Agression impérialiste en Libye
Non à la participation du Canada à la guerre et à l'agression

Le Collectif Échec à la guerre dénonce l'agression militaire étrangère contre la Libye

 
Journée pancanadienne d'action contre la guerre et l'agression
 
Montréal

«Sons et noirceurs de la guerre»
Samedi le 9 avril - 13 h

Lieu à confirmer
Information: Echec à la guerre, www.echecalaguerre.org

Ottawa

Journée de dissidence pour dire: Non à la guerre!
Non à Harper! Oui à la démocratie!
Samedi le 9 avril - 13 h

Monument des droits humains (Elgin et Lisgar)
Information: Ottawa Peace Assembly, ottawapeace.org
 
(Ailleurs au Canada)

Vendredi le gouvernement Harper a annoncé que six avions de chasse étaient en route pour la Libye, et samedi, nous avons appris que les premiers raids aériens et bombardements occidentaux avec des missiles de croisière avaient eu lieu. Le Collectif Échec à la guerre dénonce la participation du Canada à cette intervention militaire étrangère qui, bien loin de réduire le nombre de victimes civiles, ne fera qu'engendrer encore plus de morts.

La caution apportée par la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies ou celle de la Ligue arabe ne peuvent servir à justifier l'intervention militaire actuelle contre la Libye. L'appui de la Ligue arabe à l'instauration d'une zone d'interdiction aérienne était ambigu dès le départ et l'organisation rejette maintenant les frappes militaires effectuées. Quant à la décision du Conseil de sécurité, elle s'inscrit dans la lignée du détournement des Nations Unis que nous observons depuis plusieurs années, alors que cette instance s'éloigne de plus en plus ouvertement de son rôle officiel de gardienne de la paix et de la sécurité pour plutôt légitimer les agressions des puissances occidentales – États-Unis en tête – au Moyen-Orient et en Asie centrale.

Après nous avoir servi les arguments humanitaires et démocratiques pour l'intervention en Irak et en Afghanistan, nos dirigeants politiques nous servent encore une fois l'argument que nous devons « venir en aide au peuple libyen ». Une « aide » qui, en l'Irak, a entrainé des centaines de milliers de victimes innocentes et qui, en Afghanistan, ne cesse de faire de nombreuses victimes « collatérales » -- rappelons simplement les 60 civils, dont 30 enfants, qui ont été tués durant les quatre jours d'attaques contre Ghazi Abad du 16 au 19 février derniers. Même si nos médias s'empressent de nous confirmer que les cibles ont été « soigneusement choisies pour éviter les pertes civiles »... il est impossible que des pertes civiles importantes soient évitées.

Sachant que nos gouvernements continuent de soutenir des régimes qui exercent actuellement une répression sanglante contre les mouvements de révolte civils au Bahreïn et au Yémen et sachant que nos gouvernements ont accordé leur appui pendant des décennies aux régimes dictatoriaux de Ben Ali et de Moubarak et, encore aujourd'hui, à la famille royale saoudienne, nous ne pouvons qu'être sceptique face à l'argument humanitaire. Nous ne pouvons que trouver odieuse la sensibilité sélective des dirigeants politiques occidentaux et la collusion des grands médias en ce qui concerne les victimes civiles et la protection qu'il faudrait leur offrir.

Pour le Collectif Échec à la guerre, il est impératif de trouver un règlement politique dans le respect de la souveraineté du peuple libyen. La logique guerrière occidentale vient plutôt jeter de l'huile sur le feu, consolider le pouvoir des armes et de la répression et empêcher la croissance de mouvements larges d'opposition exprimant les aspirations légitimes du peuple libyen à la démocratie.

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La Ligue arabe désavoue maintenant
les attaques aériennes

Ce message honteux nous est transmis par une dépêche de France: «Alors que des pays occidentaux s'étaient gagné l'appui de certains pays arabes et africains pour justifier leur intervention contre Mouammar Kadhafi, le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, a critiqué aujourd'hui les bombardements de la coalition internationale contre la Lybie, prétendant qu'ils s'écartent du but d'imposer une zone d'exclusion aérienne. »

Ce même Amr Moussa avait fait figure de proue dans l'offensive des « pays occidentaux » en déclarant l' « appui du monde arabe » pour leur agression contre la Libye sous couvert d'une « zone d'exclusion aérienne ». On nous a présenté les forces monarchistes, arborant le drapeau du roi Idris, promues et financées par des agences d'espionnage occidentales, comme des « forces rebelles » en faveur d'une zone d'exclusion aérienne sans pour autant être en faveur de l'ingérence ou de l'invasion étrangères. Même aujourd'hui, ces agresseurs fascistes tels Mme Clinton, David Cameron de la Grande-Bretagne, ainsi que le gouvernement Harper, les Libéraux, les sociaux-démocrates et les médias officiels au complet prétendent que les bombardements n'attaquent pas la Libye, mais « protègent la population civile ».

Beaucoup de libéraux et sociaux-démocrates d'ici et d'ailleurs sont en déni de réalité en ce qui concerne la « zone d'exclusion aérienne » et vont jusqu'à manifester en appui à une intervention qui serait pour la protection de la population civile. Il y a les sociaux-démocrates et les libéraux officiels du Canada, mais aussi certaines personnes originaires du Moyen-Orient ou de l'Afrique du nord qui montent Gadhafi en épingle tout en feignant d'ignorer l'agression et les objectifs des impérialistes occidentaux.

En ces moments de préparatifs fébriles pour le fascisme et la guerre, pendant que les régimes réactionnaires du Barheïn, du Yémen et d'ailleurs répriment l'opposition par une violence inouïe, ayant à leurs disposition des armes étasuniennes, Hillary Clinton monte d'un cran sa propagande de guerre contre l'Iran. Les peuples du monde ne peuvent se permettre de s'accrocher à des notions abstraites de démocratie qui n'existe tout simplement pas dans la réalité et de ne pas voir que les prétendus démocrates de ce monde sont eux-mêmes les hitlériens purs et durs qui se préparent à un repartage du monde pour le contrôle des matières premières, des marchés, de la main-d'oeuvre bon marché et des sphères d'influence stratégiques.

Déplorer des violations des droits de la personne ou des droits des femmes, pour ensuite se déclarer en faveur d'une zone d'exclusion aérienne sous prétexte que c'est un geste tout à fait innocent de la part des agresseurs mondiaux, c'est faire preuve d'une hypocrisie extrême. C'est donner le feu vert aux agresseurs. Cette distinction qui est faite entre dictateurs qu'on n'aime pas et dictateurs qu'on tolère parce qu'ils seraient civilisés, étant diplômés de Harvard ou d'Oxford, tient de l'arrogance eurocentrique.

Depuis le XIXe siècle, les Britanniques commettent des crimes contre les peuples du monde en prétendant qu'en Europe règne la civilisation tandis qu'en « orient » règne le « despotisme oriental ». Bientôt, le monde entier assistera malgré lui au faste d'un autre mariage dit « royal » et nous verrons sur la tête et au cou de leurs « majestés » tous les joyaux de l'Inde, volés durant le règne du Raj britannique. Selon la désinformation assourdissante entourant l'affaire, la famille royale est « bonne » parce qu'en tant que « monarques constitutionnels » elle représente la stabilité tout en n'exerçant aucun pouvoir ! C'est sans doute pour cela que les membres de la famille royale se servent de leur richesse personnelle pour étaler leur supériorité sur les écrans du monde: cela permet à leurs lèche-botte comme Amr Moussa de prétendre faire partie de la « communauté des nations civilisées » contre le « despotisme oriental »... et d'apporter la honte à leurs peuples et nations.

Manifester en appui à la démocratie en Libye pendant que le pays est bombardé par les puissances étrangères, c'est fermer les yeux sur le carnage qui a suivi l'instauration de zones d'interdiction de vol en l'Irak et le bombardement de la Yougoslavie. Cela ne doit pas passer.

Selon une dépêche française, « hier, au sommet international qui s'est tenu avant que ne débutent les premiers bombardements, la Ligue arabe avait voté en faveur d'une zone d'exclusion aérienne. Mais selon Amr Moussa, ce qui se passe en Libye "s'écarte du but d'imposer une zone d'exclusion aérienne"».

Pourquoi a-t-il changé d'avis ? Les conséquences de la zone d'interdiction de vol étaient tout à fait prévisibles, et la prétention fasciste maintes fois répétée que l'interdiction vise à protéger la population civile était tout à fait transparente. Peut-être n'a-t-il pas obtenu l'assurance qu'il voulait concernant son ambition de devenir président d''Égypte. Peut-être n'a-t-il pas été suffisamment dorloté par les Hillary Clinton et Nicolas Sarkozy, qui ont l'habitude de tourner le dos à leurs fantoches lorsqu'ils ne servent plus à rien.

Les agences françaises annoncent maintenant que « pendant ce temps, de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer les bombardements internationaux et contre une escalade de la violence ».

* Sandra L. Smith est la première secrétaire du Comité central du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)..

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Agression contre la Libye:

Le temps n'est-il pas arrivé de fixer
dès maintenant des limites aux actes criminels
du gouvernement Harper?

Le gouvernement Harper a encore une fois engagé le Canada dans des actes d'agression meurtrière contre un peuple, cette fois, le peuple lybien. Les prétextes avancés pour renverser le gouvernement Kadhafi et pour établir un gouvernement favorable aux impérialistes – « faciliter l'aide humanitaire », « protéger les civils », etc. – sont tellement farfelus, que nous ne pouvons que conclure que l'arrogance de ces forces impérialistes, avec les États-Unis en tête, est telle que la crédibilité des prétextes n'a désormais plus d'importance en ce qui les concerne.

Au Québec, certains éditorialistes de l'empire Desmarais font des contorsions journalistiques pour expliquer comment Harper pose ainsi un geste stratégique qui pourrait jouer en sa faveur advenant des élections. Par exemple, il est dit que le fait de participer au « renversement d'un tyran » fera récolter à Harper une « gloire collatérale », contrecarrant ainsi les nombreux déboires parlementaires qui l'accablent présentement. Un des principaux objectifs de Harper de participer à la coalition « internationale » – rappelons que cette coalition comprend une poignée de pays, dont l'Italie, contre qui le grand-père de Kadhafi aurait combattu du temps que la Lybie était une colonie italienne – serait de « gagner des points ici même au pays ». Ainsi, en ayant l'appui des partis de l'opposition pour un déploiement de trois mois « sans envoi de troupes sur le terrain », Harper se serait « assuré de la légitimité de l'engagement du Canada pour trois mois, c'est-à-dire, au-delà de la durée d'élections générales ».

Malheureusement, sur ce dernier point, l'éditorialiste en question n'a pas tout à fait tort. En appuyant sans réserve cette nouvelle aventure belliciste du gouvernement Harper aux côtés des États-Unis, mais aussi de la France et de la Grande-Bretagne, les partis au parlement ont commis une faute grave qui rend un très mauvais service au peuple canadien.

Les partis politiques au sein du Parlement semblent suggérer que Harper, tout en étant sur le plan parlementaire « antidémocratique » , voire même « dictatorial », agit tout de même raisonnablement et de façon juste en impliquant le Canada dans ces actes criminels contre la Lybie. Ainsi, un des traits caractéristiques du gouvernement Harper – qui consiste à régler les conflits nationaux et internationaux par la force – est passé sous silence. Passe donc sous silence, aussi, la brutalité bestiale déclenchée contre plus d'un millier de personnes impliquées, de près ou de loin, dans les manifestations entourant le G-20 à Toronto. Ces nombreuses personnes – dont on a pu connaître l'ampleur de l'expérience dans un documentaire même de la CBC et lors d'enquêtes mises sur pied par des organisations syndicales et communautaires – ainsi que toutes personnes soucieuses de la situation, sont toujours en attente d'une enquête gouvernementale et de mesures pour que les responsables de ces atrocités rendent des comptes pour leurs actes. Ainsi, advenant des élections, les partis au pouvoir se gaveront d'une bonne dose soporifique de « business as usual » pour éviter de s'adresser aux actes criminels du gouvernement Harper, actes d'ordre national et international, qui s'étalent au grand jour.

Nous ne pouvons et ne devons accepter, advenant le déclenchement d'élections, que soient évacués ces actes criminels, en particulier cet acte d'hostilité extrème contre un autre pays. Il semble clair que si, en tant que peuple, nous ne concentrons pas tous nos efforts à fixer des limites dans le cas d'une injustice internationale aussi flagrante que celle commise contre la Lybie, ne faudrait-il pas se demander : quand le ferons-nous ?

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Nous voulons un gouvernement anti-guerre

L'État canadien, représenté en partie par le gouvernement actuellement au pouvoir, a une fois de plus montré sa nature violente dans son soutien et sa participation à « l'Opération veille de l'odyssée ». Encore une fois les tenants des pouvoirs en place aux États-Unis, soutenus par ceux du Canada, incapables de résoudre leurs propres problèmes, s'abaissent au plus bas niveau de l'existence humaine pour créer le chaos, la confusion et l'instabilité de telle sorte que personne ne puisse comprendre ce qui se passe.

Le gouvernement qui se présente comme le représentant des Canadiens participe à un acte criminel contre des innocents en Libye sous prétexte de protéger des innocents. C'est l'hypocrisie à son comble. Il y a à peine neuf mois, ce même État canadien a utilisé la violente contre la population lors des manifestations du G8 et du G20 et blâmé les «manifestants violents». Maintenant, nous sommes censés croire qu'il va participer au bombardement de Libye pour protéger les civils contre des « dictateurs violents ». Les actions et les résultats sont les mêmes : créer une atmosphère de violence, de terreur et d'instabilité, semer le doute et la confusion et empêcher le peuple de régler ses propres problèmes et des trouver des solutions.

Nous ne voulons pas d'un gouvernement pro-guerre. Cela va à l'encontre de lnos instincts et de notre expérience en tant que gens qui travaillons chaque jour pour nourrir et protéger nos proches. L'idée de mener des actes d'agression contre un peuple, qu'il soit canadien ou autre, n'est pas acceptable. Mais le gouvernement Harper pense autrement. De connivence avec les États-Unis et les puissances européennes, il manoeuvre pour accroîter sa sphère d'influence. Cela n'a rien à voir avec la protection des civils. Et les autres partis politiques au parlement n'offrent aucune opposition, ils se disputent sur les détails de l'ingérence étrangère.

Les Canadiens sont contraints d'accepter que leur souci pour les peuples du monde se traduise par l'usage de la force. Il s'agit d'une attaque idéologique exprimée dans « la doctrine Obama » et au Canada par l'idée de la « responsabilité de protéger ». Ce sont deux poids, deux mesures utilisés lorsque les intérêts de l'argent et du pouvoir sont en jeu. Nous devons résister à ces pressions en exigeant du gouvernement qu'il ne participe pas à ces actes d'agression. C'est alors seulement que nous créerons l'espace dont nous ont besoin pour discuter dans nos communautés du genre de société et de monde que nous voulons.

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Bulletin du 28 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca