41e anniversaire de fondation
du Parti communiste du Canada (marxiste-léniniste)

Faites vôtre le travail du PCC(M-L) pour le renouveau politique sur une nouvelle base historique

Aujourd'hui est le 41e anniversaire de la fondation du Parti. En cette occasion, le Comité central transmet ses salutations révolutionnaires à tous les membres et amis du Parti et leur souhaite de nouveaux succès dans leur travail.

Cet anniversaire arrive à un moment où le Canada est plongé dans une élection fédérale et où le gouvernement vient d'engager l'armée canadienne dans une autre guerre d'agression. Le Canada est maintenant engagé dans des guerres en Afghanistan et en Libye à titre de complice annexé de l'impérialisme américain. Les États-Unis ont exprimé leur confiance renouvelée dans le Canada en lui accordant le commandement des forces de l'OTAN dans le bombardement de la Libye.

Dans le contexte de ces guerres et des préparatifs pour des guerres encore plus étendues et plus meurtrières, le Parti lance un appel à tous et toutes à se joindre à son travail pour le renouveau politique sur une nouvelle base historique.

La presse du Parti a publié de nombreux articles portant sur la rupture unilatérale du contrat social de l'après-Deuxième Guerre mondiale et sur le renversement du droit international établi suite à la victoire sur le fascisme. En approuvant le lancement de cette agression contre la Libye, le Conseil de sécurité de l'ONU a maintenant officiellement violé la Charte de l'ONU. La Charte interdit l'atteinte à la souveraineté de pays qui ne menacent pas d'autres pays ainsi que l'intervention dans les affaires intérieures de pays souverains, notamment en prenant partie dans une guerre civile.

L'agression initiée par les États-Unis en Irak, les bombardements de l'OTAN dans l'ancienne Yougoslavie, la guerre de l'OTAN dirigée par les États-Unis en Afghanistan et l'intensification des raids par avion sans pilote au Pakistan signalent en pratique que toutes les notions de souveraineté de l'après-guerre appartiennent dorénavant au passé. Mais ce n'est que maintenant, avec l'agression contre la Libye, que cette négation illégitime et immorale de la souveraineté reçoit la sanction légale du Conseil de sécurité de l'ONU. Le Conseil de sécurité déclare ainsi que, dorénavant, aucun pays n'est à l'abri d'une agression par les prédateurs impérialistes.

Le discours du 28 mars du président Barack Obama, dans lequel il expose son raisonnement pour l'agression militaire contre la Libye, représente aussi une nette démarcation par rapport aux arrangements de droit qui ont régi les affaires internationales depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. En bref, le président des États-Unis déclare mort le vieux débat sur l'inviolabilité de la souveraineté des nations et le principe de la non-ingérence dans les affaires internes de pays souverains. La force est dorénavant le moyen principal de régler les différends dans les affaires internationales, proclame-t-il, que ce soit unilatéralement, en coalition ou même parfois avec l'approbation du Conseil de sécurité de l'ONU. Il a ensuite dit que l'approbation par les États-Unis des sanctions de l'ONU contre la Libye ne doit pas être considérée comme étant la « doctrine Obama » parce que les États-Unis décideront du sort de chaque pays séparément.

Le Canada s'est joint à cette infamie. Avec l'approbation unanime de l'agression contre la Libye souveraine et de la participation directe du Canada à cette agression par le parlement canadien, les quatre partis à la Chambre des communes ont donné l'aval du Canada à cette rupture avec les normes de l'après-guerre.

Les États-Unis, leur béni-oui-oui canadien et les autres grandes puissances se donnent ainsi une nouvelle raison d'État qui est inacceptable pour l'humanité. Au nom de l'intérêt national des pays les plus puissants, les armées de ces puissances impérialistes ont maintenant le droit légal de marauder, d'envahir et d'occuper à volonté pour rediviser le monde et s'emparer des ressources naturelles et du travail et conquérir les marchés et les sphères d'influence, piller les avoirs nationaux, comme les milliards de dollars pillés à la Libye comme si de rien n'était, et bloquer ou contrôler l'accès des autres pays aux territoires nouvellement annexés. Le prétexte donné a peu d'importance car il est facile d'en inventer en invoquant la « responsabilité de protéger », « la guerre contre le terrorisme et le trafic de la drogue », « la lutte à la piraterie » ou tout simplement la défense de l'intérêt national.

Tentatives d'échapper à l'appel de l'histoire

La doctrine étasunienne pour la guerre impérialiste est conçue pour échapper à l'appel de l'histoire et à sa nécessité de changement.. Du Caire à la Libye à l'Amérique latine, la doctrine Obama proclame : « Oublions le passé. Tournons-nous vers l'avenir sans prendre la responsabilité des crimes passés et sans résoudre les contradictions du passé. » Elle dit aux Palestiniens que la question de la terre n'est plus d'actualité, acceptez les choses comme elles sont. Elle dit aux Coréens que la vie sans l'occupation étasunienne est un rêve dépassé. La réunification de la nation coréenne, n'y songez même pas. Obama a refusé de s'excuser auprès des Chiliens pour la dictature Pinochet installée au pouvoir par les États-Unis en disant : « Évidemment, l'histoire des relations entre les États-Unis et l'Amérique latine a connu des moments houreux et difficiles. Je crois qu'il est cependant important qu'à mesure que nous comprenons mieux notre histoire et que nous en avons une vision plus claire, nous ne soyons pas captifs de l'histoire. »

Ces tentatives d'échapper à l'appel de l'histoire ont pour but d'empêcher les peuples du monde de répondre à la nécessité de changement.

La démocratie libérale : chose du passé

Si la décision du Conseil de sécurité de l'ONU d'attaquer la Libye signale la fin de la primauté du droit international de l'après-guerre, les arrangements historiques au Canada sont également finis. Cela comprend le contrat social basé sur l'alliance libérale-syndicale mais aussi la définition des droits avec limites raisonnables qui a vu le jour après la Deuxième Guerre mondiale et qui a par la suite été enchâssée dans la Charte canadienne des droits et libertés. La défaite de l'Accord de Charlottetown en 1992 et le déséquilibre qui s'est installé par la suite au parlement, qui mettait fin à l'arrangement selon lequel le Parti de l'Opposition est une alternative au Parti au Pouvoir, a mené à la création d'un système de cartel de partis. Le système de cartel de partis a permis l'autocratie Harper, même en situation minoritaire au Parlement, parce que les partis qui servent un programme dicté par les monopoles défendent à toute fin pratique les mêmes politiques antisociales et antinationales.

L'ère de la démocratie libérale, inaugurée au Canada avec l'avènement du XXe siècle et le régime du Parti libéral de Wilfrid Laurier, est maintenant décidément révolue.

L'arrangement démocratique libéral fondé sur les notions d'accommodements raisonnables a donné naissance à la théorie des deux nations fondatrices, qui a permis de créer la Confédération et d'éviter l'annexion du Canada aux États-Unis à l'époque.

Durant l'après-Deuxième Guerre mondiale, ces accommodements ont donné naissance à la notion de droits fondés d'abord sur le bilinguisme et le biculturalisme, puis sur le multiculturalisme et sa reconnaissance des « minorités visibles » suivant une conception raciste, par opposition à des droits de citoyens qui sont les mêmes pour tous, sans égard à la race, au sexe, à l'origine nationale ou à toute autre considération, et à une notion de personnes d'origine autochtone par opposition à la reconnaissance des droits ancestraux de toutes les Premières Nations.

L'histoire a montré que le libéralisme est une doctrine pragmatique qui accommode toujours les revendications des classes dominantes pour ce qui est de diviser le corps politique sur la base de différents intérêts sectoriels pour protéger le pouvoir des classes possédantes. Pragmatistes, durant la période de l'après-guerre les libéraux ont répondu à ces revendications avec la création d'un État providence fondé sur une alliance libérale-syndicale et une conciliation social-démocrate avec le pouvoir des classes possédantes. Le libéralisme du XIXe siècle est devenu la social-démocratie du XXe siècle, une autre forme de pouvoir bourgeois.

Aujourd'hui la doctrine libérale pragmatique doit répondre à de nouvelles revendications des classes dominantes et de l'impérialisme américain. Dans son incarnation néolibérale elle prend une forme fasciste de la démocratie bourgeoise. Politiquement, cela se traduit par la concentration du pouvoir politique entre les mains d'un nombre toujours plus restreint de personnes, reflet de la concentration du pouvoir économique entre les mains des monopoles mondiaux. Le pouvoir politique et l'exercice de ce pouvoir sont concentrés dans la fonction du cabinet du premier ministre du Canada et celui des premiers ministres provinciaux et des maires des grandes villes. Le pouvoir économique et l'exercice de ce pouvoir sont concentrés dans les institutions des monopoles mondiaux. Le droit public est écarté en faveur du « droit de monopole ».

La nécessité d'agir sur une nouvelle base historique

Pour arrêter Harper, le PCC(M-L) lance l'appel à tous à joindre son travail pour le renouveau politique sur une nouvelle base historique et pour former un gouvernement anti-guerre. Cela signifie que la classe ouvrière doit devenir la classe dirigeante qui ose créer une société à son image à l'heure où les conservateurs, libéraux et néo-démocrates pro-guerre se portent à la défense de la vieille société. Mais la vieille société, l'ère de la démocratie libérale, y compris dans sa forme sociale-démocrate, s'est désintégrée et a fait place à la mondialisation néolibérale, une forme antisociale et fasciste du pouvoir bourgeois.

Pour cette raison, pour réaliser le désir du peuple de s'investir du pouvoir de décider aujourd'hui, il faut nécessairement des définitions modernes et une conception du monde moderne. Ce n'est qu'armé de définitions modernes fondées sur une conception du monde moderne qui correspond à la nouvelle période historique que le peuple peut se saisir des facteurs révolutionnaires objectifs qui surgissent et les intégrer à sa conscience.

À l'occasion du 41e anniversaire du Parti, le Comité central du PCC(M-L) demande à tous les membres du Parti de réaffirmer l'importance d'orienter leur travail sur la nouvelle base historique. Sans que les travailleurs ne s'orientent eux aussi vers ce qui est requis pour créer un brillant avenir en bloquant ce qui est inacceptable, la transformation sociale requise n'aura pas lieu et les dangers qui planent sur l'humanité vont s'aggraver. Le Parti considère que la base pour la victoire de la classe ouvrière est son organisation en tant que classe et en un parti révolutionnaire, sa conscience en tant que classe et sa mobilisation idéologique et politique maximales. Cela veut dire que le facteur humain/conscience sociale doit être au centre de toute activité.

Il faut un effort concerté pour faire échec aux manoeuvres de la bourgeoisie pour rendre la classe ouvrière passive face à la situation. Cela peut se faire si les travailleurs continuent d'accélérer le rythme de leur résistance organisée à l'offensive antiouvrière, antisociale et antinationale et prennent résolument des mesures pour formuler leur propre programme pro-social.

Pour commencer, il est nécessaire d'élever le niveau de la politique au Canada, qui a été rabaissée à son plus bas niveau par la bourgeoisie et ses appuis politiques et sociaux. Deuxièmement, il est nécessaire de trouver comment la classe ouvrière et le peuple pourront se gouverner eux-mêmes, pour agir sur leurs conditions de vie et de travail sur une nouvelle base et aller de l'avant avec confiance. En d'autres mots, le fait d'élever le niveau de la discussion politique créera les conditions nécessaires pour résoudre le problème de l'affirmation du pouvoir et de la souveraineté du peuple, sa capacité de participer aux prises de décisions qui le concernent.

Le PCC(M-L) accorde à cet égard une attention de premier ordre à la création des mécanismes qui permettront au peuple de lui-même formuler et fixer l'ordre du jour politique et acquérir la force nécessaire pour le réaliser.

Le fondateur et dirigeant du PCC(M-L), le camarade Hardial Bains, faisait remarquer un an avant sa mort :

« L'interprétation dogmatique de la réalité est la condition même de la marginalisation du peuple. Elle l'empêche de mettre à contribution le facteur humain/conscience sociale de sorte que les êtres humains et leurs énergies créatrices deviennent le facteur décisif, la vie elle-même. Sans se placer au centre de la vie réelle en détruisant l'interprétation dogmatique de cette vie réelle dans toutes ses expressions et manifestations, la qualité essentielle de l'être humain continuera d'être niée. Cette qualité, c'est la capacité de créer un environnement qui, à chaque étape historique, est ajusté à l'existence humaine, un environnement naturel et social qui affirme continuellement le facteur humain/conscience sociale dans l'acte de la création. Sans la réalisation de cette qualité, la vie dans son sens réel continuera d'être gaspillée.

« Quelles sont ces solutions qui proviennent des conditions concrètes du Canada et du monde et que les Canadiens et Canadiennes sont appelés, par le PCC(M-L), à examiner pour pouvoir contribuer à changer la situation ? Un des éléments centraux de l'Initiative historique lancée par le PCC(M-L) est de voir à ce que ces solutions soient formulées et présentées de façon très pratique. Il ne s'agit donc pas de proposer des conclusions toutes faites et de demander aux autres d'y adhérer. L'étude et la discussion ne consistent pas à expliquer ces conclusions en croyant que si les autres les comprennent bien ils les adopteront. »

Voilà comment le PCC(M-L) aborde le problème d'investir le peuple du pouvoir souverain, avec la classe ouvrière à la tête, pour changer la situation au Canada et à l'échelle internationale. Le rôle du PCC(M-L) est de se transformer pour devenir le type de parti politique capable de diriger la classe ouvrière et le peuple dans l'accomplissement de cet acte historique.

La classe ouvrière doit devenir la nation
et investir le peuple du pouvoir souverain

La nécessité d'arrêter Harper doit être abordée sur une nouvelle base historique autour d'une Opposition ouvrière. La classe ouvrière est la première classe sociale véritablement internationale. En tant que classe profondément internationaliste, elle refuse de reconnaître la suprématie d'un pays sur les autres. La reconnaissance de son devoir à cette étape-ci de l'histoire, de devenir la nation et d'investir le peuple du pouvoir souverain, l'oblige à s'attaquer au problème du pouvoir politique au sein de la nation mais sur une nouvelle base historique. La forme politique que cela va prendre va se préciser en le faisant.

Le PCC(M-L) appelle tous les Canadiens en ce 41e anniversaire de sa fondation à faire leur la tâche du renouveau politique sur une nouvelle base historique. Joignez-vous à nous pour arrêter Harper et former un gouvernement anti-guerre !

Vive notre Parti !
Joignez-vous à nous dans la réalisation
du renouveau politique sur une nouvelle base historique !

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Bulletin du 28 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca