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Mouvement
ouvrier
Manoeuvres antisyndicales en Alberta
Une décision de la Commission des relations de
travail permet de briser les syndicats impunément
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Le
29 juin 2005, les membres et sympathisants de la section locale
99 de l'AIMTA se rassemblent devant l'usine de OEM
Reman financé par Finning, à Edmonton, pour
dénoncer l'annulation de la
décision de la Commission du travail d'accorder aux machinistes
le droit de syndiquer l'usine. La section locale 99 a le droit
d'accréditer toutes les opérations de Finning en Alberta.
Toutefois, un appel interjeté par Finning, OEM Reman et la
Christian
Labour Association of Canada a amené le Conseil à revenir
sur sa
décision initiale et a jugé que Finning et OEM Reman ne
sont pas le
même employeur. Cette décision a été rendue
malgré le fait que
Finning a avoué devant le conseil qu'elle a mis en place OEM
Reman afin
d'éviter la négociation avec le syndicat.
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Le 10 janvier 2011, la Commission des relations de
travail de l'Alberta CRTA) a rendu sa décision relative à
la lutte que mène
depuis cinq ans la section locale 99 de l'Association des
machinistes (AIMTA) contre les pratiques antisyndicales de Finning.
Finning (Canada) est une division de Finning International inc., le
plus grand distributeur mondial d'équipement Caterpillar.
Finning a
entrepris une manoeuvre consistant à fermer l'usine de
réfection de pièces et à la rouvrir sous le nom de
OEM Reman, une société
qu'elle a mise sur pied et financée et qu'elle contrôle.
Son but était de briser le syndicat et de le remplacer par le
« Christian
Labour Association of Canada » (CLAC). Après cinq ans
devant les tribunaux, la Commission a finalement rendu une
décision,
enlevant à CLAC son accréditation. Ce fut certainement un
coup dur pour CLAC mais au lieu de rétablir la section locale
99 de
l'AIMTA, la Commission a ordonné un nouveau vote.
Le résumé de la décision de l'ALRB
laisse peu de doute sur ce qui s'est passé. CLAC a
été mis sur pied comme « syndicat »
en accréditant une entreprise non syndiquée qui a
été fusionnée avec OEM. Les faits font ressortir
que l'employeur n'a pas seulement
choisi CLAC, il a même choisi les travailleurs qui vont
rencontrer CLAC. Malgré cette pression sur les travailleurs,
l'accréditation de
CLAC a été adoptée par seulement un vote de
majorité.
Les actions conjointes de Finning / OEM et CLAC sont
clairement illégales, mais les tribunaux ont permis à
Finning et CLAC d'agir en
toute impunité. Finning a licencié ses employés en
leur disant qu'ils pouvaient postuler pour un emploi à la
nouvelle usine. Bien que
la décision prévoit un droit de rappel pour les postes
vacants chez OEM, il n'y a pas de compensation pour les licenciements
illégaux.
CLAC est autorisé à participer à un second tour de
scrutin, et obtient de conserver toutes les cotisations qu'elle a
perçues
illégalement pendant cinq ans.
Le contrat initial de CLAC avec OEM ne contient aucune
reconnaissance de l'accréditation des corps de métiers,
pas de clauses
concernant les mises à pied et les droits de recours. Chacun des
sept échelons salariaux a quatre autres niveaux en fonction des
compétences telles que déterminées par
l'employeur. Chacun d'eux a trois autres niveaux qui peuvent être
attribués arbitrairement par
l'employeur à un travailleur. Cela a considérablement
changé au point où toutes les procédures
judiciaires ont été épuisées et il n'y a
aucun doute que la commission doit considérer exclure le
maintien du statu quo. Finning (OEM) et CLAC ont entamé des
négociations même
si l'accord existant n'expire pas avant une autre année.
La commission affirme qu'elle a ordonné un
nouveau vote en raison du temps qui s'est écoulé. Quelle
hypocrisie ! Le syndicat a
été obligé de se battre dans cette cause pendant
cinq ans parce que le président de l'ALRB a ordonné la
mise en place d'un panel de
révision et il est revenu sur sa décision initiale.
Finning et CLAC ont gardé l'affaire devant les tribunaux pendant
des années. Puis,
après que Finning et CLAC se soient vus refuser l'autorisation
d'en appeler devant la Cour suprême, la CRTA a elle-même
pris un an pour
rendre une décision.
Les travailleurs sont très familiers avec ce
scénario. Un appel téléphonique de l'employeur et
les membres de la commission sautent
du lit au milieu de la nuit, prêts à en découdre et
à menacer le syndicat avec des amendes, peines de prison,
révocation de
l'accréditation et ainsi de suite pour avoir défendu les
droits. Mais lorsque l'employeur agit de façon illégale,
la commission est
incapable de sortir de sa torpeur. Quand une décision est enfin
rendue, l'employeur se fait dire avec un clin d'oeil et une tape sur
les doigts de ne pas recommencer.
Cette situation où les commissions des relations
de travail et d'autres mécanismes sont une façade
légale par laquelle l'État peut,
au nom des employeurs, attaquer et priver les travailleurs de leurs
droits montre la nécessité de nouveaux arrangements qui
garantiront
les droits des travailleurs. En bâtissant l'opposition
ouvrière, il faut établir et défendre une
primauté du droit qui respecte les
droits et la dignité des travailleurs et où les
employeurs ne peuvent pas violer la loi impunément.

Bulletin du 28 février 2011 • Retour
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