Le mouvement ouvrier s'oppose à l'abus de pouvoir
des monopoles et de leur gouvernement

«Les gouvernements abdiquent leurs responsabilités face aux pensions!»

LML : Lorsque nous nous sommes rencontrés à la journée d'action des métallos en lock-out de US Steel à Hamilton, tu as mentionné que la question des pensions est une des questions les plus importantes en ce moment pour tous les travailleurs. Comment vois-tu le problème ?

Gilles Bordeleau : Si on regarde le récent budget du gouvernement Charest, on voit que ce sont les travailleurs à faibles revenus qui vont être les plus affectés. Le gouvernement Charest demande aux travailleurs de s'appuyer sur leur épargne personnelle pour augmenter leur pension mais un travailleur à faible revenu n'a pas les moyens d'épargner. Nous sommes conscients que les travailleurs à faibles revenus ne vont mettre que peu d'argent de côté ou pas du tout. En même temps, ces travailleurs-là qui essaient d'épargner de l'argent pour leur retraite avec l'idée de prendre leur pension à 60 ans ne seront pas capables de le faire. Ceci à cause des pénalités accrues qui leur seront mainternant imposées par la Régie des rentes s'ils prennent leur pension avant 65 ans. Cela va bloquer les travailleurs à faibles revenus.

Nous vivons une situation où les gouvernements abdiquent leurs responsabilités face aux pensions et en particulier face aux gens à faibles revenus. Cela n'a pas de sens. Non seulement ils s'attaquent aux travailleurs les plus démunis mais il y a de plus en plus de travailleurs qui vont tomber dans les rangs des plus démunis. Les gouvernements travaillent à l'appauvrissement collectif et non à l'enrichissement collectif. S'il faut qu'en plus les gouvernements augmentent dans l'avenir l'âge légal de la retraite alors ce sera encore pire. Les compagnies ne vont jamais vouloir payer le différentiel, les ponts comme on dit entre le moment où le travailleur prend sa retraite et l'âge légal de la pleine retraite.

En tant que syndicaliste, je ne revendique plus uniquement pour les travailleurs syndiqués comme chez nous mais pour tous les démunis qui se font rendre la vie impossible non seulement en ce qui concerne les pensions mais avec les frais et les taxes à la santé qu'ils ont à payer. Il y a de plus en plus de gens qui n'iront pas se faire soigner parce qu'ils n'ont pas les moyens de le faiire. Pendant ce temps le coût de la vie ne va pas cesser d'augmenter. On s'est battu toutes ces années pour un système de pensions et de santé qui nous protège et les gouvernements sont en train de tout laisser tomber.

LML : Comment le problème des pensions se pose-t-il à la raffinerie ?

GB : Chez CCR, nous avons toujours notre fonds de pension à prestations déterminées. Cependant si on regarde autour de nous, on voit que les industries s'en vont toutes vers un régime à contributions déterminées. Lors de la négociation du dernier contrat il y a un an de cela, Xstrata n'a pas essayé de toucher aux pensions. C'est possible qu'ils vont s'essayer la prochaine fois dans deux ans avec une clause orphelin qui dit que les nouveaux engagés doivent aller vers un régime à contributions déterminées. Le nombre d'usines avec des pensions à prestations déterminées diminue constamment. Nous devons être prêts et nous allons être prêts à l'avance.

C'est ça qu'ils essaient d'imposer aux métallos du 1005 à Hamilton et c'est pour cela que nous sommes allés les appuyer lors de leur journée d'action. Quand les métallos ont dit non aux concessions sur les pensions ils ont été mis en lock-out sans discussion. On ne peut pas appeler cela de la négociation.

C'est une raison de plus de se tenir ensemble et j'espère que les syndicats vont s'unir de plus en plus indépendamment de leurs affiliations et c'est cela qui est en train de se développer graduellement. On l'a vu à Hamilton et nous-mêmes nous sommes allés à la grande manifestation contre le budget Bachand pour marcher avec tout le monde.

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Windsor

Le Forum sur les pensions met en évidence la demande pour des pensions publiques

Le 11 mars, le Forum sur les pensions du Congrès du travail du Canada, tenu à Windsor, a attiré plus de 300 participants. Un vote à main levée a montré qu'au moins les deux tiers des personnes présentes étaient des retraités, ce qui indique à quel point les retraités sont préoccupés par la situation. Des députés locaux, le ministre des Finances de l'Ontario, Dwight Duncan, le président du CTC , Ken Georgetti, le président national des Travailleurs unis de l'automobile (TUA), Ken Lewensa, et d'autres, se sont adressés aux participants.

Le forum était présidé par Dino Chiodo, président du Conseil du travail de Windsor et du district. Il a commencé la rencontre en présentant les sombres statistiques selon lesquelles il y a actuellement 1,6 millions de Canadiens qui reçoivent le Supplément de revenu garanti seulement pour survivre. Le président du CTC, Ken Georgetti, a souligné dans ses remarques d'ouverture que 60 % des Canadiens n'ont aucune pension, et que 40 % des Canadiens n'ont aucune économie pour la retraite. Il a cité des prédictions selon lesquelles les dépenses fédérales en ce qui concerne le Supplément de revenu garanti passeront de 9,2 milliards $ à plus de 22 milliards $ au cours des vingt prochaines années.

Le ministre des Finances de l'Ontario, Dwight Duncan, a déclaré: « Un des grands accomplissements de politique sociale de la dernière partie du 20e siècle a été la réduction de la pauvreté parmi les Canadiens âgés, particulièrement les femmes aînées. Le taux de pauvreté chez les femmes âgées a baissé de 92 % depuis l'avènement du Régime de pensions du Canada, cela depuis les 40 dernières années. Si nous ne faisons pas les efforts réclamés par le Congrès du Travail du Canada, les TUA et d'autres, nous risquons de perdre ce progrès. »

Tous les orateurs se sont montrés très critiques à l'égard du ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, qui est revenu sur sa promesse d'améliorer le Régime de pensions du Canada.

Le dernier orateur au forum, le président national des TUA, Ken Lewensa, a remarqué: « S'il y a une chose qui a galvanisé le mouvement ouvrier et rassemblé le mouvement dans l'unité en appui à une juste cause, c'est bien l'appui à notre programme de pensions au Canada. Nous reconnaissons que nous avons été silencieux trop longtemps en ce qui concerne le Régime de pensions du Canada. Nous reconnaissons que, en tant que travailleurs syndiqués, que pendant que nous faisions des gains avec nos plans de pension, nous laissions les Canadiens ordinaires derrière. Après la crise financière mondiale en 2008, nous nous sommes assis et nous nous sommes demandés, sommes-nous assez progressistes ? Est-ce que notre voix est assez forte ? La plupart des Canadiens, au moins de 30 % à 35 % des travailleurs qui voient leur plan de pension négocié par un syndicat, sont vus comme des gens différents. Pourquoi est-ce que tous les Canadiens ne s'uniraient-ils pas dans le meilleur intérêt de tous les retraités. »

Le forum a aidé à constater la réalité du besoin d'un système de pensions national, qui crée des conditions de vie stable à tous les retraités et tous les aînés sans exception.

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Bulletin du 28 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca