Pour une enquête publique complète et
immédiate sur la violence policière au G20 à
Toronto
- Philip Fernandez -
Le rapport final du
Syndicat national des
employées et employés
généraux du secteur public (SNEGSP) et de l'Association
canadienne des
libertés civiles (ACLC) sur la violence policière lors
des
manifestations du G20 à Toronto, a été
publié le 28 février 2011.
Intitulé « Troubler la paix », le rapport
de 59 pages,
« une enquête citoyenne sur l'imputabilité
policière et la bonne
gouvernance au Sommet du G20 de Toronto », donne suite aux
audiences
publiques tenues à Toronto les 10 et 11 novembre, ainsi
qu'à Montréal
le 12 novembre dernier. Les audiences ont examiné les
activités
illégales de la police durant le Sommet du G20 et
les violations des droits humains fondamentaux des Canadiens.
Dans l'avant-propos, James Clancy, président
national du SNEGSP,
note : « Au cours des audiences, nous avons entendu des
histoires
choquantes d'excès de la police pendant le sommet du G20.
Maintes et
maintes fois, des témoins ont raconté leurs
expériences impliquant la
dispersion violente excessive de manifestations
pacifiques par la police et le traitement déshumanisant de
beaucoup de
ceux qui ont été détenus. Plusieurs de ces
personnes que nous avons
entendues continuent d'être traumatisées par ces
événements. » Le
service de police de Toronto et la Police provinciale de l'Ontario ont
également été invités à participer
aux audiences mais ont
refusé.
Le rapport donne des informations basées sur le
témoignage de
63 participants ainsi que d'autres sources et rapports recueillis
par
les deux organisations. Parmi les participants à l'enquête
il y a des
juristes, des universitaires, des militants politiques, des
syndiqués
et simples citoyens, dont beaucoup de jeunes.
Le rapport met l'accent sur divers thèmes, comme
la tentative par la
police de saboter les manifestations et de criminaliser les
manifestants avec des policiers espions infiltrés parmi les
groupes de
manifestations et les arrestations préventives des organisateurs
politiques avant même que le sommet du G20 n'ait commencé.
Certains des
participants aux audiences ont dit que les policiers espions
« ont
encouragé » les actes de vandalisme qui ont ensuite
été attribués aux
manifestants afin de justifier la répression violente, y compris
l'utilisation de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc
contre les
manifestants. Le rapport souligne que ces actes par la police ont eu
un effet « paralysant » sur le droit des citoyens
canadiens d'exercer
leur droit de rassemblement pacifique et d'association, ainsi que leur
droit à la protestation politique.
Le rapport indique clairement que le nombre
impressionnant de
policiers en tenue anti-émeute — armés jusqu'aux dents,
certains à
cheval — a militarisé la manifestation et loin de créer
un
environnement pacifique et sécuritaire pour la manifestation,
cela a
créé un climat de tension et d'intimidation qui a
encouragé la
confrontation.
Un autre thème du rapport porte sur les fouilles
illégales à grande
échelle qui ont été menées contre des
manifestants et des passants,
souvent loin de la barrière de sécurité où
le sommet du G20 avait lieu.
Même après que certaines personnes aient refusé
d'être fouillées, la
police a utilisé la force pour les fouiller et confisquer leurs
effets
personnels, y compris des médicaments et autres biens essentiels.
L'abus et l'humiliation de ceux qui ont
été détenus sont également
un thème omniprésent dans le rapport. Cela inclut les
jeunes femmes et
les hommes qui ont été inutilement fouillés
à nu, d'autres qui ont été
menacés de viol, ainsi que des propos racistes et homophobes qui
ont
été tenus à plusieurs reprises et en toute
impunité par la police, en
particulier au Centre de détention de l'avenue Eastern à
Toronto, où la
plupart des 1 105 personnes arrêtées ont
été amenées. Les manifestants
se sont vus également nier une assistance juridique selon les
délais
prescrits et une aide médicale selon les besoins, deux formes de
torture.
Le document Troubler la paix examine les actes
de terreur
commis par la police lorsqu'elle a procédé à des
arrestations massives
dans la soirée du 26 juin près de l'Hôtel
Novotel, sur l'Esplanade,
« le confinement » et les arrestations de
dizaines de personnes au coin
des rues Queen et Spadina le 27 juin et
l'arrestation de 70 militants dans la matinée du 27 juin
à l'immeuble
Graduate Students' Union de l'Université de Toronto pour
« infractions
liées à un complot ». Les
« assauts » répétés par des
policiers en
uniforme et en civil armés de matraques contre des petits
groupes de
manifestants non armés à Queen's Park —
la prétendue « zone de manifestation
désignée » officielle, sont
également condamnés.
Le SNEGSP et l'ACLC notent que « la
majorité des arrestations qui
ont eu lieu lors du G20 ont été exagérées
et injustifiées. Des
centaines de personnes ont été arrêtées pour
perturbation de l'ordre
public, y compris des personnes qui ont manifesté pacifiquement,
faisant des reportages sur le G20 ou simplement se promenant dans les
rues. Le fait qu'un si grand nombre de ces personnes n'aient pas
été
accusées ou aient depuis vu leurs accusations rejetées,
abandonnées ou
en sursis, semble indiquer que les arrestations ont été
faites sans une
base raisonnable ».
Le rapport Troubler la paix note que,
malgré la violence
généralisée et l'abus de droit qui ont eu lieu, il
y a eu peu de gestes
à ce jour de la part des responsables de ces actes massifs de
violence
policière contre le peuple en termes d'aveu et de
responsabilité. Le
rapport accuse le service de police de Toronto d'avoir mené une
campagne de désinformation pour justifier ce qui ne peut
être justifié
et blâmer les victimes civiles de la violence policière,
disant que ce
sont ceux qui ont « agressé la police » et
ainsi de suite. Il note que
cela ne fait que rendre le public sceptique et cynique au sujet de la
police et ne dissipe certainement tout sentiment que justice a
été rendue.
Une des conclusions les plus importantes du rapport est
que la
brutalité policière, la violence et l'abus à
grande échelle des droits
humains au sommet du G20 ne peuvent pas être attribuées
à « quelques
pommes pourries » au sein de la police, comme certains
cherchent à le
faire. Le rapport « encourage tous les Canadiens et
Canadiennes à se joindre à nous pour exiger des
gouvernements fédéral
et ontarien l'ouverture immédiate d'une enquête publique
conjointe afin
que des comptes publics satisfaisants soient rendus aux Canadiens et
Canadiennes sur ces questions vitales ».
Le rapport complet peut être consulté sur http://ccla.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/02/Troubler-la-Paix-rapport-final.pdf
(Traduction :
LML)

Internationale
Hillary Clinton déclare la
guerre à l'information internationale
Le 2 mars, la secrétaire d'État des
États-Unis, Hillary Clinton, a
défendu le budget du Département d'État devant la
commission des
affaires étrangères de la Chambre des
représentants. Elle a dit au
comité que les États-Unis perdent la guerre mondiale de
l'information
et a demandé des fonds supplémentaires pour diffuser la
propagande
des États-Unis par le biais des « nouveaux
médias », rapportent les
agences d'information.
Mme Clinton a dit que les chaînes privées
existantes ne sont pas à
la hauteur de la tâche comparativement à des rivaux comme
Al Jazeera,
China Central Television (CCTV) et Russia Today (RT) — qu'elle
visionne, a-t-elle ajouté.
Elle a dit que les États-Unis doivent multiplier
les efforts de
propagande et faire partie « du jeu » de faire
« ce que nous faisons le
mieux ».
« Durant la guerre froide nous avons fait un
travail fabuleux pour
diffuser largement le message de l'Amérique. Après la
chute du Mur de
Berlin, nous avons dit : "Bon, très bien, assez de cela,
nous avons
terminé" et malheureusement, nous payons le prix fort pour
cela »,
a-t-elle dit . « Nos médias privés ne
peuvent pas combler cette lacune. »
« Nous sommes engagés dans une guerre
de l'information et nous
perdons cette guerre. Al Jazeera est en train de la gagner, les Chinois
ont ouvert un réseau mondial de télévision multi-
langue, les Russes ont ouvert un réseau de langue
anglaise. Je les
ai visionnés dans quelques pays et c'est très
instructif », a-t-elle
déclaré.
Les choses ont beaucoup évolué depuis
l'époque où les médias
occidentaux, y compris la BBC et CNN, avaient un monopole sur la
couverture de l'information dans le monde, écrit Russia Today
(RT),
ajoutant que de plus en plus de téléspectateurs à
travers le monde
syntonisent divers médias étrangers pour avoir un nouveau
regard
sur les événements.
Tout est dans les chiffres, indique RT. Par exemple, la
présence de
RT sur YouTube est un véritable succès : près
de 300 millions de
visionnements, tandis que CNN International a du mal à atteindre
3 millions.
« L'auditoire sans cesse croissant de RT est
une indication que les
jours du monopole sur les médias sont terminés et que les
gens
demandent plus de réflexion multi-polaire », a
déclaré le diffuseur. Il
a donné l'exemple de la couverture d'Al Jazeera des mouvements
d'opposition au Moyen-Orient et en Afrique du Nord,
« qui, la plupart du temps, éclipse la
présentation de la presse
américaine des événements ». Le rapport
de RT poursuit :
« Cependant, tout le monde n'est pas
satisfait de la plus grande
variété de choix de médias. Le chef de l'agence
fédérale qui gère la
radiodiffusion internationale dirigée par le gouvernement des
États-Unis a essentiellement appelé tous ces
médias étrangers des
ennemis.
« L'an dernier, Walter Isaacson, qui dirige
l'organisme fédéral de
radiodiffusion internationale gérée par le gouvernement
des États-Unis,
y compris Voice of America, a mis en garde contre l'influence des
médias étrangers.
« Nous ne pouvons pas nous permettre
d'être exclus par nos ennemis,
dit-il, dans un plaidoyer tristement célèbre pour obtenir
des fonds
supplémentaires. Cependant, il est revenu plus tard sur sa
déclaration,
disant qu'il a été mal compris.
« Le journaliste et cinéaste Danny
Schechter dit que les États-Unis ne peuvent plus maintenir un
monopole de l'information. »
« Les États-Unis sont sur la
défensive, en partie parce qu'ils ne
peuvent plus monopoliser non seulement les conditions du pouvoir dans
ces pays mais aussi les conditions du débat », a
déclaré Schechter.
« Il y a une d'autres sources d'information. Il y a d'autres
points de
vue et ces points de vue sont très
dommageables pour un pays qui croit que son point de vue est le seul
point de vue. »

Documents révélateurs de l'Agence
de sécurité d'État égyptienne
Des agences de nouvelles rapportent que des documents
récupérés des
flammes à même l'Agence de sécurité
d'État égyptienne semblent étoffer
la thèse à l'effet que le régime Moubarak aurait
lui-même planifié et
exécuté l'attentat terroriste à la bombe de
l'hotel in Sharm el-Sheik
en 2005. Les lecteurs se rappelleront
comment cet attentat avait servi de prétexte aux gouvernements
des
États-Unis, du Canada et d'autres pays et de leurs agences de
nouvelles
pour une campagne hystérique visant à resserrer la
sécurité et
intensifier leur « guerre contre le terrorisme »
ayant pour cible l'
« extrémisme islamique ».
Lors du weekend du 5 mars, « des
citoyens égyptiens ont envahi un
édifice en flammes, jusque là le site de la
sécurité d'État dans la
banlieue du Caire, Nasr City. Soupçonnant que des preuves
importantes
se faisaient détruire de façon volontaire, ces citoyens
ont pénétré
l'édifice au péril de leur vie,
sauvant des flammes le plus grand nombre de documents
possible, »
rapportent les agences de nouvelles.
Des opérations semblables avaient
été menées à Alexandria, Demanhur
et dans d'autres villes égyptiennes, lors desquelles des
fonctionnaires
du ministère de l'Intérieur tentaient fébrilement
de détruire toutes
preuves liant le gouvernement à des violations des droits de la
personne, à des affaires de corruption et
à d’autres actions illégales, notent les agences de
nouvelles. Ces
documents sont maintenant disponibles depuis qu'ils ont
été publiés sur
Amn Dawla Leaks, d'après le nom de l'édifice de la
sécurité d'État à
Nasr City, ajoutent-elles.
Selon des analyses initiales, « certains des
documents sont sans
doute des falsifications, d'autres pourraient l'être, alors que
d'autres semblent être tout à fait
authentiques ». Les documents les
plus compromettants reliés à l'attentat terroriste de
2005 restent à
être authentifiés.
Le document du nom de « L'ordre
231 », s'il est véridique, semble
prouver que le ministre égyptien de l'Intérieur
était impliqué dans
l'attentat à la bombe sur l'hotel Mövenpick dans le centre
touristique
de Sharm el-Sheikh, dans la mer Rouge , alors que plus de 80 personnes
ont été tuées.
Le document, portant la signature d'agents de la
sécurité d'État et
adressé au ministre de l'Intérieur, dit :
« Nous nous sommes réunis
hier [ici il s'agit de quatre personnes et de leur nom] et nous avons
ratifié tous les détails du plan...Nous avons
décidé de cibler trois
voitures piégées...la première
devant exploser dans l'entrée de l'hotel Mövenpick ;
la deuxième près
du centre touristique ; et la troisième dans le village de
Mövenpick —
le tout appartenant à Hussein Salem...Nous avons convenu que
l'opération débuterait dès la première
heure du 23 juillet 2005. »
Un autre document non-authentifié publié
sur Amn Dawla Leaks révèle
un conflit d'affaires entre Gamal Moubarak, le fils influent de
l'ex-président, Hosni Moubarak, et M. Salem, le
propriétaire du centre
touristique de Mövenpick.
Ce conflit serait à l'origine du choix de l'hotel
Mövenpick en tant
que lieu pour le présumé attentat terroriste, qui fut
plus tard
attribué à un groupe membre d'Al Quaida jusque là
inconnu. L'attentat,
qui mit fin de façon temporaire à l'industrie du tourisme
en Égypte,
servit de prétexte au gouvernement pour
intensifier ses attaques contre le mouvement islamique.
Les analystes discutent présentement de
l'authenticité de ces
fuites. Les faits relatés dans les document sont conformes, ce
qui peut
indiquer à peu près n'importe quoi, écrivent les
agences de nouvelles.
« Certains prétendent que les services secrets
n'auraient jamais
confirmé ces opérations par écrit. D'autres
prétendent qu'un tel volume de documents, vraisemblement dans
leur
version originale, n'auraient pu être falsifiés tout en
restant si
véridiques, si peu de temps après que les édifices
de la sécurité
d'État aient été pris d'assaut ».
Certains des documents confisqués expliquent
comment les résultats
des élections de 2010 auraient été
falsifiés ; d'autres contiennent des
rapports ayant pour sujet des transferts illégaux de fonds faits
par
des haut-fonctionnaires du régime ; d'autres
révélent comment certaines
propriétés d'État auraient
changé de mains suite à des manoeuvres de
corruption ; et d'autres
révélent des incidents de torture et d'intimidation.
On rapporte à l'heure actuelle que le
major-général, Mansour el-Essawy, le nouveau ministre de
l'Intérieur, a annoncé la dissolution
officielle de l'appareil de sécurité dans une
déclaration faite le
15 mars. Il a dit qu'une nouvelle agence responsable de
défendre la
sécurité nationale et de combattre le terrorisme serait
formée sous peu
« conformément à la constitution
et aux principes des droits de la personne ».
Nouvelles connexes
Dans la même veine, le procureur
général de l'Égypte a
initié une enquête pour faire la lumière sur
l'ancien ministre de
l'Intérieur, Habib el-Adly, et son présumé
rôle dans les attentats
commis la veille du Jour de l'An à l'église al-Qiddissin
en Alexandria
qui ont causé la mort de 24 personnes,
selon les déclarations d'un avocat égyptien telles que
rapportées dans Al Arabiya.
L'avocat, Ramzi Mamdouh, dit qu'il a fait une
proclamation au
procureur Abd al-Majid Mahmud l'ordonnant de faire la lumière
sur des
rapports émanant des médias à l'effet que l'ancien
ministre de
l'Intérieur avait lui-même été à
l'origine de l'attentat meurtrier dans
le but d'en faire porter le blâme sur les Islamiques,
pour qu'ensuite le gouvernement puisse sévir davantage contre
eux et
ainsi se gagner un plus grand appui de la part des gouvernements
occidentaux.
Mahmud a confirmé que l'information
présentée dans certains rapports est
« sérieuse ».

Un documentaire révèle davantage les
plans subversifs des États-Unis contre Cuba
De nouveaux plans subversifs du gouvernement des
États-Unis contre
Cuba ont été dévoilés lors de
l'épisode « Vérités et
principes » de la
série documentaire « Les raisons de
Cuba », diffusé le 7 mars par la
télévision cubaine.
Le documentaire, qui dénonce les efforts
incessants des États-Unis pour déstabiliser la
société cubaine depuis les années 1980
jusqu'à nos jours, montre qu'en ce moment, ils concentrent leurs
efforts sur la mise en place de réseaux pour la réception
et la
transmission d'informations encodées à Cuba, y compris
des plans pour
introduire de nouvelles technologies liées à la
radio, la télévision, l'Internet et les antennes
satellite.
La directrice du département de l'Amérique
du Nord au ministère
cubain des Affaires étrangères, Josefina Vidal, a
déclaré qu'après que
la politique de la guerre sale du gouvernement des États-Unis
contre
Cuba a commencé à être mise en doute, ils ont fait
certaines
modifications pour que les actions
contre-révolutionnaires puissent sembler légales. Elle a
ajouté que
plusieurs administrations des États-Unis ont affecté
d'importantes
sommes d'argent à cette fin, y compris le gouvernement de Barack
Obama.
À cet égard, Josefina Vidal a noté
que le président des États-Unis a
approuvé un budget de 40 millions $ pour poursuivre la mise
en uvre de
projets de subversion créés par son
prédécesseur, George W. Bush.
Dans le documentaire, Dalexis Gonzalez, un
ingénieur cubain en
télécommunications, explique en détail le travail
de spécialistes en
sécurité informatique financés par l'Agence
centrale de renseignement
(CIA) pour établir des réseaux numériques
illégaux d'échange de données
codées.
Leur principal objectif, dit-il, est de
déstabiliser le projet
social cubain, camoufler les activités d'espionnage et fausser
la
réalité cubaine.
On voit dans le documentaire des images et des documents
prouvant
les activités illicites d'agents étrangers et
l'introduction de
matériel technique pour la fabrication de l'équipement,
en violation
flagrante du droit souverain de tout pays en matière de
télécommunications.

Un citoyen américain condamné à 15
ans d'emprisonnement pour des crimes contre Cuba
Le 12 mars, un tribunal cubain a condamné
à 15 ans d'emprisonnement
un citoyen américain, Alan Gross, après l'avoir
trouvé coupable d'actes
contre l'indépendance ou l'intégrité territoriale
de l'État cubain.
Gross était en attente de sa sentence après sa
condamnation le 5 mars.
Selon un reportage de la télévision
cubaine, le tribunal a rendu sa
décision en prenant en considération le grand nombre de
preuves amenées
par les témoignages, les experts et les preuves
documentées présentées
pendant le procès. Ces preuves démontraient la
participation directe de
l'entrepreneur américain à
un projet subversif visant à détruire la
Révolution par le biais de la
création de réseaux de communication clandestins, hors du
contrôle des
autorités cubaines, dans le but d'alimenter des provocations
contre-révolutionnaires. Les transmissions auraient visé
les jeunes,
les universités, les centres culturels et religieux,
les femmes et les groupes ethniques.
On rapporte dans la presse cubaine que durant le
procès l'accusé a
reconnu que l'objectif du projet subversif était la promotion de
plans
de déstabilisation dans différents secteurs sociaux. Il a
prétendu
qu'il avait été utilisé et manipulé par
l'Agence américaine pour le
développement international (USAID), rattachée
au département d'État, qui finance l'entrepreneur
gouvernemental
Alternatives de développement (DAI), au nom duquel Gross s'est
rendu à
Cuba.
Gross a aussi déclaré qu'il avait
été utilisé et trahi par la DAI et
a accusé cette dernière de l'avoir mis en péril et
de l'avoir lancé
dans la situation actuelle, ce qui a ruiné sa vie et le revenu
de sa
famille.
Le tribunal a entendu les déclarations de dix
témoins, de neuf
experts qui ont présenté 26 rapports, en plus d'un
abondant matériel et
de preuves documentées soumises par le bureau du procureur.
Selon un communiqué officiel à propos de
la condamnation de Gross,
publié le 5 mars, le gouvernement cubain a souligné
que le département
d'État américain est responsable de l'appui aux
programmes politiques
de déstabilisation contre les gouvernements ciblés par la
Maison-Blanche en Amérique latine
et dans plusieurs autres régions du monde.
L'épouse de Gross, des procureurs et des
représentants consulaires
de la Section des intérêts américains à la
Havane ont assisté au
procès. Gross peut faire appel de sa sentence devant le
département des
crimes contre la sécurité d'État de la Cour
suprême populaire.

Procès du terroriste Posada Carriles
Le procès du terroriste avoué des
États-Unis, Luis Posada Carriles,
a lieu depuis janvier à El Paso, au Texas. En dépit
d'être un
terroriste qui a avoué être au service des
États-Unis, Posada fait face uniquement à des
accusations de fraudes liées
à l'immigration par rapport à son entrée aux
États-Unis en 2005.
En février, la juge Kathleen Cardone a
autorisé le témoignage de
deux experts en provenance de Cuba. Le lieutenant-colonel Roberto
Hernandez Caballero, un enquêteur du ministère cubain de
l'Intérieur,
qui a commencé son témoignage le 9 février.
Le médecin légiste cubain
Ilena Vizcano Dime est également
venu témoigner. Les deux ont fait partie de l'équipe qui
a enquêté sur
les attentats de 1997 planifiés par Posada Carriles aux
hôtels de La
Havane, dans lequel le touriste canadien d'origine italienne Fabio di
Celmo a été tué. Parmi les accusations de fraude
auxquelles fait face
Posada Carriles, il y a le fait qu'il
a nié tout lien avec ces événements lorsqu'il a
été interrogé en
2005 par un juge d'immigration des États-Unis. Il a menti
aux autorités
d'immigration sur la façon dont il est entré aux
États-Unis, a déclaré
le témoin du procureur, Gilberto Abascal. La juge Cardone a
permis à
Abascal de décrire au jury les détails
du voyage fait sur le Santrina, le bateau qui a amené
illégalement Posada Carriles d'Isla Mujeres, au Mexique,
à Miami, en Floride.
Selon l'avocat José
Pertierra,
représentant la république du
Venezuela au procès, c'est la preuve cruciale que le terroriste
a
falsifié sa déclaration faite aux autorités
d'immigration sur la façon
dont il est entré dans le pays. L'accusé a dit aux agents
d'immigration
qu'il a traversé la frontière en autobus, avec l'aide
de passeurs. Abascal a confirmé la thèse du gouvernement
des États-Unis
sur l'arrivée de Posada au pays à bord du Santrina,
qui
est
la propriété de Santiago Alvarez, un financier et
un ami de Posada.
Les procureurs ont déposé des accusations
contre Posada pour avoir
menti sur la façon dont il arrivé en territoire
étasunien et sa
participation aux attentats terroristes dans les hôtels de La
Havane en
1997.
Les procureurs ont montré plusieurs photos de
Posada et ses
complices à Isla Mujeres et à Panama à Abascal,
qui a identifié le
terroriste, ainsi que Santiago Alvarez, Osvaldo Mitat, Ruben Lopez
Castro et Pépin (José Hilario) Pujol comme étant
des compagnons de
voyage en provenance du Mexique.
Les experts cubains participent au procès parce
que le gouvernement
cubain désire apporter son assistance à la poursuite, ce
qui comprend
les quatre dossiers de la preuve, y compris le matériel
utilisé pour
les bombes, des vidéos avec des déclarations des
témoins et des
détenus, et les appels téléphoniques entre
les autorités cubaines et les participants aux attentats. Cette
coopération intervient malgré le fait que la
compétence du tribunal est
jusqu'ici limitée aux accusations liées à
l'immigration tandis que les
peuples des Amériques, en particulier de Cuba, veulent que
Posada soit
tenu responsable des nombreux attentats terroristes
qu'il a directement planifiés, aidés ou
réalisés sur plusieurs
décennies dans divers pays.
Malgré que le procès de Posada se limite
aux accusations liées à
l'immigration, il est éclaboussé par des
révélations de gestes posés
par les autorités étasuniennes pour protéger leur
agent et tolérer le
terrorisme contre Cuba et d'autres pays.
Pertierra a dit qu'il a été
révélé le 21 janvier que la procureur
des États-Unis, Caroline Heck Miller, a refusé de porter
des
accusations au criminel contre Posada Carriles en dépit d'une
demande à
cet effet du département de la sécurité
intérieure (DHS), selon le
témoignage de l'avocate du DHS, Gina Garrett-
Jackson. Répondant aux questions de la défense,
Garrett-Jackson, la
procureur du DHS qui a mené en 2005 la cause de demande
d'asile de
Posada, a déclaré qu'elle a demandé à Heck
Miller de poursuivre au
criminel Posada, plutôt que de simplement s'en tenir à un
cas
d'expulsion.
Pertierra note également que Heck Miller n'est
pas n'importe qui,
mais la même procureur « qui a insisté pour
amener devant les tribunaux
la cause des Cinq Cubains, qui a refusé de déplacer leur
procès hors de
Miami et qui a contribué à leur condamnation à des
peines injustement
longues ».
« Incroyable mais vrai, comme nous l'avons
appris aujourd'hui, elle
est également la procureur de Miami qui a décidé
en 2005 de ne pas
porter des accusations criminelles contre Luis Posada Carriles :
l'homme qui a dirigé la campagne terroriste contre Cuba que les
Cinq
ont essayé d'arrêter
pour sauver des vies. Ce sont quelques-unes des vérités
cachées que la
cause devant les tribunaux contre Posada Carriles est en train de
révéler ici, à El Paso », a dit
Pertierra.
Le gouvernement cubain a également accordé
à l'Associated Press des
entrevues avec certains des collaborateurs terroristes de Posada, Otto
René Rodriguez et Ernesto Cruz Leon, qui ont été
condamnés et
emprisonnés à Cuba.