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Le
mouvement ouvrier s'oppose à l'abus de pouvoir
des monopoles et
de leur gouvernement
«Les gouvernements abdiquent leurs
responsabilités face aux pensions!»
- Entrevue, Gilles Bordeleau,
président de la section locale 6887
du Syndicat des Métallos, raffinerie CCR Xstrata à
Montréal
LML :
Lorsque nous nous sommes rencontrés à
la journée d'action des métallos en lock-out de US Steel
à Hamilton, tu as mentionné que la question
des pensions est une des questions les plus importantes en ce moment
pour tous les travailleurs. Comment vois-tu le problème ?
Gilles Bordeleau : Si on
regarde le récent budget du gouvernement Charest, on voit que ce
sont les travailleurs à faibles revenus qui vont
être les plus affectés. Le gouvernement Charest demande
aux travailleurs de s'appuyer sur leur épargne personnelle pour
augmenter leur pension mais un travailleur à faible
revenu n'a pas les moyens d'épargner. Nous sommes conscients que
les travailleurs à faibles revenus ne vont mettre que peu
d'argent de côté ou pas du tout. En même temps,
ces travailleurs-là qui essaient d'épargner de l'argent
pour leur retraite avec l'idée de prendre leur pension à
60 ans ne seront pas capables de le faire. Ceci à cause des
pénalités accrues qui leur seront mainternant
imposées par la Régie des rentes s'ils prennent leur
pension avant 65 ans. Cela va bloquer les travailleurs à
faibles
revenus.
Nous vivons une situation où les gouvernements
abdiquent leurs responsabilités face aux pensions et en
particulier face aux gens à faibles revenus. Cela n'a pas
de sens. Non seulement ils s'attaquent aux travailleurs les plus
démunis mais il y a de plus en plus de travailleurs qui vont
tomber dans les rangs des plus démunis. Les
gouvernements travaillent à l'appauvrissement collectif et non
à l'enrichissement collectif. S'il faut qu'en plus les
gouvernements augmentent dans l'avenir l'âge légal de
la retraite alors ce sera encore pire. Les compagnies ne vont jamais
vouloir payer le différentiel, les ponts comme on dit entre le
moment où le travailleur prend sa retraite
et l'âge légal de la pleine retraite.
En tant que syndicaliste, je ne revendique plus
uniquement pour les travailleurs syndiqués comme chez nous mais
pour tous les démunis qui se font rendre la vie
impossible non seulement en ce qui concerne les pensions mais avec les
frais et les taxes à la santé qu'ils ont à payer.
Il y a de plus en plus de gens qui n'iront pas se faire
soigner parce qu'ils n'ont pas les moyens de le faiire. Pendant ce
temps le coût de la vie ne va pas cesser d'augmenter. On s'est
battu toutes ces années pour un système
de pensions et de santé qui nous protège et les
gouvernements sont en train de tout laisser tomber.
LML : Comment le
problème des pensions se pose-t-il à la raffinerie ?
GB : Chez CCR, nous avons toujours
notre fonds de pension à prestations déterminées.
Cependant si on regarde autour de nous, on voit
que les industries s'en vont toutes vers un régime à
contributions déterminées. Lors de la négociation
du dernier contrat il y a un an de cela, Xstrata n'a pas essayé
de toucher
aux pensions. C'est possible qu'ils vont s'essayer la prochaine fois
dans deux ans avec une clause orphelin qui dit que les nouveaux
engagés doivent aller vers un régime
à contributions déterminées. Le nombre d'usines
avec des pensions à prestations déterminées
diminue constamment. Nous devons être prêts et nous allons
être prêts à
l'avance.
C'est ça qu'ils essaient d'imposer aux
métallos du 1005 à Hamilton et c'est pour cela que
nous sommes allés les appuyer lors de leur journée
d'action. Quand
les métallos ont dit non aux concessions sur les pensions ils
ont été mis en lock-out sans discussion. On ne peut pas
appeler cela de la négociation.
C'est une raison de plus de se tenir ensemble et
j'espère que les syndicats vont s'unir de plus en plus
indépendamment de leurs affiliations et c'est cela qui est
en train de se développer graduellement. On l'a vu à
Hamilton et nous-mêmes nous sommes allés à la
grande manifestation contre le budget Bachand pour marcher avec
tout le monde.

Windsor
Le Forum sur les pensions met en évidence la
demande pour des pensions publiques
Le 11 mars, le Forum sur les pensions du
Congrès du travail du Canada, tenu à Windsor, a
attiré plus de 300 participants. Un vote à main
levée a montré qu'au
moins les deux tiers des personnes présentes étaient des
retraités, ce qui indique à quel point les
retraités
sont préoccupés par la situation. Des
députés locaux, le ministre des
Finances de l'Ontario, Dwight Duncan, le président du CTC , Ken
Georgetti, le président national des Travailleurs unis de
l'automobile (TUA), Ken Lewensa, et d'autres,
se sont adressés aux participants.
Le forum était présidé par Dino
Chiodo, président du Conseil du travail de Windsor et du
district. Il a commencé la rencontre en présentant les
sombres statistiques selon
lesquelles il y a actuellement 1,6 millions de Canadiens qui
reçoivent le Supplément de revenu garanti seulement pour
survivre. Le président du CTC, Ken Georgetti,
a souligné dans ses remarques d'ouverture que 60 % des
Canadiens n'ont aucune pension, et que 40 % des Canadiens n'ont
aucune économie pour la retraite.
Il a cité des prédictions selon lesquelles les
dépenses fédérales en ce qui concerne le
Supplément de revenu garanti passeront de
9,2 milliards $ à plus de
22 milliards $ au cours des vingt prochaines années.
Le ministre des Finances de l'Ontario, Dwight Duncan, a
déclaré: « Un des grands accomplissements
de politique sociale de la dernière partie du 20e
siècle
a été la réduction de la pauvreté parmi les
Canadiens âgés, particulièrement les femmes
aînées. Le taux de pauvreté chez les femmes
âgées a baissé de 92 % depuis
l'avènement du Régime de pensions du Canada, cela depuis
les 40 dernières années. Si nous ne faisons pas les
efforts réclamés par le Congrès du Travail du
Canada, les
TUA et d'autres, nous risquons de perdre ce progrès. »
Tous les orateurs se sont montrés très
critiques à l'égard du ministre fédéral des
Finances, Jim Flaherty, qui est revenu sur sa promesse
d'améliorer le Régime de pensions
du Canada.
Le dernier orateur au forum, le président
national des TUA, Ken Lewensa, a remarqué: « S'il y a
une chose qui a galvanisé le mouvement ouvrier et
rassemblé
le mouvement dans l'unité en appui à une juste cause,
c'est bien l'appui à notre programme de pensions au Canada. Nous
reconnaissons que nous avons été silencieux trop
longtemps en ce qui concerne le Régime de pensions du Canada.
Nous reconnaissons que, en tant que travailleurs syndiqués, que
pendant que nous faisions des gains avec
nos plans de pension, nous laissions les Canadiens ordinaires
derrière. Après la crise financière mondiale en
2008, nous nous sommes assis et nous nous sommes demandés,
sommes-nous assez progressistes ? Est-ce que notre voix est assez
forte ? La plupart des Canadiens, au moins de 30 % à
35 % des travailleurs qui
voient leur plan de pension négocié par un syndicat, sont
vus comme des gens différents. Pourquoi est-ce que tous les
Canadiens ne s'uniraient-ils pas dans le meilleur intérêt
de tous les retraités. »
Le forum a aidé à constater la
réalité
du besoin d'un système de pensions national, qui crée des
conditions de vie stable à tous les retraités et tous les
aînés
sans exception.

Bulletin du 28 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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