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Mouvement
ouvrier
Les travailleurs de l'industrie
forestière se battent
pour leurs droits et pour les droits de tous
Les travailleurs du Québec s'opposent aux
manigances du monopole échoué AbitibiBowater
Les éléments suivants montrent que de
2009 à 2010 le processus de faillite d'AbitibiBowater aux
termes de la Loi sur les
arrangements avec les créanciers de compagnies (LACC) a
été une fraude. Cela n'a pas transformé le
monopole échoué en une réussite
et cela n'a rien fait pour résoudre les problèmes dans
l'industrie forestière. AbitibiBowater continue d'attaquer les
travailleurs
actifs, les travailleurs retraités vivent encore dans la crainte
pour leur avenir ; le monopole persiste dans la destruction de la
production par des licenciements. Il menace de détruire encore
plus d'usines avec sa vente de la production
d'électricité en Ontario et
la proposition de faire de même au Québec.
Le problème posé et à
résoudre est comment les travailleurs et leurs alliés
vont faire pour arrêter ce monopole échoué. Comment
les travailleurs reprendront-ils possession de ces précieuses
ressources forestières et établiront-ils
l'économie forestière sur une
base solide ? Comment cela peut-il être si difficile de
faire vivre les gens et leurs communautés forestières
avec une si
merveilleuse ressource naturelle renouvelable que les forêts du
Québec, du Canada et des États-Unis, surtout avec le
niveau technique et scientifique
atteint et les méthodes modernes de production et de
distribution ?
Le monopole échoué AbitibiBowater est un
désastre. Il doit être arrêté dans ses
méthodes de démolition et de nouveaux
arrangements doivent être mis en place pour la récolte, la
fabrication et la distribution de produits forestiers
contrôlés par les
producteurs dans les communautés forestières. Ces
ressources appartiennent au peuple, pas aux monopoles. Les travailleurs
discutent de
comment changer la situation ; il faut s'asseoir et proposer des
actions avec analyse pour sauver leurs forêts, l'industrie, leurs
collectivités et leurs moyens de subsistance. Ils doivent mettre
un terme à cet échec et attaque constants contre leurs
droits et
avenir par les rapaces mondiaux comme AbitibiBowater. Il faut forcer
les gouvernements à défendre le droit public, pas le
droit de
monopole. L'Opposition ouvrière doit forcer les gouvernements
à rendre des comptes au peuple, pas aux riches et leurs
monopoles
mondiaux.
LML appelle les travailleurs à
exprimer leur solidarité de classe envers les travailleurs
forestiers d'AbitibiBowater au Québec, au Canada et en
grève
dans l'État du Washington en intensifiant leurs efforts pour
organiser une puissante et efficace opposition ouvrière. Il faut
arrêter Harper
et exiger que les gouvernements défendent le droit public, PAS
le droit de monopole !
 
Les travailleurs forestiers manifestent
devant les bureaux
d'AbitibiBowater à Montréal le 15 mai 2009 dans
le cadre de la campagne
nationale pour exiger
que le gouvernement fédéral protège les emplois et
les pensions dans
l'industrie forestière. Sur les pancartes :
« Les pensions avant les
banques »,
« Protéger nos emplois, nos pensions et nos
communautés », « Je suis un
travailleur, pas un investisseur en capital de risque ».
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Les travailleurs forestiers de l'usine d'AbitibiBowater
au Lac-Saint- Jean
Le 28 février, plus de 500 travailleurs
forestiers à l'usine d'AbitibiBowater au Lac-Saint-Jean au
Québec ont voté à 85 % pour le rejet de la
plus récente
demande de concessions du monopole. Ils ont dit qu'ils refusent de se
plier aux diktats constants de ce monopole réputé pour
ses demandes constantes de nouvelles
concessions, qui comprennent, entre autres exigences, un gel des
salaires de cinq ans et des réductions des avantages sociaux,
qui représentent 8 % de leur réclamation
sur la valeur qu'ils produisent.
La pression actuelle pour des concessions vient
s'ajouter à la réduction de 17 % en salaires et
avantages que les travailleurs du Québec et d'ailleurs ont
déjà cédé en 2009-10, lorsque la compagnie
s'est rangée sous la protection de la loi sur les faillites. Les
demandes actuelles prouvent une fois de plus que les concessions
ne sont pas des solutions aux problèmes économiques de
l'économie capitaliste.
Le président d'AbitibiBowater, Richard Garneau,
a rencontré le 4 mars les représentants syndicaux et
leur a dit que les travailleurs doivent céder au diktat
du monopole.
Le président du Syndicat canadien des
communication, de l'énergie et du papier (SCEP) pour le secteur
Mistassini, André Grimard, a exprimé sa déception
face
aux propos de Garneau : « Je m'attendais à mieux
que cela, dit-il. Il n'y a pas de changements. Son approche est
très peu différente. »
Le vice-président du SCEP au Québec,
Renaud Gagné, n'a pas été surpris par la ligne
dure de Garneau, alors que le monopole joue ses usines les unes contre
les autres, montrant constamment ceux qui ont des
rémunérations et avantages sociaux encore plus bas pour
déclarer que ce sont les nouveaux points de
référence que les
autres doivent accepter.
Le comité de négociation du syndicat
local se réunit pour discuter de la situation et dit qu'un vote
de grève est possible.

600 travailleurs retraités d'AbitibiBowater
expriment leur inquiétude face à l'avenir
Les travailleurs retraités se sont réunis
à Saguenay, au Québec, pour s'informer de leurs pensions
à prestations déterminées. Ils sont inquiets
depuis que les représentants
des propriétaires d'AbitibiBowater ont avoué leurs
échecs et refus de continuer à contribuer des revenus
suffisants au fonds de pension pour garantir sa solvabilité en
cas
de faillite. Après la réunion, le président de
l'Association des retraités d'Abitibi-Consol (ARAC), Armand
Gauthier, a déclaré : « Bien que cela a
été une réunion
très similaire à celle que nous avions convoquée
le 7 décembre, nous avons constaté que la
majorité des gens en étaient cette fois à une
première présence. Ils ont donc
pu être eux aussi informés sur ce qui se passait
actuellement avec la compagnie, et aussi sur les avenues possibles
quant à nos fonds de retraite. »
Le monopole a offert deux possibilités
concernant le fonds de pension, aussi acceptable l'une que
l'autre :
1) Laissez les fonds mis en place sous le
contrôle d'AbitibiBowater avec tous les risques inhérents,
tels qu'une autre faillite avant que le fonds de pension ne soit
entièrement solvable. Cette option est également
assombrie par le délai de 15 ans que le gouvernement a
accordé à AbitibiBowater pour assurer la
solvabilité de la
caisse de retraite.
2) Le transfert du fonds à la Régie des
rentes du Québec avec une perte de 25 % de sa valeur
actuelle.
Parce que les représentants du gouvernement
n'ont pas assisté à la réunion, la discussion sur
l'option du transfert à la RRQ a été
écourtée.
Les autres retraités d'AbitibiBowater des usines
au sud du Lac-Saint-Jean, près du fleuve Saint-Laurent, à
Clermont et Donnacona, ont également exprimé leur
frustration avec le gouvernement sur son manque de soutien pour le
droit public et de son à-plat-ventrisme face au droit de
monopole ; ils ont exigé de rencontrer la
ministre de l'Emploi et la Sécurité sociale, Julie Boulet.
Marche conter la fermeture de l'usine
d'AbitibiBowater à Donnacona le
27 janvier 2008. Le 6 novembre 2008, 250 travailleurs de
l'usine de
Donnacona
ont perdu leur moyen de subsistance après un an d'incertitude,
de
chantage et de tractations de coulisses entre la compagnie et le
gouvernement Charest.
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D'autres mises à pied et arrêts de la
production
des usines d'AbitibiBowater d'Alma au Québec
et de Fort Frances en Ontario
Un peu plus de deux mois après être sorti
de la protection de faillite et le naufrage de plusieurs usines en
Amérique du Nord, AbitibiBowater a annoncé des fermetures
et des licenciements dans les usines à Alma, au Québec,
et à Fort Frances, en Ontario.
Alma, Québec
Le président du Syndicat national des
travailleurs et travailleuses des pâtes et papiers d'Alma, Daniel
Paradis, a confirmé les nouvelles d'un arrêt lors d'une
conférence de presse le 4 mars. La fermeture à Alma
touche deux des trois machines et est prévue pour deux semaines,
avec une possibilité de prolongement. La
fermeture touche 200 des 465 travailleurs de l'usine.
Selon Daniel Paradis : « Cette
décision reflète la nouvelle philosophie d'AbitibiBowater
qui préfère cesser la production plutôt que
d'accumuler des
inventaires. Il ajoute en ce sens qu'un tel scénario faisait
partie des principales craintes de l'organisation syndicale lorsque
celle-ci a accepté le nouveau modèle d'affaires
de la compagnie.
« Pour le moment, il n'est question que de
deux semaines. Mais, précise-t-il, il n'est pas impossible que
d'autres interruptions surviennent en cours
d'année. »
Fort Frances, Ontario
Forest Talk rapporte que les
travailleurs de l'usine d'AbitibiBowater, à Fort Frances, ont de
plus en plus de périodes chômées. AbitibiBowater a
annoncé
qu'à partir du 28 mars elle va cesser la production
à l'usine de pâtes et papiers pendant deux semaines. Plus
de 500 employés seront touchés. La nouvelle arrive alors
qu'environ 230 travailleurs sont déjà touchés par
l'arrêt des machines à papier de l'usine. Cet arrêt
est prévu se terminer le 7 mars. L'arrêt qui vient
d'être annoncé
permettra de réduire la production d'environ 8400 tonnes
métriques de papier blanc. La production de pâtes et
papier doit reprendre le 11 avril.

Grève contre AbitibiBowater aux États-Unis
Le 1er mars, les travailleurs syndiqués à
l'usine de Ponderay Newsprint ont cessé la production à
l'usine près de Usk, dans l'État de Washington.
Greg Jones, représentant de l'Association of
Western Pulp and Paper Workers, a déclaré que
92 membres de 422 locaux ont voté la grève
lundi soir.
La goutte d'eau qui a fait déborder le vase, dit-il, est une
violation par la compagnie des termes d'un règlement temporaire
négocié en novembre avec l'aide de la commission
nationale des relations du travail. Sans parler des autres
problèmes importants, l'entreprise refuse même de suivre
la clause du règlement qui permet aux syndiqués de se
désengager de comités bénévoles.
L'entreprise a également modifié certaines pratiques en
place avant le règlement, un changement au statu quo qui n'est
pas autorisé, a
déclaré Jones.
 
Piquetage devant
l'usine de papier journal de Ponderay, dans l'État de
Washington, le 1er mars 2011.
Les médias locaux à Spokane rapportent
que les travailleurs à l'usine de Ponderay Newsprint sont
mécontents de la façon dont ils ont été
traités et ont commencé
à faire du piquetage. En septembre 2009, les opérateurs
et techniciens à l'emploi de Ponderay Newsprint ont formé
un syndicat. Après un an de tentatives infructueuses de
parvenir à un accord sur une convention collective, 90
travailleurs qui produisent le journal ont déclenché la
grève en raison de ce qu'ils appellent un manque de respect.
« L'entreprise fait le choix de faire des
compressions dans ses prestations et à réduire leurs
401 k (plan d'épargne des États-Unis), et les
employés
ont choisi de s'organiser », a dit Greg Jones.
Les négociations contractuelles entre le
syndicat et l'usine de papier a commencé en janvier 2010, mais
après plus d'un an, les travailleurs disent qu'ils n'ont pas
été pris au sérieux. Ils veulent que leurs
demandes soient prises en considération et ils sont fiers de
leur communauté.
« J'ai été
élevée ici, je voudrais rester ici », a dit
Connie Norton.
Les travailleurs disent qu'ils vont rester en
grève jusqu'à ce que l'entreprise commence à
négocier de bonne foi, les respecte en tant que producteurs et
prenne
leur collectif au sérieux.
Les travailleurs de l'usine peuvent produire 250 000
tonnes de papier journal par année, fournissant de papier
journal à plus de 100 journaux, y compris les
publications de McClatchy Co. et Gannett Co. Inc, qui sont
co-propriétaires.
AbitibiBowater s'est fait encore plus provocatrice,
affirme son intention de redémarrer l'usine de papier journal en
utilisant des briseurs de grève et des mercenaires.
Immédiatement, elle a envoyé des lettres offrant aux
syndiqués qui tiennent la ligne de piquetage devant l'usine
« la possibilité de travailler s'ils le
souhaitent ».
La lettre se lit comme suit : « Afin de
maintenir notre base de clientèle et de satisfaire les commandes
envers nos clients, nous faisons des plans pour
relancer l'usine. Si vous souhaitez faire partie de l'horaire de
travail, s'il vous plaît contacter le commandant des
opérations. » Le monopole a également
déclaré à
la presse qu'il envisage de « faire venir des travailleurs
de remplacement. Cela a toujours été une
option. »
Le syndicat et ses membres ont juré qu'ils ne
seront pas intimidés et continueront la grève
jusqu'à ce que l'entreprise commence à négocier de
bonne foi et
parvienne à une convention collective acceptable sur toutes les
questions. Ils maintiennent un piquet de grève jour et nuit aux
portes de l'usine et on rapporte que les
camionneurs syndiqués qui livrent les matériaux ont
refusé de franchir le piquet de grève.
(Radio Canada, Le
Quotidien, Miner Online, The Spokesman-Review, KXLY.com)

À titre d'information
La loi sur les faillites est utilisée pour
légaliser
le saccage de l'économie et les attaques contre
les travailleurs et la société
- K. C. Adams -
Aucun
des
problèmes fondamentaux des industries de l'acier et des
forêts
n'a été résolu par la protection de la loi sur les
faillites. Les attaques de US Steel
et d'AbitibiBowater contre les travailleurs, leurs communautés,
les installations de production et l'économie n'ont pas de cesse.
AbitibiBowater a annoncé le
9 décembre dernier qu'elle n'est plus désormais sous
la protection sur la Loi sur les arrangements avec les
créanciers des
compagnies au Canada (LACC) et le Chapitre 11 aux
États-Unis. La protection de faillite est une méthode
pour tenter de se soustraire aux problèmes
fondamentaux de l'économie capitaliste. Ces problèmes
s'accumulent et deviennent destructeurs, ce qui mène à
des crises économiques au sein de certains monopoles et à
des crises générales, comme cela s'est produit en 2008.
La protection de faillite est une mesure parmi d'autres
par laquelle on légalise la destruction de l'économie
avec des mesures pour attaquer les droits des travailleurs,
concentrer la richesse entre les mains d'un petit groupe et remettre
une compagnie en position de prendre part à nouveau à la
bataille de la concurrence, pour ensuite recréer
les mêmes problèmes et attaquer de nouveau les
travailleurs et le droit public.
Le ciel ne nous tombe pas
sur la tête ;
il s'agit seulement d'un autre fiasco du capital monopolisé
La nature centrée sur le capital du processus de
faillite a clairement été révélée
dans le cas de l'aciérie Stelco de 2004 à 2006.
Même avant que la compagnie ne se place sous la protection de la
LACC en 2004, elle
avait commencé une campagne pour dire que la résolution
des problèmes de l'industrie de l'acier passait par
l'acceptation par les métallos de concessions sur les salaires,
les avantages sociaux et les pensions. Il fallait aussi que les
gouvernements payent les monopoles pour faire des affaires en vue du
profit privé, et qu'ils transfèrent leurs
réclamations à titre d'impôts sur le revenu
d'entreprise aux Canadiens individuellement. Le PDG de Stelco a
commencé par prétendre que si les demandes du droit de
monopole n'étaient pas satisfaites, Stelco serait
condamné et la production d'acier au Canada ne survivrait pas.
Cette propagande allait de pair avec la ligne générale de
la
mondialisation néolibérale, telle qu'exprimée et
défendue par ses représentants flagorneurs au Parlement
et à la législature de l'Ontario, et par les
médias monopolisés.
La section locale 1005 du Syndicat des
Métallos chez Stelco a qualifié la campagne du PDG de
pitoyable tactique de peur pour répandre la panique et faire
croire
que le ciel nous tombait sur la tête. Le PDG espérait
terroriser les métallos et leurs communautés et les
obliger à penser que les concessions étaient une
solution. La section
locale 1005 a dit calmement que non, le ciel n'était pas en
train de tomber, et qu'il était possible de comprendre les
problèmes dans l'industrie de l'acier, qui n'avaient
rien à voir avec les réclamations des travailleurs sur le
plan des salaires, des avantages sociaux et des pensions. Par exemple,
le bas prix de l'acier sur le marché constituait
un problème immédiat qu'on pouvait régler avec un
contrôle gouvernemental du marché du gros de l'acier et
d'autres mesures pour déterminer les prix de production d'une
nouvelle manière, d'une façon consciente, ce qui
stabiliserait grandement l'industrie canadienne de l'acier.
La section locale 1005 a réfuté
fermement les arguments néolibéraux et les tactiques de
peur avec des arguments scientifiques solides. Elle a expliqué
que les forces
sociales qui contrôlent Stelco avaient des objectifs
cachés, qu'elles cherchaient à faire un gros coup
d'argent aux dépens des métallos, de la
communauté, de l'économie et
des détenteurs moins puissants des avoirs et de la dette de
Stelco. Les forces sociales en contrôle n'avaient certainement
pas l'intention de s'attaquer aux vrais problèmes
de Stelco et de l'industrie de l'acier ; leurs misérables
tactiques de peur le prouvaient. En opposition à ces manoeuvres,
la section locale a inscrit sur sa bannière :
« Les concessions ne sont pas une
solution ! », « Unissons-nous à la
défense des droits de tous ! »,
« Quelle économie ?
Notre économie ! » et « Base
manufacturière oui ! Destruction nationale
non ! »
Les objectifs intéressés de ceux qui
contrôlaient Stelco n'avaient rien à voir avec la
résolution des problèmes du secteur de l'acier ou avec
l'édification nationale. Les
profits records alors qu'elle était sous la LACC, principalement
grâce à l'augmentation substantielle des prix de l'acier
de 2004 à 2008, et le grand coup assené
subséquemment par les éléments
privilégiés contrôlant le processus de faillite de
la LACC, lorsqu'ils ont vendu Stelco à US Steel, prouvent que la
section locale
1005 avait entièrement raison. Les forces sociales en
contrôle de Stelco et maintenant de US Steel sont incapables de
résoudre les problèmes de l'industrie de l'acier.
C'est pourquoi une Opposition ouvrière résolue et unie
est en train de se bâtir, avec son propre ordre du jour pour
défendre les droits de tous, pour restreindre le droit de
monopole et bâtir une économie qui suffit à ses
besoins et qui est et diversifiée, avec une base
manufacturière. Cette Opposition ouvrière peut ouvrir la
voie au progrès et
amener les Canadiens vers une alternative populaire.
Les contradictions entre la
nature sociale de la production de masse moderne et la nature
privée de son contrôle et de sa propriété
La protection sur la faillite
essaie sert à esquiver ou encore à dissimuler un
problème fondamental du système capitaliste, qui est
l'expansion hypertrophiée de la propriété
privée et de ses réclamations
sur le revenu d'une entreprise. Les entreprises modernes ou les
monopoles sont en essence de nature sociale et opèrent au sein
d'une économie complètement socialisée.
Chaque entreprise privée accumule graduellement une
quantité disproportionnée de propriété
d'avoirs et de dettes comparativement au revenu que l'entreprise est
capable
de générer. Cette propriété étendue
en avoirs et en dette est contrôlée paradoxalement par un
nombre moindre de propriétaires de capital monopolisé
plus puissants. La
manifestation physique de cette augmentation de la concentration du
capital peut se voir dans n'importe quelle entreprise de production
d'acier ou de papier, ou d'autres
monopoles. La valeur des avoirs et de la dette recelée dans
l'usine et la machinerie croît d'année en année
comparée au nombre de travailleurs et le revenu total que ces
travailleurs peuvent générer. Le produit social (l'acier,
les billots de bois, le papier) croît en quantité et en
qualité mais la valeur de celui-ci, telle que calculée
par le temps
de travail et le prix de vente, descend en comparaison de ce qu'il
valait des années auparavant en termes réels et avec le
montant de capital en avoirs et dette recelé dans
les usines. Pourquoi ? Parce que la valeur est
déterminée par la moyenne de temps de travail
nécessaire pour produire une unité donnée de
produit social, comme des
rouleaux de papier ou d'acier. La productivité est l'ennemi de
la valeur - un autre paradoxe du système capitaliste et qui
montre sa nature transitoire, puisqu'il ne permet
pas d'utiliser pleinement l'énorme produit social que la
production industrielle de masse est capable de produire.
L'économie socialisée a besoin de relations de production
socialisées pour que ses composantes humaines et
matérielles fonctionnent harmonieusement et
bénéficient pleinement de sa capacité productive.
Combien de travailleurs dans les usines de papier ou
d'acier aujourd'hui produisent la même quantité de
produits qu'il y a vingt ans ? Quelle quantité de capital
est rattachée aux usines et à la machinerie
comparé à il y a vingt ans ? Le temps de travail par
unité de production décline inexorablement avec
l'application de la
science et de la technologie. Donc, la valeur par unité de
produit social baisse aussi mais la quantité de capital
rattaché aux usines et à la machinerie continue de
croître.
Le taux de rendement sur le capital investi doit baisser. Le capital
monopolisé veut continuer à extraire la même
quantité de revenus d'une tonne d'acier et de papier qu'il
y a vingt ans mais la loi de la valeur lui enlève cette
possibilité. Tant et aussi longtemps que le contrôle
privé des composantes en compétition de l'économie
persiste, le
taux de rendement sur le capital investi doit plonger pendant que la
productivité augmente. Le capital monopolisé doit
être forcé de regarder en face la réalité de
son propre
système désuet. Aussi longtemps que le contrôle et
la propriété privés des composantes en concurrence
de l'économie socialisée existent, la loi de la chute du
taux de
rendement sur le capital investi aura son effet. Les efforts du droit
de monopole pour contourner cette loi (en manipulant les prix et en
extorquant des revenus aux travailleurs
et à la société) intensifient les crises
économiques récurrentes, causent des souffrances parmi la
population et détruisent l'économie et la
société. Le capital monopolisé veut
extirper une quantité de sang (de revenu) d'une tonne d'acier ou
de papier qui n'est plus là. Au lieu de cela, le droit de
monopole extirpe le sang des travailleurs et de la
société. Nous devons arrêter cela ! Les
propriétaires de l'avoir et de la dette en expansion
rattachées aux usines et à la machinerie exigent leur
livre de chair mais le
revenu disponible ne peut pas satisfaire leurs attentes. Pour les
propriétaires du capital, c'est une crise, et ils se mettent
à clamer sur tous les toits que le ciel va s'effondrer
à moins que le revenu soit extorqué de partout chez les
travailleurs et dans la société. Ce n'est pas que les
travailleurs dans leurs usines et leurs moulins ne peuvent pas
produire, ils produisent magnifiquement. Le problème
créé par la contradiction entre le caractère
social de la production et le caractère privé du
contrôle de la propriété est
que l'augmentation du produit social est inutile à moins qu'il
soit vendu et transformé en revenu. Mais plus il y a de
travailleurs qui produisent avec moins de temps de travail,
plus le revenu disponible s'amenuise comparé au montant de
capital rattaché aux usines et aux machines. Quel dilemme !
De plus en plus de produit social avec de
moins en moins de temps de travail, alors que les propriétaires
du capital ne veulent pas plus de produit social, ils veulent l'argent
des ventes, et il n'y a simplement pas
assez de revenu pour satisfaire leurs attentes de rendement sur
l'investissement.
La propriété privée a de plus en
plus d'argent rattaché aux usines et à la machinerie,
sous la forme d'avoirs et de dettes, et exige un rendement sur son
investissement
en rapport avec le montant investi. Mais l'accroissement des
réclamations des propriétaires devient trop rapide pour
le revenu disponible. Un énorme fossé se creuse entre
les attentes des propriétaires du capital sur ce qu'ils ont
investi dans une entreprise sous forme d'avoirs et de dette, et la
capacité de l'entreprise à générer assez de
revenus
pour satisfaire leurs réclamations. Et ce n'est pas vrai que
personne n'a besoin ou ne veut de l'accroissement du produit social. Si
c'était le cas, pourquoi les médias seraient-
ils saturés des demandes sans fin d'organismes de charité
et d'histoire de gens appauvris ici au Canada, aux États-Unis et
à travers le monde ? La vérité est que le
système capitaliste n'est pas conçu pour combler les
besoins du peuple en produit social. Si le produit social était
vendu à sa vraie valeur, les capitalistes devraient accepter
moins de revenus, un rendement moindre. Ils préféreraient
ruiner nos usines d'acier et de papier et d'autres entreprises
plutôt que de vendre le produit social à sa vraie valeur,
et d'être forcés d'accepter un rendement inférieur.
Les propriétaires du capital veulent restreindre la
quantité de produit social disponible pour forcer la hausse des
prix. C'est
une façon par laquelle ils tentent de surmonter leur dilemme
entre un rendement plus bas et les inévitables ralentissements
du cycle des affaires. Dans des documents juridiques
soumis par US Steel l'an dernier, la compagnie a admis avoir
essayé de faire grimper les prix de l'acier en fermant deux
usines de Stelco au Canada. AbitibiBowater a coupé
la production de papier de 30 %, pas parce que la planète a
besoin de moins de papier – imaginez seulement la demande de produits
de papier renouvelables en Chine
et en Inde, en pleine modernisation et en plein développement –
mais parce que les propriétaires du capital monopolisé
vont vendre le papier à des prix de monopole, de
manière à faire des réclamations de super profits.
Restreindre le droit de
monopole
Nous pouvons commencer à résoudre les
problèmes dans l'économie en restreignant les
réclamations des propriétaires
du capital et en orientant l'économie dans le sens de l'objectif
général de servir les besoins de la population et
d'édifier la nation, en mettant plus dans l'économie
(travailleurs,
moyens de production, infrastructures, services publics, programmes
sociaux) qu'il en est retiré. Cela veut dire défendre le
droit public en opposition au droit de monopole.
Cela veut dire surmonter le blocage du progrès imposé par
les propriétaires du capital. Cela veut dire par exemple
élaborer dans la pratique une formule moderne pour
déterminer des prix de production qui tiennent compte de la loi
de la valeur et la tendance du taux de profit à baisser – une
formule qui restreint l'anarchie destructrice
des prix lorsqu'ils sont sous le contrôle des monopoles, comme
nous en sommes témoins aujourd'hui avec les prix de l'essence et
d'autres produits du pétrole. Cela veut
dire réfléchir à la manière de
résoudre la contradiction entre la production et la
distribution, de façon à ce que tous les avantages de la
production industrielle de masse
puissent être utilisés pour garantir le bien-être du
peuple et les intérêts généraux de la
société, et ne pas se retrouver paralysés par ce
que le produit social se heurte à un
mur, comme de ne pas trouver acheteur ou ne pas générer
assez de revenu.
Le droit de monopole fait tout en son pouvoir pour
bloquer l'émergence d'un plan de résolution des
problèmes économiques parmi les travailleurs. Le blocage
se fait
notamment en écartant les travailleurs du pouvoir politique.
Grâce à sa domination de l'économie et des affaires
politiques, le droit de monopole passe par dessus les
problèmes inhérents à l'économie et les
présente sous un angle intéressé, comme avec cette
manie de toujours tout réduire à une affaire d'argent du
trésor public pour payer
les riches ; comme l'hystérie à propos des
déficits et de la dette qui mène à des appels
à couper dans les dépenses pour les services publics et
les programmes
sociaux ; comme les appels absurdes à réduire les
impôts des entreprises et à privatiser tous les aspects de
la vie moderne pour que les riches sucent le sang de chaque
cellule vivante de l'économie et laisser le peuple et la
société avec à peine les moyens de respirer. Les
objectifs des riches et de leurs monopoles n'ont rien à voir
avec la
résolution des problèmes de l'économie et tout
à faire avec retirer des valeurs de l'économie pour
servir leurs intérêts étroits. Le fait que cela
mène à d'autres crises et à
d'autres guerres est sans conséquence pour eux. Cette conception
centrée sur le capital n'a rien à voir avec la
résolution de la contradiction entre les réclamations
étroites
des propriétaires privés du capital et les lois
fondamentales de l'économie socialisée et les besoins et
droits du peuple et de la société. Si cette contradiction
entre le privé
et le social n'est pas au centre de chaque programme et de chaque
politique, les mesures proposées ne peuvent être autre
chose qu'une façade pour payer les riches et protéger
leurs empires monopolistes d'une façon ou d'une autre.
La
protection
de
faillite aux termes de la
LACC
et le Chapitre 11 est une façade pour payer les riches
La protection de faillite vise à secourir les
propriétaires du capital de l'échec de leur
système dépassé de deux manières.
Premièrement, on attaque les droits
des travailleurs et leurs réclamations à la richesse
qu'ils produisent, surtout au niveau des pensions et des avantages
sociaux. Or, l'offensive contre les pensions, les avantages
sociaux et les salaires ne résout pas le problème
fondamental du manque de revenus pour répondre aux
réclamations accrues des propriétaires du capital. Les
travailleurs
pourraient même n'avoir aucun salaire et cela ne réglerait
pas le problème des propriétaires du capital.
Deuxièmement, continuer de sauver le
système ou l'entreprise par la protection de faillite sans
régler les problèmes signifie que certains parmi les
propriétaires du capital
doivent assumer des pertes. Mais comme toute chose sous le capitalisme,
lorsque les capitalistes subissent des pertes cela se traduit par des
pertes pour les travailleurs et leurs
communautés par les fermetures d'usines et les mises à
pied. Stelco et AbitibiBowater ont tous deux fermé des usines et
vendu des installations à la pièce. Cela entraîne
des
mises à pied et des pertes pour les communautés
touchées, qui ont besoin de ces usines pour assurer la
viabilité économique et sociale de leur région.
Cela veut dire également
que certains propriétaires du capital (ceux qui n'ont pas
directement de contrôle sur le processus) doivent accepter une
réduction du pourcentage de leur propriété ou une
nouvelle forme de propriété, par exemple de la
propriété de dettes à la propriété
d'avoirs. C'est ce qui s'est produit avec AibitibiBowater :
environ
6 milliards $ en propriété de dette ont
été convertis en propriété d'actions. Dans
le cas de Stelco, ce sont les actions ordinaires qui ont
été éliminées. Dans le
monde d'aujourd'hui, ce sont les fonds de pension et les fonds mutuels
qui encaissent la baisse du prix ou l'élimination des actions et
au bout du compte ce sont les
travailleurs qui y perdent leurs épargnes. Dans la crise du
secteur immobiliser aux États-Unis, les pertes ont
été encourues principalement par les propriétaires
individuels,
qui ont vu leur propriété saisie, tandis que les grandes
entreprises financières privées qui ont provoqué
la hausse des prix à des niveaux absurdes ont été
pour la plupart
secourues par Bush et Obama sous prétexte qu'elles
étaient « trop grandes pour qu'on les laisse
tomber ». Les propriétaires individuels sont trop
petits pour
être sauvés tandis que les monopoles sont
« trop grands pour qu'on les laisse tomber ».
Chez Stelco, les propriétaires des actions ordinaires (beaucoup
de
personnes avaient acheté des actions durant les années
1990, incitées par une campagne de publicité de la
compagnie qui demandait à tout le monde de faire sa part pour
« sauver l'entreprise ») ont perdu la somme
totale de leurs actions et certains propriétaires de la dette
ont également subi des pertes importantes, tandis qu'un
nouveau groupe de propriétaires s'est emparé du
contrôle du processus de faillite et s'est arrangé pour
faire des milliards de dollars de profits directement par
l'élimination
des réclamations des actionnaires précédents et
l'infusion d'argents publics.
Sortir des sentiers battus,
l'esprit de 46
La section locale 1005 du Syndicat des
Métallos de Stelco a riposté d'une façon
consciente et organisée pour
défendre les droits de tous face à la campagne
antiouvrière et antisociale menée sous couvert de fraude
de faillite. Les métallos se sont défendus et ont
défendu leurs droits
et ceux de la communauté et l'économie. Ce faisant, ils
sont sortis des sentiers battus dans la lutte syndicale, tout comme
leurs parents et grands-parents l'avaient fait durant
les grèves de 1946 dans les industries de l'acier et de
l'automobile. La section locale 1005 a su, dans les conditions de
la mondialisation néolibérale, trouver
les moyens de mettre à profit la force du nombre, de la
conscience sociale moderne, de l'unité, de la
détermination et de la justesse de sa cause. Elle a
adopté comme mots
d'ordre : « Les concessions ne sont pas des
solutions ! », « Unis à la
défense des droits de tous ! »,
« Quelle
économie ? Notre économie ! »,
« Base manufacturière oui, destruction nationale
non ! » et « Oui au droit public, non au
droit
de monopole ! ». C'est avec ces mots d'ordre qu'elle a
mobilisé les métallos actifs et à la retraite et
l'ensemble de la communauté.
Une fois sortis de la fraude de faillite, les
propriétaires du « nouveau » capital de
Stelco ont poursuivi leur offensive contre les métallos et
l'économie en
vendant l'aciérie à US Steel. Ils ont par là
réalisé un énorme coup d'argent. US Steel s'est
ensuite servi de son contrôle pour poursuivre la destruction des
aciéries canadiennes
pour satisfaire ses intérêts étroits en concentrant
la production aux États-Unis, en fermant les aciéries
(concurrentes) au Canada et en privant les travailleurs de leurs droits
par les mises à pied, les fermetures et les ultimatums
« concessions ou mises à pied »
plutôt que de négocier de bonne foi. US Steel a
renié des ententes conclues
avec le Canada et l'Ontario sur le maintien de certains niveaux
d'emploi et de production et les obligations envers le régime de
retraite, bafouant l'intégrité du Canada et
son droit souverain de contrôler son économie et ses
affaires politiques.
Le droit de monopole de US Steel se heurte à une
vaste mobilisation pour le droit public, qui grandit et qui se dirige
vers un Rassemblement du Premier Mai et une
manifestation sur la colline parlementaire pour arrêter Harper et
exiger que les gouvernements défendent le droit public, pas le
droit de monopole !
AbitibiBowater

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Avec AbitibiBowater, la destruction de la
propriété sous la protection de la loi sur les faillites
s'est faite principalement par le transfert
d'environ 6 millions $ de propriété de la dette
en actions. Cela a fait baisser considérablement les
réclamations en intérêts des propriétaires
de la dette. Au terme
du droit commercial en vigueur, la propriété de la dette
comporte un droit légal d'intérêts et de frais
tandis que la propriété d'action comporte une
réclamation ajustable pour
les dividendes et une possibilité d'augmentation des actions
à la bourse. Le transfert de la propriété de la
dette d'AbitibiBowater s'est fait parallèlement à la
destruction des
usines et de la capacité productive. Cela s'est traduit par des
fermetures, des mises à pied et des demandes de concessions sur
les pensions, notamment l'élimination de
l'indexation des pensions au coût de la vie. Nous reviendrons
dans d'autres articles sur la destruction causée par ceux qui
contrôlent AbitibiBowater grâce à la loi sur les
faillites et sur les attaques contre les travailleurs et leurs
communautés et la résistance grandissante au droit de
monopole.
Aucun problème fondamental des industries de
l'acier et des forêts n'a été résolu par la
protection de faillite. Les attaques de US Steel et d'AbitibiBowater
contre les
travailleurs, leurs communautés, les usines et l'économie
n'ont pas de cesse. Les propriétaires du capital sont
enfermés dans leur système dépassé et
démodé et aveuglés par
l'avidité et l'intérêt étroit. Ils sont un
obstacle à la résolution des problèmes. Il devient
clair pour de plus en plus de travailleurs au Canada que seule une
Opposition ouvrière
peut mener le pays vers une résolution des problèmes de
l'économie et des affaires politiques à l'avantage du
peuple et ouvrir la voie au progrès de la société.
(Traduction:
LML)

Bulletin du 14 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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