|
VIe
Congrès du Parti communiste de Cuba
Le Parti communiste de Cuba tient son VIe Congrès
Le VIe Congrès du Parti communiste cubain s'est
terminé mardi le 19 avril après trois jours de
délibérations intenses sur les
projets de lignes directrices de la politique économique et
sociale du Parti et de la Révolution. La première
réunion plénière du
Comité central, à laquelle a participé le leader
de la Révolution cubaine Fidel Castro, a eu lieu durant la
dernière session du Congrès
et a élu le bureau politique et le secrétariat.
Près de 1000 délégués ont
participé aux délibérations. Le président
Raul Castro a été élu premier secrétaire du
Parti lors de la
session de clôture et le premier vice-président de Cuba,
José Ramon Machado Ventura, a été élu
deuxième secrétaire. Parmi les autres
membres du Bureau politique, dont le nombre a été
réduit de 24 à 15, il y a le commandant de la
Révolution et vice-président
Ramiro Valdes, le vice-président Esteban Lazo, le
président de l'Assemblée nationale Ricardo Alarcon et le
ministre de l'Éducation
supérieure Miguel Diaz-Canel.
Dans ses remarques de clôture le président
Raul Castro a
dit qu'il est nécessaire de concentrer les efforts sur les
réalisations des
résolutions du Congrès, que leur mise en oeuvre requiert
du temps et un sens élevé de responsabilité et
doit se faire sans mettre à
risque l'unité du peuple et la Révolution.
Le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) a fait
parvenir un message de salutations au Parti communiste cubain dans
lequel il
note que, dirigée par son Parti communiste, la nation cubaine a
inspiré ceux qui luttent pour un monde fait pour l'être
humain par sa
défense de son indépendance, de sa souveraineté et
de son autodétermination.
Le VIe Congrès marque la
célébration de deux
anniversaires extraordinaires qui ont défini la ligne de marche
qu'a poursuivie en toute
conscience la nation cubaine : la proclamation du caractère
socialiste de la Révolution et la défaite de l'invasion
menée par la
CIA et ses mercenaires à Playa Giron, deux
événements par lesquels les Cubains ont
déclaré au monde entier que jamais Cuba ne revivra
l'ignominie de la domination impérialiste. Ces cinq
dernières décennies continuent de démontrer la
profondeur du projet épousé par le
peuple cubain le premier janvier 1959 qui a placé fermement
le sort de la nation entre les mains de son peuple, pour
réaliser la
vision de José Marti de bâtir une société
« avec tous et pour tous ».
Guidés par le marxisme-léninisme et par la
pensée de José Marti et de Fidel Castro, les Cubains sont
en train de consolider et de
renouveler leur société. Les révolutionnaires
canadiens expriment leur entière confiance dans le projet
révolutionnaire cubain et dans
ceux qui le dirigent. Aujourd'hui, comme par le passé, le peuple
cubain et ses dirigeants peuvent compter sur l'appui de la classe
ouvrière et du peuple canadiens.

Message de salutations du Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste)
Nous reproduisons ci-dessous
le message de salutations envoyé par Sandra L. Smith,
première secrétaire du Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste), au Comité central du Parti
communiste de Cuba à l'occasion de son VIe Congrès.
* * *
Le Parti communiste du Canada
(marxiste-léniniste) transmet ses chaleureuses salutations
fraternelles au VIe Congrès du Parti
communiste de Cuba.
Vos délibérations, qui coïncident
avec le 50e anniversaire de la proclamation du caractère
socialiste de la révolution, nous
inspirent de la confiance, de la joie et de l'optimisme. Elles
établissent les lignes directrices de la politique
économique et sociale
qui permettront à la Révolution de progresser selon les
exigences de l'époque. Elles sont aussi profondément
imprégnées de la
conviction de cinquante années d'expérience : le
socialisme ou la mort !
Tous savent que l'avenir de la révolution cubaine
réside dans la défense du présent. Ce
qui n'est pas si évident, par contre,
c'est le comment. C'est précisément sur cette question
que nous croyons que votre Congrès fait une contribution
historique. Il
s'attaque aux barrières qui font obstacle à la
pensée elle-même, permettant ainsi d'identifier et de
moderniser les arrangements qui ne
correspondent plus aux besoins du présent. Partout dans le monde
on a besoin de cette approche pour faire échec aux tentatives
des
forces, qui n'ont plus rien à apporter, de maintenir les peuples
divisés et asservis et de nous imposer le fascisme et la guerre.
Seules les forces qui n'ont plus de rôle
historique à jouer refusent de résoudre les
problèmes qui surgissent de la vie elle-même. Pour les
impérialistes américains et leurs alliés, le
changement représente la perte de pouvoir, de privilèges
et de la
capacité d'agir en toute impunité. Ils tentent
d'échapper à l'histoire pour maintenir leur position
dominante, leur pouvoir et leurs
privilèges. Cela mène à l'anarchie, à la
violence, à de grandes souffrances et à un danger
imminent de fascisme et de guerre
mondiale.
À cet égard, il est très à
propos que votre VIe Congrès se tienne à l'occasion du
50e anniversaire de la défaite historique de
l'invasion mercenaire yankee à la baie des Cochons. Cette
victoire a scellé dans le sang le secret de la réussite,
le courage et la
conviction des dirigeants légendaires de la révolution et
tout le peuple cubain pour qui : Non, c'est Non !
Señor agresseur
yankee, Go Home !
Nous sommes convaincus que les impérialistes
américains vont apprendre un jour ou l'autre la leçon de
leur défaite honteuse à Playa
Girón et ne plus toucher à Cuba !
Nous nous engageons à défendre au meilleur
de nos capacités les programmes d'édification nationale
dans Notre Amérique, à commencer
par le nôtre, pour s'assurer que le Canada ne puisse pas
être utilisé comme base pour attaquer d'autres pays, comme
c'est le cas
actuellement. Le droit de nos peuples de résoudre les crises
à notre avantage, et non pas à l'avantage de nos ennemis,
exige la
réalisation des projets d'indépendance entrepris il y a
plus de deux siècles.
Nous continuerons à soutenir tous les efforts
pour renforcer de manière concrète l'unité des
peuples de Notre Amérique, comme cela
se fait par la création de l'ALBA et d'autres projets
d'édification nationale. Notre force réside dans
l'obtention de résultats
concrets et, pour cela, nous sommes profondément reconnaissants
au Parti communiste de Cuba, à Fidel, à Raul et
à tout le peuple cubain
pour les sacrifices consentis dans la réalisation des missions
internationalistes. La caractéristique principale de la
révolution
cubaine est d'apporter aux problèmes concrets des solutions
concrètes qui bénéficient aux peuples du monde. Le
socialisme ou la
mort ! Hasta la Victoria, Siempre !
Nous vous souhaitons tous les succès à
votre historique VIe Congrès !
Vive
Cuba !
Gloire à tous les martyrs de Cuba !
Libérez les Cinq Héros victimes de la vengeance de
l'Empire !
Mettons fin au blocus de Cuba !

La victoire historique de la baie des Cochons
 
À gauche : le commandant en chef Fidel Castro dirige les
Forces armées cubaines à la baie des Cochons.
La tentative des États-Unis d'envahir Cuba
à la baie des Cochons il y a cinquante ans a eu lieu alors
qu'ils avaient déjà provoqué de nombreuses
tragédies par
l'orchestration de coups d'État, d'interventions militaires et
d'autres actes d'ingérence en Amérique latine et dans les
Antilles. Ainsi, la victoire décisive sur les forces
ennemies à la baie des Cochons, qui est considérée
comme étant la première défaite de
l'impérialisme étasunien en Amérique latine, a eu
une importance capitale non
seulement pour Cuba mais pour tous les peuples des Amériques.
En 1961, la CIA mettait la touche finale à son
plan Pluto dont le but était d'établir une tête de
pont sur le territoire cubain et de provoquer une situation qui
donnerait
un faux prétexte aux États-Unis pour intervenir et
instaurer un régime fantoche. Elle avait réuni à
cette fin la Brigade 2506 constituée en grande partie de
bourreaux
de l'ex- dictateur à la solde des États-Unis, Fulgencio
Batista, et de mercenaires, de terroristes et d'oligarques
renversés.
Durant les jours qui précédèrent le
débarquement, les États-Unis et leurs mercenaires
multiplièrent les provocations, notamment avec le bombardement
de bases à La
Havane et à Santiago de Cuba, faisant plusieurs morts et causant
des dommages considérables. Des bombardiers américains,
peints aux couleurs cubaines, ont bombardé
Cuba.
Dans un article du 24 mars publié dans Granma
International, le colonel à la retraite Armando Martinez
Alvarez, raconte comment à peine deux jours
avant les événements de Playa Giron, lui-même et
d'autres jeunes cubains avaient été mobilisés dans
une unité de défense anti-aérienne par le
Commandant en chef, Fidel
Castro, pour défendre Cuba contre les attaques aériennes.

Le jeune Cubain, Eduardo García
Delgado, à côté
d'une photo de son geste final pour la défense de sa patrie. |
« Le 15 avril 1961, à 6h00, les
trois aéroports cubains de la Ciudad Libertad, de San Antonio de
los Baños et de Santiago de Cuba, ont été
attaqués par
surprise (une attaque aérienne avant le débarquement des
mercenaires) par huit bombardiers B-26 qui avaient
décollé de Puerto Cabezas, en République du
Nicaragua,
peints aux couleurs de notre armée de l'air afin de créer
la confusion. Ce bombardement visait à détruire au sol la
maigre et vieillissante flotte d'avions de combat cubaine,
mais cette tentative a été déjouée par la
prévoyance de Fidel qui avait ordonné que nos avions
soient dispersés.
« Un seul des huit avions que nous
possédions à cette époque a été
détruit mais les tirs des mitrailleuses ont fait sept morts et
53 blessés, surtout des civils.
Deux avions ennemis ont été endommagés par les
tirs des batteries anti-aériennes, et un s'est
écrasé en mer, comme les gens on pu le voir de
l'Hôtel Comodoro, situé dans
ce qui est aujourd'hui la municipalité de Playa. Les servants
recrues ont criblé de balles l'avion mercenaire. Un des
servants, Eduardo García Delgado, avant de mourir, a
écrit de son propre sang le nom de Fidel sur un mur pour la
postérité.
« Le 16 avril, lors de la
cérémonie d'enterrement des victimes des bombardements,
le commandant en chef Fidel Castro a déclaré
solennellement la nature
socialiste de la Révolution devant des milliers d'hommes et de
femmes en armes et a décrété la mobilisation
nationale devant l'imminence de l'attaque des mercenaires
. »
Lors des la
cérémonie d'enterrement des victimes des bombardements
des
États-Unis la veille, Fidel Castro fait sa déclaration
historique de la
nature irrévocablement
socialiste de la Révolution cubaine, le 16 avril 1961.
Enhardis par leurs actes de terrorisme et de
lâcheté, et convaincus que le peuple cubain les
soutiendrait, les impérialistes étasuniens et leurs
mercenaires entreprirent leur
invasion.
Les mercenaires qui débarquèrent à
la baie des Cochons le 17 avril étaient mal
organisés et mal équipés. Ils avaient cru que les
Cubains les accueilleraient à bras
ouverts, mais l'illusion se fracassa contre la réalité de
l'unité du peuple cubain autour de Fidel et de l'armée,
qui ne voulaient pas que Cuba redevienne une colonie des
États-Unis.

Des mercenaires de la Brigade 2506, à
la solde
des États-Unis, après leur défaite retentissante.
|
Malgré le soutien de l'armée
étasunienne, les mercenaires furent vaincus le 19 avril.
Beaucoup de patriotes cubains sont morts et beaucoup de fermiers et de
civils
ont succombé aux tirs de l'ennemi. Quelque 1 200
envahisseurs furent capturés et plus tard échangés
pour des médicaments, des équipements médicaux et
des fonds
pour les enfants cubains.
L'exigence du peuple cubain et des peuples du monde que
Cuba puisse forger sa voie indépendante, libre de toute
ingérence des États-Unis, que ce soit l'agression
armée,
le terrorisme, le blocus économique, etc, est tout aussi
pertinente aujourd'hui qu'elle l'était en 1961. Cette
année, l'anniversaire de Playa Giron survient alors qu'un
tribunal
américain vient d'acquitter le terroriste à la solde des
États-Unis, Luis Posada Carriles, que se poursuivent
l'emprisonnement injuste des cinq héros cubains et les
tentatives
de la Section des intérêts américains à La
Havane de fomenter la dissidence parmi le peuple cubain. À cela
s'ajoute les autres actes d'ingérence des impérialistes
américains
en Amérique latine, comme le récent coup d'État au
Honduras, où maintenant les États-Unis sont en train de
construire de nouvelles bases militaires, les sept nouvelles bases
en Colombie et le retour de la Cinquième Flotte en 2007, pour ne
citer que quelques exemples.
Cinquante ans après sa victoire décisive
à Playa Girón, la révolution cubaine est plus
forte que jamais, avec calme elle surmonte tous les obstacles, naturels
ou artificiels
, sur le chemin de son développement socialiste. Cinquante ans
après Playa Girón, les impérialistes
américains sont plus isolés que jamais. Les peuples du
monde condamnent
résolument le terrorisme des États-Unis contre Cuba et
leur recours réactionnaire à la violence pour
résoudre leurs différents avec Cuba ou toute autre
nation. Les impérialistes
américains devraient enfin tirer les leçons de leur
défaite ignominieuse à Playa Girón et ne plus
touchez à Cuba.
Vive
la
victoire
de
Playa Girón !
Vive la Révolution cubaine !
Ne touchez pas à Cuba

Rapport central au VIe Congrès
du Parti communiste de Cuba
- Raul Castro, deuxième
secrétaire, Parti communiste de Cuba -
Compañeras et
compañeros,
Nous commençons cette après-midi les
séances du VIème Congrès du Parti Communiste de
Cuba à une date très importante de notre histoire, le
50ème anniversaire de la
proclamation du caractère socialiste de la Révolution par
son Commandant en Chef Fidel Castro Ruz, le 16 avril 1961, lors de
la cérémonie d'adieu aux victimes des
bombardements, le jour avant, des bases aériennes, comme le
prélude de l'invasion mercenaire par Playa Girón qui,
organisée et financée par le gouvernement des
États-Unis,
faisait partie de ses plans pour détruire la Révolution
et rétablir avec l'agrément de l'Organisation des
États Américains (OEA), la domination sur Cuba.
Fidel disait alors au peuple armé et
enhardi : « C'est ce qu'ils ne peuvent nous
pardonner... que nous avons fait une Révolution socialiste au
nez même
des États-Unis »...
« Compañeros ouvriers et paysans, celle-ci est la
Révolution socialiste et démocratique des humbles, avec
les humbles et pour
les humbles. Et pour cette Révolution des humbles, par les
humbles et pour les humbles, nous sommes prêts à offrir
notre vie. » Fin de citation.
La réponse à cet appel ne s'est faite pas
attendre et dans l'affrontement à l'agression, quelques heures
après, les combattants de l'Armée Rebelle, des policiers
et des
miliciens ont versé, pour la première fois, leur sang en
défense du socialisme et ont remporté la victoire avant
72 heures, sous la conduction du compañero Fidel lui-
même.
La revue militaire à laquelle nous avons
assisté ce matin, dédiée aux jeunes
générations et en particulier la vibrante marche du
peuple, qui a eu lieu par la suite, sont
une preuve éloquente des forces dont dispose la
Révolution pour continuer l'exemple des combattants
héroïques de Playa Girón.
Nous ferons autant à l'occasion de la
Journée Internationale des Travailleurs, le premier mai
prochain, tout le long du pays afin de manifester l'unité des
Cubains en
défense de leur indépendance et souveraineté
nationales, concepts que l'histoire a prouvé qu'il est possible
d'atteindre seulement avec le socialisme.
Ce Congrès, en tant qu'organe suprême de
l'organisation du Parti, tel qu'il est établi dans l'article 20
de ses statuts, qui réunit aujourd'hui mille
délégués en représentation
de presque 800 mille militants regroupés dans plus de
61 mille cellules, a commencé en fait le 9 novembre
dernier, lors de la présentation du Projet de Directives
de la Politique Économique et Sociale du Parti et la
Révolution, question qui, comme il a déjà
été indiqué, constitue le thème principal
du Congrès, sur lequel le peuple a
fondé de grandes attentes.
À partir de là de nombreux
séminaires ont eu lieu, qui ont servi à éclaircir
et à approfondir dans le contenu des directives, et à
préparer de manière adéquate les cadres
et fonctionnaires qui, à leur tour, seraient à la
tête du processus de discussion avec les militants, les
organisations de masses et la population en général.
Pendant trois mois, du premier décembre 2010 au
28 février de la présente année, a eu lieu le
débat auquel ont participé 8 millions 913 mille
838 personnes dans plus de 163 mille réunions tenues
au sein des différentes organisations, en registrant un chiffre
supérieur aux trois millions d'interventions.
Il faut éclaircir que dans l'ensemble de participants sont
inclus, sans l'avoir défini avec exactitude, des dizaines de
milliers de militants du Parti et de l'UJC qui ont assisté
aux réunions de leurs cellules ou comités de base, aussi
bien qu'à celles tenues dans les lieux de travail ou
établissements d'études et en plus dans les
communautés où ils
résident. C'est le cas aussi de ceux qui ne militent pas et ont
participé dans leurs collectifs de travail, et
postérieurement dans les quartiers respectifs.
L'Assemblée Nationale du Pouvoir populaire
elle-même a consacré presque deux journées
complètes, lors de sa dernière session ordinaire, en
décembre dernier, à l'analyse
du Projet de Directives parmi les députés.
Ce processus a mis en évidence la capacité
du Parti de conduire un dialogue sérieux et transparent avec la
population sur n'importe quel sujet, aussi sensible qu'il soit,
surtout lorsqu'il s'agit de forger un consensus national sur les traits
qui devraient caractériser le modèle économique et
social du pays.
En même temps, selon les informations
récoltées, les résultats du débat
constituent un formidable instrument de travail pour la direction du
gouvernement et le Parti à
tous les niveaux, ainsi qu'une sorte de référendum
populaire par rapport à la profondeur, la portée et le
rythme des changements que nous devons introduire.
Dans un véritable et large exercice
démocratique, le peuple a manifesté librement ses
opinions, éclairci ses doutes, proposé des modifications,
exprimé ses insatisfactions
et différences et a suggéré aussi d'aborder la
solution d'autres problèmes qui n'étaient pas dans le
document.
Une fois de plus, la confiance et l'unité de la
majorité des Cubains autour du Parti et la Révolution a
été mis à l'essai, unité qui ne rejette pas
les différences d'opinions
mais qui se renforce et se consolide avec elles. Toutes les
propositions sans aucune exclusion ont été
incorporées à l'analyse, ce qui a permis d'enrichir le
projet qui est soumis
à la considération des délégués au
Congrès.
Il serait opportun d'exprimer que, dans son essence, le
Congrès a déjà eu lieu au milieu de ce magnifique
débat avec le peuple. Aux délégués, il nous
resterait dans ces
séances de faire la discussion finale du Projet et
l'élection des organes supérieurs de direction du Parti.
La commission de Politique Économique du
VIème Congrès du Parti, chargée
premièrement de l'élaboration du projet de directives, a
été par la suite responsable de
l'organisation du processus de son débat et a travaillé
dans les cinq directions principales suivantes :
1. La reformulation des directives en tenant compte des
opinions exprimées
2. L'organisation, orientation et contrôle de leur
mise en oeuvre.
3. La préparation minutieuse des cadres et des
autres participants en vue de l'application de certaines mesures qui
sont déjà en exécution en ce moment.
4. La supervision systématique des organismes et
des entités chargés de mettre en pratique les
décisions dérivées des Directives et
évaluation de leurs résultats.
5. La conduite de la divulgation à la population.
En application de ce qui précède, le
Projet de Directives à été reformulé qui
fut soumis à une analyse les 19 et 20 mars dans des
sessions du Bureau Politique et
du Comité Exécutif du Conseil de Ministres, auxquelles
ont participé le Secrétariat du Comité Central du
Parti, les cadres dirigeants de la Centrale de Travailleurs de Cuba
(CTC) et d'autres organisations de masses et de l'Union de Jeunes
Communistes (UJC) ; il fut approuvé dans cette instance,
également en qualité de projet, et il vous
a été distribué en vue de son examen au sein de
chacune des délégations provinciales au Congrès,
avec l'intervention active des invités et sera débattu
dans les cinq
commissions de cette rencontre du Parti en vue de son adoption.
Ensuite, je vous donnerai certaines informations afin
d'illustrer le peuple sur les résultats de la discussion des
directives, bien que postérieurement une information
détaillée
en sera publiée.
Le document original avait 291 directives dont
16 furent intégrées dans d'autres, 94 ont
maintenu leur rédaction, le contenu de 181 fut
modifié
et 36 nouvelles furent incorporées, ce qui donne un total
de 311 dans le projet actuel.
Ces chiffres, en simple arithmétique, montrent la
qualité de la consultation où plus ou moins deux tiers
des directives, exactement 68 % ont été
reformulées.
Ce processus a suivi le principe de ne pas faire que la
validité d'une proposition dépende de la quantité
d'opinions données. La preuve en est que plusieurs directives
ont été modifiées ou supprimées, en partant
de l'exposé d'une seule personne ou d'un nombre réduit
d'elles.
Aussi est-il nécessaire d'expliquer que certaines
opinions ne se voient pas reflétées dans cette
étape, soit parce qu'il faut approfondir dans le sujet, ne
disposant pas des
conditions requises, ou dans d'autres cas parce qu'elles entrent en
franche contradiction avec l'essence du socialisme, par exemple
45 propositions ont plaidé en faveur
de la concentration de la propriété.
Ainsi, je veux exposer que, comme tendance il y a eu en
général compréhension et appui au contenu des
directives, il n'y a pas eu d'unanimité tant s'en faut, et c'est
précisément de ça dont nous avions besoin, si nous
voulions vraiment une consultation démocratique et
sérieuse avec le peuple.
Par conséquent, avec une sécurité
totale, nous pouvons qualifier les directives comme l'expression de la
volonté du peuple contenue dans la politique du Parti, du
gouvernement et de l'État, de mettre à jour le
modèle économique et social dans le but d'assurer la
continuité et l'irréversibilité du socialisme,
ainsi que le développement
économique du pays et l'élévation du niveau de
vie, conjugués avec la formation nécessaire de valeurs
éthiques et politiques de nos citoyens.
Comme il fallait s'y attendre, dans la discussion des
directives, la plus grande quantité de propositions s'est
concentrée autour du Chapitre VI « Politique
sociale » et le chapitre II « Politiques
macroéconomiques », représentant les deux
50,9 % du total. Elles ont été suivies, par ordre
décroissant, par
les chapitres : XI « Politiques pour les Constructions,
les Logements et les Ressources hydrauliques » ; le
chapitre X « Politique pour le
Transport », et le PREMIER chapitre
« Modèle de Gestion économique ».
Sur ces cinq chapitres, d'un total de 12, se regroupait
75 % des opinions.
Par ailleurs, dans 33 directives --11 % du
total-- s'entassait 67 % des propositions ; les directives
ayant motivé une plus grande quantité de
propositions ont été la 162 portant sur
l'élimination de la carte de rationnement, les 61 et
62 sur la politique de prix, la 262 sur le transport de
passagers, la 133 portant sur l'éducation, la
54 relative à l'unification monétaire et la
143 associée à la qualité des services de
santé.
La carte de rationnement et son élimination a
été, sans aucun doute, la question qui a provoqué
le plus d'interventions des participants au débat, et
c'était logique qu'il
ait été ainsi ; deux générations de
Cubains ont passé leur vie sous ce système de
rationnement qui, malgré son nocif caractère
égalitariste, a offert durant décennies
à tous les citoyens l'accès aux aliments de base à
des prix dérisoires, hautement subventionnés.
Cet instrument de distribution qui a été
mis en place dans les années 60 avec une vocation
égalitaire à des moments de pénuries, en vue de
protéger notre peuple de
l'agiotage et l'accaparement à des fins lucratives de la part de
quelques-uns, s'est transformé au fil des années en une
charge insoutenable pour l'économie et un
découragement pour le travail, en plus de générer
diverses illégalités dans la société.
Étant donné que la carte est
dessinée pour couvrir les 11 millions et plus de Cubains de
la même manière, les exemples absurdes ne manquent pas
comme celui
que le café rationné est fourni même aux
nouveau-nés. Ça se passait aussi avec les cigarettes
jusqu'en septembre 2010, le quota en était distribué aux
fumeurs et aux non
fumeurs sans distinction, favorisant ainsi la croissance de cette
nocive habitude chez la population.
À propos de ce sujet sensible, l'éventail
d'opinions est très large ; il y a ceux qui
suggèrent de la supprimer sur-le-champ et ceux qui s'opposent
énergiquement
à son élimination et proposent de tout rationner, y
compris les articles industriels. D'autres sont d'avis que pour
combattre l'accaparement et assurer l'accès de tous aux
aliments de base, il faudrait dans une première étape,
maintenir le quota rationné même si les prix cessent
d'être subventionnés. D'autres enfin recommandent
d'éliminer
de la carte ceux qui n'étudient ni ne travaillent, ou bien ils
conseillent que les citoyens aux plus gros revenus se passent
volontairement de ce système.
Certes, le panier familial rationné,
justifié dans des circonstances historiques concrètes,
pour le fait d'avoir été maintenu durant tant de temps,
contredit dans son essence
le principe de la distribution qui doit caractériser le
socialisme, à savoir « De chacun selon sa
capacité, à chacun selon son travail » et
cette situation
doit être surmontée.
À ce propos, je considère opportun de
rappeler ce qui a été dit par le compañero Fidel
dans le Rapport Central au Premier Congrès du Parti le
17 décembre 1975,
je cite : « Dans la conduction de notre
économie, nous avons indubitablement commis des erreurs
d'idéalisme et parfois avons méconnu la
réalité qu'il
existe des lois économiques objectives auxquelles nous devons
nous en tenir », fin de citation.
Le problème auquel nous sommes confrontés
n'est pas un problème de concept ; il réside dans le
comment, quand et avec quel rythme nous le ferons. La
suppression de la carte de rationnement ne constitue pas une fin en
soi, elle ne peut pas se voir comme une décision isolée
mais comme l'une des principales mesures qu'il
sera indispensable d'appliquer en vue d'éliminer les profondes
distorsions existantes dans le fonctionnement de l'économie et
la société dans son ensemble.
Personne à la direction de ce pays, jouissant de
toutes ses facultés, ne saurait avoir l'idée de
décréter brusquement l'élimination de ce
système, sans en avoir créé les
conditions avant. Cela se traduit par la réalisation d'autres
transformations du Modèle économique visant à
augmenter l'efficacité et la productivité du travail, de
sorte à
pouvoir assurer stablement des niveaux de production et des offres de
produits et services de base à des prix non subventionnés
et à la fois accessibles à tous les citoyens.
Cette question a, logiquement, un rapport étroit
avec les prix et l'unification monétaire, les salaires et le
phénomène de la « pyramide
inversée », ce qui,
comme il a été éclairci au Parlement le
18 décembre dernier, s'exprime dans la non correspondance
de la rétribution salariale avec la hiérarchie et
l'importance du
travail réalisé, problématiques qui se sont
reflétées en une haute proportion dans les propositions
avancées.
Á Cuba, sous le socialisme, il n'y aura jamais
d'espace pour les « thérapies de choc »
à l'encontre des plus nécessiteux qui sont
traditionnellement ceux
qui soutiennent la Révolution avec une plus grande
fermeté, à la différence des paquets de mesures
qui sont souvent employées par mandat du Fonds monétaire
international
au détriment des peuples du Tiers monde et même,
dernièrement, dans les nations les plus
développées, où les manifestations populaires et
étudiantes sont violemment
réprimées.
La Révolution ne laissera aucun Cubain
abandonné et le système d'attention sociale se
réorganise afin d'assurer le soutien différencié
et rationnel de ceux qui réellement
en ont besoin. Au lieu de subventionner les produits en masse, tel que
nous le faisons actuellement, nous allons passer progressivement au
soutien des personnes sans un
autre moyen.
Ce principe garde toute sa vigueur dans la
réorganisation de la force de travail qui est déjà
en marche pour réduire les listes gonflées du personnel
du secteur d'État,
sous une observance stricte du caractère idoine
démontré. Ce processus continuera de l'avant, sans
hâte mais sans pause, et son rythme sera déterminé
par notre capacité
de créer les conditions requises à son total
déploiement.
À cela devront contribuer, entre autres facteurs,
l'élargissement et la souplesse du travail dans le secteur non
étatique. Cette modalité d'emploi qu'un peu plus de 200
mille Cubains ont adoptée d'octobre de l'année
dernière à ce jour, qui a doublé le nom bre de
travailleurs à leur compte, constitue une alternative de travail
fondée sur la
législation en vigueur. Par conséquent, elle doit compter
sur l'appui, le soutien et la protection des autorités, à
tous les niveaux, en même temps qu'on exige, avec la rigueur
que demande la loi, l'accomplissement strict de leurs obligations, y
compris les tributaires.
La croissance du secteur non étatique de
l'économie, loin de signifier une soi-disant privatisation de la
propriété sociale, comme l'affirment certains
théoriciens, est appelée
à devenir un facteur facilitateur pour l'édification du
socialisme à Cuba, car elle permettra à l'État de
se concentrer à augmenter l'efficacité des moyens
fondamentaux de
production, propriété de tout le peuple et de se
détacher de l'administration d'activités non
stratégiques pour le pays.
Par ailleurs, cela favorisera que l'État continue
de garantir à toute la population de la même
manière et gratuitement les services de santé et
d'éducation, de les protéger
de façon appropriée au moyen des systèmes de
sécurité et d'assistance sociale, de promouvoir la
culture physique et le sport dans toutes leurs manifestations et de
défendre
l'identité et la conservation du patrimoine culturel et la
richesse artistique, scientifique et historique de la nation.
L'État socialiste aura alors de plus grandes
possibilités de faire une réalité de la
pensée de José Martí qui préside notre
Constitution : « Je veux que
la première loi de notre République soit le culte des
Cubains à la dignité pleine de l'homme ».
Il appartient à l'État de défendre
la souveraineté et l'indépendance nationales, valeurs qui
remplissent d'orgueil les Cubains, et de continuer d'assurer l'ordre
public et
la sécurité citoyenne qui distinguent Cuba comme l'un des
pays les plus sûrs et tranquilles du monde. Un pays sans trafic
de drogues ni crime organisé, sans enfants ou adultes
mendiants, sans travail infantile, sans charges de cavalerie contre les
travailleurs, les étudiants ou autres secteurs de la population.
Un pays sans exécutions extrajudiciaires,
ni prisons clandestines ni tortures, en dépit des campagnes qui,
sans aucune preuve, sont orchestrées contre nous, tout en
ignorant avec une intention évidente que toutes ces
réalités sont, en premier lieu, des droits humains
fondamentaux, auxquels la majorité des habitants de la
planète ne peut même pas aspirer.
Or, pour pouvoir assurer tous ces acquis du socialisme
sans reculer dans leur qualité et leur portée, les
programmes sociaux doivent se caractériser par une
rationalité
plus grande, de sorte telle qu'à l'avenir s'obtiennent des
résultats supérieurs et durables avec des dépenses
mineures, maintenant une relation adéquate avec la situation
économique générale de la nation.
Il peut être apprécié dans les
directives que ces idées ne sont pas en désaccord avec
l'importance que nous concédons à la séparation
précise du rôle que doivent jouer
dans l'économie les organismes de l'État, d'une part, et
les entreprises d'autre part. Cette question s'est vue remplie de
confusions et imprécisions pendant des décennies
et nous sommes obligés de les régler à moyen terme
dans le cadre du perfectionnement et renforcement de
l'institutionalité.
La compréhension pleine de ces concepts nous
permettra d'avancer avec solidité et sans recul dans la
décentralisation progressive de facultés, depuis le
gouvernement
central vers les administrations locales et depuis les
ministères et autres entités nationales en faveur de
l'autonomie croissante de l'entreprise socialiste d'État.
Le modèle centralisé en excès qui
caractérise actuellement notre économie devra transiter,
dans l'ordre et la discipline, avec la participation des travailleurs,
vers un
système décentralisé où la planification
aura la primauté, comme un trait socialiste de direction, mais
n'ignorant pas les tendances présentes au marché, ce qui
contribuera
à la souplesse et à la mise à jour permanente du
plan.
L'expérience pratique nous a enseigné que
l'excès de centralisation conspire contre le
développement de l'initiative dans la société et
dans toute la chaîne de production
où les cadres se sont habitués à ce que toutes les
décisions viennent « du haut » et en
conséquence ils ont cessé de se sentir
responsabilisés avec les résultats
de l'organisation qu'ils dirigeaient.
Nos entrepreneurs, à quelques exceptions
près, se sont accommodés à la tranquillité
et à la sécurité de l'
« attente » et ont développé une
allergie pour le
risque qu'implique l'action de prendre des décisions ou de ce
qui revient au même : de réussir ou de se tromper.
Cette mentalité de l'inertie doit être
définitivement bannie pour dénouer le noeud qui freine le
développement des forces productives. C'est une tâche
d'une importance
stratégique et ce n'est pas dû au hasard qu'elle
apparaisse, d'une manière ou d'une autre, dans les
24 directives du PREMIER chapitre « Modèle de
Gestion
Économique ».
Dans cette matière, nous ne pouvons pas admettre
d'improvisations ni de hâtes. Pour décentraliser et
changer la mentalité, il est nécessaire d'élaborer
le cadre régulateur
définissant clairement les facultés et les fonctions de
chaque chaînon, dès la nation à la base,
accompagnées invariablement des procédés de
contrôle comptable, financier
et administratif.
Nous avançons dans ce sens. Voilà presque
deux ans on a commencé les études visant à
perfectionner le fonctionnement, la structure et composition des
organes de
gouvernement aux différents niveaux de direction, obtenant comme
résultat la mise en vigueur du Règlement du Conseil de
Ministres, la réorganisation du système de travail
avec les cadres de l'État et le gouvernement, l'introduction de
procédés de planification des activités
principales, l'établissement des bases organisationnelles pour
disposer
d'un système d'information du gouvernement, efficace et
opportun, avec son infrastructure d'info-communications et la
création, à titre expérimental, sous une nouvelle
conception fonctionnelle et structurelle des provinces Mayabeque et
Artemisa.
Pour commencer à décentraliser des
facultés, il faudra que les cadres de l'État et des
entreprises récupèrent le rôle notoire que le
contrat doit jouer dans l'économie, tel
qu'il est exprimé dans la directive numéro 10. Cela
contribuera aussi à rétablir la discipline et l'ordre
dans les recouvrements et paiements, matière qui enregistre des
notes
insatisfaisantes dans une bonne partie de notre économie.
Comme un sous-produit non moins important, l'usage
approprié du contrat en tant qu'outil régulateur des
interrelations entre les différents acteurs économiques,
deviendra
un antidote efficace contre l'habitude étendue du
« réunionisme », c'est-à-dire
contre l'excès de réunions, vérifications et
autres activités collectives, présidées
souvent par un niveau supérieur et avec l'assistance
improductive de nombreux participants, pour faire accomplir ce que les
deux parties d'un contrat ont signé comme devoirs
et droits et qu'en raison du manque d'exigence on n'a jamais
réclamé l'accomplissement auprès des instances que
le propre document contractuel avait établies.
À cet égard, il est utile de souligner les
19 opinions, dans 9 provinces, qui ont réclamé
la nécessité de diminuer au minimum indispensable le
nombre de
réunions et leur durée. Ce sujet je vais le reprendre
plus tard, lorsque j'aborderai le fonctionnement du Parti.
Nous sommes convaincus que la tâche que nous avons
devant nous en rapport avec ce sujet et les autres questions
liées à la mise à jour du Modèle
Économique, est
bourrée de complexités et d'interrelations qui touchent,
d'une manière ou d'une autre, toutes les phases de la
société dans son ensemble. Voilà pourquoi nous
savons que
ce n'est pas une question à régler en un jour, même
pas en un an, et qu'elle va exiger au moins un quinquennat pour
déployer son application avec l'harmonie et
l'intégralité
requises. Et lorsqu'on y arrivera, il est nécessaire de ne
s'arrêter jamais et travailler en vue de son perfectionnement
permanent afin d'être en mesure de soulever les nouveaux
défis que le développement nous dictera.
Faisant une similitude, on pourrait affirmer qu'au bout
d'un certain temps, dans la mesure où la scène se
modifie, le pays devra se confectionner un complet sur
mesure.
Nous ne nous faisons pas d'illusions que les directives
et les mesures pour l'application du Modèle Économique,
ne constitueront pas elles seules le remède universel
pour tous nos maux. Il faudra parallèlement élever
à des plans supérieurs la sensibilité politique,
le sens commun, l'intransigeance devant les violations et la discipline
de
tous, en premier lieu des cadres de direction.
Ce qui précède a été
irréfutablement mis en évidence dans les
déficiences présentées dans l'exécution, il
y a quelques mois, de certaines mesures ponctuelles, non
complexes ni à grande envergure, à cause des obstacles
bureaucratiques au manque de prévision des organes locaux de
gouvernement, manifestés dans l'élargissement du
travail privé.
Il n'est pas superflu de réitérer que nos
cadres doivent s'habituer à travailler avec les documents
recteurs émis par les organes facultés et abandonner le
vice irresponsable
de les mettre au fond d'un tiroir. La vie nous a enseigné qu'il
ne suffit pas de promulguer une bonne norme juridique, peu importe s'il
s'agit d'une loi ou d'une simple
résolution. Il est en plus nécessaire de préparer
les gens chargés de les mettre en application, les superviser et
de vérifier le domaine pratique de ce qui est établi.
Rappelons
qu'il n'y a pire loi que celle qui n'est pas accomplie ou que l'on ne
fait pas accomplir.
Le système d'écoles du Parti aux niveaux
provincial et national, parallèlement à la
réorientation obligée de ses propres programmes, jouera
un rôle principal dans la
préparation et recyclage continu dans ces matières des
cadres du Parti, des administrations et des entreprises, avec le
concours des institutions spécialisées du secteur de
l'éducation et la précieuse contribution des
affiliés à l'Association Nationale d'Économistes
et Comptables, tel qu'il a été démontré
pendant le débat des directives.
En même temps, dans le but de hiérarchiser
de manière appropriée l'introduction des changements
requis, le bureau Politique a accordé de proposer au
Congrès la mise
en place d'une Commission permanente du gouvernement en vue de
l'application et du développement, subordonnée au
président du Conseil d'État et du Conseil de Ministres.
Cette commission, sans préjudice des fonctions qui reviennent
aux organismes respectifs de l'administration centrale de
l'État, aura la responsabilité de contrôler,
vérifier
et coordonner les actions de tous les intervenants dans cette
activité, ainsi que de proposer l'incorporation de nouvelles
directives, ce qui sera indispensable à l'avenir.
Á cet égard, nous avons
considéré opportun de rappeler l'orientation que le
compañero Fidel a incluse dans son Rapport Central au Premier
Congrès du Parti, voilà
presque 36 ans, à propos du système de direction de
l'économie que nous voulions implanter et qui, dû à
notre manque de systématicité, de contrôle et
d'exigence,
a échoué, je cite : « Que les
dirigeants du Parti et surtout de l'État fassent sienne son
implantation, une question d'honneur ; qu'ils prennent
conscience de son importance et de la nécessité de lutter
avec tout leur effort pour l'appliquer de manière
conséquente, toujours sous la direction de la commission
nationale
mise en place à telle fin..., et Fidel de conclure : « divulguer
largement
le
système,
ses principes et ses mécanismes
à travers une littérature à la
portée des masses, pour que ce soit une question dominée
par les travailleurs. Le succès du système
dépendra en une mesure décisive de la maîtrise que
les travailleurs en
auront , fin de citation.
Je ne me lasserai pas de répéter que dans
cette Révolution tout est dit et la meilleure montre en sont les
idées de Fidel que le journal Granma, organe officiel du Parti,
a publiées tout le long de ces dernières années.
Ce que nous adopterons dans ce Congrès ne peut
subir le même sort que les accords des congrès
précédents, presque tous oubliés sans avoir
été accomplis. Ce que nous
accorderons à cette occasion et dans les futures occasions doit
constituer un guide pour la conduite et l'action des militants et
dirigeants du Parti et, pour garantir sa
matérialisation, devra être ratifié dans les
instruments juridiques que devront dicter l'Assemblée nationale
du Pouvoir populaire, le Conseil d'État ou le Gouvernement,
selon
leurs facultés législatives, en conformité avec la
Constitution.
Il est bon d'éclaircir, afin d'éviter des
interprétations erronées, que les accords des
congrès et d'autres organes de direction du Parti en soi ne
deviennent pas des lois,
mais ils sont des orientations à caractère politique et
moral, qu'il incombe au gouvernement, qui est celui qui administre, de
réguler leur application.
Pour cette raison, la Commission Permanente
d'Application et Développement inclura un Sous-groupe juridique
composé de spécialistes de haute qualification, qui
coordonnera avec les organismes correspondants, en s'attachant
strictement à l'institutionnalité, les modifications
requises sur le plan légal pour accompagner la mise à
jour
du Modèle Économique et Social, en simplifiant et en
harmonisant le contenu de centaines de résolutions
ministérielles, accords du gouvernement, décrets lois et
des lois
et, en conséquence, proposer, en temps opportun, l'introduction
des ajustements pertinents dans la propre Constitution de la
République.
Sans attendre que tout soit élaboré, se
trouvent dans une phase avancée les normatives juridiques
associées à l'achat-vente de logements et d'automobiles,
la modification
du décret-loi 259 pour élargir les limites de terre
oisive à donner en usufruit aux producteurs agricoles ayant des
résultats remarquables, ainsi que l'octroi de crédits
aux travailleurs privés et à la population en
général.
De même, nous considérons opportun de
proposer au Congrès que le futur Comité Central devra
inclure comme premier point, dans tous ses plénums, la
présentation,
non moins de deux fois par an, d'un compte-rendu sur l'état de
l'application des accords adoptés dans cette rencontre à
propos de la mise à jour du Modèle Économique
et comme deuxième point, l'analyse sur l'accomplissement du plan
de l'économie, soit du premier semestre ou de l'année en
question.
Nous allons recommander également à
l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire d'appliquer un
procédé similaire dans ses sessions ordinaires, dans le
but de renforcer
le rôle protagoniste inhérent à sa condition
d'organe suprême du pouvoir de l'État.
En partant de la profonde conviction que rien de ce que
nous faisons n'est parfait et que ce qui semblerait l'être
aujourd'hui ne le sera plus demain face à de nouvelles
circonstances, les organes supérieurs du Parti et du Pouvoir de
l'État et du Gouvernement doivent maintenir une vigilance
systématique et étroite sur ce processus et être
à même d'introduire opportunément les ajustements
appropriés pour corriger les effets négatifs.
Compañeras et compañeros, nous devons
être alertes, mettre les pieds et les oreilles sur terre et
lorsqu'un problème pratique se présentera dans un domaine
ou endroit
quelconques, les cadres aux différents niveaux devront agir avec
promptitude et intentionnalité, et ne doivent pas laisser sa
solution au temps, car nous savons pour notre
propre expérience que la seule chose qui va se passer est que le
problème va se compliquer encore plus.
De la même manière, nous devons cultiver et
préserver sans cesse l'interrelation avec les masses
débarrassée de tout formalisme, pour avoir une
rétro alimentation efficace
sur leurs soucis et insatisfactions et que ce soit
précisément elles qui nous indiquent le rythme des
changements que l'on doit introduire.
L'attention aux incompréhensions récentes,
associées à la réorganisation de certains services
de base, prouve que lorsque le Parti et le gouvernent, chacun en
remplissant
son rôle, avec des méthodes et styles différents,
agissent avec promptitude et harmonie pour s'occuper des
préoccupations de la population et quand ils raisonnent avec
elle
avec clarté et simplicité, on obtient le soutien à
la mesure et la confiance du peuple vis-à-vis de ses dirigeants
est encouragée.
Pour aboutir à ce résultat, la presse
cubaine, dans ses différents formats, est appelée
à jouer un rôle décisif dans
l'éclaircissement et la diffusion objective, constante et
critique de la marche de la mise à jour du Modèle
Économique. Par conséquent, grâce à des
articles et à des travaux sagaces et concrets, dans un langage
accessible à tous,
va se développer dans le pays une culture sur ces thèmes.
Sur ce front, il faut aussi chasser
définitivement l'habitude du triomphalisme, la stridence et le
formalisme au moment d'aborder l'actualité nationale et
générer des
matériels écrits et des programmes de
télévision et de radio qui, de par leur contenu et style
attirent l'attention et encouragent le débat dans l'opinion
publique. Cela suppose
l'élévation de la professionnalité et les
connaissances de nos journalistes ; s'il est vrai que, en
dépit des accords adoptés par le Parti sur la politique
informative, la
plupart des fois ils n'ont pas l'accès opportun à
l'information ni le contact fréquent avec les cadres et
spécialistes responsabilisés avec les thématiques
en question. L'ensemble
de ces facteurs explique la diffusion, en plusieurs occasions, de
matériels ennuyeux, improvisés et superficiels.
Non moins important sera l'apport que nos médias
devrons pourvoir en faveur de la culture nationale et de la
récupération de valeurs civiques dans la
société.
Passant à une autre question vitale, qui a une
relation très étroite avec la mise à jour du
Modèle Économique et Social du pays et qui devra aider
à sa
matérialisation : nous nous proposons de tenir une
conférence nationale du Parti pour aboutir à des
conclusions à propos des modifications de ses méthodes et
style
de travail, dans le but de concrétiser dans ses actions, pour
aujourd'hui et pour toujours, le contenu de l'article 5 de la
Constitution de la République où il est établi
que l'organisation du Parti est l'avant-garde organisée de la
nation cubaine et la force dirigeante supérieure de la
société et de l'État.
Au début nous avions pensé convoquer cette
conférence pour décembre 2011, cependant tenant compte
des complications propres du dernier mois de l'année et de
l'opportunité de compter sur une réserve prudente de
temps pour préciser des détails, nous avons prévu
d'avoir cette rencontre à la fin de janvier 2012.
Le 18 décembre dernier j'ai expliqué
devant le Parlement qu'en raison des déficiences
présentées par les organes administratifs du gouvernement
dans
l'accomplissement de leurs fonctions, le Parti durant des années
s'est vu impliqué dans des tâches qui n'étaient pas
de son ressort, en limitant et en compromettant son
rôle.
Nous sommes convaincus que la seule chose qui pourrait
faire échouer la Révolution et le socialisme à
Cuba, mettant en danger le futur de la nation, est notre
incapacité
de surmonter les erreurs que nous avons commises pendant plus de 50 ans
et les nouvelles que nous pourrions encourir.
La première chose que nous devons faire pour
corriger une erreur est de la reconnaître consciemment dans toute
sa dimension, et le fait réel est qu'en dépit du fait que
dès les premières années de la révolution,
Fidel a différencié avec clarté les rôles du
Parti et de l'État, nous n'avons pas été
conséquents dans l'accomplissement de ses
instructions et nous sommes laissés emporter par les urgences et
l'improvisation.
Quel bel exemple ce que le leader de la
Révolution a exprimé à une date si précoce
comme le 26 mars 1962, lors d'une comparution devant la radio et
la télévision
pour expliquer au peuple les méthodes et le fonctionnement des
Organisations Révolutionnaires Intégrées (ORI),
qui ont précédé le Parti, quand il a dit :
« ... le Parti dirige, dirige à
travers tout le Parti et dirige à travers l'administration
publique. Un fonctionnaire doit avoir de l'autorité. Un ministre
doit
avoir de l'autorité, un administrateur doit avoir de
l'autorité, discuter tout ce qu'il sera nécessaire avec
le Conseil Technique Assesseur (aujourd'hui Conseil de Direction),
discuter avec les masses ouvrières, discuter avec la cellule,
mais c'est l'administrateur qui décide parce c'est sa
responsabilité »... Fin de citation. Cette
orientation a été donnée voilà 49 ans.
Il existe des concepts très bien définis
qui, en essence, conservent une totale validité pour atteindre
le succès dans cette direction, indépendamment du temps
écoulé depuis
que Lénine les a formulés, il y a presque 100 ans ;
Ils doivent être repris de nouveau, en conformité avec les
caractéristiques et l'expérience de notre pays.
En 1973, dans le cadre du processus préparatoire
du Premier Congrès, il a été bien défini
que le Parti dirige et contrôle à travers des voies et des
méthodes qui lui sont
propres et qui se différencient des voies, méthodes et
ressources dont l'État dispose pour exercer son autorité.
Les directives, résolutions et dispositions du Parti n'ont pas
directement un caractère juridique obligatoire pour tous les
citoyens, elles doivent être accomplies seulement par les
militants, consciencieusement, car il ne dispose d'aucun
appareil de force et coercition pour le faire. C'est une
différence importante du rôle et des méthodes du
Parti et de l'État.
Le pouvoir du Parti repose essentiellement sur son
autorité morale, sur l'influence qu'il exerce sur les masses et
sur la confiance que le peuple dépose en lui. L'action
du Parti se fonde, avant tout, sur la conviction qui découle de
ses actes et du bien-fondé de sa ligne politique.
Le pouvoir de l'État part de son autorité
matérielle, qui consiste en la force des institutions
chargées d'exiger à tous l'accomplissement des normes
juridiques qu'il
émet.
Le dommage que provoque la confusion dans ces concepts
s'exprime, premièrement, dans l'affaiblissement du travail
politique que doit réaliser le Parti, et deuxièmement
dans la détérioration de l'autorité de
l'État et du gouvernement, car les fonctionnaires cessent de se
sentir responsables de leurs décisions.
Compañeras et compañeros, il s'agit de
débarrasser pour toujours le Parti de toutes les
activités qui ne sont pas propres à son caractère
d'organisation politique, en peu
de mots, nous libérer de fonctions administratives et nous
consacrer chacun à ce qui nous correspond.
Très liées à ces conceptions
erronées sont les déficiences dans la politique de cadres
du Parti, qui devra elle aussi être l'objet d'une analyse par la
dite Conférence
Nationale. Quelques leçons amères nous ont
été léguées par les maladresses subies dans
ce domaine en raison du manque de rigueur et de vision qui ont ouvert
des brèches
à la promotion accélérée de cadres
inexpérimentés et immatures à coup de simulation
et d'opportunisme, attitudes alimentées aussi par le concept
erroné qui dit que pour
occuper un poste de direction il était exigé comme
condition tacite, militer dans le Parti ou la Jeunesse communiste.
Il faut abandonner cette pratique résolument et,
sauf pour les responsabilités propres des organisations
politiques, la militance ne doit pas signifier une condition
obligatoire
pour remplir un poste de direction dans le gouvernement ou
l'État, mais la préparation pour les exercer et la
disposition de reconnaître comme siens la politique et le
programme du Parti.
Les dirigeants ne surgissent pas des écoles ni du
copinage dissipateur, ils se forment à la base, en remplissant
la fonction qu'ils ont étudiée, en contact avec les
travailleurs
et ils doivent être promus graduellement sur la base du
leadership octroyé seulement quand on est un exemple dans le
sacrifice et les résultats.
Dans ce sens, je considère que la direction du
Parti, à tous les niveaux, doit se faire une
sévère autocritique et adopter les mesures
nécessaires afin d'éviter la réapparition
de ces tendances. Cela est applicable, à son tour, à
l'insuffisante systématicité et volonté politique
pour assurer la promotion, à des postes de décision,
à femmes, noirs, métis
et jeunes, sur la base du mérite et les conditions personnelles.
C'est une véritable honte de ne pas avoir
réglé ce dernier problème en plus d'un
demi-siècle, problème que nous allons porter dans nos
consciences pendant de longues
années, simplement parce que nous n'avons pas été
conséquents avec les innombrables orientations que dès
les premiers jours du triomphe révolutionnaire et tout le long
des années le compañero Fidel nous a enseignées,
parce que, en plus, la solution de cette disproportion a fait partie
des accords adoptés par le très important Premier
Congrès
du Parti et les quatre qui y ont succédé et nous n'avons
pas assuré leur accomplissement.
Pour le règlement des questions comme celle-ci,
qui définissent l'avenir, il ne faut plus jamais se laisser
emporter par la spontanéité mais par la prévision
et la plus ferme
intentionnalité politique de préserver et parfaire le
socialisme à Cuba.
Malgré les différentes tentatives que nous
avons faites en vue de la promotion des jeunes à des postes
principaux, la vie a montré que le choix n'a pas
été toujours le
meilleur. Aujourd'hui nous affrontons les conséquences de ne pas
compter une réserve de remplaçants dûment
préparés, avec suffisamment d'expérience et
maturité pour
assumer les nouvelles et complexes tâches de direction au Parti,
l'État et le gouvernent. C'est une question que nous devons
régler petit à petit, au cours du quinquennat,
sans précipitations ni improvisations, mais que nous devons
commencer dès que le Congrès arrive à sa fin.
À cela contribueront en plus le renforcement de
l'esprit démocratique et le caractère collectif du
fonctionnement des organes de direction du Parti et du pouvoir de
l'État
et du gouvernement. En même temps, il faut assurer le
rajeunissement systématique de toute la chaîne de postes
administratifs et du Parti, depuis la base jusqu'aux compañeros
qui occupent les principales responsabilités, sans exclure
l'actuel Président des Conseils d'État et de Ministres ni
le Premier Secrétaire du Comité Central qui sera
élu dans
ce Congrès.
A cet égard, nous avons abouti à la
conclusion qu'il est recommandable de limiter à un maximum de
deux périodes consécutives de cinq ans, la fonction dans
les postes
politiques et étatiques fondamentaux. Ça c'est possible
et nécessaire dans les circonstances actuelles, bien
différentes de celles des premières décennies de
la Révolution, non
consolidée encore donc en butte aux constantes menaces et
agressions.
Le renforcement systématique de notre
institutionnalité sera à la fois la condition et la
garantie indispensables pour que cette politique de rénovation
des cadres ne mette
jamais en risque la continuité du socialisme à Cuba.
Dans ce domaine, nous commençons avec un premier
pas en réduisant substantiellement la nomenclature des postes de
direction, dont l'approbation revenait aux instances
municipales, provinciales et nationales du Parti, et en
déléguant certaines facultés aux dirigeants
ministériels et des entreprises pour nommer, remplacer et mettre
en application
des mesures disciplinaires à une grande partie des chefs
subordonnés, assistés par les commissions de cadres
respectives, dans lesquelles le Parti est représenté et
opine, mais
qui sont présidées par le dirigeant administratif, qui
est celui qui décide. L'opinion de l'organisation du Parti est
inestimable, mais le facteur qui décide est le chef, puisque
nous devons préserver et renforcer son autorité, en
harmonie avec le Parti.
Concernant la vie interne, thème que nous avons
soumis aussi à l'analyse de la Conférence, nous pensons
que nous devons méditer sur les effets contre-productifs de
vieilles habitudes qui n'ont rien à voir avec le rôle
d'avant-garde de l'organisation dans la société, entre
eux la superficialité et le formalisme avec lesquels se
développe
le travail politique idéologique, l'utilisation de
méthodes démodées et de termes vieillis qui ne
tiennent pas compte du niveau d'instruction des militants, la tenue de
réunions
excessivement longues et souvent pendant l'horaire de travail qui par
ailleurs doit être sacré, en premier lieu pour les
communistes ; avec un ordre du jour très souvent
inflexible établi par l'organisme supérieur, sans
différencier la scène où se développe la
vie des militants, les convocations fréquentes à des
activités commémoratives
formelles, avec des discours encore plus formels, et l'organisation de
travaux volontaires les jours de repos sans avoir un contenu
réel ni la coordination due, en générant
des dépenses et en diffusant le mécontentement et
l'apathie parmi nos compañeros.
Ces critères sont applicables aussi à
l'émulation, mouvement qui au fil des ans à perdu son
essence mobilisatrice des collectifs ouvriers, car il s'est
transformé en un
mécanisme alternatif de distribution de stimuli moraux et
matériels qui ne sont pas toujours justifiés avec des
résultats concrets et qui bien des fois ont
généré des fraudes
dans l'information.
La Conférence devra en plus considérer les
relations du Parti avec l'Union de Jeunes Communistes et les
organisations de masses pour les dépouiller de
schématismes
et routines, afin qu'elles récupèrent, toutes, leur
raison d'être, adaptée aux conditions actuelles.
Bref, compañeras et compañeros, la
Conférence Nationale se concentrera sur le renforcement du
rôle du Parti, comme le représentant maximum de la
défense des intérêts
du peuple cubain.
Pour atteindre cet objectif il faut absolument changer
la mentalité, laisser tomber le formalisme et la fanfaronnade
dans les idées et les actions, ce qui revient à dire
déterrer
l'immobilisme fondé sur des dogmes, consignes vides pour
parvenir aux essences les plus profondes des choses, comme le montrent
brillamment les enfants de « La
Colmenita » dans l'oeuvre de théâtre « Abracadabra ».
Seul ainsi le Parti Communiste de Cuba pourra être
en mesure d'être, pour tous les temps, le digne héritier
de l'autorité et de la confiance illimitée du peuple dans
la
Révolution et dans son unique Commandant en Chef, le
compañero Fidel Castro Ruz, dont l'apport moral et leadership
indiscutable ne dépendent pas d'un poste et qui depuis
sa qualité de soldat des idées n'a cessé de lutter
et de contribuer, avec ses réflexions éclairantes et
autres actions, à la cause révolutionnaire et à la
défense de l'humanité
face aux dangers qui la menacent.
À propos de la situation internationale, nous
allons consacrer quelques minutes à évaluer la
conjoncture existante sur la planète.
On ne voit pas l'issue de la crise économique
globale qui touche toutes les nations, vu son caractère
systémique. Les remèdes appliqués par les
puissants visaient à protéger
les institutions et les pratiques qui en ont été à
l'origine et à décharger le poids terrible de ses
conséquences sur les travailleurs dans leurs propres territoires
et en particulier
dans les pays sous-
développés. La spirale de prix des
aliments et du pétrole pousse des centaines de millions de
personnes à la pauvreté extrême.
Les effets du changement climatique sont
déjà dévastateurs et le manque de volonté
politique des nations industrialisées empêche l'adoption
d'actions urgentes et
indispensables pour prévenir la catastrophe.
Nous vivons dans un monde convulsé dans lequel se
succèdent des catastrophes naturelles telles les tremblements de
terre d'Haïti, Chili et Japon, dans le même temps
que les États-Unis livrent des guerres de conquête en Iraq
et Afghanistan qui ont coûté plus d'un million de civils
morts.
Des mouvements populaires dans les pays arabes se
soulèvent contre les gouvernements corrompus et oppresseurs,
alliés des États-Unis et de l'Union Européenne. Le
conflit lamentable en Libye, nation soumise à une brutale
intervention militaire de l'OTAN, a servi encore une fois de
prétexte à cette organisation pour excéder ses
limités
défensifs originaux et étendre à une
échelle globale les menaces et les actions de guerre pour
protéger des intérêts géostratégiques
et l'accès au pétrole. L'impérialisme et
les forces réactionnaires internes conspirent pour
déstabiliser autres pays, tandis qu'Israël oppresse et
massacre le peuple palestinien en toute impunité.
Les États-Unis et l'OTAN incluent dans leurs
doctrines l'interventionnisme agressif contre les pays du Tiers monde
dans le but de piller leurs ressources ; ils
imposent aux Nations Unies la politique de deux poids deux mesures et
utilisent de manière de plus en plus concertée les
puissants consortiums médiatiques pour cacher
ou fausser les faits, selon il conviendrait aux centres de pouvoir
mondial, dans une farce hypocrite destinée à tromper
l'opinion publique.
Au milieu de sa situation économique complexe,
notre pays maintient la coopération avec 101 nations du
Tiers monde. En Haïti, le personnel médical cubain,
après
avoir passé 12 ans de travail intense en sauvant des vies,
fait face depuis janvier 2010, aux côtés de collaborateurs
d'autres pays, aux séquelles du séisme et à la
postérieure épidémie de choléra, avec un
dévouement admirable.
À la Révolution Bolivarienne et au
compañero Hugo Chávez Frías nous exprimons la
solidarité la plus résolue et notre engagement,
conscients de l'importance du
processus que vit le peuple frère
vénézuélien pour Notre Amérique, dans le
bicentenaire de son indépendance.
Nous partageons aussi les souhaits des mouvements
transformateurs dans plusieurs pays latino-américains,
coiffés par des leaders prestigieux qui représentent les
intérêts
des majorités oppressées.
Nous continuerons à contribuer aux processus
intégrationnistes de l'Alliance Bolivarienne pour les peuples de
notre Amérique (ALBA), l'Union du Sud (UNASUR) et
la Communauté des États Latino-américains et
Caribéens (CELAC) qui prépare la tenue à Caracas
de son sommet inaugural en juillet de la présente année.
C'est le fait
institutionnel le plus transcendant dans notre hémisphère
pendant le dernier siècle, puisque pour la première fois
nous nous regroupons par nous-mêmes tous les pays au sud
du Río Bravo.
Nous sommes encouragés par cette Amérique
latine et les Caraïbes, de plus en plus unis et
indépendants, que nous remercions pour leur solidarité.
Nous continuerons à plaider le Droit
International et soutenons le principe d'égalité
souveraine des États et le droit à
l'auto-détermination des peuples. Nous refusons
le recours à la force, l'agression, les guerres de
conquête, le pillage des ressources naturelles et l'exploitation
de l'homme.
Nous condamnons le terrorisme sous toutes ses formes, en
particulier le terrorisme d'État. Nous défendrons la paix
et le développement pour tous les peuples et lutterons
pour le futur de l'humanité.
Le gouvernement des États-Unis n'a pas
changé sa politique traditionnelle visant à
discréditer et à renverser la Révolution, bien au
contraire il a continue le financement
de projets visant à promouvoir directement la subversion,
à provoquer la déstabilisation et à
interférer dans nos affaires internes. L'administration actuelle
a décidé quelques
mesures positive mais très limitées.
Le blocus économique, commercial et financier des
États-Unis contre Cuba persiste et même s'intensifie sous
la présidence actuelle, en particulier dans les transactions
bancaires, en ignorant la condamnation presque unanime de la
communauté internationale qui s'est prononcée de
façon croissante pour son élimination pendant 19 ans
consécutifs.
Bien qu'apparemment, comme il a été mis en
évidence lors de la récente visite au Palacio de la
Moneda à Santiago du Chili, les gouvernants des
États-Unis n'aiment
pas à se reporter à l'histoire lorsqu'ils traitent le
présent et l'avenir ; il est nécessaire de signifier
que le blocus contre Cuba n'est pas une question du passé, nous
nous
voyons donc dans l'obligation de rappeler le contenu d'un
mémorandum secret, déclassifié en 1991, du
Sous-secrétaire d'État adjoint aux affaires
interaméricaines, Lester
D. Mallory, le 6 avril 1960, je cite : « La
plupart des Cubains soutiennent Castro... Il n'existe pas une
opposition politique effective [...] Le seul
moyen possible de lui faire perdre le soutien interne [au gouvernement]
est de provoquer le désappointement et le découragement
au moyen de l'insatisfaction économique
et la pénurie [...] Il faut mettre en place rapidement tous les
moyens possibles afin d'affaiblir la vie économique [...] en
refusant à Cuba argent et approvisionnements dans
le but de réduire les salaires nominaux et réels afin de
provoquer la faim, le désespoir et le renversement du
gouvernement ». Fin de citation.
Notez la date du mémorandum, le 6 avril
1960, presque un an exact avant l'invasion par Playa Girón.
Le mémorandum en question n'a pas surgi à
l'initiative de ce fonctionnaire mais il entrait dans le cadre de la
politique visant à renverser la Révolution, de même
que
le « Programme d'Action secrète contre le
régime de Castro », approuvé par le
président Eisenhower le 17 mars 1960, 20 jours avant que le
mémorandum
précité, en utilisant tous les moyens disponibles, depuis
la création d'une opposition unifiée, la guerre
psychologique, les actions clandestines d'intelligence et la
préparation
dans des pays tiers de forces paramilitaires capables d'envahir
l'île.
Les États-Unis ont incité le terrorisme
dans les villes et cette même année, avant Playa Giron,
ils ont encouragé la mise en place de bandes
contre-révolutionnaires armées,
ravitaillées par air et par mer, qui ont commis pillages et
assassinats de paysans, ouvriers et jeunes alphabétiseurs
jusqu'à leur anéantissement définitif en 1965.
Nous, Cubains n'oublierons jamais les 3 mille
478 morts et les 2 mille 99 handicapés qui ont
été les victimes de la politique de terrorisme
d'État.
Un demi-siècle s'est écoulé de
privations et de souffrances pour notre peuple qui a su tenir bon et
défendre sa Révolution, qui n'est pas disposé
à se rendre ni a souiller
la mémoire de ceux qui sont tombés pendant les derniers
150 ans, depuis le commencement de nos luttes pour
l'indépendance.
Le gouvernement états-unien n'a cessé de
soutenir o protéger des terroristes bien connus, tandis qu'il
prolonge la souffrance et l'injuste emprisonnement des cinq
héroïques
lutteurs antiterroristes cubains.
Sa politique vis-à-vis de Cuba n'a pas de
crédibilité ni aucun soutien moral. Pour essayer de la
justifier, il avance des prétextes incroyables qui, en devenant
obsolètes,
changent selon ce qui convient à Washington.
Le gouvernement des États-Unis ne devrait avoir
aucun doute que la Révolution Cubaine sortira renforcée
de ce Congrès. S'ils veulent rester cramponnés à
leur politique
d'hostilité, blocus et subversion, nous sommes prêts
à continuer lui faisant face.
Nous réitérons la disposition au dialogue
et relèverons le défi de maintenir une relation normale
avec les États-Unis, dans laquelle nous pourrions vivre de
façon civilisée
avec nos différences, sur la base du respect mutuel et de la non
ingérence dans les affaires internes.
En même temps, nous maintiendrons de
manière permanente la priorité à la
défense, en suivant les instructions du compañero Fidel,
dans son rapport central au Premier
Congrès lorsqu'il a dit, je cite : « Tant
qu'il existe l''mpérialisme, le Parti, l'État et le
peuple prêteront aux services de la défense une attention
maximale.
La garde révolutionnaire ne sera jamais négligée.
L'histoire nous enseigne avec trop d'éloquence que ceux qui
oublient ce principe ne survivent pas à l'erreur ».
Sur la scène actuelle et
prévisible, la conception stratégique de la
« Guerre de Tout le Peuple » maintient toute son
actualité, elle s'enrichit et
perfectionne constamment. Son système de commandement et de
direction s'est vu renforcé, ses capacités de
réaction augmentent devant les différentes situations
exceptionnelles prévues.
Le niveau défensif du pays a pris une dimension
supérieure aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif.
À partir des ressources propres disponibles, on a
élevé l'état
technique et de maintien, ainsi que la conservation de l'armement et on
a continué l'effort dans la production et surtout dans la
modernisation de la technique militaire, tenant
compte de ses prix prohibitifs sur le marche mondial. Dans ce domaine,
il est bon de reconnaître l'apport de dizaines d'institutions,
civiles et militaires, qui ont démontré
les énormes potentialités scientifiques, technologiques
et productives que la Révolution a créées.
Le degré de préparation du territoire
national en tant que théâtre d'opérations
militaires, a grandi de manière significative, l'armement
fondamental est protégé de même
qu'une partie importante des troupes, des organes de direction et de la
population.
L'infrastructure de communications assurant le
fonctionnement stable du commandement aux différents niveaux a
été établie. Les réserves
matérielles de tout type ont
été élevées, avec un échelonnement
et protection plus grands.
Les Forces Armées Révolutionnaires,
c'est-à-dire le peuple en uniforme, devront continuer leur
perfectionnement permanent et préserver auprès de la
société l'autorité
et le prestige gagnés de par leur discipline et ordre dans la
défense du peuple et du socialisme.
Nous allons aborder maintenant une autre question
d'actualité, qui n'est pas moins significative.
Le Parti doit être convaincu qu'au-delà des
besoins matériels et mêmes culturels, il existe dans notre
peuple une diversité de concepts et d'idées sur ses
propres nécessités
spirituelles.
Dans cette thématique, multiples sont les
pensées du Héros National José Martí, homme
qui synthétisait cette conjonction de spiritualité et
sentiment révolutionnaire.
Sur ce sujet, Fidel exprimait très tôt en
1954, dès la prison, en évoquant le martyr de la Moncada
Renato Guitart, je cite : « La vie physique est
éphémère, elle passe inexorablement comme sont
passées celles de tant et tant de générations
d'hommes, comme passera d'ici peu celle de chacun de nous. Cette
vérité devrait
enseigner tous les êtres humains que par-dessus eux se trouvent
les valeurs immortelles de l'esprit. Quel sens a celle-là sans
celles-ci ? Qu'est-ce vivre alors ?
Comment pourraient mourir ceux qui pour le comprendre ainsi, la
sacrifient généreusement au bien et à la
justice ! ».
Ces valeurs ont été toujours
présentes dans sa pensée et il l'a
réitéré ainsi en 1971, lors d'une réunion
avec un groupe de prêtres catholiques à Santiago du Chili,
je cite : « Je vous dis qu'il y a dix mille fois
plus de coïncidences du christianisme avec le communisme que
celles qui peuvent avoir avec le
capitalisme ».
Sur cette idée il reviendrait en s'adressant aux
membres des églises chrétiennes en Jamaïque en 1977,
quand il a dit : « Il faut travailler ensemble
pour que, lorsque l'idée politique triomphe, l'idée
religieuse no soit pas écartée, qu'elle n'apparaisse pas
comme ennemie des changements. Il n'existe pas de contradictions
entre les propos de la religion et les propos du socialisme ».
Fin
de
citation.
L'unité entre la doctrine et la pensée
révolutionnaire par rapport à la foi et aux croyants
trouve sa racine dans les fondements mêmes de la nation qui, en
affirmant leur
caractère laïque défendait comme principe auquel on
ne peut pas renoncer l'union de la spiritualité avec la Patrie
que nous a léguée le Père Félix Varela et
les énoncés
pédagogiques de José de la Luz y Caballero, qui a
été catégorique en disant : « Avant
je
voudrais,
certes,
qu'ils s'effondrent les institutions des hommes
–rois et empereurs--, les astres eux-mêmes du firmament, que de
voir tomber de la poitrine humaine le sentiment de justice, ce soleil
du monde
moral ».
En 1991, le IVème Congrès du Parti a
accordé de modifier l'interprétation des statuts qui
limitait l'entrée à l'organisation des
révolutionnaires croyants.
Le bien-fondé de cette décision a
été confirmé par le rôle que les leaders et
représentants des diverses institutions religieuses ont
joué dans les différentes étapes du travail
national, y compris la lutte pour le retour de l'enfant Elián
à la Patrie, dans laquelle a excellé spécialement
le Conseil des Églises de Cuba.
Cependant, il est nécessaire de continuer
à éliminer tout préjugé empêchant
d'unir dans la vertu et la défense de notre Révolution
toutes les Cubaines et tous les Cubains,
croyants ou non, ceux qui font partie des églises
chrétiennes, parmi lesquelles sont inclues la catholique, les
orthodoxes russe et grecque, les évangéliques et
protestantes ; de même que les religions cubaines d'origine
africaine, les communautés spirites, juives, islamiques,
bouddhistes, el les associations fraternelles, entre
autres. À l'égard de chacune d'elles la Révolution
a eu des gestes d'affection et de concorde.
L'inoubliable Cintio Vitier, cet extraordinaire
poète et écrivain qui a été
député de notre Assemblée Nationale, avec les
forces de la plume et son éthique martienne,
chrétienne et profondément révolutionnaire, nous a
légué des avertissements pour le présent et pour
la postérité que nous devons rappeler.
Cintio a écrit : « Ce qui
est en danger, nous le savons, c'est la nation elle-même. La
nation est déjà inséparable de la
Révolution qui la constitue
depuis le 10 octobre 1868 et il n'y a pas d'autre
alternative : ou elle est indépendante ou elle cesse
d'être absolument.
Si la Révolution était mise en
déroute, nous tomberions dans le vide historique que l'ennemie
nous souhaite et nous prépare, que même le plus
élémentaire du peuple
flaire comme abîme.
Et Cintio de continuer :
À la défaite on peut arriver, nous le
savons, par l'intervention du blocus, l'usure interne, et les
tentations imposées par la nouvelle situation
hégémonique du
monde ».
Après avoir affirmé que : « Nous
sommes
au
moment
le plus difficile de notre histoire », il
a dit : « obligée
à se battre contre la stupidité du monde auquel elle
fatalement appartient, menacée toujours par les séquelles
d'obscures plaies séculaires, implacablement harcelée par
la nation la plus puissante de la planète, victime aussi de
maladresses importées ou autochtones qui ne sont jamais commises
impunément dans l'histoire, notre petite île
se contracte et se dilate, systole et diastole, comme une lueur
d'espoir pour elle et pour tous ». Fin de citation.
Nous devons nous référer au
processus récemment terminé de libération de
prisonniers contre-révolutionnaires, de ceux qui aux temps
difficiles et d'angoisse
pour la Patrie ont conspiré contre elle au service d'une
puissance étrangère.
Par décision souveraine de notre gouvernement,
ils ont été libérés, sans avoir accompli
totalement leurs sanctions. Nous aurions pu le faire de manière
directe et nous
attribuer le mérite certain que nous l'avions
décidé en considérant la forteresse de la
Révolution. Cependant, nous l'avons fait dans le cadre d'un
dialogue de respect mutuel,
loyauté et transparence avec la haute hiérarchie de
l'église catholique qui a contribué avec son travail
humanitaire, à ce que cette action conclue en harmonie et dont
les
lauriers, en tout cas, correspondent à cette institution
religieuse.
Les représentants de l'église catholique
ont manifesté leurs points de vue, qui ne coïncidaient pas
toujours avec les nôtres, mais constructifs. C'est au moins notre
appréciation, après de longues conversations avec le
Cardinal Jaime Ortega et le Président de la Conférence
Épiscopale Monseigneur Dionisio García.
Avec cette action, nous avons favorisé la
consolidation du legs le plus précieux de notre histoire et du
processus révolutionnaires : l'unité de la nation.
Nous devons également rappeler la contribution de
l'ancien Ministre des Affaires Étrangères et de la
Coopération d'Espagne, Miguel Ángel Moratinos, qui a
fourni des
facilités au travail humanitaire de l'Église, de sorte
telle que ceux qui ont manifesté ce souhait ou ont
accepté l'idée, voyagent à l'étranger en
union de leurs familles. D'autres
ont décidé de rester à Cuba.
Nous avons supporté patiemment les campagnes
implacables de discrédit en matière de droits humains,
concertées depuis les États-Unis et plusieurs pays de
l'Union
Européenne, qui nous exigent rien de plus que la reddition
inconditionnelle et le démontage immédiat de notre
régime socialiste et ils encouragent, orientent et aident les
mercenaires internes à désobéir la loi.
À cet égard, il est nécessaire
d'éclaircir que ce que nous ne ferons jamais est refuser au
peuple le droit de défendre sa Révolution, parce que la
défense de l'indépendance,
des acquis du socialisme et de nos places et rues restera le premier
devoir de tous les patriotes cubains.
Nous aurons des journées et des années de
travail intense et d'une énorme responsabilité pour
préserver et développer, sur des bases fermes et
durables, le futur socialiste
et indépendant de la Patrie.
Jusqu'ici le Rapport Central au VIème
Congrès.
Je vous remercie.

Bulletin du 21 avril 2011 • Retour à l'index • Écrivez
à: redaction@cpcml.ca
|