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Le
mouvement ouvrier s'oppose à l'abus de
pouvoir des monopoles et de leur
gouvernement
Postes Canada veut nous ramener en arrière
- Denis Lemelin, président
national et négociateur
en chef, STTP, 23 mars 2011 -
Les travailleurs des postes
tiennent des Journées
d'action mensuelles partout au pays pour s'opposer aux attaques de
Postes Canada contre leurs conditions de travail,
notamment avec l'application de la stratégie « Poste
moderne », et aux nombreuses demandes de concessions que
l'employeur apporte à la table dans la
négociation d'une nouvelle convention collective. Le Syndicat
des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) rejette ces
demandes de concessions qui ciblent à la fois
les retraités et les futures employés. Il demande des
conditions de travail qui correspondent à l'important service
qu'ils procurent et rejette les tactiques de division de la
société d'État qui cherche à imposer des
conditions de travail à deux paliers. Les travailleurs et
travailleuses des postes s'opposent fermement à la
déréglementation et à la
privatisation des services par Postes Canada et le gouvernement Harper.
Voici un des récents communiqués de Denis
Lemelin, président national du STTP et négociateur en
chef, sur l'offre inacceptable de la société
d'État.
* * *
La direction de Postes Canada a souvent accusé
les travailleuses et travailleurs des postes de « vivre dans
le passé ». Lors d'une ronde de négociations
en
particulier, le négociateur en chef de la Société
avait même qualifié les membres du STTP de
« dinosaures ». Or, l'offre globale
présentée par Postes Canada
montre bien que c'est la direction, et non le Syndicat, qui veut un
retour en arrière.
Salaires : Postes Canada veut fixer le taux
de salaire des commis PO2 ou PO4, des factrices et facteurs et des
courriers des services postaux
embauchés après la date de signature de la convention
collective à 17,50 $ l'heure. La dernière fois que
le taux de salaire initial d'un commis PO4 a été de
17,50 $ l'heure ou moins remonte à 1999.
Congés de maladie : Postes Canada
veut supprimer les congés de maladie de tous les employés
et employées et imposer un programme
d'assurance-invalidité de courte durée. L'obtention du
droit des travailleuses et travailleurs des postes à plein temps
aux congés de maladie remonte à 1968.
Demi-heure de repas payée : Postes
Canada veut que les employées et employés
embauchés après la date de signature de la convention
collective n'aient
droit à une période de repas payée qu'après
10 ans de service à titre d'employée ou employé
régulier, et la pause-repas payée ne serait alors que de
10 minutes. L'obtention du droit des commis des postes à plein
temps à une demi-heure de repas payée remonte à
1980.
Congés annuels : Postes Canada veut
supprimer la septième semaine de congé annuel pour tous
les employés et employées qui n'y ont pas encore droit.
Les commis des postes ont obtenu le droit à la septième
semaine de congé annuel en 1980.
Indexation du régime de retraite :
Postes Canada veut plafonner l'indexation du régime de retraite
à 75 % du taux d'inflation pour tous les
employés et employées embauchés après la
date de signature de la convention collective. La dernière fois
que les employées et employés réguliers de Postes
Canada ont été
privés de la pleine indexation du régime de retraite est
lorsque celle-ci a été plafonnée dans le cadre du
programme de contrôle salarial des « 6 % et
5 % » du gouvernement Trudeau, en 1984.
Prestations pour accident du travail :
Postes Canada veut réduire les prestations pour accident du
travail à 75 % du salaire brut. La dernière
fois que les employées et employés réguliers du
groupe 1 ont été privés de prestations pour
accident du travail correspondant à 100 % de leur salaire
remonte
à 1976.
Retraite anticipée : Postes Canada
veut hausser de 55 ans à 60 ans l'âge auquel les
employées et employés comptant 30 ans de service peuvent
prendre leur retraite sans subir de pénalité. La
dernière fois que les travailleuses et travailleurs des postes
comptant 30 ans de service n'ont pas eu droit à une retraite
anticipée
à 55 ans sans pénalité remonte à 1971.
L'avenir que souhaite le STTP en est un où les
travailleuses et travailleurs des postes sont traités avec
respect et égalité et obtiennent leur part des avantages
découlant
des nouvelles technologiques. Participez au vote de grève dans
votre section locale et dites à la direction de Postes Canada de
cesser de vouloir nous ramener en arrière.
Note : Postes Canada a renoncé à sa
proposition visant à supprimer les périodes payées
pour se laver les mains.
Solidarité,
Denis Lemelin
Président national et négociateur en chef

Conditions de travail intenables
à Postes Canada
Entrevue: Ken Heydrich, deuxième
vice-président, section de
Hamilton du Syndicat des travailleurs
et travailleuses des postes
LML :
Postes Canada a averti votre section locale
récemment qu'elle va commencer à appliquer la poste
moderne à Hamilton.
Ken Heydrich : Oui nous
avons reçu un avis en février à cet effet. Postes
Canada nous informe que nous allons perdre 12 emplois
de facteurs par dépôt dans nos deux dépôts
quand la poste moderne va entrer en vigueur à Hamilton en
octobre prochain. Comme vous le savez, la poste moderne change
la façon dont le courier est livré. Postes Canada va
installer de nouvelles machines de tri séquentiel du courrier
dans notre plus grande station. Cela veut dire que les facteurs
ne vont plus trier leur courrier et vont donc passer moins de temps au
dépôt et plus de temps à l'extérieur
à livrer le courrier. Le temps passé à livrer le
courrier est la partie
la plus dure du travail. Les facteurs vont maintenant passer environ
6 heures par jour sur leur route au lieu de 3 heures et demie
ou quatre heures comme c'est
le cas à l'heure actuelle. Nous savons déjà que
l'application de la Poste moderne à Winnipeg a fait augmenter en
flèche le nombre des blessures et que les postiers de
Winnipeg ont dû débrayer pour s'opposer à ces
nouvelles conditions de travail.
À l'heure actuelle, même si la Poste
moderne n'est pas encore en application, Postes Canada force les
facteurs à faire beaucoup de temps supplémentaire et le
nombre des blessures a déjà grandement augmenté.
Les facteurs se présentent au travail et leurs effectifs sont
tellement réduits qu'ils se font dire qu'ils doivent prendre sur
eux une partie d'une route puis une partie d'une autre ce qui
mène à des quarts de travail de 10 à
14 heures. La situation est déjà catastrophique et
la Poste Moderne
va venir l'empirer encore davantage.
Nous avons une clause dans notre convention collective
qui permet à Postes Canada d'imposer du temps
supplémentaire dans des circonstances exceptionnelles.
Ce qu'ils font maintenant c'est qu'ils ne fournissent pas de
travailleurs de relève pour couvrir les absences. Les
travailleurs de relève sont utilisés pour couvrir les
absences
à long terme et rien n'est prévu pour les remplacer dans
les cas d'absences à court terme. Nous sommes toujours
réduits à un strict minimum d'effectifs. Quand nous avons
une absence à court terme à couvrir, il n'y a pas de
travailleurs de relève pour le faire. Nos facteurs sont alors
forcés d'ajouter une partie de ces routes à la leur. Tout
ceci
est fait très consciemment par Postes Canada.
L'employeur applique la méthode
« kaizen » de Toyota. Selon cette méthode,
on réduit constamment le nombre de travailleurs sur la
chaîne de
montage et on étudie combien de fois la chaîne
s'arrête ou ralentit ; les travailleurs sont retirés
un à un de la chaîne jusqu'à ce que celle-ci
s'arrête. Tout cela est très
semblable à ce que fait Postes Canada. Elle fait des
expériences sur nous et nous pousse à la limite du
possible. Ce temps supplémentaire imposé est maintenant
devenu chose
quotidienne et le nombre de travailleurs qui se blessent à
l'ouvrage monte en flèche. Nos travailleurs ne sont pas des
chevaux bâtis pour marcher sans arrêt. Notre convention
collective et le Code du travail stipulent qu'avant que des changements
technologiques soient appliqués il faut en discuter les effets
négatifs possibles. Nous avons des
discussions avec l'employeur à ce sujet mais elles ne
mènent à rien et les changements sont appliqués
sans égard à nos objections.
Ce ne sont pas seulement les facteurs qui sont
testés à la limite mais le public également.
À mesure que la livraison du courrier accumule des retards en
raison
des conditions de travail de plus en plus impossibles, Postes Canada
examine le niveau de plaintes qu'elle reçoit de la population.
Elle étudie l'effet des délais sur le public.
Elle fait des expériences sur le public pour voir
jusqu'où elle peut aller avant d'arriver à un point de
rupture.
Je pense que fondamentalement Postes Canada est en
train d'essayer de privatiser le service postal en le rendant inapte
à fonctionner. Elle pousse les limites jusqu'à
ce que le service devienne inopérable. Dans un service comme le
service postal, si le service ne peut pas être dispensé,
la question est immédiatement posée de comment
s'en débarrasser. Qui peut s'en emparer et le dispenser pour
moins cher ? C'est cela je pense que Postes Canada est en train de
faire.

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