Le plan d'annexion et d'empire appelé «Plan Nord»

L'annonce officielle du programme du Plan Nord
par le gouvernement Charest: comment
profiter de la tourmente

Profitant du climat politique et social trouble qui enveloppe le Québec suite aux dernières élections fédérales, alors qu'une vague orangiste a déferlé sur la province en balayant le Bloc Québécois du paysage politique, Jean Charest présente à Lévis le programme du Plan Nord.


Au moment où des milliers de citoyens du Québec subissent les affres des inondations de leurs résidences et propriétés par les eaux des rivières de la plaine du Saint-Laurent, de la Mauricie et de la Gaspésie, le premier ministre du Québec s'est contenté de survoler en hélicoptère une seule des zones sinistrées. Les projets anti-sociaux et anti-nationaux ne peuvent pas attendre ! Après avoir été annoncé une première fois en 2008, ensuite en 2009 et encore en 2010, c'est finalement le 9 mai 2011 que le premier ministre a dévoilé le plan de 80 milliards $ qui s'étendra sur une période de 25 ans, divisé en cinq plans quinquennaux.

Par l'annonce du programme du Plan Nord en grandes pompes, Charest veut faire croire au peuple québécois et aux Premières Nations qu'il est possible de développer le Québec sans traiter et résoudre la question nationale et les droits ancestraux des Premières Nations. Sa solution est celle de Robert Bourassa : les grands projets du Nord québécois.

Pourquoi dévoiler en ce moment le programme du Plan Nord ? Pourquoi avoir choisi la ville de Lévis située sur la rive Sud du fleuve Saint-Laurent, une ville éloignée du territoire du Plan Nord ? Le choix de la ville de Lévis peut s'expliquer par le fait que toutes les communautés autochtones vivant sur le territoire du Plan Nord n'ont pas été consultées et n'ont pas donné leur accord à la réalisation du plan.

Situé au Nord du 49e parallèle, ce territoire immense couvre 1,2 million de kilomètres carrés et correspond aux deux tiers du Québec. Il inclut le Nunavik, la Baie James, le nord du Saguenay-

Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord et la Basse-Côte-Nord. Le gouvernement Charest craint le dérapage du Plan Nord promis par le chef de l'Association des Premières Nations du Québec-Labrador, Ghislain Picard et le chef de la nation innue de Pessamit, Raphaël Picard.

Les cinq communautés innues du Québec ont décidé de ne pas assister au dévoilement du Plan Nord, à Lévis. Elles reprochent au gouvernement Charest de ne pas les avoir consultées.

« Le gouvernement ne nous a pas consultés, alors qu'il en a l'obligation. On ne lui signera certainement pas un chèque en blanc pour exploiter nos territoires », a déclaré Raphaël Picard. Les droits fonciers des Premières Nations non signataires de traités, ainsi que leurs droits ancestraux n'ont jamais été reconnus par les gouvernements du Québec.

Derrière une conférence de presse à grand déploiement, l'utilisation de qualificatifs comme « le projet d'une génération », « Charest le grand bâtisseur », la promesse de montants d'investissements à faire rêver, de revenus mirobolants de 14 milliards $, « d'un accès direct aux profits de ces entreprises », le rêve de 500 000 emplois à raison de 20 000 par année, se dissimulent de nombreuses ententes secrètes signées derrières des portes closes. Des luttes futures et nombreuses de la population du Québec et des Premières Nations pour le respect de leurs droits et la protection de l'environnement naturel et social pointent à l'horizon.

Le Plan Nord ne doit pas passer !

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Bulletin du 25 mai 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca