Opposition aux mesures antisociales
États-Unis

Résistance militante aux attaques
antisociales et antiouvrières


Madison, Wisconsin, le 23 février 2011

Dans de nombreux États américains, les travailleurs, enseignants, étudiants, jeunes et gens de tous les milieux sortent dans la rue pour exprimer leur opposition aux projets de loi sur « le droit de travailler » qui sont en fait des attaques contre les droits des travailleurs, notamment le droit de joindre un syndicat, le droit à la négociation collective et le droit aux programmes de santé et autres avantages sociaux pour les employés du secteur public.


Les 22 États qui possèdent présentement une loi sur
le «droit de travailler» (en bleu).

En ce moment, 22 États ont institué des lois sur « le droit de travailler », y compris plusieurs États anciennement esclavagistes du sud. Ces mesures régressives se heurtent à une résistance qui prend de plus en plus d'ampleur. Au Wisconsin, plus de 70 000 personnes continuent de manifester pour exiger que les législateurs rejettent le « Budget Repair Bill » du gouverneur républicain Scott Walker.

Le projet de loi sur « le droit de travailler » du gouverneur Walker contient des dispositions exigeant la recertification annuelle des syndicats, l'interdiction aux employeurs de percevoir des cotisations syndicales à la source et l'interdiction d'exiger des membres de payer pour les coûts de la négociation collective (frais de représentation). L'objectif déclaré est d'économiser 30 millions $ par année pour réduire le déficit de 3,6 milliards $ du Wisconsin. En d'autres termes, le gouverneur Walker et son gouvernement ont décidé de s'attaquer au droit des travailleurs de s'organiser pour qu'ils ne puissent pas défendre ce qui leur appartient de droit.

Le 19 février, les manifestants ont occupé le bâtiment du Capitole pour exiger le rejet du projet de loi du gouverneur Walker. Quelque 55 000 personnes ont manifesté à Madison ce jour-là, contre 40 000 la veille.

Les 22 et 23 février il y a eu de grandes manifestations devant les assemblées législatives de plusieurs États en appui à la résistance des Wisconsinois et pour dire Non ! aux mesures semblables que s'apprêtent à instituer différents autres États.

Au Wisconsin, la résistance prend de l'ampleur
– Correspondant du LML à Madison –

L'atmosphère est électrisante au Wisconsin. Les travailleurs et les jeunes de toutes les régions de l'État, de tous les secteurs de l'économie et même de l'extérieur de l'État s'unissent dans leur détermination à défendre leurs droits et les droits de tous. Ils sont convaincus que seule leur ferme opposition peut arrêter ces attaques organisées de l'État et en particulier l'offensive contre les droits des travailleurs déclenchée par le gouverneur Walker.

Depuis le 22 février, des rumeurs circulent à l'effet que le gouverneur Walker prépare une intervention violente pour expulser les manifestants de l'édifice du Capitole de l'État, à Madison. Immédiatement, 200 métallos ont entrepris de marcher vers le Capitole pour y passer la nuit et défendre la manifestation. Ils ont rejoint les enseignants représentant les différentes sections locales et syndicats qui, avec les pompiers, sont la force principale. Il y a aussi un grand nombre de travailleurs de l'État du secteur public représentés par la Fédération américaine des employés municipaux, de comté et d'État, des travailleurs industriels provenant de différentes usines, des machinistes, des travailleurs d'abattoirs, des camionneurs et d'autres. Sont également présents des représentants des minorités nationales qui voient dans cette attaque contre les droits syndicaux et les autres droits des travailleurs une attaque contre leurs droits en tant qu'êtres humains.



Manifestation à Madison la semaine du 14 février.

Aux premiers rangs on retrouve les jeunes du Wisconsin qui se démarquent par leur nombre, leur exubérance et discipline. De nombreuses écoles de Madison, Milwaukee et ailleurs dans l'État demeurent fermées alors que les enseignants et étudiants protestent contre cette offensive contre le droit de s'organiser en syndicats, le droit d'utiliser la force collective pour négocier les salaires, avantages sociaux, pensions et conditions de travail. Les étudiants et enseignants exigent le retrait du projet de loi anti-syndical parce qu'il annonce également des coupures à l'éducation publique et des modifications au système de l'Université du Wisconsin. Les étudiants disent que les frais universitaires pourraient augmenter jusqu'à 26 % sur deux ans pour le premier cycle.

La législature de l'État est en session, mais les députés démocrates refusent de participer, privant Walker et ses acolytes du quorum nécessaire pour faire passer leurs lois anti-peuple, qui confirment le droit et le privilège de monopole et qui blâment les travailleurs pour la crise économique. Les travailleurs et les jeunes saluent les législateurs démocrates de l'État comme des héros du peuple pour leur position de principe à la défense des droits.

Partout dans l'État et dans l'ensemble du pays, les gens prennent conscience du fait que la politique de payer les riches et leurs monopoles à même le trésor public puis, sous prétexte de lutte contre la dette et les déficits, réduire les services publics, les programmes sociaux, les salaires, les prestations et pensions n'est pas la solution. Cela ne fera qu'empirer la crise économique et entraîner le pays au bord du précipice et paver la voie à un régime dictatorial du droit de monopole.

Les éléments de la classe dominante qui attaquent les travailleurs ne connaissent que la violence comme réponse quand le peuple réclame ses droits. Walker et ses semblables refusent de négocier de bonne foi pour en venir à de nouveaux arrangements qui respectent le droit public, pas le droit de monopole. Le gouverneur Walker a mis la Garde nationale sur un pied d'alerte pour intimider les manifestants. Pour accroître l'effet d'intimidation, il a ordonné à la Garde nationale de « visiter » une prison de Madison comme « précaution » puisque de nombreux agents des services correctionnels ont rejoint les manifestants parce qu'eux aussi s'opposent à l'attaque contre leurs droits en tant que travailleurs.


Madison, le 23 février 2011

Mais ces menaces de violence n'ont pas l'effet recherché. Selon différents rapports, le Conseil du travail de l'État du Wisconsin prépare une grève générale pour forcer Walker à reculer. Les préparatifs comprennent un large débat parmi les travailleurs syndiqués et non syndiqués sur la nécessité d'une mobilisation de masse. Déjà, les syndicats nolisent régulièrement des autobus remplis de travailleurs et de leurs alliés pour aller rejoindre la manifestation principale à Madison pour montrer leur détermination à mener jusqu'au bout cette défense des droits.

La participation des jeunes dans le mouvement de résistance est remarquable. Ils arrivent en masse des écoles secondaires et des universités sur le site de la manifestation à Madison. Beaucoup viennent empreints du sens de la responsabilité sociale et de l'expérience des nombreuses luttes pour la défense des droits et d'opposition aux guerres et occupations américaines à l'étranger. Ils ont surtout beaucoup d'expérience dans la mobilisation contre les organisations internationales dominées par l'impérialisme américain, telles l'OMC, le FMI, la ZLÉA, etc. Ils ont organisé un centre médiatique et d'information opérationnel 24 heures par jour, 7 jours par semaine, des équipes itinérantes d'infirmiers et de distributeurs de tracts sur les campus et dans les communautés afin de présenter à la population de l'ensemble des États-Unis l'importante nécessité de défendre les droits de tous contre les attaques organisées de l'État dont le gouverneur Walker et ses acolytes se font les champions.

Minnesota



Des milliers de personnes dans la rotonde du Capitol à Saint-Paul au Minnesota le 22 février 2011 pour
exprimer leur solidarité avec les travailleurs du Wisconsin, l'État voisin.

Indiana



Manifestations contre la loi sur « le droit de travailler » en Indianapolis. Environ mille personnes se sont
rassemblées devant l'édifice du capitole le 21 février et les actions se sont poursuivies le lendemain avec un
sit-in à la législature. De nombreux sénateurs ont quitté l'État pour ne pas permettre de vote sur le projet de loi.
Les républicains, qui dominent la législature, disent maintenant que le projet de loi a été renvoyé à l'étude
et sera ramené plus tard cette année.


Ohio




Des résidents de l'Ohio ont manifesté devant le capitole à Columbus le 22 février pour protester contre
la loi sur « le droit de travailler » (Bill 5) que cherchent à faire passer les républicains.


Ville de Washington




Les syndicats ont manifesté à Washington le 23 février dans le cadre du mouvement national
de solidarité avec les gens du Wisconsin.

(Photos : AFSCME, SEIU, AFL-CIO, UFCW, People's World, Fight Back News, National Education Association, Workday Minnesota, CindyH Photography, Amber Arnold, pchgorman)

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Grèce

Les actions de masse se poursuivent contre
les mesures d'austérité antisociales

Le 24 février, une grève générale de 24 heures en Grèce a paralysé une grande partie de l'infrastructure du pays afin d'opposer les soi-disant mesures d'austérité imposées par l'Union européenne et le Fonds monétaire international. Il y a eu des marches de protestation à l'échelle nationale : près de 100 000 personnes ont participé à celle d'Athènes tandis que 15 000 à 20 000 ont manifesté dans la ville portuaire de Salonique. Depuis l'année dernière, les actions de masse n'ont pas cessé partout en Grèce pour s'opposer à ces mesures antisociales.


Athènes


Le Pirée ; Igoumenitsa

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Bulletin du 28 février 2011 • Retour à l'index • Écrivez à: redaction@cpcml.ca