Destruction de l'économie et braderie de nos richesses naturelles

Quand Lucien Bouchard veut défendre les «intérêts supérieurs des Québécois»

Le 24 février, l'ancien premier ministre du Québec Lucien Bouchard a accordé une première entrevue depuis sa nomination à la tête de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) avec le mandat de défendre l'exploitation des gaz de schiste par les monopoles du secteur de l'énergie. Les travailleurs et le peuple du Québec connaissent bien Lucien Bouchard et son passé comme commis-voyageur des monopoles à la tête du gouvernement du Québec pendant l'offensive antisociale du milieu des années 90, et par la suite au service des oligarchies financières contre la lutte les travailleurs d'Olymel ainsi que dans différents conflits de travail comme soi-disant médiateur.

L'arrivée de Bouchard à la tête de l'APGQ survient au moment où la crédibilité est au plus bas du côté défenseurs de la dilapidation et de l'exploitation des gaz de schiste par les intérêts privés des monopoles. La stratégie des cercles dominants au Québec est toujours la même dans les polémiques à propos de l'exploitation et l'utilisation des ressources naturelles ou l'opposition ferme à l'offensive antisociale. Si la classe ouvrière et le peuple s'opposent en masse à ces projets, c'est parce qu'il y a un « problème de perception » ou bien que « la population ne comprend pas », suggèrent à chaque occasion les mêmes soi-disant experts ou polémistes qui demandent l'intervention providentielle d'un Lucien Bouchard pour faire « avaler la pilule ». Le gouvernement Charest est passé maître dans l'art d'accuser le peuple de ne pas comprendre : on n'a qu'à penser au mont Orford, au projet du Suroît ou à la grève des étudiants en 2006. À cet égard, il n'est pas étonnant que Bouchard ait déclaré qu'il prenait la tête des intérêts des monopoles pour l'exploitation des gaz de schiste pour représenter les « intérêts supérieurs des Québécois ». C'est le genre de prise de position que Bouchard affectionne particulièrement quand il dit « mes clients doivent accepter un repositionnement ».

Plus loin dans l'entrevue, Bouchard affirme qu'il est « convaincu que les industriels ne pourront jamais penser développer cette ressource s'ils ne sont pas capables de subordonner leurs intérêts à l'intérêt public ». Une telle déclaration démontre d'entrée de jeu quels « intérêts supérieurs » il sert. La lutte contre le pillage des ressources naturelles et le saccage de l'environnement naturel par les monopoles est une part intégrante de la lutte pour le droit public et pour restreindre le droit des monopoles. Quand Bouchard parle des monopoles qui « subordonnent leurs intérêts à l'intérêt public », cela signifie que l'intérêt public c'est l'intérêt des monopoles. Par un tour de passe-passe, il veut faire croire que les intérêts des monopoles sont conciliables avec ceux de la classe ouvrière et du peuple. La lutte contre le pillage et l'exploitation des gaz de schiste démontre pourtant comment de tels intérêts sont irréconciliables. L'industrie gazière et pétrolière, le gouvernement Charest et les élites dominantes sont obligés d'organiser des « campagnes d'information », de dépenser des millions de dollars en publicité, d'attaquer des experts en géologie, de mobiliser des ressources immenses pour faire avancer leurs projets de dilapidation, quels intérêts coïncident ici ? Les intérêts des élites certainement.

L'ancien président de l'APGQ, André Caillé, ancien PDG d'Hydro-Québec, est un complice de longue date de Lucien Bouchard. À l'époque où Bouchard était premier ministre et Caillé à la tête d'Hydro-Québec, ils avaient mis la hache dans la Société québécoise d'initiative pétrolière (SOQUIP) qui fut définitivement dissoute en novembre dernier. La filiation entre l'époque Bouchard et le gouvernement Charest aujourd'hui est tel;e qu'en bon disciple le gouvernement Charest a décidé de céder en catimini les droits de l'exploitation pétrolifère aux monopoles pétroliers dans une entente sécrète.

Le salaire versé par Talisman Energy, un monopole pétrolier, est révélateur également de sa conception de l'intérêt public. Bouchard en rajoute. Il fait valoir que l'intérêt public c'est « l'environnement, c'est de s'assurer que l'enrichissement profitera à tout le monde, s'assurer que les relations avec les communautés locales se feront dans le respect, s'assurer qu'il y ait une collaboration avec les municipalités », soit à peu près exactement l'inverse de ce qui arrive en ce moment. Il ajoute que les gaz de schiste sont un projet pour les « générations futures ». Le projet de Bouchard pour les « générations futures » est celui d'un Québec des monopoles où le Québec servira de réserve et vaste champ d'exploitation des ressources énergétiques au service de la politique de l'impérialisme étasunien.

La lutte pour le contrôle des ressources énergétiques et naturelles est au coeur de l'aspiration de la classe ouvrière et du peuple du Québec à un projet d'édification sur des bases souveraines. Le peuple du Québec est extrêmement préoccupé par son avenir et le programme du gouvernement Charest et des monopoles de braderie des ressources naturelles, le « providentiel Lucien », ne pourra venir à bout des aspirations de la majorité au profit d'un projet anachronique, archaïque et antinational.

Lucien Bouchard devient le nouveau président
de l'Association pétrolière et gazière du Québec

L'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ) est heureuse d'annoncer la nomination de l'ancien premier ministre du Québec, monsieur Lucien Bouchard, à titre de président de son conseil d'administration.

Les membres du conseil d'administration de l'APGQ ont entériné cette recommandation lors d'une réunion tenue ce matin. Premier ministre du Québec de 1996 à 2001, Lucien Bouchard a également été ministre fédéral de l'Environnement avant d'occuper la fonction de chef de l'Opposition officielle à la Chambre des communes du Canada.

La nomination de monsieur Bouchard deviendra effective à compter du 21 février prochain, date de la prochaine assemblée générale des membres de l'APGQ. Il succèdera ainsi à monsieur André Caillé, dont le mandat était arrivé à terme, mais qui continuera d'assumer les fonctions de président pendant cette période. Par la suite, M. Caillé demeurera membre du conseil d'administration et du comité exécutif. L'Association pétrolière et gazière du Québec tient d'ailleurs à souligner la contribution de monsieur Caillé pour son travail exceptionnel réalisé au cours de son mandat.

« Je suis fier du travail que nous avons accompli au cours des derniers mois afin de faire avancer cette nouvelle opportunité de développement pour le Québec. Mon but a toujours été de travailler dans les meilleurs intérêts du Québec. Conscient qu'il reste du travail à faire, je suis heureux qu'un homme de la trempe de Lucien Bouchard ait accepté de prendre ma relève. Je suis convaincu qu'il sera en mesure de rallier les Québécoises et les Québécois autour de ce projet créateur de richesses », a affirmé le président sortant de l'APGQ, monsieur André Caillé.

Quant à monsieur Lucien Bouchard, il a déclaré : « Je vois la découverte au Québec de volumes importants de gaz naturel comme un atout très important pour notre développement économique et le financement des missions de notre État. En même temps, je suis tout à fait conscient de la nécessité de procéder à ce développement dans le plein respect d'exigences exemplaires du point de vue de l'environnement, de la sécurité publique, de la transparence et de l'acceptabilité sociale. S'impose également la nécessité de faire de ce développement une contribution réelle à l'enrichissement public et non pas seulement privé. J'amorcerai avec diligence avec les membres du conseil d'administration des rencontres intensives pour mettre au point avec eux la démarche responsable qu'ils se sont engagés à suivre, notamment en rapport avec les recommandations à venir du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. J'entends donc remplir mon mandat dans la conciliation des préoccupations et des enjeux de toutes les parties intéressées, mais surtout avec la certitude de devoir travailler dans le meilleur intérêt de notre collectivité. »

L'Association pétrolière et gazière du Québec, qui a été créée en avril 2009, a pour objectif de poursuivre le développement d'une industrie québécoise qui sera en mesure de produire des retombées économiques importantes pour les régions. L'APGQ représente et fait la promotion des intérêts d'une industrie responsable et soucieuse de contribuer à la diversification énergétique du Québec dans le respect de l'environnement et des communautés. La mission de ses membres est de travailler à la mise en valeur des ressources énergétiques québécoises tout en favorisant le développement économique du Québec.

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À titre d'information

Il faut tout arrêter

SAINT-LÉON-DE-STANDON - Il faut tout arrêter sans attendre. Voilà le constat qui s'impose de lui-même à la lumière des informations rendues publiques au sujet des fuites de gaz observées un peu partout et pour lesquelles des avis d'infraction ont été émis. Les craintes maintes fois partagées par l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) sont, maintenant hors de tout doute, avérées. Il faut tout arrêter.

Certains des avis d'infraction qui ont été émis ces derniers temps mentionnent que « la fuite est susceptible de porter atteinte à la vie, à la santé, à la sécurité » de l'être humain. Pendant ce temps, sur le terrain, le colmatage de ces fuites semble demeurer problématique. Voilà qui confirme encore une fois et sans équivoque, l'urgence de mettre un terme à toutes activités d'exploration en sol québécois.

Depuis septembre passé, l'AQLPA a demandé a plusieurs reprises au ministère du développement durable de l'environnement et des parcs (MDDEP) de procéder à ces inspections plutôt que de les laisser aux soins du ministère de la faune et des ressources naturelles. L'autorité du MDDEP dans ce dossier ne devrait faire aucun doute, il est responsable de l'application de la Loi sur le développement durable, de la Loi sur la qualité de l'environnement, ainsi que de tous les règlements mis en place pour protéger l'environnement et donc, la santé des populations.

« Nous attendons encore que TOUS les puits soient soumis à des inspections rigoureuses. Nous attendons aussi toujours des précisions quant à la nature des contaminants émis pour l'ensemble du territoire », rappelle André Bélisle, président de l'AQLPA. « Tout récemment le rapport préliminaire de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) confirmait nos inquiétudes en ce qui a trait à la pollution atmosphérique : l'exploitation gazifière non traditionnelle est associée à la production d'ozone au sol, en raison de l'augmentation de l'émission de gaz précurseurs (les COV et les NOx). De plus, des augmentations des niveaux de contaminants comme le benzène contribuant à augmenter les risques de cancer et d'effets neurotoxiques sont aussi à considérer. » L'AQLPA réitère donc, encore une fois, sa demande à l'effet que toute l'information au sujet des fuites soit rendue publique. Outre le méthane, il est urgent de savoir quels sont les principaux contaminants de l'air impliqués (PM2.5, NOx, SOx et ozone) et dans quelle proportion. Et, pour des régions comme Saint-Hyacinthe, si une présence accrue de radon est observée.

Pour l'heure, l'AQLPA espère que ces avis d'infraction finiront de convaincre le gouvernement de l'urgence de décréter un moratoire et de cesser d'accorder des permis d'exploration. Si des fuites sont monnaies courantes en surface, que se passera-t-il exactement sous la surface de ces puits dans une semaine, un mois, cinq ou vingt ans ? Et qui donc s'occupera d'inspecter à mille mètres sous la terre ?

« C'est simple, il faut tout arrêter. Si des doutes persistaient, désormais, il n'y en a plus. Nous disons depuis septembre 2009 qu'il faut un moratoire, aujourd'hui, les faits ne font que s'accumuler en ce sens. Le gouvernement ne peut plus continuer ainsi. Il faut un moratoire maintenant, c'est urgent. Il faudra profiter de ce temps d'arrêt pour trouver les solutions aux problèmes identifiés et les régler définitivement, et décider, à la lumière des études de l'EPA et de l'État de New York prévues pour 2012, si le développement de cette industrie est soutenable », conclut André Bélisle

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Société québécoise d'initiative pétrolière:
Triste histoire d'une société d'État dissoute dans l'idéologie corrosive du néolibéralisme

Où est passée la SOQUIP, cette société d'État, créée dans la foulée du Maîtres chez nous ? SOQUIPavait reçu le mandat de prendre le leadership de l'exploration des hydrocarbures cachés dans le sous-sol québécois. Ne devrait-elle pas, aujourd'hui, jouer un rôle déterminant dans les graves décisions concernant l'exploitation de ces ressources, notamment les gaz de schiste ?

Ne la cherchez pas, elle a disparu. Voici, à grands traits, la triste histoire de cette société aujourd'hui dissoute dans l'idéologie corrosive du néolibéralisme.

SOQUIP a été mise en place, le 29 novembre 1969, sous les règnes de Daniel Johnson père et de Jean-Jacques Bertrand, son éphémère successeur. Ces deux premiers ministres avaient pris le relais de ce formidable mouvement de réappropriation enclenché par René Lévesque et Jean Lesage avec la nationalisation de l'hydroélectricité, en 1963, puis la création de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), en 1965.

On croyait alors que si notre sous-sol recelait des hydrocarbures, une telle ressource énergétique devait servir, tout comme l'hydroélectricité, au développement de toute la nation, plutôt qu'à l'enrichissement des compagnies privées. C'est ainsi que peu, de temps après sa création SOQUIP, rachète les droits d'exploration que détient la multinationale Shell dans les basses terres du Saint-Laurent et le contrefort des Appalaches. Les permis d'exploration que possédait déjà Hydro-Québec sont aussi transférés à SOQUIP.

Dans la première décennie de son existence, SOQUIP réalise des études géophysiques, accumule d'importantes données et de l'expertise. En 1980, les découvertes s'avérant peu prometteuses, le premier gouvernement du Parti québécois élargit sa mission initiale pour lui permettre d'investir, non seulement dans l'exploration et la prospection, mais aussi dans la production, la distribution et la commercialisation d'hydrocarbures. En 1981,SOQUIP et la CDPQ acquièrent une partie importante des actions des deux principales distributrices de gaz naturel au Québec : Gaz métropolitain, alors filiale d'une compagnie ontarienne, la Northern and Central Gaz Company et Gaz Inter-Cité. SOQUIP regroupe ces deux compagnies pour faire de Gaz métropolitain une entreprise gazière d'envergure nationale. En 1984, elle achète Sundance Oil Company qui devient sa filiale à part entière aux États-Unis.

En 1986, SOQUIP participe à des projet importants sur la scène canadienne, par le truchement de Soligaz, un consortium, dont elle possède 50 % des actions, composé de Gaz métropolitain, Alberta Natural Gaz et du groupe SNC. La même année, elle crée, en partenariat avec la CDPQ, la société Noverco dans le but de réaliser l'acquisition complète de Gaz Métropolitain. André Caillé est nommé président de Noverco. SOQUIP devient ainsi, dans les années 1990, une entreprise qui contrôle la distribution et la commercialisation du gaz naturel au Québec.

Mais voici qu'à partir de 1996, tout va changer. Cette année-là, André Caillé passe de pdg de Noverco à pdg d'Hydro-Québec. Et Lucien Bouchard, ci-devant ministre conservateur à Ottawa, devient premier ministre du Québec. Selon une nouvelle stratégie concoctée par Caillé et endossée par Bouchard, l'avenir énergétique du Québec passe désormais par le gaz naturel plutôt que par l'hydroélectricité et l'éolien. Hydro-Québec doit donc se lancer dans l'exploration et la distribution du gaz naturel. Cela se fera aux dépens de SOQUIP qui se voit forcée de vendre à Hydro-Québec une partie importante de sa participation dans Noverco, et donc dans Gaz métropolitain.

En 1997, Hydro-Québec s'allie à IPL Energy Alberta pour prendre le contrôle complet de Noverco, société mère de Gaz Métropolitain. C'est le début de la fin pour SOQUIP. Pour la remplacer complètement, Hydro-Québec crée la division « HQ Pétrole et Gaz ».

De son côté, le gouvernement Bouchard décide, en 1998, de neutraliser définitivement SOQUIP, en la plaçant sous la tutelle de la Société générale de financement (SGF), dont elle devient une des 12 filiales. SOQUIPconservera son Conseil d'administration, mais perdra son identité et ses moyens d'action. Ce n'est plus qu'une question de temps avant qu'elle ne disparaisse complètement de l'organigramme de la SGF.

« Il ne reste plus rien de SOQUIP »

SOQUIP a été désactivée en douce depuis au moins six ans. Dans le journal des débats du 9 novembre 2010, on apprend de la bouche de Pierre Shedleur, pdg de la SGF, que SOQUIP a été dissoute. C'était à la Commission des Finances publique sur la Loi 123 portant sur la fusion de la SGF et Investissement Québec. Le député de Rousseau, Nicolas Marceau, demande à M. Shedleur si la SGF, par le biais de SOQUIP, aurait fait de l'exploration dans le Golfe Saint-Laurent. À cette question, M. Shedleur répond : "Il ne reste plus rien de SOQUIP à la SGF actuellement. Quand je suis arrivé [en décembre 2004], ça n'existait plus. [ ] C'est une coquille juridique. On a la coquille juridique, mais SOQUIP, qui avait des fonctions particulières à une certaine époque, moi, quand je suis arrivé ça n'existait plus."

La coquille juridique subsiste. Comme si le gouvernement Charest n'avait pas le courage de démanteler officiellement, par une loi, cette institution de la Révolution tranquille. La riche banque de données de SOQUIP a été transférée au ministère des Ressources naturelles et de la Faune qui s'est empressé de mettre ces précieux renseignements à la disposition de l'entreprise privée. Une expertise dans laquelle l'État québécois et nos universités ont investi des sommes considérables. Tout ce bouleversement s'est fait en catimini, à l'insu du grand public et des médias.

Autre virage à 180 ? d'Hydro-Québec

En 2007, André Caillé quitte Hydro-Québec laquelle procède aussitôt, avec la complicité de son nouveau pdg, Thierry Vandal, à un virage à 180 ? en sens inverse. Paradoxalement, Hydro-Québec ne veut plus rien savoir de gaz naturel. Elle se départit des parts que « HQ Pétrole et Gaz » détient dans Gaz Métropolitain devenu Gaz Métro. Elle cède gratuitement, dit-on, ou en tout cas dans des circonstances et des conditions nébuleuses, tous ses droits d'exploration et d'exploitation à trois sociétés privées : Petrolia, Gastem et Junex. Des entreprises apparemment québécoises, mais totalement sous contrôle étranger.

La clé de ce paradoxe, la voici. En quittant son poste à la société d'État, l'ex-pdg d'Hydro-Québec et de Noverco s'est lancé dans la business du gaz naturel. André Caillé est maintenant conseiller senior en stratégie chez Junex et membre de son conseil d'administration. Le premier président de l'Association pétrolière et gazière du Québec, fondée en avril 2009, c'est lui. Il semble que son but soit désormais de livrer tout entier à l'entreprise privée ce bien collectif.

Reviens, René, ils veulent nous déposséder !

On pourrait croire qu'un appel à un nouveau « Maîtres chez nous » est une nostalgie d'une époque révolue, l'époque de René Lévesque et de Jean Lesage. Ce n'est pas ce que pense l'éditorialiste en chef de La Presse, dans son texte de samedi dernier, le 27 novembre, intitulé : « Le Lévesque de Terre-Neuve ». Selon André Pratte, celui qui a repris le flambeau de René Lévesque, c'est Danny Williams, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador. « Le slogan de M. Lévesque était « Maîtres chez nous ». Celui de M. Williams : « Maîtres de notre destinée ».

Danny Williams s'est battu contre les compagnies pétrolières en achetant, contre leur gré, 51 % de leurs parts dans l'exploitation des hydrocarbures en mer. Il s'est battu contre le gouvernement fédéral en exigeant sa juste part des ressources énergétiques offshore. Quand la papetière AbitibiBowater a voulu fermer ses portes, en mettant cavalièrement à la rue ses travailleurs, après s'être copieusement servi dans les forêts de Terre-Neuve, Danny Williams, défiant l'ALÉNA et l'OMC, a exproprié la multinationale.

Pratte écrit : « Danny Williams a été pour les Terre-Neuviens ce que René Lévesque a été pour nous ». Ces deux chefs d'État ont redonné à leur peuple, non seulement un bien collectif, mais « une confiance et une fierté nouvelles ». L'éditorialiste termine en citant la belle phrase du premier ministre terre-neuvien : « Nous pouvons maintenant faire nos choix selon nos propres intérêts ». Et Pratte de conclure : « À quand le jour où un premier ministre du Québec pourra dire la même chose ? »

Source : Facebook

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Bulletin du 14 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca