Mouvement ouvrier

À propos de l'explosion d'un four à la fonderie de Vale à Sudbury

Une enquête complète doit être faite!
Plein salaire pour les travailleurs
qui perdront des heures de travail!

Le ministère du Travail de l'Ontario est en train d'enquêter sur une défaillance d'infrastructure à la fonderie Copper Cliff de Vale à Sudbury suite à une grosse explosion qui a sérieusement endommagé le four numéro 2 le 6 février dernier. Suite à une défaillance du blocage de la coulée sur le mur nord-

est, de la matte en fusion est entrée en contact avec de l'eau froide, ce qui a provoqué une explosion qui a duré plus de 20 minutes. C'est uniquement grâce à la diligence des travailleurs sur ce quart de travail que tous ont pu être évacués et qu'il n'y a pas eu de blessures ou de pertes de vie.

William Lin, un porte-parole du ministère du Travail, a dit que le ministère va tenir une enquête sur les questions de santé et de sécurité et notamment vérifier si « la loi a été respectée » en ce qui concerne la sécurité des travailleurs. En fait, tant et aussi longtemps que le ministère et les gouvernements fédéral et provincial vont laisser les monopoles internationaux comme Vale libres de faire ce qu'ils veulent, ils ne font que refuser de défendre le droit public, ce qui est pourtant leur devoir. Les dommages causés au four numéro 2 ne peuvent en aucune façon être qualifiés « d'accident ».

Lors de la grève de l'an dernier à Vale, les travailleurs et la population de Sudbury n'ont cessé de sonner l'alarme à l'effet que l'utilisation de scabs non qualifiés pour redémarrer la fonderie était aventuriste et dangereux et que cela mettait toute la communauté en danger. Ils ont accusé de négligence criminelle le gouvernement de l'Ontario qui a permis à Vale de maintenir sa production avec des scabs non qualifiés loin des yeux du public.

Les exemples sont nombreux des dangers que la conduite aventuriste de Vale a causés. Il y a environ un an, un résident préoccupé par la situation a rapporté au Sudbury Star que « la fonderie de Vale est à risque parce que tout est en train d'y geler ». Il écrit que le mur « d'un des fours est en train de s'effondrer » que les conduites d'eau dans toute l'usine étaient gelées et que l'usine d'oxygène était gelée dur à cause de la négligence de Vale pendant la grève. On a aussi appris pendant la grève que la plus haute cheminée de la fonderie avait été endommagée encore une fois par de l'eau qui s'était infiltrée entre les parois et la brique parce que les briseurs de grève n'avaient pas été capables d'en assurer l'entretien.

En mai 2010, l'extension de 60 pieds de la cheminée de 160 pieds de la fonderie où travaillaient les scabs s'est effondrée sous des vents violents et a sévèrement endommagé un pipeline menant à l'usine d'oxygène adjacente. L'incident aurait pu être catastrophique. Un groupe de résidents qui s'est donné le nom de CANARYS (un acronyme qui en français signifie à peu près « activistes communautaires qui veulent des réponses au sujet de votre sécurité ») a émis un communiqué qui disait notamment : « Nous sommes très préoccupés par les risques posés à la santé et à la sécurité de la communauté par l'emploi de scabs dans une industrie aussi dangereuse. Même si le porte-parole de Vale Inco a tenté d'écarter nos préoccupations comme étant "alarmistes", l'incident à la fonderie la semaine dernière où une cheminée est tombée sur un pipeline d'oxygène, n'a fait que montrer le bien-fondé de notre message, à l'effet que c'est irresponsable de la part de Vale Inco de redémarrer la production durant la grève avec des scabs. C'est certain qu'une main-d'oeuvre locale, bien formée et permanente opérerait cette industrie potentiellement dangereuse de façon plus sécuritaire. » CANARYS a demandé au gouvernement de faire respecter la sécurité publique et de mettre fin à l'utilisation de scabs par Vale pour opérer la mine et la fonderie pendant la grève.

Plus récemment, soit en janvier, le mur sud du four numéro 2 s'est partiellement effondré, causant un déversement dangereux de matte en fusion. Les travailleurs ont été capables de colmater la brèche et d'éviter une explosion. L'incident a néanmoins démontré que l'opacité du mur avait été affaiblie ce qui nous ramène directement à la grève imposée par Vale, à l'incapacité des scabs d'entretenir adéquatement les fours surtout pendant l'hiver, aux efforts de Vale pour redémarrer la production par mauvais temps avec des scabs, etc, tout ceci avec la bénédiction du ministère du Travail et du gouvernement de l'Ontario !

Les travailleurs et la communauté ont manifesté à maintes reprises leur inquiétude face à la capacité de Vale d'entretenir ses installations en pleine rigueur hivernale et surtout avec de la main-d'oeuvre scab. Steve Ball, le porte-parole de Vale, a écarté ces préoccupations comme étant de la « spéculation et des rumeurs à propos de ce qui pourrait arriver ». « Nous comptons opérer les installations avec notre personnel [des employés de bureau utilisés comme scabs et "formés" à la sauvette par Vale pour le travail en fonderie — Note du LML] et nous allons engager les services d'une tierce partie ou d'un contracteur [encore des scabs]. » « Le redémarrage de la fonderie ne comporte aucun danger pour la communauté. »

La preuve du pudding c'est qu'on le mange ! Suite à l'explosion et aux dommages causés au four numéro 2, le ministère du Travail doit tout de suite garantir la sécurité des travailleurs comme étant sa priorité absolue et s'assurer que les conditions à la fonderie sont sécuritaires avant d'y autoriser toute reprise de production. Il doit mettre en lumière la cause de « l'accident » et rendre ses conclusions publiques. Il doit également forcer Vale à payer leur plein salaire à tous les travailleurs qui perdront des heures de travail.

(Traduction : LML)

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Bulletin du 21 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca