Imposer des frais au niveau collégial ? La
question d'imposer des
frais de scolarité dès le niveau collégial n'est
rien de plus qu'une
vaste fraude. Ces frais existent déjà ! Ils ont
d'autres noms comme
frais afférents.
Aucun des partis des riches ne propose des mesures pour
résoudre ce
problème criant des frais afférents aux niveaux
collégial et
universitaire. C'est une prérogative
déréglementée qui permet aux CEGEP
et aux universités d'imposer des frais supplémentaires
aux frais de
scolarité sous diverses justifications, mais
qui en bout de ligne n'a servi qu'à contourner le
« gel » des frais de
scolarité. Ces frais varient d'un établissement
d'éducation à l'autre.
Les étudiants refusent la prétention
odieuse du gouvernement que le
sous-financement de l'éducation doit reposer sur leurs
épaules. Les
étudiants refusent le rejet du fardeau de la crise
économique sur leur
dos. Depuis plus de quinze ans, les gouvernements soumettent
l'éducation, la santé et tous les services et
programmes sociaux à une brutale offensive antisociale pour
payer les
riches. Cette offensive s'intensifie avec la crise économique et
la
soi-disant crise budgétaire pendant que le gouvernement Charest
poursuit sa politique de payer les monopoles. Alors que les ressources
humaines et naturelles sont bradées par les
monopoles, le Parti libéral du Québec, le PQ, et l'ADQ
proposent de
poursuivre l'offensive antisociale et refusent de reconnaître
l'éducation comme un droit et non un privilège.
L'éducation est un droit et la
société doit garantir en pratique ce
droit. Les discours qui présentent les coûts de
l'éducation comme
l'affaire des étudiants est une fraude totale. C'est la
négation du
fait que tous les êtres humains font partie de la
société et sont en
droit de faire des réclamations à la
société. Les étudiants,
les professeurs, les professionnels luttent, avec l'appui de la classe
ouvrière et du peuple, pour que le droit à
l'éducation soit garanti.
Le Parti marxiste-léniniste du Québec
propose de fournir une
nouvelle direction pour le Québec avec un programme pour exiger
que
l'État arrête de payer les riches et fasse de nouveaux
investissements
dans les programmes sociaux. L'éducation est un droit et le
système
d'éducation doit reposer sur ce principe
et cela veut dire :
1- Investir massivement en éducation ;
2- Imposer un gel immédiat des frais de
scolarité pour les baisser progressivement et ensuite les
abolir ;
3- Transformer progressivement le système de
prêts et bourses en
programme national de bourses pour s'assurer que chaque étudiant
ait
droit à un moyen de subsistance ;
4- Abolir les frais afférents ;
5- Imposer un plafond pour les frais de scolarité
aux étudiants
internationaux, faciliter l'accès au travail pour les
étudiants
internationaux et réduire leurs frais de scolarité.
Il est temps de fournir une nouvelle direction pour le
Québec !
Exigeons que l'État cesse de payer les
riches ! Exigeons des nouveaux investissements dans les programmes
sociaux !
La gratuité scolaire est la seule façon de
garantir le respect du droit à l'éducation !

Un pas de plus dans la braderie
des ressources naturelles du Québec
- Correspondant du Bas du Fleuve -
Dans son tout dernier budget, le ministre des Finances
du Québec
Raymond Bachand annonce 1,1 milliards de dollars sur une
période de
cinq ans pour la réalisation du Plan Nord. Ce plan si cher au
gouvernement Charest commence à prendre forme.
Le ministre a déclaré qu'une somme de
572 millions $ serait accordée
pour quatre grands projets. Pour les 600 millions de dollars restant,
il reviendra à Nathalie Normandeau, ministre des Ressources
naturelles
et de la Faune, d'en dévoiler l'utilisation future.
La route 369 fera l'objet d'un investissement de
200 millions $,
pour améliorer ses 570 kilomètres, de Baie-Comeau
à Fermont. La route
167 sera prolongée de 260 kilomètres de Mistissini
au Mont Otish pour
faciliter le développement de la mine de diamants de la
compagnie
Stornoway. Une
somme de 280 millions $ sera investie à cet effet.
Une étude de faisabilité pour la
réalisation d'une route ou d'un
autre type de lien entre Kuujjuak au Nunavut et la Transtaïga est
en
cours. Le futur lien de 500 kilomètres permettra de donner un
accès au
Sud du Québec, en passant par le territoire de la Baie James.
Cette
même étude fera aussi l'évaluation d'un
futur lien de 250 kilomètres entre Radisson et Kuujjuarapik. La
somme
de 60 millions $ est réservée pour ces deux projets.
Finalement pour Kuujjuarapik, 33 millions $
sont accordés suite à
une évaluation afin de construire un port en eaux profondes. La
nécessité de ce port découlerait du besoin des
futures mines d'or de
cette partie du Nunavik, pour expédier le minerai aux fonderies.
Sans connaître l'utilisation que fera la ministre
Normandeau des 600
millions $ qui lui sont réservés pour le Plan Nord,
le lien entre ces
investissements et les multinationales du secteur des mines est
flagrant. Tous les projets sont rattachés au secteur des mines.
Le
budget Bachand ne fait qu'accélérer et
faciliter le pillage des ressources naturelles du Québec. Pour
faire
avaler la pilule à la population, le gouvernement Charest
prétend que
ces projets vont permettre aux populations du Nunavut de briser leur
isolement et de faire diminuer le prix des aliments dans cette
région
isolée du Québec et qu'un jour, cela profitera
au peuple du Québec.
À la lecture du budget, le ministre Bachand dit
d'ailleurs :
« L'ensemble de nos ressources naturelles appartient
à tous les
Québécois, y compris les plus jeunes et ceux et celles
qui sont à
naître. Il est équitable que toutes les
générations tirent parti de
l'exploitation de ressources non renouvelables.
« J'annonce qu'une fois l'équilibre
budgétaire atteint, nous
verserons chaque année au Fonds des générations
25 % de toutes les
redevances minières, pétrolières et
gazières au-delà d'un montant de
200 millions de dollars. »
On dirait le discours d'un curé :
« le paradis à la fin de vos jours ».
Pour les monopoles ça ne change rien. Ils
profitent du temps alloué
pour promouvoir leurs projets et recueillir des fonds auprès
d'investisseurs et spéculateurs. Par contre, pour les
travailleurs et
les étudiants l'impact est immédiat et pour plusieurs
années.
Objectivement les grands bénéficiaires de ces quatre
projets
et de ceux à venir au Nunavit seront les constructeurs de
routes, de
chemins de fer et les compagnies minières et pour ce qui est de
la
facture, elle reviendra aux travailleurs du Québec. Quatre
projets pour
payer les riches : ça ne doit pas passer !

Réactions au budget
L'Alliance sociale
Un budget inéquitable et socialement inacceptable
Les
représentantes et des représentants de l'Alliance sociale
déplorent les
choix du gouvernement en matière budgétaire. Ils sont
déçus de son
refus d'entendre le message des milliers de personnes descendues dans
la rue pour lui demander de modifier
la trajectoire de son budget.
L'accessibilité aux études
L'Alliance sociale déplore
l'augmentation des frais de scolarité pour les étudiantes
et les
étudiants, car cela nuit à l'accessibilité aux
études. Les membres de
l'Alliance craignent qu'une nouvelle hausse des frais de
scolarité
n'engendre une baisse du taux de diplomation
privant le Québec d'une main-d'oeuvre essentielle. Faut-il
rappeler que
la précarité financière demeure le principal motif
d'abandon et que
l'augmentation des frais de scolarité va accroître
l'endettement des
étudiants qui est déjà problématique ?
Une « taxe santé »
inéquitable
Les organisations
dénoncent particulièrement la taxe santé de
200 $ jugée inéquitable et
inacceptable parce qu'elle met un fardeau supplémentaire sur les
familles défavorisées. Il est évident qu'une
contribution de 200 $
dollars en santé ne représente
pas le même poids pour une famille qui a un revenu de 20
000 $ que pour
une autre ayant un revenu de 150 000 $. D'ailleurs, de nombreuses
études ont démontré le lien entre la situation
économique faible, le
niveau de santé et l'accès aux soins de santé.
L'Alliance sociale déplore que le gouvernement ne
reporte pas
l'échéance du retour à l'équilibre
budgétaire, car cela entraîne des
compressions plus fortes de services publics et freine
l'économie
menaçant la reprise. Les membres de l'Alliance sociale ont
d'ailleurs
rencontré le ministre des Finances pour lui faire
des propositions et lui soumettre des choix plus socialement
responsables, mais il n'a pas répondu à notre appel.
Les membres de l'Alliance s'engagent à poursuivre
leur lutte afin de
préserver des mesures équitables et une meilleure justice
sociale.

Les associations étudiantes
Le dépôt du budget antisocial du ministre
des Finances du Québec,
Raymond Bachand, le 17 mars, avec son annonce d'une hausse de
75 % des
frais de scolarité, a soulevé la colère des
étudiants. Ils ont
immédiatement annoncé qu'ils n'ont pas l'intention de
laisser passer
cela. Le soir même plus
de 200 étudiants de l'UQAM ont tenu une procession
funéraire aux abords
de l'UQAM et partout au Québec ils discutent des mesures
à prendre.
Pour l'Association pour une solidarité syndicale
étudiante (ASSÉ),
« ce budget est une déclaration de guerre envers les
étudiants et
étudiantes. Jamais un budget n'aura été aussi
destructeur pour
l'accessibilité aux études. C'est la nature même de
notre système
d'éducation qui est en jeu. Nous ne laisserons
pas passer cette attaque ! », a déclaré
Gabriel Nadeau-Dubois,
porte-parole de l'ASSÉ.
« Il s'agit d'une attaque historique au droit
à l'éducation. C'est
absolument inacceptable. Que cette hausse soit répartie sur cinq
ans ne
change absolument rien à son effet dévastateur sur
l'accessibilité aux
études. 1625 $ de plus, ça signifie des milliers
d'étudiants et
d'étudiantes démunis de moins
sur les bancs d'école », poursuit le porte-parole de
l'ASSÉ
Le ministre Bachand qui a affirmé sans rire que
son gouvernement
protégeait « les plus démunis » par
le biais de bourses additionnelles
n'impressionne pas l'association étudiante. « J'ai de
la difficulté à
comprendre et à accepter que quelqu'un qui va faire des
centaines de
milliers de dollars
de plus avec son diplôme universitaire, que s'il était
diplômé du
secondaire, n'accepte pas d'investir un peu pour son
éducation », a
déclaré le ministre. Il a ajouté que son
gouvernement protégeait « les
plus démunis » par le biais de bourses additionnelles
dans le nouveau
budget.
« Ce n'est rien de plus que la poudre aux
yeux, une tentative ratée
du gouvernement de cacher une injustice grave pour gagner la paix
sociale », déclare le porte-parole. « Au
mieux, les mesures annoncées
maintiendront le niveau d'endettement actuel qui est déjà
catastrophique. Au pire, elles
l'augmenteront. La preuve, c'est que le budget prévoit des
mesures pour
ceux et celles qui ne pourraient pas rembourser leur
dette ! », ajoute
M. Nadeau-Dubois, soulignant que le taux d'endettement moyen des
étudiants et des étudiantes est déjà de
15 000 $.
En ce qui a trait à l'annonce d'un fonds
d'investissement privé
destiné au financement universitaire, l'ASSÉ condamne
l'initiative,
manifestement un moyen de détourner l'attention de ces
politiques
fiscales qui bénéficient largement aux entreprises :
« D'un côté on
impose une hausse de frais que
les étudiantes et les étudiants ne peuvent payer et, de
l'autre, on met
sur pied un fonds volontaire pour les entreprises. C'est ridicule.
Pourtant, il existe une solution équitable de financer les
universités
québécoises : l'impôt sur le revenu. Si le
gouvernement désire vraiment
que le secteur privé fasse sa part,
qu'il l'impose convenablement ! », soutient M.
Nadeau-Dubois. « Il est
naïf de croire que les dons des entreprises privées ne
seront pas
moindrement orientés en fonction de leurs intérêts.
L'existence de ce
fonds met sérieusement en péril la liberté
académique. Ce n'est pas aux
entreprises de dicter
les activités de l'université ! »,
poursuit le porte-parole.
L'association étudiante s'en prend
également aux mesures adoptées
par le gouvernement pour améliorer la
« performance » et le
« positionnement international » des
universités. « D'un côté on
prétend vouloir prévenir les dérapages financiers
et de l'autre on
accélère la logique
concurrentielle qui les a causés. C'est complètement
inconséquent »,
ajoute Corinne Arseneault, porte-parole de l'ASSÉ, rappelant que
c'est justement
les principes de
gestion mis de l'avant par ce budget qui sont la source des gaspillages
récurrents dans les universités de la province.
L'ASSÉ en profite pour réaffirmer sa
position historique en faveur
de la gratuité scolaire. « Contrairement à ce
qu'en dit le
gouvernement, l'éducation n'est pas un investissement personnel,
c'est
un droit fondamental. Tout le monde devrait y avoir accès, peu
importe
l'épaisseur de son portefeuille. Il ne
faut donc pas augmenter les frais, il faut plutôt les
réduire et se
diriger vers la gratuité scolaire », rappelle Mme
Arseneault.
Pour leur part, la Fédération
étudiante collégiale du Québec (FECQ)
et la Fédération étudiante universitaire du
Québec (FEUQ) ont manifesté
dès le lendemain devant l'Hôtel Bonaventure où le
ministre Bachand
prononçait un discours devant la Chambre de commerce du
Montréal
métropolitain et le Canadian
Club, les rares organismes avec le Conseil du patronat qui ont
salué le
budget.
« Nous n'accepterons jamais une hausse des
frais de scolarité. C'est
non seulement une attaque envers les étudiants, mais c'est une
attaque
envers l'avenir du Québec et les défis qu'il devra
relever », décrie
Louis-Philippe Savoie, président de la FEUQ. « Ce que
Jean Lessage a
bâti en ce qui
a trait à l'accessibilité aux études, Jean Charest
le détruit. Cette
hausse ne passera pas ! », promet Léo
Bureau-Blouin, président de la
FECQ.
Selon la FECQ et la FEUQ, cette hausse est une attaque
directe
envers la classe moyenne, les étudiants et leurs familles.
« Le
gouvernement Charest, qui a profité en grande partie d'un
système
universitaire accessible pour s'élever dans l'échelle
sociale, retire
cette échelle à la jeunesse. M. Charest se dit
responsable de la jeunesse. On devrait plutôt dire
irresponsable ! »,
enchaîne le président de la FEUQ.
Une étude récente de la FEUQ sur les
conditions de vie des
étudiants a démontré clairement que les poches des
étudiants et de
leurs familles sont vides. Au Québec, un étudiant vit
avec 13 330 $ par
année au cours de ses études universitaires, 60 %
des étudiants
universitaires sortent avec
une dette moyenne de 14 000 dollars.
Comme si ce n'était pas assez, la FEUQ
révèle que cette hausse ne
prend cependant pas en compte l'augmentation potentielle des frais
institutionnels obligatoires, montants qui varient selon les
universités. Selon les calculs de la FEUQ, la facture
universitaire
totale incluant ces frais supplémentaires, devraient
atteindre annuellement 4 7000 $ au terme de ce processus.
La lutte des étudiants et étudiantes pour
le droit à l'éducation
bénéficient de l'appui des travailleurs et de tous leurs
alliés car
elle participe dans cette même lutte pour un Québec
moderne
qui garantira
les droits de tous et toutes.

La Fédération autonome de l'enseignement
La Fédération autonome de l'enseignement
(FAE) ne voit pas comment
le budget présenté aujourd'hui pourrait être
porteur d'avenir.
L'éducation, véritable levier de développement
pour l'avenir, ne pourra
certes pas être soutenue par des investissements aussi
faméliques. Ce
budget s'inscrit dans la voie empruntée
par le gouvernement Charest soit celle de déstructurer
l'État,
favoriser les règles du libre marché et alourdir le
fardeau financier
des particuliers. Encore une fois, ce sont les plus démunis, les
étudiantes et étudiants et la classe moyenne qui sont les
plus
sollicités pour réduire le déficit.
Quel avenir pour l'éducation ?
L'ajout de
328 millions de dollars au budget de l'éducation ne
répond pour
l'essentiel qu'à l'augmentation des coûts du
système. De ce montant, on
prévoit 34 M $ pour des engagements
précédents concernant les
programmes de soutien à
la persévérance scolaire. Quant aux 240 millions de
dollars sur cinq
ans pour doter les écoles d'outils pédagogiques
numériques, la FAE
persiste à dire que ce choix demeure questionnable du point de
vue des
priorités en éducation. La priorité
accordée à l'apprentissage intensif
de l'anglais en sixième année apparaît
tout aussi discutable.
« Où sont les mesures pour valoriser
l'école publique ? Que fait-on
des engagements formulés pour revoir le modèle actuel
d'intégration des
élèves handicapés ou en difficulté
d'adaptation ou d'apprentissage
(EHDAA) ? Des promesses creuses ? Il y a là urgence
d'intervenir.
Est-il nécessaire de rappeler le lien évident entre le
manque de
soutien aux élèves HDAA et le décrochage
scolaire ? Le décrochage
scolaire a un prix : 2 milliards de dollars par année.
Malgré ce triste
constat, où sont les sommes pour répondre aux besoins des
élèves, des
parents et du personnel
enseignant dans ce budget ? Aucun signal dans ce budget pour
affirmer
l'importance de l'éducation pour notre société. Si
c'est cela l'avenir,
ce n'est pas réjouissant, c'est franchement déplorable,
voire
dramatique », a ajouté Pierre St-Germain, le
président de la FAE.
Hausse des droits de scolarité
Le budget du ministre
Raymond Bachand annonce une hausse de 325 $ par année des
droits de
scolarité. En 4 ans, c'est 1 300 $ de plus que
déboursera chaque
étudiant et en 2017, les droits de scolarité
s'élèveront à 3 793 $ par
année. La contribution
nette des étudiants sur le plan du financement des
universités
s'établira à 265 M $ en 2016-2017. C'est un net
recul pour les
étudiants et un frein à l'accessibilité aux
études. Pour le président
de la FAE, Pierre St-Germain, « le gouvernement renie de la
sorte les
conclusions du rapport Parent, fondement
même de l'éducation au Québec, qui prônait
l'accessibilité financière
aux études comme vecteur de progrès social. C'est triste
que cela
survienne au moment où on célèbre le 50e
anniversaire de l'adoption de
la Grande Charte de l'éducation. »
Un grand trou dans le filet social et une attaque
directe à l'endroit des femmes
Pour
atteindre le déficit zéro, d'ici 2013-2014, Québec
compte réduire ses
dépenses de 6,9 milliards de dollars et demandera aux
Québécoises et
Québécois de payer 4,3 milliards de dollars
supplémentaires
par l'entremise de hausses de tarifs et de taxes. Par exemple, la TVQ
augmentera d'un point de pourcentage le 1er janvier 2012, pour
être
portée à 9,5 %. La « contribution
santé » passera à 100 $ en 2012 et
à
200 $ en 2013 pour la plupart des contribuables. On
rétrécit
aussi la porte d'entrée à la retraite en augmentant les
pénalités
actuarielles pour ceux qui partent à la retraite avant
65 ans et
augmente le taux de cotisation pour ceux qui restent.
« Toutes ces
mesures font un grand trou dans le filet social et renforcent les
inégalités. La lutte au déficit se fait
carrément
au détriment des travailleuses et travailleurs à faible
revenu et des
étudiantes et étudiants. »
Les modifications au Régime des rentes du
Québec (RRQ) affecteront
de façon plus directe les femmes. On retrouve souvent celles-ci
parmi
les plus faibles salariés, sans régime de retraite. Elles
sont donc les
plus pénalisées par ces nouvelles dispositions.
Déjà très sollicitées à
titre d'aidante naturelle,
on ajoute à leur fardeau en exigeant qu'elles travaillent encore
plus
longtemps. De plus, en réduisant de 35 % le budget
alloué à la
condition féminine, le gouvernement confirme son manque de
sensibilité
à l'endroit des problèmes que vivent toujours les femmes
dans la
société québécoise.
Le gouvernement Charest renie ses engagements
En
fournissant un cadre budgétaire serré au ministre des
Finances, la
présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne,
a-t-elle déjà
oublié avoir été ministre de
l'Éducation ? Pourtant, il y a moins d'un
an, en avril 2010, madame Courchesne
s'inquiétait des conditions de travail des enseignantes et
enseignants,
une situation qu'elle qualifiait d'inhumaine. Elle mentionnait
désirer
revoir l'ensemble de la politique d'intégration affirmant
publiquement
que « l'intégration, ça ne peut pas se faire
au détriment de la
réussite des autres élèves. »1 Le
premier ministre Jean Charest avait aussi déclaré
à la même période
lors du Conseil général du Parti libéral :
« Après une dizaine
d'années, il faut aujourd'hui s'interroger : est-ce
vraiment la
meilleure façon d'assurer la réussite des
élèves en
difficulté ? »2 À
son tour, la ministre
de l'Éducation, Line Beauchamp, a promis l'annonce d'un plan
ministériel pour les élèves HDAA, d'ici juin 2011.
On peut maintenant
réellement douter de la capacité de la ministre à
réaliser ce projet
sans ajout de ressources financières substantielles.
« On ne trouve aucune mesure dans ce budget
pour articuler la
promesse libérale de revoir le modèle actuel
d'intégration. La ministre
de l'Éducation, Line Beauchamp, qui disait pourtant l'automne
dernier
faire de ce dossier sa priorité, ne semble pas avoir
été persuasive
auprès de ses collègues,
ayant été incapable de convaincre son gouvernement
d'ajouter dès
maintenant des crédits en éducation. Le gouvernement
Charest démontre
par ce budget son incapacité à faire preuve de
cohérence entre son
discours et ses actions. Mais de notre côté, nous allons
poursuivre la
lutte et maintenir la pression pour que
des ressources soient ajoutées et que le modèle actuel
d'intégration
soit revu », a conclu Pierre St-Germain.
La FAE regroupe neuf syndicats de l'enseignement qui
représentent
quelque 32 000 enseignantes et enseignants (le tiers du personnel
enseignant au Québec) du préscolaire, du primaire, du
secondaire, du
milieu carcéral, de la formation professionnelle et de
l'éducation des
adultes ainsi que le
personnel scolaire des écoles Peter Hall et du Centre
académique
Fournier.

La Coalition solidarité santé
La Coalition Solidarité Santé est
très inquiète du manque de vision
du gouvernement Charest quant à l'avenir des services de
santé et des
services sociaux. Dans son énoncé financier
d'aujourd'hui, le ministre
Raymond Bachand avoue que les dépenses en santé
dépasseront les 40
milliards $ dans quelques
années... mais que la contribution santé -
régressive et inéquitable -
pourra faire face à la situation. Pour Monica Dunn, porte-parole
de la
Coalition, « Le gouvernement doit s'attaquer de
manière urgente à la
crise des médicaments, à l'amélioration
réelle des conditions de vie de
la population, dont les personnes
âgées et redonner sa juste place aux services sociaux afin
de diminuer
la pression sur les finances publiques ».
La crise des médicaments
Depuis de nombreuses années,
le poste budgétaire qui connaît la croissance la plus
rapide en santé
est celui des médicaments. Or, selon Madame Dunn « La
réduction du prix
des médicaments génériques prévue est
nettement insuffisante ». Faut-il
rappeler qu'au
Québec, les compagnies pharmaceutiques profitent
d'extraordinaires
avantages fiscaux et commerciaux ? À terme, la crise des
médicaments
dans les finances publiques ne pourra être réglée
que si le
gouvernement s'attaque fermement et simultanément à la
question du prix
des médicaments, au recours aux
médicaments génériques plutôt qu'aux
médicaments d'origine et à un
réexamen du bon usage de ceux-ci. Les sommes qui pourront
être ainsi
récupérées sont considérables.
Le Fonds (FINESSS) ou le financement de la
non-solidarité
Le
Ministre Bachand porte haut et fort le mot solidarité en disant
vouloir
lutter contre la pauvreté. Mais on se demande bien de quoi il
parle !
Après avoir réduit les impôts en 2008, il en
réimpose de manière
déguisée et régressive
avec la contribution santé obligatoire depuis 2010. Le fonds
FINESSS,
financée par cette contribution, servira ainsi à faire
passer de 3,6 %
les hausses prévues du budget de la santé par le
gouvernement à 5 % par
année... et ce, sur le dos des plus pauvres !
Les conditions de vie des personnes âgées
et les services sociaux
Alors
que les piètres conditions de vie des personnes
âgées défraient les
manchettes, que M. Bachand dit vouloir offrir un répit aux
aidantes
naturelles, le gouvernement ne propose en fait que des mesures
éparses,
encore liées aux
revenus des personnes, comme les crédits d'impôt. Les
services à
domicile offerts par les CLSC doivent être
considérablement augmentés
si on veut réellement améliorer le sort des personnes
âgées, des
aidantes naturelles... et diminuer les pressions sur les services de
santé. « Les services sociaux sont encore
les parents pauvres de ce budget. C'est une preuve de plus du manque
total de vision de ce gouvernement », spécifie Monica
Dunn.
La Coalition demande aussi au ministre Bachand où
il ira chercher le
500 millions $ manquant pour financer le réseau de la
santé et des
services sociaux. Elle restera vigilante contre toute tentative de
mettre en place de nouvelles formes de tarification en santé,
comme le
ticket modérateur que le M. Bachand
a voulu imposer l'an dernier. « Quarante ans après la
création du
système public de santé et des services sociaux, le
gouvernement
Charest met lentement mais assurément un service public à
deux
vitesses » conclut Monica Dunn.
La Coalition Solidarité Santé regroupe une
cinquantaine
d'organisations syndicales, communautaires et religieuses. Depuis sa
fondation en 1991, ses actions ont toujours été
motivées par la défense
du droit à la santé pour l'ensemble de la population
québécoise et ce,
sans égard au statut ou au revenu des citoyennes
et des citoyens. Elle défend le caractère public, la
gratuité,
l'accessibilité, l'universalité et
l'intégralité des services de
santé et des services sociaux.

La Coalition opposée à la tarification et
à la privatisation des services publics
Québec La Coalition opposée à la
tarification et à la privatisation
des services publics s'indigne que le budget 2011-2012 maintienne
le
cap en matière budgétaire et dénonce que le
gouvernement Charest fasse
porter le poids de la lutte au déficit sur le dos des plus
pauvres et
de la classe moyenne. Alors
que plusieurs mesures progressives et plus justes auraient pu
être
adoptées pour renflouer de façon beaucoup plus
équitable les coffres de
l'État, le gouvernement a plutôt choisi d'épargner
les plus riches et
les grandes entreprises qui, en plus de bénéficier des
mesures de
relance économique, profiteront maintenant
de la reprise. Selon la Coalition, représentant plus de
125 organisations, en priorisant la tarification et les
compressions
plutôt qu'une fiscalité équitable, le gouvernement
fait définitivement
le choix d'augmenter les inégalités sociales.
Cette année, le gouvernement y va d'une fronde
tarifaire
supplémentaire avec une hausse fulgurante des frais de
scolarité qui
portera, à terme, le coût d'un baccalauréat
à plus de 11 000 $ -
15 000 $ si on ajoute les frais afférents - augmentant
de 74 % la
facture actuelle !
Une telle mesure aura nécessairement pour conséquence
d'augmenter
l'endettement étudiant et de réduire
l'accessibilité aux études
supérieures. « Alors que l'on sait que les personnes
issues de familles
moins nanties ont beaucoup moins de chances d'accéder aux
études
supérieures, la hausse annoncée ne fera
qu'instaurer une barrière additionnelle pour ces
étudiants, barrière
qui constitue dans les faits, une discrimination basée sur le
statut
socio-économique des individus. Alors que dans son dernier
rapport sur
le respect des droits humains, l'ONU blâmait le Canada
relativement aux
frais de scolarité élevés, il est révoltant
de voir que ce gouvernement, plutôt que de faire de
l'accessibilité aux
études supérieures sa priorité, se compare
plutôt aux provinces les
plus délinquantes en cette matière pour justifier ses
hausses de frais
de scolarité ! » s'insurge Marie-Eve Rancourt,
porte-parole de la
Coalition.
La Coalition déplore que le budget
présenté aujourd'hui reconduise
les mesures régressives annoncées lors du dernier budget.
De toute
évidence, le gouvernement Charest continue d'ignorer la
population qui
s'est fermement opposée à ces mesures et maintient le cap
avec des
politiques qui appauvrissent
au premier chef la classe moyenne et les personnes à faible
revenu :
maintien de la taxe santé, de la hausse de la TVQ, de la hausse
de la
taxe sur l'essence, de la hausse des frais de scolarité, de la
hausse
annoncée des tarifs d'électricité. La Coalition
s'oppose à cette
logique de l'utilisateur-payeur qui remet
en question le principe d'accessibilité et d'universalité
des services
publics, qui effrite la solidarité sociale et le respect des
droits
fondamentaux.
Alors que les compressions budgétaires se
traduiront par une
diminution des services à la population et par le retrait de
l'État de
certaines de ses missions essentielles, il est aberrant de constater
que ce gouvernement refuse de redistribuer la richesse et de s'attaquer
efficacement aux inégalités sociales
qui se sont accrues depuis 30 ans. La Coalition rappelle que la crise
des finances publiques est le résultat de politiques
néolibérales
telles les baisses d'impôts qui ont été
octroyées depuis les années
2000. Ce sont ces choix qui ont privé les coffres de
l'État de
plusieurs milliards de dollars. Aujourd'hui, ce sont ces
milliards de dollars que l'on tente d'aller chercher dans les poches de
la classe moyenne, des étudiants, des moins nantis. Devant
l'entêtement
du gouvernement à ignorer la population et à maintenir
l'imposition de
sa révolution tarifaire, la Coalition n'aura d'autres choix que
de
hausser la pression et d'augmenter
les actions de perturbation afin de lui faire entendre raison et de le
faire reculer.

La Fédération des femmes du Québec
Le budget Bachand ne respecte pas les obligations
internationales du
gouvernement en matière des droits des femmes. Selon la
Convention sur
1'é1imination de toutes les formes de discrimination à
1'égard des
femmes de 1981 et le Programme d'action de Beijing de 1995,
conventions
internationales que
le Canada a signées, le gouvernement se doit de mesurer l'impact
des
mesures budgétaires sur les femmes afin d'éviter de
contribuer au recul
de leurs droits. Aucune indication ne laisse croire que le gouvernement
s'est acquitté de ses engagements dans l'exercice
budgétaire 2011.
En plus des baisses d'impôt qui ont davantage
bénéficié aux hommes
et en plus de la hausse des tarifs des dernières années
(notamment en
éducation et en santé) qui désavantagent
particulièrement les femmes,
en plus du maintien de la hausse de la TVQ, de la taxe santé, de
la
hausse annoncée des
tarifs d'électricité, le gouvernement annonce aujourd'hui
une hausse
des cotisations de la Régie des rentes du Québec, une
hausse de 325 $
par année des frais de scolarité universitaires pour les
quatre
prochaines années, une coupe dans plusieurs services publics,
mettant
une pression accrue sur les femmes qui
sont surreprésentées dans les moins bien nantis de notre
société. « Le
gouvernement pense-t-il que c'est dans la nature des femmes de
s'occuper gratuitement des autres ? Qu'arrive-t-il de leur travail
payé
ou de leur place en politique si le gouvernement pellette ses
responsabilités sociales dans la cour
des femmes ? La création de 15 000 places
supplémentaires en garderie,
est une annonce intéressante, mais c'est loin d'être
assez ! La hausse
des frais de scolarité aura aussi comme conséquence
d'augmenter
l'endettement étudiant des femmes et de réduire leur
accessibilité aux
études supérieures »,
s'est offusqué Eve-Marie Lacasse, de la Fédération
des femmes du Québec.
« À quoi sert d'adopter des plans
d'action pour l'égalité entre les
femmes et les hommes d'un côté quand, de l'autre, le
gouvernement ne
tient pas compte de ces dernières lors de l'adoption des
politiques
fiscales ? Les budgets gouvernementaux annuels sont parmi les plus
importantes orientations
d'un gouvernement et influencent toutes ses autres politiques !
Quelle
est la réelle importance que le gouvernement accorde à
l'égalité dans
ce cas ? » continue Madame Lacasse.
Lorsqu'un gouvernement oublie de penser à
l'impact de ses choix
financiers sur les femmes, il peut réintroduire des
inégalités qu'il
cherche à combattre dans d'autres sphères.
« Ce que nous demandons,
c'est simplement de la cohérence dans l'ensemble des actions
gouvernementales. Et pour ce
faire, le gouvernement doit introduire un budget analysé selon
les
genres », termine Madame Lacasse.