Il faut une nouvelle direction pour l'industrie forestière

Une étude gouvernementale prédit que la crise de l'industrie forestière va se poursuivre

Il est temps de donner une nouvelle direction à l'économie.

Le ministère québécois du Développement économique, de l'Innovation et de l'Emploi confirme dans une étude non publiée que 5 000 emplois du secteur forestier ont disparu au Saguenay-

Lac-Saint-Jean durant la dernière crise. L'étude prédit une nouvelle crise qui éliminera des centaines d'autres moyens de subsistance.

Le Quotidien rapporte que des représentants régionaux de différents secteurs de l'industrie (récolte, reboisement et sciage) se sont rencontrés dans les bureaux du ministère à Jonquière. Les chiffres de l'étude du ministère ont été présentés aux participants mais pas le document au complet. Aussi alarmants soient-ils, ces chiffres ne tiennent pas compte de fermetures récentes comme celle de l'usine d'Abitibi Consolidated de la Baie.

Selon le quotidien de Saguenay, des rumeurs circuleraient à l'effet que les prix du bois sont en chute libre sur le marché américain et qu'il risque d'y avoir des annonces de fermeture pour les usines de sciage. En fait, il y a quelques semaines Arbec a cessé ses opérations à l'Ascension pour une période minimum de trois semaines. Les travailleurs croient que la fermeture pourrait être pour une période indéterminée. Arbec aurait dit à des entrepreneurs du transport qu'elle aura besoin de leurs camions seulement en août et seulement si la situation s'améliore. Ce qu'il y a de particulièrement alarmant avec la fermeture de l'usine de l'Ascension, c'est qu'elle est considérée comme une des plus performantes du Québec. On apprenait également que la coopérative Petit-Paris à la Baie cessera ses opérations forestières pour un minimum de deux semaines.

Ceux qui contrôlent l'industrie disent qu'une « solution » au problème immédiat des fermetures de scieries pourrait être la montrée du prix du bois sur le marché américain accompagnée d'autres réductions de coûts, ce qui dans le langage courrant signifie réduire les réclamations des vrais producteurs, les travailleurs, à la valeur ajoutée.

Par ailleurs, on rapporte que la plupart des entreprises forestières ont avisé le gouvernement qu'elles n'allaient pas financer leur participation de 10 % aux travaux sylvicoles (le programme d'étude, culture et gestion des forêts québécoises qui emploie beaucoup de chercheurs et des centaines de travailleurs saisonniers). Les travaux sylvicoles de 2011 devaient débuter en mai mais il semble maintenant que rien ne se fera tant que le gouvernement ne s'engagera pas à financer lui-même les opérations.

Le Quotidien rapporte que les participants à la cellule de crise de Jonquière ont dit que d'autres fermetures temporaires et permanentes étaient inévitables si le gouvernement n'agit pas immédiatement. Ils ont parlé d'une « intervention énergique de l'État » sans par contre préciser ce que cela pourrait être. Mais si l'on doit se fier au passé, cela veut dire donner des fonds publics aux propriétaires des grandes entreprises et soutirer d'autres concessions aux vrais producteurs.

Le Quotidien décrit l'ampleur du problème comme suit : « Chaque fois qu'une entreprise expédie un camion de 45 pieds de bois de l'autre côté de la frontière américaine, il perd 14 000 $. Cette perte comprend une taxe de 17 % du 1000 pieds imposée dans le cadre de l'entente Canada-États-Unis sur le bois d'oeuvre. »

Les signes d'une crise prolongée font
planer une ombre sur le projet de loi 11

La réunion de Jonquière et les fragments d'information de l'étude du ministère viennent appuyer les inquiétudes des retraités d'AbitibiBowater concernant le projet de loi 11 présentement débattu à l'Assemblée nationale. Avec ce projet de loi le gouvernement remet leur sécurité à la retraite entre les mains d'AbitibiBowater sans prévoir de mécanisme obligeant l'entreprise à respecter ses responsabilités. Une aggravation de la crise place toutes les entreprises forestières en risque de faillite et pour les monopoles comme AbitibiBowater, c'est une raison de tourner le dos à leurs obligations morales et contractuelles envers les travailleurs actifs et retraités et à leurs communautés.

N'est-il pas temps de donner une nouvelle direction à l'économie ? Nous pouvons au moins y songer et nous rassembler pour discuter d'une alternative prosociale qui restreint le droit de monopole et accorde préséance au droit public.

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AbitibiBowater menace de faire d'autres mises à pied et de poursuivre la destruction de l'industrie

Richard Garneau, pdg d'AbitibiBowater, a dit récemment que les travailleurs canadiens de l'industrie forestière et leurs communautés doivent se préparer à d'autres fermetures, mises à pied et demandes de concessions. Les nouvelles menaces font suite à une série de fermetures et sont faites à peine cinq mois après que le monopole forestier soit sorti de la protection de faillite.

La période qui a fait suite à la fusion d'Abitibi-Consolidated et Bowater Inc. en 2007, sous la protection de la loi sur les faillites, a été témoin d'une offensive néolibérale contre l'industrie et d'abandon des responsabilités sociales par les entreprises et les gouvernements. Elle s'est soldée par la perte de plus de 6 000 emplois, la fermeture de plusieurs usines, la vente aux enchères des machines et des concessions soutirées aux travailleurs actifs et à la retraite et la vie des communautés a été bouleversée. Il n'y a pas eu de discussion sur une alternative à la destruction néolibérale. Deux visions se sont affrontées : la vision néolibérale selon laquelle chaque usine et chaque travailleur doivent servir les besoins de l'empire AbitibiBowater dans sa course aux profits pour ses actionnaires et obligataires, et la vision centrée sur l'être humain selon laquelle les travailleurs, leurs usines et les forêts sont les éléments les plus précieux de l'édification nationale et tout doit être fait pour défendre et renouveler ces avoirs dans un tout intégré, dans l'esprit de tous pour un et un pour tous.


Dans sa récente sortie, M. Garneau a dit que les travailleurs qui restent sont « trop nombreux », comme s'ils étaient un impossible fardeau pour la compagnie. Trop de travailleurs dans les scieries et la forêt, trop de sous-traitants, trop de travailleurs du transport, trop de scieries qui ne génèrent pas assez de profits. Allez, débarrassez ! Vous êtes un fardeau pour les riches et leurs monopoles ! C'est la conception du monde néolibérale du droit de monopole, qui bloque la conception du monde centrée sur l'être humain du droit public et l'empêche d'avancer et de s'attaquer aux problèmes posés.

Au lieu de reconnaître que les travailleurs forestiers sont le précieux facteur humain qui produit toute la richesse dont la société et le progrès ont besoin, M. Garneau croit que les vrais producteurs sont comme des sangsues qui vivent du revenu des riches. Il n'est pas surprenant alors que les travailleurs forestiers, actifs et à la retraite, pensent à une autre direction pour l'économie. La direction passée et actuelle, sous le contrôle du droit de monopole et de gens comme Richard Garneau et leurs représentants politiques à Québec et à Ottawa a été et demeure un échec pour les vrais producteurs et le public. La direction néolibérale de l'économie laisse sur son passage des êtres humains et des centres de production à l'abandon, quelle que soit leur contribution actuelle et potentielle à notre bien-être individuel et collectif.

Le monopole AbitibiBowater a déclaré un profit de 30 millions $ au premier trimestre avec une main-d'oeuvre réduite et moins de scieries. Ce profit représente en grande partie des revenus réalisés directement au détriment des travailleurs qui ont fait des concessions et de certains détenteurs de la dette dont les titres ont été transformés en actions. M. Garneau était tout souriant quand il en a fait l'annonce mais a vite repris son air faux pour dire qu'il faut s'attendre à d'autres mises à pied et fermetures et qu'il ne restera quand même pas assez de revenus pour soutenir la caisse de retraite. Il dit ni plus ni moins aux retraités : vaut mieux transférer vos pensions à la Régie des rentes avec le projet de loi 11 parce que cette entreprise et cette industrie ne vont rien résoudre à part satisfaire les besoins d'une poignée d'actionnaires.

La solution néolibérale est de continuer de faire ce que les monopoles font depuis des années : acheter les plus petites entreprises, mécaniser la production, exiger des subventions des gouvernements et des concessions des travailleurs et des retraités, parcourir le monde à la recherche de meilleurs endroits où investir et faire payer les travailleurs et leurs communautés quand le cycle économique redescend inévitablement.

De plus grands monopoles avec une plus grande productivité grâce à des machines plus modernes signifient un plus grand investissement en capital mais un prix de production réduit, ce qui se traduit par une baisse du taux de rendement sur le capital. C'est donc une autre crise qui attend l'autre, d'échec en échec.

Le Québec et le Canada possèdent les meilleures forêts au monde, mais sans de nouveaux rapports de production entre les participants à cette industrie, aucun problème ne peut être résolu. Ils ne peuvent développer leurs ressources forestières et leurs avoirs matériels pour créer des produits modernes pouvant servir d'abord à bâtir au Québec et au Canada une économie qui suffit à ses besoins et ensuite pour le monde entier, comme par exemple avec les polymères à base de bois. Le gouvernement pourrait créer une commission de mise en marché des produits forestiers qui s'occuperait de la mise en marché de tous les produits forestiers à un prix du marché qui reflète leurs prix de production. La commission publique de mise en marché permettrait de faire front commun dans les échanges avec les États-Unis et leur dire que s'ils veulent nos produits forestiers ils doivent payer un prix correspondant au prix de production. Ce serait une mesure pratique pour restreindre le droit de monopole et défendre le droit public, pour affronter l'annexion antisociale et antinationale du Québec et du Canada à l'empire étasunien et ses diktats injustes comme l'accord sur le bois d'oeuvre.

Nous avons assez entendu le discours néolibéral et nous avons assez vécu les échecs de cette obsession maladive d'une poignée de privilégiés à vouloir profiter du travail des autres, celui des vrais producteurs. Il est temps que les vrais producteurs donnent une nouvelle direction à l'économie qui soit dans leur intérêt individuel et collectif, dans celui des communautés et dans l'intérêt général de la société !

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Le projet de loi 11 est inacceptable

Les retraités d'AbitibiBowater dénoncent le vol des pensions et demandent qu'elles soient garanties

Les 24 et 25 mai, le gouvernement du Québec a tenu des audiences publiques sur le projet de loi 11, la Loi modifiant la Loi sur les régimes complémentaires de retraite et permettant que l'option d'une rente servie par la Régie des rentes du Québec soit offerte en cours d'existence de certains régimes dans le secteur des pâtes et papiers.

Ce projet de loi qui est regardé avec envie par tous les monopoles du secteur des pâtes et papier enchâsse le droit de monopole d'AbitibiBowater d'échapper à ses responsabilités en ce qui concerne les pensions. Il donne aux travailleurs retraités d'AbitibiBowater le choix entre deux options antisociales : la première est de se retirer du régime de pension à prestations déterminées et de s'en remettre à la Régie des rentes du gouvernement, moyennant une perte de plus de 25 % des prestations, et la seconde est de rester avec le fonds de retraite d'AbitibiBowater, mais sans garantie qu'il ne soit jamais entièrement capitalisé ou qu'il survivra au-delà de quelques années. Le projet de loi 11 prolonge de 5 à 15 ans le délai accordé à AbitibiBowater pour pleinement financer le fonds de retraite, qui est présentement sous capitalisé à 30 %. Le projet de loi ne donne aucune garantie de capitalisation entière par AbitibiBowater ou que la compagnie ne déclarera pas faillite et ne laissera pas les retraités avec des prestations mêmes inférieures à celles de la Régie des rentes.

C'est dans l'esprit de forcer AbitibiBowater et le gouvernement du Québec à être redevables que trois associations de retraités d'AbitibiBowater, soit Donnacona, Clermont et du Saguenay-Lac-St-Jean, de même que la FADOQ (connue dans le passé comme la Fédération de l'âge d'or du Québec) et la Fédération des associations des retraités du Québec (FARQ) sont intervenues lors des audiences publiques pour s'opposer au projet de loi.

Les représentants des retraités ont dénoncé le fait de ne pas avoir été consultés pendant tout le processus qui a mené à la présentation du projet de loi, ce qui remonte à la signature de l'entente en septembre 2010 entre le gouvernement du Québec et AbitibiBowater alors sous la protection de la faillite. C'est cette entente qui a permis à AbitibiBowater de se soustraire à sa responsabilité de financer pleinement ses fonds de pensions et a pavé la voie aux deux options mentionnées plus haut qu'on veut maintenant enchâsser dans la loi. Les retraités disent que chaque fois qu'ils ont reçu quelque information sur ce qui se passait c'était après que toutes les décisions aient été prises et le tout leur a été présenté comme un fait accompli, bien qu'ils vont souffrir des conséquences du projet de loi comme des milliers d'autres retraités du secteur.

« Nous n'avons jamais été consultés, a dit Gilles Papillon dans son intervention au nom des retraités de Donnacona, nous ne nous sommes jamais prononcés sur cette entente. Nous nous questionnons sur la légalité. Peut-on jouer dans la caisse de retraite sans l'accord des retraités ? Si cela est légal, il est grand temps que cela change car cela est immoral, cela nous semble du vol éhonté. On vole la sécurité financière des retraités. »

Les retraités ont dénoncé le gouvernement du Québec qui déclare avec sa loi que l'entente qu'il a signée avec le monopole supplante l'entente que les retraités ont négociée et signée avec AbitibiBowater sur les fonds de pensions à prestations déterminées lorsqu'ils étaient travailleurs actifs.

La demande fondamentale que tous les représentants des retraités ont présentée aux audiences est qu'AbitibiBowater et le gouvernement du Québec ont le devoir de garantir les pensions des retraités en tant que droit qui leur appartient et cela quelles que soient les circonstances.

Ce combat est très important pour les travailleurs du secteur des pâtes et papiers et de tous les secteurs et pour la nation du Québec et le Canada. Le gouvernement cherche à enchâsser encore plus profondément dans la législation du Québec que le droit public aux pensions est supplanté par le droit de monopole. Cela ne doit pas passer et dans ce sens les retraités d'AbitibiBowater qui se dressent pour forcer Abitibi et le gouvernement à être redevables méritent tout notre respect et tout notre appui.

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Présentation de l'Association des retraités de Donnacona aux audiences publiques sur la loi 11


Gilles Papillon, porte-parole de l'Association des retraités de Donnacona s'adresse
au rassemblement du Premier Mai sur la colline du parlement.

Le projet de loi 11 déposé à l'Assemblée nationale du Québec abolit le droit public de dire non aux manoeuvres d'AbitibiBowater pour se soustraire à ses responsabilités sur les pensions. Ce projet de loi, qui tente déjà l'appétit des autres monopoles, donne aux travailleurs retraités d'AbitibiBowater le choix entre deux options : la première est de se retirer du régime de pension à prestations déterminées et de s'en remettre à la Régie des rentes du gouvernement, moyennant une perte de plus de 25 % des prestations, et la seconde est de rester avec le fonds de retraite d'AbitibiBowater, mais sans garantie qu'il ne soit jamais entièrement capitalisé ou qu'il survivra au-delà de quelques années.

Ce projet est vicieux car le problème ce n'est pas le transfert de notre régime à la Régie des rentes du Québec qui est problématique, cela fait même partie de notre hypothèse de solution, c'est que cela se fasse avec une perte entre 20 et 30 % pour les retraités. C'est inacceptable. De plus, ceci libèrerait AbitibiBowater de ses obligations sur une dette à la caisse de retraite de 1,3 milliard $, si par exemple, nous tous, retraités, par insécurité, transfèrerions notre retraite à la Régie des rentes.

De plus, ce projet de loi permet à AbitibiBowater de refinancer les 20 mois de suspension de cotisations d'équilibre accordées durant la période de la protection des créanciers (13,3 millions $ par mois). Donc, la compagnie a eu un congé de paiement de 20 mois. Ce paiement aurait dû se faire au plus tard le 31 mars 2011, ce qui n'a pas été fait. C'est inacceptable et peut-être même illégal.

Le projet de loi 11 permet à AbitibiBowater pendant une période de 10 ans de verser un minimum de cotisations d'équilibre de 50 millions $ sur une dette de 1,3 milliard $. Selon les dires de la Régie des rentes en juillet 2009, la RRQ est intervenue en Cour supérieure pour forcer la compagnie, actuellement en restructuration, à verser plus d'argent dans ses régimes de retraite. Toutefois, la RRQ s'est désistée. Dans l'argumentation de la Régie, nous avons pris connaissance de faits pour le moins troublants. Tout nous porte à croire :

a) que la RRQ n'a pas eu accès aux états financiers du régime de retraite ;

b) que la RRQ a évoqué que les cotisations de l'employeur sont insuffisantes pour éviter une détérioration de la situation financière des régimes de retraite ;

c) que la RRQ maintient même, et cela est extrêmement grave, que si la situation actuelle persiste, certaines caisses de retraite financeront illégalement les opérations d'AbitibiBowater.

Comment la RRQ peut-elle dire aujourd'hui que cette entente est sécuritaire pour les retraités ? Pour imager, on pourrait comparer ce paiement à celui de notre carte de crédit personnelle lorsque nous nous contentons de défrayer que le paiement minimum. Peut-on imaginer être capable un jour de rembourser notre dette ? C'est pour cela que nous voulons que cette entente soit sécurisée.

Droits bafoués

Jamais les retraités d'AbitibiBowater n'ont été réellement impliqués dans cette démarche, malgré le fait que nous l'avons demandé à maintes et maintes reprises à notre ex-centrale syndicale CSN. Nous l'avons demandé à notre député libéral Michel Matte. Nous l'avons demandé au ministre Sam Hamad, le 18 février 2010, ce dernier nous a d'ailleurs répondu « que pour le moment, c'était non, mais que nous serions consultés avant qu'une décision ne soit prise ». Dans Le Soleil du 20 février 2010, le journaliste Michel Corbeil fait mention que les syndicats ne s'entendent pas et que Sam Hamad ne veut pas agir comme arbitre et qu'il a insisté sur ses efforts pour asseoir et les syndicats et la compagnie avec ses fonctionnaires. Les discussions ne sont pas terminées, a-t-il répété, lors de l'entrevue. La question qui se pose est : où sont les retraités, où sont les droits des retraités, où est la consultation ?

Dans le Courrier de Portneuf du 24 février 2010, Alain Turgeon, journaliste, cite dans un article intitulé : « Restructuration AbitibiBowater, les retraités veulent être consultés », les porte-

parole des retraités mentionnent que « personne n'a intérêt à nous défendre, l'intérêt est de sauver la compagnie. On peu rien gagner, on peut juste perdre. S'ils coupent dans le fonds de pension, on perd, si la compagnie fait faillite, on perd aussi. Une pétition fut déposée à Michel Matte, député libéral le 17 février pour siéger au comité. Ceci démontre la mobilisation des retraités. D'ailleurs les retraités d'Alma et de Chicoutimi ont rencontré le ministre Hamad le 18 février également. »

Dans Le Soleil du 27 mai 2010, dans l'article intitulé : « Industrie forestière », on relate que Sam Hamad a affirmé en Chambre et nous citons : « que les discussions sur le fonds de pension réunissent tous les intervenants, des fonctionnaires aux syndiqués en passant par la compagnie et les retraités ». C'était peut-être l'intention du ministre, mais malheureusement nous n'avons jamais été consultés en tant que retraités.

Nous avons fait beaucoup d'efforts pour être impliqués dans ce processus. Jamais les parties n'ont semblé être intéressées à nous impliquer. Dans la proposition d'entente entre la RRQ et AbitibiBowater de juin 2010, à l'article 7 que nous citons :

« Toutes les parties aux régimes ont été informées du contenu de la présente entente. AbitibiBowater est responsable des relations avec les retraités et bénéficiaires. À ce titre, elle s'engage notamment à répondre aux questions soulevées par ces derniers sur cette entente et à leur communiquer une information adéquate. »

Donc, on a laissé à l'employeur la responsabilité de faire connaître aux retraités ladite proposition d'entente. La compagnie avait-elle intérêt à nous la faire connaître, à nous renseigner correctement ? Nous vous rappelons que cette entente est datée de juin 2010 et en décembre de la même année, c'est suite à des pressions de la Coalition qu'AbitibiBowater se pointe à Donnacona, après que ... l'entente soit faite.

Nous n'avons jamais été consultés, nous ne nous sommes jamais prononcés sur cette entente. Nous nous questionnons sur la légalité. Peut-on jouer dans la caisse de retraite sans l'accord des retraités ? Si cela est légal, il est grand temps que cela change car cela est immoral, cela nous semble du vol éhonté. On vole la sécurité financière des retraités. Actuellement, il y a une vaste campagne d'incitation auprès des jeunes à souscrire dans leur sécurité financière future pour leur retraite. Quel paradoxe !

Pour un travailleur, qu'est-ce qu'un fonds de pension ?

Bref historique d'un travailleur retraité

• Entrée à l'usine à l'âge de 18 ans ;

• À 23 ans, incitation à participer à un fonds de retraite ;

• Il aurait pu souscrire à des REER, à investir ailleurs mais il choisit le régime de prestations déterminées de l'employeur ;

• Année après année, par la négociation avec l'employeur, il a accepté de meilleurs avantages sociaux au lieu de rémunération salariale ;

• Donc, ses prestations de retraite, c'est du salaire différé.

• En 2005, il accepte de prendre sa retraite à 55 ans en raison d'une restructuration à l'usine ;

• Il a donc signé un contrat avec son employeur lui garantissant son régime de retraite.

• Surprise ! Bientôt on lui demandera de choisir entre une sécurité financière à 69 % de sa rente suite à une entente avec la RRQ ou l'insécurité à 100 % de sa rente et vivre dans l'insécurité.

• On lui demande de supporter une dette d'une multinationale ou de faire un cadeau immédiatement de 31 % à un employeur qui, présentement, démolit son ex- usine.

Ce travailleur veut le respect du contrat qu'il a signé à l'âge de 23 ans. Il veut sécuriser sa retraite à 100 %. Il vous demande, madame la Ministre, messieurs et mesdames du Gouvernement, de légiférer pour protéger sa sécurité financière et celle de toutes et tous les travailleurs actifs et retraités partout au Québec.

Voici notre proposition en pièce jointe [ci-dessous].

Gilles Papillon
Yvon Papillon
Jean-Paul Lizotte
Camil Beaupré
Représentants des retraités de Donnacona

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Proposition relative à la sécurisation du fonds de pension des retraités d'AbitibiBowater

CONSIDÉRANT QUE l'entente négociée entre les parties FTQ, CSN, la compagnie AbitibiBowater et la Régie des rentes du Québec est inacceptable pour les retraités ;

CONSIDÉRANT QUE cette entente fut négociée sans aucune consultation auprès des retraités et sans que ceux-ci n'aient pu se prononcer sur ladite entente ;

CONSIDÉRANT QUE dans la présente entente, la possibilité pour les retraités de transférer à la Régie des rentes du Québec la gestion des fonds, qui leur sont dus, sans apport financier d'AbitibiBowater, ferait en sorte que celle-ci empoche plus d'un milliard de dollars. C'est un peu absurde comme proposition et piste de solution.

CONSIDÉRANT QUE nous sommes convaincus qu'il nous faut être inventifs et innovateurs pour faire progresser le Québec et ses citoyens.

Nous proposons ce qui suit dans le but de sécuriser la rente actuelle et future des retraités.

1. Que les fonds soient entièrement transférés à la Régie des rentes du Québec, qui en assumerait la gestion ;

2. Qu'AbitibiBowater fasse les versements tel que prévu à ladite entente (ou avec versement bonifié selon la capacité financière d'AbitibiBowater) ;

3. Que la Régie des rentes du Québec puisse, si elle le désire, fusionner les fonds ;

4. Que la Régie des rentes du Québec garantisse à 100 % la rente versée aux retraités ;

5. Que la Régie des rentes du Québec établisse un mécanisme de suivi annuel de l'état des fonds de retraite.

À notre avis, cette proposition a la qualité d'éviter l'effet domino qui mettrait en danger tous les fonds de retraite privés à travers le Québec et sécuriserait les travailleurs et les retraités quant à leur avenir financier en réduisant les frais de gestion et en maximisant les rendements.

L'obligation pour les entreprises désirant se prévaloir sans motifs raisonnables d'une pareille entente les contraindrait à renoncer à leur mainmise sur la gestion des fonds de retraite. Ceci aurait pour effet de rendre moins attrayant le recours sans motifs valables, voire abusif.

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Les régimes de retraite sérieusement mis en péril

Le Réseau FADOQ et la Fédération des associations de retraités du Québec (FARQ) déposent aujourd'hui un avis à l'occasion des consultations particulières concernant le projet de Loi 11 qui modifie la Loi sur les régimes complémentaires de retraite. L'objectif de l'avis est clair : alerter les élus au fait qu'une succession récente de projets de loi met en péril les régimes complémentaires de retraite et qu'une concertation sérieuse des premiers concernés, les retraités, est plus qu'urgente et essentielle à la survie du système de retraite tel que nous le connaissons depuis plus de quarante ans.

À la base, la rente de retraite est le fruit d'un contrat privé entre l'employeur et l'employé, qui accepte de différer une partie de son salaire en vue de sa retraite. « La rente qu'il perçoit au moment de son retrait du marché du travail n'est pas une faveur ou un privilège, c'est un droit formel ! », soutient M. Jean-Claude Grondin, président du Réseau FADOQ. Or, avec le projet de Loi 11, le gouvernement du Québec s'ingère manifestement dans ce contrat au nom de la survie d'une entreprise, et ce, par le biais d'une entente exclusive entre l'employeur et le gouvernement, excluant complètement les premiers concernés, les retraités. « Comment le gouvernement peut-il refuser d'inclure les retraités dans le processus de négociation de cette entente ? Pourtant, ce sont eux qui ont travaillé pour cet argent, qui l'on investi avec des garanties légales et contractuelles. À cause d'une entente arbitraire entre le gouvernement et l'employeur, ils sont balayés du revers de la main », poursuit M. Grondin.

En 2008, dans le contexte de la crise financière, le gouvernement avait assoupli la Loi sur les régimes complémentaires de retraite afin de permettre aux employeurs de reprendre le contrôle de leurs finances avant de rembourser les déficits des caisses de retraite. « Or, avec les projets de Loi 129 et 11, c'est carrément l'écroulement du système de pension du Québec. En permettant aux employeurs de se désister de leur engagement envers leurs travailleurs et leurs retraités, le gouvernement met en péril l'ensemble de la législation encadrant les régimes complémentaires de retraite », souligne M. Jacques Beaudoin de la FARQ.

Des solutions possibles

Le Réseau FADOQ et la FARQ suggèrent au gouvernement d'étudier la possibilité de mettre sur pied une assurance retraite, du même type que les assurances salaires ou invalidité existantes, de manière à ce que les retraités floués par les difficultés de leur ancien employeur puissent conserver une certaine qualité de vie. Les deux organismes suggèrent également que soit précisé dans le projet de Loi 11 que l'employeur devra garantir 100 % de la rente de retraite pendant la période d'étalement convenue dans l'entente avec le gouvernement, et ce, même en cas de faillite.

Comment le gouvernement peut-il demander à quelqu'un qui vit à peine au-dessus du seuil de faible revenu d'amputer sa pension de près de 25 % pour sauver des emplois ? Le Réseau FADOQ et la FARQ se posent la question et tiennent à préciser que les retraités qui accuseront une baisse significative de leurs revenus devront certainement demander l'assistance de l'État, soit par le biais de programmes et crédits provinciaux comme l'Allocation logement et le crédit d'impôt à la solidarité ou fédéraux comme le Supplément de Revenu garanti.

Le projet de Loi 11, s'il est accepté tel quel, sera indéniablement un profond recul des droits des retraités au Québec et cela aura des effets sur l'ensemble de la société. Il est encore temps d'empêcher le glissement dangereux vers lequel la succession de projets de loi discriminatoires envers les retraités, particulièrement le projet de loi 11, précipite le système de retraite complémentaire. Il y a urgence d'agir, car cette tendance menace de sabrer les droits économiques essentiels.

Le Réseau FADOQ est composé d'organismes affiliés. Il a pour mission de regrouper les personnes de 50 ans et plus et de les représenter devant les instances nécessitant la reconnaissance de leurs droits et de leurs besoins. Il a également comme mission d'organiser des activités et d'offrir des programmes ainsi que des services répondant à leurs besoins. Le Réseau FADOQ compte à ce jour plus de 260 000 membres.

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Saint-Fulgence, Québec
L'extorsion des travailleurs forestiers et de la communauté par AbitibiBowater

Le monopole forestier AbitibiBowater et le gouvernement Charest n'ont aucun scrupule à utiliser la manière forte contre les villes à industrie unique. Ils dérobent les travailleurs forestiers de ce qui leur appartient de droit en utilisant des méthodes d'extorsion qui feraient rougir les plus redoutables mafiosos. Avec la menace de fermeture et de révocation des droits de coupe, le monopole et le gouvernement ont réussi à soutirer aux travailleurs forestiers de Saint-Fulgence, près de Saguenay, des concessions qui reviennent à une baisse de 18 % des salaires. Grâce au gouvernement Charest, le droit de monopole l'emporte encore une fois : non seulement AbitibiBowater s'empare-t-elle d'une plus grande partie de la valeur ajoutée créée par cette petite communauté, mais elle augmente la journée de travail au-delà de 8 heures. Quiconque est tant soit peu familier avec le travail forestier sait que l'augmentation de la journée de travail est une affaire dangereuse. C'est un retour à une époque qu'on avait cru révolue.

Les 120 employés de la scierie et d'autres qui travaillent en forêt devront maintenant travailler 45 heures par semaine pour 40 heures de paie. S'ils veulent être payés en temps supplémentaire, ils devront faire plus que 45 heures. C'est une garantie qu'il y aura des accidents.

Après avoir fermé la scierie l'année dernière, AbitibiBowater, de concert avec le gouvernement néolibéral de Jean Charest, a demandé une nouvelle convention collective contenant des concessions importantes de la part des employés. Jouant l'innocent pendant que la main de l'assassin frappe, le gouvernement québécois a dit qu'il avait les mains liées et qu'il n'avait pas d'autre choix que d'enlever à la scierie de Saint-Fulgence son droit à un quota annuel de 709 000 mètres cubes de bois si les opérations ne recommençaient pas avant la fin de juin. Une scierie sans droit de coupe ne vaut rien et c'est sous la menace que les travailleurs et la communauté ont été forcés de décider.

AbitibiBowater, maître chanteur éhonté, a dit que si les travailleurs ne faisaient pas les concessions exigées, l'usine serait démantelée. Le monopole a calculé au sou près la quantité de valeur ajoutée produite par les travailleurs qu'il voulait, une valeur retirée de la communauté et acheminée dans les coffres des actionnaires et obligataires qui sont pour la plupart aux États-Unis.

Les actionnaires et obligataires d'AbitibiBowater et leurs représentants au gouvernement ne connaissent rien de la vie et des difficultés des travailleurs de la scierie et de la forêt du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les populations établies dans cette région se sont bâti une vie dans des conditions difficiles et elles ont fait beaucoup plus que survivre. Elles ont construit une scierie et créé une pleine activité économique qui leur ont apporté un minimum de prospérité et d'espoir mais les monopoles et leurs représentants sont déterminés à leur enlever ce qu'elles ont créées et à ruiner leurs plans d'avenir. Cela doit cesser. Les gens des régions doivent dire Non ! à cette destruction et exiger avec toute l'autorité de leur position de producteurs une nouvelle direction pour l'économie.

L'esprit de bâtisseur qui a donné naissance à cette activité économique au Saguenay-Lac-Saint-Jean et ailleurs doit être renouvelé dans les conditions d'aujourd'hui, avec une nouvelle direction pour l'économie qui est décidée par ceux qui y vivent et travaillent, en harmonie avec les travailleurs et leurs alliés partout au Québec et au Canada. Ce grand projet d'édification nationale commence avec le courage de dire Non ! aux monopoles et à leurs gouvernements néolibéraux à Québec et à Ottawa.

Non seulement faut-il le courage de résister, il faut aussi l'audace de proposer une nouvelle direction pour l'économie sous le contrôle des vrais producteurs. Ils doivent exercer un contrôle sur la coupe du bois et sur ce qui est fabriqué avec cette matière, ainsi que sur la distribution, le prix de production et le partage de la valeur ajoutée qui est réalisée.

Pour donner une nouvelle direction à l'économie, il faut qu'en plus de produire la richesse dont la société a besoin pour vivre, les travailleurs s'engagent dans la politique pratique pour se défendre contre le droit de monopole et ne pas subir l'humiliation, le vol et la destruction aux mains des maîtres chanteurs néolibéaux.

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Des retraités de Papiers Fraser
manifestent contre le vol des pensions

Le 28 avril, environ 60 retraités de l'ancienne compagnie Papiers Fraser, et des représentants de la section locale 29 du SCEP ont bloqué le pont international entre Edmunston, au Nouveau-Brunswick, et Madawaska, dans le Maine, pour dénoncer le vol de leurs pensions et exiger que les gouvernements Harper et du Nouveau- Brunswick les protègent. Ils ont bloqué la circulation dans les deux directions. Ils se trouvaient en plein aux douanes, donc personne ne pouvait entrer ou sortir du pays.

Ces retraités ont perdu 35 % de leurs pensions lorsque le monopole forestier Papiers Fraser s'est placé sous la protection de la loi sur les faillites en 2009, a été restructuré et ensuite vendu à Twin Rivers Paper Co., qui gère actuellement les usines à Edmunston et à Madawaska. Quelque 2 000 retraités canadiens syndiqués de Papiers Fraser ont vu leurs investissements de retraite coupés. Environ 1600 d'entre eux vivent au Nouveau-Brunswick, les autres sont du Québec et de l'Ontario. Les travailleurs appellent ce procédé « la fraude Brookfield » parce que la société Brookfield Asset Management était l'intérêt qui contrôlait Fraser et l'est à présent chez Twin Rivers Paper. Elle a mis la compagnie en faillite, l'a restructurée et se l'est vendue à elle-même, en fermant certaines usines, a réduit les salaires et les avantages sociaux de ceux qui demeuraient au travail et a coupé les pensions des retraités de façon drastique.

Les travailleurs ont bloqué le pont international pendant plus d'une heure et demie. Doris Lavoie, le président de la section locale du SCEP, qui représente les travailleurs de l'usine d'Edmunston, a dit au LML que les retraités avaient décidé d'organiser cette action pour faire entendre leur voix durant l'élection. « Nous voulions brasser la cage et réveiller les politiciens qui ont laissé tout cela arriver aux retraités et leur dire qu'ils doivent défendre les pensions. Harper a fait encore pire lorsqu'il a organisé la défaite d'un projet de loi privé qui aurait garanti un statut plus sûr aux pensions lorsque les compagnies sont sous la protection de la loi sur les faillites. L'action a été un grand succès. Les automobilistes sont venus en grand nombre s'informer de notre situation et nous ont donné leur appui. »

Les manifestants ont exigé que le gouvernement fédéral change les lois sur la faillite de façon à faire des retraités les créanciers prioritaires quand les compagnies se retrouvent sous la LLCA. Ils ont aussi demandé que les législateurs fédéraux et provinciaux s'engagent à aider tous ceux qui ont déjà subi des pertes à leurs pensions.

Sur les pancartes des retraités, on pouvait lire « Protégez nos pensions », « Changez les lois pour protéger les retraités, pas les compagnies ! » Ils ont manifesté pendant près de deux heures avant que la police fasse évacuer le pont. Un des organisateurs de l'action a dit aux médias locaux : « Nous voulons que les gens au gouvernement se penchent sur le déficit de nos pensions. Si nous fermons le pont international et causons un grand brouhaha, ça va attirer leur attention ». Un autre retraité, qui a travaillé pendant près de 40 ans pour Fraser, a dit des coupures de pensions : « Il n'y a pas de mots pour expliquer ce que cela a pu vouloir dire pour nous. Je dois travailler à temps partiel maintenant, je n'ai pas le choix. » Il a ajouté que les coupures dans les pensions sont multipliées par l'augmentation des dépenses auxquelles sont confrontés les retraités, dont l'essence, la nourriture, les taxes et les rénovations des maisons. « Nous devons encore vivre », a-t-il dit. « Certains ont dû vendre leurs autos. » Les manifestants ont souligné que cette question ne concerne pas seulement les travailleurs des scieries. « Si cela peut arriver à nos pensions, ça peut arriver à n'importe qui », a dit un manifestant.

Le 26 avril, plus de cent retraités de la vieille usine Fraser, à Thurso, au Québec, maintenant propriété de Fortress Paper, ont manifesté en face du bureau de Brookfield Asset Management à Gatineau. Un des retraités, qui a travaillé pour Papier Fraser pendant 35 ans, a dit à la presse locale que les coupures à sa pension représentent une perte de 1 000 $ par mois. Il a dit que Papier Fraser et les gouvernements ont le devoir moral et légal d'aider les retraités. Le président du SCEP, Dave Coles, s'est engagé à ce que le SCEP « prenne toutes les actions légales et politiques possibles pour s'assurer qu'il y ait une justice pour les retraités de Papier Fraser ».

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Opposition grandissante aux
exportations de billots de bois brut

Les travailleurs de la Colombie-Britannique s'opposent à l'exportation des billots de bois brut, devenue endémique dans la province. L'opposition à l'expédition des billots de bois brut fait partie de la lutte de la classe ouvrière qui a pour mot d'ordre « Base manufacturière oui ! Destruction nationale non ! ». L'augmentation des exportations de billots de bois brut contribue grandement à la diminution du secteur manufacturier en Colombie-Britannique, ce qui abaisse le niveau de vie de la population et met en péril l'avenir de plusieurs communautés forestières.

De plus en plus, les monopoles forestiers se débarrassent de leurs installations de production et se concentrent sur l'exportation de billots de bois brut. Les travailleurs forestiers rapportent que TimberWest, le plus gros exportateur de billots de bois brut en Colombie-Britannique, a diminué la proportion de billots de bois brut qu'il vend sur le marché intérieur, de 66,7 % à 55,5 % en 2009 et à un peu plus de 40 % à l'heure actuelle. Ses bénéfices tirés des exportations de billots se sont élevés à 538 millions $ entre 2000 et 2009, au moment où les scieries et usines de transformation du bois fermaient. TimberWest lui-même a fermé toutes ses scieries dans son empressement à exporter rapidement les billots de bois brut, transformant ses forêts privées sous réglementation fédérale en biens réels.

Les monopoles forestiers n'assument pas leur responsabilité pour l'impact des fermetures des usines de transformation en Colombie-Britannique. Loin de là, ils utilisent la crise pour exiger plus de destruction de la capacité de production sous la fraude qu'exporter les billots de bois brut permet de trouver une utilisation pour le bois d'oeuvre laissé en plan par les fermetures et conserver certains emplois. Le secteur de la coupe au sein de l'industrie forestière prétend faire des progrès en mettant l'accent sur l'exportation de billots de bois brut, mais les travailleurs soulignent que les chiffres n'appuient pas cette thèse. Depuis 2000, l'industrie forestière en Colombie-Britannique a perdu 17 200 emplois dans les produits du bois, 7 900 emplois dans les pâtes et papier ainsi que 19 400 bûcherons et emplois forestiers.

Les monopoles ne veulent pas répondre à la crise dans l'industrie forestière. L'industrie forestière ne peut prospérer et vivre sans crises tant qu'elle est dans les mains de monopoles privés qui réclament la ressource pour étendre leurs empires. Ils préfèrent utiliser la crise comme prétexte pour s'asseoir sur des tonnes de billots de bois brut non transformés afin de construire leurs empires d'une façon qui nécessite le moins d'investissement possible dans les installations de production. Les monopoles prétendent qu'exporter les billots de bois brut est positif parce que cela ne concerne que les billots de bois brut en « excès ». En effet, un argument de taille. Fermer des usines en parfaite condition d'un côté et prétendre à un « excès » de ressource d'une autre. Qui de sensé peut s'opposer à un tel usage d' « excès » ? Mais cette ressource n'est ni en excès ni en pénurie. Elle est pillée et les monopoles trouvent maintenant leur intérêt à ne pas transformer les billots de bois brut, mais à les expédier.

Cette tendance détacher la récolte et de la transformation dans des usines spécifiques est facilitée par les gouvernements à tous les niveaux. Le gouvernement Campbell a été un des premiers gouvernements provinciaux à rompre le lien entre la coupe et la transformation, éliminant les vieux arrangements qui ont lié les deux. Les monopoles qui se spécialisent maintenant dans l'exportation des billots de bois brut ont fait bon usage de ces changements pour éliminer leurs usines de production et exploiter l'entreprise lucrative d'exportation du bois brut. L'entente perfide sur le bois d'oeuvre entre le Canada et les États-Unis exempte de taxes à l'exportation les exportations de billots de bois brut. Les travailleurs rapportent que les monopoles ne paient presque pas de frais au gouvernement provincial lorsqu'ils utilisent le bois pour l'expédition de billots de bois brut au lieu de le transformer. Les problèmes ne font que s'accumuler avec le passage à des exportations de billots de bois brut. Les prix à l'exportation du bois sont gonflés et la quantité de bois restant pour l'utilisation domestique diminue, augmentant les prix dans le marché intérieur, ce qui rend de plus en plus difficile aux petits et moyens producteurs d'acquérir du bois.

Les travailleurs ont organisé plusieurs actions et réunions pour s'opposer à l'expédition de billots de bois brut, mais les gouvernements ont fait la sourde oreille, défendant le droit de monopole au lieu du droit public. Les travailleurs persistent dans leurs justes demandes.

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Bulletin du 25 mai 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca