Non à la participation du Canada
aux guerres d'aggression et de rapine!

Un Canadien commandera la mission de l'OTAN --
à la très grande honte du Canada

Le ministre de la Défense Peter MacKay a annoncé le 25 mars que le lieutenant-général canadien Charles Bouchard, actuellement en poste au Commandement des forces interarmées à Naples, en Italie, dirigera l'agression militaire de l'OTAN contre la Libye.

Les États-Unis ont indiqué qu'ils ont souhaité transférer le plus rapidement possible le commandement de la mission en Libye. Les médias citent le major-général Lewis MacKenzie qui dit que Bouchard est « le choix évident » car il y a des questions politiques advenant que la France ou la Grande-Bretagne assume la direction.

« Voici ce Canadien qui est déjà au quartier général, le commandement des forces alliées interarmées à Naples », a dit MacKenzie à l'émission Power Play à la chaîne CTV. « Je ne pense pas qu'il ait fallu aux 28 membres du Conseil de l'Atlantique Nord à Bruxelles [beaucoup de temps] pour dire :« Eh, ce gars est un bon choix ». »

Bouchard a déjà servi en tant que commandant adjoint de NORAD. Il s'est enrôlé dans les Forces canadiennes en 1974 et a servi autrefois avec l'armée américaine à Fort Hood, au Texas.

Un représentant de l'OTAN a confirmé que Bouchard sera responsable de la campagne aérienne internationale et de l'embargo sur les armes mises en application par les navires de la flotte militaire. Il servira sous les ordres de l'amiral américain Samuel Locklear, qui est le commandant du quartier général des opérations de l'OTAN pour la Méditerranée, en Italie. La Presse canadienne rapporte qu'Ottawa est susceptible d'envoyer un petit nombre d'employés pour travailler avec Bouchard dans le cadre de son nouvel emploi.

MacKenzie a déclaré que les fonctions de Bouchard inclueront « d'aplanir les dissensions parmi les commandants militaires » qui ont des opinions divergentes sur ce que la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU leur permet de faire en Libye.

MacKay a déclaré que l'OTAN demeure « en discussion » sur la composition et la forme que prend la mission militaire.

« L'OTAN continue de planifier et nous espérons que le Conseil de l'Atlantique Nord sera d'accord pour un plan opérationnel et une directive d'exécution dans les prochains jours », a dit MacKay.

Jusqu'à ce que ce plan soit établi, MacKay a dit que les patrouilles de l'OTAN dans la zone d'exclusion aérienne « se dérouleront en parallèle avec les activités de la coalition » qui sont dirigées pour le moment par les États-Unis. Lors de la conférence de presse à Ottawa, MacKay a également annoncé que le major-général Tom Lawson -- qui a récemment fait un exposé aux médias sur les opérations en Libye -- est sur le point d'être promu au grade de lieutenant-général et aura un poste supérieur à NORAD.

LML déplore la décision de participer à cette agression. La suggestion que de confier le commandement de l'OTAN à un lieutenant-général canadien est un signe de maturité du Canada est idiote. Cela signifie simplement que le Canada est chargé de maintenir la domination des États-Unis sur ses partenaires européens au sein de l'OTAN. Une telle servilité abjecte est déplorable. Pour le Canada c'est une honte, pas un objet de fierté.

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Une étude révèle que les dépenses militaires du Canada sont à leur plus haut niveau depuis la Deuxième Guerre mondiale

Selon une étude publiée le 9 mars par le Centre canadien de politiques alternatives, le Canada dépense plus pour son armée qu'à tout autre moment depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les dépenses affectées à la défense vont atteindre au moins 22,3 milliards $ pour l'année budgétaire en cours, indique un rapport sur l'étude. Les chercheurs estiment qu'au cours de la dernière décennie cela représente une augmentation de 54 %.

L'étude a été réalisée pour le compte du centre par Bill Robinson, conseiller principal à l'Institut Rideau, rapporte la Presse canadienne. Robinson a établi qu'une partie importante de l'augmentation du budget est affectée aux opérations menées dans le cadre de la guerre en Afghanistan, qui, selon lui, « dépouillent le Canada de la possibilité d'effectuer des missions traditionnelles de maintien de la paix ». Le Canada se classe désormais 60e sur la liste des 102 pays apportant une contribution au maintien de la paix des Nations unies.

« Le Canada peut apporter une contribution beaucoup plus importante à la sécurité mondiale et l'action humanitaire en transférant des ressources aux efforts de sécurité non militaire et aux opérations de maintien de la paix », a déclaré Robinson dans un communiqué du centre.

« Un tel changement ferait du Canada une véritable grande puissance dans le monde de l'aide au développement et de l'aide humanitaire. C'est un domaine dans lequel le Canada pourrait avoir  une influence nettement plus considérable ’ sur une question cruciale pour le bien-être de l'humanité et la sécurité mondiale. »

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Les exportations militaires du Canada
au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Depuis des décennies, les gouvernements canadiens – conservateurs comme libéraux – prêchent la paix et les droits humains, tout en assurant un flot régulier d'armes, de munitions, de gaz lacrymogènes, de véhicules bindés et d'autres produits militaires et dits de « sécurité » vers des régimes répressifs et non démocratiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ces gouvernements sont responsables de violations systématiques, répandues et violentes des droits humains, comme les assassinats et la torture. En exportant des produits militaires et policiers à ces pays, le Canada se rend complice d'aider et d'instiguer de nombreux régimes autoritaires, appuyés par les États-Unis, qui se maintiennent au pouvoir par la propagande, l'intimidation et la force brutale.

Inspirée par les révolutions populaires en Tunisie et en Égypte et par les protestations grandissantes à travers la région, la Coalition d'opposition au commerce des armes (COAT) a compilé des informations sur les exportations militaires et a produit des tables de données concernant 16 pays bénéficiaires du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Les tables de COAT montrent la valeur des « Munitions » dans 22 catégories du « Groupe 2 » de la « liste de contrôle des exportations » du Canada, telle que publiée dans des rapports du Ministère des Affaires extérieures et du commerce international (DFAIT), appelée « Exportations militaires canadiennes à partir du Canada ». (Cliquez ici pour accéder à la table interactive de COAT qui détaille les « Exportations militaires canadiennes vers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord »).

Selon les rapports officiels de DFAIT – qui malheureusement documentent seulement certaines des exportations militaires du Canada – le gouvernement canadien a autorisé des ventes militaires d'une valeur de plus de 1,8 milliards $ au Moyen-orient et en Afrique du Nord entre 1990 et 2006. (Le gouvernement du Canada a failli à sa tâche de produire des rapports de puis 2009, alors qu'il publiait des données en 2006. Malheureusement, les rapports de DFAIT ne documentent pas les exportations de produits militaires à « double usage », même s'ils ont été vendus directement aux forces armées de gouvernements étrangers. Les rapports de DFAIT n'incluent pas non plus de données sur les exportations militaires vers les États-Unis, malgré le fait que 1. Les États-Unis reçoivent environ les 3/4 des exportations militaires canadiennes et 2. Les produits militaires canadiens sont assemblés dans des systèmes d'armes complets aux États-Unis et sont ensuite réexportés vers d'autres pays. À cause du manque de transparence de DFAIT à propos des exportations d'armes, les données assemblées dans les tables de COAT sont – et c'est regrettable – incomplètes. Cependant, c'est là la meilleure information disponible publiquement sur les exportations militaires du Canada au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

(Traduction : LML)

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Bulletin du 4 avril 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca