Non au budget antisocial et antinational Bachand-Charest!

L'éducation est un droit!
Les étudiants du Québec réitèrent leur détermination à faire échec à l'agenda antisocial des libéraux


(Photo ASSÉ)

Fidèles à leurs décisions prises lors du dépôt du budget antisocial du ministre Bachand , les étudiants ont poursuivi leurs actions à travers le Québec. Partout où les libéraux se sont présentés, ils étaient là pour exiger l'annulation de cette nouvelle hausse des frais de scolarité et réclamer la gratuité scolaire

Le 31 mars, plus de 3 000 d'entre eux ont répondu à l'appel de l'ASSÉ à manifester devant le Centre de commerce mondial de commerce au Square Victoria. À cette occasion, 50 000 étudiants et étudiantes étaient en grève dans les cégeps et universités du Québec. Des actions se sont également tenues dans le Bas-St-Laurent, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Gaspésie.

Les pancartes,slogans et discours ont fait ressortir à nouveau le refus des étudiants d'assumer le sous-financement de l'éducation.

« Depuis son premier mandat, le gouvernement libéral multiplie les attaques à l'accessibilité aux études. Entre 2007 et 2017, le coût d'une année à l'université aura plus que doublé. C'en est trop ! Nous n'accepterons pas cette hausse de frais. Nous irons jusqu'au bout pour faire reculer le gouvernement ! », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ).

On a également condamné les mesures adoptées par le gouvernement pour améliorer la « performance » et le « positionnement international » des universités, notamment l'instauration de contrats de performance entre les universités et le gouvernement et l'augmentation du financement privé orienté. « D'un côté, on prétend vouloir prévenir les dérapages financiers et de l'autre on accélère la logique concurrentielle qui les a causés. C'est complètement inconséquent », a ajouté Gabriel Nadeau-Dubois, rappelant que c'est justement les principes de gestion mis de l'avant par ce budget qui sont la source des gaspillages récurrents dans les universités de la province.

L'ASSÉ a tenu à rappeler que, contrairement à ce que prétend le gouvernement, l'accessibilité aux études est déjà fragile au Québec. « La précarité étudiante ça existe, et c'est un phénomène en expansion depuis les dernières années. Déjà, trop d'étudiants et d'étudiantes abandonnent les études pour des raisons financières. Ce que le gouvernement propose, c'est d'aggraver cette situation là. C'est inacceptable et nous allons nous battre pour que tous et toutes aient accès à l'éducation », disent les porte-parole.

Finalement, l'Association a réitéré sa demande pour la gratuité scolaire. « On ne doit pas réduire l'accessibilité aux études, on doit l'augmenter. Pour ce faire, il existe une solution réaliste et viable, appliquée dans plusieurs pays à travers le monde : la gratuité scolaire », déclare Camille Robert. « Les chiffres sont clairs. De bas frais de scolarité ont comme résultat de favoriser l'accès à l'université pour les plus démuni-e-s. Augmenter les frais, c'est réduire l'accessibilité. », a conclut Gabriel Nadeau-Dubois, rappelant une récente étude de l'Institut de recherche et d'information socio-économique (IRIS) qui démontrait l'impact direct des bas frais de scolarité de la province sur l'accessibilité aux études, en soulignant que le taux de fréquentation postsecondaire du Québec était de 9 % supérieur à la moyenne canadienne.

Puis le cortège s'est mis en branle pour emprunter les rues du centre-ville. Jamais n'est apparu de façon plus claire l'immense appui dont bénéficient les étudiants et ce, malgré les tentatives constantes du gouvernement et des médias monopolisés de les dénigrer.

La manifestation s'est rendue au bureau du premier ministre Charest où l'on a scandé haut et fort les slogans. Puis, un petit groupe de manifestants s'est rendu devant les bureaux de la conférence des recteurs qui ont honteusement salué la hausse des frais de scolarité. La police omniprésente tout au long du parcours et qui a mené des provocations, procédant entre autre à l'arrestation d'un jeune dans le cortège, a lancé des gaz pour empêcher les étudiants de pénétrer dans l'immeuble. Selon le SPVM, six personnes ont été arrêtées.

Le lendemain, les étudiants de l'UQAM avaient préparé un comité d'accueil pour la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, qui devait présenter une allocution lors du Forum québécois du loisir. Cette dernière ne s'étant pas présentée, ils n'étaient pas peu fiers d'avoir empêché sa venue. Mentionnons que la veille, la ministre avait affirmé que le gouvernement ne fléchirait pas devant les manifestations étudiantes.

« Que Madame Beauchamp se le tienne pour dit : elle n'est pas la bienvenue, ni à l'UQAM, ni dans les autres établissements d'enseignement. Nous perturberons ses activités partout où nous le pourrons dans l'espace public. Les étudiantes et les étudiants du Québec ont l'intention d'intensifier la lutte, d'accentuer les moyens de pression politiques et économiques sur les ministres, députés et sur tous ceux dont l'agenda politique est de hausser les frais de scolarité», conclut Mathieu Melançon, de l'Association facultaire étudiante des sciences humaines de l'UQAM (AFESH-UQAM).

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Bulletin du 4 avril 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca