Les leçons
tirées des années 70
et
90
La nécessité
d'avoir des actions avec analyse, de sortir des sentiers battus et de
ne pas laisser l'initiative s'échapper des mains des militants a
été
apprise lors de la grève générale nationale du
14 octobre 1976, des
manifestations contre le contrôle des salaires et des prix de
Trudeau
et des
Journées d'action en Ontario de 1995 à
1998 contre les compressions
anti-sociales et les privatisations d'Harris.
Les conditions de la mondialisation
néolibérale exigent de sortir
des sentiers battus. Les tactiques d'aujourd'hui se trouvent dans une
analyse concrète des conditions concrètes et non pas en
regardant en
arrière avec nostalgie ou envie de ce que les autres ont fait ou
font.
Sortir des sentiers battus exige une pensée indépendante
de la classe
ouvrière et l'organisation qui mène à la
mobilisation massive des
travailleurs, des aînés et des jeunes pour le droit public
et les
droits de tous en opposition au droit de monopole, la mondialisation
néolibérale et la politique du capital monopoliste.

Faits saillants de la «loi
budgétaire»
anti-syndicale et anti-sociale
Voici un résumé de certains des points
principaux de la Loi
d'ajustement budgétaire de l'année fiscale
2010-2011 du gouverneur du
Wisconsin, Scott Walker. Même si le gouverneur insiste pour dire
que la
loi était nécessaire pour faire face à un
« déficit budgétaire », la
loi a été amendée pour faire disparaître
toute mention
de nature financière. Habituellement, une loi importante
comprend des
questions fiscales et son adoption requiert un quorum ; au
Wisconsin,
on parle de 20 sénateurs. L'adoption de lois sans enjeux
financiers ne
requiert pas de quorum. Aucun des sénateurs démocrates
n'étaient
présent lors du vote ; ils restaient à
l'extérieur de l'État
dans un effort pour bloquer l'adoption de la loi. Les sénateurs
républicains ont voté pour l'adoption de la loi dans une
proportion de
18 à 1.
Aussi, pour amener
rapidement la loi en séance
plénière au Sénat, le
comité responsable des conférences s'est rencontré
sans notification.
Normalement, une notification de 24 heures est requise à
cause des lois
du Wisconsin sur les meetings publics. En fait, le comité s'est
rencontré cinq minutes, et le débat en
plénière et le vote ont duré
moins d'une demi-heure. Ces manoeuvres au Sénat ont
été précédées de
manoeuvres semblables à l'Assemblée, lorsque la loi a
été passée en
février. Ensuite le vote a été appelé aux
premières heures du matin, et
la période de votation a été tellement courte que
la plupart des
Démocrates, et même plusieurs Républicains n'ont
pas eu la chance de
voter. De plus, après que le Sénat a passé sa
version de la loi,
l'Assemblée s'est elle aussi rapidement rassemblée pour
adopter la même
loi de façon à ce que la période entre le vote sur
la loi amendée et la
signature du gouverneur soit de trois jours seulement.
Ce genre de manoeuvres a indigné la population du
Wisconsin et de
tout le pays. Elles jettent encore plus la lumière sur le
caractère non
représentatif et non démocratique du système
actuel de gouvernement.
Les arrangements entre Démocrates et Conservateurs ne
fonctionnent
plus, tandis que la demande ferme de la majorité contre la loi
ne
peut s'imposer. Le peuple demeure sans pouvoir alors qu'il est clair
qu'il peut et doit être le décideur.
Cette loi anti-ouvrière exige non seulement la
« flexibilité » pour
éliminer les accords sur les pensions, les soins de santé
et les
conditions de travail, elle exige aussi que les syndicats renouvellent
leur accréditation chaque année et que les conventions ne
durent qu'un
an. Certains collectifs disparaissent tout simplement en tant que
collectifs pouvant négocier, ils perdent ce droit.
Le contenu anti-ouvrier de la loi vise non seulement
à détruire les
syndicats et la capacité des travailleurs à s'organiser,
mais aussi
d'anéantir les services sociaux et de créer les
conditions pour une
plus grande incertitude pour tous. Cette loi, comme plusieurs à
travers
le pays, attaque non seulement les travailleurs, mais aussi le peuple
qui utilise
les services publics et les programmes sociaux que les travailleurs
fournissent. C'est un moyen pour miner les standards de vie des
travailleurs et décimer les services tout en s'assurant que les
fonds
publics soient utilisés pour payer les riches, en leur remettant
les
pensions ainsi qu'en garantissant les paiements sur la dette, en
accordant des congés
de taxes, des programmes incitatifs, et du financement pour la guerre.
C'est une loi qui défend ouvertement le droit de monopole
à un moment
où le peuple exige qu'on défende le droit public.
Gouvernement local et de
l'État et relations
de
travail des districts scolaires
Négociations
collectives : La loi défendrait que l'on puisse
négocier les conditions
de travail, les pensions et les avantages sociaux. De plus, alors que
les salaires pourraient être négociés, les
augmentations de salaires
totales ne pourraient pas
excéder un plafond basé sur l'index des prix à la
consommation sans une
approbation obtenue par un référendum
général.
Les conventions seraient limitées à une
durée d'un an, et les
salaires seraient gelés jusqu'à ce que la nouvelle
convention soit en
vigueur. De plus, les syndicats seraient forcés de renouveler
leur
accréditation chaque année. Les travailleurs ont
déjà une vaste
expérience en ce qui concerne ces votes pour accréditer
de nouveau
leurs syndicats, qui
fournissent aux employeurs une opportunité pour faire du
chantage,
harceler et menacer les travailleurs qui défendent les syndicats.
Également, les employeurs n'auraient pas à
déduire les cotisations
syndicales des chèques de payes, et les travailleurs membres
d'unités
de négociations collectives ne seraient pas obligés de
payer des
cotisations. Ce sont là des clauses typiques du
« droit de
travailler », déjà en vigueur dans
22 États à travers le pays.
Toutes ces modalités visent à saper la
capacité des syndicats à
organiser, à créer des conflits entre les travailleurs,
et des
conditions d'incertitude constante pour tous. Elles donnent aux cadres
d'État des pouvoirs arbitraires pour éliminer et changer
les pensions
et les avantages sociaux, tout en limitant énormément les
droits
d'organisation des
travailleurs.
L'application locale des lois, les pompiers, et
les soldats de l'État et les inspecteurs seraient
exemptés de ces changements.
Élimination des conventions de certains
travailleurs : La loi
abroge aussi la capacité de négocier collectivement des
travailleurs du
programme Medicaid. Elle abroge aussi celle des travailleurs en
garderies familiales, de la Commission des hôpitaux et cliniques
de
l'université du Wisconsin,
et des professeurs et du personnel académique.
Cela veut dire que
ces travailleurs n'ont plus de convention collective, et que les
standards de conditions de travail, de salaires et d'avantages sociaux
sont déterminés arbitrairement par des officiels du
gouvernement.
Empêcher les actions sur le lieux de
travail : Si le
gouverneur déclare l'état d'urgence,
déterminé de façon arbitraire et
unilatérale par le gouverneur, la loi autorise les
autorités à
congédier tout travailleur qui participe à une action
organisée pour
stopper ou ralentir le travail, ainsi que tout travailleur qui
s'absente pour trois
jours sans permission.
Travailleurs à temps partiel : Les
travailleurs à temps
partiel, désignés sous le nom de Limited Term Employees,
n'auraient
plus droit à l'assurance-santé ou à la
participation au système de
retraites du Wisconsin.