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Les retraités d'AbitibiBowater
refusent la légalisation du vol des pensions
Non à la légalisation du vol des pensions
par AbitibiBowater et le gouvernement Charest!
- Pierre Chénier -
Nous devons tous appuyer les retraités
d'AbitibiBowater au Québec
qui se mobilisent en ce moment contre le vol légalisé de
leurs
pensions. Ils refusent d'accepter que la réorganisation
d'AbitibiBowater sous la fraude de la protection de la faillite se
fasse sur le dos de ceux qui ont créé la richesse chez
AbitibiBowater
et sont maintenant dans
une situation vulnérable. Cette situation intenable de
même qu'un souci
élémentaire de justice nous disent aussi que cette
réorganisation ne
doit pas se faire non plus sur le dos des travailleurs actifs ;
nous
nous le faisons rappeler à chaque jour et notamment en ce moment
avec
les menaces de lockout de la part d'Abitibi contre les travailleurs
de la forêt du Saguenay-Lac-St-Jean qui s'opposent à la
nouvelle ronde de
concessions demandées par
le monopole forestier. La réorganisation sous la fraude de la
protection de la faillite n'a pas transformé ce monopole
échoué en une
réussite et n'a pas non plus résolu quelque
problème que ce soit qui
affecte l'industrie forestière ; elle n'a pas de toute
évidence
tempéré non plus l'appétit d'AbitibiBowater pour
des demandes de
concessions. Bien au contraire, les actions antiouvrières et
anti-communautés du monopole, appuyées du plein poids du
gouvernement
Charest, ne font qu'accroître les problèmes et notamment
l'étendue du
vol légalisé des pensions.
C'est bien cela que les actions des retraités
mettent en lumière par
leur opposition à l'arrangement qui a été
signé entre AbitibiBowater,
le gouvernement Charest et la Régie des rentes du Québec
et entériné
par la FTQ et la CSN et leurs affiliés du papier et de la
forêt. Cette
entente signée en septembre 2010 faisait partie des arrangements
qui
ont permis à AbitibiBowater d'émerger de la protection de
la faillite.
Elle convenait entre autres choses que les retraités d'Abitibi
allaient
perdre entre 10 % et 35 % de leurs pensions et qu'on allait
permettre
au monopole de réduire et étaler dans le temps ses
contributions à ses
fonds de pension qui doivent en éliminer les déficits. On
s'attend à ce que cet arrangement et d'autres du genre pour les
monopoles forestiers — y compris ceux qui ne sont même pas sous
la
protection de la faillite — seront codifiés dans une loi que le
gouvernement Charest va déposer à l'automne.
On s'attend à ce qu'en vertu de la loi les
retraités se verront
offrir deux « choix » : ou bien
transférer leur pension à la Régie des
rentes du Québec et perdre jusqu'à 30-35 % de leur
pension ou demeurer
avec Abitibi et risquer de perdre encore plus si le monopole se place
à
nouveau sous la protection de la loi de la
faillite avec des fonds de pension encore plus sous-financés.
Pendant
ce temps, Kruger, un monopole forestier qui n'est même pas sous
la
protection de la Loi sur les arrangements avec les
créanciers des compagnies
(LACC), a déjà tenu des rencontres avec la Régie
des rentes pour
obtenir des allégements dans ses contributions à ses
fonds de pension semblables à ce qu'Abitibi a obtenus, au nom de
la
soi-disant équité entre concurrents. Ça ne finit
jamais. C'est tout à
l'honneur des travailleurs de Kruger Wayagamack de
Trois-Rivières
d'avoir rejeté à l'unanimité cette demande de
Kruger.
Ces retraités d'AbitibiBowater ont dit non
à ce « choix » et c'est
dans l'intérêt de tous les travailleurs forestiers de
faire de même.
Nous devons dire très clairement qu'en ce qui nous concerne, il
n'y a
pas de choix. Ce qui revient de droit aux travailleurs forestiers et
à
leurs régions doit leur être remis et nous pouvons partir
de là
pour rebâtir l'industrie forestière afin de la mettre au
service des
travailleurs et de leurs régions et de la protéger des
crises autant
que possible. C'est là une position de principe et plus
réaliste que
celle qui dit qu'on doit se faire prendre pieds et poings liés
dans une
situation qui est intenable.
Le gouvernement Charest a dit qu'il tiendra une
commission
parlementaire sur le projet de loi qu'il s'apprête à
présenter. Nous
devons utiliser tout le temps que cela va nous donner pour bien
évaluer
la situation. Le fait même qu'AbitibiBowater se lance dans une
nouvelle
ronde de demandes de concessions et de menaces, à peine sorti
des
procédures de la protection de la faillite, nous dit que nous ne
pouvons pas entretenir l'illusion que la réorganisation sous la
LACC a
résolu quoi que ce soit ou apporté quelque
stabilité aux travailleurs
et communautés affectés. Elle n'a fait que paver la voie
à encore plus
de chaos et de crises. En tant que position de principe et la seule qui
nous
permette de nous sortir à plus ou moins long terme de ce
guêpier, nous
devons déclarer que la réorganisation des monopoles
forestiers ne doit
pas se faire sur le dos des travailleurs actifs ou à la retraite.
Marche contre la fermeture de l'usine
d'AbitibiBowater à Donnacona le
27 janvier 2008. Le 6 novembre 2008, 250 travailleurs de
l'usine de
Donnacona
ont perdu leur moyen de subsistance après un an d'incertitude,
de
chantage et de tractations de coulisses entre la compagnie et le
gouvernement Charest.
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Entrevue: Robert Drolet, président
du Syndicat national des travailleurs
des pâtes et papier de Donnacona
LML : Les retraités
d'AbitibiBowater de
certaines régions du Québec tiennent des actions en ce
moment pour
s'opposer au vol de leurs pensions. Peux-tu nous en dire plus à
ce
sujet ?
Robert Drolet : Une coalition a
été formée récemment qui comprend les
retraités de Donnacona, de Clermont et du Saguenay-Lac-St-Jean.
Nous savons tous qu'AbitibiBowater vient
d'émerger de la protection de la faillite sous la Loi sur
les arrangements avec les créanciers de compagnies
(LACC). Lorsqu'Abitibi était sous la protection de la LACC, des
ententes ont été signées entre AbitibiBowater, le
gouvernement du
Québec, la Régie des rentes du Québec et
les deux plus grandes centrales syndicales du Québec, la FTQ et
la CSN,
qui permettaient à AbitibiBowater de couper jusqu'à
30-35 % des
pensions des retraités. Selon nous ces ententes sont au
détriment des
intérêts des retraités d'AbitibiBowater. Les
retraités n'ont pas été
consultés et ils ne sont pas d'accord avec leur contenu. C'est
pourquoi ces derniers temps il y a eu des réunions, des
communiqués de
presse et des actions pour exprimer cette opposition.
LML : Ces ententes sont
maintenant en train d'être codifiées dans une loi.
RD : C'est exact. Elles
font l'objet de la
loi 129 qui a été adoptée en décembre
2010 par l'Assemblée nationale du
Québec. La loi 129 dit que les retraités qui sont
membres d'un fonds de
pension qui est terminé en vertu de la banqueroute ou de
l'insolvabilité de l'employeur peuvent transférer leur
pension et se la faire payer par la Régie des rentes du
Québec pour une
période de temps. Dans sa forme originale, la loi
129 contenait aussi
une section visant spécifiquement l'industrie des pâtes et
papier qui
mettait cette option à la disposition des retraités sans
que
l'employeur n'ait à terminer le fonds. Cette section a
été retirée en
raison
de l'opposition des retraités. Elle est en train d'être
réécrite et
devrait être déposée ce printemps.
Concrètement, les retraités
d'AbitibiBowater vont se faire offrir
deux options en ce qui concerne le paiement de leurs pensions. Il faut
se rappeler qu'AbitibiBowater a plus de 20 fonds de pension
différents
au Québec. La première option c'est que le
retraité transfère sa
pension à la Régie des rentes du Québec. Le
retraité recevra alors un
montant qui correspond au niveau où le fonds de pension est
financé. À
Donnacona par exemple, le fonds de pension est financé à
69 %. Les
retraités qui transfèrent leur pension à la
Régie vont perdre 31 % de
leur pension, bien qu'ils aient gagné et négocié
les montants qui leur
sont dus lorsqu'ils étaient à l'emploi d'Abitibi. Le
pourcentage des pertes varie parce que chaque plan est
différent. Je
pense que celui de Donnacona est le plus bas à 69 % et que
dans les
meilleurs des cas les fonds sont financés à un peu plus
de 80 %.
L'option numéro deux c'est de rester avec
Abitibi, de toucher sa
pleine pension pour le moment mais de risquer de perdre encore plus si
Abitibi se place encore une fois sous la loi de la protection de la
faillite. Nous savons tous qu'Abitibi vient juste d'en émerger
et que
sa situation n'est pas très bonne alors qui sait combien de
temps cela
va
prendre avant qu'ils se placent sous la loi encore une fois. Personne
ne le sait. Pendant ce temps, on permet à AbitibiBowater de ne
mettre
qu'environ 50 millions $ par année dans les fonds pour les
prochains
15 ans au lieu des 160 millions $ qu'elle était
censée mettre pour les
dix prochaines années afin de renflouer le fonds. La
prochaine fois qu'Abitibi se placera sous la protection de la faillite
les fonds risquent d'être encore plus sous-financés qu'ils
ne le sont
en ce moment. Selon nous c'est plus de 200 millions $ que les
retraités
vont perdre avec ce qu'on appelle maintenant la « formule
AbitibiBowater ». Plutôt que d'être
affecté aux pensions, cet
argent va être utilisé pour payer la dette d'Abitibi. Un
des objectifs
premiers de la réorganisation d'Abitibi sous la LACC
c'était justement
de réduire la dette de la compagnie. Et quand nous parlons de
pertes
pour les travailleurs, ce ne sont pas seulement les retraités
qui sont
visés.
Si nous prenons le cas de Donnacona, nos travailleurs
ont présenté
des réclamations de l'ordre de 52 millions $ lors des
procédures en
vertu de la LACC. Le juge qui était en charge des
procédures a demandé
qu'AbitibiBowater négocie avec chaque syndicat individuel une
entente
au sujet des réclamations. Nous avons négocié avec
la compagnie, avec un couteau sous la gorge évidemment parce que
l'autre option c'était d'aller en cour et peut-être de
tout perdre, et
nous avons signé une entente qui réduisait nos
réclamations à
4,6 millions $. C'est loin du 52 millions. Ce montant de
52 millions $
représentait notamment les primes de séparation
non payées et trois années de salaires parce que nous
avions une
entente en vertu de laquelle l'usine devait rester ouverte jusqu'en
2011 alors qu'elle a fermé en février 2008. Nous
avons appris récemment
que nous allions en fait recevoir 0,36 cents sur le dollar par
rapport
à l'entente signée. Ce sont des documents juridiques de
plusieurs centaines de pages qui établissent entre autres choses
que
ceux qui étaient avec Bowater avant la fusion vont recevoir
0,36 cents
sur le dollar et ceux qui étaient avec AbitibiConsolidated vont
recevoir 0,17 cents sur le dollar. Moi par exemple, en vertu de
l'entente signée on me doit 33 000 $ et je vais
recevoir
11 000 $. En plus de cela il y a des calculs complexes des
dates
auxquelles nous avons reçu l'Assurance-Emploi après la
fermeture alors
c'est possible qu'on nous demande de rembourser l'Assurance-Emploi. En
plus le montant qu'on va recevoir est imposable. On va recevoir des
miettes c'est tout. La réorganisation d'AbitibiBowater
ne s'est pas faite seulement sur le dos des retraités mais sur
celui
des travailleurs actifs également. Et l'avenir de la compagnie
demeure
sombre.
Donc la loi a été adoptée en
décembre 2010. La section sur les pâtes
et papiers va faire l'objet d'une nouvelle loi qui va être
votée ce
printemps. Les retraités demandent à être entendus.
Ils veulent
rencontrer Julie Boulet, la ministre d'Emploi et Solidarité
sociale.
Ils lui ont écrit par deux fois pour demander de la rencontrer
et cela
n'a encore
rien donné. Les retraités veulent aussi se faire entendre
en commission
parlementaire qui est censée être organisée par le
gouvernement suite
au dépôt du projet de loi.
LML : Quelles sont les
demandes des retraités ?
RD : Ils n'acceptent pas que leurs pensions
soient réduites
ou soumises à des risques encore plus grands. Si les
retraités
transfèrent leur pension à la Régie, ils vont
perdre jusqu'à plus de
30 % de leur pension selon le cas. Nous voulons des garanties et
nous
voulons que plus d'argent soit mis dans les fonds de pension
immédiatement. Nous n'acceptons pas que les retraités
perdent une
partie de leurs pensions pour payer pour la réorganisation
d'AbitibiBowater. Pourquoi les retraités devraient-ils payer
pour
cela ? Ils ont en mains des ententes dûment signées
avec la compagnie
qui établissent quel montant ils sont supposés recevoir
et ces ententes
ne sont pas
respectées. À Donnacona, la frustration est double parce
que nous
avions en plus une entente garantissant que l'usine resterait ouverte
jusqu'en 2011 et elle non plus n'a pas été
respectée.
Les retraités disent que la réorganisation
d'AbitibiBowater ne doit
pas se faire sur leur dos. Ils n'acceptent pas et je n'accepte pas non
plus la soi-disant logique selon laquelle nous devrions accepter ces
pertes parce qu'au moins Abitibi a été sauvée de
la faillite, les
emplois ont été sauvés, les usines continuent de
produire et le fonds
de pension
n'est pas mort. Nous n'acceptons pas d'avaler tout ça en silence
avec
l'idée que tout ce qui comptait c'était d'éviter
la faillite à tout
prix. Nous voyons bien que la compagnie n'est pas en bon état et
que
c'est bien possible qu'elle se place sous la protection de la faillite
à nouveau.
LML : On entend dire que
des monopoles
forestiers qui ne sont pas sous la protection de la faillite demandent
eux aussi à être compris dans la loi.
RD : Nous pensions au début que la
loi s'appliquait
uniquement aux compagnies sous la protection de la faillite mais
ça
n'est pas le cas. Des compagnies comme Kruger qui ne vont pas si mal
demandent elles aussi des allégements dans leurs contributions
à leurs
fonds de pension au nom de l'équité entre les concurrents
dans le
secteur. Kruger a tenu des réunions avec la Régie
à ce sujet. C'est
très dangereux parce que tout ça va faire boule de neige
et de plus en
plus, les entreprises vont demander des allégements
jusqu'à ce qu'elles
se placent sous la protection de la faillite et alors les fonds de
pension vont être dans un état encore plus mauvais.
Pourquoi faut-il que sauver une compagnie de la faillite
se fasse sur le dos des retraités ?
Nous espérons que ces actions vont apporter des
changements. La
ministre Boulet et son gouvernement se doivent d'écouter ce que
les
retraités ont à dire. Si on reste à la maison et
on ne fait rien alors
rien ne va changer. Même un petit gain serait le bienvenu.

Lettre au député de Portneuf Michel Matte
- Les retraités d'AbitibiBowater
de Donnacona, 15 mars 2011-

Le 16 mars, plus de 80
retraités d'AbitibiBowater de
Donnacona se sont rendus au bureau du député de Portneuf,
Michel Matte,
lui porter une lettre demandant son appui à la lutte des
retraités (il
était absent
et la lettre a été reçue par son
adjointe)
Monsieur Matte, il faudrait bien comprendre....
Que vous avez été élu pour
représenter les citoyennes et citoyens du
comté de Portneuf, et non, pour nous faire avaler une politique
du
Parti libéral, qui ne fait que profiter aux grandes
multinationales.
Depuis novembre 2010, les retraités
d'AbitibiBowater de Donnacona
essaient de faire comprendre que l'entente intervenue entre la
Régie
des rentes du Québec et AbitibiBowater pose de sérieuses
interrogations
aux retraités. N'eut été d'une intervention de
dernière minute de la
part de Monsieur François Rebello, député
péquiste, le projet de loi
129 aurait été voté sans aucune consultation
des retraités. Suite à
l'intervention de celui-ci, le projet de loi a été
voté en décembre
dernier avec le retrait de l'article 7 de ladite loi. À
partir de ce
moment, la ministre Julie Boulet a reporté au printemps
2011 l'adoption
d'un règlement concernant l'entente intervenue avec la
papetière AbitibiBowater. Dans une lettre signée par
Monsieur Roland
Villeneuve le 23 décembre 2010, madame la Ministre
mentionne que nous
aurions l'occasion d'être entendus puisque des consultations
seront
préalablement tenues après le dépôt de ce
projet de loi.
Monsieur Matte, vous pouvez bien marteler et affirmer
que c'est la
meilleure entente, cependant, nous ne retrouvons rien pour les
retraités. Le seul partenaire signataire de cette entente, qui
en sort
gagnant, c'est AbitibiBowater.
On donne un semblant de choix aux retraités,
à savoir, prendre le
risque de rester avec AbitibiBowater sans aucune garantie ou encore de
s'en remettre à la Régie des rentes du Québec avec
une perte d'environ
25 % de la retraite à partir de maintenant. Beau cadeau
offert à
AbitibiBowater d'environ 1,3 milliard $.
Monsieur Matte, vous trouvez ça normal, un
délai de plus de 15 ans
accordé à AbitibiBowater pour rembourser une dette, et
ce, sans
garantie ? Il s'agit de notre argent, de notre rente de retraite.
Si
c'était vous, l'accepteriez-vous ?
Les retraités ont signé un contrat au
moment où ils ont choisi de
prendre leur retraite. Ne sont-ils pas en droit d'exiger que leur fonds
de pension soit sécurisé à 100 %. Ne sont-ils
pas en droit d'exiger
d'avoir un droit de parole à propos de cette entente ?
Monsieur Matte, vous dites que les rentiers
d'AbitibiBowater
pourront parier sur la sécurité du plan de redressement.
Comment
expliquez-vous alors que le gouvernement, quant à lui, trouve
trop
risqué de garantir notre fonds de pension ?
C'est facile, Monsieur Matte, de jouer l'argent des
autres. En plus,
vous êtes en train de nous dire, que nous, les rentiers, devons
prendre
le risque.
Les retraités participent à la relance
d'AbitibiBowater, et ce, sans
avoir un droit de regard, sans être consultés et sans
être impliqués.
Nous avons été ignorés dans toute la
démarche.
Pourquoi les retraités seraient-ils
obligés de payer à même leur
caisse de retraite pour parier dans la relance d'une multinationale
qui, au moment de sa sortie de la LACC, accordait de
généreuses primes
à ses dirigeants ? Pourquoi n'avez-vous pas
dénoncé ces primes ?
Comment aurons-nous la certitude que les profits
serviront à payer
la dette que la multinationale doit au fonds de pension ? Aucune
mesure
ne se retrouve dans le projet de loi pour sécuriser le fonds de
pension. Les retraités ne mendient pas, c'est leur argent et ils
sont
en droit de profiter de leur retraite sans stress.
Sécuriser le fonds de pension pour les
années à venir ne signifie
pas que l'on remet toute l'entente entre AbitibiBowater et la
Régie des
rentes du Québec en cause. Nous sommes conscients que la survie
de
l'entreprise ne doit pas être mise en péril. On veut
s'assurer que les
retraités par un suivi très strict profitent
également de la
profitabilité
de l'entreprise. Les retraités doivent s'assurer que la richesse
accumulée dans le fonds de pension soit maintenue pour le bien
commun
des retraités et des futurs retraités.
Monsieur Matte, l'Institut de recherche en politique
publique (IRPP)
confirme les appréhensions qu'ont les retraités
d'AbitibiBowater
relativement au pécule qui leur est dû. Les régimes
de pension, comme
celui d'AbitibiBowater, font courir des risques très discutables
aux
bénéficiaires.
Monsieur Matte, vous vous portez à la
défense de l'entente sans
avoir, au préalable, discuté avec les retraités
mis en cause. Sachez
que le mouvement de contestation mis en branle par des retraités
de
Donnacona reçoit l'appui d'une très grande
majorité de la population.
Le réseau de la Fédération de l'âge d'or du
Québec (FADOQ) et la
Fédération des associations des retraités du
Québec (FARQ) croient que
la tenue d'une consultation publique est plus que pressante afin
d'assurer le respect des droits des retraités touchés par
le projet de
loi 129. Il est inadmissible que des projets de loi sabrant dans nos
droits acquis soient imposés à la population.
Monsieur Matte, sachez que cette entente ferait boule de
neige. Même
les entreprises que ne sont pas sous la LACC entreprendront des
pourparlers avec le gouvernement pour obtenir les mêmes faveurs
qu'AbitibiBowater. Si cette entente se généralise tous
les fonds de
pension seront fragilisés et sous capitalisés à
très long terme. Est-ce
cela que
vous souhaitez à vos concitoyennes et concitoyens ?
Il faut donner un signal fort au gouvernement. Il faut
respecter les
retraités et futurs retraités. Il faut tous, élus
et électeurs, être
partenaires dans cette démarche.
Monsieur Matte, les retraités d'AbitibiBowater de
Donnacona, qui
sont d'ailleurs vos concitoyens, vous demandent de vous tenir debout,
avec nous, pour que justice soit faite. Nous vous invitons
également à
faire votre travail pour lequel vous avez été élu,
soit de défendre les
intérêts des citoyens de Portneuf.

La loi sur les faillites est utilisée pour
légaliser
le saccage de l'économie et les attaques contre
les travailleurs et la société
- K. C. Adams -
Aucun
des
problèmes fondamentaux des industries de l'acier et des
forêts
n'a été résolu par la protection de la loi sur les
faillites. Les attaques de US Steel
et d'AbitibiBowater contre les travailleurs, leurs communautés,
les installations de production et l'économie n'ont pas de cesse.
AbitibiBowater a annoncé le
9 décembre dernier qu'elle n'est plus désormais sous
la protection sur la Loi sur les arrangements avec les
créanciers des
compagnies au Canada (LACC) et le Chapitre 11 aux
États-Unis. La protection de faillite est une méthode
pour tenter de se soustraire aux problèmes
fondamentaux de l'économie capitaliste. Ces problèmes
s'accumulent et deviennent destructeurs, ce qui mène à
des crises économiques au sein de certains monopoles et à
des crises générales, comme cela s'est produit en 2008.
La protection de faillite est une mesure parmi d'autres
par laquelle on légalise la destruction de l'économie
avec des mesures pour attaquer les droits des travailleurs,
concentrer la richesse entre les mains d'un petit groupe et remettre
une compagnie en position de prendre part à nouveau à la
bataille de la concurrence, pour ensuite recréer
les mêmes problèmes et attaquer de nouveau les
travailleurs et le droit public.
Le ciel ne nous tombe pas
sur la tête ;
il s'agit seulement d'un autre fiasco du capital monopolisé
La nature centrée sur le capital du processus de
faillite a clairement été révélée
dans le cas de l'aciérie Stelco de 2004 à 2006.
Même avant que la compagnie ne se place sous la protection de la
LACC en 2004, elle
avait commencé une campagne pour dire que la résolution
des problèmes de l'industrie de l'acier passait par
l'acceptation par les métallos de concessions sur les salaires,
les avantages sociaux et les pensions. Il fallait aussi que les
gouvernements payent les monopoles pour faire des affaires en vue du
profit privé, et qu'ils transfèrent leurs
réclamations à titre d'impôts sur le revenu
d'entreprise aux Canadiens individuellement. Le PDG de Stelco a
commencé par prétendre que si les demandes du droit de
monopole n'étaient pas satisfaites, Stelco serait
condamné et la production d'acier au Canada ne survivrait pas.
Cette propagande allait de pair avec la ligne générale de
la
mondialisation néolibérale, telle qu'exprimée et
défendue par ses représentants flagorneurs au Parlement
et à la législature de l'Ontario, et par les
médias monopolisés.
La section locale 1005 du Syndicat des
Métallos chez Stelco a qualifié la campagne du PDG de
pitoyable tactique de peur pour répandre la panique et faire
croire
que le ciel nous tombait sur la tête. Le PDG espérait
terroriser les métallos et leurs communautés et les
obliger à penser que les concessions étaient une
solution. La section
locale 1005 a dit calmement que non, le ciel n'était pas en
train de tomber, et qu'il était possible de comprendre les
problèmes dans l'industrie de l'acier, qui n'avaient
rien à voir avec les réclamations des travailleurs sur le
plan des salaires, des avantages sociaux et des pensions. Par exemple,
le bas prix de l'acier sur le marché constituait
un problème immédiat qu'on pouvait régler avec un
contrôle gouvernemental du marché du gros de l'acier et
d'autres mesures pour déterminer les prix de production d'une
nouvelle manière, d'une façon consciente, ce qui
stabiliserait grandement l'industrie canadienne de l'acier.
La section locale 1005 a réfuté
fermement les arguments néolibéraux et les tactiques de
peur avec des arguments scientifiques solides. Elle a expliqué
que les forces
sociales qui contrôlent Stelco avaient des objectifs
cachés, qu'elles cherchaient à faire un gros coup
d'argent aux dépens des métallos, de la
communauté, de l'économie et
des détenteurs moins puissants des avoirs et de la dette de
Stelco. Les forces sociales en contrôle n'avaient certainement
pas l'intention de s'attaquer aux vrais problèmes
de Stelco et de l'industrie de l'acier ; leurs misérables
tactiques de peur le prouvaient. En opposition à ces manoeuvres,
la section locale a inscrit sur sa bannière :
« Les concessions ne sont pas une
solution ! », « Unissons-nous à la
défense des droits de tous ! »,
« Quelle économie ?
Notre économie ! » et « Base
manufacturière oui ! Destruction nationale
non ! »
Les objectifs intéressés de ceux qui
contrôlaient Stelco n'avaient rien à voir avec la
résolution des problèmes du secteur de l'acier ou avec
l'édification nationale. Les
profits records alors qu'elle était sous la LACC, principalement
grâce à l'augmentation substantielle des prix de l'acier
de 2004 à 2008, et le grand coup assené
subséquemment par les éléments
privilégiés contrôlant le processus de faillite de
la LACC, lorsqu'ils ont vendu Stelco à US Steel, prouvent que la
section locale
1005 avait entièrement raison. Les forces sociales en
contrôle de Stelco et maintenant de US Steel sont incapables de
résoudre les problèmes de l'industrie de l'acier.
C'est pourquoi une Opposition ouvrière résolue et unie
est en train de se bâtir, avec son propre ordre du jour pour
défendre les droits de tous, pour restreindre le droit de
monopole et bâtir une économie qui suffit à ses
besoins et qui est diversifiée, avec une base
manufacturière. Cette Opposition ouvrière peut ouvrir la
voie au progrès et
amener les Canadiens vers une alternative populaire.
Les contradictions entre la
nature sociale de la production de masse moderne et la nature
privée de son contrôle et de sa propriété
La protection sur la faillite
essaie sert à esquiver ou encore à dissimuler un
problème fondamental du système capitaliste, qui est
l'expansion hypertrophiée de la propriété
privée et de ses réclamations
sur le revenu d'une entreprise. Les entreprises modernes ou les
monopoles sont en essence de nature sociale et opèrent au sein
d'une économie complètement socialisée.
Chaque entreprise privée accumule graduellement une
quantité disproportionnée de propriété
d'avoirs et de dettes comparativement au revenu que l'entreprise est
capable
de générer. Cette propriété étendue
en avoirs et en dette est contrôlée paradoxalement par un
nombre moindre de propriétaires de capital monopolisé
plus puissants. La
manifestation physique de cette augmentation de la concentration du
capital peut se voir dans n'importe quelle entreprise de production
d'acier ou de papier, ou d'autres
monopoles. La valeur des avoirs et de la dette recelée dans
l'usine et la machinerie croît d'année en année
comparée au nombre de travailleurs et le revenu total que ces
travailleurs peuvent générer. Le produit social (l'acier,
les billots de bois, le papier) croît en quantité et en
qualité mais la valeur de celui-ci, telle que calculée
par le temps
de travail et le prix de vente, descend en comparaison de ce qu'il
valait des années auparavant en termes réels et avec le
montant de capital en avoirs et dette recelé dans
les usines. Pourquoi ? Parce que la valeur est
déterminée par la moyenne de temps de travail
nécessaire pour produire une unité donnée de
produit social, comme des
rouleaux de papier ou d'acier. La productivité est l'ennemi de
la valeur - un autre paradoxe du système capitaliste et qui
montre sa nature transitoire, puisqu'il ne permet
pas d'utiliser pleinement l'énorme produit social que la
production industrielle de masse est capable de produire.
L'économie socialisée a besoin de relations de production
socialisées pour que ses composantes humaines et
matérielles fonctionnent harmonieusement et
bénéficient pleinement de sa capacité productive.
Combien de travailleurs dans les usines de papier ou
d'acier aujourd'hui produisent la même quantité de
produits qu'il y a vingt ans ? Quelle quantité de capital
est rattachée aux usines et à la machinerie
comparé à il y a vingt ans ? Le temps de travail par
unité de production décline inexorablement avec
l'application de la
science et de la technologie. Donc, la valeur par unité de
produit social baisse aussi mais la quantité de capital
rattaché aux usines et à la machinerie continue de
croître.
Le taux de rendement sur le capital investi doit baisser. Le capital
monopolisé veut continuer à extraire la même
quantité de revenus d'une tonne d'acier et de papier qu'il
y a vingt ans mais la loi de la valeur lui enlève cette
possibilité. Tant et aussi longtemps que le contrôle
privé des composantes en compétition de l'économie
persiste, le
taux de rendement sur le capital investi doit plonger pendant que la
productivité augmente. Le capital monopolisé doit
être forcé de regarder en face la réalité de
son propre
système désuet. Aussi longtemps que le contrôle et
la propriété privés des composantes en concurrence
de l'économie socialisée existent, la loi de la chute du
taux de
rendement sur le capital investi aura son effet. Les efforts du droit
de monopole pour contourner cette loi (en manipulant les prix et en
extorquant des revenus aux travailleurs
et à la société) intensifient les crises
économiques récurrentes, causent des souffrances parmi la
population et détruisent l'économie et la
société. Le capital monopolisé veut
extirper une quantité de sang (de revenu) d'une tonne d'acier ou
de papier qui n'est plus là. Au lieu de cela, le droit de
monopole extirpe le sang des travailleurs et de la
société. Nous devons arrêter cela ! Les
propriétaires de l'avoir et de la dette en expansion
rattachées aux usines et à la machinerie exigent leur
livre de chair mais le
revenu disponible ne peut pas satisfaire leurs attentes. Pour les
propriétaires du capital, c'est une crise, et ils se mettent
à clamer sur tous les toits que le ciel va s'effondrer
à moins que le revenu soit extorqué de partout chez les
travailleurs et dans la société. Ce n'est pas que les
travailleurs dans leurs usines et leurs moulins ne peuvent pas
produire, ils produisent magnifiquement. Le problème
créé par la contradiction entre le caractère
social de la production et le caractère privé du
contrôle de la propriété est
que l'augmentation du produit social est inutile à moins qu'il
soit vendu et transformé en revenu. Mais plus il y a de
travailleurs qui produisent avec moins de temps de travail,
plus le revenu disponible s'amenuise comparé au montant de
capital rattaché aux usines et aux machines. Quel dilemme !
De plus en plus de produit social avec de
moins en moins de temps de travail, alors que les propriétaires
du capital ne veulent pas plus de produit social, ils veulent l'argent
des ventes, et il n'y a simplement pas
assez de revenu pour satisfaire leurs attentes de rendement sur
l'investissement.
La propriété privée a de plus en
plus d'argent rattaché aux usines et à la machinerie,
sous la forme d'avoirs et de dettes, et exige un rendement sur son
investissement
en rapport avec le montant investi. Mais l'accroissement des
réclamations des propriétaires devient trop rapide pour
le revenu disponible. Un énorme fossé se creuse entre
les attentes des propriétaires du capital sur ce qu'ils ont
investi dans une entreprise sous forme d'avoirs et de dette, et la
capacité de l'entreprise à générer assez de
revenus
pour satisfaire leurs réclamations. Et ce n'est pas vrai que
personne n'a besoin ou ne veut de l'accroissement du produit social. Si
c'était le cas, pourquoi les médias seraient-
ils saturés des demandes sans fin d'organismes de charité
et d'histoire de gens appauvris ici au Canada, aux États-Unis et
à travers le monde ? La vérité est que le
système capitaliste n'est pas conçu pour combler les
besoins du peuple en produit social. Si le produit social était
vendu à sa vraie valeur, les capitalistes devraient accepter
moins de revenus, un rendement moindre. Ils préféreraient
ruiner nos usines d'acier et de papier et d'autres entreprises
plutôt que de vendre le produit social à sa vraie valeur,
et d'être forcés d'accepter un rendement inférieur.
Les propriétaires du capital veulent restreindre la
quantité de produit social disponible pour forcer la hausse des
prix. C'est
une façon par laquelle ils tentent de surmonter leur dilemme
entre un rendement plus bas et les inévitables ralentissements
du cycle des affaires. Dans des documents juridiques
soumis par US Steel l'an dernier, la compagnie a admis avoir
essayé de faire grimper les prix de l'acier en fermant deux
usines de Stelco au Canada. AbitibiBowater a coupé
la production de papier de 30 %, pas parce que la planète a
besoin de moins de papier – imaginez seulement la demande de produits
de papier renouvelables en Chine
et en Inde, en pleine modernisation et en plein développement –
mais parce que les propriétaires du capital monopolisé
vont vendre le papier à des prix de monopole, de
manière à faire des réclamations de super profits.
Restreindre le droit de
monopole
Nous pouvons commencer à résoudre les
problèmes dans l'économie en restreignant les
réclamations des propriétaires
du capital et en orientant l'économie dans le sens de l'objectif
général de servir les besoins de la population et
d'édifier la nation, en mettant plus dans l'économie
(travailleurs,
moyens de production, infrastructures, services publics, programmes
sociaux) qu'il en est retiré. Cela veut dire défendre le
droit public en opposition au droit de monopole.
Cela veut dire surmonter le blocage du progrès imposé par
les propriétaires du capital. Cela veut dire par exemple
élaborer dans la pratique une formule moderne pour
déterminer des prix de production qui tiennent compte de la loi
de la valeur et la tendance du taux de profit à baisser – une
formule qui restreint l'anarchie destructrice
des prix lorsqu'ils sont sous le contrôle des monopoles, comme
nous en sommes témoins aujourd'hui avec les prix de l'essence et
d'autres produits du pétrole. Cela veut
dire réfléchir à la manière de
résoudre la contradiction entre la production et la
distribution, de façon à ce que tous les avantages de la
production industrielle de masse
puissent être utilisés pour garantir le bien-être du
peuple et les intérêts généraux de la
société, et ne pas se retrouver paralysés par ce
que le produit social se heurte à un
mur, comme de ne pas trouver acheteur ou ne pas générer
assez de revenu.
Le droit de monopole fait tout en son pouvoir pour
bloquer l'émergence d'un plan de résolution des
problèmes économiques parmi les travailleurs. Le blocage
se fait
notamment en écartant les travailleurs du pouvoir politique.
Grâce à sa domination de l'économie et des affaires
politiques, le droit de monopole passe par dessus les
problèmes inhérents à l'économie et les
présente sous un angle intéressé, comme avec cette
manie de toujours tout réduire à une affaire d'argent du
trésor public pour payer
les riches ; comme l'hystérie à propos des
déficits et de la dette qui mène à des appels
à couper dans les dépenses pour les services publics et
les programmes
sociaux ; comme les appels absurdes à réduire les
impôts des entreprises et à privatiser tous les aspects de
la vie moderne pour que les riches sucent le sang de chaque
cellule vivante de l'économie et laisser le peuple et la
société avec à peine les moyens de respirer. Les
objectifs des riches et de leurs monopoles n'ont rien à voir
avec la
résolution des problèmes de l'économie et tout
à faire avec retirer des valeurs de l'économie pour
servir leurs intérêts étroits. Le fait que cela
mène à d'autres crises et à
d'autres guerres est sans conséquence pour eux. Cette conception
centrée sur le capital n'a rien à voir avec la
résolution de la contradiction entre les réclamations
étroites
des propriétaires privés du capital et les lois
fondamentales de l'économie socialisée et les besoins et
droits du peuple et de la société. Si cette contradiction
entre le privé
et le social n'est pas au centre de chaque programme et de chaque
politique, les mesures proposées ne peuvent être autre
chose qu'une façade pour payer les riches et protéger
leurs empires monopolistes d'une façon ou d'une autre.
La
protection
de
faillite
aux
termes
de la
LACC
et le Chapitre 11 est une façade pour payer les riches
La protection de faillite vise à secourir les
propriétaires du capital de l'échec de leur
système dépassé de deux manières.
Premièrement, on attaque les droits
des travailleurs et leurs réclamations à la richesse
qu'ils produisent, surtout au niveau des pensions et des avantages
sociaux. Or, l'offensive contre les pensions, les avantages
sociaux et les salaires ne résout pas le problème
fondamental du manque de revenus pour répondre aux
réclamations accrues des propriétaires du capital. Les
travailleurs
pourraient même n'avoir aucun salaire et cela ne réglerait
pas le problème des propriétaires du capital.
Deuxièmement, continuer de sauver le
système ou l'entreprise par la protection de faillite sans
régler les problèmes signifie que certains parmi les
propriétaires du capital
doivent assumer des pertes. Mais comme toute chose sous le capitalisme,
lorsque les capitalistes subissent des pertes cela se traduit par des
pertes pour les travailleurs et leurs
communautés par les fermetures d'usines et les mises à
pied. Stelco et AbitibiBowater ont tous deux fermé des usines et
vendu des installations à la pièce. Cela entraîne
des
mises à pied et des pertes pour les communautés
touchées, qui ont besoin de ces usines pour assurer la
viabilité économique et sociale de leur région.
Cela veut dire également
que certains propriétaires du capital (ceux qui n'ont pas
directement de contrôle sur le processus) doivent accepter une
réduction du pourcentage de leur propriété ou une
nouvelle forme de propriété, par exemple de la
propriété de dettes à la propriété
d'avoirs. C'est ce qui s'est produit avec AibitibiBowater :
environ
6 milliards $ en propriété de dette ont
été convertis en propriété d'actions. Dans
le cas de Stelco, ce sont les actions ordinaires qui ont
été éliminées. Dans le
monde d'aujourd'hui, ce sont les fonds de pension et les fonds mutuels
qui encaissent la baisse du prix ou l'élimination des actions et
au bout du compte ce sont les
travailleurs qui y perdent leurs épargnes. Dans la crise du
secteur immobilier aux États-Unis, les pertes ont
été encourues principalement par les propriétaires
individuels,
qui ont vu leur propriété saisie, tandis que les grandes
entreprises financières privées qui ont provoqué
la hausse des prix à des niveaux absurdes ont été
pour la plupart
secourues par Bush et Obama sous prétexte qu'elles
étaient « trop grandes pour qu'on les laisse
tomber ». Les propriétaires individuels sont trop
petits pour
être sauvés tandis que les monopoles sont
« trop grands pour qu'on les laisse tomber ».
Chez Stelco, les propriétaires des actions ordinaires (beaucoup
de
personnes avaient acheté des actions durant les années
1990, incitées par une campagne de publicité de la
compagnie qui demandait à tout le monde de faire sa part pour
« sauver l'entreprise ») ont perdu la somme
totale de leurs actions et certains propriétaires de la dette
ont également subi des pertes importantes, tandis qu'un
nouveau groupe de propriétaires s'est emparé du
contrôle du processus de faillite et s'est arrangé pour
faire des milliards de dollars de profits directement par
l'élimination
des réclamations des actionnaires précédents et
l'infusion d'argents publics.
Sortir des sentiers battus,
l'esprit de 46
La section locale 1005 du Syndicat des
Métallos de Stelco a riposté d'une façon
consciente et organisée pour
défendre les droits de tous face à la campagne
antiouvrière et antisociale menée sous couvert de fraude
de faillite. Les métallos se sont défendus et ont
défendu leurs droits
et ceux de la communauté et l'économie. Ce faisant, ils
sont sortis des sentiers battus dans la lutte syndicale, tout comme
leurs parents et grands-parents l'avaient fait durant
les grèves de 1946 dans les industries de l'acier et de
l'automobile. La section locale 1005 a su, dans les conditions de
la mondialisation néolibérale, trouver
les moyens de mettre à profit la force du nombre, de la
conscience sociale moderne, de l'unité, de la
détermination et de la justesse de sa cause. Elle a
adopté comme mots
d'ordre : « Les concessions ne sont pas des
solutions ! », « Unis à la
défense des droits de tous ! »,
« Quelle
économie ? Notre économie ! »,
« Base manufacturière oui, destruction nationale
non ! » et « Oui au droit public, non au
droit
de monopole ! ». C'est avec ces mots d'ordre qu'elle a
mobilisé les métallos actifs et à la retraite et
l'ensemble de la communauté.
Une fois sortis de la fraude de faillite, les
propriétaires du « nouveau » capital de
Stelco ont poursuivi leur offensive contre les métallos et
l'économie en
vendant l'aciérie à US Steel. Ils ont par là
réalisé un énorme coup d'argent. US Steel s'est
ensuite servi de son contrôle pour poursuivre la destruction des
aciéries canadiennes
pour satisfaire ses intérêts étroits en concentrant
la production aux États-Unis, en fermant les aciéries
(concurrentes) au Canada et en privant les travailleurs de leurs droits
par les mises à pied, les fermetures et les ultimatums
« concessions ou mises à pied »
plutôt que de négocier de bonne foi. US Steel a
renié des ententes conclues
avec le Canada et l'Ontario sur le maintien de certains niveaux
d'emploi et de production et les obligations envers le régime de
retraite, bafouant l'intégrité du Canada et
son droit souverain de contrôler son économie et ses
affaires politiques.
Le droit de monopole de US Steel se heurte à une
vaste mobilisation pour le droit public, qui grandit et qui se dirige
vers un Rassemblement du Premier Mai et une
manifestation sur la colline parlementaire pour arrêter Harper et
exiger que les gouvernements défendent le droit public, pas le
droit de monopole !
AbitibiBowater

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Avec AbitibiBowater, la destruction de la
propriété sous la protection de la loi sur les faillites
s'est faite principalement par le transfert
d'environ 6 millions $ de propriété de la dette
en actions. Cela a fait baisser considérablement les
réclamations en intérêts des propriétaires
de la dette. Au terme
du droit commercial en vigueur, la propriété de la dette
comporte un droit légal d'intérêts et de frais
tandis que la propriété d'action comporte une
réclamation ajustable pour
les dividendes et une possibilité d'augmentation des actions
à la bourse. Le transfert de la propriété de la
dette d'AbitibiBowater s'est fait parallèlement à la
destruction des
usines et de la capacité productive. Cela s'est traduit par des
fermetures, des mises à pied et des demandes de concessions sur
les pensions, notamment l'élimination de
l'indexation des pensions au coût de la vie. Nous reviendrons
dans d'autres articles sur la destruction causée par ceux qui
contrôlent AbitibiBowater grâce à la loi sur les
faillites et sur les attaques contre les travailleurs et leurs
communautés et la résistance grandissante au droit de
monopole.
Aucun problème fondamental des industries de
l'acier et des forêts n'a été résolu par la
protection de faillite. Les attaques de US Steel et d'AbitibiBowater
contre les
travailleurs, leurs communautés, les usines et l'économie
n'ont pas de cesse. Les propriétaires du capital sont
enfermés dans leur système dépassé et
démodé et aveuglés par
l'avidité et l'intérêt étroit. Ils sont un
obstacle à la résolution des problèmes. Il devient
clair pour de plus en plus de travailleurs au Canada que seule une
Opposition ouvrière
peut mener le pays vers une résolution des problèmes de
l'économie et des affaires politiques à l'avantage du
peuple et ouvrir la voie au progrès de la société.
(Traduction:
LML)

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