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Mouvement
ouvrier
Résistance aux lois antiouvrières aux États-Unis
La résistance s'étend à tout le
pays

Plus de 100 000 personnes ont manifesté
à
Madison le 26 février 2011 (à gauche).
Malgré les menaces d'évincer les
manifestants par la force, des rassemblements devant l'édifice
du Capitole ont continué le 28 février
2011 (à droite).
L'atmosphère survoltée qu'a produit la
lutte des travailleurs contre le projet de loi sur « le
droit de travailler » du
gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, qui est en fait une attaque en
règle contre les droits des travailleurs, se répand
à tout le
pays. Partout les travailleurs, les enseignants, les jeunes et les
étudiants s'unissent et exigent que cessent les attaques contre
leurs droits. L'offensive brutale antisociale et antiouvrière
des monopoles et de leurs gouvernements se heurte à une
résistance qui ne
cesse de grandir, avec des manifestations et des occupations en
Arkansas, Californie, Indiana, Iowa, Minnesota, Ohio, Tennessee,
l'État
du Washington, Washington, DC et ailleurs. Le samedi
26 février, des actions ont eu lieu dans les 50
États pour défendre les
droits des travailleurs et porter haut la bannière de la classe,
Un pour tous et tous pour un !
Le 26 février, pour la deuxième
semaine d'affilée, plus de 100 000 personnes ont
manifesté contre les attaques à Madison,
capitale du Wisconsin. Les travailleurs, les enseignants et les jeunes
continuent de mobiliser un large soutien politique représentant
tous les secteurs de l'économie et les gens de tous les secteurs
de la société. Des familles sont venues de nouveau, comme
l'ont fait
les organisations des droits des immigrants et bien d'autres.
Malgré l'adoption d'une résolution par un comité
législatif pour évincer,
lorsque les forces policières ont été
confrontées aux dizaines de milliers de personnes à
l'intérieur et à l'extérieur, cela n'a pas eu
lieu, elles n'ont rien pu faire.
Dimanche, le 27 février, des milliers de
personnes sont demeurées à Madison, manifestant et
occupant de nouveau le
Capitole. Par une marche accompagnée de chants et tambours, les
manifestants ont entouré le Capitole alors que des milliers
étaient
rassemblés à l'intérieur. Une fois de plus, les
gens ont reçu l'ultimatum de quitter l'édifice au plus
tard à 16 heures.
Or, plusieurs centaines de jeunes, d'enseignants et de
travailleurs du secteur public, y compris des pompiers, des
travailleurs
du Service Employees International Union (SEIU), des soins de
santé du Wisconsin et de la Fédération
américaine des employés d'État,
des comtés et municipaux (AFSCME) sont demeurés à
l'intérieur. Vers 19 heures, un organisateur a
annoncé sous les applaudissements
de la foule que la police qui jusqu'à présent avait
été solidaire de l'action, avait décidé de
ne pas procéder aux arrestations.
Le lundi matin, les nombreuses personnes venues pour
entrer à nouveau dans l'édifice se sont retrouvées
devant des portes
verrouillées. Pendant des heures, personne n'a été
autorisé à entrer. De nombreuses restrictions ont
été imposées non seulement aux
manifestants, mais au grand public. Ce refus d'accès à un
édifice public est illégal en vertu de la Constitution de
l'État du
Wisconsin. Le manque d'accès signifie que la nourriture et des
vivres ne peuvent pas être envoyés à ceux qui
restent à l'intérieur. Les
gens à l'intérieur peuvent quitter mais ne peuvent pas y
retourner. Les gens se sont organisés pour passer de la
nourriture et des
vivres à travers les fenêtres. Le personnel policier du
Capitole est maintenant en train de sceller les fenêtres.
Une opposition déterminée s'organise pour
apporter des vivres aux personnes à l'intérieur et
obtenir que les portes du
Capitole, une institution publique, soient rouvertes.
En outre, le leader de la majorité au
Sénat, Scott Fitzgerald, tente d'obliger les
14 sénateurs démocrates (qui refusent
de voter sur le projet de loi), en ciblant les membres de leur
personnel, qui restent au travail dans l'édifice. Il a
l'intention de
leur refuser leur salaire et peut-être de les licencier. On a
également signalé qu'on a fait appel à la Federal
Emergency Management
Agency (FEMA) et que son personnel s'est confortablement
installé aux étages supérieurs.

Wisconsin
Des syndicats canadiens
se joignent aux protestations
Les représentants de trois syndicats canadiens se
sont rendus à Madison, Wisconsin la fin de semaine du
26 février pour se
joindre aux milliers de travailleurs et partisans qui s'opposent au
projet de loi antisyndical du gouverneur Scott Walker intitulé
« Budget Repair Bill ».
« Bill Walker représente une attaque
directe contre les droits des travailleurs », a
déclaré John Gordon, président
des 180 000 membres de l'Alliance de la fonction publique du Canada.
« Les travailleurs du secteur public ne doivent pas payer
pour la crise financière qu'ils n'ont pas créée.
Nous sommes ici pour dire que les travailleurs canadiens surveillent
tout cela de très
près – nous ne tolérerons pas ce type de traitement chez
nous ou n'importe où ailleurs dans le monde. »
« C'est vraiment l'un des moments les plus
inspirants que j'ai vu depuis que je suis dans le mouvement
syndical »,
affirme Gaétan Ménard, secrétaire-trésorier
du Syndicat des travailleurs des communications, de l'énergie et
du papier du Canada.
« Voir 100 000 personnes se rassembler pour défendre
le droit des travailleurs du secteur public à la
négociation collective,
contre un gouvernement qui tient tellement à briser les
syndicats, est une expérience unique que nous chérissons
et certainement nous
conserverons en mémoire à notre retour au
Canada. »
Paul Moist, le président national des
605 000 membres du Syndicat canadien de la fonction publique, a
dénoncé l'attaque du
gouverneur Walker contre les travailleurs du secteur public du
Wisconsin.
« Utiliser la récession actuelle et
une majorité républicaine à l'Assemblée
législative et au Sénat de l'État pour
dépouiller les travailleurs dévoués du secteur
public de leurs droits fondamentaux est simplement inacceptable et
totalement
injustifié », a écrit Paul Moist dans une
lettre récente à Walker.
Le SCFP, l'AFPC et le SCEP représentent
collectivement plus de 900 000 employés à travers le
Canada, dont 750 000 sont employés
dans le secteur public.

La classe ouvrière lutte pour
ses droits et la
dignité au Wisconsin
- Correspondant du LML à Madison -

Madison, les 26 et 27 février 2011
Madison, au Wisconsin, a été témoin
samedi (26 février) de la plus grande manifestation jamais
tenue depuis l'époque
tumultueuse du mouvement de la jeunesse et des étudiants des
années 60. Cette fois, l'objectif de cette grande manifestation
de plus de
100 000 n'était pas la guerre d'agression américaine
contre le Vietnam et l'absence de droits civils mais la vague
d'attaques fascistes
organisées par l'État contre les droits et la
dignité de la classe ouvrière. Des manifestations
similaires ont eu lieu partout aux
États-Unis.
Les protestations ont éclaté contre le
plan du gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, de dépouiller les
travailleurs du secteur
public du droit à s'organiser en collectifs pour défendre
les droits de tous et de négocier des salaires, des avantages,
des pensions
et des conditions de travail qui soient acceptables à leurs
pairs. Les travailleurs du secteur public et leurs alliés ont
déclaré que
sans le droit fondamental et légalement reconnu de s'organiser
en collectifs et de négocier, la classe ouvrière est
dépouillée de sa
dignité, réduite à l'insécurité
s'apparentant au quasi-esclavage et soumise aux caprices, au diktat,
à l'impunité et aux intérêts
étroits des employeurs. Une société moderne ne
peut fonctionner sans que la classe ouvrière ait le plein droit
de s'organiser et de
défendre ses intérêts fondamentaux, ceux de ses
collègues de travail et de la société. Sans une
entente et des garanties juridiques du
droit des travailleurs de s'organiser pour se défendre et
négocier collectivement, le système va
dégénérer en une dictature fasciste
ouverte des plus puissants et leurs monopoles.
Cette tendance vers une dictature ouverte trouve son
expression dans le décret exigeant que l'édifice du
Capitole soit déserté
par les manifestants avant dimanche (27 février) à
16 h, sinon la police va les évincer de force,
accompagnée probablement
par la Garde nationale. Ce diktat a été
immédiatement dénoncé par les Anciens combattants
d'Irak contre la guerre qui ont appelé les
membres de la police et de la Garde nationale à refuser tout
ordre d'agir contre les travailleurs et les jeunes qui occupent
l'édifice
du Capitole. Les manifestants ont rappelé aux membres de la
Garde nationale qu'ils sont en grande majorité des membres de la
classe
ouvrière du Wisconsin et ne doivent pas participer à une
attaque contre les droits de leurs collègues de travail. Les
gens du Wisconsin
ne peuvent en toute conscience saluer les soulèvements en
Afrique du Nord et en Asie de l'Ouest contre les dictatures ouvertes et
critiquer les attaques de la police et de l'armée contre les
manifestants dans ces pays en difficulté, sans rien dire au
sujet des
attaques similaires contre des manifestants qui luttent pour leur droit
ici même aux États-Unis.
Le projet de loi fasciste de Walker demeure
paralysé au Sénat du Wisconsin car les sénateurs
démocrates refusent de participer
à la séance frauduleuse. Ils ont annoncer qu'ils vont
demeurer « introuvables » aussi longtemps que
nécessaire pour priver le
sénat du quorum nécessaire afin que le projet de loi
meurt au feuilleton. Les policiers de l'État qui ont
été mandatés de les amener de
force à l'édifice du Capitole ont refusé de
détenir les sénateurs puisque la plupart des policiers de
l'État appuient la lutte pour les
droits des travailleurs.
La lutte intense au Wisconsin pour défendre les
droits des travailleurs du secteur public force de nombreuses personnes
aux
États-Unis à remettre en question le système de
gouvernance qui permet à ceux qui ont beaucoup d'argent et aux
médias monopolisés
médiatiques de mettre au pouvoir un extrémiste aussi
anti-travailleur et anti-social que Walker. Comme on le voir sur les
pancartes,
les manifestations aux États-Unis dénoncent la relation
entre le capital monopoliste et les élus. Walker lui-même
ne cache pas le fait
que les frères milliardaires Charles G. et David H. Koch et
d'autres membres de la minorité riche ont financé sa
campagne pour devenir
gouverneur, et grâce aux millions de dollars de publicité
négative, ils ont créé une atmosphère de
haine et de confusion sur le budget
de l'État et la source de la crise économique.
Un système de gouvernance qui permet aux riches
et aux privilégiés de dicter qui gouvernera n'a pas sa
place dans une société
moderne où le peuple lui-même, en particulier la classe
ouvrière et les jeunes, exige d'être investi du pouvoir,
et un système de
gouvernance qui garantit son droit à participer à la
prise de décisions et pour contrôler la direction de
l'économie et, surtout,
comment la société se finance et comment elle
dépense ces fonds. « Nous ne tolérerons pas
les chefs Koch au Wisconsin », peut-
on lire sur l'une des affiches à la manifestation du
26 février. Ce sentiment de restreindre le droit de
monopole et de permettre
au droit public de s'épanouir, se développe en des
questions et des débats politiques sérieux de comment et
pourquoi un corps politique
moderne, progressiste et pro-
social tel qu'il existe aux États-Unis se
retrouve généralement avec des dirigeants politiques
aussi anti-sociaux et anti-
travailleurs que le gouverneur Walker.

Bulletin du 7 mars 2011 • Retour à l'index • Écrivez
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