Mouvement ouvrier

Résistance aux lois antiouvrières aux États-Unis

La lutte pour les droits au Wisconsin se poursuit


Madison, les 9 et 10 mars 2011

Les travailleurs ont des droits qui leur appartiennent du fait d'être humains et du fait d'être les producteurs de toute la richesse et les fournisseurs de tous les services. Dans le contexte de la dictature du capital monopoliste, les droits des travailleurs ne sont gagnés que par la lutte de classe à la défense des droits de tous. Ils sont réalisés seulement lorsque les travailleurs conservent l'initiative en s'organisant sur la base de leurs propres efforts et guidés par leur propre pensée, en opposition au contrôle et à la pensée des propriétaires du capital.

Le correspondant du LML au Wisconsin rapporte que les dirigeants et les militants des collectifs de travailleurs, des aînés et des jeunes se méfient de laisser l'initiative leur échapper des mains vers ceux qui trahiraient leur cause. Ils sont très conscients qu'ils ont besoin de sortir des sentiers battus dans les conditions de la mondialisation néolibérale.

Notre correspondant nous signale que le dirigeant du syndicat des pompiers a parlé de plans pour une grève générale. Cité dans les médias, il a dit : « Comme l'a indiqué Jim Cavanaugh de la fédération des travailleurs, la grève est la carte maîtresse que nous devons travailler à mettre en oeuvre et s'assurer que les mesures d'urgence soient en place. Cela comprend beaucoup de coordination. Les grèves générales qui se sont produites en Ontario, sont semblables à ce qui s'est passé ici au Wisconsin. Et nous devons donc retenir les leçons apprises lors de celles des années 70 en Ontario, de celles de 1935 à Minneapolis et San Francisco qui ont créé le National Labor Relations Act. Nous avons beaucoup de travail d'éducation et d'apprentissage à faire et si nous ne la mettons en place, nous devons nous assurer que c'est efficace et je pense que nos gens sont prêts. »


Les leçons tirées des années 70 et 90

La nécessité d'avoir des actions avec analyse, de sortir des sentiers battus et de ne pas laisser l'initiative s'échapper des mains des militants a été apprise lors de la grève générale nationale du 14 octobre 1976, des manifestations contre le contrôle des salaires et des prix de Trudeau et des Journées d'action en Ontario de 1995 à 1998 contre les compressions anti-sociales et les privatisations d'Harris.

Les conditions de la mondialisation néolibérale exigent de sortir des sentiers battus. Les tactiques d'aujourd'hui se trouvent dans une analyse concrète des conditions concrètes et non pas en regardant en arrière avec nostalgie ou envie de ce que les autres ont fait ou font. Sortir des sentiers battus exige une pensée indépendante de la classe ouvrière et l'organisation qui mène à la mobilisation massive des travailleurs, des aînés et des jeunes pour le droit public et les droits de tous en opposition au droit de monopole, la mondialisation néolibérale et la politique du capital monopoliste.

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Faits saillants de la «loi budgétaire»
anti-syndicale et anti-sociale

Voici un résumé de certains des points principaux de la Loi d'ajustement budgétaire de l'année fiscale 2010-2011 du gouverneur du Wisconsin, Scott Walker. Même si le gouverneur insiste pour dire que la loi était nécessaire pour faire face à un « déficit budgétaire », la loi a été amendée pour faire disparaître toute mention de nature financière. Habituellement, une loi importante comprend des questions fiscales et son adoption requiert un quorum ; au Wisconsin, on parle de 20 sénateurs. L'adoption de lois sans enjeux financiers ne requiert pas de quorum. Aucun des sénateurs démocrates n'étaient présent lors du vote ; ils restaient à l'extérieur de l'État dans un effort pour bloquer l'adoption de la loi. Les sénateurs républicains ont voté pour l'adoption de la loi dans une proportion de 18 à 1.

Aussi, pour amener rapidement la loi en séance plénière au Sénat, le comité responsable des conférences s'est rencontré sans notification. Normalement, une notification de 24 heures est requise à cause des lois du Wisconsin sur les meetings publics. En fait, le comité s'est rencontré cinq minutes, et le débat en plénière et le vote ont duré moins d'une demi-heure. Ces manoeuvres au Sénat ont été précédées de manoeuvres semblables à l'Assemblée, lorsque la loi a été passée en février. Ensuite le vote a été appelé aux premières heures du matin, et la période de votation a été tellement courte que la plupart des Démocrates, et même plusieurs Républicains n'ont pas eu la chance de voter. De plus, après que le Sénat a passé sa version de la loi, l'Assemblée s'est elle aussi rapidement rassemblée pour adopter la même loi de façon à ce que la période entre le vote sur la loi amendée et la signature du gouverneur soit de trois jours seulement.

Ce genre de manoeuvres a indigné la population du Wisconsin et de tout le pays. Elles jettent encore plus la lumière sur le caractère non représentatif et non démocratique du système actuel de gouvernement. Les arrangements entre Démocrates et Conservateurs ne fonctionnent plus, tandis que la demande ferme de la majorité contre la loi ne peut s'imposer. Le peuple demeure sans pouvoir alors qu'il est clair qu'il peut et doit être le décideur.

Cette loi anti-ouvrière exige non seulement la « flexibilité » pour éliminer les accords sur les pensions, les soins de santé et les conditions de travail, elle exige aussi que les syndicats renouvellent leur accréditation chaque année et que les conventions ne durent qu'un an. Certains collectifs disparaissent tout simplement en tant que collectifs pouvant négocier, ils perdent ce droit.

Le contenu anti-ouvrier de la loi vise non seulement à détruire les syndicats et la capacité des travailleurs à s'organiser, mais aussi d'anéantir les services sociaux et de créer les conditions pour une plus grande incertitude pour tous. Cette loi, comme plusieurs à travers le pays, attaque non seulement les travailleurs, mais aussi le peuple qui utilise les services publics et les programmes sociaux que les travailleurs fournissent. C'est un moyen pour miner les standards de vie des travailleurs et décimer les services tout en s'assurant que les fonds publics soient utilisés pour payer les riches, en leur remettant les pensions ainsi qu'en garantissant les paiements sur la dette, en accordant des congés de taxes, des programmes incitatifs, et du financement pour la guerre. C'est une loi qui défend ouvertement le droit de monopole à un moment où le peuple exige qu'on défende le droit public.

Gouvernement local et de l'État et relations de travail des districts scolaires

Négociations collectives : La loi défendrait que l'on puisse négocier les conditions de travail, les pensions et les avantages sociaux. De plus, alors que les salaires pourraient être négociés, les augmentations de salaires totales ne pourraient pas excéder un plafond basé sur l'index des prix à la consommation sans une approbation obtenue par un référendum général.

Les conventions seraient limitées à une durée d'un an, et les salaires seraient gelés jusqu'à ce que la nouvelle convention soit en vigueur. De plus, les syndicats seraient forcés de renouveler leur accréditation chaque année. Les travailleurs ont déjà une vaste expérience en ce qui concerne ces votes pour accréditer de nouveau leurs syndicats, qui fournissent aux employeurs une opportunité pour faire du chantage, harceler et menacer les travailleurs qui défendent les syndicats.

Également, les employeurs n'auraient pas à déduire les cotisations syndicales des chèques de payes, et les travailleurs membres d'unités de négociations collectives ne seraient pas obligés de payer des cotisations. Ce sont là des clauses typiques du « droit de travailler », déjà en vigueur dans 22 États à travers le pays.

Toutes ces modalités visent à saper la capacité des syndicats à organiser, à créer des conflits entre les travailleurs, et des conditions d'incertitude constante pour tous. Elles donnent aux cadres d'État des pouvoirs arbitraires pour éliminer et changer les pensions et les avantages sociaux, tout en limitant énormément les droits d'organisation des travailleurs.

L'application locale des lois, les pompiers, et les soldats de l'État et les inspecteurs seraient exemptés de ces changements.

Élimination des conventions de certains travailleurs : La loi abroge aussi la capacité de négocier collectivement des travailleurs du programme Medicaid. Elle abroge aussi celle des travailleurs en garderies familiales, de la Commission des hôpitaux et cliniques de l'université du Wisconsin,

et des professeurs et du personnel académique. Cela veut dire que ces travailleurs n'ont plus de convention collective, et que les standards de conditions de travail, de salaires et d'avantages sociaux sont déterminés arbitrairement par des officiels du gouvernement.

Empêcher les actions sur le lieux de travail : Si le gouverneur déclare l'état d'urgence, déterminé de façon arbitraire et unilatérale par le gouverneur, la loi autorise les autorités à congédier tout travailleur qui participe à une action organisée pour stopper ou ralentir le travail, ainsi que tout travailleur qui s'absente pour trois jours sans permission.

Travailleurs à temps partiel : Les travailleurs à temps partiel, désignés sous le nom de Limited Term Employees, n'auraient plus droit à l'assurance-santé ou à la participation au système de retraites du Wisconsin.

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Bulletin du 21 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca