Manifestation contre l'offensive antisociale
et la destruction de l'édifice national

La manifestation du 12 mars exprime le rejet de l'agenda antisocial des libéraux


Le 12 mars, plus de 50 000 personnes ont répondu à l'appel de l'Alliance sociale et de la Coalition contre la tarification et la privatisation des services et envahit les rues du centre-ville à Montréal pour clamer haut et fort : Non à l'agenda antisocial des libéraux ! Non au budget Charest et à son programme de destruction nationale !

Étaient présents les travailleurs des différents secteurs de l'économie et leurs organisations de défense, les étudiants du secondaire, du collégial et de l'université, les jeunes, les femmes, les familles avec les enfants, les organismes communautaires et de défense des droits et plusieurs autres. Ils étaient venus des quatre coins du Québec : Outaouais, Abitibi-Témiscamingue, Gaspésie, Montérégie, Saguenay-Lac St-Jean, Montréal, etc. Près de 1500 copies du Forum ouvrier, supplément du Marxiste-Léniniste, ont été distribués par des activistes du PMLQ et ont reçu un très bon accueil.

Au moment où la manifestation est arrivée devant le bureau de Jean Charest il y avait encore des manifestants sur les lieux du départ. Le message a été sans équivoque : nous voulons un budget qui garantira les droits de tous et toutes, nous voulons un Québec qui défende la dignité de tous ses membres. Cela était exprimé sur les pancartes, les bannières, dans les chants et les discours, présentés avec une forte conviction dans la justesse de la cause et avec la confiance que les travailleurs, les femmes, les jeunes et le étudiants ont développée dans la lutte de leurs collectifs pour résister à l'offensive antisociale et obtenir satisfaction de leurs besoins dans le contexte de la défense des droits de tous.

Les manifestants se sont quittés en disant de ne pas ranger les pancartes car les actions se poursuivront tant que le gouvernement Charest persistera à vouloir imposer ses politiques antisociales et antinationales.













(Photos: LML, André Querry sur Facebook, FTQ)

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Une nouvelle direction pour le Québec! Arrêtez de payer les riches! Augmentez les investissements dans les programmes sociaux!

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Cette grande manifestation arrive dans le contexte d'une vaste offensive que mène le gouvernement Charest contre le peuple québécois pour préparer le dépôt d'un budget antisocial et anti-peuple le 17 mars prochain. Le mois dernier le gouvernement Charest a prorogé l'Assemblée nationale et livré un nouveau discours d'inauguration parce qu'il voulait « un nouveau départ ». Mais il a commencé la nouvelle session avec le même refrain à propos de « la discipline rigoureuse nécessaire pour faire ce qu'il faut au bon moment ».

Le ministre des Finances Raymond Bachand a invité la population à des « consultations pré-budgétaires ». Mais pour y participer il faut accepter que le point de départ est « le retour à l'équilibre budgétaire » et la chose à débattre est comment atteindre l'objectif fixé d'avance. Le ministre dit : « Des États américains ferment des écoles, coupent les services de police, etc. Nous, on a fait le choix de revenir à l'équilibre en maintenant les services et de réduire notre augmentation des dépenses graduellement. » Autrement dit, les Québécois sont invités à décider quand et à quelle vitesse payer les riches et détruire le bien public !

Le gouvernement Charest poursuit sa vaste offensive antisociale en s'attaquant aux droits collectifs et individuels du peuple québécois. Dans le domaine de l'éducation, les principaux porte-parole du gouvernement et des différents secteurs de l'oligarchie réclament depuis des mois que les étudiants fassent leurs justes part en acceptant un dégel des « droits de scolarité » (lire frais de scolarité) au niveau universitaire pour les arrimer avec la moyenne canadienne. Ils veulent ainsi ouvrir la porte à une accélération de la marchandisation de l'éducation.

Comme pour toutes les propositions et tous les projets du gouvernement, une vaste résistance s'organise pour s'opposer au saccage des droits du peuple. Pour ces gouvernements des riches, le peuple devrait accepter qu'on vende nos richesses naturelles aux plus offrants et qu'on détruise complètement notre économie.

Mais il est clair que les Québécois refusent cette direction et refusent d'être marginalisés par rapport à tout ce qui les concerne. Le peuple rejette tous ces discours arrogants des Charest et Bachand pour un équilibre budgétaire qui apporte déséquilibre et insécurité croissants dans nos familles et nos communautés. Le peuple dit non à la destruction du système de santé avec l'imposition de la nouvelle taxe de la santé contre le bien public et la santé publique.

La résistance à l'offensive antisociale et à la destruction de l'édifice national du Québec est animée par cet esprit de défiance pour créer une société humaine, prosociale et anti-guerre et le peuple déclare par ses actes : en avant à la défense des droits de tous pour que les membres de la société puissent affirmer leur humanité.

Luttons pour un Québec moderne qui répond aux besoins de toutes et tous !
Arrêtez de payer les riches ! Augmentez les investissements dans les programmes sociaux !
Établissons une nouvelle direction pour le Québec !
Un autre Québec est possible, c'est à nous de le créer !

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Le raisonnement boîteux du Conseil du patronat pour justifier la politique de payer les riches

À quelques jours du dépôt du budget provincial et au moment où des milliers de personnes se préparent pour la manifestation du 12 mars, le Conseil du patronat du Québec et ses alliés, soit la Fédération des chambres de commerce du Québec, la Fédération canadienne des entreprises indépendantes, la Chambre du commerce du Montréal métropolitain et le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, ont pondu une déclaration. Comme on s'y attendait, la déclaration qui mériterait de figurer dans une anthologie des textes antisociaux invite le gouvernement à poursuivre la politique de payer les riches.

Selon le Conseil du patronat et ses amis, « les chiffres sont clairs : les entreprises, si elles veulent continuer de créer la richesse, ne peuvent contribuer davantage qu'actuellement. » La richesse n'est pas créée par les entreprises mais par le travail de la classe ouvrière et c'est pour cela qu'elle est au premier rang de la lutte pour mettre de l'avant une nouvelle direction pour l'économie. Eh oui, les chiffres sont clairs. Le taux d'imposition moyen aux entreprises et aux sociétés au Canada a chuté de 50 % entre 2000 et 2010, passant de 29 % en 2000 à 21 % en 2006, puis à 15 % en 2011, ce qui constitue la plus forte diminution de l'ensemble des pays de l'OCDE pour la même période.

Mais il ne faut pas attendre trop longtemps pour comprendre où veulent en venir ces partisans du programme antisocial. « La création de richesse nécessite des entreprises québécoises plus fortes. Autrement dit, le rôle de l'État est de payer les riches pour qu'ils puissent performer sur la scène internationale, une politique qui vise entre autres à paralyser la classe ouvrière et ses alliés qui n'auraient plus qu'à attendre les quelques miettes qui retomberont de la table du festin.

Après tout, « si par des charges sociales et des impôts trop élevés on les empêche de croître et d'investir pour innover, elles (les entreprises) ne pourront contribuer à l'enrichissement collectif des Québécois, et ultimement, de maintenir nos programmes sociaux ». Quelle déclaration éhontée de la part de ceux qui plaident depuis des années pour la privatisation du système de santé, pour la hausse des frais de scolarité et pour la destruction des programmes sociaux !

Comme si ce n'était pas assez, ils poursuivent en affirmant que « les entreprises sont prêtes à assurer la croissance économique et à prendre la relève des gouvernements qui avaient investi massivement dans les infrastructures pour limiter l'impact de la crise ». On ne peut avoir plus belle illustration du fait que le gouvernement Charest n'est que le porte-parole de la minorité riche.

Mais devant cette minorité se dressent la classe ouvrière et ses alliés qui ont avec eux la force du nombre et la justesse de leur cause. Le 12 mars fera à nouveau ressortir le caractère anachronique des partisans de la conception du monde antisociale qui mène à la destruction nationale. Elle sera une étape de plus vers un Québec moderne qui s'assurera de garantir les droits de tous et toutes !

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Bulletin du 14 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca