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Cyberguerre
Création de «réseaux sans fil
furtifs»
Un article paru dans le New York Times explique
la
plus
récente
intiative
des États-Unis pour
maintenir leur position hégémonique au sein des
grandes puissances qui aspirent à la domination mondiale,
utilisant cette fois-ci leur position prédominante dans le
domaine des communications. Selon le New York
Times, d'ici la fin 2011, le Département d'État
américain va consacrer une somme estimée à
70 millions $US à des technologies de
contournement
et pour d'autres technologies connexes. Il est activement engagé
dans le processus de création « dans les pays
autocratiques » de réseaux Internet et de connexions
cellulaires « dissimulés » afin que
« les dissidents puissent communiquer en dehors des
réseaux contrôlés par l'État »,
rapporte le New York
Times.
Le rapport du Times affirme que l'effort a
été décuplé depuis que le président
égyptien Hosni Moubarak a fermé l'Internet du pays pour
tenter de
désorganiser les manifestants durant les derniers jours de son
règne. Les autorités syriennes ont récemment suivi
l'exemple de Moubarak, en coupant temporairement une
grande partie des connexions Internet du pays. Les projets
parrainés par les États-Unis comprennent notamment la
création de réseaux cellulaires secrets à
l'intérieur des
pays étrangers, ainsi que d'un logiciel « Internet
mobile », qui permettra aux utilisateurs de se brancher
à des réseaux sans fil indépendants.
La secrétaire d'État américaine
Hillary Clinton est très favorable à ces initiatives,
ajoute le rapport.
« Nous observons que de plus en plus de gens
utilisent l'Internet dans le monde, les téléphones
mobiles et autres technologies pour faire entendre leur
voix dans leurs protestations contre l'injustice et dans la
réalisation de leurs aspirations, dit madame Clinton. Donc nous
concentrons
nos efforts
à les aider à faire cela, à les aider à
échanger entre eux, avec leurs communautés, leurs
gouvernements et le monde. »
Le Times rapporte que certains des projets en
question comprennent des technologies américaines, tandis que
d'autres utilisent les outils créés par des
pirates de l'informatique du soi-disant mouvement de libération
de
la technologie. « Le Département d'État et le
Pentagone
ont dépensé pas moins de 50 millions $US pour la
création d'un réseau de téléphonie
cellulaire alternative en Afghanistan pour empêcher les talibans
de perturber les
connexions mobiles dans le pays. Pour ce faire, des tours de
téléphonie cellulaire ont été
installées à différents endroits au pays sur des
sites
protégés des bases militaires. Le réseau
indépendant permet aux utilisateurs de téléphones
portables de communiquer quand les réseaux locaux afghans sont
interrompus par les talibans. Les perturbations se
produisent généralement entre 18 h et 6 h, quand les
talibans peuvent effectuer leurs opérations qui passent
inaperçues aux yeux des forces de
sécurité. »
Le projet d' « Internet mobile »
est actuellement mis au point dans un immeuble modeste sur
la rue L, à Washington, dit l'article du Times.
Il « va aider à créer des points de
transmission sans fil qui passeront inaperçus et seront
dissimulés dans de simples valises. Le programme s'est vu
allouer un budget
de 2 millions $US et est géré par un groupe
hérétoclite de programmeurs et de pirates de
l'informatique.
La valise contenant le matériel secret peut être
transportée
clandestinement à travers les frontières et sera capable
de transmettre un signal sans fil couvrant un grand territoire, donnant
un accès local à l'Internet mondial ».
Selon le New York Times, le
Département d'État américain va financer la mise
en place de réseaux sans fil furtifs dans des
pays comme
l'Iran, la Syrie et la Libye. « On s'attend à ce que
les nouveaux réseaux permettent aux membres de l'opposition de
communiquer en dehors du contrôle du
gouvernement. Washington a également été
impliqué dans un certain nombre d'autres programmes
et initiatives visant à faciliter la communication parmi les
dissidents de pays considérés comme
antidémocratiques par les États-Unis. »
Le Times rapporte également que,
« récemment, Washington a parrainé
l'élaboration d'un logiciel spécial qui protège
l'anonymat des utilisateurs
d'Internet dans des pays comme la Chine ».

Bulletin du 20 juin 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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