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Mexique
Ingérence accrue des États-Unis

Manifestation à San Cristobal, au Chiapas, le 2 juillet 2010
pour dénoncer les paramilitaires, collaborateurs de
l'ingérence étasunienne au Mexique.
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Les actes d'ingérences de la part des
impérialistes américains dans les affaires internes du
Mexique se multiplient actuellement. Utilisant le
prétexte de la défense
de la sécurité nationale et l'échec de la
« guerre » contre les narcotrafiquants du
président Calderon, les impérialistes intensifient leur
intrusion dans tous les
secteurs politiques, économiques, militaires, judiciaires, comme
des services policiers et de renseignements du Mexique.
Le 24 mai dernier, l'administration
étasunienne a nommé Anthony Wayne comme nouvel
ambassadeur des États-Unis au Mexique. Ce personnage
était jusque-là ambassadeur adjoint en Afghanistan et
serait un
spécialiste en développement économique et en
lutte contre le crime organisé. Il est surtout connu pour son
implication
dans les tentatives de corruption, d'intimidation, de
désinformation et de coup d'État en Argentine, où
il a été ambassadeur entre 2006 et 2009. Il
succède à
Carlos Pacual, expert en démantèlement d'États
en faillite, et surnommé dans les milieux progressiste et
démocratique mexicains comme « le
vice-roi ». Ce dernier a été
démis de ses fonctions en raison de ses déclarations
publiques sur l'incompétence du président mexicain dans
la lutte contre les
narcotrafiquants et sur l'inévitable intervention militaire des
États-Unis sur le territoire mexicain afin d'y rétablir
le contrôle et garantir la sécurité nationale des
États-Unis.
Dans la même semaine, le ministre mexicain de la
sécurité publique, Genaro Garcia Luna, a
déclaré être prêt à permettre aux
impérialistes d'avoir accès à tous les dossiers
du service de renseignements mexicain, toujours sous prétexte
d'assister à la lutte contre les narcotrafiquants.
Le 10 mai, dans le contexte du développement du
Plan
Mérida et de l'échec de la guerre contre les
narcotrafiquants, a débuté la construction d'une base
militaire étasunienne
sur la réserve écologique de San Salvador Chachapa dans
l'État de Puebla et à quelques minutes de Mexico,
district fédéral du pays. Oeuvrant sous le
déguisement de
l'Académie d'État de formation et développement
policier, cette base militaire servira à l'action et
l'ingérence directe des services secrets américains sur
le territoire mexicain
tel que le FBI, le ICE et le NCSI. C'est ce qu'ont
déclaré de
manière claire Rafael Moreno Valle et Keith W. Mines, directeur
général de l'Initiative Mérida, lors du lancement
du
projet.
En mars dernier des ex-agents de l'AFT (Office de
l'alcool, tabac, armes à feu et explosifs)
révélaient sur les ondes de la CBS, qu'à travers
l'opération « Rápido
y Furioso » des milliers d'armes ont été
introduites au Mexique par cette agence et vendues aux
différents
cartels de la drogue.
Toujours en mars, le président Calderon a
annoncé lors de sa visite aux États-Unis, que son
gouvernement avait pris des mesures pour permettre
l'établissement de
contrats entre le secteur privé et Pemex (entreprise
pétrolière d'État protégée par la
constitution). Cela permettra une prise de contrôle du
pétrole mexicain par les États-Unis,
constituant ainsi une garantie d'énergie pour poursuivre ses
guerres d'agression.
Le 8 février, le sous-secrétaire
américain de la défense, Joseph Westphal,
déclarait qu'au Mexique existe « une forme
d'insurrection dirigée par les cartels
de la drogue et que ceux-ci pourraient s'emparer du
gouvernement » et que cela mènera à une
invasion militaire directe des États-Unis sur le territoire
mexicain. Par
la suite, il fut forcé de dire que cela était sa position
personnelle, mais le lendemain, Janet Napolitano (secrétaire
américaine à la Sécurité intérieure)
spéculait devant le Congrès
américain sur une possible alliance entre le cartel Zetas et Al
Qaeda et menaçait d'une riposte très forte des
États-Unis le cas échéant.
Ces derniers développements s'ajoutent au survol
des avions fantômes étasuniens au-dessus de la
frontière entre les États-Unis et le Mexique, et au
déloiement de milliers
de soldats et d'agents des services de sécurité à
la même frontière. Cela suit également l'ouverture
de ports internes sur le territoire mexicain, sous contrôle des
services secrets
et agences américains chargés de recevoir le
matériel devant transiter vers les États-Unis. Notons
également que depuis la visite au Mexique de Hillary Clinton, un
bureau
binational de services secrets (OBI, Oficina Binacional de
Inteligencia)
a
été ouvert sur l'avenue Reforma, en plein coeur de la
capitale mexicaine. Travaillent dans ce bureau
des agents du Pentagone, de la CIA, du FBI, de la
DEA, de la ICE et de l'AFT. Finalement, signalons que pour la
première fois de son histoire et en violation
totale de la constitution mexicaine, la Marine mexicaine (section de
l'armée la plus encline à une alliance avec
l'armée étasunienne) a participé au
côté des
États-Unis et autres
pays de l'OTAN à des exercices militaires au large de la Floride
en 2009, et que cette même Marine mexicaine a effectué
des exercices militaires anti-insurrectionnels
en décembre 2010 à Mexico, la capitale située
à plus de 2 500 mètres d'altitude.

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