|
Les
métallos de Hamilton en lockout
Les gouvernements doivent défendre les
travailleurs et l'économie du Canada et s'assurer que Stelco
continue de produire de l'acier!
Les gouvernements ont la responsabilité sociale
de défendre le droit public et le peuple. Le 7 novembre
dernier, US Steel a fermé son aciérie canadienne à
Hamilton
et mis ses 900 métallos en lockout, mais il continue
d'approvisionner plusieurs de ses clients canadiens avec de l'acier
produit aux États-Unis. Les métallos veulent savoir
comment les gouvernements du Canada et de l'Ontario peuvent
prétendre que cela est acceptable. Ils veulent que ces
gouvernements soient tenus responsables de leurs
décisions de ne rien faire. S'ils ne veulent pas ou ne peuvent
pas défendre les intérêts de ceux qu'ils sont
censés représenter, à quoi servent-ils ?
Les gouvernements de Harper et McGuinty manquent
à leur devoir de défendre le droit public en laissant US
Steel abuser de son pouvoir de monopole, au mépris de
la souveraineté du Canada. Ils manquent à leur devoir
quand ils laissent une entreprise étrangère poser des
gestes inamicaux envers les travailleurs et l'économie du
Canada.
US Steel a prouvé par ses actions à Lac
Érié et à Hamilton qu'il est venu au Canada faire
l'acquisition de Stelco pour saper les intérêts des
travailleurs et de l'économie
du Canada. Il a violé l'entente sur le maintien du niveau
d'emploi et de production signée lors de l'acquisition de Stelco
et est revenu sur son engagement à respecter les
droits des retraités et de la prochaine génération
de métallos. Les poursuites intentées par le gouvernement
canadien pour violation de la Loi sur Investissement
Canada n'ont pas empêché US Steel de continuer de
faire à sa tête.
La solution est évidente. Les deux paliers de
gouvernements doivent adopter une injonction interdisant à US
Steel d'exporter son acier au Canada tant que les aciéries
de Stelco ne seront pas utilisées à leur plein potentiel.
L'injonction interdirait également le retrait du Canada des
matériaux de base présentement entreposés dans ces
aciéries,
comme le coke métallurgique et le minerai de fer, jusqu'à
ce que les usines de Hamilton et du Lac Érié reviennent
au niveau d'emploi et de production convenu dans l'entente
d'acquisition de 2007. Ces grandes entreprises étrangères
vont continuer d'abuser de leur position dominante tant qu'on n'agira
pas de façon décisive pour les en empêcher.
Cela peut se faire.

Les métallos sont unis contre les conditions de
travail à deux paliers et l'abandon des retraités
La salle de l'assemblée mensuelle des membres de
la section locale 1005 du Syndicat des Métallos du
18 mai était remplie à capacité. Plus de 200
travailleurs
actifs et environ 50 retraités sont venus défendre le
syndicat dans sa lutte contre les tentatives de US Steel d'extorquer
des concessions. C'était 200 membres de plus qu'au
meeting précédent. À cause de l'espace
limité, environ 50 à 75 travailleurs ont dû
rester dans le corridor à l'extérieur de la salle, mais
les travailleurs ont rejeté l'offre
du président de remettre à plus tard la réunion
pour trouver une salle plus grande.
Ensuite, une proposition semblable à celle
présentée et rejetée en décembre dernier a
été présentée, et a été
rejetée une fois de plus. La proposition veut annuler le mandat
donné au comité de négociation par tous les
travailleurs de l'usine, c'est-à-dire négocier un contrat
et le présenter ensuite aux membres pour qu'ils votent. Le
président
d'assemblée a rejeté la proposition et a expliqué
à l'auteur de la motion qu'il avait besoin d'un préavis
de proposition pour remplacer le comité de négociation,
ce qui demande
ensuite une réunion spéciale et un vote
spécifique. L'auteur de la motion a demandé un vote pour
changer le président d'assemblée mais seulement 20
participants ont voté
pour ; 180 ont voté de maintenir le président en
place, en signe d'appui des membres pour le comité de
négociation.
Il y a de plus en plus de tentatives de semer la panique
parmi les membres, a dit le président du syndicat, Rolf
Gerstenberger à Information Update. Des
membres demandent même que la
direction du syndicat garantisse que les travailleurs retrouveront leur
emploi s'ils refusent de faire des concessions,
a-t-il dit.
« Premièrement, c'est suggérer
qu'il y a une garantie que nous retrouverons nos emplois si nous
acceptons les concessions, ce qui n'est pas le cas, a dit Rolf.
Deuxièmement, ce dont certains ne se rendent peut-être pas
compte c'est que si nous acceptions de faire ces concessions, non
seulement accepterions-nous d'abandonner
les retraités et les nouveaux travailleurs ; nous
accepterions aussi que les ententes ne valent plus rien. Chaque fois
que la compagnie voudrait déclarer que l'entente
ne fait pas son affaire, elle pourrait changer l'entente. Nous
établirions un précédent qui permettrait à
la compagnie de faire ce qu'elle veut, quand elle le veut. C'est pour
cela que nous sommes en lockout. Ça ne passera
pas ! »

Bulletin du 9 juin 2011 • Retour à l'index • Écrivez
à: redaction@cpcml.ca
|