Lutte pour les droits sociaux
Le logement est un droit!

Une tournée couronnée de succès pour la caravane pour le logement social du FRAPRU


Plus de 700 personnes ont participé à la manifestation pour le logement
social à Québec le 19 février. (Photo: Étienne Grandmont)

C'est le 19 février et par une manifestation de plus de 700 locataires provenant de tous les coins du Québec que la caravane des locataires, organisée par le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a pris fin. Au premier rang, il y avait les activistes qui se sont rendus successivement à Châteauguay, Sherbrooke, Trois-Rivières, La Tuque, Saguenay et finalement à Québec pour réclamer que le prochain budget du ministre des Finances, Raymond Bachand, finance de nouveaux logements sociaux en nombre suffisant pour répondre adéquatement aux besoins.

La manifestation a débuté près de l'Assemblée nationale où l'on a installé un panneau géant réclamant le financement de 50 000 logements sociaux en cinq ans, le même panneau qui a été utilisé au début de la caravane. Elle s'est terminée devant le ministère des Finances où une vingtaine de tentes rouges ont été installées pour symboliser l'urgence des problèmes de logement et d'itinérance.

Dans toutes les villes visitées, on a fait ressortir l'ampleur de la crise du logement qui s'étend à l'ensemble du Québec. En soirée, les réunions publiques pour informer et mobiliser la population ont été très appréciées. Plusieurs soirées se sont terminées par des prestations artistiques et des échanges fructueux.

C'est par l'appropriation symbolique d'un terrain que le FRAPRU et son groupe-membre de l'Outaouais, Logem'en occupe avait débuté la caravane.

Citant des chiffres de la Société canadienne d'hypothèques et de logement, le FRAPRU a révélé que, parmi les 260 700 ménages qui ont des besoins urgents de logement au Québec, 77 % vivent cette situation uniquement parce qu'ils sont incapables de faire face au coût des loyers sur le marché privé de l'habitation. Selon l'organisme, cette situation est appelée à s'aggraver, compte tenu de la hausse continuelle des loyers depuis le début des années 2000. Au Québec, le coût moyen d'un logement de deux chambres à coucher a augmenté de pas moins de 34,5 % entre l'automne 2000 et l'automne 2010.

« Mois après mois, des personnes et des familles se retrouvent devant le choix de payer le loyer ou de manger », a affirmé le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant. C'est ce qui explique, à son avis, que le nombre de causes pour non-paiement de loyer ait augmenté de 16 % à la Régie du logement depuis 2000 : « Au bureau régional de la Régie à Gatineau, le nombre de causes pour non-paiement a augmenté de 23,5 % au cours des quatre dernières années. Comment ne pas y voir un signe de l'aggravation du problème d'incapacité de payer ? »

Après le dîner, la caravane a pris la route de Montréal où une manifestation était prévue pour 15 heures. Plus d'une centaine de personnes ont envahit le Carré Saint-Louis avant d'emprunter la rue Saint-Denis sous les approbations des passants. Devant L'ilôt Voyageur, les manifestants ont pris de cours les policiers pour envahir ce bâtiment hautement symbolique, propriété du gouvernement du Québec qui est devenu un véritable éléphant blanc et qui pourrait servir à la construction de nombreux logements sociaux. Ils y ont déployé une immense bannière sur laquelle on pouvait lire « 22 500 logements sociaux à Montréal ».

Le FRAPRU a rappellé que le dernier rapport sur le marché locatif de la SCHL montre qu'il manque toujours de grands logements pour les familles sur l'Île de Montréal. Le taux d'inoccupation qui devrait être de 3 % pour être considéré comme équilibré n'est en effet que de 1,8 % dans les logements de trois chambres à coucher et plus. Il descend à 1,5 % dans les logements se louant entre 500 $ et 699 $ par mois et à 1,3 % dans les logements dont le prix de location varie entre 700 $ et 899 $. Seuls les logements de plus de 900 $ affichent un taux d'inoccupation de 3 %.

Entre 2000 et 2010, le loyer moyen des logements de trois chambres à coucher et plus est passé de 647 $ à 909 $ par mois sur l'Île, pour une hausse de 40,5 %.

De plus, des données publiées par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) démontrent qu'une part considérable des familles locataires avec enfants éprouve des difficultés à se loger à Montréal. 37 265 ont des besoins urgents de logement, parce que leur loyer est trop cher pour leurs moyens et-ou parce que leur logement est de qualité ou de taille inadéquate. Il s'agit de 27 % des familles locataires. À l'échelle du Québec, ces familles en difficulté se chiffrent à 70 600.

Toujours selon le FRAPRU, les ménages issus de l'immigration sont encore plus à risque d'être mal-logés. Les données de la CMM permettent de constater que, sur les 111 505 ménages locataires ayant des besoins impérieux de logement à Montréal, 45 655 ont une personne immigrante comme principal soutien financier.

Alors que 23 % des ménages locataires de Montréal sont aux prises avec des problèmes graves de logement, ce pourcentage monte à 30 % chez les ménages immigrants et à 32 % chez ceux qui ont immigré plus récemment.

Comme l'a souligné Véronique Laflamme, organisatrice au FRAPRU, lors de son passage à Sherbrooke, le logement social représente la seule solution pour les ménages en difficulté de Sherbrooke et d'ailleurs au Québec : « C'est en très grande partie grâce au financement d'un plus grand nombre de logements sociaux depuis 2002 que la pénurie de logements locatifs s'est atténuée à travers le Québec et à Sherbrooke en particulier ; mais le logement social peut servir à bien d'autres fins, notamment à offrir du logement de qualité à des ménages à faible ou modeste revenu à un loyer qui respecte pleinement leur capacité de payer. »

Pour la responsable des dossiers montréalais au FRAPRU, Marie-Josée Corriveau, le prochain budget sera très important. « Non seulement le budget doit-il investir en logement social, mais il doit le faire sur plusieurs années et à un niveau suffisant pour répondre plus adéquatement à toute l'ampleur et à toute l'urgence des besoins. Il en va du respect du droit au logement. »

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C'est à l'État que revient la responsabilité
d'assurer la sécurité alimentaire de tous ses citoyens

Le programme Aliments-poste
doit être rétabli immédiatement!

Dans un geste particulièrement sauvage, Ottawa a mis fin en octobre dernier au programme Aliments-poste pour le remplacer par le nouveau programme Nutrition Nord Canada.

Avec Aliments-poste qui existait depuis 50 ans et qui était géré par Postes Canada, Ottawa subventionnait l'envoi par avion d'aliments et d'autres articles essentiels aux collectivités isolées du Nunavik. Un rapport aux conclusions antisociales réalisé en 2008 déclare que ce programme est un système « de distribution des aliments coûteux et inefficace ». Aliments-poste « a fait perdre beaucoup d'argent au gouvernement du Canada » en devenant « un mécanisme de subvention au coût de la vie », conclut le rapport.

Depuis le 3 octobre dernier, seuls les « aliments périssables les plus nutritifs » comme les fruits et légumes sont désormais financés. Avec ce programme, c'est 75 % des denrées qui ont été exclues de la liste des produits subventionnées.

Comme le mentionne Robert Pelletier, président des Consultants de l'Arctique, une entreprise spécialisée dans l'approvisionnement des communautés nordiques : « L'impact est majeur puisque des aliments quasi essentiels comme le sucre, les cannages (fruits, légumes, viandes et soupes) l'eau, le savon, le papier de toilette, les couches etc. ne sont plus admissibles. Les populations nordiques ont vu le prix de ces denrées augmenter de façon drastique. » On estime à 40 % cette augmentation.

Comme si ce n'était pas assez, la population du Nunavik a appris qu'un autre changement majeur entrerait en vigueur le 1er avril. Les subventions seront directement versées aux détaillants et grossistes, qui négocieront eux-mêmes avec les compagnies aériennes pour faire venir les denrées. Cela n'augure rien de bon.

Lors du lancement de Nutrition Nord, le gouvernement conservateur a précisé que : « Le nouveau programme est dorénavant un modèle rentable axé sur le marché qui assurera une plus grande efficacité et davantage de transparence. »

« Les sous qu'on a, on va les utiliser de façon beaucoup plus efficace s'ils sont entre les mains des gens du Nord », a souligné pour sa part Geneviève Guilbert, porte-parole du ministère des Affaires indiennes et du Nord.

Ce qui est au coeur du problème ici ce n'est pas une question d'efficacité et de rentabilité mais du droit pour tous les citoyens d'avoir accès à une nourriture de qualité en quantité suffisante. C'est à l'État que revient la responsabilité d'assurer la sécurité alimentaire de tous ses citoyens.

Le programme Aliments-poste doit être rétabli immédiatement !

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Lancement du Collectif de la table des écoliers:
Une initiative qui doit s'étendre
à l'ensemble du Québec

Mardi le 22 février, on a procédé au lancement du Collectif de la table des écoliers. Il regroupe une dizaine d'organismes communautaires.

La présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Diane de Courcy, présente pour l'occasion, a dit espérer que cela permettra de créer une cantine commune à Montréal, afin d'offrir des repas chauds à faible prix à tous les élèves, principalement ceux dans le besoin.

Près de la moitié des 70 000 enfants de la CSDM sont issus des milieux défavorisés. « « Mais actuellement, seulement 18 % de nos élèves peuvent bénéficier de repas à faible coût dans leur école », déplore la présidente de la CSDM. « Les enfants dans le besoin qui fréquentent des écoles plus favorisées n'ont pas de repas », ajoute Mme de Courcy. On évalue à 15 millions de dollars le montant nécessaire qui permettrait à tous les élèves de la CSDM de manger à l'école.

La présidente de la CSDM réclame également le rétablissement des cours d'économie familiale. « Il y a quelques années, on a enlevé l'économie familiale des écoles. Les familles et le milieu communautaire devaient prendre le relais, mais ça ne s'est pas fait. Le savoir culinaire des enfants est en déclin. »

« Les mesures sont insuffisantes actuellement par rapport aux besoins des élèves. Ne pas manger a un impact majeur sur la réussite des jeunes. Notre première mission est de travailler à la mise en oeuvre d'un service de dîner dans toutes les écoles, pour permettre à tous d'avoir accès à des repas chauds et équilibrés », souligne le président du Collectif, Benoît de Guire.

L'exemple du Collectif de la table des écoliers doit s'étendre à l'ensemble du Québec. Le gouvernement doit immédiatement débloquer les fonds nécessaires pour s'assurer qu'aucune personne au Québec ne soit victime de l'insécurité alimentaire sinon il ou elle devra être tenu responsable de cette grave violation des droits humains.

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Bulletin du 28 février 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca