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Il
faut une nouvelle direction pour l'industrie forestière
Une étude gouvernementale
prédit que la crise de l'industrie forestière va se
poursuivre
Il est temps de donner une nouvelle
direction
à l'économie.
Le ministère québécois du
Développement économique, de
l'Innovation et de l'Emploi confirme dans une étude non
publiée que
5 000 emplois du secteur forestier ont disparu au Saguenay-
Lac-Saint-Jean durant la dernière crise.
L'étude prédit une nouvelle
crise qui éliminera des centaines d'autres moyens de subsistance.
Le Quotidien rapporte que des
représentants régionaux de
différents secteurs de l'industrie (récolte, reboisement
et sciage) se
sont rencontrés dans les bureaux du ministère à
Jonquière. Les chiffres
de l'étude du ministère ont été
présentés aux participants mais pas le
document au complet. Aussi alarmants
soient-ils, ces chiffres ne tiennent pas compte de fermetures
récentes
comme celle de l'usine d'Abitibi Consolidated de la Baie.
Selon le quotidien de Saguenay, des rumeurs
circuleraient à l'effet
que les prix du bois sont en chute libre sur le marché
américain et
qu'il risque d'y avoir des annonces de fermeture pour les usines de
sciage. En fait, il y a quelques semaines Arbec a cessé ses
opérations
à l'Ascension pour une période minimum
de trois semaines. Les travailleurs croient que la fermeture pourrait
être pour une période indéterminée. Arbec
aurait dit à des
entrepreneurs du transport qu'elle aura besoin de leurs camions
seulement en août et seulement si la situation s'améliore.
Ce qu'il y a
de particulièrement alarmant avec la fermeture de l'usine
de l'Ascension, c'est qu'elle est considérée comme une
des plus
performantes du Québec. On apprenait également que la
coopérative
Petit-Paris à la Baie cessera ses opérations
forestières pour un
minimum de deux semaines.
Ceux qui contrôlent l'industrie disent qu'une
« solution » au
problème immédiat des fermetures de scieries pourrait
être la montrée
du prix du bois sur le marché américain
accompagnée d'autres réductions
de coûts, ce qui dans le langage courrant signifie réduire
les
réclamations des vrais producteurs,
les travailleurs, à la valeur ajoutée.
Par ailleurs, on rapporte que la plupart des entreprises
forestières
ont avisé le gouvernement qu'elles n'allaient pas financer leur
participation de 10 % aux travaux sylvicoles (le programme
d'étude,
culture et gestion des forêts québécoises qui
emploie beaucoup de
chercheurs et des centaines de travailleurs
saisonniers). Les travaux sylvicoles de 2011 devaient
débuter en mai
mais il semble maintenant que rien ne se fera tant que le gouvernement
ne s'engagera pas à financer lui-même les
opérations.
Le Quotidien rapporte que les participants
à la cellule de
crise de Jonquière ont dit que d'autres fermetures temporaires
et
permanentes étaient inévitables si le gouvernement n'agit
pas
immédiatement. Ils ont parlé d'une
« intervention énergique de
l'État »
sans par contre préciser ce que
cela pourrait être. Mais si l'on doit se fier au passé,
cela veut dire
donner des fonds publics aux propriétaires des grandes
entreprises et
soutirer d'autres concessions aux vrais producteurs.
Le Quotidien décrit l'ampleur du
problème comme suit :
« Chaque fois qu'une entreprise expédie un camion de
45 pieds de bois
de l'autre côté de la frontière américaine,
il perd 14 000 $. Cette
perte comprend une taxe de 17 % du 1000 pieds imposée dans
le
cadre de l'entente Canada-États-Unis sur le bois
d'oeuvre. »
Les signes d'une crise
prolongée font
planer une ombre sur le
projet de loi 11
La
réunion de Jonquière et les fragments d'information de
l'étude du
ministère viennent appuyer les inquiétudes des
retraités
d'AbitibiBowater concernant le projet de loi
11 présentement débattu à
l'Assemblée nationale.
Avec ce projet de loi le gouvernement remet leur sécurité
à la retraite
entre les mains d'AbitibiBowater sans prévoir de
mécanisme obligeant
l'entreprise à respecter ses responsabilités. Une
aggravation de la
crise place toutes les entreprises forestières en risque de
faillite et
pour les monopoles comme AbitibiBowater,
c'est une raison de tourner le dos à leurs obligations morales
et
contractuelles envers les travailleurs actifs et retraités et
à leurs
communautés.
N'est-il pas temps de donner une nouvelle direction
à l'économie ?
Nous pouvons au moins y songer et nous rassembler pour discuter d'une
alternative prosociale qui restreint le droit de monopole et accorde
préséance au droit public.

AbitibiBowater menace de faire d'autres mises à
pied et de poursuivre la destruction de l'industrie
Richard Garneau, pdg d'AbitibiBowater, a dit
récemment que les travailleurs canadiens de l'industrie
forestière et leurs communautés doivent se
préparer à d'autres
fermetures, mises à pied et demandes de concessions. Les
nouvelles menaces font suite à une série de fermetures et
sont faites à peine cinq mois après que le monopole
forestier soit sorti de la protection de faillite.
La période qui a fait suite à la fusion
d'Abitibi-Consolidated et Bowater Inc. en 2007, sous la protection de
la loi sur les faillites, a été témoin d'une
offensive néolibérale
contre l'industrie et d'abandon des responsabilités sociales par
les entreprises et les gouvernements. Elle s'est soldée par la
perte de plus de 6 000 emplois, la fermeture
de plusieurs usines, la vente aux enchères des machines et des
concessions soutirées aux travailleurs actifs et à la
retraite et la vie des communautés a été
bouleversée. Il
n'y a pas eu de discussion sur une alternative à la destruction
néolibérale. Deux visions se sont
affrontées : la vision néolibérale selon
laquelle chaque usine et chaque
travailleur doivent servir les besoins de l'empire AbitibiBowater dans
sa course aux profits pour ses actionnaires et obligataires, et la
vision centrée sur l'être humain selon
laquelle les travailleurs, leurs usines et les forêts sont les
éléments les plus précieux de l'édification
nationale et tout doit être fait pour défendre et
renouveler ces avoirs dans
un tout intégré, dans l'esprit de tous pour un et un pour
tous.

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Dans sa récente sortie, M. Garneau a dit que les
travailleurs qui restent sont « trop nombreux »,
comme s'ils étaient un impossible fardeau pour la compagnie.
Trop de travailleurs dans les scieries et la forêt, trop de
sous-traitants, trop de travailleurs du transport, trop de scieries qui
ne génèrent pas assez de profits. Allez,
débarrassez ! Vous êtes un fardeau pour les riches et
leurs monopoles ! C'est la conception du monde
néolibérale du droit de monopole, qui bloque la
conception
du
monde
centrée sur l'être humain du droit public et l'empêche
d'avancer et de s'attaquer aux
problèmes
posés.
Au lieu de reconnaître que les travailleurs
forestiers sont le précieux facteur humain qui produit toute la
richesse dont la société et le progrès ont besoin,
M. Garneau
croit que les vrais producteurs sont comme des sangsues qui vivent du
revenu des riches. Il n'est pas surprenant alors que les travailleurs
forestiers, actifs et à la retraite,
pensent à une autre direction pour l'économie. La
direction passée et actuelle, sous le contrôle du droit de
monopole et de gens comme Richard Garneau et leurs représentants
politiques à Québec et à Ottawa a
été et demeure un échec pour les vrais producteurs
et le public. La direction néolibérale de
l'économie laisse sur son passage des êtres
humains et des centres de production à l'abandon, quelle que
soit leur contribution actuelle et potentielle à notre
bien-être individuel et collectif.
Le monopole AbitibiBowater a déclaré un
profit de 30 millions $ au premier trimestre avec une
main-d'oeuvre réduite et moins de scieries. Ce profit
représente
en grande partie des revenus réalisés directement au
détriment des travailleurs qui ont fait des concessions et de
certains détenteurs de la dette dont les titres ont
été
transformés en actions. M. Garneau était tout souriant
quand il en a fait l'annonce mais a vite repris son air faux pour dire
qu'il faut s'attendre à d'autres mises à pied et
fermetures et qu'il ne restera quand même pas assez de revenus
pour soutenir la caisse de retraite. Il dit ni plus ni moins aux
retraités : vaut mieux transférer vos
pensions à la Régie des rentes avec le projet de loi
11 parce que cette entreprise et cette industrie ne vont rien
résoudre à part satisfaire les besoins d'une
poignée
d'actionnaires.
La solution néolibérale est de continuer
de faire ce que les monopoles font depuis des années :
acheter les plus petites entreprises, mécaniser la production,
exiger
des subventions des gouvernements et des concessions des travailleurs
et des retraités, parcourir le monde à la recherche de
meilleurs endroits où investir et faire payer les
travailleurs et leurs communautés quand le cycle
économique redescend inévitablement.
De plus grands monopoles avec une plus grande
productivité grâce à des machines plus modernes
signifient un plus grand investissement en capital mais un prix de
production réduit, ce qui se traduit par une baisse du taux de
rendement sur le capital. C'est donc une autre crise qui attend
l'autre, d'échec en échec.
Le Québec et le Canada possèdent les
meilleures forêts au monde, mais sans de nouveaux rapports de
production entre les participants à cette industrie, aucun
problème
ne peut être résolu. Ils ne peuvent développer
leurs ressources forestières et leurs avoirs matériels
pour créer des produits modernes pouvant servir d'abord à
bâtir au Québec
et au Canada une économie qui suffit à ses besoins et
ensuite pour le monde entier, comme par exemple avec les
polymères à base de bois. Le gouvernement pourrait
créer
une commission de mise en marché des produits forestiers qui
s'occuperait de la mise en marché de tous les produits
forestiers à un prix du marché qui reflète leurs
prix
de production. La commission publique de mise en marché
permettrait de faire front commun dans les échanges avec les
États-Unis et leur dire que s'ils veulent nos produits
forestiers ils doivent payer un prix correspondant au prix de
production. Ce serait une mesure pratique pour restreindre le droit de
monopole et défendre le droit public, pour
affronter l'annexion antisociale et antinationale du Québec et
du Canada à l'empire étasunien et ses diktats injustes
comme l'accord sur le bois d'oeuvre.
Nous avons assez entendu le discours
néolibéral et nous avons assez vécu les
échecs de cette obsession maladive d'une poignée de
privilégiés à vouloir profiter du travail
des autres, celui des vrais producteurs. Il est temps que les vrais
producteurs donnent une nouvelle direction à l'économie
qui soit dans leur intérêt individuel et collectif,
dans celui des communautés et dans l'intérêt
général de la société !

Le projet de loi 11 est inacceptable
Les retraités d'AbitibiBowater dénoncent
le vol des pensions et demandent qu'elles soient garanties
Les 24 et 25 mai, le gouvernement du
Québec a tenu des audiences publiques sur le projet de loi 11,
la Loi modifiant la Loi sur les régimes
complémentaires de retraite et permettant que l'option d'une
rente servie par la Régie des rentes du Québec soit
offerte en cours d'existence de certains régimes dans le secteur
des pâtes et papiers.
Ce projet de loi qui est regardé avec envie par
tous les monopoles du secteur des pâtes et papier enchâsse
le droit de monopole d'AbitibiBowater d'échapper à
ses responsabilités en ce qui concerne les pensions. Il donne
aux travailleurs retraités d'AbitibiBowater le choix entre deux
options antisociales : la première est de
se retirer du régime de pension à prestations
déterminées et de s'en remettre à la Régie
des rentes du gouvernement, moyennant une perte de plus de 25 %
des
prestations, et la seconde est de rester avec le fonds de retraite
d'AbitibiBowater, mais sans garantie qu'il ne soit jamais
entièrement capitalisé ou qu'il survivra au-delà
de
quelques années. Le projet de loi 11 prolonge de
5 à 15 ans le délai accordé à
AbitibiBowater pour pleinement financer le fonds de retraite, qui est
présentement sous capitalisé à 30 %. Le
projet de loi ne donne aucune garantie de capitalisation entière
par AbitibiBowater ou que la compagnie ne déclarera pas faillite
et ne laissera pas les retraités avec des prestations
mêmes inférieures à celles de la Régie des
rentes.
C'est dans l'esprit de forcer AbitibiBowater et le
gouvernement du Québec à être redevables que trois
associations de retraités d'AbitibiBowater, soit Donnacona,
Clermont et du Saguenay-Lac-St-Jean, de même que la FADOQ (connue
dans le passé comme la Fédération de l'âge
d'or du Québec) et la Fédération des associations
des
retraités du Québec (FARQ) sont intervenues lors des
audiences publiques pour s'opposer au projet de loi.
Les représentants des retraités ont
dénoncé le fait de ne pas avoir été
consultés pendant tout le processus qui a mené à
la présentation du projet de loi, ce qui
remonte à la signature de l'entente en septembre 2010 entre le
gouvernement du Québec et AbitibiBowater alors sous la
protection de la faillite. C'est cette entente qui a
permis à AbitibiBowater de se soustraire à sa
responsabilité de financer pleinement ses fonds de pensions et a
pavé la voie aux deux options mentionnées plus haut qu'on
veut maintenant enchâsser dans la loi. Les retraités
disent que chaque fois qu'ils ont reçu quelque information sur
ce qui se passait c'était après que toutes les
décisions aient
été prises et le tout leur a été
présenté comme un fait accompli, bien qu'ils vont
souffrir des conséquences du projet de loi comme des milliers
d'autres retraités du
secteur.
« Nous n'avons jamais été
consultés, a dit Gilles Papillon dans son intervention au nom
des retraités de Donnacona, nous ne nous sommes jamais
prononcés sur
cette entente. Nous nous questionnons sur la légalité.
Peut-on jouer dans la caisse de retraite sans l'accord des
retraités ? Si cela est légal, il est grand temps
que cela
change car cela est immoral, cela nous semble du vol
éhonté. On vole la sécurité
financière des retraités. »
Les retraités ont dénoncé le
gouvernement du Québec qui déclare avec sa loi que
l'entente qu'il a signée avec le monopole supplante l'entente
que les retraités ont
négociée et signée avec AbitibiBowater sur les
fonds de pensions à prestations déterminées
lorsqu'ils étaient travailleurs actifs.
La demande fondamentale que tous les
représentants des retraités ont présentée
aux audiences est qu'AbitibiBowater et le gouvernement du Québec
ont le devoir de
garantir les pensions des retraités en tant que droit qui leur
appartient et cela quelles que soient les circonstances.
Ce combat est très important pour les
travailleurs du secteur des pâtes et papiers et de tous les
secteurs et pour la nation du Québec et le Canada. Le
gouvernement cherche
à enchâsser encore plus profondément dans la
législation du Québec que le droit public aux pensions
est supplanté par le droit de monopole. Cela ne doit pas passer
et dans
ce sens les retraités d'AbitibiBowater qui se dressent pour
forcer Abitibi et le gouvernement à être redevables
méritent tout notre respect et tout notre appui.

Présentation de l'Association des
retraités de Donnacona aux audiences publiques sur la loi 11
- 24 mai 2011-
Gilles Papillon,
porte-parole de l'Association des retraités de Donnacona
s'adresse
au rassemblement du Premier Mai sur la colline du parlement.
Le projet de loi 11 déposé à
l'Assemblée nationale du Québec abolit le droit public de
dire non aux manoeuvres d'AbitibiBowater pour se soustraire à
ses
responsabilités sur les pensions. Ce projet de loi, qui tente
déjà l'appétit des autres monopoles, donne aux
travailleurs retraités d'AbitibiBowater le choix entre deux
options : la première est de se retirer du régime de
pension à prestations déterminées et de s'en
remettre à la Régie des rentes du gouvernement, moyennant
une perte
de plus de 25 % des prestations, et la seconde est de rester avec
le fonds de retraite d'AbitibiBowater, mais sans garantie qu'il ne soit
jamais entièrement capitalisé
ou qu'il survivra au-delà de quelques années.
Ce projet est vicieux car le problème ce n'est
pas le transfert de notre régime à la Régie des
rentes du Québec qui est problématique, cela fait
même partie de notre
hypothèse de solution, c'est que cela se fasse avec une perte
entre 20 et 30 % pour les retraités. C'est inacceptable. De
plus, ceci libèrerait AbitibiBowater de ses
obligations sur une dette à la caisse de retraite de
1,3 milliard $, si par exemple, nous tous, retraités,
par insécurité, transfèrerions notre retraite
à la Régie des
rentes.
De plus, ce projet de loi permet à AbitibiBowater
de refinancer les 20 mois de suspension de cotisations
d'équilibre accordées durant la période de la
protection des
créanciers (13,3 millions $ par mois). Donc, la
compagnie a eu un congé de paiement de 20 mois. Ce paiement
aurait dû se faire au plus tard le 31 mars
2011, ce qui n'a pas été fait. C'est inacceptable et
peut-être même illégal.
Le projet de loi 11 permet à AbitibiBowater
pendant une période de 10 ans de verser un minimum de
cotisations d'équilibre de 50 millions $ sur une dette
de 1,3 milliard $. Selon les dires de la Régie des
rentes en juillet 2009, la RRQ est intervenue en Cour supérieure
pour forcer la compagnie, actuellement en
restructuration, à verser plus d'argent dans ses régimes
de retraite. Toutefois, la RRQ s'est désistée. Dans
l'argumentation de la Régie, nous avons pris connaissance de
faits
pour le moins troublants. Tout nous porte à croire :
a) que la RRQ n'a pas eu accès aux états
financiers du régime de retraite ;
b) que la RRQ a évoqué que les cotisations
de l'employeur sont insuffisantes pour éviter une
détérioration de la situation financière des
régimes de retraite ;
c) que la RRQ maintient même, et cela est
extrêmement grave, que si la situation actuelle persiste,
certaines caisses de retraite financeront illégalement les
opérations
d'AbitibiBowater.
Comment la RRQ peut-elle dire aujourd'hui que cette
entente est sécuritaire pour les retraités ? Pour
imager, on pourrait comparer ce paiement à celui de notre
carte de crédit personnelle lorsque nous nous contentons de
défrayer que le paiement minimum. Peut-on imaginer être
capable un jour de rembourser notre dette ?
C'est pour cela que nous voulons que cette entente soit
sécurisée.
Droits bafoués
Jamais les retraités d'AbitibiBowater n'ont
été réellement impliqués dans cette
démarche, malgré le fait que nous l'avons demandé
à maintes
et maintes reprises à notre ex-centrale syndicale CSN. Nous
l'avons demandé à notre député
libéral Michel Matte. Nous l'avons demandé au ministre
Sam Hamad, le
18 février 2010, ce dernier nous a d'ailleurs
répondu « que pour le moment, c'était non,
mais que nous serions consultés avant qu'une décision ne
soit
prise ». Dans Le Soleil du 20 février 2010,
le journaliste Michel Corbeil fait mention que les syndicats ne
s'entendent pas et que Sam Hamad ne veut pas
agir comme arbitre et qu'il a insisté sur ses efforts pour
asseoir et les syndicats et la compagnie avec ses fonctionnaires. Les
discussions ne sont pas terminées, a-t-il
répété,
lors de l'entrevue. La question qui se pose est : où sont
les retraités, où sont les droits des retraités,
où est la consultation ?
Dans le Courrier de Portneuf du
24 février 2010, Alain Turgeon, journaliste, cite dans un
article intitulé : « Restructuration
AbitibiBowater,
les retraités veulent être consultés »,
les porte-
parole des retraités mentionnent que
« personne n'a intérêt à nous
défendre, l'intérêt est de sauver la compagnie. On
peu rien gagner, on peut juste perdre. S'ils
coupent dans le fonds de pension, on perd, si la compagnie fait
faillite, on perd aussi. Une pétition fut déposée
à Michel Matte, député libéral le
17 février pour siéger
au comité. Ceci démontre la mobilisation des
retraités. D'ailleurs les retraités d'Alma et de
Chicoutimi ont rencontré le ministre Hamad le
18 février
également. »
Dans Le Soleil du 27 mai 2010, dans
l'article intitulé : « Industrie
forestière », on relate que Sam Hamad a
affirmé en Chambre
et nous citons : « que les discussions sur le fonds de
pension réunissent tous les intervenants, des fonctionnaires aux
syndiqués en passant par la compagnie et
les retraités ». C'était peut-être
l'intention du ministre, mais malheureusement nous n'avons jamais
été consultés en tant que retraités.
Nous avons fait beaucoup d'efforts pour être
impliqués dans ce processus. Jamais les parties n'ont
semblé être intéressées à nous
impliquer. Dans la proposition d'entente
entre la RRQ et AbitibiBowater de juin 2010, à l'article
7 que nous citons :
« Toutes les parties aux régimes ont
été informées du contenu de la présente
entente. AbitibiBowater est responsable des relations avec les
retraités et bénéficiaires.
À ce titre, elle s'engage notamment à répondre aux
questions soulevées par ces derniers sur cette entente et
à leur communiquer une information adéquate. »
Donc, on a laissé à l'employeur la
responsabilité de faire connaître aux retraités
ladite proposition d'entente. La compagnie avait-elle
intérêt à nous la faire connaître,
à nous renseigner correctement ? Nous vous rappelons que
cette entente est datée de juin 2010 et en décembre de la
même année, c'est suite à des pressions de la
Coalition qu'AbitibiBowater se pointe à Donnacona, après
que ... l'entente soit faite.
Nous n'avons jamais été consultés,
nous ne nous sommes jamais prononcés sur cette entente. Nous
nous questionnons sur la légalité. Peut-on jouer dans la
caisse de
retraite sans l'accord des retraités ? Si cela est
légal, il est grand temps que cela change car cela est immoral,
cela nous semble du vol éhonté. On vole la
sécurité
financière des retraités. Actuellement, il y a une vaste
campagne d'incitation auprès des jeunes à souscrire dans
leur sécurité financière future pour leur
retraite. Quel
paradoxe !
Pour un travailleur, qu'est-ce qu'un fonds de
pension ?
Bref historique d'un
travailleur retraité
• Entrée à l'usine à l'âge
de 18 ans ;
• À 23 ans, incitation à participer
à un fonds de retraite ;
• Il aurait pu souscrire à des REER, à
investir ailleurs mais il choisit le régime de prestations
déterminées de l'employeur ;
• Année après année, par la
négociation avec l'employeur, il a accepté de meilleurs
avantages sociaux au lieu de rémunération salariale ;
• Donc, ses prestations de retraite, c'est du salaire
différé.
• En 2005, il accepte de prendre sa retraite à
55 ans en raison d'une restructuration à l'usine ;
• Il a donc signé un contrat avec son employeur
lui garantissant son régime de retraite.
• Surprise ! Bientôt on lui demandera de
choisir entre une sécurité financière à
69 % de sa rente suite à une entente avec la RRQ ou
l'insécurité à
100 % de sa rente et vivre dans l'insécurité.
• On lui demande de supporter une dette d'une
multinationale ou de faire un cadeau immédiatement de 31 %
à un employeur qui, présentement, démolit son ex-
usine.
Ce travailleur veut le respect du contrat qu'il a
signé à l'âge de 23 ans. Il veut
sécuriser sa retraite à 100 %. Il vous demande,
madame la Ministre, messieurs
et mesdames du Gouvernement, de légiférer pour
protéger sa sécurité financière et celle de
toutes et tous les travailleurs actifs et retraités partout au
Québec.
Voici notre proposition en pièce jointe
[ci-dessous].
Gilles Papillon
Yvon Papillon
Jean-Paul Lizotte
Camil Beaupré
Représentants des retraités de Donnacona

Proposition relative à la sécurisation du
fonds de pension des retraités d'AbitibiBowater
- Coalition des retraités
d'AbitibiBowater -
CONSIDÉRANT QUE l'entente négociée
entre les parties FTQ, CSN, la compagnie AbitibiBowater et la
Régie des rentes du Québec est inacceptable pour les
retraités ;
CONSIDÉRANT QUE cette entente fut
négociée sans aucune consultation auprès des
retraités et sans que ceux-ci n'aient pu se prononcer sur ladite
entente ;
CONSIDÉRANT QUE dans la présente entente,
la possibilité pour les retraités de transférer
à la Régie des rentes du Québec la gestion des
fonds, qui leur sont dus, sans
apport financier d'AbitibiBowater, ferait en sorte que celle-ci empoche
plus d'un milliard de dollars. C'est un peu absurde comme proposition
et piste de solution.
CONSIDÉRANT QUE nous sommes convaincus qu'il nous
faut être inventifs et innovateurs pour faire progresser le
Québec et ses citoyens.
Nous proposons ce qui suit dans le but de
sécuriser la rente actuelle et future des retraités.
1. Que les fonds soient entièrement
transférés à la Régie des rentes du
Québec, qui en assumerait la gestion ;
2. Qu'AbitibiBowater fasse les versements tel que
prévu à ladite entente (ou avec versement bonifié
selon la capacité financière d'AbitibiBowater) ;
3. Que la Régie des rentes du Québec
puisse, si elle le désire, fusionner les fonds ;
4. Que la Régie des rentes du Québec
garantisse à 100 % la rente versée aux
retraités ;
5. Que la Régie des rentes du Québec
établisse un mécanisme de suivi annuel de l'état
des fonds de retraite.
À notre avis, cette proposition a la
qualité d'éviter l'effet domino qui mettrait en danger
tous les fonds de retraite privés à travers le
Québec et sécuriserait les travailleurs
et les retraités quant à leur avenir financier en
réduisant les frais de gestion et en maximisant les rendements.
L'obligation pour les entreprises désirant se
prévaloir sans motifs raisonnables d'une pareille entente les
contraindrait à renoncer à leur mainmise sur la gestion
des fonds
de retraite. Ceci aurait pour effet de rendre moins attrayant le
recours sans motifs valables, voire abusif.

Les régimes de retraite sérieusement mis
en péril
- Le Réseau FADOQ et la
Fédération des associations
de retraités du Québec (FARQ), 24 mai 2011 -
Le Réseau FADOQ et la
Fédération des associations de retraités du
Québec (FARQ) déposent aujourd'hui un avis à
l'occasion des consultations particulières concernant
le projet de Loi 11 qui modifie la Loi sur les régimes
complémentaires de retraite. L'objectif de l'avis est
clair : alerter les élus au fait qu'une
succession récente de projets de loi met en péril les
régimes complémentaires de retraite et qu'une
concertation sérieuse des premiers concernés, les
retraités, est plus
qu'urgente et essentielle à la survie du système de
retraite tel que nous le connaissons depuis plus de quarante ans.
À la base, la rente de retraite est le fruit d'un
contrat privé entre l'employeur et l'employé, qui accepte
de différer une partie de son salaire en vue de sa retraite.
« La rente qu'il perçoit au moment de son retrait du
marché du travail n'est pas une faveur ou un privilège,
c'est un droit formel ! », soutient M.
Jean-Claude Grondin, président du Réseau FADOQ. Or, avec
le projet de Loi 11, le gouvernement du Québec s'ingère
manifestement dans ce contrat au nom de la survie
d'une entreprise, et ce, par le biais d'une entente exclusive entre
l'employeur et le gouvernement, excluant complètement les
premiers concernés, les retraités.
« Comment le gouvernement peut-il refuser d'inclure les
retraités dans le processus de négociation de cette
entente ? Pourtant, ce sont eux qui ont travaillé pour
cet argent, qui l'on investi avec des garanties légales et
contractuelles. À cause d'une entente arbitraire entre le
gouvernement et l'employeur, ils sont balayés du revers de
la main », poursuit M. Grondin.
En 2008, dans le contexte de la crise financière,
le gouvernement avait assoupli la Loi sur les régimes
complémentaires de retraite afin de permettre aux
employeurs de reprendre le contrôle de leurs finances avant de
rembourser les déficits des caisses de retraite.
« Or, avec les projets de Loi 129 et 11, c'est
carrément l'écroulement du système de pension du
Québec. En permettant aux employeurs de se désister de
leur engagement envers leurs travailleurs et leurs retraités, le
gouvernement met en péril l'ensemble de la législation
encadrant les régimes complémentaires de
retraite », souligne M. Jacques Beaudoin de la FARQ.
Des solutions possibles
Le Réseau FADOQ et la FARQ suggèrent au
gouvernement d'étudier la possibilité de mettre sur pied
une assurance retraite, du
même type que les assurances salaires ou invalidité
existantes, de manière à ce que les retraités
floués par les difficultés de leur ancien employeur
puissent conserver une
certaine qualité de vie. Les deux organismes suggèrent
également que soit précisé dans le projet de Loi
11 que l'employeur devra garantir 100 % de la rente
de retraite pendant la période d'étalement convenue dans
l'entente avec le gouvernement, et ce, même en cas de faillite.
Comment le gouvernement peut-il demander à
quelqu'un qui vit à peine au-dessus du seuil de faible revenu
d'amputer sa pension de près de 25 % pour sauver
des emplois ? Le Réseau FADOQ et la FARQ se posent la
question et tiennent à préciser que les retraités
qui accuseront une baisse significative de leurs revenus
devront certainement demander l'assistance de l'État, soit par
le biais de programmes et crédits provinciaux comme l'Allocation
logement et le crédit d'impôt à la
solidarité
ou fédéraux comme le Supplément de Revenu garanti.
Le projet de Loi 11, s'il est accepté tel quel,
sera indéniablement un profond recul des droits des
retraités au Québec et cela aura des effets sur
l'ensemble de la société.
Il est encore temps d'empêcher le glissement dangereux vers
lequel la succession de projets de loi discriminatoires envers les
retraités, particulièrement le projet de loi 11,
précipite le système de retraite complémentaire.
Il y a urgence d'agir, car cette tendance menace de sabrer les droits
économiques essentiels.
Le Réseau FADOQ est composé d'organismes
affiliés. Il a pour mission de regrouper les personnes de 50 ans
et plus et de les représenter devant les instances
nécessitant
la reconnaissance de leurs droits et de leurs besoins. Il a
également comme mission d'organiser des activités et
d'offrir des programmes ainsi que des services répondant
à
leurs besoins. Le Réseau FADOQ compte à ce jour plus de
260 000 membres.

Saint-Fulgence, Québec
L'extorsion des travailleurs forestiers et de la
communauté par AbitibiBowater
- K. C. Adams -
Le monopole forestier AbitibiBowater et le gouvernement
Charest n'ont aucun scrupule à utiliser la manière forte
contre les villes à industrie unique. Ils dérobent les
travailleurs forestiers de ce qui leur appartient de droit en utilisant
des méthodes d'extorsion qui feraient rougir les plus
redoutables mafiosos. Avec la menace de fermeture
et de révocation des droits de coupe, le monopole et le
gouvernement ont réussi à soutirer aux travailleurs
forestiers de Saint-Fulgence, près de Saguenay, des concessions
qui reviennent à une baisse de 18 % des salaires.
Grâce au gouvernement Charest, le droit de monopole l'emporte
encore une fois : non seulement AbitibiBowater
s'empare-t-elle d'une plus grande partie de la valeur ajoutée
créée par cette petite communauté, mais elle
augmente la journée de travail au-delà de 8 heures.
Quiconque
est tant soit peu familier avec le travail forestier sait que
l'augmentation de la journée de travail est une affaire
dangereuse. C'est un retour à une époque qu'on avait cru
révolue.
Les 120 employés de la scierie et d'autres qui
travaillent en forêt devront maintenant travailler 45 heures
par semaine pour 40 heures de paie. S'ils veulent être
payés en temps supplémentaire, ils devront faire plus que
45 heures. C'est une garantie qu'il y aura des accidents.
Après avoir fermé la scierie
l'année dernière, AbitibiBowater, de concert avec le
gouvernement néolibéral de Jean Charest, a demandé
une nouvelle convention collective
contenant des concessions importantes de la part des employés.
Jouant l'innocent pendant que la main de l'assassin frappe, le
gouvernement québécois a dit qu'il avait les
mains liées et qu'il n'avait pas d'autre choix que d'enlever
à la scierie de Saint-Fulgence son droit à un quota
annuel de 709 000 mètres cubes de bois si les
opérations
ne recommençaient pas avant la fin de juin. Une scierie sans
droit de coupe ne vaut rien et c'est sous la menace que les
travailleurs et la communauté ont été
forcés de
décider.
AbitibiBowater, maître chanteur
éhonté, a dit que si les travailleurs ne faisaient pas
les concessions exigées, l'usine serait
démantelée. Le monopole a calculé au sou
près
la quantité de valeur ajoutée produite par les
travailleurs qu'il voulait, une valeur retirée de la
communauté et acheminée dans les coffres des actionnaires
et obligataires qui
sont pour la plupart aux États-Unis.
Les actionnaires et obligataires d'AbitibiBowater et
leurs représentants au gouvernement ne connaissent rien de la
vie et des difficultés des travailleurs de la scierie et
de la forêt du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les populations
établies dans cette région se sont bâti une vie
dans des conditions difficiles et elles ont fait beaucoup plus que
survivre. Elles ont construit une scierie et créé une
pleine activité économique qui leur ont apporté un
minimum de prospérité et d'espoir mais les monopoles et
leurs
représentants sont déterminés à leur
enlever ce qu'elles ont créées et à ruiner leurs
plans d'avenir. Cela doit cesser. Les gens des régions doivent
dire Non ! à cette
destruction et exiger avec toute l'autorité de leur position de
producteurs une nouvelle direction pour l'économie.
L'esprit de bâtisseur qui a donné naissance
à cette activité économique au
Saguenay-Lac-Saint-Jean et ailleurs doit être renouvelé
dans les conditions d'aujourd'hui, avec
une nouvelle direction pour l'économie qui est
décidée par ceux qui y vivent et travaillent, en harmonie
avec les travailleurs et leurs alliés partout au Québec
et au Canada.
Ce grand projet d'édification nationale commence avec le courage
de dire Non ! aux monopoles et à leurs gouvernements
néolibéraux à Québec et à Ottawa.
Non seulement faut-il le courage de résister, il
faut aussi l'audace de proposer une nouvelle direction pour
l'économie sous le contrôle des vrais producteurs. Ils
doivent
exercer un contrôle sur la coupe du bois et sur ce qui est
fabriqué avec cette matière, ainsi que sur la
distribution, le prix de production et le partage de la valeur
ajoutée
qui est réalisée.
Pour donner une nouvelle direction à
l'économie, il faut qu'en plus de produire la richesse dont la
société a besoin pour vivre, les travailleurs s'engagent
dans la politique
pratique pour se défendre contre le droit de monopole et ne pas
subir l'humiliation, le vol et la destruction aux mains des
maîtres chanteurs néolibéaux.

Des retraités de Papiers Fraser
manifestent contre le vol des pensions
Le 28 avril, environ 60 retraités de
l'ancienne compagnie Papiers Fraser, et des représentants de la
section locale 29 du SCEP ont bloqué le pont international
entre Edmunston, au Nouveau-Brunswick, et Madawaska, dans le Maine,
pour dénoncer le vol de leurs pensions et exiger que les
gouvernements Harper et du Nouveau-
Brunswick les protègent. Ils ont bloqué la circulation
dans les deux directions. Ils se trouvaient en plein aux douanes, donc
personne ne pouvait entrer ou sortir du pays.
Ces retraités ont perdu 35 % de leurs
pensions lorsque le monopole forestier Papiers Fraser s'est
placé sous la protection de la loi sur les faillites en 2009, a
été
restructuré et ensuite vendu à Twin Rivers Paper Co., qui
gère actuellement les usines à Edmunston et à
Madawaska. Quelque 2 000 retraités canadiens
syndiqués de
Papiers Fraser ont vu leurs investissements de retraite coupés.
Environ 1600 d'entre eux vivent au Nouveau-Brunswick, les autres sont
du Québec et de l'Ontario. Les travailleurs appellent ce
procédé « la fraude Brookfield »
parce que la société Brookfield Asset
Management était l'intérêt qui contrôlait
Fraser et l'est à présent chez Twin Rivers Paper. Elle a
mis la compagnie en faillite, l'a restructurée et se l'est
vendue à elle-même,
en fermant certaines usines, a réduit les salaires et les
avantages sociaux de ceux qui demeuraient au travail et a coupé
les pensions des retraités de façon drastique.
Les travailleurs ont bloqué le pont international
pendant plus d'une heure et demie. Doris Lavoie, le président de
la section locale du SCEP, qui représente les travailleurs
de l'usine d'Edmunston, a dit au LML que les retraités
avaient décidé d'organiser cette action pour faire
entendre leur voix durant l'élection. « Nous
voulions brasser la cage et réveiller les politiciens qui ont
laissé tout cela arriver aux retraités et leur dire
qu'ils doivent défendre les pensions. Harper a fait encore pire
lorsqu'il a organisé la défaite d'un projet de loi
privé qui aurait garanti un statut plus sûr aux pensions
lorsque les compagnies sont sous la protection de la loi sur les
faillites.
L'action a été un grand succès. Les automobilistes
sont venus en grand nombre s'informer de notre situation et nous ont
donné leur appui. »
Les manifestants ont exigé que le gouvernement
fédéral change les lois sur la faillite de façon
à faire des retraités les créanciers prioritaires
quand les compagnies se
retrouvent sous la LLCA. Ils ont aussi demandé que les
législateurs fédéraux et provinciaux s'engagent
à aider tous ceux qui ont déjà subi des pertes
à leurs pensions.
Sur les pancartes des retraités, on pouvait lire
« Protégez nos pensions »,
« Changez les lois pour protéger les
retraités, pas les
compagnies ! » Ils ont manifesté pendant
près de deux heures avant que la police fasse évacuer le
pont. Un des organisateurs de l'action a dit aux médias
locaux : « Nous voulons que les gens au gouvernement se
penchent sur le déficit de nos pensions. Si nous fermons le pont
international et causons un grand
brouhaha, ça va attirer leur attention ». Un autre
retraité, qui a travaillé pendant près de 40 ans
pour Fraser, a dit des coupures de pensions : « Il n'y
a
pas de mots pour expliquer ce que cela a pu vouloir dire pour nous. Je
dois travailler à temps partiel maintenant, je n'ai pas le
choix. » Il a ajouté que les coupures
dans les pensions sont multipliées par l'augmentation des
dépenses auxquelles sont confrontés les retraités,
dont l'essence, la nourriture, les taxes et les rénovations des
maisons. « Nous devons encore vivre », a-t-il
dit. « Certains ont dû vendre leurs
autos. » Les manifestants ont souligné que cette
question ne
concerne pas seulement les travailleurs des scieries. « Si
cela peut arriver à nos pensions, ça peut arriver
à n'importe qui », a dit un manifestant.
Le 26 avril, plus de cent retraités de la
vieille usine Fraser, à Thurso, au Québec, maintenant
propriété de Fortress Paper, ont manifesté en face
du bureau de
Brookfield Asset Management à Gatineau. Un des retraités,
qui a travaillé pour Papier Fraser pendant 35 ans, a dit
à la presse locale que les coupures à sa pension
représentent une perte de 1 000 $ par mois. Il a dit
que Papier Fraser et les gouvernements ont le devoir moral et
légal d'aider les retraités. Le président du SCEP,
Dave Coles, s'est engagé à ce que le SCEP
« prenne toutes les actions légales et politiques
possibles pour s'assurer qu'il y ait une justice pour les
retraités de Papier
Fraser ».

Opposition grandissante aux
exportations de billots de bois brut
- Pierre Chénier -
Les travailleurs de la Colombie-Britannique s'opposent
à l'exportation des billots de bois brut, devenue
endémique dans la province. L'opposition à
l'expédition des billots
de bois brut fait partie de la lutte de la classe ouvrière qui a
pour mot d'ordre « Base manufacturière oui !
Destruction nationale non ! ».
L'augmentation des exportations de billots de bois brut contribue
grandement à la diminution du secteur manufacturier en
Colombie-Britannique, ce qui abaisse le niveau
de vie de la population et met en péril l'avenir de plusieurs
communautés forestières.
De plus en plus, les monopoles forestiers se
débarrassent de leurs installations de production et se
concentrent sur l'exportation de billots de bois brut. Les travailleurs
forestiers rapportent que TimberWest, le plus gros exportateur de
billots de bois brut en Colombie-Britannique, a diminué la
proportion de billots de bois brut qu'il vend
sur le marché intérieur, de 66,7 % à
55,5 % en 2009 et à un peu plus de 40 % à
l'heure actuelle. Ses bénéfices tirés des
exportations de billots
se sont élevés à 538 millions $ entre
2000 et 2009, au moment où les scieries et usines de
transformation du bois fermaient. TimberWest lui-même a
fermé toutes
ses scieries dans son empressement à exporter rapidement les
billots de bois brut, transformant ses forêts privées sous
réglementation fédérale en biens réels.
Les monopoles forestiers n'assument pas leur
responsabilité pour l'impact des fermetures des usines de
transformation en Colombie-Britannique. Loin de là, ils
utilisent
la crise pour exiger plus de destruction de la capacité de
production sous la fraude qu'exporter les billots de bois brut permet
de trouver une utilisation pour le bois d'oeuvre
laissé en plan par les fermetures et conserver certains emplois.
Le secteur de la coupe au sein de l'industrie forestière
prétend faire des progrès en mettant l'accent sur
l'exportation de billots de bois brut, mais les travailleurs soulignent
que les chiffres n'appuient pas cette thèse. Depuis 2000,
l'industrie forestière en Colombie-Britannique
a perdu 17 200 emplois dans les produits du bois, 7 900
emplois dans les pâtes et papier ainsi que 19 400
bûcherons et emplois forestiers.
Les monopoles ne veulent pas répondre à la
crise dans l'industrie forestière. L'industrie forestière
ne peut prospérer et vivre sans crises tant qu'elle est dans les
mains
de monopoles privés qui réclament la ressource pour
étendre leurs empires. Ils préfèrent utiliser la
crise comme prétexte pour s'asseoir sur des tonnes de billots de
bois brut
non transformés afin de construire leurs empires d'une
façon qui nécessite le moins d'investissement possible
dans les installations de production. Les monopoles prétendent
qu'exporter les billots de bois brut est positif parce que cela ne
concerne que les billots de bois brut en
« excès ». En effet, un argument de
taille. Fermer des
usines en parfaite condition d'un côté et prétendre
à un « excès » de ressource d'une
autre. Qui de sensé peut s'opposer à un tel usage d'
« excès » ? Mais cette ressource
n'est ni en excès ni en pénurie. Elle est pillée
et les monopoles trouvent maintenant leur intérêt à
ne pas transformer les
billots de bois brut, mais à les expédier.
Cette tendance détacher la récolte et de
la transformation dans des usines spécifiques est
facilitée par les gouvernements à tous les niveaux. Le
gouvernement Campbell
a été un des premiers gouvernements provinciaux à
rompre le lien entre la coupe et la transformation, éliminant
les vieux arrangements qui ont lié les deux. Les monopoles
qui se spécialisent maintenant dans l'exportation des billots de
bois brut ont fait bon usage de ces changements pour éliminer
leurs usines de production et exploiter l'entreprise
lucrative d'exportation du bois brut. L'entente perfide sur le bois
d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis exempte de taxes
à l'exportation les exportations de billots de
bois brut. Les travailleurs rapportent que les monopoles ne paient
presque pas de frais au gouvernement provincial lorsqu'ils utilisent le
bois pour l'expédition de billots de
bois brut au lieu de le transformer. Les problèmes ne font que
s'accumuler avec le passage à des exportations de billots de
bois brut. Les prix à l'exportation du bois sont
gonflés et la quantité de bois restant pour l'utilisation
domestique diminue, augmentant les prix dans le marché
intérieur, ce qui rend de plus en plus difficile aux petits et
moyens producteurs d'acquérir du bois.
Les travailleurs ont organisé plusieurs actions
et réunions pour s'opposer à l'expédition de
billots de bois brut, mais les gouvernements ont fait la sourde
oreille, défendant
le droit de monopole au lieu du droit public. Les travailleurs
persistent dans leurs justes demandes.

Bulletin du 25 mai 2011 • Retour à l'index • Écrivez
à: redaction@cpcml.ca
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