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Destruction
de
l'économie
et
braderie
de nos richesses naturelles
Quand Lucien Bouchard veut défendre les
«intérêts supérieurs des
Québécois»
- Gabriel Girard-Bernier –
Le 24 février,
l'ancien premier ministre du
Québec Lucien Bouchard a accordé une première
entrevue depuis sa nomination à la tête de l'Association
pétrolière
et gazière du Québec (APGQ) avec le mandat de
défendre l'exploitation des gaz de schiste par les monopoles du
secteur de l'énergie. Les travailleurs et le peuple du
Québec
connaissent bien Lucien Bouchard et son passé comme
commis-voyageur des monopoles à la tête du gouvernement du
Québec pendant l'offensive antisociale du milieu des
années 90, et par la suite au service des oligarchies
financières contre la lutte les travailleurs d'Olymel ainsi que
dans différents conflits de travail comme soi-disant
médiateur.
L'arrivée de Bouchard à la tête de
l'APGQ survient au moment où la crédibilité est au
plus bas du côté défenseurs de la dilapidation et
de l'exploitation des gaz de schiste
par les intérêts privés des monopoles. La
stratégie des cercles dominants au Québec est toujours la
même dans les polémiques à propos de l'exploitation
et l'utilisation des
ressources naturelles ou l'opposition ferme à l'offensive
antisociale. Si la classe ouvrière et le peuple s'opposent en
masse à ces projets, c'est parce qu'il y a un
« problème de perception » ou bien que
« la population ne comprend pas »,
suggèrent à chaque occasion les mêmes soi-disant
experts ou polémistes
qui demandent l'intervention providentielle d'un Lucien Bouchard pour
faire « avaler la pilule ». Le gouvernement
Charest est passé maître dans l'art d'accuser
le peuple de ne pas comprendre : on n'a qu'à penser au mont
Orford, au projet du Suroît ou à la grève des
étudiants en 2006. À cet égard, il n'est pas
étonnant que
Bouchard ait déclaré qu'il prenait la tête des
intérêts des monopoles pour l'exploitation des gaz de
schiste pour représenter les « intérêts
supérieurs des
Québécois ». C'est le genre de prise de
position que Bouchard affectionne particulièrement quand il dit
« mes clients doivent accepter un
repositionnement ».
Plus loin dans l'entrevue,
Bouchard affirme qu'il est
« convaincu que les industriels ne pourront jamais penser
développer cette ressource s'ils ne sont pas capables
de subordonner leurs intérêts à
l'intérêt public ». Une telle
déclaration démontre d'entrée de jeu quels
« intérêts supérieurs » il
sert. La lutte contre le pillage
des ressources naturelles et le saccage de l'environnement naturel par
les monopoles est une part intégrante de la lutte pour le droit
public et pour restreindre le droit des
monopoles. Quand Bouchard parle des monopoles qui
« subordonnent leurs intérêts à
l'intérêt public », cela signifie que
l'intérêt public c'est l'intérêt des
monopoles. Par un tour de passe-passe, il veut faire croire que les
intérêts des monopoles sont conciliables avec ceux de la
classe ouvrière et du peuple. La lutte contre le
pillage et l'exploitation des gaz de schiste démontre pourtant
comment de tels intérêts sont irréconciliables.
L'industrie gazière et pétrolière, le gouvernement
Charest et les
élites dominantes sont obligés d'organiser des
« campagnes d'information », de dépenser
des millions de dollars en publicité, d'attaquer des experts en
géologie,
de mobiliser des ressources immenses pour faire avancer leurs projets
de dilapidation, quels intérêts coïncident ici ?
Les intérêts des élites certainement.
L'ancien président de l'APGQ, André
Caillé, ancien PDG d'Hydro-Québec, est un complice de
longue date de Lucien Bouchard. À l'époque où
Bouchard était premier
ministre et Caillé à la tête d'Hydro-Québec,
ils avaient mis la hache dans la Société
québécoise d'initiative pétrolière (SOQUIP)
qui fut définitivement dissoute en novembre
dernier. La filiation entre l'époque Bouchard et le gouvernement
Charest aujourd'hui est tel;e qu'en bon disciple le gouvernement
Charest
a décidé de céder en catimini les
droits de l'exploitation pétrolifère aux monopoles
pétroliers dans une entente sécrète.
Le salaire versé par Talisman Energy, un monopole
pétrolier, est révélateur également de sa
conception de l'intérêt public. Bouchard en rajoute. Il
fait valoir que l'intérêt
public c'est « l'environnement, c'est de s'assurer que
l'enrichissement profitera à tout le monde, s'assurer que les
relations avec les communautés locales se feront
dans le respect, s'assurer qu'il y ait une collaboration avec les
municipalités », soit à peu près
exactement l'inverse de ce qui arrive en ce moment. Il ajoute que les
gaz de schiste sont un projet pour les
« générations futures ». Le projet
de Bouchard pour les « générations
futures » est celui d'un Québec des
monopoles où le Québec servira de réserve et vaste
champ d'exploitation des ressources énergétiques au
service de la politique de l'impérialisme étasunien.
La lutte pour le contrôle des ressources
énergétiques et naturelles est au coeur de l'aspiration
de la classe ouvrière et du peuple du Québec à un
projet d'édification sur
des bases souveraines. Le peuple du Québec est extrêmement
préoccupé par son avenir et le programme du gouvernement
Charest et des monopoles de braderie des ressources
naturelles, le « providentiel Lucien », ne pourra
venir à bout des aspirations de la majorité au profit
d'un projet anachronique, archaïque et antinational.
Lucien Bouchard devient le nouveau
président
de
l'Association pétrolière et gazière du
Québec
- Communiqué de l'APGQ, 25 janvier
2011 -
L'Association pétrolière et gazière
du Québec (APGQ) est heureuse d'annoncer la nomination de
l'ancien premier ministre du Québec, monsieur Lucien Bouchard,
à
titre de président de son conseil d'administration.
Les membres du conseil d'administration de l'APGQ ont
entériné cette recommandation lors d'une réunion
tenue ce matin. Premier ministre du Québec de
1996 à 2001, Lucien Bouchard a également
été ministre fédéral de l'Environnement
avant d'occuper la fonction de chef de l'Opposition officielle à
la Chambre des
communes du Canada.
La nomination de monsieur Bouchard deviendra effective
à compter du 21 février prochain, date de la
prochaine assemblée générale des membres de
l'APGQ. Il succèdera ainsi à monsieur André
Caillé, dont le mandat était arrivé à
terme, mais qui continuera d'assumer les fonctions de président
pendant cette période. Par
la suite, M. Caillé demeurera membre du conseil d'administration
et du comité exécutif. L'Association
pétrolière et gazière du Québec tient
d'ailleurs à souligner la
contribution de monsieur Caillé pour son travail exceptionnel
réalisé au cours de son mandat.
« Je suis fier du travail que nous avons
accompli au cours des derniers mois afin de faire avancer cette
nouvelle opportunité de développement pour le
Québec. Mon but a toujours été de travailler dans
les meilleurs intérêts du Québec. Conscient qu'il
reste du travail à faire, je suis heureux qu'un homme de la
trempe de
Lucien Bouchard ait accepté de prendre ma relève. Je suis
convaincu qu'il sera en mesure de rallier les Québécoises
et les Québécois autour de ce projet créateur de
richesses », a affirmé le président sortant de
l'APGQ, monsieur André Caillé.
Quant à monsieur Lucien Bouchard, il a
déclaré : « Je vois la découverte
au Québec de volumes importants de gaz naturel comme un atout
très
important pour notre développement économique et le
financement des missions de notre État. En même temps, je
suis tout à fait conscient de la nécessité de
procéder à
ce développement dans le plein respect d'exigences exemplaires
du point de vue de l'environnement, de la sécurité
publique, de la transparence et de l'acceptabilité sociale.
S'impose également la nécessité de faire de ce
développement une contribution réelle à
l'enrichissement public et non pas seulement privé. J'amorcerai
avec diligence avec
les membres du conseil d'administration des rencontres intensives pour
mettre au point avec eux la démarche responsable qu'ils se sont
engagés à suivre, notamment en rapport
avec les recommandations à venir du Bureau d'audiences publiques
sur l'environnement. J'entends donc remplir mon mandat dans la
conciliation des préoccupations et des
enjeux de toutes les parties intéressées, mais surtout
avec la certitude de devoir travailler dans le meilleur
intérêt de notre collectivité. »
L'Association pétrolière et gazière
du Québec, qui a été créée en avril
2009, a pour objectif de poursuivre le développement d'une
industrie québécoise qui sera
en mesure de produire des retombées économiques
importantes pour les régions. L'APGQ représente et fait
la promotion des intérêts d'une industrie responsable et
soucieuse
de contribuer à la diversification énergétique du
Québec dans le respect de l'environnement et des
communautés. La mission de ses membres est de travailler
à la mise en
valeur des ressources énergétiques
québécoises tout en favorisant le développement
économique du Québec.

À titre d'information
Il faut tout arrêter
- Association québécoise de
lutte contre la pollution atmosphérique -
SAINT-LÉON-DE-STANDON - Il faut tout
arrêter sans attendre. Voilà le constat qui s'impose de
lui-même à la lumière des informations rendues
publiques au sujet
des fuites de gaz observées un peu partout et pour lesquelles
des avis d'infraction ont été émis. Les craintes
maintes fois partagées par l'Association
québécoise de lutte contre
la pollution atmosphérique (AQLPA) sont, maintenant hors de tout
doute, avérées. Il faut tout arrêter.
Certains des avis d'infraction qui ont été
émis ces derniers temps mentionnent que « la fuite
est susceptible de porter atteinte à la vie, à la
santé, à la sécurité »
de l'être humain. Pendant ce temps, sur le terrain, le colmatage
de ces fuites semble demeurer problématique. Voilà qui
confirme encore une fois et sans équivoque, l'urgence
de mettre un terme à toutes activités d'exploration en
sol québécois.
Depuis septembre passé, l'AQLPA a demandé
a plusieurs reprises au ministère du développement
durable de l'environnement et des parcs (MDDEP) de procéder
à ces
inspections plutôt que de les laisser aux soins du
ministère de la faune et des ressources naturelles.
L'autorité du MDDEP dans ce dossier ne devrait faire aucun
doute, il
est responsable de l'application de la Loi sur le développement
durable, de la Loi sur la qualité de l'environnement, ainsi que
de tous les règlements mis en place pour
protéger l'environnement et donc, la santé des
populations.
« Nous attendons encore que TOUS les puits
soient soumis à des inspections rigoureuses. Nous attendons
aussi toujours des précisions quant à la nature des
contaminants émis pour l'ensemble du territoire »,
rappelle André Bélisle, président de l'AQLPA.
« Tout récemment le rapport préliminaire de
l'Institut national
de santé publique du Québec (INSPQ) confirmait nos
inquiétudes en ce qui a trait à la pollution
atmosphérique : l'exploitation gazifière non
traditionnelle est associée
à la production d'ozone au sol, en raison de l'augmentation de
l'émission de gaz précurseurs (les COV et les NOx). De
plus, des augmentations des niveaux de contaminants
comme le benzène contribuant à augmenter les risques de
cancer et d'effets neurotoxiques sont aussi à
considérer. » L'AQLPA réitère donc,
encore une fois, sa demande
à l'effet que toute l'information au sujet des fuites soit
rendue publique. Outre le méthane, il est urgent de savoir quels
sont les principaux contaminants de l'air impliqués
(PM2.5, NOx, SOx et ozone) et dans quelle proportion. Et, pour des
régions comme Saint-Hyacinthe, si une présence accrue de
radon est observée.
Pour l'heure, l'AQLPA espère que ces avis
d'infraction finiront de convaincre le gouvernement de l'urgence de
décréter un moratoire et de cesser d'accorder des permis
d'exploration. Si des fuites sont monnaies courantes en surface, que se
passera-t-il exactement sous la surface de ces puits dans une semaine,
un mois, cinq ou vingt
ans ? Et qui donc s'occupera d'inspecter à mille
mètres sous la terre ?
« C'est simple, il faut tout arrêter.
Si des doutes persistaient, désormais, il n'y en a plus. Nous
disons depuis septembre 2009 qu'il faut un moratoire,
aujourd'hui, les faits ne font que s'accumuler en ce sens. Le
gouvernement ne peut plus continuer ainsi. Il faut un moratoire
maintenant, c'est urgent. Il faudra profiter de
ce temps d'arrêt pour trouver les solutions aux problèmes
identifiés et les régler définitivement, et
décider, à la lumière des études de l'EPA
et de l'État de New York prévues
pour 2012, si le développement de cette industrie est
soutenable », conclut André Bélisle

Société québécoise
d'initiative pétrolière:
Triste histoire d'une société d'État dissoute dans
l'idéologie corrosive du néolibéralisme
- Jacques B. Gélinas, le 29
novembre 2010 -
Où est passée la SOQUIP, cette
société d'État, créée dans la
foulée du Maîtres chez nous ? SOQUIPavait reçu
le mandat de prendre le leadership de l'exploration
des hydrocarbures cachés dans le sous-sol
québécois. Ne devrait-elle pas, aujourd'hui, jouer un
rôle déterminant dans les graves décisions
concernant l'exploitation de ces
ressources, notamment les gaz de schiste ?
Ne la cherchez pas, elle a disparu. Voici, à
grands traits, la triste histoire de cette société
aujourd'hui dissoute dans l'idéologie corrosive du
néolibéralisme.
SOQUIP a été mise en place, le
29 novembre 1969, sous les règnes de Daniel Johnson
père et de Jean-Jacques Bertrand, son
éphémère successeur. Ces
deux premiers ministres avaient pris le relais de ce formidable
mouvement de réappropriation enclenché par René
Lévesque et Jean Lesage avec la nationalisation de
l'hydroélectricité, en 1963, puis la création de
la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ),
en 1965.
On croyait alors que si notre sous-sol recelait des
hydrocarbures, une telle ressource énergétique devait
servir, tout comme l'hydroélectricité, au
développement
de toute la nation, plutôt qu'à l'enrichissement des
compagnies privées. C'est ainsi que peu, de temps après
sa création SOQUIP, rachète les droits d'exploration que
détient
la multinationale Shell dans les basses terres du Saint-Laurent et le
contrefort des Appalaches. Les permis d'exploration que
possédait déjà Hydro-Québec sont aussi
transférés
à SOQUIP.
Dans la première décennie de son
existence, SOQUIP réalise des études géophysiques,
accumule d'importantes données et de l'expertise. En 1980, les
découvertes
s'avérant peu prometteuses, le premier gouvernement du Parti
québécois élargit sa mission initiale pour lui
permettre d'investir, non seulement dans l'exploration et la
prospection, mais aussi dans la production, la distribution et la
commercialisation d'hydrocarbures. En 1981,SOQUIP et la CDPQ
acquièrent une partie importante des actions
des deux principales distributrices de gaz naturel au
Québec : Gaz métropolitain, alors filiale d'une
compagnie ontarienne, la Northern and Central Gaz Company et
Gaz Inter-Cité. SOQUIP regroupe ces deux compagnies pour faire
de Gaz métropolitain une entreprise gazière d'envergure
nationale. En 1984, elle achète Sundance Oil
Company qui devient sa filiale à part entière aux
États-Unis.
En 1986, SOQUIP participe à des projet importants
sur la scène canadienne, par le truchement de Soligaz, un
consortium, dont elle possède 50 % des actions,
composé de Gaz métropolitain, Alberta Natural Gaz et du
groupe SNC. La même année, elle crée, en
partenariat avec la CDPQ, la société Noverco dans le but
de réaliser
l'acquisition complète de Gaz Métropolitain. André
Caillé est nommé président de Noverco. SOQUIP
devient ainsi, dans les années 1990, une entreprise qui
contrôle la
distribution et la commercialisation du gaz naturel au Québec.
Mais voici qu'à partir de 1996, tout va changer.
Cette année-là, André Caillé passe de pdg
de Noverco à pdg d'Hydro-Québec. Et Lucien Bouchard,
ci-devant
ministre conservateur à Ottawa, devient premier ministre du
Québec. Selon une nouvelle stratégie concoctée par
Caillé et endossée par Bouchard, l'avenir
énergétique du
Québec passe désormais par le gaz naturel plutôt
que par l'hydroélectricité et l'éolien.
Hydro-Québec doit donc se lancer dans l'exploration et la
distribution du gaz naturel.
Cela se fera aux dépens de SOQUIP qui se voit forcée de
vendre à Hydro-Québec une partie importante de sa
participation dans Noverco, et donc dans Gaz métropolitain.
En 1997, Hydro-Québec s'allie à IPL Energy
Alberta pour prendre le contrôle complet de Noverco,
société mère de Gaz Métropolitain. C'est le
début de la fin
pour SOQUIP. Pour la remplacer complètement, Hydro-Québec
crée la division « HQ Pétrole et
Gaz ».
De son côté, le gouvernement Bouchard
décide, en 1998, de neutraliser définitivement SOQUIP, en
la plaçant sous la tutelle de la Société
générale de financement
(SGF), dont elle devient une des 12 filiales. SOQUIPconservera son
Conseil d'administration, mais perdra son identité et ses moyens
d'action. Ce n'est plus qu'une
question de temps avant qu'elle ne disparaisse complètement de
l'organigramme de la SGF.
« Il ne reste plus rien de SOQUIP »
SOQUIP a été désactivée en
douce depuis au moins six ans. Dans le journal des débats du
9 novembre 2010, on apprend de la bouche de Pierre Shedleur,
pdg de la SGF, que SOQUIP a été dissoute. C'était
à la Commission des Finances publique sur la Loi
123 portant sur la fusion de la SGF et Investissement
Québec.
Le député de Rousseau, Nicolas Marceau, demande à
M. Shedleur si la SGF, par le biais de SOQUIP, aurait fait de
l'exploration dans le Golfe Saint-Laurent. À cette question,
M. Shedleur répond : "Il ne reste plus rien de SOQUIP
à la SGF actuellement. Quand je suis arrivé [en
décembre 2004], ça n'existait plus. [ ] C'est une
coquille
juridique. On a la coquille juridique, mais SOQUIP, qui avait des
fonctions particulières à une certaine époque,
moi, quand je suis arrivé ça n'existait plus."
La coquille juridique subsiste. Comme si le gouvernement
Charest n'avait pas le courage de démanteler officiellement, par
une loi, cette institution de la Révolution
tranquille. La riche banque de données de SOQUIP a
été transférée au ministère des
Ressources naturelles et de la Faune qui s'est empressé de
mettre ces précieux
renseignements à la disposition de l'entreprise privée.
Une expertise dans laquelle l'État québécois et
nos universités ont investi des sommes considérables.
Tout ce
bouleversement s'est fait en catimini, à l'insu du grand public
et des médias.
Autre virage à 180 ? d'Hydro-Québec
En 2007, André Caillé quitte
Hydro-Québec laquelle procède aussitôt, avec la
complicité de son nouveau pdg, Thierry Vandal, à un
virage à 180 ? en sens
inverse. Paradoxalement, Hydro-Québec ne veut plus rien savoir
de gaz naturel. Elle se départit des parts que « HQ
Pétrole et Gaz » détient dans Gaz
Métropolitain devenu Gaz Métro. Elle cède
gratuitement, dit-on, ou en tout cas dans des circonstances et des
conditions nébuleuses, tous ses droits d'exploration et
d'exploitation à trois sociétés
privées : Petrolia, Gastem et Junex. Des entreprises
apparemment québécoises, mais totalement sous
contrôle étranger.
La clé de ce paradoxe, la voici. En quittant son
poste à la société d'État, l'ex-pdg
d'Hydro-Québec et de Noverco s'est lancé dans la business
du gaz naturel. André
Caillé est maintenant conseiller senior en stratégie chez
Junex et membre de son conseil d'administration. Le premier
président de l'Association pétrolière et
gazière du
Québec, fondée en avril 2009, c'est lui. Il semble que
son but soit désormais de livrer tout entier à
l'entreprise privée ce bien collectif.
Reviens, René, ils veulent nous
déposséder !
On pourrait croire qu'un appel à un nouveau
« Maîtres chez nous » est une nostalgie
d'une époque révolue, l'époque de René
Lévesque et de Jean
Lesage. Ce n'est pas ce que pense l'éditorialiste en chef de La
Presse, dans son texte de samedi dernier, le 27 novembre,
intitulé : « Le Lévesque de
Terre-Neuve ». Selon André Pratte, celui qui a repris
le flambeau de René Lévesque, c'est Danny Williams, le
premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador. « Le
slogan de M. Lévesque était « Maîtres
chez nous ». Celui de M. Williams :
« Maîtres de notre destinée ».
Danny Williams s'est battu contre les compagnies
pétrolières en achetant, contre leur gré,
51 % de leurs parts dans l'exploitation des hydrocarbures en mer.
Il s'est battu contre le gouvernement fédéral en exigeant
sa juste part des ressources énergétiques offshore. Quand
la papetière AbitibiBowater a voulu fermer ses portes,
en mettant cavalièrement à la rue ses travailleurs,
après s'être copieusement servi dans les forêts de
Terre-Neuve, Danny Williams, défiant l'ALÉNA et l'OMC, a
exproprié
la multinationale.
Pratte écrit : « Danny Williams a
été pour les Terre-Neuviens ce que René
Lévesque a été pour nous ». Ces deux
chefs d'État ont redonné
à leur peuple, non seulement un bien collectif, mais
« une confiance et une fierté nouvelles ».
L'éditorialiste termine en citant la belle phrase du premier
ministre
terre-neuvien : « Nous pouvons maintenant faire nos
choix selon nos propres intérêts ». Et Pratte
de conclure : « À quand le jour où un
premier
ministre du Québec pourra dire la même
chose ? »

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