Le mouvement ouvrier s'oppose à l'abus de
pouvoir des monopoles et de leur gouvernement

Postes Canada veut nous ramener en arrière

Les travailleurs des postes tiennent des Journées d'action mensuelles partout au pays pour s'opposer aux attaques de Postes Canada contre leurs conditions de travail, notamment avec l'application de la stratégie « Poste moderne », et aux nombreuses demandes de concessions que l'employeur apporte à la table dans la négociation d'une nouvelle convention collective. Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) rejette ces demandes de concessions qui ciblent à la fois les retraités et les futures employés. Il demande des conditions de travail qui correspondent à l'important service qu'ils procurent et rejette les tactiques de division de la société d'État qui cherche à imposer des conditions de travail à deux paliers. Les travailleurs et travailleuses des postes s'opposent fermement à la déréglementation et à la privatisation des services par Postes Canada et le gouvernement Harper.

Voici un des récents communiqués de Denis Lemelin, président national du STTP et négociateur en chef, sur l'offre inacceptable de la société d'État.

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La direction de Postes Canada a souvent accusé les travailleuses et travailleurs des postes de « vivre dans le passé ». Lors d'une ronde de négociations en particulier, le négociateur en chef de la Société avait même qualifié les membres du STTP de « dinosaures ». Or, l'offre globale présentée par Postes Canada montre bien que c'est la direction, et non le Syndicat, qui veut un retour en arrière.

Salaires : Postes Canada veut fixer le taux de salaire des commis PO2 ou PO4, des factrices et facteurs et des courriers des services postaux embauchés après la date de signature de la convention collective à 17,50 $ l'heure. La dernière fois que le taux de salaire initial d'un commis PO4 a été de 17,50 $ l'heure ou moins remonte à 1999.

Congés de maladie : Postes Canada veut supprimer les congés de maladie de tous les employés et employées et imposer un programme d'assurance-invalidité de courte durée. L'obtention du droit des travailleuses et travailleurs des postes à plein temps aux congés de maladie remonte à 1968.

Demi-heure de repas payée : Postes Canada veut que les employées et employés embauchés après la date de signature de la convention collective n'aient droit à une période de repas payée qu'après 10 ans de service à titre d'employée ou employé régulier, et la pause-repas payée ne serait alors que de 10 minutes. L'obtention du droit des commis des postes à plein temps à une demi-heure de repas payée remonte à 1980.

Congés annuels : Postes Canada veut supprimer la septième semaine de congé annuel pour tous les employés et employées qui n'y ont pas encore droit. Les commis des postes ont obtenu le droit à la septième semaine de congé annuel en 1980.

Indexation du régime de retraite : Postes Canada veut plafonner l'indexation du régime de retraite à 75 % du taux d'inflation pour tous les employés et employées embauchés après la date de signature de la convention collective. La dernière fois que les employées et employés réguliers de Postes Canada ont été privés de la pleine indexation du régime de retraite est lorsque celle-ci a été plafonnée dans le cadre du programme de contrôle salarial des « 6 % et 5 % » du gouvernement Trudeau, en 1984.

Prestations pour accident du travail : Postes Canada veut réduire les prestations pour accident du travail à 75 % du salaire brut. La dernière fois que les employées et employés réguliers du groupe 1 ont été privés de prestations pour accident du travail correspondant à 100 % de leur salaire remonte à 1976.

Retraite anticipée : Postes Canada veut hausser de 55 ans à 60 ans l'âge auquel les employées et employés comptant 30 ans de service peuvent prendre leur retraite sans subir de pénalité. La dernière fois que les travailleuses et travailleurs des postes comptant 30 ans de service n'ont pas eu droit à une retraite anticipée à 55 ans sans pénalité remonte à 1971.

L'avenir que souhaite le STTP en est un où les travailleuses et travailleurs des postes sont traités avec respect et égalité et obtiennent leur part des avantages découlant des nouvelles technologiques. Participez au vote de grève dans votre section locale et dites à la direction de Postes Canada de cesser de vouloir nous ramener en arrière.

Note : Postes Canada a renoncé à sa proposition visant à supprimer les périodes payées pour se laver les mains.

Solidarité,

Denis Lemelin
Président national et négociateur en chef

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Conditions de travail intenables à Postes Canada

LML : Postes Canada a averti votre section locale récemment qu'elle va commencer à appliquer la poste moderne à Hamilton.

Ken Heydrich : Oui nous avons reçu un avis en février à cet effet. Postes Canada nous informe que nous allons perdre 12 emplois de facteurs par dépôt dans nos deux dépôts quand la poste moderne va entrer en vigueur à Hamilton en octobre prochain. Comme vous le savez, la poste moderne change la façon dont le courier est livré. Postes Canada va installer de nouvelles machines de tri séquentiel du courrier dans notre plus grande station. Cela veut dire que les facteurs ne vont plus trier leur courrier et vont donc passer moins de temps au dépôt et plus de temps à l'extérieur à livrer le courrier. Le temps passé à livrer le courrier est la partie la plus dure du travail. Les facteurs vont maintenant passer environ 6 heures par jour sur leur route au lieu de 3 heures et demie ou quatre heures comme c'est le cas à l'heure actuelle. Nous savons déjà que l'application de la Poste moderne à Winnipeg a fait augmenter en flèche le nombre des blessures et que les postiers de Winnipeg ont dû débrayer pour s'opposer à ces nouvelles conditions de travail.

À l'heure actuelle, même si la Poste moderne n'est pas encore en application, Postes Canada force les facteurs à faire beaucoup de temps supplémentaire et le nombre des blessures a déjà grandement augmenté. Les facteurs se présentent au travail et leurs effectifs sont tellement réduits qu'ils se font dire qu'ils doivent prendre sur eux une partie d'une route puis une partie d'une autre ce qui mène à des quarts de travail de 10 à 14 heures. La situation est déjà catastrophique et la Poste Moderne va venir l'empirer encore davantage.

Nous avons une clause dans notre convention collective qui permet à Postes Canada d'imposer du temps supplémentaire dans des circonstances exceptionnelles. Ce qu'ils font maintenant c'est qu'ils ne fournissent pas de travailleurs de relève pour couvrir les absences. Les travailleurs de relève sont utilisés pour couvrir les absences à long terme et rien n'est prévu pour les remplacer dans les cas d'absences à court terme. Nous sommes toujours réduits à un strict minimum d'effectifs. Quand nous avons une absence à court terme à couvrir, il n'y a pas de travailleurs de relève pour le faire. Nos facteurs sont alors forcés d'ajouter une partie de ces routes à la leur. Tout ceci est fait très consciemment par Postes Canada.

L'employeur applique la méthode « kaizen » de Toyota. Selon cette méthode, on réduit constamment le nombre de travailleurs sur la chaîne de montage et on étudie combien de fois la chaîne s'arrête ou ralentit ; les travailleurs sont retirés un à un de la chaîne jusqu'à ce que celle-ci s'arrête. Tout cela est très semblable à ce que fait Postes Canada. Elle fait des expériences sur nous et nous pousse à la limite du possible. Ce temps supplémentaire imposé est maintenant devenu chose quotidienne et le nombre de travailleurs qui se blessent à l'ouvrage monte en flèche. Nos travailleurs ne sont pas des chevaux bâtis pour marcher sans arrêt. Notre convention collective et le Code du travail stipulent qu'avant que des changements technologiques soient appliqués il faut en discuter les effets négatifs possibles. Nous avons des discussions avec l'employeur à ce sujet mais elles ne mènent à rien et les changements sont appliqués sans égard à nos objections.

Ce ne sont pas seulement les facteurs qui sont testés à la limite mais le public également. À mesure que la livraison du courrier accumule des retards en raison des conditions de travail de plus en plus impossibles, Postes Canada examine le niveau de plaintes qu'elle reçoit de la population. Elle étudie l'effet des délais sur le public. Elle fait des expériences sur le public pour voir jusqu'où elle peut aller avant d'arriver à un point de rupture.

Je pense que fondamentalement Postes Canada est en train d'essayer de privatiser le service postal en le rendant inapte à fonctionner. Elle pousse les limites jusqu'à ce que le service devienne inopérable. Dans un service comme le service postal, si le service ne peut pas être dispensé, la question est immédiatement posée de comment s'en débarrasser. Qui peut s'en emparer et le dispenser pour moins cher ? C'est cela je pense que Postes Canada est en train de faire.

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Bulletin du 28 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca