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Les
puissances impérialistes doivent cesser
leur ingérence dans la guerre civile
en Libye
Combattons l'axe libéral-fasciste dirigé
par les États-Unis!
- Hilary LeBlanc -
  
Il y a eu des
manifestations d'un bout à l'autre du Canada en février
2003 pour dénoncer les plans d'invasion de l'Irak.
La guerre d'agression menée par les
États-Unis contre un pays souverain, la Libye, marque un point
tournant. Pour l'impérialisme américain, quel que soit le
dénouement
de ce conflit, l'attaque aura définitivement
répudié plusieurs des principes régissant les
affaires internationales établies à la suite de la
victoire sur le fascisme en 1945. L'axe
dirigé par les États-Unis aura surtout
réhabilité le crime suprême en rompant la paix
impunément avec l'approbation de l'ONU et de l'opinion publique
libérale.
Dans les années 1990, l’OTAN avait mené
l'agression contre la Yougoslavie sans l'approbation des Nations unies.
L'agression des États-Unis contre l'Afghanistan a
commencé sous la nébuleuse d'une haine soigneusement
incitée contre un groupe terroriste que l'État afghan
était accusé de protéger. Le bombardement et
l'occupation étaient
d'abord une opération policière qui s'est par la suite
transformée en une guerre pour le contrôle des ressources
et des sphères d'influence et pour établir une tête
de pont
pour faire la guerre au Pakistan. L'agression des États-Unis
contre l'Irak était menée par la « coalition
des volontaires » et avait fait l'objet d'une vaste
opposition
dans l'opinion publique libérale parce qu'elle
représentait une atteinte aux protocoles protégeant la
paix internationale et la souveraineté des nations. Elle a
provoqué des
manifestations de masse partout dans le monde.
L'agression contre le territoire souveraine de la Libye
sur le continent africain est différente à plusieurs
égards, d'abord par le fait que l'opinion publique
libérale s'est
ralliée à l'agresseur. Il n'y a pas eu, à toute
fin pratique, de voix discordante dans les institutions gouvernantes de
l'axe étasunien qui comprend la Grande-Bretagne, la France,
l'Italie et plusieurs territoires annexés. Au Canada, pas un
seul député de l'opposition libérale officielle ou
des partis sociaux-démocrates siégeant aux Communes n'a
élevé
la voix contre l'usage d'une force meurtrière dans le
règlement des conflits nationaux ou internationaux. À
l'ONU, on a laissé l'axe étasunien l'emporter dans la
violation
de plusieurs articles de la charte, le plus important étant
celui qui interdit l'agression contre un membre souverain de la
communauté internationale. Un conflit intérieur est
devenu un prétexte pour déclencher la guerre contre la
Libye. L'axe étasunien a rejeté la diplomatie
d'emblée, une alternative que proposait le Venezuela et
plusieurs pays
d'Amérique latine, et s'est lancé à fond de train
dans une guerre de pillage. Une des conséquences de cette
agression lancée en violation flagrante du droit international
est
qu'aucun pays ne peut dorénavant faire appel au Conseil de
sécurité de l'ONU lorsque menacé par l'axe
étasunien ou tout autre agresseur. Le
« droit » d'un
pays impérialiste d'envahir une nation souveraine a
été rétabli en pratique avec l'approbation du
Conseil de sécurité, qui décide à cet
égard des affaires de l'ONU.
Les pays plus faibles sont particulièrement
vulnérables, puisque l'axe étasunien peut
dorénavant se servir de ses amples ressources pour attiser des
conflits intérieurs et
les convertir aussitôt en catastrophe. Les médias
internationaux comme Al Jazeera jouent un rôle important dans la
mobilisation de l'opinion publique en faveur des guerres
d'agression, en particulier en soutien à l'effort pour
bâtir l'alliance libérale-fasciste. Mais l'opinion
publique libérale-fasciste serait sans grande importance sans la
force
militaire. Les impérialistes américains ont construit des
centaines de bases militaires dans des endroits stratégiques
partout dans le monde. L'attaque contre la Libye sert en
partie à resserrer l'emprise militaire sur l'Afrique du Nord
sans avoir à compter sur l'Israël sioniste. Le sionisme
libéral-fasciste a été remplacé par le
sionisme fasciste ouvert
et n'a plus la même influence que jadis. Il a maintenant
cédé la place au libéralisme fasciste d'Al Jazeera
et compagnie.
Avec l'attaque contre la Libye, l'axe étasunien
cherche à étendre sa portée militaire directe
à la côte sud de la Méditerranée.
L'armée étasunienne a établi une énorme
base militaire au Kosovo, sur la côte nord, au camp Bondsteel, un
territoire saisi lors de la guerre des années 1990 pour
démembrer la Yougoslavie. Elle tourne maintenant
son regard sur la côte sud, sans doute pour établir un
point d'appui dans le désert où elle peut bâtir une
infrastructure militaire et agir avec impunité.
Que le régime libyen soit celui du colonel
Kadhafi ou de ses adversaires a peu d'importance pour les
impérialistes américains, autre que pour des fins de
propagande.
La Libye sera tellement affaiblie par les bombardements et la menace
d'autres bombardements que l'axe étasunien pourra en faire ce
qu'il veut, surtout pour ce qui est de
mettre la main sur ses ressources pétrolières et
gazières et y établir une base militaire. Une situation
semblable existe en Irak et en Afghanistan. Un aspect important de la
situation actuelle pour l'impérialisme américain est la
peur que cette guerre a provoquée dans les pays d'Afrique et
d'Asie occidentale, nombreux et divisés, qui oblige les
élites dominantes à agir avec grande précaution,
même celles qui sont considérées comme des
alliés des États-Unis.
La Chine, l'Allemagne, l'Inde et le Brésil n'ont
même pas voté au Conseil de sécurité,
refusant de prendre position contre l'agression contre la Libye, sans
parler de
prendre une position encore plus forte, comme des sanctions
économiques ou autres contre l'axe étasunien. Cet
acquiescement, ou ce qu'on appelait autrefois la politique
de l'« apaisement » face à l'agression
impérialiste, ouvre la porte à des guerres plus
généralisées et plus dangereuses qui finiront par
entraîner les grands pays,
qu'ils le veuillent ou non. L'empire des puissances de l'axe ne va pas
s'arrêter à la Libye ou même à l'Afrique ou
à l'Asie occidentale et centrale. L'empire n'a qu'un but
et c'est la conquête du monde. Comment les peuples vont-ils se
défendre et protéger leurs ressources naturelles dans ces
conditions ? L'axe étasunien force les peuples
à s'appuyer sur leurs propres ressources humaines et
matérielles pour défendre leur souveraineté et les
droits de tous et à bâtir des alliances avec l'opinion
publique
progressiste partout dans le monde.
Au Canada, les travailleurs respectent la
souveraineté des nations comme principe et les politiciens
ouvriers disent sans nuance ni hésitation que la rupture de la
paix
est le crime de guerre fondamental. Les politiciens ouvriers doivent
travailler à créer une Opposition ouvrière qui
agit comme rempart de l'opinion publique progressiste
favorable à l'établissement d'un gouvernement anti-guerre.
La classe ouvrière a appris une importante
leçon avec cette agression contre la Libye, à savoir que
les travailleurs doivent s'appuyer sur leur propre pensée et
organisation
pour défendre leurs droits et les droits de tous, y compris les
droits des nations souveraines de vivre en paix et de résoudre
leurs conflits et problèmes sans ingérence
impérialiste.
L'opinion publique libérale aujourd'hui trouve
nécessairement son expression dans les politiques
néolibérales qui défendent le droit de monopole et
cela équivaut au
fascisme. Les événements en cours renferment une autre
leçon pour la classe ouvrière : pour que l'opinion
publique libérale joue un rôle tant soit peu positif et
cesse
la conciliation avec le fascisme, la classe ouvrière doit
prendre les devants dans la lutte pour l'opinion publique progressiste.
Pour cela, la classe ouvrière, les aînés et les
jeunes doivent bâtir une Opposition ouvrière forte et
effective qui a son propre programme et ses propres instruments pour
disséminer ses idées et mener des actions avec
analyse pour établir en pratique une alternative, dont
l'établissement d'un gouvernement anti-guerre est un
élément important.
Halifax, le 26 mars 2011

La guerre fasciste de l'OTAN
- Fidel Castro, 28 mars 2011 -
Pas besoin d'être voyant pour savoir que ce que
j'avais prévu avec une précision rigoureuse dans trois
Réflexions publiées sur le site CubaDebate entre le
21 février
et le 3 mars : « Le plan de l'OTAN est d'occuper
la Libye », « La danse macabre du
cynisme » et « La guerre inévitable de
l'OTAN », allait se passer.
Même les dirigeants fascistes de l'Allemagne et de
l'Italie ne furent pas aussi impudents lors de la guerre civile
espagnole de 1936, un épisode dont beaucoup se seront
sans doute souvenus ces jours-ci.
Presque soixante-quinze ans se sont
écoulés depuis, mais rien n'est comparable aux
changements qui ont eu lieu en soixante-quinze siècles ou, si on
le veut, en soixante-quinze millénaires de vie humaine sur notre
planète.
Ceux qui, comme moi, donnent une opinion sereine sur ces
points semblent parfois exagérer. J'ose dire que nous sommes
plutôt naïfs de supposer que tout le monde
devrait être conscient de la duperie ou de l'ignorance colossale
où l'humanité a été entraînée.
En 1936, deux systèmes, deux idéologies
à peu près égaux en pouvoir militaire se faisaient
face d'une manière intense.
Les armes d'alors ressemblaient à des jouets au
regard des armes actuelles. Malgré leur pouvoir destructeur et
localement meurtrier, la survie de l'humanité était
garantie.
Des villes entières, voire des nations pouvaient être
virtuellement rasées, certes, mais jamais les être humains
en leur totalité ne pouvaient être plusieurs fois
exterminés à
cause du pouvoir stupide et suicidaire que permettent les sciences et
les technologies actuelles.
Compte tenu de ces réalités, les nouvelles
qui ne cessent de parvenir au sujet de puissants missiles
dirigés par laser et d'une précision totale, de
chasseurs-bombardiers
qui volent à deux fois la vitesse du son, de puissants explosifs
capables de faire fondre des métaux durcis à l'uranium,
un matériaux dont l'effet sur les habitants et leurs
descendants perdure pour des temps indéfinis, ont de quoi faire
honte.
Cuba a exposé sa position sur le problème
interne libyen à la réunion de Genève : elle
a défendu sans hésiter l'idée d'un
règlement pacifique et elle s'est opposée
catégoriquement à toute intervention militaire
étrangère.
Dans un monde où les États-Unis et les
puissances capitalistes développées d'Europe, leurs
alliées, s'emparent toujours plus des ressources et du fruit du
travail des
peuples, tout citoyen honnête, quelle que soit sa position face
à son gouvernement, s'opposerait catégoriquement à
une intervention militaire étrangère dans sa patrie.
Le plus absurde de la situation actuelle, c'est que,
juste avant le déclenchement de cette guerre brutale dans le
Nord de l'Afrique, un accident nucléaire s'était produit
dans une autre région du monde à presque dix mille
kilomètres de là, à l'un des endroits les plus
densément peuplés de la planète, à la suite
d'un séisme de magnitude
9 et du tsunami qu'il a provoqué, ce qui a
coûté à un pays aussi travailleur que le Japon
presque trente mille victimes fatales. Un accident pareil n'aurait plus
se
produire voilà soixante-quinze ans.
En Haïti, un pays pauvre et
sous-développé, un tremblement de terre de seulement
7 de magnitude à l'échelle Richter a provoqué
plus de trois cent mille morts
et des centaines de milliers de blessés.
Mais ce qu'il y a de plus terriblement tragique au
Japon, c'est l'accident de la centrale atomique de Fukushima dont il
reste encore à déterminer les retombées.
Je ne citerai que quelques titres d'agences de
presse :
« ANSA. La centrale nucléaire de
Fukushima 1 émet "des radiations extrêmement fortes,
potentiellement mortelles", a affirmé Gregory Jaczko, chef
de la Nuclear Regulatory Commission (NRC), l'organisme
étasunien chargée de l'énergie
atomique. »
« EFE. La menace nucléaire
découlant de la situation critique dans laquelle s'est
retrouvée une centrale au Japon après le séisme a
relancé les révisions
sécuritaires des centrales atomiques dans le monde entier et a
conduit certains pays à paralyser leurs projets. »
« Reuters. Le séisme
destructeur du Japon et l'aggravation de la crise nucléaire
pourraient causer des pertes de jusqu'à 200 milliards de dollars
à son économie, mais il est difficile pour le moment d'en
évaluer l'impact mondial. »
« EFE. La détérioration,
l'un après l'autre, des réacteurs de la centrale de
Fukushima continuait d'alimenter aujourd'hui la crainte d'une
catastrophe
nucléaire au Japon, dans la mesure où les tentatives
désespérées de contrôler la fuite
radioactive ne laissent guère de place à
l'espoir. »
« AFP. L'empereur Akihito est inquiet
devant le caractère imprévisible de la crise atomique qui
a frappé le Japon après le séisme et le tsunami
qui ont tué
des milliers de personnes et ont laissé cinq cent mille sans
abri. Un nouveau séisme s'est fait sentir dans la région
de Tokyo. »
D'autres dépêches sur ce point sont encore
plus inquiétantes. Certaines signalent que l'iode radioactif
toxique présent dans l'eau potable de Tokyo est deux fois plus
élevé
que la quantité tolérable par les petits enfants. L'une
d'elles affirme que les réserves d'eau en bouteille sont sur le
point de s'épuiser à Tokyo, la capitale située
à plus de
deux cents kilomètres de Fukushima.
Cet ensemble de circonstances configure une situation
dramatique pour notre monde.
Je peux exprimer en toute liberté mes vues sur la
guerre en Libye.
Je ne partage pas des conceptions politiques ou
religieuses du leader de ce pays. Je suis, je l'ai dit,
marxiste-léniniste et martinien.
Je vois la Libye comme un membre du Mouvement des pays
non alignés et un État souverain, au même titre que
les presque deux cents membres de l'Organisation des
Nations Unies.
Jamais un pays, grand ou petit – en l'occurrence un pays
d'à peine cinq millions d'habitants – n'a été
victime d'une attaque aussi brutale de la part de
forces de l'air d'une organisation belliciste qui possède des
milliers de chasseurs-bombardiers, plus de cent sous-marins, des
porte-avions nucléaires et assez d'arsenaux pour
détruire bien des fois la planète. Notre espèce
n'a jamais connu une telle situation, et rien de pareil n'existait
voilà soixante-quinze ans quand les bombardiers nazis
attaquaient
des objectifs en Espagne.
Il n'empêche que l'OTAN, cette criminelle
discréditée, nous écrira un
« belle » histoire à dormir debout sur son
bombardement
« humanitaire ».
Si Kadhafi veut faire honneur aux traditions de son
peuple et se décide à se battre, comme il l'a promis,
jusqu'à son dernier souffle aux côtés des Libyens
qui endurent
les pires bombardements que jamais aucun pays n'a connus, il
traînera dans la fange de l'ignominie l'OTAN et ses visées
criminelles.
Les peuples accordent leur respect et leur confiance
à ceux qui savent remplir leur devoir.
Voilà plus de cinquante ans, après que les
États-Unis eurent assassiné plus de cent Cubains en
faisant exploser le cargo La Coubre, notre peuple s'est
exclamé : « La patrie ou la
mort ! » Il a tenu parole et il a toujours
été prêt à la tenir.
L'un des combattants les plus glorieux de notre histoire
s'est écrié : « Quiconque tente de
s'emparer de Cuba ne recueillera que la poussière de son sol
baigné
de sang ! »
Qu'on me pardonne la franchise avec laquelle j'aborde
cette question.
Fidel Castro Ruz
Le 28 mars 2011
20 h 14

Le collapsus de la diplomatie
- Éditorial, Radio Havana Cuba,
1er avril 2011 -
Avec la déplorable décision prise par
l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, OTAN, Washington,
Londres et Paris à la tête, de poursuivre les
bombardements
contre la Libye tant que le leader Mouammar El Kadhafi ne quittera pas
le pouvoir, nous avons assisté au collapsus définitif de
la diplomatie comme voie pour résoudre
les contradictions entre les peuples et les nations.
La réunion des ministres des Affaires
étrangères de 36 pays, a Londres, lors de laquelle
ils ont décidé que le gouvernement libyen avait perdu
toute légitimité et
qu'il doit abandonner le pouvoir, est venue prouver que tout comme
à la fin des deux guerres mondiales du siècle dernier, le
monde peut être divisé selon le désir des
puissants.
Le plus grave est sans doute que l'Humanité, qui
s'était dotée, au terme de la seconde guerre mondiale,
d'un mécanisme pour trouver des solutions aux problèmes
internationaux, avec la création de l'ONU, sans avoir à
les résoudre sur le champ de bataille, constate aujourd'hui avec
tristesse, qu'à la fin tout à été un
château de cartes.
Nous vous donnons quelques arguments qui le
prouvent :
En tout premier lieu, le cas qui nous occupe n'est pas
un conflit international, mais un problème interne, où
des opposants et des forces loyales au gouvernement se
disputent le pouvoir. Il est très important de le rappeler, car
les discours ont trompé l'opinion. On a dit que les attaques de
l'OTAN avaient pour but de protéger des civils
innocents, mais en réalité cette alliance belliciste
protège des bandes bien armées qui ont occupé des
villages par la force, ayant recours pour ce faire aux armes à
feu et qui
ont été ensuite délogées par l'armée.
Il est vrai que des civils désarmés se
sont retrouvés au milieu des échanges d'artillerie, mais
ce n'est pas eux que les missiles et les bombes de l'OTAN
défendent. Sinon,
pourquoi sont-ils largués dans des zones urbaines, justement
là où vivent ces gens-là ?
Ce que les envahisseurs sont en train de faire est de
tendre un rideau de feu pour protéger les opposants et leur
permettre d'avancer sur Tripoli, la capitale, ce qui signifie
qu'ils ont pris partie. Ils donnent leur appui inconditionnel à
l'une des parties, ce qui enlève complètement
l'étiquette de mission humanitaire avec laquelle ont a
prétendu
justifier l'attaque.
En tout cas, pourquoi n'a-t-on pas agi avec la
même énergie au Rwanda en 1994 ? Il y avait alors
là bas, des troupes de l'ONU, mais les États-Unis, la
France
et la Grande Bretagne, comme par hasard, ont entravé leur
mobilisation et ont donc permis la mort de 500 000 à un million
de civils.
Pourquoi une zone d'exclusion aérienne et navale
n'a pas été imposée à Israël
après l'opération Plomb fondu qu'il a lancée
contre la Bande de Gaza, opération qui a
duré 25 jours entre décembre 2008 et janvier
2009 et au cours de laquelle plus de 1000 civils palestiniens pour
la plupart des enfants et des femmes ont
trouvé la mort ?
Pourquoi n'interviennent-ils pas au Bahreïn,
où il y a eu plus de morts que durant le conflit en Libye et
ceux-ci, oui, étaient désarmés ?
La réponse à de telles questions, l'a
donnée le Président Barack Obama, lorsqu'il a dit,
faisant référence à l'agression contre la Libye
« c'est ainsi que la
communauté internationale doit agir, plus de nations, avec les
États-Unis au centre, certes, mais pas seuls, toutes redoublant
d'efforts, en train d'assumer leurs responsabilités".
Voilà le monde qui nous attend.
La diplomatie ? Il faudra la chercher dans des
musées ou des bibliothèques pour des raretés
juridiques obsolètes.

Libye: les bombes humanitaires
et d'autres balivernes
- Robin Philpot, L'aut'Journal, 30 mars
2011 -
Après s'en être pris, selon ses mots,
à « la racaille » des banlieues de Paris,
le président Sarkozy s'en prend maintenant à
« la racaille » en Libye,
avec tout ce qu'il y de plus destructeur.
Convaincu que la France a perdu des galons en 2003,
à cause de sa position de principe ferme contre l'invasion de
l'Irak, il fait du zèle pour regagner la faveur de
Washington et de Londres, tout en voulant cultiver chez lui
l'électorat va-t-en-guerre qui s'en allait chez Marine Le Pen.
Mais avec le transfert du commandement vers l'OTAN, on
s'aperçoit que, au lieu de gagner en importance et en respect
aux yeux du monde entier – comme
ce fut le cas en 2003 sous Chirac et de Villepin – il en perd, et
du coup prend l'allure d'un autre Tony Blair, le caniche du
maître George W. Bush.
Tout ça sous l'oeil bienveillant du
« guide suprême » de la politique
française, Bernard-Henri Lévy ou BHL pour les intimes,
qui, le premier, est allé à la
rencontre des « rebelles » et a amené
Sarkozy à reconnaître le Conseil national de transition
fraîchement formé comme le « seul
représentant légitime
du peuple libyen. »1 Première déclaration
de guerre !
La surprise, c'est la quasi absence de voix qui
s'élèvent au Québec contre cette nouvelle guerre
contre un autre pays musulman. Mais aussi l'oubli de la gifle que ce
même Sarkozy a assénée au Québec en octobre
2009. On « lisait » même sur le blogue d'un
certain commentateur prolifique que Sarkozy était
« le plus
audacieux » des leaders internationaux, que la France
était « courageuse », que l'administration
Obama tardait malheureusement à agir et qu'il fallait mettre
en oeuvre au plus vite la politique de la
« responsabilité de protéger » qui,
selon ce même blogueur, serait une invention canadienne.
Bombes
« humantaires » ?
Puisque les mots ont encore un sens, il faut revoir le
vocabulaire utilisé pour mener cette guerre. On parle
pudiquement de zone d'exclusion aérienne au-dessus de
la Libye. Or, on aurait dû savoir dès le début
qu'il s'agissait là d'une prise de possession d'un territoire
africain dans la bonne vieille tradition colonialiste de l'Europe. Car
celui qui contrôle l'espace aérien au-dessus d'un pays
contrôle le pays.
Les « rebelles », qui
réclamaient l'intervention entre autres de la France en
brandissant le drapeau français, à côté du
vieux drapeau royaliste du roi Idris
1er, perdaient rapidement du terrain jusqu'à ce que l'aviation
française, britannique et américaine vienne leur ouvrir
le chemin à coups de bombardements intenses... mais
« humanitaires ».
On veut nous faire croire que le déploiement des
chasseurs vise seulement à protéger les civils. Comment
peut-on ainsi applaudir en voyant ces
« rebelles »
avancer sous la protection des tirs groupés des grandes
puissances ? Ceux qui y voient progresser un supposé
« printemps » arabe seraient bien avisés
de retourner étudier l'histoire du colonialisme : quand la
poussière tombe après une intervention militaire de ce
genre, les gens se réveillent avec de nouvelles chaînes
dont il est très difficile de se libérer.
On peut prévoir, dans peu de temps, un retour au
statut d'avant 1969 caractérisé notamment par une
importante base militaire des États-Unis en Libye et la prise
de contrôle par des intérêts étrangers de
l'importante industrie pétrolière libyenne.
De plus, les pétrodollars libyens, qui ont
réussi à hisser au sommet des pays africains le niveau de
vie du peuple libyen et qui ont servi à soutenir beaucoup de
pays
africains, prendront le chemin de la Bourse de Londres, tout comme les
pétrodollars des pays du Golfe arabo-persique, tous des
dictatures qui répriment leurs propres peuples,
mais aussi de bons amis qui ne seront jamais inquiétés
par les guerriers de l'OTAN.
On se gargarise avec le fameux vote au Caire de la Ligue
arabe en faveur de l'intervention militaire, alors que les plus
va-t-en-guerre contre Kadhafi de cette ligue
moribonde sont justement ces mêmes dictatures.
En revanche, qui signale aujourd'hui le vote quasi
unanime de l'Union africaine contre l'intervention, unanime sauf... le
Rwanda de Paul Kagame, dont la position est
la même qu'en 2003 lors de l'invasion de l'Irak : il
était pour !
L'Union Africaine sait ce qui se passe. Alors que la
Libye a constamment soutenu des pays africains au sud du Sahara, les
« rebelles », qui s'adonnent au
lynchage de travailleurs africains à Benghazi et aux Noirs
libyens (La Presse, 29 mars 2011), mettraient rapidement
fin à cette politique une fois au
pouvoir.
La fausse prémisse
de l'échec au Rwanda
Qu'en est-il de l'autre baliverne, la responsabilité
de
protéger, (la fameuse R2P pour les initiés)
qui serait une création canadienne et qui trouverait son origine
dans l'échec au Rwanda en 1994 ?
On nous dit que les femmes de l'entourage d'Obama, dont
Susan Rice et Samantha Power, traumatisées par
« l'échec » au Rwanda, auraient
amené le
président à approuver l'agression militaire en Libye.
Le problème, c'est qu'il n'y a pas eu
d'échec au Rwanda, du moins du point de vue de l'administration
américaine de Bill Clinton.
Comme le démontre avec brio Pierre Péan
dans son plus récent ouvrage Carnages, les guerres
secrètes des grandes puissances en Afrique (Fayard 2010),
Washington a gagné sur toute la ligne dans cette guerre froide
feutrée qui a mis l'Afrique centrale à feu et à
sang entre 1990 et 2005.
Si l'ONU n'est pas intervenue au Rwanda en 1994, c'est
parce que Washington et Londres ne voulaient pas et ils ont mis tout
leur poids pour empêcher l'ONU
d'intervenir.
Leur objectif, quel qu'en soit le coût,
était de permettre au Front patriotique rwandais sous la
direction de Paul Kagame d'emporter une victoire décisive et de
partir par
la suite à l'assaut du Zaïre, aujourd'hui la
République démocratique du Congo. Ce qui fut fait.
Malheureusement, grâce à la
répétition continue par les grands médias de
l'histoire officielle de la tragédie rwandaise – Ô quel
dommage qu'il n'y ait pas eu
d'intervention ! La prochaine fois nous utiliserons tous les
moyens nécessaires pour éviter un tel échec !
– on a réussi à créer de toutes pièces un
nouveau
droit des grandes puissances : celui de s'ingérer dans les
affaires d'un pays souverain au nom de la responsabilité de
protéger.
Plus besoin de respecter la souveraineté des
États ; plus besoin de recourir à la
diplomatie ; plus besoin de chercher une solution politique ;
on sort
les bombes « humanitaires », les missiles de
croisière Tomahawk, les porte-avions, les drones et même
les avions de chasse CF-18, et on va-t-en-guerre dès
qu'on trouve un adversaire un tantinet indépendant ou malcommode
jumelé à un groupe de « rebelles »,
de préférence armés et arborant nos drapeaux,
comme
par hasard. Et si ces « rebelles » n'existent
pas, on les invente.
Pour ceux qui applaudissent les femmes militaristes dans
l'entourage d'Obama, comme Susan Rice, rappelons son autre grand geste
international récent : c'est
elle qui, le 18 février dernier, a imposé le
véto des États-Unis, tuant ainsi la résolution de
l'ONU qui aurait condamné Israël pour la poursuite de son
occupation et
de sa colonisation de la Cisjordanie, y compris Jérusalem est.
Les 14 autres pays membres du Conseil de sécurité
appuyaient la résolution.
On pourrait peut-être ces dames applaudir si elles
proposaient une zone d'exclusion aérienne au-dessus de....
Gaza !
La question qui hante cette guerre macabre : mais
d'où ces pays qui bombardent tiennent-ils leur autorité
morale ?
Notes
1.L'idée du « guide
suprême » est celle de la journaliste et
écrivaine Diana Johnstone.
* Robin Philpot s'entretiendra avec la
journaliste et écrivaine Diana Johnstone sur la guerre en Libye
à l'émission L'effet versant sur les ondes de
CIBL
101,5 (www.cibl1015.com) le lundi 4 avril à 13 h.
Diana Johnstone est l'auteure entre autres de La croisade des
fous : Yougoslavie, première
guerre de la mondialisation (Le Temps des Cerises).

Libye: De nombreux civils sont tués
par les «raids humanitaires»
- Francesca Pilla, Il Manifesto, 1er
avril 2011 -
Dans la nuit de mercredi à jeudi les raids
aériens sur Tripoli ont causé la mort d'au moins 40
civils : le général canadien Charles Bouchard en est
parfaitement
au courant tandis qu'il se prépare à la conférence
de presse de la base Jfc (Joint Force Allied , NdT) (1) à
Bagnoli (Naples). C'est aussi aujourd'hui (jeudi 31 mars
2011, NdT) qu'arrive dans ses mains la direction unique de
l'opération « Protecteur Unifié »
qui passe sous commandement OTAN ; mais le militaire,
qui a une longue arrière derrière lui, sait que le monde
lui demandera des comptes sur les victimes, femmes et enfants (et
hommes, NdT) ensevelis sous les décombres d'un
immeuble écroulé. Et même si les bombardements
étaient sous contrôle de la coalition des volontaires,
conduite par USA, France et Grande-Bretagne, l'OTAN ne peut pas
faire mine de rien. Mais cette fois, celui qui hausse le ton sur les
dommages collatéraux des attaques aériennes qui devraient
avoir un objectif « humanitaire »,
n'est pas un membre du régime Kadhafi, mais bien
l'évêque de Tripoli, monseigneur Giovanni
Martinelli : « Les raids dits humanitaires -a-t-il
déclaré très tôt
dans la matinée- ont fait des dizaines de victimes parmi les
civils dans certains quartiers de Tripoli. J'ai recueilli divers
témoignages de personnes dignes de foi à ce sujet.
En particulier, dans le quartier de Buslim, à cause des
bombardements, une habitation civile s'est écroulée en
provoquant la mort d'au moins 40 personnes ».
Le général
canadien Charles Bouchard
Bouchard arrive avec 15 minutes de retard dans une
petite salle de conférence installée, d'après le
commandement OTAN, à la hâte ces derniers jours. De
Bruxelles aussi les media internationaux, en
vidéoconférence, piaffent d'impatience et font pression
pour savoir la
vérité, mais les hauts gradés freinent des quatre
fers : « Le général a très peu de
temps et ne peut répondre qu'à 5 questions de
Bruxelles, et 3 ici
à Naples ». Tactique qui cache mal l'intention de
concéder aussi peu d'informations que possible.
Bouchard parle d'abord de l'opération, explique
que le passage de pouvoir s'est réalisé sans
problèmes, qu'en quelques heures ont déjà
été accomplies « plus de
90 actions » de bombardement, parce que l'Alliance peut
compter sur « plus de cent avions de combat et de soutien et
sur une douzaine entre bâtiments navals
et sous-marins ». Le général souligne que
l'objectif est celui de faire respecter l'embargo d'armes et la zone
d'exclusion aérienne, et rappelle ainsi à plusieurs
reprises,
comme il l'avait fait mardi (29 mars 2011, NdT)) de cette
même base militaire, que la mission de son commandement
était de protéger la population civile. Les
questions de la salle cependant lui rappellent les 40 morts, un
journaliste américain (étasunien) lit les
déclarations de Martinelli : « S'il est vrai que
les
bombardements semblent ciblés -a déclaré
l'évêque de Tripoli- il est tout aussi vrai qu'en frappant
des objectifs militaires, qui se trouvent au milieu de quartiers
civils, on
touche aussi la population ». « Nous
mènerons une enquête dans la chaîne de commandement
pour voir s'il y a des preuves, nous sommes en train d'enquêter
sur ce qui s'est passé », est la réponse
expéditive du général qui dit être au
courant de l'épisode ; et que l'OTAN « est en
train d'enquêter » pour
vérifier si ses forces sur le terrain sont impliquées ou
non. Puis Bouchard dont le visage ne trahit aucune émotion se
disculpe à la Ponce Pilate : « Nous avons
pris le commandement complet des opérations seulement à
6 heures du matin, heure Greenwich. Nous sommes en train de
prendre tous les aspects au sérieux, mais
l'opérativité totale de l'OTAN n'était pas encore
activée au moment des faits ; nous vous informerons quand
l'enquête sera terminée ».
En réalité, cette fois, qu'il y ait eu un
massacre de civils est une chose assez claire pour tout le monde, il ne
s'agit pas des cent personnes décédées, de la
propagande,
au début de l'attaque, du régime Kadhafi (à propos
desquels l'auteur ne donne cependant aucune source certifiant la
propagande, NdT), et arrivent après les 11 victimes
de Tajoura et les 17 blessés de ces jours derniers à
Dita, sur la route de Misurata, quand un autre hôpital a
été touché (selon un reportage de
Euronews)(sources à
chercher, NdT) Mais à ce propos, même l'amiral Giampaolo
Di Paola, président du comité militaire de l'OTAN, n'a
pas voulu faire de commentaires, pratiquant la même
attitude que Bouchard, de renvoi de la responsabilité sur
d'autres : « L'OTAN n'a pris le total commandement des
opérations qu'à 8 heures (locales ;
remarquable marque d'indépendance par rapport au commandement
étasunien -de protection- unifié(e)... NdT). Mais c'est
un fait que jusqu'à présent les attaques contre les
civils viennent du régime de Kadhafi ». De Naples
enfin arrive aussi l'avertissement à Kadhafi et à ses
soutiens : « Je conseille vivement aux assaillants
de se désister et de se retirer immédiatement, sinon ils
paieront les conséquences de leurs actions », dit le
commandant de l'opération Protecteur Unifié, en partant
à toute allure.

Un Canadien commandera la mission de l'OTAN --
à la très grande honte du Canada
Windsor, le 26 mars 2011
Le ministre de la Défense Peter MacKay a
annoncé le 25 mars que le lieutenant-général
canadien Charles Bouchard, actuellement en poste au Commandement
des forces interarmées à Naples, en Italie, dirigera
l'agression militaire de l'OTAN contre la Libye.
Les États-Unis ont indiqué qu'ils ont
souhaité transférer le plus rapidement possible le
commandement de la mission en Libye. Les médias citent le
major-général
Lewis MacKenzie qui dit que Bouchard est « le choix
évident » car il y a des questions politiques
advenant que la France ou la Grande-Bretagne assume la
direction.
« Voici ce Canadien qui est
déjà au quartier général, le commandement
des forces alliées interarmées à
Naples », a dit MacKenzie à l'émission Power
Play à la chaîne CTV.
« Je ne pense pas qu'il ait fallu aux 28 membres du
Conseil de l'Atlantique Nord à Bruxelles [beaucoup
de temps] pour dire :« Eh, ce gars est un bon
choix ». »
Bouchard a déjà servi en tant que
commandant adjoint de NORAD. Il s'est enrôlé dans les
Forces canadiennes en 1974 et a servi autrefois avec
l'armée
américaine à Fort Hood, au Texas.
Un représentant de l'OTAN a confirmé que
Bouchard sera responsable de la campagne aérienne internationale
et de l'embargo sur les armes mises en application
par les navires de la flotte militaire. Il servira sous les ordres de
l'amiral américain Samuel Locklear, qui est le commandant du
quartier général des opérations de l'OTAN
pour la Méditerranée, en Italie. La Presse
canadienne rapporte qu'Ottawa est susceptible d'envoyer un petit
nombre d'employés pour travailler avec Bouchard
dans le cadre de son nouvel emploi.
MacKenzie a déclaré que les fonctions de
Bouchard inclueront « d'aplanir les dissensions parmi les
commandants militaires » qui ont des opinions
divergentes sur ce que la résolution du Conseil de
sécurité de l'ONU leur permet de faire en Libye.
MacKay a déclaré que l'OTAN demeure
« en discussion » sur la composition et la forme
que prend la mission militaire.
« L'OTAN continue de planifier et nous
espérons que le Conseil de l'Atlantique Nord sera d'accord pour
un plan opérationnel et une directive d'exécution
dans les prochains jours », a dit MacKay.
Jusqu'à ce que ce plan soit établi,
MacKay a dit que les patrouilles de l'OTAN dans la zone d'exclusion
aérienne « se dérouleront en parallèle
avec les
activités de la coalition » qui sont dirigées
pour le moment par les États-Unis. Lors de la conférence
de presse à Ottawa, MacKay a également annoncé que
le
major-général Tom Lawson -- qui a récemment fait
un exposé aux médias sur les opérations en Libye
-- est sur le point d'être promu au grade de
lieutenant-général et aura
un poste supérieur à NORAD.
LML déplore la décision de
participer à cette agression. La suggestion que de confier le
commandement de l'OTAN à un lieutenant-général
canadien
est un signe de maturité du Canada est idiote. Cela signifie
simplement que le Canada est chargé de maintenir la domination
des États-Unis sur ses partenaires européens
au sein de l'OTAN. Une telle servilité abjecte est
déplorable. Pour le Canada c'est une honte, pas un objet de
fierté.

Une étude révèle que les
dépenses militaires du Canada sont à leur plus haut
niveau depuis la Deuxième Guerre mondiale
Selon une étude publiée le 9 mars par
le
Centre canadien de politiques alternatives, le Canada
dépense plus pour son armée qu'à tout autre moment
depuis
la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les dépenses
affectées à la défense vont atteindre au moins
22,3 milliards $ pour l'année budgétaire en
cours, indique
un rapport sur l'étude. Les chercheurs estiment
qu'au cours de la dernière décennie cela
représente une augmentation de 54 %.
L'étude a été
réalisée pour le compte du centre par Bill Robinson,
conseiller principal à l'Institut Rideau, rapporte la
Presse canadienne. Robinson
a établi qu'une partie importante de l'augmentation du budget
est affectée aux opérations menées dans le cadre
de la guerre en Afghanistan, qui, selon lui,
« dépouillent
le Canada de la possibilité d'effectuer des missions
traditionnelles de maintien de la paix ». Le Canada se
classe désormais 60e sur la liste des 102 pays apportant
une contribution au maintien de la paix des Nations unies.
« Le Canada peut apporter une contribution
beaucoup plus importante à la sécurité mondiale et
l'action humanitaire en transférant des ressources aux efforts
de sécurité non militaire et aux opérations de
maintien de la paix », a déclaré Robinson dans
un communiqué du centre.
« Un tel changement ferait du Canada une
véritable grande puissance dans le monde de l'aide au
développement et de l'aide humanitaire. C'est un domaine
dans lequel le Canada pourrait avoir une influence nettement plus
considérable ’ sur une question cruciale pour le
bien-être de l'humanité et la sécurité
mondiale. »

Les exportations militaires du Canada
au Moyen-Orient et en Afrique du Nord
- Coalition opposée au commerce
des armes (COAT), 18 février 2011-
Depuis des décennies, les gouvernements canadiens
– conservateurs comme libéraux – prêchent la paix et les
droits humains, tout en assurant un flot régulier d'armes,
de munitions, de gaz lacrymogènes, de véhicules
bindés et d'autres produits militaires et dits de
« sécurité » vers des
régimes répressifs et non
démocratiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ces
gouvernements sont responsables de violations systématiques,
répandues et violentes des droits humains, comme
les assassinats et la torture. En exportant des produits militaires et
policiers à ces pays, le Canada se rend complice d'aider et
d'instiguer de nombreux régimes autoritaires,
appuyés par les États-Unis, qui se maintiennent au
pouvoir par la propagande, l'intimidation et la force brutale.
Inspirée par les révolutions populaires en
Tunisie et en Égypte et par les protestations grandissantes
à travers la région, la Coalition d'opposition au
commerce des armes
(COAT) a compilé des informations sur les exportations
militaires et a produit des tables de données concernant
16 pays bénéficiaires du Moyen-Orient et de
l'Afrique du Nord. Les tables de COAT montrent la valeur des
« Munitions » dans 22 catégories du
« Groupe 2 » de la
« liste de contrôle des exportations » du
Canada, telle que publiée dans des rapports du Ministère
des Affaires extérieures et du commerce international (DFAIT),
appelée « Exportations militaires canadiennes
à partir du Canada ». (Cliquez ici pour
accéder à la table interactive de COAT qui
détaille les « Exportations
militaires canadiennes vers le Moyen-Orient et l'Afrique du
Nord »).
Selon les rapports officiels de DFAIT – qui
malheureusement documentent seulement certaines des exportations
militaires du Canada – le gouvernement canadien a
autorisé des ventes militaires d'une valeur de plus de
1,8 milliards $ au Moyen-orient et en Afrique du Nord entre
1990 et 2006. (Le gouvernement du Canada
a failli à sa tâche de produire des rapports de puis 2009,
alors qu'il publiait des données en 2006. Malheureusement, les
rapports de DFAIT ne documentent pas les
exportations de produits militaires à « double
usage », même s'ils ont été vendus
directement aux forces armées de gouvernements étrangers.
Les rapports de
DFAIT n'incluent pas non plus de données sur les exportations
militaires vers les États-Unis, malgré le fait que 1. Les
États-Unis reçoivent environ les 3/4 des
exportations militaires canadiennes et 2. Les produits militaires
canadiens sont assemblés dans des systèmes d'armes
complets aux États-Unis et sont ensuite réexportés
vers
d'autres pays. À cause du manque de transparence de DFAIT
à propos des exportations d'armes, les données
assemblées dans les tables de COAT sont – et c'est regrettable
– incomplètes. Cependant, c'est là la meilleure
information disponible publiquement sur les exportations militaires du
Canada au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Bulletin du 4 avril 2011 • Retour à l'index • Écrivez
à: redaction@cpcml.ca
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