15e Journée internationale contre
la brutalité policière
L'intervention du SPVM dans le pur style
Gestapo qui ne
doit pas rester impunie
- Serge Lachapelle -
Dans le cadre de la 15e Journée internationale
contre la brutalité
policière, des actions se sont tenues à Montréal,
Ottawa et Toronto
mardi le 15 mars et à Winnipeg le 19 mars.
À Montréal, plus de 500 personnes se sont
donné rendez-vous à 17 hre
au centre-ville. Encore une fois, le Service de police de la Ville de
Montréal (SPVM) a opté pour la provocation,
démontrant ainsi son refus
d'admettre que quiconque puisse remettre en question son travail. Cela
porte un nom et s'appelle impunité. L'imposant
déploiement des forces policières (on a même fait
appel aux policiers à
chevaux et à l'escouade canine) était en soi une
provocation. Le SPVM
s'est même permis de détourner les autobus et de bloquer
une partie du
métro.
Avant que la manifestation ne débute, les
policiers ont procédé à
l'arrestation de la majorité des organisateurs sous
prétexte qu'ils
étaient en possession de bâtons... des bâtons qui
devaient servir pour
les pancartes. Soulignons qu'ils ont été
libérés après la
manifestation, et ce, sans accusation ni contravention.
Comme l'a mentionné la porte-parole du COBP ,
Sophie Sénécal, qui
avait échappé aux arrestations : « Les
organisateurs ont été arrêtés de
façon ciblée, avec l'objectif évident de perturber
le bon déroulement
de l'événement. Des arrestations préventives, sans
fondement et
illégales. »
Malgré ces provocations, les organisateurs et les
manifestants ont
gardé leur sang-froid. Les prises de parole ont justement fait
ressortir le harcèlement et la violence dont sont victimes les
plus
vulnérables, que ce soient les sans-abri, les travailleurs et
travailleuses du sexe et les consommateurs de drogue. Une
représentante
de la famille
Berniquez a aussi pris la parole et demandé justice et
vérité pour
Michel.
Puis aux cris de « Pas de justice Pas de
Paix ! », « La police aux
services des riches et des fascistes ! », le
cortège s'est mis en
branle pour emprunter les rues Saint-Laurent et Saint-Denis. Plusieurs
résidents sont sortis sur leur balcon pour saluer les jeunes.
Soudain, à quelques rues avant la fin de la
manifestation, des
individus plus que suspects se sont mis à lancer des pierres
dans les
vitrines. Le prétexte était donné pour
procéder à l'encerclement des
manifestants. Pourtant les individus suspects étaient facilement
identifiables et les agents en civil également facilement
identifiables
auraient pu
donner l'ordre qu'on les arrête.
Même en consultant le communiqué du SPVM
publié quelques heures
après la manifestation, on apprend que
« malgré les mesures de sécurité
et la présence des policiers, certains événements
isolés déclenchés par
quelques individus ont eu lieu ».
Plutôt que d'arrêter ces quelques individus,
le SPVM a opté pour la
méthode fasciste de la punition collective. Tout le monde a
été
encerclé, y compris des résidents, des touristes et des
journalistes,
et on les empêcher de partir pendant près d'une heure. Une
résidente en
colère devant toute cette violence a même ouvert les
portes du bloc
appartement où elle résidait pour permettre aux
manifestants de fuir
par la porte arrière.
Selon un bilan provisoire, les policiers ont
procédé à l'arrestation de 258 personnes
- 239 en vertu du code de sécurité
routière
- 13 en vertu de règlements municipaux
- 6 en vertu du code criminel
Pour le COBP, il s'agit d'une nouvelle étape
franchie par le SPVM
dans la répression des mouvements populaires et manifestations
citoyennes. Porter des accusations d'entrave à la circulation
alors que
toute manifestation implique l'entrave à la circulation revient
à
criminaliser l'acte de manifester et mets en péril la
liberté
d'expression de la
contestation populaire.
Cette nouvelle arrestation de masse pour lequel le SPVM
a déjà été
condamné par l'ONU ne doit pas rester impunie. Ceux qui ont
donné
l'ordre de procéder à ces arrestations doivent en
répondre devant la
loi. Si les policiers ont agi d'eux-mêmes, ils doivent être
ramenés à
la raison et punis par les gouvernements municipal et provincial qui ne
peuvent rester silencieux.