Politique énergetique, braderie des ressources naturelles,
saccage et destruction de l'environnement naturel et social


700 kilomètres à pied pour dire non au gaz de schiste

«On ne se laissera pas forer:
c'est à nous de décider!»




Le dimanche 18 juin, plus de 10 000 personnes de tous âges et de tous les milieux se sont rassemblées devant les bureaux d'Hydro-Québec à Montréal pour dire Non aux gaz de schiste ! et exiger un moratoire immédiatement. Ils ont accueilli le groupe de manifestants parti le 16 mai dernier de Rimouski qui a parcouru à pied plus de 700 kilomètres pour réclamer un moratoire de 20 ans sur l'exploitation des gaz de schiste et des moratoires sur l'exploration et l'exploitation des énergies fossiles et nucléaires. Le slogan sur la bannière de tête du rassemblement concentrait parfaitement l'esprit de la marche : « On ne se laissera pas forer : c'est à nous de décider ! »

Des contingents de nombreuses régions et municipalités étaient clairement identifiés : Richelieu, Beloeil, St-Matthias sur Richelieu, St-Huges, Fortierville, St-Hilaire, St-Agathe de Lobtinière, Pintendre, St-Bonaventure, la vallée du St-Laurent, Manseau, Leclerville et plusieurs autres. Des bannières identifiaient les groupes écologistes du Québec, dont le Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste constitué de 151 scientifiques, des organisations syndicales et d'autres organisations de défense présents à la marche. Il y avait un gros camion où était mis en scène une terre du St-Laurent sur lequel se trouvait une vache avec un puit à côté. Des flammes en ressortaient et des citoyens utilisaient des boyaux d'arrosage pour étendre le feu. L'humour était aussi au rendez-vous. De nombreuses chansons traditionnelles québécoises avaient été modifiées pour l'occasion, dont la chanson « Dans la ferme à Normandeau » (référence : « Dans la ferme à Maturin »). Des pancartes aussi donnaient le ton : « Fractez-moi patience ! », « Notre vallée qui nous nourrit vaut plus que le gaz qu'on essaie de nous faire avaler ! », « Empoisonner l'eau : acte de guerre ! », « Non aux prédateurs du sou-sol de la terre ! », « Gaz pillage, gaspillage ! » et plusieurs autres.

Les manifestants ont marché des bureaux d'Hydro-Québec jusqu'au bureau du premier ministre Jean Charest. Tout au long du parcours, les klaxons des camions, voitures ont retenti de partout en plus des passants qui ont appuyé et applaudi les manifestants.

Au bureau du Premier ministre, de nombreux activistes et représentants d'organisations diverses ont pris la parole pour dénoncer le gouvernement Charest. Ils en avaient long à dire pour illustrer la colère et l'indignation de la population quand à l'entêtement du gouvernement de faire fi de sa population et d'agir contre sa volonté. Les prises de parole se sont poursuivies tout l'après-midi pour se terminer à 17 h. « À l'époque de Maîtres chez nous, c'était l'époque de la nationalisation de l'électricité avec la création d'Hydro-Québec. Aujourd'hui, le gouvernement Charest est en train de nous déposséder, a dit un représentant. Il y a plein d'énergies renouvelables à explorer : bio gaz, énergie solaire, les éoliennes dans l'eau, les possibilités ne manquent pas !

Une autre intervenante a expliqué que sa municipalité, St-Louis, a été le premier endroit, en plein coeur du village, où a été creusé un puit pour les gaz de schiste. Une étude a démontré que le gouvernement compte en creuser 20 000 autres au cours des vingt prochaines années. Cela ne doit pas passer !

Les intervenants ont tour à tour dénoncé le plan de destruction antisociale du gouvernement et la perte totale de confiance de la population envers le gouvernement qui en résulte. La question de qui décide de l'avenir du Québec et de l'utilisation de ses ressources et richesses était au coeur des interventions.

Le gouvernement Charest et le ministre de l'Environnement, Pierre Arcand, ont pour leur part montré leur mépris total envers les marcheurs de Rimouki, leurs supporteurs et les milliers de manifestants venus dire ce qu'ils pensent au nom du peuple québécois. Ainsi, la veille le ministre Arcand a tenté de les dénigrer et de les marginaliser en disant que ceux-ci ne représentaient pas le peuple du Québec ! « Il y en qui sont carrément contre. Quelle que soit l'attitude du gouvernement, ils vont toujours être contre », lesquels ne représentent d'après lui qu'une minorité. Voilà à quels piètres arguments en est réduit le gouvernement Charest pour défendre le droit de monopole contre le doit public.





Haut de page


 

Super-régie de l'énergie en Alberta
Ce sont les Albertains qui doivent décider,
pas une super-régie

Le ministre de l'Énergie de l'Alberta, Ron Liepert, veut créer « une super-régie de l'énergie » chargée de superviser le développement de tout le pétrole, le gaz, les minéraux et le piégeage du carbone de la province, consolidant tous les aspects du développement de l'énergie en un seul organisme. Le plan de la Régie est défini dans un document de 32 pages intitulé « Balancing Assurance » (garantir un équilibre), qui a été déposé le 9 mai. à l'Assemblée législative de l'Alberta Le document servira de base à de nouvelles lois régissant l'énergie que Liepert prévoit déposer au cours de la prochaine session parlementaire.

Liepert prétend que la nouvelle Régie de l'énergie va « dépolitiser » la gestion des ressources énergétiques de l'Alberta parce que « le public aura davantage confiance en un organisme indépendant quasi-judiciaire qui prend ces décisions (plutôt) que d'avoir beaucoup d'entre elles prises au sein de la bureaucratie du gouvernement ». Liepert, en tant que ministre de la Santé, a créé en 2008 une super-régie de la santé, qui a été fortement critiquée par la population de l'Alberta.

La nouvelle Régie de l'énergie de l'Alberta ne va en aucun cas dépolitiser la gestion de l'énergie, car elle est conçue uniquement pour servir les intérêts des monopoles de l'énergie. À un moment où ces monopoles se livrent au pillage à grande échelle des sables bitumineux et des réserves conventionnelles de pétrole de l'Alberta, principalement pour servir la machine de guerre américaine impérialiste, il est particulièrement important pour les monopoles qu'il y ait le moins de perturbations possible. Le pillage et la braderie des ressources énergétiques de l'Alberta exigent d'importants investissements et les monopoles veulent s'assurer qu'ils ont libre cours pour faire le profit maximum grâce à une exploitation maximale des ressources énergétiques et des travailleurs qui produisent tout à partir de ces ressources.

La super Régie de l'énergie de l'Alberta continuera également de jeter les bases d'une répression contre tous ceux qui veulent exercer leur droit de participer à décider ce qui doit être fait avec les ressources énergétiques de l'Alberta. Le conseil sera dirigé par des agents capitalistes triés sur le volet qui seront l'arbitre final, et il n'y aura pas de réelle concertation avec la population ou droit d'appel devant une autorité supérieure. La Régie va retirer de l'Assemblée législative les différends concernant l'énergie, car elle fera rapport directement au ministre. La Régie va également retirer l'essentiel des litiges sur l'énergie amenés devant les tribunaux capitalistes parce que le recours devant les tribunaux face aux décisions de la Régie n'existera que si la Régie commet une erreur juridique. Les vastes pouvoirs confiés à cette régie lui permettront d'agir presque comme un corps législatif, l'autorisant à faire au fur et à mesure ses propres règles. Cela rappelle fortement les types de régies toutes-puissantes qu'a créées Mussolini lorsqu'il a mis sur pied un État fasciste en Italie dans les années 1930.

Cette nouvelle tentative de consolider davantage ce que les monopoles énergétiques considèrent comme leur « droit » de faire ce qu'ils veulent avec les ressources énergétiques de l'Alberta sera éventuellement un échec. La classe ouvrière et le peuple veulent que le gouvernement de l'Alberta défende le droit public et qu’il ne se plie pas aux demandes des monopoles. Il y a une forte opposition à la destruction nationale et un appui solide pour s'assurer que nos ressources et l'économie soient utilisées au profit du peuple ici et à l'étranger, par exemple, en transformant le bitume brut en Alberta, au lieu de l'expédier aux États-Unis, et en coupant la fourniture en pétrole à la machine de guerre américaine. Cette situation souligne la nécessité de construire une forte Opposition ouvrière qui ne va pas non seulement tenir responsables les monopoles de l'énergie, mais aussi les gouvernements à tous les niveaux.

Haut de page


Les Premières Nations ripostent à Harper

L'oléoduc Northern Gateway d'Enbridge sera bloqué


Rassemblement des Premières Nations à Kitimaat contre l'oléoduc Enbridge, le 28 mai 2011.

Les Premières Nations se rassemblent à Calgary, la base politique de Harper, pour rejeter la suggestion faite par le premier ministre le matin suivant l'élection, soit que sa victoire majoritaire met fin à la tentative d'arrêter la venue des oléoducs et des pétroliers sur la côte ouest du Canada.

Trois Premières Nations de l'Alberta, quatre Premières Nations de la Colombie-Britannique et une Première Nation du Manitoba ayant un oléoduc Enbridge sur son territoire ont signé hier une déclaration de solidarité, par laquelle elles disent au gouvernement de Harper et à Enbridge que leur projet d'oléoduc Northern Gateway ne doit pas continuer à moins que chaque nation concernée ne donne son consentement libre, préalable et informé. C'est la première fois que des Premières Nations de l'Alberta émettent une déclaration commune avec des Premières Nations de la Colombie-Britannique au sujet d'Enbridge. Les membres des Premières Nations marcheront sur le siège social d'Enbridge, lors de sa rencontre annuelle des actionnaires, pour transmettre le message que le projet ne sera pas autorisé sur leurs territoires traditionnels, selon les lois ancestrales. Des batteurs et danseurs traditionnels se joindront à la marche portant une bannière sur laquelle il est inscrit : « Pas d'oléoduc sans consentement ».



À Prince Rupert le 12 mai 2011 (Friends of Wild Salmon)

« Si Harper et Enbridge pensent que cet oléoduc est un fait accompli en raison du résultat de l'élection, ils peuvent s'attendre à ce qu'autre chose se prépare », a dit le Chef Larry Nooski de la Première Nation Nadleh Whut'en, membre de l'Alliance Yinka Dene, à environ 150 km à l'ouest de Prince George en Colombie-Britannique. « Les Premières Nations ont utilisé nos lois ancestrales pour interdire les oléoducs et pétroliers d'Enbridge sur nos terres, retirant plus de la moitié du tracé proposé pour l'oléoduc et les voies d'accès des pétroliers allant des Rocheuses vers l'océan Pacifique. Nous sommes unis comme jamais auparavant et maintenant nos frères et soeurs de l'Alberta s'expriment pour la première fois en solidarité avec notre position selon laquelle nous avons le droit de dire non. Nos Nations sont le mur que cet oléoduc ne pourra pas franchir. »

L'action d'aujourd'hui est menée par l'Alliance Yinka Dene, un groupe de cinq Premières Nations qui détiennent collectivement 25 % du tracé proposé pour l'oléoduc d'Enbridge au nord de la Colombie-Britannique. Les Chefs des Premières Nations parleront aux actionnaires d'Enbridge cet après-midi et ont eu, hier, une réunion sans précédent avec le conseil d'administration et l'équipe de direction pour indiquer clairement leur opposition.

« Nous avons dit au conseil d'administration d'Enbridge et à son chef de la direction - en pleine face - que nous ne sommes pas ici pour négocier une meilleure entente », a dit le chef Jackie Thomas de la Première Nation Saik'uz. « L'argent d'Enbridge ne vaut rien pour nous parce que leur oléoduc causera des déversements de pétrole qui pourront détruire les rivières, les poissons et animaux qui sont le sang de notre peuple et de notre culture. Nous leur avons aussi dit que nous ne cesserons pas de nous opposer à cet oléoduc. Nous donnerons à leurs actionnaires et investisseurs le même message qu'aujourd'hui. Mettre de l'argent dans cet oléoduc n'est rien d'autre que jeter de l'argent par les fenêtres. »

« Harper dit que l'effort pour arrêter cet oléoduc vise à nuire au développement de l'ouest canadien mais rien n'est plus faux », a dit Peter Erickson, un chef héréditaire de la Première Nation Nak'azdli. « Nous avons une obligation sacrée de protéger notre communauté et tous nos voisins - autochtones et non autochtones - contre le tort causé par des inévitables déversements de pétrole. »

Le chef Dolly Abraham, de la Première Nation Takla Lake, a ajouté : « La semaine dernière, l'Alberta a connu son plus gros déversement de pétrole en 35 ans sur les terres de nos frères et soeurs, les Cris Lubicon. En moyenne, Enbridge a connu plus d'un déversement de pétrole chaque semaine, de petite et de grande envergure, tel celui au Michigan l'année dernière. Nous n'allons pas permettre ces risques sur nos terres. »

L'Alliance Yinka Dene a intensifié son opposition à l'oléoduc Northern Gateway d'Enbridge ces derniers mois, incluant une série de réunions avec cinq grandes banques pour les avertir d'arrêter le financement d'Enbridge jusqu'à ce qu'il abandonne le projet.

En février, Yinka Dene a rejeté l'offre d'Enbridge d'avoir une participation dans le projet. En décembre 2010, Yinka Dene a dirigé la négociation et la signature de la déclaration Sauvez le Fraser, une interdiction formelle de l'oléoduc d'Enbridge dans le gigantesque bassin hydrographique du fleuve Fraser. Elle a été signée par soixante et une Premières Nations, ce qui a triplé le nombre de nations opposées à Enbridge, qui s'élève aujourd'hui à plus de quatre-vingt.

Ta'kaiya Blaney, chanteuse et jeune activiste âgée de dix ans, membre de la Première Nation Sliammon de la côte pacifique, s'est jointe à la délégation de l'Alliance Yinka Dene. Elle a récemment lancé un clip sur YouTube intitulé Shallow Waters (eaux peu profondes) contre le passage des pétroliers, qu'elle a essayé de remettre en personne au bureau d'Enbridge à Vancouver, mais s'est vu refuser l'accès et a été escortée hors de l'immeuble. Elle détient une procuration d'actionnaire et prendra la parole lors de la réunion annuelle d'Enbridge.

« Je suis préoccupée que les pétroliers d'Endbridge connaîtront un déversement de pétrole et nuiront aux poissons, à la faune de l'océan et à nos cultures », a dit Ta'kaiya. « J'ai voulu prévenir Enbridge à leurs bureaux de Vancouver mais ils ne m'ont pas laissée entrer. Je suis venue à Calgary, alors ils devront m'écouter. Je représente la prochaine génération. »

L'Alliance Yinka Dene inclut les Premières Nations Nadleh Whut'en, Nak'azdli, Takla Lake, Saik'uz et Wet'suwet'en.

(Source : Alliance Yinka Dene. Traduction: LML)

Haut de page


L'oléoduc Enbridge signifie la violation des droits ancestraux et le vol des ressources naturelles

LML: Pouvez-vous me parler de l'historique de ce projet d'oléoduc Enbridge ?

Frank Martin: Tout d'abord, mon nom est Frank Martin, mon vrai nom est Hudonee, c'est Épaulard de mer. Je suis un souverainiste de la Nation Heiltsuk.

Je suis un membre actif d'un parti politique qui, je crois, peut être d'un grand secours pour nous dans notre lutte contre les sociétés comme l'oléoduc Enbridge parce que nous avons besoin d'un front uni avec les colons et nous-mêmes comme peuples autochtones.

J'ai toujours aimé faire cette déclaration chaque fois que je vais parler devant un grand auditoire de personnes parce que nous avons des droits inaléniables en tant que peuples autochtones à protéger nos terres de cette proposition d'oléoduc sur nos territoires.

En tant que membre de la nation Heiltsuk, nos villages sur la côte Ouest ont signé des accords entre eux  indiquant qu'ils ne veulent pas la venue de superpétroliers dans nos cours d'eau parce que nous dépendons du saumon.

Le projet d'oléoduc d'Enbridge remonte assez loin dans le temps. Il y a eu des propositions par les monopoles de construire des oléoducs jusqu'à Kitimat pour l'exportation du pétrole des sables bitumineux vers l'Asie, en Chine, vers la communauté internationale où se trouvent leurs marchés. Les propositions d'oléoduc remontent aux années 50, lors de l'expansion des voies ferrées et des routes. La raison pour laquelle ils construisent des immenses autoroutes et des tronçons gigantesques de voies ferrées et d'oléoducs, c'est qu'ils vont être utilisés pour acheminer toutes ces ressources vers l'étranger. Leurs propositions ont été repoussées par toutes les tribus côtières jusqu'à celles de l'Alberta qui ont connu les ravages d'oléoducs qui se sont rompus aux États-Unis et en Alberta.

Parce que nous sommes un peuple qui dépend du saumon, il y a de graves conséquences lors des ruptures d'oléoducs dans les montagnes en Colombie-Britannique et la destruction qu'ils causent à nos bassins versants - ce qui détruira nos stocks de saumon si jamais il y a un immense déversement près de nos cours d'eau. Ils proposent de faire passer l'oléoduc par la région appelée Terre des Nombreux Lacs, qui est  la source de tous les grands fleuves de la Colombie-Britannique.

Je travaille pour les familles du Clan de l'ours du lac Maxam. Cest un des domaines situés sur la Terre des Nombreux Lacs dans le territoire Wet'suwet'en. Elles s'opposent à ce que l'oléoduc passe par leurs territoires. Je veux aussi vous faire remarquer qu'il y a plusieurs autres bandes qui vivent dans cette zone couverte par le traité Nisga'a signé en 2000 qui ont conclu des ententes de principe avec le gouvernement pour la construction de l'oléoduc.

Les accords de principe touchent à la formation de certains de leurs gens de la Saskatchewan dans la construction des oléoducs. Il semble donc qu'ils ont déjà conclu un accord. Ce n'est pas grave si le public dit non, ce n'est pas grave si les autochtones disent non. Ils veulent toujours aller de l'avant avec la construction de l'oléoduc.

À cause des ententes au niveau international que le gouvernement canadien a signées, ils sont responsables. Tout d'abord, la Colombie-Britannique n'a pas de traité avec les Premières Nations. Cela signifie que les accords en cours sont illégaux parce que les accords comme l'Accord de libre-échange de l'Amérique du nord n'ont pas été ratifiés par les Premières Nations, et les Amérindiens de la Colombie-Britannique n'ont jamais rien signé qui mette fin à nos droits inaliénables. Nous avons donc encore le droit de faire valoir notre compétence en tant que nations autochtones.

Pendant ce temps, les accords que le gouvernement canadien a signés sur nos droits en tant que peuples autochtones sont violés et les colons ont intérêt à nous soutenir dans la lutte contre les entreprises qui sont impliquées dans l'oléoduc d'Enbridge pour nous aider à l'arrêter. Ils disent que 66 % de la population en Colombie-Britannique a voté contre l'oléoduc dans un sondage effectué ce mois-ci alors que 34 % y sont favorables. Nous devons travailler avec ce 34 % pour leur dire que nous n'avons pas besoin de l'oléoduc d'Enbridge sur nos territoires à cause des torts qu'il va provoquer.

Un autre aspect que nous avons examiné est celui des sables bitumineux. L'extraction de pétrole des sables bitumineux est la plus grande catastrophe à ciel ouvert à l'échelle mondiale. Cela a déjà causé beaucoup de dégâts en Alberta, non seulement pour les terres et l'environnement mais aussi pour les populations. Il y a des tribus là-bas qui sont très malades maintenant à cause des déversements provenant des oléoducs. Le mois dernier, il y a eu une rupture de la canalisation d'un oléoduc qui a entraîné de grands déversements de pétrole. Des milliers et des milliers de litres de pétrole ont été déversés et il faudra une décennie pour nettoyer ce dégât. Les gens embauchés parmi la communauté autochtone pour nettoyer le déversement sont tous devenus malades suite à la dépollution. C'est ce qui va se passer ici. Nous allons être sur la ligne de front de toutes les catastrophes que va causer Enbridge lorsque l'oléoduc sera construit.

À cause des événements météorologiques que nous voyons présentement, la situation va s'aggraver. Cela va avoir un effet et un impact énorme sur l'oléoduc, en raison de la catastrophe que peut entraîner des changements climatiques et l'évolution du champ magnétique terrestre. Le déplacement du champ magnétique est à l'origine de nombreuses perturbations, dont l'impact que la météo va avoir sur notre environnement. Il y aura plus de grandes inondations à cause du changement des pôles magnétiques. Et tout cela à cause de l'utilisation du pétrole et du gaz qu'ils proposent d'acheminer à travers ces réseaux de gazoducs et oléoducs. C'est l'une des principales causes des changements à l'environnement, l'utilisation du gaz et du pétrole et l'extraction de celui-ci, l'extraction de toute l'eau et les fluides de la Terre. Tout cela a un impact immense. Donc, nous devons tous vraiment réfléchir aux façons de régler ce problème.

L'Organisation internationale du Travail (OIT) appuie les peuples autochtones et leurs droits. Les gouvernements vont devoir écouter ce que les organisations des travailleurs pensent pour ce qui est de mieux aider les travailleurs et l'environnement. Ils cherchent à conclure des accords avec les populations autochtones afin de garantir un avenir meilleur, en développant un rapport qui va faire changer d'opinion le gouvernement sur la façon de faire les choses - comme le projet de l'oléoduc.

Je pense que la situation économique de la région est un autre facteur que tous les gens doivent prendre en considération. Tenez compte de tous ceux qui ne travaillent pas, qui sont en chômage et dans la pauvreté, qui ont été forcés d'accepter la proposition d'un oléoduc par les gouvernements et les entreprises en raison de toutes les pertes d'emplois dans le secteur forestier. Ils sont obligés de regarder les choses du point de vue des gains personnels qu'ils peuvent obtenir en disant oui à l'oléoduc d'Enbridge.

Ils sont pris dans une impasse parce que toutes les usines et quelques-unes des mines dans les zones où l'oléoduc est proposé ont été fermées. C'est la raison pour laquelle elles ont été fermées. La mine Endako a été une mine gigantesque qui a donné de l'emploi à un grand nombre de gens et qui a été fermée par la suite. Ils ont simplement déplacé leur entreprise à un autre endroit et ont ouvert une autre mine. Mais tous ces chômeurs sont maintenant forcés d'accepter la proposition de l'oléoduc d'Enbridge.

Alors, que faisons-nous avec ces gens coincés dans cette impasse ? Comment pouvons-nous faire face à cette situation ? Dans ces régions, ils sont toujours mis en minorité et leurs voix ne comptent pas, mais aussi longtemps que les entreprises et les gouvernements auront une poignée de tribus qui seront d'accord avec eux, c'est tout ce qu'il leur faut pour mener jusqu'au bout leur projet d'oléoduc.

Il y a eu beaucoup de déclarations faites aujourd'hui par la communauté internationale disant que les entreprises ne veulent pas investir en Colombie-Britannique, car ils commencent à réaliser que nous, les peuples autochtones, avons des droits, car nous n'avons jamais signé ces traités ou accords. Je pense que ça va avoir un impact si nous travaillons avec la classe ouvrière et les colons pour arrêter Enbridge. C'est ce qu'il faut faire.

Haut de page


Bulletin du 20 juin 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca