Les puissances impérialistes doivent cesser
leur ingérence dans la guerre civile en Libye

Combattons l'axe libéral-fasciste dirigé
par les États-Unis!


Il y a eu des manifestations d'un bout à l'autre du Canada en février 2003 pour dénoncer les plans d'invasion de l'Irak.

La guerre d'agression menée par les États-Unis contre un pays souverain, la Libye, marque un point tournant. Pour l'impérialisme américain, quel que soit le dénouement de ce conflit, l'attaque aura définitivement répudié plusieurs des principes régissant les affaires internationales établies à la suite de la victoire sur le fascisme en 1945. L'axe dirigé par les États-Unis aura surtout réhabilité le crime suprême en rompant la paix impunément avec l'approbation de l'ONU et de l'opinion publique libérale.

Dans les années 1990, l’OTAN avait mené l'agression contre la Yougoslavie sans l'approbation des Nations unies. L'agression des États-Unis contre l'Afghanistan a commencé sous la nébuleuse d'une haine soigneusement incitée contre un groupe terroriste que l'État afghan était accusé de protéger. Le bombardement et l'occupation étaient d'abord une opération policière qui s'est par la suite transformée en une guerre pour le contrôle des ressources et des sphères d'influence et pour établir une tête de pont pour faire la guerre au Pakistan. L'agression des États-Unis contre l'Irak était menée par la « coalition des volontaires » et avait fait l'objet d'une vaste opposition dans l'opinion publique libérale parce qu'elle représentait une atteinte aux protocoles protégeant la paix internationale et la souveraineté des nations. Elle a provoqué des manifestations de masse partout dans le monde.

L'agression contre le territoire souveraine de la Libye sur le continent africain est différente à plusieurs égards, d'abord par le fait que l'opinion publique libérale s'est ralliée à l'agresseur. Il n'y a pas eu, à toute fin pratique, de voix discordante dans les institutions gouvernantes de l'axe étasunien qui comprend la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et plusieurs territoires annexés. Au Canada, pas un seul député de l'opposition libérale officielle ou des partis sociaux-démocrates siégeant aux Communes n'a élevé la voix contre l'usage d'une force meurtrière dans le règlement des conflits nationaux ou internationaux. À l'ONU, on a laissé l'axe étasunien l'emporter dans la violation de plusieurs articles de la charte, le plus important étant celui qui interdit l'agression contre un membre souverain de la communauté internationale. Un conflit intérieur est devenu un prétexte pour déclencher la guerre contre la Libye. L'axe étasunien a rejeté la diplomatie d'emblée, une alternative que proposait le Venezuela et plusieurs pays d'Amérique latine, et s'est lancé à fond de train dans une guerre de pillage. Une des conséquences de cette agression lancée en violation flagrante du droit international est qu'aucun pays ne peut dorénavant faire appel au Conseil de sécurité de l'ONU lorsque menacé par l'axe étasunien ou tout autre agresseur. Le « droit » d'un pays impérialiste d'envahir une nation souveraine a été rétabli en pratique avec l'approbation du Conseil de sécurité, qui décide à cet égard des affaires de l'ONU.

Les pays plus faibles sont particulièrement vulnérables, puisque l'axe étasunien peut dorénavant se servir de ses amples ressources pour attiser des conflits intérieurs et les convertir aussitôt en catastrophe. Les médias internationaux comme Al Jazeera jouent un rôle important dans la mobilisation de l'opinion publique en faveur des guerres d'agression, en particulier en soutien à l'effort pour bâtir l'alliance libérale-fasciste. Mais l'opinion publique libérale-fasciste serait sans grande importance sans la force militaire. Les impérialistes américains ont construit des centaines de bases militaires dans des endroits stratégiques partout dans le monde. L'attaque contre la Libye sert en partie à resserrer l'emprise militaire sur l'Afrique du Nord sans avoir à compter sur l'Israël sioniste. Le sionisme libéral-fasciste a été remplacé par le sionisme fasciste ouvert et n'a plus la même influence que jadis. Il a maintenant cédé la place au libéralisme fasciste d'Al Jazeera et compagnie.

Avec l'attaque contre la Libye, l'axe étasunien cherche à étendre sa portée militaire directe à la côte sud de la Méditerranée. L'armée étasunienne a établi une énorme base militaire au Kosovo, sur la côte nord, au camp Bondsteel, un territoire saisi lors de la guerre des années 1990 pour démembrer la Yougoslavie. Elle tourne maintenant son regard sur la côte sud, sans doute pour établir un point d'appui dans le désert où elle peut bâtir une infrastructure militaire et agir avec impunité.

Que le régime libyen soit celui du colonel Kadhafi ou de ses adversaires a peu d'importance pour les impérialistes américains, autre que pour des fins de propagande. La Libye sera tellement affaiblie par les bombardements et la menace d'autres bombardements que l'axe étasunien pourra en faire ce qu'il veut, surtout pour ce qui est de mettre la main sur ses ressources pétrolières et gazières et y établir une base militaire. Une situation semblable existe en Irak et en Afghanistan. Un aspect important de la situation actuelle pour l'impérialisme américain est la peur que cette guerre a provoquée dans les pays d'Afrique et d'Asie occidentale, nombreux et divisés, qui oblige les élites dominantes à agir avec grande précaution, même celles qui sont considérées comme des alliés des États-Unis.

La Chine, l'Allemagne, l'Inde et le Brésil n'ont même pas voté au Conseil de sécurité, refusant de prendre position contre l'agression contre la Libye, sans parler de prendre une position encore plus forte, comme des sanctions économiques ou autres contre l'axe étasunien. Cet acquiescement, ou ce qu'on appelait autrefois la politique de l'« apaisement » face à l'agression impérialiste, ouvre la porte à des guerres plus généralisées et plus dangereuses qui finiront par entraîner les grands pays, qu'ils le veuillent ou non. L'empire des puissances de l'axe ne va pas s'arrêter à la Libye ou même à l'Afrique ou à l'Asie occidentale et centrale. L'empire n'a qu'un but et c'est la conquête du monde. Comment les peuples vont-ils se défendre et protéger leurs ressources naturelles dans ces conditions ? L'axe étasunien force les peuples à s'appuyer sur leurs propres ressources humaines et matérielles pour défendre leur souveraineté et les droits de tous et à bâtir des alliances avec l'opinion publique progressiste partout dans le monde.

Au Canada, les travailleurs respectent la souveraineté des nations comme principe et les politiciens ouvriers disent sans nuance ni hésitation que la rupture de la paix est le crime de guerre fondamental. Les politiciens ouvriers doivent travailler à créer une Opposition ouvrière qui agit comme rempart de l'opinion publique progressiste favorable à l'établissement d'un gouvernement anti-guerre.

La classe ouvrière a appris une importante leçon avec cette agression contre la Libye, à savoir que les travailleurs doivent s'appuyer sur leur propre pensée et organisation pour défendre leurs droits et les droits de tous, y compris les droits des nations souveraines de vivre en paix et de résoudre leurs conflits et problèmes sans ingérence impérialiste.

L'opinion publique libérale aujourd'hui trouve nécessairement son expression dans les politiques néolibérales qui défendent le droit de monopole et cela équivaut au fascisme. Les événements en cours renferment une autre leçon pour la classe ouvrière : pour que l'opinion publique libérale joue un rôle tant soit peu positif et cesse la conciliation avec le fascisme, la classe ouvrière doit prendre les devants dans la lutte pour l'opinion publique progressiste. Pour cela, la classe ouvrière, les aînés et les jeunes doivent bâtir une Opposition ouvrière forte et effective qui a son propre programme et ses propres instruments pour disséminer ses idées et mener des actions avec analyse pour établir en pratique une alternative, dont l'établissement d'un gouvernement anti-guerre est un élément important.


Halifax, le 26 mars 2011

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La guerre fasciste de l'OTAN

Pas besoin d'être voyant pour savoir que ce que j'avais prévu avec une précision rigoureuse dans trois Réflexions publiées sur le site CubaDebate entre le 21 février et le 3 mars : « Le plan de l'OTAN est d'occuper la Libye », « La danse macabre du cynisme » et « La guerre inévitable de l'OTAN », allait se passer.

Même les dirigeants fascistes de l'Allemagne et de l'Italie ne furent pas aussi impudents lors de la guerre civile espagnole de 1936, un épisode dont beaucoup se seront sans doute souvenus ces jours-ci.

Presque soixante-quinze ans se sont écoulés depuis, mais rien n'est comparable aux changements qui ont eu lieu en soixante-quinze siècles ou, si on le veut, en soixante-quinze millénaires de vie humaine sur notre planète.

Ceux qui, comme moi, donnent une opinion sereine sur ces points semblent parfois exagérer. J'ose dire que nous sommes plutôt naïfs de supposer que tout le monde devrait être conscient de la duperie ou de l'ignorance colossale où l'humanité a été entraînée.

En 1936, deux systèmes, deux idéologies à peu près égaux en pouvoir militaire se faisaient face d'une manière intense.

Les armes d'alors ressemblaient à des jouets au regard des armes actuelles. Malgré leur pouvoir destructeur et localement meurtrier, la survie de l'humanité était garantie. Des villes entières, voire des nations pouvaient être virtuellement rasées, certes, mais jamais les être humains en leur totalité ne pouvaient être plusieurs fois exterminés à cause du pouvoir stupide et suicidaire que permettent les sciences et les technologies actuelles.

Compte tenu de ces réalités, les nouvelles qui ne cessent de parvenir au sujet de puissants missiles dirigés par laser et d'une précision totale, de chasseurs-bombardiers qui volent à deux fois la vitesse du son, de puissants explosifs capables de faire fondre des métaux durcis à l'uranium, un matériaux dont l'effet sur les habitants et leurs descendants perdure pour des temps indéfinis, ont de quoi faire honte.

Cuba a exposé sa position sur le problème interne libyen à la réunion de Genève : elle a défendu sans hésiter l'idée d'un règlement pacifique et elle s'est opposée catégoriquement à toute intervention militaire étrangère.

Dans un monde où les États-Unis et les puissances capitalistes développées d'Europe, leurs alliées, s'emparent toujours plus des ressources et du fruit du travail des peuples, tout citoyen honnête, quelle que soit sa position face à son gouvernement, s'opposerait catégoriquement à une intervention militaire étrangère dans sa patrie.

Le plus absurde de la situation actuelle, c'est que, juste avant le déclenchement de cette guerre brutale dans le Nord de l'Afrique, un accident nucléaire s'était produit dans une autre région du monde à presque dix mille kilomètres de là, à l'un des endroits les plus densément peuplés de la planète, à la suite d'un séisme de magnitude 9 et du tsunami qu'il a provoqué, ce qui a coûté à un pays aussi travailleur que le Japon presque trente mille victimes fatales. Un accident pareil n'aurait plus se produire voilà soixante-quinze ans.

En Haïti, un pays pauvre et sous-développé, un tremblement de terre de seulement 7 de magnitude à l'échelle Richter a provoqué plus de trois cent mille morts et des centaines de milliers de blessés.

Mais ce qu'il y a de plus terriblement tragique au Japon, c'est l'accident de la centrale atomique de Fukushima dont il reste encore à déterminer les retombées.

Je ne citerai que quelques titres d'agences de presse :

« ANSA. La centrale nucléaire de Fukushima 1 émet "des radiations extrêmement fortes, potentiellement mortelles", a affirmé Gregory Jaczko, chef de la Nuclear Regulatory Commission (NRC), l'organisme étasunien chargée de l'énergie atomique. »

« EFE. La menace nucléaire découlant de la situation critique dans laquelle s'est retrouvée une centrale au Japon après le séisme a relancé les révisions sécuritaires des centrales atomiques dans le monde entier et a conduit certains pays à paralyser leurs projets. »

« Reuters. Le séisme destructeur du Japon et l'aggravation de la crise nucléaire pourraient causer des pertes de jusqu'à 200 milliards de dollars à son économie, mais il est difficile pour le moment d'en évaluer l'impact mondial. »

« EFE. La détérioration, l'un après l'autre, des réacteurs de la centrale de Fukushima continuait d'alimenter aujourd'hui la crainte d'une catastrophe nucléaire au Japon, dans la mesure où les tentatives désespérées de contrôler la fuite radioactive ne laissent guère de place à l'espoir. »

« AFP. L'empereur Akihito est inquiet devant le caractère imprévisible de la crise atomique qui a frappé le Japon après le séisme et le tsunami qui ont tué des milliers de personnes et ont laissé cinq cent mille sans abri. Un nouveau séisme s'est fait sentir dans la région de Tokyo. »

D'autres dépêches sur ce point sont encore plus inquiétantes. Certaines signalent que l'iode radioactif toxique présent dans l'eau potable de Tokyo est deux fois plus élevé que la quantité tolérable par les petits enfants. L'une d'elles affirme que les réserves d'eau en bouteille sont sur le point de s'épuiser à Tokyo, la capitale située à plus de deux cents kilomètres de Fukushima.

Cet ensemble de circonstances configure une situation dramatique pour notre monde.

Je peux exprimer en toute liberté mes vues sur la guerre en Libye.

Je ne partage pas des conceptions politiques ou religieuses du leader de ce pays. Je suis, je l'ai dit, marxiste-léniniste et martinien.

Je vois la Libye comme un membre du Mouvement des pays non alignés et un État souverain, au même titre que les presque deux cents membres de l'Organisation des Nations Unies.

Jamais un pays, grand ou petit – en l'occurrence un pays d'à peine cinq millions d'habitants – n'a été victime d'une attaque aussi brutale de la part de forces de l'air d'une organisation belliciste qui possède des milliers de chasseurs-bombardiers, plus de cent sous-marins, des porte-avions nucléaires et assez d'arsenaux pour détruire bien des fois la planète. Notre espèce n'a jamais connu une telle situation, et rien de pareil n'existait voilà soixante-quinze ans quand les bombardiers nazis attaquaient des objectifs en Espagne.

Il n'empêche que l'OTAN, cette criminelle discréditée, nous écrira un « belle » histoire à dormir debout sur son bombardement « humanitaire ».

Si Kadhafi veut faire honneur aux traditions de son peuple et se décide à se battre, comme il l'a promis, jusqu'à son dernier souffle aux côtés des Libyens qui endurent les pires bombardements que jamais aucun pays n'a connus, il traînera dans la fange de l'ignominie l'OTAN et ses visées criminelles.

Les peuples accordent leur respect et leur confiance à ceux qui savent remplir leur devoir.

Voilà plus de cinquante ans, après que les États-Unis eurent assassiné plus de cent Cubains en faisant exploser le cargo La Coubre, notre peuple s'est exclamé : « La patrie ou la mort ! » Il a tenu parole et il a toujours été prêt à la tenir.

L'un des combattants les plus glorieux de notre histoire s'est écrié : « Quiconque tente de s'emparer de Cuba ne recueillera que la poussière de son sol baigné de sang ! »

Qu'on me pardonne la franchise avec laquelle j'aborde cette question.

Fidel Castro Ruz
Le 28 mars 2011
20 h 14

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Le collapsus de la diplomatie

Avec la déplorable décision prise par l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, OTAN, Washington, Londres et Paris à la tête, de poursuivre les bombardements contre la Libye tant que le leader Mouammar El Kadhafi ne quittera pas le pouvoir, nous avons assisté au collapsus définitif de la diplomatie comme voie pour résoudre les contradictions entre les peuples et les nations.

La réunion des ministres des Affaires étrangères de 36 pays, a Londres, lors de laquelle ils ont décidé que le gouvernement libyen avait perdu toute légitimité et qu'il doit abandonner le pouvoir, est venue prouver que tout comme à la fin des deux guerres mondiales du siècle dernier, le monde peut être divisé selon le désir des puissants.

Le plus grave est sans doute que l'Humanité, qui s'était dotée, au terme de la seconde guerre mondiale, d'un mécanisme pour trouver des solutions aux problèmes internationaux, avec la création de l'ONU, sans avoir à les résoudre sur le champ de bataille, constate aujourd'hui avec tristesse, qu'à la fin tout à été un château de cartes.

Nous vous donnons quelques arguments qui le prouvent :

En tout premier lieu, le cas qui nous occupe n'est pas un conflit international, mais un problème interne, où des opposants et des forces loyales au gouvernement se disputent le pouvoir. Il est très important de le rappeler, car les discours ont trompé l'opinion. On a dit que les attaques de l'OTAN avaient pour but de protéger des civils innocents, mais en réalité cette alliance belliciste protège des bandes bien armées qui ont occupé des villages par la force, ayant recours pour ce faire aux armes à feu et qui ont été ensuite délogées par l'armée.

Il est vrai que des civils désarmés se sont retrouvés au milieu des échanges d'artillerie, mais ce n'est pas eux que les missiles et les bombes de l'OTAN défendent. Sinon, pourquoi sont-ils largués dans des zones urbaines, justement là où vivent ces gens-là ?

Ce que les envahisseurs sont en train de faire est de tendre un rideau de feu pour protéger les opposants et leur permettre d'avancer sur Tripoli, la capitale, ce qui signifie qu'ils ont pris partie. Ils donnent leur appui inconditionnel à l'une des parties, ce qui enlève complètement l'étiquette de mission humanitaire avec laquelle ont a prétendu justifier l'attaque.

En tout cas, pourquoi n'a-t-on pas agi avec la même énergie au Rwanda en 1994 ? Il y avait alors là bas, des troupes de l'ONU, mais les États-Unis, la France et la Grande Bretagne, comme par hasard, ont entravé leur mobilisation et ont donc permis la mort de 500 000 à un million de civils.

Pourquoi une zone d'exclusion aérienne et navale n'a pas été imposée à Israël après l'opération Plomb fondu qu'il a lancée contre la Bande de Gaza, opération qui a duré 25 jours entre décembre 2008 et janvier 2009 et au cours de laquelle plus de 1000 civils palestiniens pour la plupart des enfants et des femmes ont trouvé la mort ?

Pourquoi n'interviennent-ils pas au Bahreïn, où il y a eu plus de morts que durant le conflit en Libye et ceux-ci, oui, étaient désarmés ?

La réponse à de telles questions, l'a donnée le Président Barack Obama, lorsqu'il a dit, faisant référence à l'agression contre la Libye « c'est ainsi que la communauté internationale doit agir, plus de nations, avec les États-Unis au centre, certes, mais pas seuls, toutes redoublant d'efforts, en train d'assumer leurs responsabilités". Voilà le monde qui nous attend.

La diplomatie ? Il faudra la chercher dans des musées ou des bibliothèques pour des raretés juridiques obsolètes.

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Libye: les bombes humanitaires
et d'autres balivernes

Après s'en être pris, selon ses mots, à « la racaille » des banlieues de Paris, le président Sarkozy s'en prend maintenant à « la racaille » en Libye, avec tout ce qu'il y de plus destructeur.

Convaincu que la France a perdu des galons en 2003, à cause de sa position de principe ferme contre l'invasion de l'Irak, il fait du zèle pour regagner la faveur de Washington et de Londres, tout en voulant cultiver chez lui l'électorat va-t-en-guerre qui s'en allait chez Marine Le Pen.

Mais avec le transfert du commandement vers l'OTAN, on s'aperçoit que, au lieu de gagner en importance et en respect aux yeux du monde entier – comme ce fut le cas en 2003 sous Chirac et de Villepin – il en perd, et du coup prend l'allure d'un autre Tony Blair, le caniche du maître George W. Bush.

Tout ça sous l'oeil bienveillant du « guide suprême » de la politique française, Bernard-Henri Lévy ou BHL pour les intimes, qui, le premier, est allé à la rencontre des « rebelles » et a amené Sarkozy à reconnaître le Conseil national de transition fraîchement formé comme le « seul représentant légitime du peuple libyen. »1 Première déclaration de guerre !

La surprise, c'est la quasi absence de voix qui s'élèvent au Québec contre cette nouvelle guerre contre un autre pays musulman. Mais aussi l'oubli de la gifle que ce même Sarkozy a assénée au Québec en octobre 2009. On « lisait » même sur le blogue d'un certain commentateur prolifique que Sarkozy était « le plus audacieux » des leaders internationaux, que la France était « courageuse », que l'administration Obama tardait malheureusement à agir et qu'il fallait mettre en oeuvre au plus vite la politique de la « responsabilité de protéger » qui, selon ce même blogueur, serait une invention canadienne.

Bombes « humantaires » ?

Puisque les mots ont encore un sens, il faut revoir le vocabulaire utilisé pour mener cette guerre. On parle pudiquement de zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Or, on aurait dû savoir dès le début qu'il s'agissait là d'une prise de possession d'un territoire africain dans la bonne vieille tradition colonialiste de l'Europe. Car celui qui contrôle l'espace aérien au-dessus d'un pays contrôle le pays.

Les « rebelles », qui réclamaient l'intervention entre autres de la France en brandissant le drapeau français, à côté du vieux drapeau royaliste du roi Idris 1er, perdaient rapidement du terrain jusqu'à ce que l'aviation française, britannique et américaine vienne leur ouvrir le chemin à coups de bombardements intenses... mais « humanitaires ».

On veut nous faire croire que le déploiement des chasseurs vise seulement à protéger les civils. Comment peut-on ainsi applaudir en voyant ces « rebelles » avancer sous la protection des tirs groupés des grandes puissances ? Ceux qui y voient progresser un supposé « printemps » arabe seraient bien avisés de retourner étudier l'histoire du colonialisme : quand la poussière tombe après une intervention militaire de ce genre, les gens se réveillent avec de nouvelles chaînes dont il est très difficile de se libérer.

On peut prévoir, dans peu de temps, un retour au statut d'avant 1969 caractérisé notamment par une importante base militaire des États-Unis en Libye et la prise de contrôle par des intérêts étrangers de l'importante industrie pétrolière libyenne.

De plus, les pétrodollars libyens, qui ont réussi à hisser au sommet des pays africains le niveau de vie du peuple libyen et qui ont servi à soutenir beaucoup de pays africains, prendront le chemin de la Bourse de Londres, tout comme les pétrodollars des pays du Golfe arabo-persique, tous des dictatures qui répriment leurs propres peuples, mais aussi de bons amis qui ne seront jamais inquiétés par les guerriers de l'OTAN.

On se gargarise avec le fameux vote au Caire de la Ligue arabe en faveur de l'intervention militaire, alors que les plus va-t-en-guerre contre Kadhafi de cette ligue moribonde sont justement ces mêmes dictatures.

En revanche, qui signale aujourd'hui le vote quasi unanime de l'Union africaine contre l'intervention, unanime sauf... le Rwanda de Paul Kagame, dont la position est la même qu'en 2003 lors de l'invasion de l'Irak : il était pour !

L'Union Africaine sait ce qui se passe. Alors que la Libye a constamment soutenu des pays africains au sud du Sahara, les « rebelles », qui s'adonnent au lynchage de travailleurs africains à Benghazi et aux Noirs libyens (La Presse, 29 mars 2011), mettraient rapidement fin à cette politique une fois au pouvoir.

La fausse prémisse de l'échec au Rwanda

Qu'en est-il de l'autre baliverne, la responsabilité de protéger, (la fameuse R2P pour les initiés) qui serait une création canadienne et qui trouverait son origine dans l'échec au Rwanda en 1994 ?

On nous dit que les femmes de l'entourage d'Obama, dont Susan Rice et Samantha Power, traumatisées par « l'échec » au Rwanda, auraient amené le président à approuver l'agression militaire en Libye.

Le problème, c'est qu'il n'y a pas eu d'échec au Rwanda, du moins du point de vue de l'administration américaine de Bill Clinton.

Comme le démontre avec brio Pierre Péan dans son plus récent ouvrage Carnages, les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique (Fayard 2010), Washington a gagné sur toute la ligne dans cette guerre froide feutrée qui a mis l'Afrique centrale à feu et à sang entre 1990 et 2005.

Si l'ONU n'est pas intervenue au Rwanda en 1994, c'est parce que Washington et Londres ne voulaient pas et ils ont mis tout leur poids pour empêcher l'ONU d'intervenir.

Leur objectif, quel qu'en soit le coût, était de permettre au Front patriotique rwandais sous la direction de Paul Kagame d'emporter une victoire décisive et de partir par la suite à l'assaut du Zaïre, aujourd'hui la République démocratique du Congo. Ce qui fut fait.

Malheureusement, grâce à la répétition continue par les grands médias de l'histoire officielle de la tragédie rwandaise – Ô quel dommage qu'il n'y ait pas eu d'intervention ! La prochaine fois nous utiliserons tous les moyens nécessaires pour éviter un tel échec ! – on a réussi à créer de toutes pièces un nouveau droit des grandes puissances : celui de s'ingérer dans les affaires d'un pays souverain au nom de la responsabilité de protéger.

Plus besoin de respecter la souveraineté des États ; plus besoin de recourir à la diplomatie ; plus besoin de chercher une solution politique ; on sort les bombes « humanitaires », les missiles de croisière Tomahawk, les porte-avions, les drones et même les avions de chasse CF-18, et on va-t-en-guerre dès qu'on trouve un adversaire un tantinet indépendant ou malcommode jumelé à un groupe de « rebelles », de préférence armés et arborant nos drapeaux, comme par hasard. Et si ces « rebelles » n'existent pas, on les invente.

Pour ceux qui applaudissent les femmes militaristes dans l'entourage d'Obama, comme Susan Rice, rappelons son autre grand geste international récent : c'est elle qui, le 18 février dernier, a imposé le véto des États-Unis, tuant ainsi la résolution de l'ONU qui aurait condamné Israël pour la poursuite de son occupation et de sa colonisation de la Cisjordanie, y compris Jérusalem est. Les 14 autres pays membres du Conseil de sécurité appuyaient la résolution.

On pourrait peut-être ces dames applaudir si elles proposaient une zone d'exclusion aérienne au-dessus de.... Gaza !

La question qui hante cette guerre macabre : mais d'où ces pays qui bombardent tiennent-ils leur autorité morale ?

Notes
1.L'idée du « guide suprême » est celle de la journaliste et écrivaine Diana Johnstone.

* Robin Philpot s'entretiendra avec la journaliste et écrivaine Diana Johnstone sur la guerre en Libye à l'émission L'effet versant sur les ondes de CIBL 101,5 (www.cibl1015.com) le lundi 4 avril à 13 h. Diana Johnstone est l'auteure entre autres de La croisade des fous : Yougoslavie, première guerre de la mondialisation (Le Temps des Cerises).

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Libye: De nombreux civils sont tués
par les «raids humanitaires»

Dans la nuit de mercredi à jeudi les raids aériens sur Tripoli ont causé la mort d'au moins 40 civils : le général canadien Charles Bouchard en est parfaitement au courant tandis qu'il se prépare à la conférence de presse de la base Jfc (Joint Force Allied , NdT) (1) à Bagnoli (Naples). C'est aussi aujourd'hui (jeudi 31 mars 2011, NdT) qu'arrive dans ses mains la direction unique de l'opération « Protecteur Unifié » qui passe sous commandement OTAN ; mais le militaire, qui a une longue arrière derrière lui, sait que le monde lui demandera des comptes sur les victimes, femmes et enfants (et hommes, NdT) ensevelis sous les décombres d'un immeuble écroulé. Et même si les bombardements étaient sous contrôle de la coalition des volontaires, conduite par USA, France et Grande-Bretagne, l'OTAN ne peut pas faire mine de rien. Mais cette fois, celui qui hausse le ton sur les dommages collatéraux des attaques aériennes qui devraient avoir un objectif « humanitaire », n'est pas un membre du régime Kadhafi, mais bien l'évêque de Tripoli, monseigneur Giovanni Martinelli : « Les raids dits humanitaires -a-t-il déclaré très tôt dans la matinée- ont fait des dizaines de victimes parmi les civils dans certains quartiers de Tripoli. J'ai recueilli divers témoignages de personnes dignes de foi à ce sujet. En particulier, dans le quartier de Buslim, à cause des bombardements, une habitation civile s'est écroulée en provoquant la mort d'au moins 40 personnes ».

Le général canadien Charles Bouchard

Bouchard arrive avec 15 minutes de retard dans une petite salle de conférence installée, d'après le commandement OTAN, à la hâte ces derniers jours. De Bruxelles aussi les media internationaux, en vidéoconférence, piaffent d'impatience et font pression pour savoir la vérité, mais les hauts gradés freinent des quatre fers : « Le général a très peu de temps et ne peut répondre qu'à 5 questions de Bruxelles, et 3 ici à Naples ». Tactique qui cache mal l'intention de concéder aussi peu d'informations que possible.

Bouchard parle d'abord de l'opération, explique que le passage de pouvoir s'est réalisé sans problèmes, qu'en quelques heures ont déjà été accomplies « plus de 90 actions » de bombardement, parce que l'Alliance peut compter sur « plus de cent avions de combat et de soutien et sur une douzaine entre bâtiments navals et sous-marins ». Le général souligne que l'objectif est celui de faire respecter l'embargo d'armes et la zone d'exclusion aérienne, et rappelle ainsi à plusieurs reprises, comme il l'avait fait mardi (29 mars 2011, NdT)) de cette même base militaire, que la mission de son commandement était de protéger la population civile. Les questions de la salle cependant lui rappellent les 40 morts, un journaliste américain (étasunien) lit les déclarations de Martinelli : « S'il est vrai que les bombardements semblent ciblés -a déclaré l'évêque de Tripoli- il est tout aussi vrai qu'en frappant des objectifs militaires, qui se trouvent au milieu de quartiers civils, on touche aussi la population ». « Nous mènerons une enquête dans la chaîne de commandement pour voir s'il y a des preuves, nous sommes en train d'enquêter sur ce qui s'est passé », est la réponse expéditive du général qui dit être au courant de l'épisode ; et que l'OTAN « est en train d'enquêter » pour vérifier si ses forces sur le terrain sont impliquées ou non. Puis Bouchard dont le visage ne trahit aucune émotion se disculpe à la Ponce Pilate : « Nous avons pris le commandement complet des opérations seulement à 6 heures du matin, heure Greenwich. Nous sommes en train de prendre tous les aspects au sérieux, mais l'opérativité totale de l'OTAN n'était pas encore activée au moment des faits ; nous vous informerons quand l'enquête sera terminée ».

En réalité, cette fois, qu'il y ait eu un massacre de civils est une chose assez claire pour tout le monde, il ne s'agit pas des cent personnes décédées, de la propagande, au début de l'attaque, du régime Kadhafi (à propos desquels l'auteur ne donne cependant aucune source certifiant la propagande, NdT), et arrivent après les 11 victimes de Tajoura et les 17 blessés de ces jours derniers à Dita, sur la route de Misurata, quand un autre hôpital a été touché (selon un reportage de Euronews)(sources à chercher, NdT) Mais à ce propos, même l'amiral Giampaolo Di Paola, président du comité militaire de l'OTAN, n'a pas voulu faire de commentaires, pratiquant la même attitude que Bouchard, de renvoi de la responsabilité sur d'autres : « L'OTAN n'a pris le total commandement des opérations qu'à 8 heures (locales ; remarquable marque d'indépendance par rapport au commandement étasunien -de protection- unifié(e)... NdT). Mais c'est un fait que jusqu'à présent les attaques contre les civils viennent du régime de Kadhafi ». De Naples enfin arrive aussi l'avertissement à Kadhafi et à ses soutiens : « Je conseille vivement aux assaillants de se désister et de se retirer immédiatement, sinon ils paieront les conséquences de leurs actions », dit le commandant de l'opération Protecteur Unifié, en partant à toute allure.

(Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio)

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Un Canadien commandera la mission de l'OTAN --
à la très grande honte du Canada


Windsor, le 26 mars 2011

Le ministre de la Défense Peter MacKay a annoncé le 25 mars que le lieutenant-général canadien Charles Bouchard, actuellement en poste au Commandement des forces interarmées à Naples, en Italie, dirigera l'agression militaire de l'OTAN contre la Libye.

Les États-Unis ont indiqué qu'ils ont souhaité transférer le plus rapidement possible le commandement de la mission en Libye. Les médias citent le major-général Lewis MacKenzie qui dit que Bouchard est « le choix évident » car il y a des questions politiques advenant que la France ou la Grande-Bretagne assume la direction.

« Voici ce Canadien qui est déjà au quartier général, le commandement des forces alliées interarmées à Naples », a dit MacKenzie à l'émission Power Play à la chaîne CTV. « Je ne pense pas qu'il ait fallu aux 28 membres du Conseil de l'Atlantique Nord à Bruxelles [beaucoup de temps] pour dire :« Eh, ce gars est un bon choix ». »

Bouchard a déjà servi en tant que commandant adjoint de NORAD. Il s'est enrôlé dans les Forces canadiennes en 1974 et a servi autrefois avec l'armée américaine à Fort Hood, au Texas.

Un représentant de l'OTAN a confirmé que Bouchard sera responsable de la campagne aérienne internationale et de l'embargo sur les armes mises en application par les navires de la flotte militaire. Il servira sous les ordres de l'amiral américain Samuel Locklear, qui est le commandant du quartier général des opérations de l'OTAN pour la Méditerranée, en Italie. La Presse canadienne rapporte qu'Ottawa est susceptible d'envoyer un petit nombre d'employés pour travailler avec Bouchard dans le cadre de son nouvel emploi.

MacKenzie a déclaré que les fonctions de Bouchard inclueront « d'aplanir les dissensions parmi les commandants militaires » qui ont des opinions divergentes sur ce que la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU leur permet de faire en Libye.

MacKay a déclaré que l'OTAN demeure « en discussion » sur la composition et la forme que prend la mission militaire.

« L'OTAN continue de planifier et nous espérons que le Conseil de l'Atlantique Nord sera d'accord pour un plan opérationnel et une directive d'exécution dans les prochains jours », a dit MacKay.

Jusqu'à ce que ce plan soit établi, MacKay a dit que les patrouilles de l'OTAN dans la zone d'exclusion aérienne « se dérouleront en parallèle avec les activités de la coalition » qui sont dirigées pour le moment par les États-Unis. Lors de la conférence de presse à Ottawa, MacKay a également annoncé que le major-général Tom Lawson -- qui a récemment fait un exposé aux médias sur les opérations en Libye -- est sur le point d'être promu au grade de lieutenant-général et aura un poste supérieur à NORAD.

LML déplore la décision de participer à cette agression. La suggestion que de confier le commandement de l'OTAN à un lieutenant-général canadien est un signe de maturité du Canada est idiote. Cela signifie simplement que le Canada est chargé de maintenir la domination des États-Unis sur ses partenaires européens au sein de l'OTAN. Une telle servilité abjecte est déplorable. Pour le Canada c'est une honte, pas un objet de fierté.

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Une étude révèle que les dépenses militaires du Canada sont à leur plus haut niveau depuis la Deuxième Guerre mondiale

Selon une étude publiée le 9 mars par le Centre canadien de politiques alternatives, le Canada dépense plus pour son armée qu'à tout autre moment depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les dépenses affectées à la défense vont atteindre au moins 22,3 milliards $ pour l'année budgétaire en cours, indique un rapport sur l'étude. Les chercheurs estiment qu'au cours de la dernière décennie cela représente une augmentation de 54 %.

L'étude a été réalisée pour le compte du centre par Bill Robinson, conseiller principal à l'Institut Rideau, rapporte la Presse canadienne. Robinson a établi qu'une partie importante de l'augmentation du budget est affectée aux opérations menées dans le cadre de la guerre en Afghanistan, qui, selon lui, « dépouillent le Canada de la possibilité d'effectuer des missions traditionnelles de maintien de la paix ». Le Canada se classe désormais 60e sur la liste des 102 pays apportant une contribution au maintien de la paix des Nations unies.

« Le Canada peut apporter une contribution beaucoup plus importante à la sécurité mondiale et l'action humanitaire en transférant des ressources aux efforts de sécurité non militaire et aux opérations de maintien de la paix », a déclaré Robinson dans un communiqué du centre.

« Un tel changement ferait du Canada une véritable grande puissance dans le monde de l'aide au développement et de l'aide humanitaire. C'est un domaine dans lequel le Canada pourrait avoir  une influence nettement plus considérable ’ sur une question cruciale pour le bien-être de l'humanité et la sécurité mondiale. »

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Les exportations militaires du Canada
au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Depuis des décennies, les gouvernements canadiens – conservateurs comme libéraux – prêchent la paix et les droits humains, tout en assurant un flot régulier d'armes, de munitions, de gaz lacrymogènes, de véhicules bindés et d'autres produits militaires et dits de « sécurité » vers des régimes répressifs et non démocratiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ces gouvernements sont responsables de violations systématiques, répandues et violentes des droits humains, comme les assassinats et la torture. En exportant des produits militaires et policiers à ces pays, le Canada se rend complice d'aider et d'instiguer de nombreux régimes autoritaires, appuyés par les États-Unis, qui se maintiennent au pouvoir par la propagande, l'intimidation et la force brutale.

Inspirée par les révolutions populaires en Tunisie et en Égypte et par les protestations grandissantes à travers la région, la Coalition d'opposition au commerce des armes (COAT) a compilé des informations sur les exportations militaires et a produit des tables de données concernant 16 pays bénéficiaires du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord. Les tables de COAT montrent la valeur des « Munitions » dans 22 catégories du « Groupe 2 » de la « liste de contrôle des exportations » du Canada, telle que publiée dans des rapports du Ministère des Affaires extérieures et du commerce international (DFAIT), appelée « Exportations militaires canadiennes à partir du Canada ». (Cliquez ici pour accéder à la table interactive de COAT qui détaille les « Exportations militaires canadiennes vers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord »).

Selon les rapports officiels de DFAIT – qui malheureusement documentent seulement certaines des exportations militaires du Canada – le gouvernement canadien a autorisé des ventes militaires d'une valeur de plus de 1,8 milliards $ au Moyen-orient et en Afrique du Nord entre 1990 et 2006. (Le gouvernement du Canada a failli à sa tâche de produire des rapports de puis 2009, alors qu'il publiait des données en 2006. Malheureusement, les rapports de DFAIT ne documentent pas les exportations de produits militaires à « double usage », même s'ils ont été vendus directement aux forces armées de gouvernements étrangers. Les rapports de DFAIT n'incluent pas non plus de données sur les exportations militaires vers les États-Unis, malgré le fait que 1. Les États-Unis reçoivent environ les 3/4 des exportations militaires canadiennes et 2. Les produits militaires canadiens sont assemblés dans des systèmes d'armes complets aux États-Unis et sont ensuite réexportés vers d'autres pays. À cause du manque de transparence de DFAIT à propos des exportations d'armes, les données assemblées dans les tables de COAT sont – et c'est regrettable – incomplètes. Cependant, c'est là la meilleure information disponible publiquement sur les exportations militaires du Canada au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

(Traduction : LML)

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Bulletin du 4 avril 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca