|
Au
parlement canadien cette semaine
Un gouvernement inapte à gouverner
présentera un nouveau budget
Le parlement canadien a repris ses travaux le
21 mars, après une pause d'une semaine, dans un climat de
scandales et d'éclaboussures. Les médias bourdonnent
de spéculations à savoir si le gouvernement sera
défait sur le budget ou sur son refus de rendre des comptes au
parlement, ou s'il survivra la semaine. Un autre sujet favori
des médias de désinformation est le supposé
débat sur les sondages qui jaugent la popularité des
partis et des chefs et leur fortune électorale. Tout cela cache
le fait que le
vote abstentionniste comprend la majorité des électeurs.
L'ordre du jour des travaux parlementaires cette semaine
offre aux partis d'opposition plusieurs possibilités de
défaire le gouvernement minoritaire de Stephen Harper.
Il y a présentement trois sièges vacants sur
308 à la Chambre, alors les conservateurs ont besoin d'un
bloc de 153 votes pour se maintenir. Le Parti conservateur
a 143 sièges, le Parti libéral 77, le Bloc
québécois 47 et le NPD 36. Il y a deux
députés indépendants : Helena Guergis
(Simcoe-Gray-Hamilton) et André
Arthur (Portneuf-Jacques-Cartier, Québec).
Une des possibilités de défaire le
gouvernement concerne le refus des conservateurs de donner au
Comité permanent sur les finances et les affaires de la Chambre
les
informations demandées sur les coûts d'une vingtaine de
projets de loi amendant le Code criminel et sur le coût des
réductions d'impôts proposées par Stephen Harper et
de l'achat des avions CF-25. Le président de la Chambre, Peter
Miliken, a déterminé que le refus du gouvernement de
donner cette information constitue à première vue
une violation des privilèges des élus,
considéré comme un outrage au parlement. Miliken a
renvoyé l'affaire au Comité permanent de la
procédure et des affaires de la
Chambre et lui a demandé de présenter son rapport
à la Chambre au plus tard le 21 mars.
Le 17 mars, après deux journées
d'audiences, le comité a reçu un projet de
résolution du député libéral David McGuinty
qui déclare que :
- le gouvernement n'a pas fourni tous les documents
dont devait se saisir le Comité des finances et des affaires de
la Chambre. ;
- le gouvernement n'a pas offert de justification
raisonnable ;
- le fait que le gouvernement n'ait pas
présenté les documents demandés constitue un
outrage au parlement.
La Chambre aura, après examen du rapport final,
l'occasion de considérer une motion confirmant les conclusions
du Comité permanent. Si la motion est adoptée, ce
sera la première fois dans l'histoire du parlement canadien que
le gouvernement est trouvé coupable d'outrage au parlement. La
tradition parlementaire prévoit le renvoi des
députés coupables d'outrage, une motion de blâme ou
l'incarcération. Plusieurs analystes croient que les partis
d'opposition se contenteraient d'une motion d'outrage au
parlement qu'ils pourraient exploiter par la suite dans une
élection. Cette motion pourrait être débattue au
plus tôt jeudi le 24 mars.
Le ministre des Finances Jim Flaherty dépose le
budget 2011 du gouvernement conservateur aujourd'hui à
16 heures. Le budget fera l'objet de quatre jours
de débat et le vote sur le budget aurait lieu au plus tôt
le 24 mars.
Enfin, le 25 mars, ce sera la dernière
Journée de l'opposition pour la session en cours. La
journée appartient aux libéraux et ces derniers
pourraient demander un
vote de confiance à cause de l'outrage au parlement.
Il est clair que la semaine d'activité
parlementaire ne prévoit rien pour défendre les
intérêts de la classe ouvrière et du peuple. Cela
fait ressortir à quel point il est urgent
d'avoir une Opposition ouvrière pour changer la direction de
l'économie, pour que la crise soit résolue en faveur du
peuple et non des riches. De plus, seule une Opposition
ouvrière offrira une alternative réelle à la
corruption du système de partis qui constitue aujourd'hui un
véritable cartel. Une Opposition ouvrière fait
contrepoids à la politique
qui réduit tout à un concours de chances
électorales des partis, décidées par des sondages
permanents (qui coûtent des millions de dollars) et les firmes de
relations publiques
qui disent aux partis comment manoeuvrer dans une situation
donnée. Le système de cartel de partis est la
réponse des élites politiques à la crise de la
démocratie non
représentative, qui ne peut être résolue que par la
rénovation des fondements constitutionnels et politiques du
Canada.
La semaine pourrait très bien se terminer avec le
déclenchement d'une élection, mais cela ne
résoudra pas la grave crise du processus politique et du
système de cartel
de partis qui le domine. La crise parlementaire va s'approfondir et
pour le peuple le problème pressant demeurera de trouver comment
mettre fin à la manipulation de cette
crise par un régime arrogant et anti-peuple qui fait à sa
guise devant une opposition impuissante.

Bulletin du 21 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez
à: redaction@cpcml.ca
|