Démantèlement des services
publics à Toronto
La corruption à la Société
d'habitation est utilisée comme prétexte pour la
privatisation
Le 28 février, le vérificateur de la
Ville de Toronto a présenté un
rapport qui fait état de corruption dans la gestion de la
Société
d'habitation de Toronto (SHT), notamment d'octrois de contrats sans
appel d'offres et de dépenses inappropriées pour une
fête de Noël.
Saisissant la balle au bond, le maire Ford a
réitéré l'objectif qu'il
caresse
depuis longtemps de privatiser la SHT. L'administration Ford, qui s'est
fait connaître par son désir de privatiser tout ce qui
n'est pas « rivé
dans le ciment », est passée à l'action en
privatisant une portion plus
grande de la collecte des déchets et en attaquant les
travailleurs de
la Commission de transport de Toronto.
La SHT loge environ 164 000 personnes sur la base
d'un loyer adapté
au revenu et sert des gens qui n'ont pas suffisamment de revenus pour
louer un logement sur le marché privé. Les longues listes
d'attente
pour le logement social à Toronto démontrent bien les
besoins criants
qui ne sont pas comblés et, de pair avec le grand nombre
de sans-abri, sont le signe du refus des gouvernements de
reconnaître
le droit fondamental au logement. La SHT est née des programmes
de
logement social de Toronto, de la province et du gouvernement
fédéral
pendant la deuxième moitié du vingtième
siècle. À mesure que les
gouvernements fédéral et ontarien se sont retirés
du logement social
ces dernières 10 ou 15 années, la ville s'est
retrouvée seule avec
cette responsabilité, d'où la création de la SHT
en 2002.
Compte tenu que ces sortes de scandales impliquant des
bureaucrates
municipaux ne sont pas chose nouvelle et compte tenu des plaintes
déposées depuis longtemps par les locataires contre la
SHT, c'est à
tout le moins curieux que la question refasse surface avec tant de
bruit aujourd'hui. Loin d'être poussé par toute cette
situation à
améliorer
le logement social et satisfaire les besoins des résidents, le
maire
l'utilise comme prétexte pour privatiser le logement social en
subventionnant les locataires pour qu'ils aillent sur le marché
privé.
Ford tente d'utiliser le problème pour mousser son offensive
antisociale de privatisation, de coupures dans les services et
programmes sociaux et de vente
d'actifs publics, tout cela au profit des intérêts
privés et
monopolistes.
Dans la situation où la SHT est une institution
publique, les
revenus des loyers et ceux de la municipalité défraient
le coût des
logements et de leur entretien. Mais si le logement social est mis dans
les mains des propriétaires privés et probablement
très riches, alors
les loyers des résidents et les subventions envisagées
par la ville
devront couvrir
non seulement les coûts des logements mais les profits
considérables
des propriétaires et les intérêts des institutions
financières
impliquées dans les hypothèques. Il faut noter
également que les gros
propriétaires se plaignent dans le moment d'un taux d'occupation
très
faible du fait qu'un grand nombre de gens n'ont pas les moyens de payer
les
loyers élevés qu'ils demandent et ils se sont
montrés très
enthousiastes dans ce contexte pour les plans de Ford.
En tant que partie intégrante de l'offensive
antisociale d'ensemble
de Ford contre tout ce qui est public, contre les programmes et
services sociaux et contre les travailleurs, ces plans pour la SHT
représentent une autre grande magouille pour payer les riches en
remettant dans leurs mains des propriétés et des
ressources publiques.
Cela va créer
encore plus d'instabilité dans les vies des gens et ne fera
qu'augmenter l'insécurité vécue par les
résidents de la Société
d'habitation, lesquels sont souvent très vulnérables, et
cela va
détruire les moyens de subsistance des travailleurs de la SHT.
Les
guerriers néolibéraux à la Ford n'ont que faire du
bien-être des
travailleurs, des pauvres et des gens
les plus vulnérables et c'est une raison de plus pour
intensifier la
résistance populaire.