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Agression
impérialiste
en Libye
Non à la participation du Canada à la guerre et à
l'agression
Le Collectif Échec à la guerre
dénonce l'agression militaire étrangère contre la
Libye
- 21 mars 2011-
Journée
pancanadienne
d'action contre
la guerre et l'agression
Montréal
«Sons et
noirceurs de la guerre»
Samedi le 9 avril -
13 h
Lieu à confirmer
Information: Echec
à la guerre, www.echecalaguerre.org
Ottawa
Journée de
dissidence pour dire: Non à la guerre!
Non à Harper! Oui à la démocratie!
Samedi le 9
avril - 13 h
Monument des droits humains (Elgin et Lisgar)
Information: Ottawa
Peace
Assembly, ottawapeace.org
(Ailleurs
au Canada)
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Vendredi le gouvernement Harper a annoncé que six
avions de chasse étaient en route pour la Libye, et samedi, nous
avons appris que les premiers raids aériens et
bombardements occidentaux avec des missiles de croisière avaient
eu lieu. Le Collectif Échec à la guerre dénonce la
participation du Canada à cette intervention militaire
étrangère qui, bien loin de réduire le nombre de
victimes civiles, ne fera qu'engendrer encore plus de morts.

La caution apportée par la résolution
1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies ou
celle de la Ligue arabe ne peuvent servir à justifier
l'intervention militaire
actuelle contre la Libye. L'appui de la Ligue arabe à
l'instauration d'une zone d'interdiction aérienne était
ambigu dès le départ et l'organisation rejette maintenant
les frappes
militaires effectuées. Quant à la décision du
Conseil de sécurité, elle s'inscrit dans la lignée
du détournement des Nations Unis que nous observons depuis
plusieurs années,
alors que cette instance s'éloigne de plus en plus ouvertement
de son rôle officiel de gardienne de la paix et de la
sécurité pour plutôt légitimer les
agressions des puissances
occidentales – États-Unis en tête – au Moyen-Orient et en
Asie centrale.
Après nous avoir servi les arguments humanitaires
et démocratiques pour l'intervention en Irak et en Afghanistan,
nos dirigeants politiques nous servent encore une fois
l'argument que nous devons « venir en aide au peuple
libyen ». Une « aide » qui, en l'Irak,
a entrainé des centaines de milliers de victimes
innocentes et qui, en Afghanistan, ne cesse de faire de nombreuses
victimes « collatérales » -- rappelons
simplement les 60 civils, dont 30 enfants, qui ont été
tués durant les quatre jours d'attaques contre Ghazi Abad du
16 au 19 février derniers. Même si nos
médias s'empressent de nous confirmer que les cibles ont
été « soigneusement choisies pour
éviter les pertes civiles »... il est impossible que
des pertes civiles importantes soient évitées.
Sachant que nos gouvernements continuent de soutenir des
régimes qui exercent actuellement une répression
sanglante contre les mouvements de révolte civils au
Bahreïn
et au Yémen et sachant que nos gouvernements ont accordé
leur appui pendant des décennies aux régimes dictatoriaux
de Ben Ali et de Moubarak et, encore aujourd'hui,
à la famille royale saoudienne, nous ne pouvons qu'être
sceptique face à l'argument humanitaire. Nous ne pouvons que
trouver odieuse la sensibilité sélective des dirigeants
politiques occidentaux et la collusion des grands médias en ce
qui concerne les victimes civiles et la protection qu'il faudrait leur
offrir.
Pour le Collectif Échec à la guerre, il
est impératif de trouver un règlement politique dans le
respect de la souveraineté du peuple libyen. La logique
guerrière occidentale
vient plutôt jeter de l'huile sur le feu, consolider le pouvoir
des armes et de la répression et empêcher la croissance de
mouvements larges d'opposition exprimant les
aspirations légitimes du peuple libyen à la
démocratie.

La Ligue arabe désavoue maintenant
les attaques aériennes
- Sandra L. Smith* -
Ce message honteux nous est transmis par une
dépêche de France: «Alors que des pays occidentaux
s'étaient gagné l'appui de certains pays arabes et
africains pour justifier leur intervention contre Mouammar Kadhafi, le
chef de la
Ligue arabe, Amr Moussa, a critiqué aujourd'hui les
bombardements de la coalition internationale contre
la Lybie, prétendant qu'ils s'écartent du but d'imposer
une zone
d'exclusion aérienne. »
Ce même Amr Moussa avait fait figure de proue dans
l'offensive des « pays occidentaux » en
déclarant l' « appui du monde arabe » pour
leur agression contre la Libye sous couvert d'une
« zone d'exclusion aérienne ». On nous a
présenté les forces monarchistes,
arborant
le drapeau du roi Idris, promues et
financées par des agences d'espionnage occidentales, comme des
« forces
rebelles » en faveur d'une zone d'exclusion aérienne
sans pour autant être en faveur de l'ingérence ou de
l'invasion étrangères.
Même aujourd'hui, ces agresseurs fascistes tels Mme
Clinton, David Cameron de la Grande-Bretagne, ainsi que le gouvernement
Harper, les
Libéraux, les sociaux-démocrates et les médias
officiels au complet prétendent que les bombardements
n'attaquent pas la Libye, mais
« protègent la population civile ».
Beaucoup de libéraux et sociaux-démocrates
d'ici et d'ailleurs sont en déni
de réalité en ce qui concerne la « zone
d'exclusion
aérienne » et vont jusqu'à manifester en appui
à une intervention qui serait pour la protection de la
population civile. Il y a les
sociaux-démocrates
et les libéraux officiels du Canada, mais aussi certaines
personnes originaires du Moyen-Orient ou de l'Afrique du nord qui
montent Gadhafi en épingle tout en feignant
d'ignorer l'agression et les objectifs des impérialistes
occidentaux.
En ces moments de préparatifs fébriles
pour le fascisme et la guerre, pendant que les régimes
réactionnaires du Barheïn, du Yémen et d'ailleurs
répriment l'opposition par une violence inouïe, ayant
à
leurs disposition
des armes étasuniennes, Hillary Clinton monte
d'un cran sa propagande de guerre contre l'Iran. Les peuples du monde
ne peuvent se permettre de s'accrocher à des notions abstraites
de démocratie qui
n'existe tout simplement pas dans la réalité et de ne pas
voir que les prétendus démocrates de ce monde sont
eux-mêmes les hitlériens purs et durs qui se
préparent à un repartage du monde pour le contrôle
des matières premières, des marchés, de la
main-d'oeuvre bon marché et des sphères
d'influence stratégiques.
Déplorer des violations des droits de la personne
ou des droits des femmes, pour ensuite se déclarer en faveur
d'une zone
d'exclusion aérienne sous prétexte que c'est un
geste tout à fait innocent de la part des agresseurs mondiaux,
c'est faire preuve d'une hypocrisie extrême. C'est donner le feu
vert aux agresseurs. Cette distinction qui est faite entre dictateurs
qu'on n'aime pas et dictateurs qu'on tolère parce qu'ils
seraient civilisés, étant diplômés de
Harvard ou d'Oxford, tient de l'arrogance eurocentrique.
Depuis le XIXe siècle, les Britanniques
commettent des crimes contre les peuples du monde en prétendant
qu'en Europe règne la civilisation tandis qu'en
« orient » règne le
« despotisme oriental ». Bientôt, le monde
entier assistera malgré lui au faste d'un autre
mariage dit
« royal » et nous verrons sur la tête et au
cou de leurs « majestés » tous les joyaux
de l'Inde, volés durant le règne du Raj britannique.
Selon
la désinformation assourdissante entourant l'affaire,
la famille royale est « bonne » parce qu'en tant
que « monarques constitutionnels » elle
représente la stabilité tout en n'exerçant aucun
pouvoir ! C'est sans doute pour cela que les membres de la famille
royale se servent de leur richesse personnelle pour étaler leur
supériorité sur les écrans
du monde: cela permet à leurs lèche-botte comme Amr
Moussa de prétendre faire
partie de la « communauté des nations
civilisées »
contre le « despotisme oriental »... et
d'apporter la honte à leurs peuples et nations.
Manifester en appui à la démocratie en
Libye pendant que le pays est bombardé par les puissances
étrangères, c'est fermer les yeux sur le
carnage qui a suivi l'instauration de zones d'interdiction de vol en
l'Irak et le bombardement de la Yougoslavie. Cela ne doit pas
passer.
Selon une dépêche française, «
hier, au sommet international qui s'est
tenu avant que ne débutent les premiers bombardements, la Ligue
arabe avait
voté en faveur d'une zone d'exclusion aérienne. Mais
selon Amr Moussa, ce qui se passe en Libye "s'écarte du but
d'imposer une zone
d'exclusion aérienne"».
Pourquoi a-t-il changé d'avis ? Les
conséquences de la zone d'interdiction de vol étaient
tout à fait prévisibles, et la prétention fasciste
maintes fois
répétée que l'interdiction vise
à protéger la population civile était tout
à fait transparente. Peut-être n'a-t-il pas obtenu
l'assurance qu'il voulait concernant son ambition de devenir
président d''Égypte. Peut-être
n'a-t-il pas été suffisamment dorloté par les
Hillary Clinton et Nicolas
Sarkozy, qui ont l'habitude de tourner le dos à leurs fantoches
lorsqu'ils ne servent plus à rien.
Les agences françaises annoncent
maintenant que « pendant ce temps, de plus en plus de voix
s'élèvent pour dénoncer les bombardements
internationaux et contre une escalade de la
violence ».
* Sandra L. Smith est
la première secrétaire du Comité central du Parti
communiste du Canada (marxiste-léniniste)..

Agression contre la Libye:
Le temps n'est-il pas arrivé de fixer
dès maintenant des limites aux actes criminels
du gouvernement Harper?
- Pierre Soublière -
Le gouvernement Harper a encore une fois engagé
le Canada dans des actes d'agression meurtrière contre un
peuple, cette fois, le peuple lybien. Les prétextes
avancés
pour renverser le gouvernement Kadhafi et pour établir un
gouvernement favorable aux impérialistes –
« faciliter l'aide humanitaire »,
« protéger les
civils », etc. – sont tellement farfelus, que nous ne
pouvons que conclure que l'arrogance de ces forces
impérialistes, avec les États-Unis en tête, est
telle que la
crédibilité des prétextes n'a désormais
plus d'importance en ce qui les concerne.
Au Québec, certains éditorialistes de
l'empire Desmarais font des contorsions journalistiques pour expliquer
comment Harper pose ainsi un geste stratégique qui pourrait
jouer en sa faveur advenant des élections. Par exemple, il est
dit que le fait de participer au « renversement d'un
tyran » fera récolter à Harper une
« gloire
collatérale », contrecarrant ainsi les nombreux
déboires parlementaires qui l'accablent présentement. Un
des principaux objectifs de Harper de participer à la coalition
« internationale » – rappelons que cette
coalition comprend une poignée de pays, dont l'Italie, contre
qui le grand-père de Kadhafi aurait combattu du temps que la
Lybie était une colonie italienne – serait de
« gagner des points ici même au pays ».
Ainsi, en ayant l'appui
des partis de l'opposition pour un déploiement de trois mois
« sans envoi de troupes sur le terrain », Harper
se serait « assuré de la légitimité de
l'engagement du Canada pour trois mois, c'est-à-dire,
au-delà de la durée d'élections
générales ».
Malheureusement, sur ce dernier point,
l'éditorialiste en question n'a pas tout à fait tort. En
appuyant sans réserve cette nouvelle aventure belliciste du
gouvernement
Harper aux côtés des États-Unis, mais aussi de la
France et de la Grande-Bretagne, les partis au parlement ont commis une
faute grave qui rend un très mauvais service au
peuple canadien.
Les partis politiques au sein du Parlement semblent
suggérer que Harper, tout en étant sur le plan
parlementaire « antidémocratique » , voire
même
« dictatorial », agit tout de même
raisonnablement et de façon juste en impliquant le Canada dans
ces actes criminels contre la Lybie. Ainsi, un des traits
caractéristiques du gouvernement Harper – qui consiste à
régler les conflits nationaux et internationaux par la force –
est passé sous silence. Passe donc sous silence, aussi,
la brutalité bestiale déclenchée contre plus d'un
millier de personnes impliquées, de près ou de loin, dans
les manifestations entourant le G-20 à Toronto. Ces nombreuses
personnes – dont on a pu connaître l'ampleur de
l'expérience dans un documentaire même de la CBC et lors
d'enquêtes mises sur pied par des organisations syndicales
et communautaires – ainsi que toutes personnes soucieuses de la
situation, sont toujours en attente d'une enquête gouvernementale
et de mesures pour que les responsables
de ces atrocités rendent des comptes pour leurs actes. Ainsi,
advenant des élections, les partis au pouvoir se gaveront d'une
bonne dose soporifique de « business as
usual » pour éviter de s'adresser aux actes criminels
du gouvernement Harper, actes d'ordre national et international, qui
s'étalent au grand jour.
Nous ne pouvons et ne devons accepter, advenant le
déclenchement d'élections, que soient
évacués ces actes criminels, en particulier cet acte
d'hostilité extrème contre
un autre pays. Il semble clair que si, en tant que peuple, nous ne
concentrons pas tous nos efforts à fixer des limites dans le cas
d'une injustice internationale aussi flagrante
que celle commise contre la Lybie, ne faudrait-il pas se
demander : quand le ferons-nous ?

Nous voulons un gouvernement anti-guerre
- Lettre à la rédaction -
L'État canadien,
représenté en partie par le gouvernement actuellement au
pouvoir, a une fois de plus montré sa nature violente dans son
soutien et sa
participation à « l'Opération veille de
l'odyssée ». Encore une fois les tenants des pouvoirs
en place aux États-Unis, soutenus
par ceux du Canada, incapables de résoudre leurs propres
problèmes, s'abaissent au plus bas niveau de l'existence humaine
pour créer le chaos, la confusion et l'instabilité de
telle
sorte que personne ne puisse comprendre ce qui se passe.
Le gouvernement qui se présente
comme le représentant des Canadiens participe à un acte
criminel contre des innocents en Libye sous prétexte de
protéger des innocents. C'est
l'hypocrisie à son comble. Il y a à peine neuf mois, ce
même État canadien a utilisé
la violente contre la population lors des manifestations du G8 et
du G20 et blâmé les «manifestants violents».
Maintenant, nous
sommes censés croire qu'il va
participer au bombardement de Libye pour protéger les civils
contre des « dictateurs violents ». Les actions et les
résultats sont les
mêmes : créer une atmosphère de violence, de
terreur et d'instabilité, semer le doute et la confusion et
empêcher
le peuple de régler ses propres problèmes et des trouver
des
solutions.
Nous ne voulons pas d'un
gouvernement pro-guerre. Cela va à l'encontre de lnos instincts
et de notre expérience en tant que gens qui travaillons
chaque jour pour nourrir et
protéger nos proches. L'idée de mener des actes
d'agression contre un peuple, qu'il soit canadien ou autre, n'est pas
acceptable. Mais le gouvernement Harper pense autrement. De connivence
avec les
États-Unis et les puissances européennes,
il manoeuvre pour accroîter sa sphère d'influence. Cela
n'a rien à voir avec la protection des civils. Et les autres
partis politiques au parlement n'offrent
aucune opposition, ils se disputent sur les détails de
l'ingérence étrangère.
Les Canadiens sont contraints d'accepter
que leur souci pour les peuples du monde se traduise par l'usage de
la force. Il s'agit d'une attaque idéologique exprimée
dans « la doctrine Obama » et au Canada par
l'idée de la
« responsabilité
de protéger ». Ce sont deux poids, deux mesures
utilisés lorsque les intérêts de l'argent et du
pouvoir sont en jeu. Nous devons résister à ces
pressions en
exigeant du gouvernement qu'il ne participe pas à ces actes
d'agression. C'est alors seulement que nous créerons l'espace
dont nous ont besoin pour discuter dans nos communautés du genre
de société et
de monde que nous voulons.

Bulletin du 28 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez
à: redaction@cpcml.ca
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