Non à l'occupation et au bombardement «humanitaire» de la Libye!

Manifestations contre la guerre en Libye et contre l'occupation étrangère de l'Irak et de l'Afghanistan

Les 8, 9 et 10 avril, des manifestations ont eu lieu partout dans le monde pour dénoncer l'agression de l'OTAN contre la Libye, l'occupation étrangère de l'Irak et de l'Afghanistan et les préparatifs de guerre impérialiste. Au Canada il y a eu des actions anti-guerre dans neuf villes ainsi qu'au Québec.

QUÉBEC
Montréal







CANADA
Ottawa




Toronto



Calgary



Edmonton


ÉTATS-UNIS
New York



ESPAGNE
Madrid



PHILIPPINES
Manille

Haut de page


Libye

La participation honteuse du Canada
au «Groupe de contact sur la Libye»


Les participants à la première réunion du Groupe de contact
sur la Libye à Doha au Qatar le 13 avril 2011 se sont entendus
pour établir un « mécanisme financier temporaire » pour
le Conseil intérimaire national de transition de l'opposition
libyenne et la communauté internationale pour gérer
les revenus afin d'assister les besoins financiers et structurels
en Libye. Selon un communiqué émis, les participants se
sont mis d'accord pour collaborer avec les prétendus
rebelles afin d'établir un tel mécanisme financier.(Xinhua)

Le 13 avril, le ministre des Affaires étrangères du Canada Lawrence Cannon est allé au Qatar se joindre au « Groupe de contact sur la Libye ». Selon le gouvernement, les participants se sont « penchés sur les besoins humanitaires des Libyens et ont déterminé des moyens de soutenir leurs aspirations à un avenir meilleur ». Selon un communiqué du gouvernement, le Groupe a été constitué le 29 mars à Londres par des représentants de 39 pays, des Nations unies, de l'OTAN et de la Ligue des États arabes. Le communiqué ne mentionne cependant pas que le « Groupe de contact sur la Libye » n'inclut pas le gouvernement libyen !

Non seulement le gouvernement conservateur agit-il au mépris du parlement, mais il viole aussi la Charte des Nations unies qui interdit l'ingérence dans les affaires internes des États membres.

Par ailleurs, au moment où les peuples d'Égypte, du Bahreïn et d'ailleurs s'unissent politiquement pour se débarrasser des vestiges des régimes soutenus par les États-Unis, les conservateurs et les libéraux tentent de diviser le peuple sur la base de la religion, au nom de la « liberté de religion ». Dans leur plate-forme électorale, les conservateurs promettent d'établir un « bureau spécial sur la liberté de religion ». Selon eux, le bureau sera intégré au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international. Son rôle sera de :

- surveiller la liberté de religion dans le monde entier ;

- promouvoir la liberté de religion en tant qu'objectif clé de la politique étrangère du Canada ;

- et promouvoir des politiques et programmes qui appuient la liberté de religion.

Parlant du rôle du nouveau bureau et comment il devra être utilisé pour faciliter l'ingérence dans les affaires des nations souveraines, le chef libéral Michael Ignatieff a déclaré : « Nous pensons qu'une initiative comme celle-ci est le genre de chose qui devrait avoir l'appui de tous les intervenants en politique. Lorsque vous voyez en Égypte des membres pacifiques de la communauté copte, lorsque vous voyez les bahá'ís persécutés en Iran, lorsque vous voyez les juifs persécutés, lorsque vous voyez les chrétiens incapables de pratiquer librement leur religion en Chine, je pense que tous les Canadiens croient en l'importance de défendre la liberté de religion ici mais aussi de la défendre à l'étranger. »

La proposition d'avoir un bureau sur la liberté de religion doit être condamnée. Harper et Ignatieff ignorent délibérément la persécution du peuple palestinien qu'Israël étiquette d'« extrémistes islamiques ». Ici, Ignatieff et Harper utilisent ouvertement la religion, l'ethnie et d'autres critères pour criminaliser les communautés ou les cibler pour leurs votes. La catégorie « Canadiens extrêmement ethniques » inventée par Stephen Harper est un exemple flagrant de la ghettoïsation du corps politique par les partis de cartel.

Les Canadiens n'acceptent pas que les différences religieuses, politiques ou autres soient utilisées pour diviser le corps politique ou pour justifier l'ingérence dans les affaires de pays étrangers. Il est bien connu que des organisations américaines telles le National Endowment for Democracy orchestrent des coups d'État et des contre-révolutions en créant des groupes religieux bidons. Ils attisent les conflits religieux pour créer des conflits politiques et provoquer la guerre civile. Le Canada a maintenant joint cette infamie. Les Canadiens ne veulent pas être mêlés à ces intrigues.

(Xinhua)

Haut de page


La politique de l'assassinat

Le 30 novembre 2010, l'ancien conseiller et architecte des campagnes électorales du premier ministre Stephen Harper, Thomas Flanagan, a lancé l'appel d'assassiner Julian Assange, le fondateur de Wikileaks. Pendant une discussion à propos de la signification des fuites sur les documents de l'État américain, Flanagan a déclaré : « En fait, je pense que Assange devrait être assassiné. Je pense que Obama devrait payer un tueur ou peut-être utiliser un drone ou quelque chose. » Le leader du Parti libéral Michael Ignatieff a dit que les commentaires de Flanagan étaient « complètement inacceptables » et « dépassaient les limites ». Le bureau du premier ministre a simplement ignoré cet appel extrémiste en disant que c'était une question de définition. « Tout le monde sait que Flanagan n'est pas un conseiller du premier ministre », a dit sur Twitter Dimitri Soudas, le directeur des communications. La plupart des journaux ont passé la déclaration sous silence.. Après les excuses de Flanagan prétextant un « moment de désinvolture », cette menace extrémiste est disparue des médias.

Trois mois et demi plus tard, le 19 mars, les chefs d'État de la Grande-Bretagne, du Canada et de la France ont fait des menaces directes et indirectes contre la personne du colonel Khadafi au sommet de l'OTAN à Paris. Les 20 et 21 mars, les réseaux de télévision rapportaient le bombardement par missiles de croisière de la Royal Air Force de Bab Al-Aziziyah, le modeste complexe résidentiel de trois étages de Khadafi à Tripoli, pendant la deuxième nuit de l'attaque de l'OTAN et des États-Unis contre la Libye. Le bloc se trouvait à 150 verges des tentes que le leader libyen utilise pour accueillir officiellement ses visiteurs étrangers. On rapporte qu'il y avait trois cent personnes dans le complexe. Il était évident que les attaques étaient planifiées depuis longtemps. Aux États-Unis, Fox TV a essayé de blâmer les victimes en disant que les gens agissaient comme « boucliers humains ». Le même jour, la France a mené quatre frappes aériennes et 112 missiles de croisières Tomahawk ont été tirés à partir de navires et de sous-marins américains et britanniques vers plus de 20 cibles sur la côte. Les autorités de la santé en Libye ont dit que 64 personnes avaient été tuées et 150 autres blessées par les frappes aériennes. Le 22 mars, une résidence de Khadafi à Adjdabiya a aussi été endommagée.

Parallèlement au carnage et au massacre de civils, les frappes ont ouvert un nouveau chapitre sanglant dans l'histoire des assassinats politiques. The Daily Mail rapporte : « Des sources seniors du gouvernement ont décrit les frappes comme un coup de semonce pour Khadafi. Il y a eu accord à propos de la cible il y a environ quatre jours de la part du personnel militaire britannique de concert avec les États-Unis et les Français. » Le 21 mars, un éditorial du Globe and Mail rapportait les propos de Harper à Paris, qui répétait la ligne des Américains selon laquelle « le colonel Khadafi ne se contentera pas d'imposer à nouveau son autorité mais massacrera chaque individu plus ou moins soupçonné de déloyauté – des mots qui permettent une interprétation assez libérale de la protection des civils. De façon semblable, Liam Fox, le secrétaire à la Défense britannique, a déclaré que le colonel Khadafi est une cible légitime pour les pilotes de combat » (« Don't Give In to Mission Creep », ne laissez pas la mission aller à la dérive). Selon des reportages, les commentaires de Fox ont été approuvés publiquement par le premier ministre britannique, David Cameron, et le secrétaire à la Défense Hague. Nicolas Sarkozy a aussi parlé d'actions « ciblées », ce qui signifie l'assassinat. Selon le Montreal Gazette, Harper a aussi déclaré que les frappes étaient « essentiellement des actes de guerre ». En réaction aux déclarations des Britanniques, le secrétaire américain à la Défense et ancien chef de la CIA, Robert Gates, a seulement émis le commentaire que l'assassinat de Khadafi ne « serait pas sage ». Pendant ce temps, les libéraux de Michael Ignatieff, stimulés par la déclaration de Flanagan en novembre, n'hésitent pas à demander l'élimination de Khadafi en mars : « Nous devons prendre des engagements sur les questions des droits humains et nous devons faire en sorte que le colonel Khadafi devienne chose du passé », avait déclaré le 7 mars Bob Rae. En complément de scénario, le leader du NPD, Jack Layton, dont le parti avait voté à l'unanimité en faveur de l'attaque des États-Unis et de l'OTAN contre la Libye dix jours auparavant, a pris la posture de la modération : faisant écho aux déclarations de Gates, il a dit le 31 mars que son parti est à présent contre « la dérive ».

L'assassinat de Khadafi ne serait pas seulement une erreur, ou une « dérive », ce serait un crime. Les menaces de l'OTAN contre le président du gouvernement libyen constituent un autre acte de guerre. Le recours à la politique de l'assassinat avilit les normes du comportement humain et remet en cause les réalisations des peuples du monde au fil de siècles. Une fois les assassinats ciblés présentés par les grandes puissances et leurs agences de presse comme étant la norme, personne n'est à l'abri. C'est le but et le contenu de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l'ONU justifiant « l'usage de tous les moyens possibles » contre la Libye, qui renverse le droit international qui a vu le jour après la Deuxième Guerre mondiale et la victoire sur le fascisme. C'est l'infamie inacceptable que l'extrémiste Harper, le défenseur des « valeurs canadiennes », instigue ouvertement – tout comme son ancien conseiller Flanagan l'a déclaré pendant son « moment de désinvolture ». Ou encore comme l'ancien chef d'état-major, le général Rick Hillier, qui avait déclaré en 2005 que la mission des Forces canadiennes en Afghanistan était de « tuer des meurtriers et des salauds ». Ce qui était dans le passé considéré extrémiste et inacceptable devrait être accepté comme étant la routine, la normalité ou de la « désinvolture ».

En 2002, Sandra L. Smith, qui écrivait à propos de l'attaque américaine au missile qui avait anéanti une voiture au Yémen, tuant instantanément six personnes, soulignait : « La prémisse fondamentale de la primauté du droit est que les autorités qui détiennent le pouvoir ne peuvent et ne doivent pas cumuler les pouvoirs de juge, de juré et de bourreau. N'oublions pas que la banalisation de l'‘assassinat sélectif' sous prétexte que la ‘victime' le méritait se traduit chez nous par l'impunité non seulement des ‘forces de sécurité' mais aussi de toutes les agences de l'État. Cela prouve encore une fois que les préparatifs pour déclencher une guerre impérialiste à l'étranger s'accompagnent toujours de mesures pour instaurer le fascisme au pays, comme façon de paralyser l'opposition du peuple. Cela ne doit pas passer. Toutes les énergies doivent être déployées pour combattre la criminalisation de la dissidence et déclarer sans équivoque que cela est inacceptable en toutes circonstances et sans exception. Une définition de la primauté du droit qui soit contraire au concept même de la primauté du droit crée une situation intenable. C'est là-dessus que les torts causés sont les plus grands. Le fait que tout cela se fasse sous couvert des ‘droits', de la ‘paix', de la ‘démocratie', de la ‘sécurité' et même de l''édification nationale', confirme le grand danger qui guette. »

À ce propos, les déclarations « prudentes » et « modérées » du secrétaire américain à la Défense Gates et d'autres de son acabit à propos de « la dérive de la mission » rappellent le modus operandi habituel des États-Unis. En 1981, une grande désinformation a été répandue au Canada et aux États-Unis à propos « d'escadrons de frappe libyens » qui étaient supposément entrés aux États-Unis pour assassiner le président Ronald Reagan et autres officiels de haut rang, comme le vice- président George Bush. Le 2 décembre 1981, la Maison-Blanche a « confirmé officiellement que des « escadrons » avaient été déployés aux États-Unis directement par Khadafi. Utilisant cela et d'autres prétextes, environ 100 avions américains sous les ordres directs du président Ronald Reagan, avec le nom de code « Le Dorado Canyon », ont attaqué spécifiquement pendant la nuit du 14 avril 1986 et le petit matin du 15 avril la résidence du colonel Khadafi, tuant sa fille de trois ans et des dizaines de civils. Les villes de Tripoli et Benghazi ont été bombardées. C'était Reagan qui essayait d'assassiner Khadafi.

(Traduction : LML)

Haut de page


Bulletin du 21 avril 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca