Élection 2011

Déclaration du Parti marxiste-léniniste du Canada

Le Parti marxiste-léniniste du Canada félicite tous les candidats, supporteurs et amis du parti pour leur participation à l'Élection générale 2011 avec sa plateforme. Les candidats du PMLC se sont bien défendus pour ce qui est du nombre de votes et ont fait des progrès pour ce qui est de faire valoir la politique indépendante de la classe ouvrière, refusant de permettre aux cercles dominants de complètement éliminer la voix des travailleurs. Ils ont soulevé la question la plus importante pour le corps politique en ce moment : la question à savoir qui prend les décisions. Partout où ils sont allés ils ont fait valoir que les problèmes de la société canadienne peuvent être résolus en faveur du peuple seulement si la classe ouvrière et le peuple défendent leur position indépendante. C'est ce qui va garantir que ce sont eux, et non la minorité riche, qui deviendront les décideurs et que la crise sera résolue en leur faveur plutôt qu'en faveur des riches.

Le PMLC félicite aussi les candidats de tous les petits partis et les candidats indépendants qui ont refusé de se laisser intimider par l'inégalité des chances du système électoral canadien et les médias monopolisés non démocratiques. Nous sympathisons très sincèrement avec la majorité des Canadiens et Canadiennes qui ne voulaient pas d'un gouvernement Harper majoritaire.

Dans son discours de victoire le soir du 2 mai, le premier ministre Stephen Harper a prétendu que les électeurs lui ont donné « un gouvernement conservateur fort, stable, national et majoritaire ». Il a également dit que le vote représente un « appui » à son parti, laissant entendre que les actions antisociales et antidémocratiques de son gouvernement minoritaire ont maintenant l'approbation de l'électorat. Le ministre des Finances Jim Flaherty menace déjà de faire « une mise à jour » de son budget.

Les résultats préliminaires ne soutiennent pas la prétention de Stephen Harper de représenter la majorité des Canadiens et ne justifient pas l'euphorie des médias monopolisés au sujet d'un « balayage conservateur » ou de la « vague orange », surtout au Québec, ni la suggestion que les électeurs ont exprimé leur approbation de ce que le gouvernement Harper a fait dans le dernier parlement.

Selon les données préliminaires, sur 23 971 740 électeurs inscrits, seulement 14 720 580 se sont prévalus de leur droit de vote, soit 61,4 %. C'est à peine 3 % de plus qu'à l'élection de 2008. Plus de 9 251 160 des personnes ayant droit de vote ont refusé de voter, soit 38,6 %.

Les conservateurs ont reçu 5 832 401 votes, ce qui représente 24,3 % des personnes ayant droit de vote, et cela s'est traduit par 167 sièges. Même si l'on prend le pourcentage du nombre de personnes qui ont voté (39,6 % pour les conservateurs), c'est encore bien loin d'une majorité. Il y a 8 888 179 électeurs qui ont voté pour des candidats autres que les candidats conservateurs, soit 60,4 % de tous ceux qui ont voté, ou 37 % des électeurs inscrits.

L'élection d'un gouvernement conservateur majoritaire aux commandes de l'offensive antisociale ne laisse aucun doute sur ce qui est à l'ordre du jour : la classe ouvrière doit élaborer sa politique indépendante et constituer une opposition nationale qui puisse réellement bloquer l'offensive antisociale. Ce qui s'en vient, c'est l'application brutale du plan de « stabilité » pour lequel la classe dominante avait besoin d'une majorité Harper, un plan de guerre, d'annexion et de destruction nationale.

Beaucoup avaient espéré que les conservateurs soient tenus en laisse par le NPD avec un gouvernement minoritaire. L'humeur s'est vite assombrie quand les conservateurs ont été déclarés majoritaires. Les travailleurs du secteur manufacturier et de l'extraction des ressources, mais aussi les travailleurs des postes, ceux de la santé et des services gouvernementaux, les retraités, les enseignants, tous sont très conscients de ce que signifie une majorité pour Harper : la multiplication des attaques contre les droits des travailleurs, la destruction du système de santé et du service postal, la soumission abjecte aux demandes des monopoles par les accords de libre-échange, la braderie des ressources naturelles et tout ce qui a été commencé. Mais ce n'est pas ce que Jack Layton a dit dans son discours le soir des élections Il a dit que les Canadiens peuvent lui faire confiance sur ces questions, qu'il s'en occuperait. Ce n'est certainement pas ainsi que les travailleurs interprètent les résultats de l'élection.

Ils comprennent que, encore une fois, le NPD de Jack Layton est venu tirer les marrons du feu pour les conservateurs. En « divisant le vote » ils ont permis aux conservateurs de gagner suffisamment de circonscriptions pour avoir une majorité, éliminer les libéraux, déclarer que le Québec n'est pas intéressé à de nouveaux arrangements constitutionnels et que le Canada est divisé non pas entre le vieux monde qui périclite et le nouveau qui veut naître mais entre la « gauche » et la « droite ».

L'élection confirme que les travailleurs doivent faire avancer la cause de devenir eux-mêmes la nation et d'investir le peuple du pouvoir souverain pour qu'il puisse exercer un contrôle sur la direction de l'économie et sur la société de laquelle il dépend. Il faut un nouveau processus politique qui permette que les problèmes de la société canadienne soient résolus en faveur des peuples du Canada, du Québec et des Premières Nations.

L'élection du gouvernement majoritaire de Stephen Harper, avec ses 167 sièges, et la nouvelle configuration du parlement avec une Opposition officielle formée par le Nouveau Parti démocratique et ses 102 sièges, posent un nouveau défi pour les travailleurs. Ceux-ci doivent analyser la situation et voir comment occuper l'espace qu'il y a pour le changement dans ce nouvel alignement. Le PMLC croit qu'il faut se garder de l'euphorie à propos de « la montée » du NPD. Les travailleurs ne doivent pas non plus se laisser aller au pessimisme, car ce sera abdiquer leur responsabilité qui leur incombe de changer la situation.

La chose immédiate à faire est de participer à la discussion sur la signification des résultats de l'élection et de voir quel espace il y a pour le changement afin de l'occuper pleinement. La ligne de partage au Canada n'est pas entre la droite représentée par le Parti conservateur et la gauche représentée par le NPD, elle est entre les forces du vieux monde qui représentent le désir des monopoles d'avoir un accès illimité à la richesse que produisent les Canadiens et les Québécois et à leurs ressources, et avec ces forces il y a ceux qui les soutiennent avec la prétention de représenter une société civile qui n'existe plus, et les forces du nouveau qui cherchent à s'investir du pouvoir de décider pour ouvrir la voie au progrès de la société.

À partir d'aujourd'hui, le site du PMLC est à la disposition de tous ceux et celles qui désirent contribuer à la discussion sur la signification des résultats de l'élection. Les candidats du PMLC tiennent aussi des rencontres pour recueillir les points de vue et les préoccupations du peuple et offrir les leurs et pour voir comment poursuivre cet important front de travail. Pour plus d'information : info@mlpc.ca

Haut de page


Quand ça bouge au Québec ça bouge collectivement. Alors gare à vous!

Le NPD a balayé le Québec avec 58 sièges sur 75. C'est la « vague orangiste ». Les Conservateurs sont élus gouvernement majoritaire. Deux partis politiques, le Parti libéral du Canada et le Bloc Québécois, sont pratiquement réduits à zéro. L'establishment canadien a réussi son coup électoral au Québec et au Canada et il a maintenant le vent dans les voiles. Mais attention !

Ce n'est pas le premier coup électoral que les Québécois aient vécu. Le Club des riches canadiens et cette Clique du Château au Québec ont intérêt à en prendre note. En 2007, au Québec, l'ADQ a aussi fait la vague et remporté 41 sièges pour former l'opposition officielle. Cela n'a pas empêché qu'aux élections de 2008, quand les riches ont vu que Jean Charest pouvait encore passer pour le défenseur des intérêts du Québec, l'ADQ n'a même pas récolté 12 sièges et a perdu son statut de parti officiel. Ç'en était fini de la vague ADQ. Et maintenant ils déclarent que c'est le NPD qui représente les intérêts du Québec et que le Bloc est fini. Un instant...

Au Québec, nous sommes un peuple. Les choses peuvent aller tout de travers, nous pouvons nous tromper, faire des erreurs. Mais quand le Québec bouge, on peut dire une chose : ça bouge collectivement ! Laissons l'establishment anglo-canadien crier « Victoire » sur le Québec. Laissons le NPD croire qu'il est la solution à la crise constitutionnelle, même si c'est de la folie pure. Mais attention au Tsunami de la classe ouvrière du Québec ! S'il y a une leçon à tirer de cette élection, c'est qu'elle a montré que la classe ouvrière doit devenir elle-même la nation et investir le peuple du pouvoir souverain, pour qu'il représente lui-même ses intérêts. La nécessité d'investir le peuple de la souveraineté n'est pas une affaire de séparatisme, c'est l'opposition à ce qui passe pour du fédéralisme, qui est en réalité le chauvinisme et l'opposition à toute volonté d'établir le droit du Québec à l'autodétermination et une union libre du peuple du Québec, des Premières Nations et du peuple du Canada.

L'establishment anglo-canadien aurait intérêt à apprendre de ce qui se passe au Québec. Les Québécois n'ont pas pardonné aux libéraux leur trahison et corruption et ont déjà commencé à chasser les conservateurs à grands coups de pied dans le derrière. La victoire du NPD va être très éphémère quand les gens auront vu c'est quoi son socialisme. C'est peut-être 1-0 pour l'instant mais la partie n'est pas terminée !

Annexion Non ! Souveraineté Oui !
Pour un gouvernement anti-guerre !

Haut de page


Nous nous sommes fait jouer! Nous ne pensions pas que notre avenir est un jeu!

La conclusion de la 41e Élection générale le 2 mai, avec le gouvernement Harper déclaré majoritaire, a certainement été un moment éprouvant pour les Canadiens qui, dans leur majorité, ont essayé de défaire les conservateurs. Quelle est la signification de cette élection ? Comme l'a indiqué la chef du PMLC, Anna Di Carlo, dans son article du 2 mai « Un coup électoral se prépare », il n'y a pas de place ni pour l'euphorie ( la supposée Vague orange) ou le pessimisme ( le gouvernement conservateur majoritaire). Nous devons examiner la situation calmement, analyser la signification de ces résultats et voir ce qu'ils augurent pour la classe ouvrière et le peuple.

Le jeu des chiffres

Peut-on dire, comme certains le prétendent, que les résultats des élections ont donné un mandat aux politiques Harper ? Peut-on dire que la composition du Parlement reflète la volonté du peuple telle qu'exprimée par le vote ? Certainement pas ! Un examen même rapide dévoile le caractère frauduleux d'un système où 60,4 % des votes sont contre les conservateurs mais ceux-ci remportent quand même 54,2 % des sièges. Avec seulement 5 832 401 votes (sur près de 24 millions d'électeurs inscrits et une population de plus de 34,4 millions), les conservateurs sont déclarés le choix de la majorité. Même un enfant peut faire ce simple calcul : 5,8 millions de personnes ne constituent pas la majorité des Canadiens ni même la majorité des gens qui ont voté.

Examinons les chiffres d'un peu plus près. 61,4 % des électeurs inscrits, soit 14,7 millions sur une possibilité de 24 millions, ont voté. Les conservateurs formeront maintenant un gouvernement majoritaire avec à peine plus de 5,83 millions de votes. Cela revient à dire que le sort de 34,4 millions de personnes sera déterminé par 5,83 millions de personnes, parmi lesquelles se retrouvent un grand nombre d'électeurs qui se sont laissés manipuler par les médias monopolistes et par le système dans son ensemble. Et ce serait ça la démocratie, nous dit-on. Nous ne sommes pas crédules à ce point. Nous n'acceptons pas que la démocratie se résume à ce que 5,83 millions de personnes puissent vaincre la volonté de 8,89 millions de personnes qui ont voté pour un parti ou pour un candidat autre que les conservateurs, sans parler de toutes celles qui ont refusé de voter. Comme Harper et sa machine électorale conservatrice ont tout fait pour faire sortir le vote de leurs supporteurs, nous pouvons conclure que ceux qui n'ont pas voté n'ont pas voulu d'un gouvernement Harper. Par conséquent, en faisant le calcul de toutes les personnes qui ont voté contre les conservateurs, y compris celles qui n'ont pas voté pour eux en s'abstenant de voter, nous nous retrouvons avec 18,14 millions de personnes qui ne voulaient pas que les conservateurs gagnent.

En examinant les résultats de plus près, la compilation des chiffres devient encore plus surréelle. Le Bloc québécois a perdu 45 sièges dans cette élection. De 49 sièges en 2008, il se retrouve avec seulement 4 sièges. C'est une perte de 91,83 %. Cette baisse reflète-t-elle une perte de popularité ? Non : il n'a perdu que 4 % de ses votes. En 2008, il avait reçu 10 % du vote au Canada et obtenu 49 sièges. En 2011, il a reçu 6 % des votes et pourtant, voilà qu'il perd 45 sièges ! C'est absurde ! Peu importe comment on examine la situation, elle relève de l'absurde. Alice au pays des merveilles.

Poursuivons. Les conservateurs ont maintenant obtenu 23 sièges de plus (143 sièges en 2008 contre 167 en 2011), ce qui représente une augmentation de 14,37 %. Et pourtant, ils n'ont reçu que 2 % de votes de plus qu'aux dernières élections. Alors qu'en 2008 ils obtenaient 143 sièges avec 37,6 % du vote, dans ces élections ils obtiennent 167 sièges avec 39,6 % du vote. D'une part, une diminution de 4 % pour le Bloc équivaut à une perte de 45 sièges, et de l'autre, une augmentation de 2 % pour les conservateurs leur donnent 23 sièges de plus, et un gouvernement majoritaire de surcroît. Dans le même sens, ayant obtenu 12,4 % de votes de plus qu'en 2008, le NPD a presque triplé son nombre de sièges. Alors qu'en 2008 il obtenait 37 sièges avec 18,2 % des votes, en 2011, avec 30,6 % des votes, il obtient 102 sièges.

Voici d'autres exemples. Les votes québécois représentent 36 % des votes reçus par le NPD dans tout le Canada. Par contre, le nombre de députés québécois au sein du caucus national sera de 57 %.

Le Bloc québécois a subi une déconfiture qui rappelle celle du Parti progressiste-conservateur en 1993. Les sièges du BQ ont été réduits d'à peu près 92 %. Tandis que près d'un Québécois sur quatre a voté BQ, seulement un député sur vingt députés québécois seront bloquistes.

Les Conservateurs ont augmenté leur part du vote ontarien de 5 %. Par contre, ils ont vu le nombre de leurs sièges augmenter de 20 %.

Le NPD a augmenté sa part des votes au Manitoba. Par contre, son nombre de sièges a chuté de moitié.

Le NPD a établi une sorte de record pour les élections du XXIe siècle en remportant près du tiers des votes en Saskatchewan mais sans gagner un seul siège.

Plus on regarde les choses de près, plus on voit combien cette situation est absurde. Bien sûr, aucune de ces équations ne tient compte de la possibilité que les Canadiens aient préférer ne voter pour aucun de ces candidats. Sans leurs propres candidats issus des endroits de travail, des quartiers, des centres d'enseignement et autres endroits où les gens se rassemblent, ils ont voté pour battre les conservateurs de Harper. En dépit de ces efforts, le fait que nous nous retrouvons néanmoins avec un gouvernement Harper majoritaire est une indication de l'ampleur de la crise démocratique.

Usurpation de la volonté populaire

La volonté populaire a une fois de plus été bafouée par un système électoral qui est conçu pour porter au pouvoir la voix de la minorité. Loin de légitimer un gouvernement Harper majoritaire, les résultats de cette élection exposent encore plus la crise qui englobe le système dans tous aspects, une crise dont le coût est payé par le peuple qui n'arrive pas à réaliser ses aspirations par les élections, malgré tous les efforts. C'est encore une fois une dure leçon pour le corps politique. Chaque fois que les Canadiens ont participé dans une élection pour atteindre un objectif donné, comme en 1988 lorsque les électeurs ont voté en majorité pour les candidats qui s'opposaient au traité de libre-échange, ils ont été défaits par le processus électoral et politique. Non seulement ce système n'offre-t-il aucune alternative réelle aux gens qui veulent un vrai changement, mais il est savamment conçu pour annuler la signification des votes exprimés. La volonté des monopoles supplante celle du public. Au moment où les célébrations allaient bon train aux quartiers généraux du NPD le soir du vote, les Canadiens assis dans leur salon avaient des crampes d'estomac. Alors que les monopoles internationaux qui sont derrière les conservateurs riaient dans leur scotch de millionnaires dans leurs clubs privés, les électeurs ne voyaient pas de quoi célébrer.

Nos plus sincères sympathies vont à tous ceux et celles qui se sont joints à la Vague orange, en particulier les jeunes, qui pensaient défaire les conservateurs mais qui se retrouve avec une opposition NPD impuissante et un cauchemar devenu réalité : une majorité conservatrice. Les gens se rendent de plus en compte de la fausse victoire de la Vague orange qui a été organisée par la machine électorale conservatrice et les médias monopolisés pour diviser le vote NPD-libéral de façon à assurer une victoire conservatrice dans les comtés où la victoire se gagne à majorité ténue comme dans le grand Toronto et en général en Ontario. Le PMLC avait dit qu'une poussée NPD dans le contexte d'une minorité conservatrice serait un développement positif pour le corps politique. Par contre, une opposition orange impuissante dans le contexte d'une majorité conservatrice n'est pas un développement positif ; elle ne fait qu'écarter encore plus du pouvoir ceux qui avaient souhaité le premier scénario.

Qu'est-ce que ça veut dire, diviser le vote ?

Les conservateurs savaient très bien que la façon la plus sûre pour eux d'obtenir une majorité était de diviser les votes NPD-libéraux. La stratégie était donc de convaincre suffisamment d'électeurs de voter NPD pour s'assurer que les libéraux perdent assez de votes pour perdre plusieurs sièges, tandis que le NPD ne gagnerait pas suffisamment de votes pour gagner assez de sièges pour bloquer une majorité conservatrice. Le tableau devient plus clair si l'on examine cette tactique comté par comté. Dans les comtés traditionnellement libéraux, le NPD a pris plusieurs votes aux libéraux mais pas assez pour battre le candidat conservateur. La division du vote a fait passer les conservateurs. Ainsi, en persuadant suffisamment d'électeurs de changer leur vote de libéral à NPD en disant que le NPD est un moindre mal et une façon réaliste de défaire les conservateurs, les conservateurs ont gagné. La manoeuvre a réussi.

Au-delà des chiffres : Nous sommes l'opposition !

Rien ne justifie le pessimisme ou l'euphorie, il faut suivre la voix de la raison et voir comment avancer dans la situation donnée.

La raison nous dit que la majorité des Canadiens ne voulait pas d'un gouvernement conservateur majoritaire. Inutile de blâmer l'électorat pour la victoire de ce gouvernement détesté. La raison nous dit aussi qu'il faut conclure de ces résultats que le corps politique canadien peut influer sur les événements lorsqu'il est mobilisé en appui à un objectif commun. Dans cette élection, il semble que le sentiment « Arrêtez Harper » allait s'exprimer par une montée du NPD qui avait d'abord semblée impossible. En fait, le monde syndical n'a pas réussi à faire grimper les votes pour le NPD en Ontario et est plutôt tombé dans le piège tendu par la machine électorale de Stephen Harper. Le piège, contre lequel le PMLC nous avait mis en garde, était de diviser le vote anti-conservateur pour donner un majorité à Harper.

Imaginez si les Canadiens se fixaient consciemment des objectifs et se mobilisaient pour les réaliser. Ils peuvent le faire en se donnant comme objectif de réaliser les résultats qui favoriseront les travailleurs plutôt que les riches. Ils doivent se mobiliser indépendamment des complots, de l'influence et de la manipulation des partis de l'establishment et des monopoles qu'ils représentent. En s'unissant autour d'un programme fixé par le peuple, en s'unissant sur la base de la politique indépendante de la classe ouvrière, les Canadiens peuvent s'assurer que leurs efforts les servent.

Pour finir, la raison nous dit aussi que peu importe ce qui arrive, la lutte continue. Comme l'a clairement établi l'historique rassemblement du Premier Mai à Ottawa à la veille du vote, peu importe qui forme le gouvernement, la classe ouvrière et le peuple n'ont pas d'autre choix que de continuer de tenir les gouvernements responsables et de bâtir l'alternative aux partis des riches qui dominent le processus électoral et les institutions démocratiques. La classe ouvrière et le peuple sont la seule opposition légitime et véritable. Le NPD peut se bercer dans la gloire d'être l'Opposition loyale de Sa Majesté, nous savons que cela n'arrêtera pas les attaques contre les travailleurs, les femmes, les jeunes et les aînés au Canada. Cela n'arrêtera pas une seule bombe contre les peuples en Libye et en Afghanistan. Pas un sou volé à la richesse collective, versé dans les coffres des riches par les subventions et baisses d'impôt, ne sera retourné au peuple. Nous, le peuple du Canada, sommes la seule opposition aux partis de l'establishment, unis dans leurs ambitions de placer le Canada au service des monopoles mondiaux. Continuons de bâtir cette opposition jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment imposable pour s'établir comme opposition officielle à la Chambre des communes, loyale non pas au monarque ou à la Prérogative royale, mais aux intérêts des travailleurs et à l'avenir du Canada qui est en danger. De l'opposition officielle, le peuple peut aller plus loin et constituer le gouvernement et entreprendre de réaliser le renouveau du Canada, pour qu'il réponde aux exigences de notre époque.

Notes

* Jamilé Ghaddar est la secrétaire des Jeunes pour de renouveau démocratique du PMLC et était candidate du PMLC dans Ancaster-Dundas-Flamborough-Westdale à l'élection 2011. Jamilé est canadienne d'origine libanaise. Elle est diplômée en Anthropologie et Linguistique de l'Université McMaster et étudie à temps partiel à l'École des études de l'information de l'Université de Toronto. Elle a travaillé dans le secteur de l'immigration en tant que coordinatrice-jeunesse. Elle a également fait de l'intervention dans les refuges pour femmes violentées. Jamilé continue son emploi dans le secteur du travail social tout en étant une politicienne à temps plein. Dans son travail pour le renouveau démocratique, elle porte une attention particulière à la défense des droits des minorités et des droits des peuples à l'autodétermination. Elle est également bien connue pour sa combat contre la criminalisation de la conscience. Elle défend résolument les droits des Palestiniens et s'oppose aux tentatives de criminaliser la dissidence politique par ceux qui disent que l'opposition à Israël est un crime haineux. Elle est aussi bien connue pour son opposition à la violence d'État contre la population lors des protestations du G20 et aux conséquences pratiques des politiques antihumaines du gouvernement Harper.

** Lisa Nussey a été candidate du PMLC pour Hamilton Centre dans l'élection 2011. Elle travaille comme sage-femme à Hamilton depuis cinq ans, après des études spécialisées à l'Université McMaster. Elle est également diplômée du programme d'études autochtones de l'Université St. Thomas, au Nouveau-Brunswick. Lisa est active dans la communauté en appui aux métallos de Hamilton ainsi que dans le mouvement anti-guerre, pour défendre les droits des nations et le droit de conscience. Elle a participé à l'organisation de l'opposition à la criminalisation des manifestations contre le G20 suite à la répression de juin 2011.

Haut de page


Bulletin du 4 mai 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca