À propos de l'explosion d'un four
à la fonderie de Vale à Sudbury
Une enquête complète doit être
faite!
Plein salaire pour les travailleurs
qui perdront des heures de
travail!
- Steve Rutchinski -
Le ministère du Travail de l'Ontario est en train
d'enquêter sur une
défaillance d'infrastructure à la fonderie Copper Cliff
de Vale à
Sudbury suite à une grosse explosion qui a sérieusement
endommagé le
four numéro 2 le 6 février dernier. Suite
à une défaillance du blocage
de la coulée sur le mur nord-
est, de la matte en fusion est entrée en contact
avec de l'eau
froide, ce qui a provoqué une explosion qui a duré plus
de 20 minutes.
C'est uniquement grâce à la diligence des travailleurs sur
ce quart de
travail que tous ont pu être évacués et qu'il n'y a
pas eu de blessures
ou de pertes de vie.
William Lin, un porte-parole du ministère du
Travail, a dit que le
ministère va tenir une enquête sur les questions de
santé et de
sécurité et notamment vérifier si « la
loi a été respectée » en ce qui
concerne la sécurité des travailleurs. En fait, tant et
aussi longtemps
que le ministère et les gouvernements fédéral et
provincial vont
laisser les monopoles internationaux comme Vale libres de faire ce
qu'ils veulent, ils ne font que refuser de défendre le droit
public, ce
qui est pourtant leur devoir. Les dommages causés au four
numéro 2 ne
peuvent en aucune façon être qualifiés
« d'accident ».
Lors de la grève de l'an dernier à Vale,
les travailleurs et la
population de Sudbury n'ont cessé de sonner l'alarme à
l'effet que
l'utilisation de scabs non qualifiés pour redémarrer la
fonderie était
aventuriste et dangereux et que cela mettait toute la communauté
en
danger. Ils ont accusé de négligence criminelle le
gouvernement de
l'Ontario qui
a permis à Vale de maintenir sa production avec des scabs non
qualifiés
loin des yeux du public.
Les exemples sont nombreux des dangers que la conduite
aventuriste
de Vale a causés. Il y a environ un an, un résident
préoccupé par la
situation a rapporté au Sudbury Star que
« la fonderie de
Vale est à risque parce que tout est en train d'y
geler ». Il écrit que
le mur « d'un des fours est en train de
s'effondrer » que les conduites d'eau dans toute l'usine
étaient gelées
et que l'usine d'oxygène était gelée dur à
cause de la négligence de
Vale pendant la grève. On a aussi appris pendant la grève
que la plus
haute cheminée de la fonderie avait été
endommagée encore une fois par
de l'eau qui s'était infiltrée entre les parois et la
brique parce
que les briseurs de grève n'avaient pas été
capables d'en assurer
l'entretien.
En mai 2010, l'extension de 60 pieds de la
cheminée de 160 pieds de
la fonderie où travaillaient les scabs s'est effondrée
sous des vents
violents et a sévèrement endommagé un pipeline
menant à l'usine
d'oxygène adjacente. L'incident aurait pu être
catastrophique. Un
groupe de résidents qui s'est donné le nom de CANARYS (un
acronyme
qui en français signifie à peu près
« activistes communautaires qui
veulent des réponses au sujet de votre
sécurité ») a émis un communiqué
qui disait notamment : « Nous sommes très
préoccupés par les risques
posés à la santé et à la
sécurité de la communauté par l'emploi de
scabs dans une industrie aussi dangereuse.
Même si le porte-parole de Vale Inco a tenté
d'écarter nos
préoccupations comme étant "alarmistes", l'incident
à la fonderie la
semaine dernière où une cheminée est tombée
sur un pipeline d'oxygène,
n'a fait que montrer le bien-fondé de notre message, à
l'effet que
c'est irresponsable de la part de Vale Inco de redémarrer la
production
durant la
grève avec des scabs. C'est certain qu'une main-d'oeuvre locale,
bien
formée et permanente opérerait cette industrie
potentiellement
dangereuse de façon plus sécuritaire. »
CANARYS a demandé au
gouvernement de faire respecter la sécurité publique et
de mettre fin à
l'utilisation de scabs par Vale pour opérer la mine et la
fonderie
pendant
la grève.
Plus récemment, soit en janvier, le mur sud du
four numéro 2 s'est
partiellement effondré, causant un déversement dangereux
de matte en
fusion. Les travailleurs ont été capables de colmater la
brèche et
d'éviter une explosion. L'incident a néanmoins
démontré que l'opacité
du mur avait été affaiblie ce qui nous ramène
directement à la
grève imposée par Vale, à l'incapacité des
scabs d'entretenir
adéquatement les fours surtout pendant l'hiver, aux efforts de
Vale
pour redémarrer la production par mauvais temps avec des scabs,
etc,
tout ceci avec la bénédiction du ministère du
Travail et du
gouvernement de l'Ontario !
Les travailleurs et la communauté ont
manifesté à maintes reprises
leur inquiétude face à la capacité de Vale
d'entretenir ses
installations en pleine rigueur hivernale et surtout avec de la
main-d'oeuvre scab. Steve Ball, le porte-parole de Vale, a
écarté ces
préoccupations comme étant de la
« spéculation et des rumeurs à propos
de ce qui
pourrait arriver ». « Nous comptons opérer
les installations avec notre
personnel [des employés de bureau utilisés comme
scabs et "formés" à la sauvette par Vale pour le travail
en fonderie — Note du LML] et nous allons engager les
services d'une tierce partie ou d'un contracteur [encore des
scabs]. » « Le redémarrage de
la fonderie ne comporte aucun danger pour la
communauté. »
La preuve du pudding c'est qu'on le mange ! Suite
à l'explosion et
aux dommages causés au four numéro 2, le ministère
du Travail doit tout
de suite garantir la sécurité des travailleurs comme
étant sa priorité
absolue et s'assurer que les conditions à la fonderie sont
sécuritaires
avant d'y autoriser toute reprise de production. Il doit mettre
en lumière la cause de « l'accident » et
rendre ses conclusions
publiques. Il doit également forcer Vale à payer leur
plein salaire à
tous les travailleurs qui perdront des heures de travail.