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Élection
2011
Déclaration du Parti marxiste-léniniste
du Canada
- 3 mai 2011 -
Le Parti marxiste-léniniste
du Canada félicite tous les candidats, supporteurs et amis du
parti pour leur participation à l'Élection
générale 2011 avec sa plateforme. Les candidats du
PMLC se sont bien défendus pour ce qui est du nombre de votes et
ont fait des
progrès pour ce qui est de faire valoir la politique
indépendante de la classe ouvrière, refusant de permettre
aux cercles dominants de
complètement éliminer la voix des travailleurs. Ils ont
soulevé la question la plus importante pour le corps politique
en ce
moment : la question à savoir qui prend les
décisions. Partout où ils sont allés ils ont fait
valoir que les problèmes de la
société canadienne peuvent être résolus en
faveur du peuple seulement si la classe ouvrière et le peuple
défendent leur position
indépendante. C'est ce qui va garantir que ce sont eux, et non
la minorité riche, qui deviendront les décideurs et que
la crise sera
résolue en leur faveur plutôt qu'en faveur des riches.
Le PMLC félicite aussi les candidats de tous les
petits partis et les candidats indépendants qui ont
refusé de se laisser intimider
par l'inégalité des chances du système
électoral canadien et les médias monopolisés non
démocratiques. Nous sympathisons très
sincèrement avec la majorité des Canadiens et Canadiennes
qui ne voulaient pas d'un gouvernement Harper majoritaire.
Dans son discours de victoire le soir du 2 mai, le
premier ministre Stephen Harper a prétendu que les
électeurs lui ont donné
« un gouvernement conservateur fort, stable, national et
majoritaire ». Il a également dit que le vote
représente un
« appui » à son parti, laissant entendre
que les actions antisociales et antidémocratiques de son
gouvernement minoritaire ont
maintenant l'approbation de l'électorat. Le ministre des
Finances Jim Flaherty menace déjà de faire
« une mise à jour » de son
budget.
Les résultats préliminaires ne soutiennent
pas la prétention de Stephen Harper de représenter la
majorité des Canadiens et ne
justifient pas l'euphorie des médias monopolisés au sujet
d'un « balayage conservateur » ou de la
« vague orange »,
surtout au Québec, ni la suggestion que les électeurs ont
exprimé leur approbation de ce que le gouvernement Harper a fait
dans le
dernier parlement.
Selon les données préliminaires, sur
23 971 740 électeurs inscrits, seulement 14 720
580 se sont prévalus de leur
droit de vote, soit 61,4 %. C'est à peine 3 % de plus
qu'à l'élection de 2008. Plus de 9 251 160 des
personnes
ayant droit de vote ont refusé de voter, soit 38,6 %.
Les conservateurs ont reçu
5 832 401 votes, ce qui représente 24,3 %
des personnes ayant droit de vote, et cela
s'est traduit par 167 sièges. Même si l'on prend le
pourcentage du nombre de personnes qui ont voté (39,6 %
pour les
conservateurs), c'est encore bien loin d'une majorité. Il y a
8 888 179 électeurs qui ont voté pour des
candidats autres
que les candidats conservateurs, soit 60,4 % de tous ceux qui ont
voté, ou 37 % des électeurs inscrits.
L'élection d'un gouvernement conservateur
majoritaire aux commandes de l'offensive antisociale ne laisse aucun
doute sur ce qui est
à l'ordre du jour : la classe ouvrière doit
élaborer sa politique indépendante et constituer une
opposition nationale qui puisse
réellement bloquer l'offensive antisociale. Ce qui s'en vient,
c'est l'application brutale du plan de
« stabilité » pour
lequel la classe dominante avait besoin d'une majorité Harper,
un plan de guerre, d'annexion et de destruction nationale.
Beaucoup avaient espéré que les
conservateurs soient tenus en laisse par le NPD avec un gouvernement
minoritaire. L'humeur s'est
vite assombrie quand les conservateurs ont été
déclarés majoritaires. Les travailleurs du secteur
manufacturier et de l'extraction des
ressources, mais aussi les travailleurs des postes, ceux de la
santé et des services gouvernementaux, les retraités, les
enseignants,
tous sont très conscients de ce que signifie une majorité
pour Harper : la multiplication des attaques contre les droits des
travailleurs, la destruction du système de santé et du
service postal, la soumission abjecte aux demandes des monopoles par
les accords
de libre-échange, la braderie des ressources naturelles et tout
ce qui a été commencé. Mais ce n'est pas ce que
Jack Layton a dit dans
son discours le soir des élections Il a dit que les Canadiens
peuvent lui faire confiance sur ces questions, qu'il s'en occuperait.
Ce
n'est certainement pas ainsi que les travailleurs interprètent
les résultats de l'élection.
Ils comprennent que, encore une fois, le NPD de Jack
Layton est venu tirer les marrons du feu pour les conservateurs. En
« divisant le vote » ils ont permis aux
conservateurs de gagner suffisamment de circonscriptions pour avoir une
majorité,
éliminer les libéraux, déclarer que le
Québec n'est pas intéressé à de nouveaux
arrangements constitutionnels et que le Canada est
divisé non pas entre le vieux monde qui périclite et le
nouveau qui veut naître mais entre la
« gauche » et la
« droite ».
L'élection confirme que les travailleurs doivent
faire avancer la cause de devenir eux-mêmes la nation et
d'investir le peuple du
pouvoir souverain pour qu'il puisse exercer un contrôle sur la
direction de l'économie et sur la société de
laquelle il dépend. Il faut
un nouveau processus politique qui permette que les problèmes de
la société canadienne soient résolus en faveur des
peuples du Canada,
du Québec et des Premières Nations.
L'élection du gouvernement majoritaire de Stephen
Harper, avec ses 167 sièges, et la nouvelle configuration
du parlement avec
une Opposition officielle formée par le Nouveau Parti
démocratique et ses 102 sièges, posent un nouveau
défi pour les
travailleurs. Ceux-ci doivent analyser la situation et voir comment
occuper l'espace qu'il y a pour le changement dans ce nouvel
alignement. Le PMLC croit qu'il faut se garder de l'euphorie à
propos de « la montée » du NPD. Les
travailleurs ne doivent pas
non plus se laisser aller au pessimisme, car ce sera abdiquer leur
responsabilité qui leur incombe de changer la situation.
La chose immédiate à faire est de
participer à la discussion sur la signification des
résultats de l'élection et de voir quel espace
il y a pour le changement afin de l'occuper pleinement. La ligne de
partage au Canada n'est pas entre la droite représentée
par le
Parti conservateur et la gauche représentée par le NPD,
elle est entre les forces du vieux monde qui représentent le
désir des
monopoles d'avoir un accès illimité à la richesse
que produisent les Canadiens et les Québécois et à
leurs ressources, et avec ces
forces il y a ceux qui les soutiennent avec la prétention de
représenter une société civile qui n'existe plus,
et les forces du nouveau
qui cherchent à s'investir du pouvoir de décider pour
ouvrir la voie au progrès de la société.
À partir d'aujourd'hui, le site du PMLC est
à la disposition de tous ceux et celles qui désirent
contribuer à la discussion sur la
signification des résultats de l'élection. Les candidats
du PMLC tiennent aussi des rencontres pour recueillir les points de vue
et les
préoccupations du peuple et offrir les leurs et pour voir
comment poursuivre cet important front de travail. Pour plus
d'information : info@mlpc.ca

Quand ça bouge au Québec ça bouge
collectivement. Alors gare à vous!
- Normand Chouinard, candidat du PMLC
dans Brossard -
Le NPD a balayé le Québec avec
58 sièges sur 75. C'est la « vague
orangiste ». Les Conservateurs sont élus
gouvernement majoritaire. Deux partis politiques, le Parti
libéral du Canada et le Bloc Québécois, sont
pratiquement réduits à zéro.
L'establishment canadien a réussi son coup électoral au
Québec et au Canada et il a maintenant le vent dans les voiles.
Mais
attention !
Ce n'est pas le premier coup électoral que les
Québécois aient vécu. Le Club des riches canadiens
et cette Clique du Château au
Québec ont intérêt à en prendre note. En
2007, au Québec, l'ADQ a aussi fait la vague et remporté
41 sièges pour former
l'opposition officielle. Cela n'a pas empêché qu'aux
élections de 2008, quand les riches ont vu que Jean Charest
pouvait encore passer
pour le défenseur des intérêts du Québec,
l'ADQ n'a même pas récolté 12 sièges et
a perdu son statut de parti officiel. Ç'en était
fini de la vague ADQ. Et maintenant ils déclarent que c'est le
NPD qui représente les intérêts du Québec et
que le Bloc est fini. Un
instant...
Au Québec, nous sommes un peuple. Les choses
peuvent aller tout de travers, nous pouvons nous tromper, faire des
erreurs. Mais quand
le Québec bouge, on peut dire une chose : ça bouge
collectivement ! Laissons l'establishment anglo-canadien crier
« Victoire » sur le Québec. Laissons le
NPD croire qu'il est la solution à la crise constitutionnelle,
même si c'est de la
folie pure. Mais attention au Tsunami de la classe ouvrière du
Québec ! S'il y a une leçon à tirer de cette
élection, c'est
qu'elle a montré que la classe ouvrière doit devenir
elle-même la nation et investir le peuple du pouvoir souverain,
pour qu'il
représente lui-même ses intérêts. La
nécessité d'investir le peuple de la souveraineté
n'est pas une affaire de séparatisme, c'est
l'opposition à ce qui passe pour du fédéralisme,
qui est en réalité le chauvinisme et l'opposition
à toute volonté d'établir le droit
du Québec à l'autodétermination et une union libre
du peuple du Québec, des Premières Nations et du peuple
du Canada.
L'establishment anglo-canadien aurait
intérêt à apprendre de ce qui se passe au
Québec. Les Québécois n'ont pas pardonné
aux
libéraux leur trahison et corruption et ont déjà
commencé à chasser les conservateurs à grands
coups de pied dans le derrière. La
victoire du NPD va être très éphémère
quand les gens auront vu c'est quoi son socialisme. C'est
peut-être 1-0 pour l'instant mais la
partie n'est pas terminée !
Annexion Non ! Souveraineté
Oui !
Pour un gouvernement anti-guerre !

Nous nous sommes fait jouer! Nous ne pensions pas que
notre avenir est un jeu!
- Jamilé Ghaddar* et Lisa
Nussey**,
Jeunes du PMLC pour le renouveau démocratique, le 3 mai 2011 -
 La conclusion de la 41e Élection
générale le 2 mai, avec le gouvernement Harper
déclaré majoritaire, a certainement été un
moment éprouvant pour les Canadiens
qui, dans leur majorité, ont essayé de défaire les
conservateurs. Quelle est la signification de cette
élection ? Comme l'a indiqué la chef du PMLC, Anna
Di Carlo,
dans son article du 2 mai « Un coup électoral se
prépare », il n'y a pas de place ni pour l'euphorie (
la supposée Vague orange) ou le pessimisme ( le
gouvernement conservateur majoritaire). Nous devons examiner la
situation calmement, analyser la signification de ces résultats
et voir ce qu'ils augurent pour la classe
ouvrière et le peuple.
Le jeu des chiffres
Peut-on dire, comme certains le prétendent, que
les résultats des élections ont donné un mandat
aux politiques Harper ? Peut-on
dire que la composition du Parlement reflète la volonté
du peuple telle qu'exprimée par le vote ? Certainement
pas ! Un examen même rapide dévoile le
caractère
frauduleux d'un système où 60,4 % des votes sont
contre les conservateurs mais ceux-ci remportent quand même
54,2 % des sièges. Avec seulement
5 832 401 votes (sur près de 24 millions
d'électeurs inscrits et une population de plus de
34,4 millions), les conservateurs sont déclarés le
choix de la majorité. Même un enfant peut faire ce simple
calcul : 5,8 millions de personnes ne constituent pas la
majorité des Canadiens ni même la majorité
des gens qui ont voté.
Examinons les chiffres d'un peu plus près.
61,4 % des électeurs inscrits, soit 14,7 millions sur
une possibilité de 24 millions, ont voté. Les
conservateurs formeront maintenant un gouvernement majoritaire avec
à peine plus de 5,83 millions de votes. Cela revient
à dire que le sort de 34,4 millions
de personnes sera déterminé par 5,83 millions de
personnes, parmi lesquelles se retrouvent un grand nombre
d'électeurs qui se sont laissés manipuler par les
médias
monopolistes et par le système dans son ensemble. Et ce serait
ça la démocratie, nous dit-on. Nous ne sommes pas
crédules à ce point. Nous n'acceptons pas que la
démocratie
se résume à ce que 5,83 millions de personnes
puissent vaincre la volonté de 8,89 millions de personnes
qui ont voté pour un parti ou pour un candidat autre
que les conservateurs, sans parler de toutes celles qui ont
refusé de voter. Comme Harper et sa machine électorale
conservatrice ont tout fait pour faire sortir le vote de leurs
supporteurs, nous pouvons conclure que ceux qui n'ont pas voté
n'ont pas voulu d'un gouvernement Harper. Par conséquent, en
faisant le calcul de toutes les personnes qui
ont voté contre les conservateurs, y compris celles qui n'ont
pas voté pour eux en s'abstenant de voter, nous nous retrouvons
avec 18,14 millions de personnes qui
ne voulaient pas que les conservateurs gagnent.
En examinant les résultats de plus près,
la compilation des chiffres devient encore plus surréelle. Le
Bloc québécois a perdu 45 sièges dans cette
élection. De
49 sièges en 2008, il se retrouve avec seulement
4 sièges. C'est une perte de 91,83 %. Cette baisse
reflète-t-elle une perte de popularité ? Non :
il n'a perdu que 4 % de ses votes. En 2008, il avait reçu
10 % du vote au Canada et obtenu 49 sièges. En 2011,
il a reçu 6 % des votes et pourtant,
voilà qu'il perd 45 sièges ! C'est
absurde ! Peu importe comment on examine la situation, elle
relève de l'absurde. Alice au pays des merveilles.
Poursuivons. Les conservateurs ont maintenant obtenu
23 sièges de plus (143 sièges en
2008 contre 167 en 2011), ce qui représente une
augmentation de 14,37 %. Et pourtant, ils n'ont reçu que
2 % de votes de plus qu'aux dernières élections.
Alors qu'en 2008 ils obtenaient 143 sièges
avec 37,6 % du vote, dans ces élections ils obtiennent
167 sièges avec 39,6 % du vote. D'une part, une
diminution de 4 % pour le Bloc équivaut
à une perte de 45 sièges, et de l'autre, une
augmentation de 2 % pour les conservateurs leur donnent
23 sièges de plus, et un gouvernement majoritaire
de surcroît. Dans le même sens, ayant obtenu 12,4 % de
votes de plus qu'en 2008, le NPD a presque triplé son nombre de
sièges. Alors qu'en 2008 il obtenait
37 sièges avec 18,2 % des votes, en 2011, avec
30,6 % des votes, il obtient 102 sièges.
Voici d'autres exemples. Les votes
québécois représentent 36 % des votes
reçus par le NPD dans tout le Canada. Par contre, le nombre de
députés québécois au
sein du caucus national sera de 57 %.
Le Bloc québécois a subi une
déconfiture qui rappelle celle du Parti
progressiste-conservateur en 1993. Les sièges du BQ ont
été
réduits d'à peu près 92 %. Tandis
que près d'un Québécois sur quatre a voté
BQ, seulement un député sur vingt députés
québécois seront bloquistes.
Les Conservateurs ont augmenté leur part du vote
ontarien de 5 %. Par contre, ils ont vu le nombre de leurs
sièges augmenter de 20 %.
Le NPD a augmenté sa part des votes au Manitoba.
Par contre, son nombre de sièges a chuté de moitié.
Le NPD a établi une sorte de record pour les
élections du XXIe siècle en remportant près du
tiers des votes en Saskatchewan mais sans gagner un seul siège.
Plus on regarde les choses de près, plus on voit
combien cette situation est absurde. Bien sûr, aucune de ces
équations ne tient compte de la possibilité que les
Canadiens
aient préférer ne voter pour aucun de ces candidats. Sans
leurs propres candidats issus des endroits de travail, des quartiers,
des centres d'enseignement et autres endroits
où les gens se rassemblent, ils ont voté pour battre les
conservateurs de Harper. En dépit de ces efforts, le fait que
nous nous retrouvons néanmoins avec un gouvernement
Harper majoritaire est une indication de l'ampleur de la crise
démocratique.
Usurpation de la
volonté populaire
La volonté populaire a une fois de plus
été bafouée par un système électoral
qui est conçu pour porter au pouvoir la
voix de la minorité. Loin de légitimer un gouvernement
Harper majoritaire, les résultats de cette élection
exposent encore plus la crise qui englobe le système dans tous
aspects, une crise dont le coût est payé par le peuple qui
n'arrive pas à réaliser ses aspirations par les
élections, malgré tous les efforts. C'est encore une fois
une dure leçon
pour le corps politique. Chaque fois que les Canadiens ont
participé dans une élection pour atteindre un objectif
donné, comme en 1988 lorsque les électeurs ont
voté
en majorité pour les candidats qui s'opposaient au traité
de libre-échange, ils ont été défaits par
le processus électoral et politique. Non seulement ce
système n'offre-t-il
aucune alternative réelle aux gens qui veulent un vrai
changement, mais il est savamment conçu pour annuler la
signification des votes exprimés. La volonté des
monopoles
supplante celle du public. Au moment où les
célébrations allaient bon train aux quartiers
généraux du NPD le soir du vote, les Canadiens assis dans
leur salon avaient des
crampes d'estomac. Alors que les monopoles internationaux qui sont
derrière les conservateurs riaient dans leur scotch de
millionnaires dans leurs clubs privés, les électeurs
ne voyaient pas de quoi célébrer.
Nos plus sincères sympathies vont à tous
ceux et celles qui se sont joints à la Vague orange, en
particulier les jeunes, qui pensaient défaire les conservateurs
mais qui
se retrouve avec une opposition NPD impuissante et un cauchemar devenu
réalité : une majorité conservatrice. Les
gens se rendent de plus en compte de la fausse
victoire de la Vague orange qui a été organisée
par la machine électorale conservatrice et les médias
monopolisés pour diviser le vote NPD-libéral de
façon à assurer une
victoire conservatrice dans les comtés où la victoire se
gagne à majorité ténue comme dans le grand Toronto
et en général en Ontario. Le PMLC avait dit qu'une
poussée
NPD dans le contexte d'une minorité conservatrice serait un
développement positif pour le corps politique. Par contre, une
opposition orange impuissante dans le contexte
d'une majorité conservatrice n'est pas un développement
positif ; elle ne fait qu'écarter encore plus du pouvoir
ceux qui avaient souhaité le premier scénario.
Qu'est-ce que ça
veut dire, diviser le vote ?
Les conservateurs savaient très bien que la
façon la plus sûre pour eux d'obtenir une majorité
était de
diviser les votes NPD-libéraux. La stratégie était
donc de convaincre suffisamment d'électeurs de voter NPD pour
s'assurer que les libéraux perdent assez de votes pour perdre
plusieurs sièges, tandis que le NPD ne gagnerait pas
suffisamment de votes pour gagner assez de sièges pour bloquer
une majorité conservatrice. Le tableau devient plus
clair si l'on examine cette tactique comté par comté.
Dans les comtés traditionnellement libéraux, le NPD a
pris plusieurs votes aux libéraux mais pas assez pour battre le
candidat conservateur. La division du vote a fait passer les
conservateurs. Ainsi, en persuadant suffisamment d'électeurs de
changer leur vote de libéral à NPD en disant que
le NPD est un moindre mal et une façon réaliste de
défaire les conservateurs, les conservateurs ont gagné.
La manoeuvre a réussi.
Au-delà des
chiffres : Nous sommes l'opposition !
Rien ne justifie le pessimisme ou l'euphorie, il faut
suivre la voix de la raison et voir
comment avancer dans la situation donnée.
La raison nous dit que la majorité des Canadiens
ne voulait pas d'un gouvernement conservateur majoritaire. Inutile de
blâmer l'électorat pour la victoire de ce
gouvernement détesté. La raison nous dit aussi qu'il faut
conclure de ces résultats que le corps politique canadien peut
influer sur les événements lorsqu'il est mobilisé
en
appui à un objectif commun. Dans cette élection, il
semble que le sentiment « Arrêtez Harper »
allait s'exprimer par une montée du NPD qui avait d'abord
semblée impossible. En fait, le monde syndical n'a pas
réussi à faire grimper les votes pour le NPD en Ontario
et est plutôt tombé dans le piège tendu par la
machine
électorale de Stephen Harper. Le piège, contre lequel le
PMLC nous avait mis en garde, était de diviser le vote
anti-conservateur pour donner un majorité à Harper.
Imaginez si les Canadiens se fixaient consciemment des
objectifs et se mobilisaient pour les réaliser. Ils peuvent le
faire en se donnant comme objectif de réaliser les
résultats qui favoriseront les travailleurs plutôt que les
riches. Ils doivent se mobiliser indépendamment des complots, de
l'influence et de la manipulation des partis de
l'establishment et des monopoles qu'ils représentent. En
s'unissant autour d'un programme fixé par le peuple, en
s'unissant sur la base de la politique indépendante de la
classe ouvrière, les Canadiens peuvent s'assurer que leurs
efforts les servent.
Pour finir, la raison nous dit aussi que peu importe ce
qui arrive, la lutte continue. Comme l'a clairement établi
l'historique rassemblement du Premier Mai à Ottawa
à la veille du vote, peu importe qui forme le gouvernement, la
classe ouvrière et le peuple n'ont pas d'autre choix que de
continuer de tenir les gouvernements responsables
et de bâtir l'alternative aux partis des riches qui dominent le
processus électoral et les institutions démocratiques. La
classe ouvrière et le peuple sont la seule opposition
légitime et véritable. Le NPD peut se bercer dans la
gloire d'être l'Opposition loyale de Sa Majesté, nous
savons que cela n'arrêtera pas les attaques contre les
travailleurs,
les femmes, les jeunes et les aînés au Canada. Cela
n'arrêtera pas une seule bombe contre les peuples en Libye et en
Afghanistan. Pas un sou volé à la richesse collective,
versé dans les coffres des riches par les subventions et baisses
d'impôt, ne sera retourné au peuple. Nous, le peuple du
Canada, sommes la seule opposition aux partis de
l'establishment, unis dans leurs ambitions de placer le Canada au
service des monopoles mondiaux. Continuons de bâtir cette
opposition jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment
imposable pour s'établir comme opposition officielle à la
Chambre des communes, loyale non pas au monarque ou à la
Prérogative royale, mais aux intérêts des
travailleurs
et à l'avenir du Canada qui est en danger. De l'opposition
officielle, le peuple peut aller plus loin et constituer le
gouvernement et entreprendre de réaliser le renouveau du
Canada, pour qu'il réponde aux exigences de notre époque.
Notes
* Jamilé Ghaddar est la secrétaire
des Jeunes pour de renouveau démocratique du PMLC et
était candidate du PMLC dans
Ancaster-Dundas-Flamborough-Westdale à l'élection 2011.
Jamilé est canadienne d'origine libanaise. Elle est
diplômée en Anthropologie et Linguistique de
l'Université McMaster
et étudie à temps partiel à l'École des
études de l'information de l'Université de Toronto. Elle
a travaillé dans le secteur de l'immigration en tant que
coordinatrice-jeunesse.
Elle a également fait de l'intervention dans les refuges pour
femmes violentées. Jamilé continue son emploi dans le
secteur du travail social tout en étant une politicienne
à temps plein. Dans son travail pour le renouveau
démocratique, elle porte une attention particulière
à la défense des droits des minorités et des
droits des peuples à
l'autodétermination. Elle est également bien connue pour
sa combat contre la criminalisation de la conscience. Elle
défend résolument les droits des Palestiniens et s'oppose
aux tentatives de criminaliser la dissidence politique par ceux qui
disent que l'opposition à Israël est un crime haineux. Elle
est aussi bien connue pour son opposition à la
violence d'État contre la population lors des protestations du
G20 et aux conséquences pratiques des politiques antihumaines du
gouvernement Harper.
** Lisa Nussey a été candidate du
PMLC pour Hamilton Centre dans l'élection 2011. Elle travaille
comme sage-femme à Hamilton depuis cinq ans, après des
études
spécialisées à l'Université McMaster. Elle
est également diplômée du programme d'études
autochtones de l'Université St. Thomas, au Nouveau-Brunswick.
Lisa est active
dans la communauté en appui aux métallos de Hamilton
ainsi que dans le mouvement anti-guerre, pour défendre les
droits des nations et le droit de conscience. Elle a participé
à l'organisation de l'opposition à la criminalisation des
manifestations contre le G20 suite à la répression de
juin 2011.

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