Non au budget antisocial et antinational Bachand-Charest!

«Maintenir le cap» pour payer les riches: Rejetons
le budget Bachand! Arrêtez de payer les riches!
L'économie socialisée moderne du Québec
doit servir la classe ouvrière et
la nation du Québec, pas les riches!

Sous le thème Tournés vers l'avenir : un plan pour le Québec, le premier ministre Bachand a déposé son budget antisocial et antinational le 17 mars dernier. Faisant preuve d'une hypocrisie sans borne, il a déclaré : « Quand un peuple contrôle ses finances publiques, il reste maître de ses choix et de son destin. Voilà ma responsabilité envers les Québécois d'aujourd'hui et ceux de demain. »

Le problème pour les travailleurs, les étudiants et le peuple du Québec est justement qu'ils n'ont aucun contrôle sur la direction de l'économie et sur les décisions qui affectent leur vie. Le gouvernement Charest a le pouvoir entre ses mains et agit en toute impunité. Les travailleurs et le peuple créent la richesse et font fonctionner la société, mais ils n'ont aucun contrôle et aucun mot à dire sur ce qui advient de cette richesse.

Le problème est aussi que le gouvernement n'accepte et ne prend aucune responsabilité pour l'état de chose actuel « envers les Québécois d'aujourd'hui et ceux de demain ». Le budget présenté par le gouvernement en est le meilleur exemple. Il correspond au serment de Charest de défendre le droit de monopole et au refus total du gouvernement d'assumer la responsabilité sociale envers les membres de la société et la nécessité de garantir les droits de ses membres. Ce budget prolongera la crise économique et aggravera l'insécurité du peuple.

Au lendemain de la grande manifestation du 12 mars contre les politiques du gouvernement Charest, et au mépris des prises de position de tous les milieux et secteurs du Québec réclamant que le budget serve les besoins de tous, en éducation, en santé, contre l'analphabétisme, contre la destruction des ressources naturelles, les mises à pied, les fermetures, les concessions, contre la taxe santé, le gouvernement a imposé son diktat. C'est la même vieille rengaine, c'est le même scénario que l'an dernier et avant, ce sont les mêmes déclarations à l'Assemblée nationale.

Il faut une nouvelle direction pour le Québec. Il faut arrêter de payer les riches et investir dans les programmes sociaux, et il faut résoudre la question de qui décide. Le renouveau des institutions démocratiques est à l'ordre du jour pour que le peuple devienne souverain et décide de son avenir.

Non à l'agenda antisocial des libéraux !
Non au budget Charest et à son programme de destruction nationale !


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Les prétentions des partis des riches que l'éducation est un privilège

L'éducation est un droit! Les étudiants n'ont pas à payer les riches! La gratuité scolaire est la seule façon de garantir le respect du droit à l'Éducation!

Le Parti libéral du Québec décrète dans le budget de son ministre des Finances que les frais de scolarité au niveau universitaire augmenteront de 75 % sur cinq ans, 325 $ par année pendant cinq ans dès 2012, soit 1625 $. Comme d'habitude, les seules solutions des gouvernements au service des riches et de leur idéologie libérale ne sont rien d'autre que de faire en sorte que le peuple continu de payer encore davantage les riches.

Pourtant, le premier ministre Charest sait très bien que les attaques de son gouvernement contre les étudiants ont été dénoncées par les travailleurs et toute la population qui ont appuyé les luttes des étudiants contre les coupures en éducation. Depuis 2003, le gouvernement libéral a utilisé la police pour attaquer des occupations étudiantes, des manifestations et différentes actions des étudiants ainsi que des décrets pour tenter de saboter le mouvement étudiant. Le gouvernement Charest a pris une mesure après l'autre pour criminaliser toute participation à la résolution des problèmes du système d'éducation. C'est ce qu'il a fait avec ses lois antiouvrières et antisyndicales, toutes passées sous bâillon, envers et contre tous, avec comme conséquence d'affaiblir la capacité des travailleurs et de leurs organisations à faire valoir leurs droits.

Le Parti libéral du Québec entend poursuivre sa politique de dégel des frais de scolarité pour que « les étudiants fassent leur part ». En 2011, les frais de scolarité à l'université pour le baccalauréat sont déjà en hausse de 30 % par rapport à 2007. Cette hausse fut cautionnée par madame Marois lors de son couronnement comme cheffe du PQ. Le Parti Québécois de Pauline Marois, bien connue pour son rôle dans les désinvestissements en éducation dans les années 90, propose de geler les frais de scolarité jusqu'à un Sommet sur l'éducation. C'est la tendance du PQ au temps du gouvernement de Lucien Bouchard à vouloir mener l'offensive antisociale mais par « consensus » comme lors des Sommets économiques pour atteindre le « déficit zéro ». Finalement, c'est la même position que le Parti libéral, mais en donnant un répit de quelques mois au dégel des frais de scolarité.


 À la manifestation du 12 mars 2011 à Montréal contre le budget Charest.

Imposer des frais au niveau collégial ? La question d'imposer des frais de scolarité dès le niveau collégial n'est rien de plus qu'une vaste fraude. Ces frais existent déjà ! Ils ont d'autres noms comme frais afférents.

Aucun des partis des riches ne propose des mesures pour résoudre ce problème criant des frais afférents aux niveaux collégial et universitaire. C'est une prérogative déréglementée qui permet aux CEGEP et aux universités d'imposer des frais supplémentaires aux frais de scolarité sous diverses justifications, mais qui en bout de ligne n'a servi qu'à contourner le « gel » des frais de scolarité. Ces frais varient d'un établissement d'éducation à l'autre.

Les étudiants refusent la prétention odieuse du gouvernement que le sous-financement de l'éducation doit reposer sur leurs épaules. Les étudiants refusent le rejet du fardeau de la crise économique sur leur dos. Depuis plus de quinze ans, les gouvernements soumettent l'éducation, la santé et tous les services et programmes sociaux à une brutale offensive antisociale pour payer les riches. Cette offensive s'intensifie avec la crise économique et la soi-disant crise budgétaire pendant que le gouvernement Charest poursuit sa politique de payer les monopoles. Alors que les ressources humaines et naturelles sont bradées par les monopoles, le Parti libéral du Québec, le PQ, et l'ADQ proposent de poursuivre l'offensive antisociale et refusent de reconnaître l'éducation comme un droit et non un privilège.

L'éducation est un droit et la société doit garantir en pratique ce droit. Les discours qui présentent les coûts de l'éducation comme l'affaire des étudiants est une fraude totale. C'est la négation du fait que tous les êtres humains font partie de la société et sont en droit de faire des réclamations à la société. Les étudiants, les professeurs, les professionnels luttent, avec l'appui de la classe ouvrière et du peuple, pour que le droit à l'éducation soit garanti.

Le Parti marxiste-léniniste du Québec propose de fournir une nouvelle direction pour le Québec avec un programme pour exiger que l'État arrête de payer les riches et fasse de nouveaux investissements dans les programmes sociaux. L'éducation est un droit et le système d'éducation doit reposer sur ce principe et cela veut dire :

1- Investir massivement en éducation ;

2- Imposer un gel immédiat des frais de scolarité pour les baisser progressivement et ensuite les abolir ;

3- Transformer progressivement le système de prêts et bourses en programme national de bourses pour s'assurer que chaque étudiant ait droit à un moyen de subsistance ;

4- Abolir les frais afférents ;

5- Imposer un plafond pour les frais de scolarité aux étudiants internationaux, faciliter l'accès au travail pour les étudiants internationaux et réduire leurs frais de scolarité.

Il est temps de fournir une nouvelle direction pour le Québec !

Exigeons que l'État cesse de payer les riches ! Exigeons des nouveaux investissements dans les programmes sociaux !

La gratuité scolaire est la seule façon de garantir le respect du droit à l'éducation !

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Un pas de plus dans la braderie
des ressources naturelles du Québec

Dans son tout dernier budget, le ministre des Finances du Québec Raymond Bachand annonce 1,1 milliards de dollars sur une période de cinq ans pour la réalisation du Plan Nord. Ce plan si cher au gouvernement Charest commence à prendre forme.

Le ministre a déclaré qu'une somme de 572 millions $ serait accordée pour quatre grands projets. Pour les 600 millions de dollars restant, il reviendra à Nathalie Normandeau, ministre des Ressources naturelles et de la Faune, d'en dévoiler l'utilisation future.

La route 369 fera l'objet d'un investissement de 200 millions $, pour améliorer ses 570 kilomètres, de Baie-Comeau à Fermont. La route 167 sera prolongée de 260 kilomètres de Mistissini au Mont Otish pour faciliter le développement de la mine de diamants de la compagnie Stornoway. Une somme de 280 millions $ sera investie à cet effet.

Une étude de faisabilité pour la réalisation d'une route ou d'un autre type de lien entre Kuujjuak au Nunavut et la Transtaïga est en cours. Le futur lien de 500 kilomètres permettra de donner un accès au Sud du Québec, en passant par le territoire de la Baie James. Cette même étude fera aussi l'évaluation d'un futur lien de 250 kilomètres entre Radisson et Kuujjuarapik. La somme de 60 millions $ est réservée pour ces deux projets.

Finalement pour Kuujjuarapik, 33 millions $ sont accordés suite à une évaluation afin de construire un port en eaux profondes. La nécessité de ce port découlerait du besoin des futures mines d'or de cette partie du Nunavik, pour expédier le minerai aux fonderies.

Sans connaître l'utilisation que fera la ministre Normandeau des 600 millions $ qui lui sont réservés pour le Plan Nord, le lien entre ces investissements et les multinationales du secteur des mines est flagrant. Tous les projets sont rattachés au secteur des mines. Le budget Bachand ne fait qu'accélérer et faciliter le pillage des ressources naturelles du Québec. Pour faire avaler la pilule à la population, le gouvernement Charest prétend que ces projets vont permettre aux populations du Nunavut de briser leur isolement et de faire diminuer le prix des aliments dans cette région isolée du Québec et qu'un jour, cela profitera au peuple du Québec.

À la lecture du budget, le ministre Bachand dit d'ailleurs : « L'ensemble de nos ressources naturelles appartient à tous les Québécois, y compris les plus jeunes et ceux et celles qui sont à naître. Il est équitable que toutes les générations tirent parti de l'exploitation de ressources non renouvelables.

« J'annonce qu'une fois l'équilibre budgétaire atteint, nous verserons chaque année au Fonds des générations 25 % de toutes les redevances minières, pétrolières et gazières au-delà d'un montant de 200 millions de dollars. »

On dirait le discours d'un curé : « le paradis à la fin de vos jours ».

Pour les monopoles ça ne change rien. Ils profitent du temps alloué pour promouvoir leurs projets et recueillir des fonds auprès d'investisseurs et spéculateurs. Par contre, pour les travailleurs et les étudiants l'impact est immédiat et pour plusieurs années. Objectivement les grands bénéficiaires de ces quatre projets et de ceux à venir au Nunavit seront les constructeurs de routes, de chemins de fer et les compagnies minières et pour ce qui est de la facture, elle reviendra aux travailleurs du Québec. Quatre projets pour payer les riches : ça ne doit pas passer !

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Réactions au budget

L'Alliance sociale

Un budget inéquitable et socialement inacceptable

Les représentantes et des représentants de l'Alliance sociale déplorent les choix du gouvernement en matière budgétaire. Ils sont déçus de son refus d'entendre le message des milliers de personnes descendues dans la rue pour lui demander de modifier la trajectoire de son budget.

L'accessibilité aux études

L'Alliance sociale déplore l'augmentation des frais de scolarité pour les étudiantes et les étudiants, car cela nuit à l'accessibilité aux études. Les membres de l'Alliance craignent qu'une nouvelle hausse des frais de scolarité n'engendre une baisse du taux de diplomation privant le Québec d'une main-d'oeuvre essentielle. Faut-il rappeler que la précarité financière demeure le principal motif d'abandon et que l'augmentation des frais de scolarité va accroître l'endettement des étudiants qui est déjà problématique ?

Une « taxe santé » inéquitable

Les organisations dénoncent particulièrement la taxe santé de 200 $ jugée inéquitable et inacceptable parce qu'elle met un fardeau supplémentaire sur les familles défavorisées. Il est évident qu'une contribution de 200 $ dollars en santé ne représente pas le même poids pour une famille qui a un revenu de 20 000 $ que pour une autre ayant un revenu de 150 000 $. D'ailleurs, de nombreuses études ont démontré le lien entre la situation économique faible, le niveau de santé et l'accès aux soins de santé.

L'Alliance sociale déplore que le gouvernement ne reporte pas l'échéance du retour à l'équilibre budgétaire, car cela entraîne des compressions plus fortes de services publics et freine l'économie menaçant la reprise. Les membres de l'Alliance sociale ont d'ailleurs rencontré le ministre des Finances pour lui faire des propositions et lui soumettre des choix plus socialement responsables, mais il n'a pas répondu à notre appel.

Les membres de l'Alliance s'engagent à poursuivre leur lutte afin de préserver des mesures équitables et une meilleure justice sociale.

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Les associations étudiantes

Le dépôt du budget antisocial du ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, le 17 mars, avec son annonce d'une hausse de 75 % des frais de scolarité, a soulevé la colère des étudiants. Ils ont immédiatement annoncé qu'ils n'ont pas l'intention de laisser passer cela. Le soir même plus de 200 étudiants de l'UQAM ont tenu une procession funéraire aux abords de l'UQAM et partout au Québec ils discutent des mesures à prendre.

Pour l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), « ce budget est une déclaration de guerre envers les étudiants et étudiantes. Jamais un budget n'aura été aussi destructeur pour l'accessibilité aux études. C'est la nature même de notre système d'éducation qui est en jeu. Nous ne laisserons pas passer cette attaque ! », a déclaré Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l'ASSÉ.

« Il s'agit d'une attaque historique au droit à l'éducation. C'est absolument inacceptable. Que cette hausse soit répartie sur cinq ans ne change absolument rien à son effet dévastateur sur l'accessibilité aux études. 1625 $ de plus, ça signifie des milliers d'étudiants et d'étudiantes démunis de moins sur les bancs d'école », poursuit le porte-parole de l'ASSÉ

Le ministre Bachand qui a affirmé sans rire que son gouvernement protégeait « les plus démunis » par le biais de bourses additionnelles n'impressionne pas l'association étudiante. « J'ai de la difficulté à comprendre et à accepter que quelqu'un qui va faire des centaines de milliers de dollars de plus avec son diplôme universitaire, que s'il était diplômé du secondaire, n'accepte pas d'investir un peu pour son éducation », a déclaré le ministre. Il a ajouté que son gouvernement protégeait « les plus démunis » par le biais de bourses additionnelles dans le nouveau budget.

« Ce n'est rien de plus que la poudre aux yeux, une tentative ratée du gouvernement de cacher une injustice grave pour gagner la paix sociale », déclare le porte-parole. « Au mieux, les mesures annoncées maintiendront le niveau d'endettement actuel qui est déjà catastrophique. Au pire, elles l'augmenteront. La preuve, c'est que le budget prévoit des mesures pour ceux et celles qui ne pourraient pas rembourser leur dette ! », ajoute M. Nadeau-Dubois, soulignant que le taux d'endettement moyen des étudiants et des étudiantes est déjà de 15 000 $.

En ce qui a trait à l'annonce d'un fonds d'investissement privé destiné au financement universitaire, l'ASSÉ condamne l'initiative, manifestement un moyen de détourner l'attention de ces politiques fiscales qui bénéficient largement aux entreprises : « D'un côté on impose une hausse de frais que les étudiantes et les étudiants ne peuvent payer et, de l'autre, on met sur pied un fonds volontaire pour les entreprises. C'est ridicule. Pourtant, il existe une solution équitable de financer les universités québécoises : l'impôt sur le revenu. Si le gouvernement désire vraiment que le secteur privé fasse sa part, qu'il l'impose convenablement ! », soutient M. Nadeau-Dubois. « Il est naïf de croire que les dons des entreprises privées ne seront pas moindrement orientés en fonction de leurs intérêts. L'existence de ce fonds met sérieusement en péril la liberté académique. Ce n'est pas aux entreprises de dicter les activités de l'université ! », poursuit le porte-parole.

L'association étudiante s'en prend également aux mesures adoptées par le gouvernement pour améliorer la « performance » et le « positionnement international » des universités. « D'un côté on prétend vouloir prévenir les dérapages financiers et de l'autre on accélère la logique concurrentielle qui les a causés. C'est complètement inconséquent », ajoute Corinne Arseneault, porte-parole de l'ASSÉ, rappelant que c'est justement les principes de gestion mis de l'avant par ce budget qui sont la source des gaspillages récurrents dans les universités de la province.

L'ASSÉ en profite pour réaffirmer sa position historique en faveur de la gratuité scolaire. « Contrairement à ce qu'en dit le gouvernement, l'éducation n'est pas un investissement personnel, c'est un droit fondamental. Tout le monde devrait y avoir accès, peu importe l'épaisseur de son portefeuille. Il ne faut donc pas augmenter les frais, il faut plutôt les réduire et se diriger vers la gratuité scolaire », rappelle Mme Arseneault.

Pour leur part, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) ont manifesté dès le lendemain devant l'Hôtel Bonaventure où le ministre Bachand prononçait un discours devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et le Canadian Club, les rares organismes avec le Conseil du patronat qui ont salué le budget.

« Nous n'accepterons jamais une hausse des frais de scolarité. C'est non seulement une attaque envers les étudiants, mais c'est une attaque envers l'avenir du Québec et les défis qu'il devra relever », décrie Louis-Philippe Savoie, président de la FEUQ. « Ce que Jean Lessage a bâti en ce qui a trait à l'accessibilité aux études, Jean Charest le détruit. Cette hausse ne passera pas ! », promet Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ.

Selon la FECQ et la FEUQ, cette hausse est une attaque directe envers la classe moyenne, les étudiants et leurs familles. « Le gouvernement Charest, qui a profité en grande partie d'un système universitaire accessible pour s'élever dans l'échelle sociale, retire cette échelle à la jeunesse. M. Charest se dit responsable de la jeunesse. On devrait plutôt dire irresponsable ! », enchaîne le président de la FEUQ.

Une étude récente de la FEUQ sur les conditions de vie des étudiants a démontré clairement que les poches des étudiants et de leurs familles sont vides. Au Québec, un étudiant vit avec 13 330 $ par année au cours de ses études universitaires, 60 % des étudiants universitaires sortent avec une dette moyenne de 14 000 dollars.

Comme si ce n'était pas assez, la FEUQ révèle que cette hausse ne prend cependant pas en compte l'augmentation potentielle des frais institutionnels obligatoires, montants qui varient selon les universités. Selon les calculs de la FEUQ, la facture universitaire totale incluant ces frais supplémentaires, devraient atteindre annuellement 4 7000 $ au terme de ce processus.

La lutte des étudiants et étudiantes pour le droit à l'éducation bénéficient de l'appui des travailleurs et de tous leurs alliés car elle participe dans cette même lutte pour un Québec moderne qui garantira les droits de tous et toutes.

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La Fédération autonome de l'enseignement

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) ne voit pas comment le budget présenté aujourd'hui pourrait être porteur d'avenir. L'éducation, véritable levier de développement pour l'avenir, ne pourra certes pas être soutenue par des investissements aussi faméliques. Ce budget s'inscrit dans la voie empruntée par le gouvernement Charest soit celle de déstructurer l'État, favoriser les règles du libre marché et alourdir le fardeau financier des particuliers. Encore une fois, ce sont les plus démunis, les étudiantes et étudiants et la classe moyenne qui sont les plus sollicités pour réduire le déficit.

Quel avenir pour l'éducation ?

L'ajout de 328 millions de dollars au budget de l'éducation ne répond pour l'essentiel qu'à l'augmentation des coûts du système. De ce montant, on prévoit 34 M $ pour des engagements précédents concernant les programmes de soutien à la persévérance scolaire. Quant aux 240 millions de dollars sur cinq ans pour doter les écoles d'outils pédagogiques numériques, la FAE persiste à dire que ce choix demeure questionnable du point de vue des priorités en éducation. La priorité accordée à l'apprentissage intensif de l'anglais en sixième année apparaît tout aussi discutable.

« Où sont les mesures pour valoriser l'école publique ? Que fait-on des engagements formulés pour revoir le modèle actuel d'intégration des élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA) ? Des promesses creuses ? Il y a là urgence d'intervenir. Est-il nécessaire de rappeler le lien évident entre le manque de soutien aux élèves HDAA et le décrochage scolaire ? Le décrochage scolaire a un prix : 2 milliards de dollars par année. Malgré ce triste constat, où sont les sommes pour répondre aux besoins des élèves, des parents et du personnel enseignant dans ce budget ? Aucun signal dans ce budget pour affirmer l'importance de l'éducation pour notre société. Si c'est cela l'avenir, ce n'est pas réjouissant, c'est franchement déplorable, voire dramatique », a ajouté Pierre St-Germain, le président de la FAE.

Hausse des droits de scolarité

Le budget du ministre Raymond Bachand annonce une hausse de 325 $ par année des droits de scolarité. En 4 ans, c'est 1 300 $ de plus que déboursera chaque étudiant et en 2017, les droits de scolarité s'élèveront à 3 793 $ par année. La contribution nette des étudiants sur le plan du financement des universités s'établira à 265 M $ en 2016-2017. C'est un net recul pour les étudiants et un frein à l'accessibilité aux études. Pour le président de la FAE, Pierre St-Germain, « le gouvernement renie de la sorte les conclusions du rapport Parent, fondement même de l'éducation au Québec, qui prônait l'accessibilité financière aux études comme vecteur de progrès social. C'est triste que cela survienne au moment où on célèbre le 50e anniversaire de l'adoption de la Grande Charte de l'éducation. »

Un grand trou dans le filet social et une attaque directe à l'endroit des femmes

Pour atteindre le déficit zéro, d'ici 2013-2014, Québec compte réduire ses dépenses de 6,9 milliards de dollars et demandera aux Québécoises et Québécois de payer 4,3 milliards de dollars supplémentaires par l'entremise de hausses de tarifs et de taxes. Par exemple, la TVQ augmentera d'un point de pourcentage le 1er janvier 2012, pour être portée à 9,5 %. La « contribution santé » passera à 100 $ en 2012 et à 200 $ en 2013 pour la plupart des contribuables. On rétrécit aussi la porte d'entrée à la retraite en augmentant les pénalités actuarielles pour ceux qui partent à la retraite avant 65 ans et augmente le taux de cotisation pour ceux qui restent. « Toutes ces mesures font un grand trou dans le filet social et renforcent les inégalités. La lutte au déficit se fait carrément au détriment des travailleuses et travailleurs à faible revenu et des étudiantes et étudiants. »

Les modifications au Régime des rentes du Québec (RRQ) affecteront de façon plus directe les femmes. On retrouve souvent celles-ci parmi les plus faibles salariés, sans régime de retraite. Elles sont donc les plus pénalisées par ces nouvelles dispositions. Déjà très sollicitées à titre d'aidante naturelle, on ajoute à leur fardeau en exigeant qu'elles travaillent encore plus longtemps. De plus, en réduisant de 35 % le budget alloué à la condition féminine, le gouvernement confirme son manque de sensibilité à l'endroit des problèmes que vivent toujours les femmes dans la société québécoise.

Le gouvernement Charest renie ses engagements

En fournissant un cadre budgétaire serré au ministre des Finances, la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, a-t-elle déjà oublié avoir été ministre de l'Éducation ? Pourtant, il y a moins d'un an, en avril 2010, madame Courchesne s'inquiétait des conditions de travail des enseignantes et enseignants, une situation qu'elle qualifiait d'inhumaine. Elle mentionnait désirer revoir l'ensemble de la politique d'intégration affirmant publiquement que « l'intégration, ça ne peut pas se faire au détriment de la réussite des autres élèves. »1 Le premier ministre Jean Charest avait aussi déclaré à la même période lors du Conseil général du Parti libéral : « Après une dizaine d'années, il faut aujourd'hui s'interroger : est-ce vraiment la meilleure façon d'assurer la réussite des élèves en difficulté ? »2 À son tour, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a promis l'annonce d'un plan ministériel pour les élèves HDAA, d'ici juin 2011. On peut maintenant réellement douter de la capacité de la ministre à réaliser ce projet sans ajout de ressources financières substantielles.

« On ne trouve aucune mesure dans ce budget pour articuler la promesse libérale de revoir le modèle actuel d'intégration. La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, qui disait pourtant l'automne dernier faire de ce dossier sa priorité, ne semble pas avoir été persuasive auprès de ses collègues, ayant été incapable de convaincre son gouvernement d'ajouter dès maintenant des crédits en éducation. Le gouvernement Charest démontre par ce budget son incapacité à faire preuve de cohérence entre son discours et ses actions. Mais de notre côté, nous allons poursuivre la lutte et maintenir la pression pour que des ressources soient ajoutées et que le modèle actuel d'intégration soit revu », a conclu Pierre St-Germain.

La FAE regroupe neuf syndicats de l'enseignement qui représentent quelque 32 000 enseignantes et enseignants (le tiers du personnel enseignant au Québec) du préscolaire, du primaire, du secondaire, du milieu carcéral, de la formation professionnelle et de l'éducation des adultes ainsi que le personnel scolaire des écoles Peter Hall et du Centre académique Fournier.

1. Katia GAGNON, Davantage de classes spéciales pour les élèves en difficulté, La Presse, 22 avril 2010, p. A6.

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La Coalition solidarité santé

La Coalition Solidarité Santé est très inquiète du manque de vision du gouvernement Charest quant à l'avenir des services de santé et des services sociaux. Dans son énoncé financier d'aujourd'hui, le ministre Raymond Bachand avoue que les dépenses en santé dépasseront les 40 milliards $ dans quelques années... mais que la contribution santé - régressive et inéquitable - pourra faire face à la situation. Pour Monica Dunn, porte-parole de la Coalition, « Le gouvernement doit s'attaquer de manière urgente à la crise des médicaments, à l'amélioration réelle des conditions de vie de la population, dont les personnes âgées et redonner sa juste place aux services sociaux afin de diminuer la pression sur les finances publiques ».

La crise des médicaments

Depuis de nombreuses années, le poste budgétaire qui connaît la croissance la plus rapide en santé est celui des médicaments. Or, selon Madame Dunn « La réduction du prix des médicaments génériques prévue est nettement insuffisante ». Faut-il rappeler qu'au Québec, les compagnies pharmaceutiques profitent d'extraordinaires avantages fiscaux et commerciaux ? À terme, la crise des médicaments dans les finances publiques ne pourra être réglée que si le gouvernement s'attaque fermement et simultanément à la question du prix des médicaments, au recours aux médicaments génériques plutôt qu'aux médicaments d'origine et à un réexamen du bon usage de ceux-ci. Les sommes qui pourront être ainsi récupérées sont considérables.

Le Fonds (FINESSS) ou le financement de la non-solidarité

Le Ministre Bachand porte haut et fort le mot solidarité en disant vouloir lutter contre la pauvreté. Mais on se demande bien de quoi il parle ! Après avoir réduit les impôts en 2008, il en réimpose de manière déguisée et régressive avec la contribution santé obligatoire depuis 2010. Le fonds FINESSS, financée par cette contribution, servira ainsi à faire passer de 3,6 % les hausses prévues du budget de la santé par le gouvernement à 5 % par année... et ce, sur le dos des plus pauvres !

Les conditions de vie des personnes âgées et les services sociaux

Alors que les piètres conditions de vie des personnes âgées défraient les manchettes, que M. Bachand dit vouloir offrir un répit aux aidantes naturelles, le gouvernement ne propose en fait que des mesures éparses, encore liées aux revenus des personnes, comme les crédits d'impôt. Les services à domicile offerts par les CLSC doivent être considérablement augmentés si on veut réellement améliorer le sort des personnes âgées, des aidantes naturelles... et diminuer les pressions sur les services de santé. « Les services sociaux sont encore les parents pauvres de ce budget. C'est une preuve de plus du manque total de vision de ce gouvernement », spécifie Monica Dunn.

La Coalition demande aussi au ministre Bachand où il ira chercher le 500 millions $ manquant pour financer le réseau de la santé et des services sociaux. Elle restera vigilante contre toute tentative de mettre en place de nouvelles formes de tarification en santé, comme le ticket modérateur que le M. Bachand a voulu imposer l'an dernier. « Quarante ans après la création du système public de santé et des services sociaux, le gouvernement Charest met lentement mais assurément un service public à deux vitesses » conclut Monica Dunn.

La Coalition Solidarité Santé regroupe une cinquantaine d'organisations syndicales, communautaires et religieuses. Depuis sa fondation en 1991, ses actions ont toujours été motivées par la défense du droit à la santé pour l'ensemble de la population québécoise et ce, sans égard au statut ou au revenu des citoyennes et des citoyens. Elle défend le caractère public, la gratuité, l'accessibilité, l'universalité et l'intégralité des services de santé et des services sociaux.

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La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics

Québec La Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics s'indigne que le budget 2011-2012 maintienne le cap en matière budgétaire et dénonce que le gouvernement Charest fasse porter le poids de la lutte au déficit sur le dos des plus pauvres et de la classe moyenne. Alors que plusieurs mesures progressives et plus justes auraient pu être adoptées pour renflouer de façon beaucoup plus équitable les coffres de l'État, le gouvernement a plutôt choisi d'épargner les plus riches et les grandes entreprises qui, en plus de bénéficier des mesures de relance économique, profiteront maintenant de la reprise. Selon la Coalition, représentant plus de 125 organisations, en priorisant la tarification et les compressions plutôt qu'une fiscalité équitable, le gouvernement fait définitivement le choix d'augmenter les inégalités sociales.

Cette année, le gouvernement y va d'une fronde tarifaire supplémentaire avec une hausse fulgurante des frais de scolarité qui portera, à terme, le coût d'un baccalauréat à plus de 11 000 $ - 15 000 $ si on ajoute les frais afférents - augmentant de 74 % la facture actuelle ! Une telle mesure aura nécessairement pour conséquence d'augmenter l'endettement étudiant et de réduire l'accessibilité aux études supérieures. « Alors que l'on sait que les personnes issues de familles moins nanties ont beaucoup moins de chances d'accéder aux études supérieures, la hausse annoncée ne fera qu'instaurer une barrière additionnelle pour ces étudiants, barrière qui constitue dans les faits, une discrimination basée sur le statut socio-économique des individus. Alors que dans son dernier rapport sur le respect des droits humains, l'ONU blâmait le Canada relativement aux frais de scolarité élevés, il est révoltant de voir que ce gouvernement, plutôt que de faire de l'accessibilité aux études supérieures sa priorité, se compare plutôt aux provinces les plus délinquantes en cette matière pour justifier ses hausses de frais de scolarité ! » s'insurge Marie-Eve Rancourt, porte-parole de la Coalition.

La Coalition déplore que le budget présenté aujourd'hui reconduise les mesures régressives annoncées lors du dernier budget. De toute évidence, le gouvernement Charest continue d'ignorer la population qui s'est fermement opposée à ces mesures et maintient le cap avec des politiques qui appauvrissent au premier chef la classe moyenne et les personnes à faible revenu : maintien de la taxe santé, de la hausse de la TVQ, de la hausse de la taxe sur l'essence, de la hausse des frais de scolarité, de la hausse annoncée des tarifs d'électricité. La Coalition s'oppose à cette logique de l'utilisateur-payeur qui remet en question le principe d'accessibilité et d'universalité des services publics, qui effrite la solidarité sociale et le respect des droits fondamentaux.

Alors que les compressions budgétaires se traduiront par une diminution des services à la population et par le retrait de l'État de certaines de ses missions essentielles, il est aberrant de constater que ce gouvernement refuse de redistribuer la richesse et de s'attaquer efficacement aux inégalités sociales qui se sont accrues depuis 30 ans. La Coalition rappelle que la crise des finances publiques est le résultat de politiques néolibérales telles les baisses d'impôts qui ont été octroyées depuis les années 2000. Ce sont ces choix qui ont privé les coffres de l'État de plusieurs milliards de dollars. Aujourd'hui, ce sont ces milliards de dollars que l'on tente d'aller chercher dans les poches de la classe moyenne, des étudiants, des moins nantis. Devant l'entêtement du gouvernement à ignorer la population et à maintenir l'imposition de sa révolution tarifaire, la Coalition n'aura d'autres choix que de hausser la pression et d'augmenter les actions de perturbation afin de lui faire entendre raison et de le faire reculer.

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La Fédération des femmes du Québec

Le budget Bachand ne respecte pas les obligations internationales du gouvernement en matière des droits des femmes. Selon la Convention sur 1'é1imination de toutes les formes de discrimination à 1'égard des femmes de 1981 et le Programme d'action de Beijing de 1995, conventions internationales que le Canada a signées, le gouvernement se doit de mesurer l'impact des mesures budgétaires sur les femmes afin d'éviter de contribuer au recul de leurs droits. Aucune indication ne laisse croire que le gouvernement s'est acquitté de ses engagements dans l'exercice budgétaire 2011.

En plus des baisses d'impôt qui ont davantage bénéficié aux hommes et en plus de la hausse des tarifs des dernières années (notamment en éducation et en santé) qui désavantagent particulièrement les femmes, en plus du maintien de la hausse de la TVQ, de la taxe santé, de la hausse annoncée des tarifs d'électricité, le gouvernement annonce aujourd'hui une hausse des cotisations de la Régie des rentes du Québec, une hausse de 325 $ par année des frais de scolarité universitaires pour les quatre prochaines années, une coupe dans plusieurs services publics, mettant une pression accrue sur les femmes qui sont surreprésentées dans les moins bien nantis de notre société. « Le gouvernement pense-t-il que c'est dans la nature des femmes de s'occuper gratuitement des autres ? Qu'arrive-t-il de leur travail payé ou de leur place en politique si le gouvernement pellette ses responsabilités sociales dans la cour des femmes ? La création de 15 000 places supplémentaires en garderie, est une annonce intéressante, mais c'est loin d'être assez ! La hausse des frais de scolarité aura aussi comme conséquence d'augmenter l'endettement étudiant des femmes et de réduire leur accessibilité aux études supérieures », s'est offusqué Eve-Marie Lacasse, de la Fédération des femmes du Québec.

« À quoi sert d'adopter des plans d'action pour l'égalité entre les femmes et les hommes d'un côté quand, de l'autre, le gouvernement ne tient pas compte de ces dernières lors de l'adoption des politiques fiscales ? Les budgets gouvernementaux annuels sont parmi les plus importantes orientations d'un gouvernement et influencent toutes ses autres politiques ! Quelle est la réelle importance que le gouvernement accorde à l'égalité dans ce cas ? » continue Madame Lacasse.

Lorsqu'un gouvernement oublie de penser à l'impact de ses choix financiers sur les femmes, il peut réintroduire des inégalités qu'il cherche à combattre dans d'autres sphères. « Ce que nous demandons, c'est simplement de la cohérence dans l'ensemble des actions gouvernementales. Et pour ce faire, le gouvernement doit introduire un budget analysé selon les genres », termine Madame Lacasse.

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Bulletin du 21 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca