Premier Mai 2011

Vigoureuses actions du Premier Mai
partout au Canada et dans le monde


Sur la Colline du Parlement le Premier Mai: Les travailleurs s'engagent à lutter pour une nouvelle
direction pour l'économie et à tenir les gouvernements redevables.

La veille de l'élection fédérale, près de 2500 travailleurs et leurs alliés en l'Ontario et au Québec ont répondu à l'appel de la section 1005 du Syndicat des Métallos de Hamilton de prendre en main d'établir une nouvelle direction pour l'économie et de forcer le nouveau gouvernement, quelque soit le parti au pouvoir, à défendre le droit public et non le droit de monopole.

Les travailleurs rassemblés devant l'édifice du pouvoir représentaient l'économie socialisée dans son entier, secteurs privé et public, industriel et commercial. Ils ont été accueillis par le musicien bien connu de la région d'Ottawa Kevin Dooley et ses amis qui ont interprété des airs irlandais traditionnels et des chansons ouvrières. Dans un geste solennel qui symbolisait les intérêts communs des Premières Nations et des travailleurs, deux jeunes Mohawks ont ouvert le rassemblement par une cérémonie de bienvenue traditionnelle des Six Nations. Gary Howe, le vice-président de la section 1005, le maître de cérémonie pour l'occasion, a ensuite invité Bill Mahoney, un retraité de la section 1005, à réciter son poème « Le Premier Mai ».

Sean McKenny, président du Conseil du travail d'Ottawa, a souhaité la bienvenue à tous et Napoléon Gomez, président du Syndicat national des travailleurs miniers et métallurgiques du Mexique (Los Mineros), qui est également membre honoraire de la section 1005, a présenté les salutations du Premier Mai aux travailleurs des États-Unis, du Mexique et du monde. Le président de la section 1005 Rolf Gerstenberger a ensuite prononcé son discours suivi de Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et des travailleuses des postes, et de Sid Ryan, président de la Fédération des travailleurs de l'Ontario.

La foule a ensuite donné un accueil chaleureux à l'Association des retraités d'AbitibiBowater de Donnacona, à l'organisation des retraités de la section 222 des Travailleurs canadiens de l'automobile venus d'Oshawa et aux représentants de la section 6500 des Métallos venus de Sudbury. L'un après l'autre, les orateurs ont dénoncé les monopoles internationaux pour les ravages qu'ils provoquent dans notre économie et notre société ainsi que les institutions et les gouvernements à leur service. Ils ont parlé des problèmes auxquels les travailleurs font face. Ils ont dénoncé la destruction systématique des secteurs manufacturiers au Canada et montré comment la réduction de la production va de pair avec l'exportation accrue des ressources naturelles, ce qui abaisse la qualité de vie au Canada dans l'intérêt étroit des monopoles internationaux. C'est ce que les monopoles tentent de faire partout au pays, éliminant tous les arrangements de l'après-Deuxième Guerre mondiale en ce qui concerne les pensions, les avantages sociaux, la sécurité d'emploi, la santé et la sécurité , les services publics et le droit de grève.







Avec grande éloquence les travailleurs ont évoqué la destruction de vies humaines et les tragédies insensées que cause cette destruction qui engouffre des communautés et même des régions entières. Ils ont parlé de la signification du Premier Mai en faisant appel à leur expérience de lutte à la défense de leurs droits et pour mettre fin à l'offensive antisociale. Plusieurs ont insisté sur la nécessité d'affirmer les droits des travailleurs qui jouent un rôle vital dans la production de la richesse sociale. En tant que producteurs de la richesse, les travailleurs ont le droit de participer à la prise de décision sur la direction de l'économie et sur toutes les affaires qui les concernent. Un orateur a dit qu'il est ironique que les travailleurs aient construit les édifices parlementaires mais sont écartés du pouvoir qui s'y exerce.

Toute la journée a été fêtée dans l'esprit de la résistance des travailleurs à leur marginalisation par rapport au pouvoir politique. Les orateurs ont décrit comment les gouvernements, y compris dans leur rôle d'employeurs, attaquent eux-mêmes les travailleurs ou les abandonnent purement et simplement aux quatre volontés des monopoles internationaux.

Rolf Gerstenberger, président de la section 1005, a dit que le problème illustre bien la nécessité que les travailleurs élaborent eux-mêmes la politique indépendante de la classe ouvrière parce qu'il n'est pas dans l'intérêt des pouvoirs en place de le faire. Il a ajouté que les travailleurs doivent utiliser la période des élections pour faire entendre leur voix et mettre de l'avant leurs propres demandes en toute indépendance de la vision antiouvrière des partis de l'establishment, des monopoles internationaux qu'ils représentent et des médias monopolisés qui imposent l'ordre du jour néolibéral au peuple dans l'intérêt d'une petite minorité. C'est seulement ainsi qu'ils peuvent faire avancer leur combat contre cet ordre du jour, forcer les gouvernements à être redevables envers le peuple et créer les conditions pour donner une nouvelle direction à l'économie.

Tara Dumond, une travailleuse en lockout de l'aciérie de Hamilton, a dénoncé l'insécurité que cause US Steel et a dit que les travailleurs de sa génération s'opposent à un système de pensions à deux vitesses pour les nouveaux engagés. Jake Lombardo, de l'exécutif de la section 1005 et président de son Comité d'action politique, a conclu les présentations en réitérant l'engagement de la section 1005 à prendre ses responsabilités en forçant les gouvernements à être redevables et en mobilisant les travailleurs pour résoudre la crise en leur faveur et non en faveur des intérêts des riches. Il a appelé tous les participants à élaborer leurs propres propositions concrètes pour faire avancer la lutte pour leurs demandes.

Les jeunes Mohawks ont clôturé le rassemblement et les travailleurs ont marché jusque vers l'Île Victoria pour terminer la journée avec un BBQ. Ils sont passés devant l'édifice de la Cour suprême qui va entendre la poursuite contre US Steel pour violation de ses engagements en vertu de la Loi sur Investissement Canada. Pendant le BBQ, les travailleurs ont continué de discuter de leur situation et de la nécessité d'occuper l'espace du changement. Ils ont exprimé leur conviction que c'est uniquement en développant leur voix indépendante qu'ils seront en mesure de bâtir une opposition qui soit capable de vaincre l'ordre du jour néolibéral.






Au Québec

Des manifestations et rencontres ont eu lieu dans plusieurs villes du Québec. À Québec, la Coalition de Québec et Chaudière-Appalaches opposée à la tarification et à la privatisation des services publics a organisé une école de la rue et un théâtre de rue, suivis d'une manifestation contre l'offensive antisociale des libéraux de Jean Charest. Il y a également eu des manifestations à Joliette et Longueuil, tandis qu'à Trois-Rivières le conseil régional de la FTQ de la Mauricie et Centre-du-Québec a tenu des célébrations et le conseil central de la CSN à Joliette a organisé un rassemblement et un don d'arbre.

Montréal

Plus de 3000 personnes se sont rassemblées au parc Baldwin à Montréal pour manifester à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs. À l'avant, il y avait la bannière de tête, C'est l'heure des comptes, suivie d'un contingent des travailleurs du Repos St-François d'Assise en lockout depuis l'automne 2010, d'un fier contingent des métallos du local 1005 venus de Hamilton pour appuyer les travailleurs du Québec dans leurs batailles, des travailleurs des dépanneurs Couche-Tard en lutte pour leur syndicalisation ainsi que des travailleurs de l'éducation, de la santé, des services, du secteur manufacturier, de l'automobile, du transport, etc., tous regroupés sous les bannières et drapeaux de leurs organisations syndicales. Des représentants des Médecins Québécois pour un régime public, de l'Union des travailleurs et travailleuses accidentés de Montréal, de la Fédération étudiante collégiale du Québec et d'autres, en plus de nombreux contingents de groupes de défense de droits et de partis politiques étaient aussi présents. Les déclarations du PMLQ et du PMLC pour le Premier Mai ont été distribuées et ont suscité beaucoup de discussion.

Tous ont dénoncé l'orientation antisociale du gouvernement Charest, son budget. Le thème de la marche, C'est l'heure des comptes, est ressorti clairement dans les interventions de clôture, alors que tous ont dénoncé le gouvernement Charest qui refuse de prendre ses responsabilités sociales pour le bien-être des travailleurs, des femmes, des jeunes et des plus vulnérables. À la fin de la manifestation, les organisateurs ont salué la présence des métallos du local 1005 qui ont été chaleureusement applaudis et appuyés dans leur lutte contre le monopole US Steel. Ceux-ci avaient distribué largement la présentation de Rolf Gerstenberger, président de leur syndicat « Prenons en main de changer la situation ! »





À 15 h, plus de 1000 personnes, en grande majorité des jeunes, se sont rassemblées au parc Émilie-Gamelin pour la manifestation anti-capitaliste. On avait l'impression qu'il y avait pratiquement plus de policiers avec chiens, chevaux et bicyclettes que de manifestants. Dans cette élection, les grands partis et les médias monopolisés présentent les jeunes comme étant apathiques, apolitiques, mais lorsqu'ils insistent pour se faire entendre, on envoie la police à leurs trousses.

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