance militaire en 1994, en Bosnie, et a été utilisée de nouveau en 1999 en Serbie pendant la première occupation de l'OTAN. L'accusation de viol a été utilisée pour faire accepter la guerre criminelle contre la Yougoslavie au public aux États-Unis et en Europe. Un plan semblable est en préparation pour la Libye.

Trop souvent, des mensonges extravagants sont fabriqués et répandus pour justifier les guerres impérialistes. En 1991, la première guerre contre l'Irak a été justifiée par des accusations que l'armée irakienne avait arraché des bébés des incubateurs au Koweït, pour ensuite les écraser sur le sol. Cela a été présenté comme un « témoignage » fiable au Congrès des États-Unis et à l'ONU. Des mois plus tard, il a été confirmé que c'était là une fabrication. Mais le mensonge avait fonctionné. En 2001, les médias monopolisés et les politiciens américains ont prétendu qu'ils devaient bombarder et ensuite occuper massivement l'Afghanistan pour regagner les droits des femmes, que les talibans leur avaient enlevés. La situation des femmes en Afghanistan et celle de toute la population s'est détériorée encore plus sous l'occupation États-Unis/OTAN.

Malgré les preuves vidéo et photo que le monde entier a vues par le biais de WikiLeaks, le Tribunal pénal international n'a jamais envisagé, un seul instant, de déposer des accusations criminelles contre les soldats américains, britanniques, français ou allemands.

Les images, les vidéos et les reportages dans les journaux importants sur les tortures sexuelles et les humiliations à la prison de Abu Ghraib en Irak, commises par des soldats américains, les témoignages des soldats américains impliqués dans les viols, les tortures, les mutilations et les exécutions en Irak et en Afghanistan, confirment la réalité brutale des guerres américaines, qui n'ont jamais eu pour but de « sauver » les femmes.

En tant que pays africain, la Libye peut difficilement s'attendre à une audience équitable ou à quelque forme de justice que ce soit de la part du TPI. Le Tribunal pénal international, créé avec des espoirs élevés de justice internationale en 2002, a été utilisé contre 7 pays - tous africains. Pendant ce temps, le TPI n'a jamais examiné les attaques américaines de drones contre des civils sans défense dans au moins 8 pays africains, arabes et sud-asiatiques. Les invasions et les occupations américaines n'ont pas été examinées non plus. Les bombardements d'Israël contre le peuple palestinien sont « en dehors des limites autorisées ».

Il est essentiel en ce moment de rappeler à toutes les personnes préoccupées par les droits des femmes que l'intervention américaine ou n'importe quelle intervention impérialiste n'ont jamais protégé les femmes. Même les femmes qui servent au sein de la machine de guerre américaine ne sont pas « en sécurité ». Selon une étude publiée par le Journal of Military Medecine, 71 % des femmes soldats ont été agressées sexuellement ou violées alors qu'elles servaient dans l'armée américaine. Les femmes agressées rapportent routinièrement l'absence de traitements médicaux adéquats et de services de conseillers et dénoncent les enquêtes criminelles incomplètes et les menaces de punition pour avoir rapporté les agressions. En 2009, le Pentagone a admis qu'environ 80 % des viols ne sont jamais rapportés - ce qui en fait le crime le moins documenté dans l'armée. De plus, les bases militaires américaines ne sont que trop souvent entourées de toute une industrie du sexe, avec des femmes abusées qui sont forcées par la faim, la dislocation et la perte des familles à travailler dans les bars et les clubs.

Dans toutes les sociétés, le viol n'a que très peu de rapport avec la sexualité et le désir. Il a toujours été utilisé pour imposer le pouvoir et la domination.

L'accusation de « viol politique » dans ce cas-ci n'a pas de sens et n'a pas de base autre que celle du désir des États-Unis et de l'OTAN de justifier l'expansion de la guerre contre la Libye.

Arrêtez l'intervention des États-Unis et de l'OTAN en Libye.

(Traduction : LML)

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La première livraison de pétrole libyen
arrive aux États-Unis

La première livraison de pétrole libyen est arrivée aux États-Unis le 8 juin, suite à une entente signée par les États-Unis et le soi-disant Conseil national de transition (CNT), indique Vladimir Gladkov écrivant pour Voix de la Russie.

« La vente révèle enfin les vraies raisons derrière la campagne de l'OTAN, auparavant décrite comme une tentative d'assurer la sécurité des civils libyens, écrit Gladkov. Les dits civils continuent de souffrir, les forces de l'OTAN continuent d'essayer de sortir de l'impasse et l'Amérique semble être la seule partie dans ce conflit à bénéficier de la prétendue opération de sauvetage », ajoute-t-il.

Le plan « pour prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les civils et les zones peuplées de civils », décrété par la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, échoue misérablement, indique Gladkov.

Faisant référence au pétrole libyen qui est envoyé sans encombrement en Amérique, Gladkov informe que le 8 juin, le Département d'État des États-Unis a confirmé que le prétendu gouvernement rebelle qui contrôle les régions de l'est de la Libye a conclu sa première vente.

« L'entente fait suite à une annonce par le Bureau de contrôle des avoirs étrangers au Département du Trésor qui a établi une nouvelle politique de concession de licences à la Libye. Les États-Unis doivent prendre cette mesure pour faciliter les transactions liées au pétrole avec le Conseil national de transition.

« Selon une entente écrite du Département d'État, Tesero, un raffineur américain, a signé une entente avec le Conseil national de transition basé à Benghazi en Libye pour 1,2 million de barils de pétrole brut. La valeur en dollars de l'entente est encore inconnue.

« La déclaration affirme que la véritable raison derrière l'entente avec le CNT est l'intention d'appuyer le peuple libyen. Toutefois, il faut être extrêmement naïf pour croire que les Libyens pris dans la tourmente des feux croisés obtiendront un seul cent de cette entente.

« Tandis que les États-Unis résolvent leur problème de pétrole, les dirigeants occidentaux et arabes se préparent à décider de l'avenir de la Libye. Les membres du prétendu Groupe de contact - une coalition de divers pays et organisations internationales qui ont officiellement reconnu le CNT en tant que gouvernement légitime de la Libye - doivent se rencontrer aux Émirats arabes unis. Il s'agit de la troisième réunion du groupe chargé de discuter du potentiel de développement du pays après la fin du régime de Kadhafi.

« C'est un fait étonnant que, malgré le début du commerce de pétrole avec le CNT, les États-Unis n'ont pas reconnu le nouveau gouvernement de la Libye .« Nous sommes encore à soupeser le tout mais il n'y a pas de décision finale à l'heure actuelle », a déclaré un représentant américain.

« Le dernier rapport du Haut Commissariat aux droits de l'homme déclare que les crimes de guerre dans ce pays troublé se poursuivent et cela signifie que les citoyens de la Libye continuent de payer un prix sanglant pour les ambitions européennes et le pétrole des Américains», écrit en conclusion Gladkov.

(Agences)

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Lettre à la rédaction
Canada, hors de Libye!

Le Canada joue à l'heure actuelle un rôle extrêmement dégoûtant en appuyant et en s'alliant avec les forces les plus réactionnaires et bellicistes aux États-Unis et à l'échelle mondiale. Alors qu'il existe en ce moment une division au sein même de la Chambre des représentants aux États-Unis sur la question de la Libye, et que des Républicains se joignent aux Démocrates pour demander le retrait des États-Unis de la Libye, nous sommes en droit de nous demander comment nous pouvons trouver une telle unanimité - à quelques exceptions près - au sein du parlement canadien.

Le fait que le gouvernement conservateur ait annoncé qu'il reconnaît officiellement les rebelles libyens fait en sorte que tous les palabres sur la nature du mandat lié à la résolution 1973 de l'ONU et sur l'approche plus humanitaire sont futiles et ridicules. Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a déclaré au parlement que les rebelles sont les véritables représentants du peuple libyen. Cela contredit sur toute la ligne les prétentions à l'effet que le Canada intervient à l'étranger pour « aider à bâtir des démocraties authentiques » et autres balivernes. Baird est déjà à proposer des rencontres entre des membres du Conseil transitoire national de la Libye et leurs homologues canadiens. Il admet que le changement de régime n'est pas partie intégrante du mandat officiel de l'ONU qui «autorise la mission militaire», mais est « un élément clé pour une solution politique à long terme ».

Baird et sa bande ont précisément mis la politique et la diplomatie à la poubelle pour intervenir par la force, qu'elle soit autorisée par l'ONU ou pas. Ceci ne représente pas ce que veut le peuple canadien et doit cesser

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Bulletin du 20 juin 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca